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« A little dog cried [ft. Lyov] »

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Heather Oakes ∞ Skinwalker
Voir le profil de l'utilisateur Lun 19 Juin - 22:40

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Skinwalker
En cours

sujet privé; ft. Lyov Winston

type ❖ flashback, léger

date ❖ mercredi 6 avril 2016

informations spatio-temporelles ❖ l'après-midi, dans une ruelle de N-Y, et vu ce qui se passe, la météo n'est pas bien importante

intervention du MJ ❖ merci, nous devrions pouvoir nous débrouiller seuls pour mettre le brin

Autre ❖ Skinwalker forever! écrit en écoutant la chanson éponyme de Jimmy Rodgers: https://www.youtube.com/watch?v=92LrmYhzuq4


© HELLOPAINFUL; revisité par SHADOW



 

 
A Little dog cried

 Avec Lyov Winston

Je fonce droit devant moi, sans prendre la peine de me retourner. Je sais ce qu'il y a derrière nous, pas la peine de perdre du temps. Nous détalons à toute vitesse, fuyant la fureur populaire comme les tsars en 1917. Et sous les pluies de balles tout autant qu'eux d'ailleurs, laissant une traînée sanguinolente derrière nous. Un dernier virage et je pousse le chien qui m'accompagne en direction d'un cul de sac. La ruelle peut paraître sans issue, du moins pour un humain. Mais il y a un trou dans le mur de brique, caché derrière une pile de cartons, un trou trop étroit pour que les gaillards qui me poursuivent moi et mon compagnon ne parviennent à passer à travers.

Nous nous faufilons inélégamment pour trouver une sécurité toute relative de l'autre côté. J'espère que la milice ne fera pas trop vite le tour du pâté de maison, afin de nous laisser le temps de nous remettre. Je pousse le setter irlandais à avancer encore un peu, ces enragés seraient capables de défoncer le mur à coups de masse pour nous atteindre. Ou plus simplement, de l'escalader. Le monde est devenu fou. Le chien s'effondre en couinant quelques foulées plus loin. Pas étonnant, vu ce qu'il a pris. Je le suis en boitant, oreilles toujours à l'affût de la moindre poursuite. Heureusement ceux-là sont des amateurs et ne savaient pas viser... sinon, même avec la résistance d'un skinwalker, je n'aurais pas pu leur échapper. Je viens coller mon museau sur la truffe de l'inconnu pour le rassurer. Je ne peux rien faire pour lui sans mains. Ce n'est pas que sa patte qui a pris un coup, il y a autre chose. Il faut que je change de peau, mais mes vêtements sont loin d'ici, et le premier point de collecte de vieux vêtements se trouve sur le boulevard. Donc, à vue de tous. J'hésite un instant entre me faire prendre pour exhibitionnisme ou me faire tirer dessus sans sommation parce que je suis un chien... Le choix est rapidement fait, alors que je reprends forme humaine. La douleur ne disparaît pas pour autant. Ces idiots m'ont canardé l'arrière-train.

J'ai du mal de me déplacer, encore plus qu'avant. Tenir l'équilibre sur trois pattes est plus facile que sur une seule. Dans un soupir, je m'assois comme je peux à côté du skinwalker allongé au sol et commence à faire le tour de ses blessures, comme j'ai appris à le faire à la clinique vétérinaire. Je ne suis pas sûre que le setter s'en tirera, sans vétérinaire et surtout sans matériel de soin. De mon côté... Je tâte ma blessure, sans parvenir à faire sortir la balle. Je serre les dents pour éviter de moi aussi me mettre à couiner. Rester concentrée sur ma tâche c'est le mieux à faire en attendant que la blessure guérisse toute seule. On guérit vite, n'est-ce pas ? De toute façon, il n'y a rien à y faire, va retirer une balle logée dans ta fesse gauche, toi. Pas le plus facile sans voir ce qu'on fait. Et puis heureusement pour moi, j'ai la croupe généreuse. Bon. Le blessé. Un skinwalker inconnu. Pas un de nos gars, heureusement. Une balle dans le flanc, il respire avec difficulté. Du sang s'écoule de sa truffe. Il a l'air inconscient, mais ne reprend pas forme humaine pour autant. Peut-être n'en a t-il plus la force ? Aucune idée. J'en sais trop peu sur la médecine des monstres pour savoir quoi faire. Je réfléchis à toute vitesse.  Pas de portable pour appeler des renforts, malheureusement. J'en viens à regretter la petite promenade que je me suis offerte. Ou plutôt, que la bête a réclamé à corps et à cris. Dan et Raffaella sont  partis de leur côté, afin de rassembler la meute pour un départ imminent. Moi, je gardais le QG et je profitais de ce temps pour batifoler dans le jardin, sous forme de chien. Les hauts murs de béton empêchent les voisins de voir ce qui se passe sur notre terrain, et plusieurs arbres offrent un bon camouflage. Cela faisait trop longtemps que je n'avais plus laissé le chien sortir et Raffaela m'a ordonné de me défouler avant le départ. D'après elle j'étais devenue infernale sous forme humaine et elle préférerait que je me calme. C'était bien ce que je faisais, jusqu'à ce que j'entende des coups de feu suivis d'un hurlement dans une rue proche. Sans réfléchir, j'avais franchi la clôture et foncé vers la source du bruit, seulement pour me faire moi aussi pendre en chasse, comme l'idiote que je suis.

Mais cela n'arrange pas ma situation. Je soupire un nouvelle fois et tente de réveiller mon compagnon. J'entends nos poursuivant qui décident d'escalader le mur, résolus à abattre le moindre chien qui traîne... et peut-être aussi ceux qui voudront les protéger. Je me relève et soulève le chien, me dirigeant aussi rapidement que possible vers le boulevard. L'adrénaline fait des miracles, parfois. Sauf quand on trébuche sur des poubelles parce qu'on ne regarde pas où on met les pieds. Je tombe, me rattrapant à une porte en métal. Un cri entre la panique et la douleur franchit mes lèvres et je me mets à tambouriner sur la porte nerveusement. Je lève les yeux en direction de nos poursuivants. J'ai à peine le temps de me dire que tout est fini quand la porte s'ouvre et qu'une main me tire à l'intérieur, serrant toujours le setter contre moi. J'atterris sur mon postérieur, qui n'en demandais pas tant. L'huis se referme sur nous, et le chien reprend forme humaine, dans un dernier soupir. Trop tard !  Je suis arrivée trop tard ! Des larmes coulent sur mes joues, alors que je serre le corps sans vie contre moi, les yeux braqués sur le portier. J'aurais dû m'interposer pendant la deuxième salve de tirs au lieu de tenter de le mener en sécurité !  

« Je n'ai rien pu faire ! »

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Lyov A. Winston ∞ Soft plush with big teeth Alpha
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a little dog criedft. Heather OakesIl s’était réveillé en sursaut, après s’être finalement endormi à midi passé. Le corps en sueur et la respiration haletante, il avait mis du temps à émerger, le cauchemar le poursuivant, incapable de le lâcher, les blessures fraîches mordant encore ses chairs et sa conscience au fer blanc. Des horreurs, il en avait vu, vécu lors de ces dernières années. Il avait senti le sang maculer sa peau, tâcher ses vêtements, son âme tout entière plus qu’il ne pouvait le compter. Pourtant, paradoxalement, il ne s’était jamais effondré autant avant ce jour. A l’intérieur, le monstre hurlait, le déchirait. Son esprit, cassé, se débattait dans la brume insondable, cherchant à lutter, se tirer, cherchant à fuir ce cauchemar éveillé et peut-être le réduire en lambeau.
L’orage avait grondé dans le ciel de New-York, maculant le sol goudronné d’eau froide, mélangeant le sang des siens à la terre poussiéreuse salie jusqu’à ce que tout ne soit plus qu’un immense bourbier. Malgré le calme régnant dans l’appartement, il lui semblait toujours entendre les cris, les hurlements de détresse, de rage et de haine de ceux qui s’affrontaient sans cesse – persécuteurs comme opprimés, innocents massacrés comme bourreaux fous aveuglés. Malgré le silence apaisant de ces quatre murs encore purs, il lui semblait sursauter à chaque seconde, comme si à tout moment une nouvelle grenade pouvait être dégoupillée. Il n’avait plus dormi depuis l’affrontement, en avait presque oublié de se nourrir, préférant parcourir la ville pour compter les survivants, pour remettre debout les divers camps, remettre sur pied les rescapés, les aider quand il le pouvait. Il s’était à nouveau battu, en tant que chien comme homme, résolu à protéger les siens autant qu’il le pourrait, tant qu’il tiendrait – folie douce, utopique inconscience.

Plic, plic, plic. Il inspire longuement, lentement l’air vacillante qui rentre dans ses poumons tremblant pour y resté logé quelques secondes, avant qu’il ne prenne d’un geste titubant le savon. Le Chaos qui habite la ville l’a rendu fou, et il avait fini par s’effondrer chez lui, épuisé quelques heures à peine plus tôt. A présent réveillé, il tentait de chasser les derniers souvenirs qui emplissait son cerveau – effroyables et déplaisants - qui ne semblaient jamais vouloir le laisser en paix et l’empêchait de se concentrer pleinement. Sous l’amas de gouttelettes chaudes parfumant la salle de bain, il ferme finalement les yeux, tentant d’oblitérer le passé pour se concentrer au présent tandis qu’en des gestes maintes fois répétés il commence son rituel de purification. Il revoit pourtant la scène en boucle depuis la tragique guérilla à laquelle il avait dû se livrer. Ecoeuré par tous ses événements, il n’avait pourtant pas eu le choix. Sa mâchoire se contracta soudain et il serra les poings, posant son front contre le carrelage froid qui ruisselait d’eau. Il avait dû se résoudre à la tuer. Une larme puis deux se frayèrent un chemin sous ses paupières, long sanglot silencieux ponctué de sons rauques. Contre son propre torse constellé de morsures sanguinolentes, il sentait encore le corps chaud d’Ellie se blottir pour lâcher un dernier soupir haché et douloureux. Le corgi avait été abattu froidement alors qu’elle tentait de mettre des chiens à l’abri et il avait dû terminer le travail pour abréger ses souffrances. Il n’avait pas pu remporter son corps pour l’enterrer avec les hommages qu’elle méritait, obligé de l’abandonner là, au milieu des gravas, au milieu de ses ruelles dont l’odeur de mort ne cessait de s’accroître jusqu’à boucher sa truffe sur-développée. Comme de nombreux skinwalkers, il avait perdu des frères et des sœurs, et plus encore en seulement quelques jours, quelques heures. A l’heure actuelle, c’était la majorité de sa meute qui était décimée – outre ceux qui ne se trouvaient pas au sous sol, cachés - et il n’avait pas eu de nouvelle de sa béta depuis plus d’une journée. Les deux travaillaient de concert, il le savait, et en cela il tentait de ne pas s’inquiéter. Le Fu Dog restait pour le moment un endroit sûr où certains étaient venus se réfugier, mais il savait parfaitement que ce n’était qu’une histoire de temps avant que la vitre du bar n’explose en plusieurs morceaux de verres brisés. La violence appelant la violence, pour la première fois depuis longtemps, Lyov Winston se devait d’accepter de perdre une nouvelle fois sa famille et son foyer. Ivy avait été claire à ce sujet, la dernière fois qu’il l’avait vu, la veille. « Il est mort. Si je ne reviens pas d’ici 24h avec le reste des nôtres, pars. Tire-toi de New-York. Mets-toi à l’abri avec les autres. » Il souvenait de son air épuisée, reflet du sien, et des multiples blessures qui la couvraient. Elle n’avait pas eu besoin de rajouter que le cimetière de Greenwood avait été retourné mais qu’elle lui interdisait d’y mettre les pieds – apprendre la mort de son alpha était suffisante. « Tu dois prendre le commandement si je disparais » avait-elle rajouté avant de repartir en titubant. Il n’avait pas pu la retenir.

Il mit quelques minutes à se calmer, plus encore à terminer ses ablutions. Se sécher, bander ses plaies désinfectées n’étaient qu’un amas de mouvements flous dans sa conscience – il avait trop de fois eu l’habitude de se soigner lui-même lorsqu’il ne s’agissait pas des autres. Plus réveillé cependant, il enfila à la hâte un caleçon propre et un jean, avant d’attraper un t-shirt propre et le mettre en vitesse. Avant de se nourrir, il devait penser aux autres. Quittant son petit appartement pour dévaler à la hâte les escaliers qui menaient à l’arrière du bar, il vérifia que la voie était libre avant de sortir puis rentrer dans ce qui servait normalement de cellier. Il s’annonça d’une voix suffisamment douce et claire pour que seuls les intéressés ne l’entendent, et une fois la trappe ouverte, vérifia que tout allait bien. Ils étaient trois présentement, sous forme humaine. Il y avait assez de place pour loger une dizaine de personnes supplémentaires et au besoin tous pouvaient s’enfuir par un tunnel – galerie souterraine creusée il y’avait plus de vingt ans menant aux égouts. Il entretint avec eux quelques mots à voix basse avant de figer net en entendant des cris. Des cris suivit de près par des coups frappés (avec un désespoir peu commun) à la porte à quelques mètres de là, celle donnant sur la rue. Refermant la trappe rapidement, il se précipite pour ouvrir le lourd métal et c’est avec surprise – et horreur – qu’il découvre Heather ainsi qu’un corps de chien inanimé. Le reste n’est qu’une question d’instinct. Il attrape machinalement par le bras la jeune femme et la tire à l’intérieur violemment avant de fermer la porte, sans toutefois la faire claquer. Inspirant à fond, il se retourne ensuite vivement, muscles bandés, l’affolement dans ses yeux malgré le calme affiché sur ses traits. Que s'est-il passé ? C'est la question qu'il ne formulera pas, tant elle coule de source. A la place il fixe la jeune femme, qui s'est retrouvée assise sur les fesses, balayant sa nudité comme si elle n'était pas importante, cherchant la moindre trace de blessure, l'odeur du sang s’imprégnant à nouveau dans ses narines sur développées ... Mais c'est majoritairement à son compagnon qu'il appartient. Mort, lui aussi, un de plus. Ses traits se figent un instant encore, ses poings se serrent, il tremble. La violence qu'il refoule depuis le début du combat pourrait exploser d'un instant à l'autre, et pourtant il l'invective, se force de nouveau au calme. Elle a besoin de lui. Il s'agenouille alors, lentement, doucement, s'approchant des deux corps imbriqués alors même qu'elle parle soudainement, criant son désarroi, pleurant la mort.

« Personne n'aurait pu faire quoi que ce soit. »

Il murmure, sa voix grave et gutturale étant d'un calme froid, doux, insondable, la douleur de ses yeux reflétant celle de la jeune femme.

« Tu te serais interposée, tu serais morte, et cela ne l'aurait peut-être pas sauvé pour autant. »

Il reprend, conscient de ce qu'elle pense. C'est ma faute. Combien de fois cette même pensée l'a gangrénée ? Elle le ronge encore, certes nuit, bien qu'il ait appris à vivre avec depuis longtemps. Pour l'heure pourtant, c'est avec bienveillance qu'il ouvre les bras pour qu'elle puisse s'y blottir si elle le souhaite, doucement, après avoir regardé le corps du macchabée passé pour de bon de l'autre coté du fleuve. Une invitation comme une autre, si tant soit peu qu'elle veuille la saisir - il ne dira rien si elle s'y refuse, cependant. Il regarde ensuite autour de lui puis soudainement se tait, humant l'odeur d'étrangers. Il fait signe à Heather de ne plus bouger, le temps que les ombres passent, se lassent d'attendre devant cette porte qui ne s'ouvrira pas. Une fois le danger écarté, il reprend, toujours à voix basse, une chaleur inattendue coulant à travers ses mots.

« Il faut te soigner. Me fais-tu confiance ? »

Il ne laissera plus les siens mourir devant ses yeux, qu'ils soient d'une meute rivale ou non, même si il doit se battre contre ses pairs pour cela. Il n'existe plus de meutes éparses à présent - seulement une même famille; seulement des frères et des soeurs sur lesquels veiller. Encore faut-ils que ces derniers le laissent faire ...
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Heather Oakes ∞ Skinwalker
Voir le profil de l'utilisateur Mer 9 Aoû - 11:38

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A Little dog cried

Avec Lyov Winston

Assise au sol, essoufflée, je mets quelques instants à me remettre. Rien pu faire. Un sentiment d'impuissance devenu bien trop familier ces derniers jours. J'en ai assez de ces horreurs. Assez de New-York, de la folie des Hommes, de celle des Bêtes aussi. La douleur de mon postérieur n'est rien comparée à celle de mon coeur. Rien pu faire ! Une voix me tire de la bulle de misère dans laquelle je me suis enfermée. Je relâche le corps de l'inconnu, pour me concentrer sur celui qui me parle. Je le connais, bras droit de la meute d'en face, du camp adverse, si tant est que nous ayons toujours des territoires et le temps de nous disputer pour ces sottises. Lyov, si je ne me trompe. Il a l'air en colère, mais pas forcément à mon encontre, alors même que j'ai envahi son chez-lui. Ou sa planque. Apparemment, les Greenwood se cachent eux aussi. Je hoche la tête, pas vraiment convaincue par son affirmation. Je suis arrivée trop tard. Si j'avais fait plus vite, peut-être que j'aurais pu changer les choses. Je veux croire que je peux encore changer quelque chose à cette situation, à ces émeutes et à cette guerre de rues. Je voudrais tant agir et ne plus avoir à subir ! Malheureusement, je semble toujours me trouver du mauvais côté de la barrière... Monstre, et défenseur de la population qui ne cherche qu'à nous éliminer, un boulet, en somme. Il m'ouvre ses bras et je vais m'y réfugier, j'ai besoin de contact, de savoir qu'il reste encore des skinwalkers en vie et ayant gardé toute leur tête. Rafaella n'appréciera sans doute pas, mais cette notion ne me vient même pas à l'esprit en cet instant. Je ferme les yeux pour éviter qu'il ne voie mes larmes couler. Je lui réponds d'une voix rauque,

« C'est ce 'peut-être' qui rend tout ça difficile à supporter. J'aurais dû faire plus vite. J'aurais pu faire plus vite. » Si je n'avais pas hésité  braver l'ordre de mes chefs de meute. Je me dégoûte. Quelques instants trop longs d'hésitation, et cet homme est mort. J'aurais pu le sauver. Lyov peut dire ce qu'il veut, c'est un fait. Un de plus sur une longue liste. Du touriste anglais en passant par la petite fille, je n'avais pu sauver personne, même une arme à feu en main.  Lyov me fait signe de me taire, et peu après, je perçois l'approche de pas, l'odeur de poudre. Figée, j'attends qu'ils s'éloignent avant de me relaxer. J'en oubliais même la douleur dans ma jambe, et c'est seulement quand il me propose son aide pour me soigner que je me rends compte que ça fait un mal de chien. Et que je suis à poil devant un étranger. Et que la balle est vraiment mal placée. Je ricane nerveusement avant de hocher la tête.  Je n'ai pas le choix, de toute façon. Je guérirai plus vite si on me retire cette saleté du corps, et sans voir ce que je fais, je risque de me charcuter plus que de soigner quoi que ce soit. Je m'écarte un peu en prenant garde à ne pas me retrouver sur la mauvaise fesse.

« Tu as un truc à boire ? »
Les médicaments me font moins d'effet depuis la morsure, l'alcool aussi, mais c'est plus agréable que de s'enfiler une boîte d'antidouleur. « du whisky, ou du gin, peut-être ? Ca me fera passer la honte de me pointer à poil devant.. » Je regarde le macchabée et frisonne, « un ancien ennemi... J'avoue, je n'ai jamais vraiment compris ce truc de territoire à défendre... » Je peux comprendre qu'on veuille défendre des gens, oui. Mais un pâté de maisons ?! Peut-être parce que je n'ai pas une âme de chef de meute ? « Tout ça n'a plus d'importance, nous allons partir. » Je grimace, « Je suis supposée être dans le jardin de Rafaella pour me dégourdir les pattes avant de faire la route et de devoir rester sous forme humaine pour on ne sait combien de temps... » Ca va être ma fête quand je vais rentrer. Une fois qu'elle ou Dan se sera assuré que je vais bien, bien sûr. « Vous comptez rester à New-York, vous ? »

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Lyov A. Winston ∞ Soft plush with big teeth Alpha
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a little dog criedft. Heather OakesLes protéger. Les derniers mots de sa Béta tournent dans sa tête, en boucle, jusqu’à frémir sur sa peau, se tatouer dans son coeur, couler dans son sang. Les protéger. Il n’y a plus de frontières désormais. Une seule meute subsistera.

« Crois moi, Heather. »

Sa voix souffle à nouveau, grave et rauque, rassurante à bien des égards tandis qu’il étreint toujours la demoiselle doucement. Une main dans ses cheveux, tendre, se contente de la rassurer comme il peut, son autre bras la soutenant contre lui tout en prenant garde à sa blessure. Rares sont ceux ayant bénéficié d’une telle étreinte de sa part à ce jour, outre les désormais fantômes canins inanimés qu’il considérait comme sa famille.

« J’ai vécu ça plus que je ne pourrais le compter. La guerre. Le sentiment d’impuissance. Tu n’aurais rien pu faire. »

Il secoue doucement la tête, avant de fermer les yeux et respirer l’odeur âpre de la mort collant sa peau – souillant leurs âmes. Monstres, chuchote le vent. Monstres. Oui. Mais le monstres, en ce jour sanglant, n’est pas la pauvre bête mais bel et bien le berger. Reprenant contenance, il s’écarte ensuite d’elle pour remettre en place une mèche de ses cheveux, la fixant droit dans les yeux.

« On en sauvera d’autres. Mais c’est fini ici. »

Promesse scellée, le demi-Russe n’a jamais été plus sérieux qu’à cet instant et n’importe qui pourrait le voir. Finissant par s’écarter pour de bon, scrutant la porte blindée le nez en l’air pour vérifier que les indésirables sont à présents loin, il reprend ensuite, une sorte de sourire étrange dans la voix.

« Je suis Barman. Bien sûr que j’ai de quoi boire. Whisky se sera. »

Il lui jette un nouveau un regard – fixant ses yeux et non son corps de femme par simple respect – bien qu’un corps ne soit qu’un corps au final -, un véritable sourire étirant ses lèvres cette fois, amusé en quelque sorte malgré la gravité de la situation.

« Nous sommes dans le même bateau de part nos particularités. Et à présent il n’y a plus de territoire, seulement des frères et des sœurs à protéger. Tu peux marcher ou je te porte ? »
Il secoue ensuite la tête doucement, enlevant son tee-shirt pour simplement le lui tendre – il est tellement grand que le tissus lui arrivera bien à mi-cuisse, grimaçant en sentant ses blessures fraîches le tirer. Heather pourra tout à fait admirer les balafres anciennement sanguinolentes si elle le souhaite, il n’y prendra pas garde.

« Pour le moment, tu restes ici. Le plus important est de soigner tes blessures et de te nourrir pour accélérer la cicatrisation. Il me reste quelques coeurs de bœufs dans le frigo. J’irais chercher Rafaella ensuite. C’est plus prudent. »

Il décanard, d’une vois toujours calme, bien que la tension se soit relogée dans ses épaules. Il sait parfaitement que Rafaella le tuera si elle le voit poser une patte sur son territoire. Cependant, la donne a relativement changé depuis. Ne sont-ils point en guerre contre la partie humaine qu’ils tentent de faire subsister désespéramment ? Et puis, il ne veut pas voir la jeune femme mourir alors qu’elle peut se reposer un minimum ici – même si cela doit lui être désagréable, assurément. Il fini par se diriger vers l’intérieur de la bâtisse, l’y invitant par ailleurs, restant cependant près d’elle au cas où elle ne soit pas assez stable sur ses jambes, avant de monter les escaliers menant à l’étage – son chez-lui. Passer par le bar serait une mauvaise idée.

« J’attends Ivy, notre Béta. Notre Alpha est mort. J’ai pour ordre de partir sans elle si elle ne pointe pas sa truffe d’ici deux heures. Sauver ce qui peut l’être encore. Je n’ai pas encore d’itinéraire précis en tête. Simplement m’éloigner un maximum de New-York. »

Il ouvre finalement la porte de son appartement, et une fois certain que la jeune femme ne se cassera pas la figure, il se dirige vers la cuisine et le petit bar américain aménagé pour y chercher de l’alcool fort – du whisky comme promis. Posant la bouteille sur la table, il sort également deux verres – déformation professionnelle – qu'il remplit généreusement, puis file ensuite à grands pas dans la salle de bain pour aller chercher une trousse de secours comportant tout ce dont ils ont besoin. Il revient cependant les bras chargé d'un peignoir en supplément - le sien – qu’il lui tend, et qui sera peut-être plus confortable qu'un simple tee-shirt.

« Navré d'avance pour mon odeur. Installe-toi. Autant traiter ça au plus vite, avant que cela ne s’infecte. N’ai pas peur, j’ai été médecin. Enfin. En quelque sorte. »

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Heather Oakes ∞ Skinwalker
Voir le profil de l'utilisateur Ven 17 Nov - 16:05

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A Little dog cried

Avec Lyov Winston


J'ai beau me trouver dans la planque du bras droit d'un ennemi juré, je ne peux m'empêcher d'apprécier les bras qui m'entourent et me rassurent que tout ira bien. J'en ai besoin, presque autant que de respirer. Lyov est gentil, alors qu'il pourrait me remettre à la rue. Je frissonne, sans vraiment pouvoir me calmer. Peut-être sous le choc. Ce que je sais, c'est que je vais mal. J'ai des difficultés à réfléchir à autre chose qu'au cadavre étalée au sol à côté de moi. L'autre skinwalker essaie de me rassurer, me promet que nous en sauverons d'autres. La fermeté de sa voix me permet de croire qu'il a raison. Je m'agrippe un bref instant à ses vêtements un instant avant de de le laisser s'éloigner. Il parle de whisky. Barman ? Alors, je pourrais vider toutes ses bouteilles !

Je recule un peu, en grimaçant quand ma jambe bouge. Mais je vais marcher. Je ne suis pas une princesse et lui n'est pas un prince charmant... malgré le fait qu'il m'a sauvé des méchants chasseurs.  « Tant que tu as suffisamment à boire, je pourrai marcher. » J'ai mal, mais je ne suis pas morte, c'est déjà ça. Lyov semble être arrivé à la même conclusion que moi : nous sommes dans le même bateau, et la coque est percée. Mais cela me rassure un peu de savoir que je suis bienvenue, même si ce n'est pas mon territoire. Il ôte son T-shirt et me le tend, sans me regarder. Je lui rend un sourire crispé en échange et passe le vêtement par-dessus ma tête. C'est dingue. Avant aujourd'hui, je n'avais jamais réalisé que les muscles de mes bras sont reliés à ceux de mes fesses... Et lever les bras, ça tire !

Ma tête émerge  du bout de tissu et je note que mon collègue a lui aussi subi des dégâts récents. Ces rixes n'auront épargné personne. Peut-être avons nous eu plus de chance que les Greenwood. Je marche lentement, en m'appuyant sur les murs et en boitant salement mais j'avance sans devoir m'accrocher à Lyov. Fierté mal placée ou instinct animal, je ne saurais le dire, et je m'en moque assez.

Leur alpha était mort... Je n'ose même pas imaginer ce qui nous arriverait si Rafaella subissait le même sort... Eux non plus ne savent pas où se diriger, ils veulent simplement fuir cette ville de déments. Pour le coup, je pourrais presque croire que c'est simplement notre instinct animal qui nous pousse à fuir la queue entre les pattes sans réfléchir à la suite. Ou alors le bon sens...

Je fais de nombreuses pauses avant de parvenir au sommet des escaliers, mais j'y suis parvenue seule. Lyov ouvre la porte et pénètre dans un appartement, le sien, à l'odeur. Je reste à l'entrée et m'appuie contre le chambranle de porte en attendant la suite. Je soupire un grand coup et tente de calmer les tremblements de mes muscles suite à cet exercice douloureux que fut la montée d'escaliers.  

« Je ne savais pas qu'on peut choper une infection... On semble guérir si rapidement... » Mais je n'avais pas encore reçu de balle avant ce jour non plus. C'est peut-être différent avec le métal ? Pourtant Dan ne m'a pas parlé de danger, à part pour l'argent... Je dois passer pour une grande niaise aux yeux de Lyov... Cela fait un an maintenant que je suis un monstre, je devrais commencer à connaître les tenants et aboutissants de ma nouvelle condition. Mais je la déteste tellement... D'autant plus aujourd'hui, où j'ai à craindre des humains et comme des chiens que je tente d'aider...

Il est médecin... « En quelque sorte ? » Qu'est-ce que ça veut dire ? C'est supposé me rassurer ? « Peu importe... Je voulais être vétérinaire, quand j'étais petite... mais je n'étais pas assez douée à l'école pour y parvenir... » Je me saisis du peignoir tendu et cherche un endroit où me poser... le plus proche possible de ma localisation actuelle. Une chaise ou un canapé. Je choisis le canapé. Il faudra sans doute que je m'allonge le temps qu'il s'occupe de mon postérieur. Je m'installe du mieux possible, en étouffant quelques gémissements. *Allez. Tu peux le faire ! Espèce de chienne galeuse ! Montre aux autres qu'il en faut plus qu'un peu de plomb dans le cul pour t'arrêter ! *

Une fois affalée en place, je reprends une respiration normale – ou du moins, la plus régulière possible. Si seulement le verre n'était pas si loin !

« Qu'est ce qu'on va faire si ça se répand ? Si ça nous suit ? » Ca. Je n'ai pas d'autre mots pour décrire cette maladie, ce virus de rage qui affecte les chiens et les skinwalkers et peut-être aussi les humains, à voir comme ils s'acharnent sur tout ce qui marche à quatre pattes. On peut fuir. Mais pas éternellement. Cela, c'est ma bête qui le dit. Elle a peur, mais sait aussi que parfois, il faut se battre pour se défendre soi et les siens. Et je suis assez d'accord, pour une fois.

Mais ce sera pour plus tard. Quand nous serons à l'abri, tous. J'espère que Lyov s'en sortira lui aussi. Il a déjà pris quelques coups aussi visiblement. J'inspire.

« Bon. Vas-y. »
En espérant qu'il ne ment pas quand il prétend être médecin... sans cabinet médical. Je peux difficilement être plus ridicule que je ne le suis. « Je ne sais pas où sont Dan et Rafaella. Ils sont partis chercher quelques membres de la meute, mais s'ils ont été pris en chasse ils pourraient être n'importe où... » ou bien morts... A cette idée, je me remets à trembler  sans pouvoir m'arrêter.

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Lyov A. Winston ∞ Soft plush with big teeth Alpha
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a little dog criedft. Heather OakesAux aguets, il prend garde à chaque frémissements de son invité, chaque grimace est une information de plus gagné sur son état. Son esprit, focalisé sur leurs tourments respectifs, gamberge à toute allure – cherchant un moyen de s’en sortir, traçant les routes les plus sécurisées, et  - il le sait – le mieux serait d’attendre la nuit pour partir. Deux heures … Il lui reste deux heures pour s’organiser. Il lui faudra aller prévenir les autres en bas – à nouveau la donne change, ils devront se débrouiller sans lui.
Un nouveau sourire accroche ses lèvres devant la détermination de la jeune femme. Il avait remarqué dès la première fois son caractère bien trempé, mais aujourd’hui plus que jamais il apprécie ce trait qui fait d’elle ce qu’elle est. Une battante. Une survivante.
Par la suite, il se concentre à nouveau sur les paroles de la jeune femme – fuyant la douleur que ses propres mots rouvrent. Leur Alpha est mort, à se demander comment lui-même tient le coup. L’habitude sans doute ? A moins que ce qu’avait vue sa mère adoptive soit finalement en train d’émerger, après tant de temps …

« Nous sommes des monstres, mais nous avons tout de même une partie humaine. Les animaux eux-même peuvent chopper des infections, il serait étonnant que cela soit différent pour nous. La guérison est certes rapide, mais si tu ne désinfectes pas, le risque de gangrène reste. »

S’installant ensuite près d’elle une fois qu’elle s’est mise à l’aise sur le canapé, il grimace un instant avant de tendre un des verres à la demoiselle. Buvant son propre verre cul sec, il attrape ensuite une paire de gants neufs pour pouvoir stériliser ses instruments avec un produit spécifique que que les chirurgiens utilisent habituellement.

« Prends un coussin pour mordre dedans si tu en ressens le besoin. Bouge le moins possible. »

Le conseil fuse d’une voix plus douce, tandis qu’il termine de préparer de son matériel – qu’il prend soin de ne pas montrer à Heather toute suite pour éviter de la faire paniquer plus qu’elle n’en a besoin.

« En quelque quelque sorte car j’ai mon diplôme mais je n’ai jamais exercé officiellement. Je m’occupais surtout de la meute. Vétérinaire est un très beau métier aussi. Qu’est-ce qui te posait problème ? »

Il penche la tête et, sans plus de cérémonie bien qu’avec des gestes très doux, il prend un coton qu’il imbibe d’alcool avant de nettoyer ses plaies. La brûlure qu’elle ressentira sera certainement intense, mais cela aura au moins le mérite de tuer toutes les bactéries.

« Point positif, tu remarcheras assez vite. Mais il te faudra te ménager pendant un petit mois. Respire. »

Il reprend, observant la blessure qui est fort miraculeusement net. Il ne lui reste plus qu’à extraire la balle avec la lame d’un couteau. Mais avant cela, il ressert un verre à Heather – elle va en avoir besoin.

« Respire. Et pour te répondre, nous aviserons à ce moment là. Jusqu’à présent je n’ai pas rencontré de chiens réellement enragés, seulement des hommes qui tirent sur des animaux sans défenses, et des nôtres qui répliquons. La guerre entre nos races couvaient depuis trop longtemps. »

Tout en parlant, il se met au travail, se concentrant pour aller au plus vite mais faire cela correctement. Plutôt habitué à traiter les morsures, il lui était pourtant arrivé plus d’une fois de devoir diagnostiquer des cotés fêlées voir brisées. Les balles étaient bien plus rares.

« Je l’ai. C’est presque fini. Je connais Dan comme Rafaëlla, je les traquerais à l’odeur. »

Il reprend, avant de finalement réussir à extraire la balle. Inspirant fortement et ignorant l’odeur du sang de sa congénère, il place l’objet détestable dans le bol qu’il a ramené, avant de passer une nouvelle compresse imbibée d’alcool sur le postérieur de la jeune femme. Ne reste qu’à recoudre la plaie – ce qu’il s’applique à faire également. C’est en soit un peu comme repriser une chaussette – bien que la chaussette actuelle soit plus délicate et bouge. Et morde, aussi.

« Es-tu originaire de NYC ? »

Il lui demande, simplement pour garder leurs deux esprits occupés le temps qu’il termine sa besogne. Il se hâtera ensuite de désinfecter une dernière fois, avant de panser la plaie proprement.

« Tu auras une cicatrice, mais elle sera nette. » termine t-il finalement, avant  de déposer tout son matériel utilisé dans le bol. Il brûlera les compresses avec le reste, avant de jeter le tout à la poubelle par la suite, lorsqu’il ira chercher Daniel et Raffaëlla. Pour le moment, il a encore à faire ici … Vérifier qu’Heather va bien.

« Comment te sens-tu ? »
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A Little dog cried

Avec Lyov Winston


Un pas à la fois. Le tout est de rester concentrée sur un objectif, qui dans ce cas présent semble être le canapé. Avec comme carotte pour avancer la promesse d'un verre de whisky. Je boite, mais je peux déjà être fière d'avancer, je trouve. Même si le regard de Lyov ne m'aide pas. J'ai l'impression qu'il s'attend à ce que je tombe à chaque instant. Mais je ne lui ferai pas ce plaisir. Il a l'air du type qui aime jouer les héros. Hors, je ne suis pas une demoiselle en détresse. * oh non ? *

« Ca aurait été trop beau. »
Ma voix est amère, mais c'est normal, non ? Non seulement je suis un monstre, mais en plus, je ne suis pas invulnérable quand cela aurait pu être utile. Je comprends que certains aient appelé ceci une malédiction. Pour moi, cela l'est toujours, même si Dan m'aide à y voir un peu plus clair et à moins redouter les pleines lunes. Si seulement les pleines lunes étaient les seuls moments à redouter...

Je finis par atteindre mon but au bout d'un temps interminable. Je soupire avant de m'installer pour que le doc fasse son ouvrage. Je me saisis du verre qu'il me tend et l'avale d'un trait. Je suppose que ça va faire un mal de chien, et les calmants ne fonctionnent pas sur nous... L'alcool a moins d'effet aussi, mais au moins j'aurai le goût dans la bouche. J'obéis à son ordre de prendre un coussin – ce qui ne me rassure nullement. « Tu as le chic pour mettre à l'aise, toi ! » D'autant plus qu'il n'est pas médecin... ou seulement en quelque sorte... il n'a pas à cacher les ustensiles de couture, j'ai traîné suffisamment longtemps dans les cabinets vétérinaires pour savoir à quoi ressemble leur matériel. Même si c'est mignon de sa part de penser à moi. 0]]« Les maths. Et la physique. Les cours qui ne servent qu'à recaler les étudiants, en somme. J'ai fini par faire assistante vétérinaire. Moins de théorie, plus de pratique. »[/b] Je finis ma phrase en serrant les dents à cause de l'alcool. Il pourrait y aller au gros sel, l'effet serait le même. Sauf que je pourrais plaisanter en arguant que ma jambe n'est pas un jambon à fumer...    

Je peux voir du coin de l'oeil qu'il fait le plus doucement possible, mais j'ai juste envie de lui arracher la main à coups de dents. Le coussin vient bien à point. J'inspire un coup, et pas parce qu'il me l'a demandé. « Un mois ?! Mais je n'ai pas un mois ! C'est la guerre au cas où tu ne l'aurais pas remarqué ! Enfin... Il n'y a pas de soldats, mais c'est tout comme. On ne peut pas rester ici ! »

Je prends le verre plein qu'il me sert. Ah. Il va commencer sa torture, on dirait. Je bois plus lentement, pour retarder le moment où il va commencer à charcuter. Rien à faire. J'ai déjà soigné des chiens de chasse qui s'étaient pris des balles – les chasseurs, le soir, c'est parfois trop alcoolisé pour viser juste – et je sais à quoi m'attendre. Sauf que les analgésiques fonctionnent sur les chiens normaux. Je lui demande ce que nous allons faire par la suite, si cette folie se propage hors de la ville. La conclusion de Lyov 'on verra bien' ne me rassure nullement. Nous allons nous faire exterminer, et nous ne pouvons rien y faire. Voilà ce que j'entends dans sa conversation.  Je mords dans le coussin quand il commence à tripoter ma blessure... ma blessure, pas mes fesses... même si ce sont les mêmes pour l'instant. J'essaie de respire doucement et de bouger le moins possible pour que son travail aille plus vite. Et je mords dans le coussin. Fort.

« La fourrière attendait les analyses des prises de sangs faites sur les chiens capturés mais j'ai arrêté d'aller travailler avant d'avoir les résultats. » Dan m'avait conseillé d'arrêter. Trop de stress. J'avais fini par accepter, mais la meute le paierait sans doute. Je hoche la tête sans rien ajouter quand il annonce avoir 'presque' fini.

« Ne sors pas. C'est trop dangereux ! » Et je ne veux pas l'avouer, mais je préférerais qu'il reste ici pour me protéger. Je suis incapable de courir si la situation le demande. « Je rentrerai seule. Sous forme humaine, ils ne peuvent pas m'en vouloir. » Et marcher n'est pas suspicieux du tout. Courir serait plus suspect. Je m'immobilise telle un retriever qui a senti un oiseau alors qu'il prépare son aiguille. Le coussin va finir par ressembler à de la charpie s'il prend trop de temps. Pourquoi n'a t-il pas offert plus de whisky ? Il est radin ? Je crache un peu de rembourrage avant de lui répondre. «  Je suis de Boston, à l'origine. Mais après la morsure, j'ai préféré m'éloigner de ma famille... Et il y avait du travail ici. » J'enfonce ma tête dans le coussin avant d'ajouter,

« Ne fignole pas le travail, je n'ai pas besoin d'être jolie.... » Tout pour qu'il se dépêche de terminer son ouvrage. Il termine rapidement en notant que la cicatrice sera nette. Super ! Je 'en fiche un peu pour l'instant. Tout ce que je veux, c'est un verre grand, sans glaçons et surtout plein à ras bord de whisky. Comment je me sens ?! Je le regarde étonnée et un brin agressive,

« Je survivrai. Merci. » On n'a pas idée de poser ce genre de question inutile. Je n'ose pas bouger ma jambe de peur de rouvrir la plaie tout juste recousue. Ce serait bête de péter les fils. Reste à espérer que je cicatrise rapidement. « Il y a une méthode pour guérir plus rapidement ? A part bouffer des gens ? » Ça non ! « Tu aurais encore à boire ? » Je vais finir saoule, mais ce n'est pas grave. Au moins, j'aurai moins mal. Et s'il veut jouer les chevaliers servants, il pourra me porter jusqu'à la maison quand j'aurai trop bu ! Il me doit bien ça après m'avoir tripoté les fesses !

Je me mords légèrement l'intérieur de la joue. Ah, ça dort un peu. L'alcool commence peut-être à faire effet. J'espère. « Je crois que tu vas devoir remplacer ce coussin. Je te le rembourserai... Mais je n'ai pas de portefeuille sur moi. » Je lui tends l'objet amoché, dont le rembourrage s'échappe par plusieurs endroits.

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Lyov A. Winston ∞ Soft plush with big teeth Alpha
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a little dog criedft. Heather OakesIl ne peut s’empêcher d’être inquiet. Il est ainsi, à toujours se soucier des autres, d’autant plus quand ces derniers débarquent en étant blessés. A vrai dire, n’auraient-ils point été en guerre et se serait-elle trouvé dans une situation similaire, il l’aurait tout de même aidée … Simplement car il est ainsi. Et bien qu’il ait très envie de frapper Daniel à chaque fois qu’il croise ce dernier, il a toujours eu de l’admiration pour Heather, mêlée à cette indescriptible curiosité qu’il contrôlait toutefois pleinement. Se concentrant de nouveaux sur ses mains, il tente d’imposer à son esprit cette rigueur qui lui est propre lorsque la situation exige sang froid et doigté. Ne pas faire de faux pas surtout, et si possible laisser le moins de traces possible … Tout en allant vite. Il sourit lorsqu’elle le rembarre – elle a raison, il n’est pas véritablement rassurant, mais il préfère être honnête pour le moment. D’autant plus qu’il n’a pas pratiqué depuis un moment. Enfin. Bien que nerveux, il n’en montre rien, Heather n’ayant pas besoin de ses angoisses sur le moment. L’écoutant religieusement, il se met donc au travail, tentant de lui occuper l’esprit le temps qu’il sorte cette maudite balle de son logis.

« Je suis admiratif, je n’aurais pas eu la patience. »

Il déclare à mi-voix, focalisé les soins qu’il apporte à la plaie. Et cela est vrai – si il a eu la patience d’étudier la médecine, c’était surtout pour soigner les siens sous forme humaine. Il a toujours eu du mal, en revanche, à voir souffrir les sien sous leur forme canine. Est-ce parce qu’il ne se sent pas humain ? Ou, a contrario, car c’est là sa forme première – le seul lien qui lui reste de son passé ? Il préfère ne plus à chercher à comprendre son propre fonctionnement.

« Calme-toi. »

Lui intime t’il d’une voix douce mais ferme à la fois, retenant un grognement. Si elle s’agite de trop, il risque de la blesser encore plus. Soupirant il s’arrête un instant pour la fixer, avant de s’y remettre, plongeant son couteau nettoyé dans la plaie.

« Je sais que nous n’avons pas ce temps. Mais il va falloir le prendre. »

Tout comme il le prend en ce moment pour retirer la balle et la panser par la suite. Le coussin a évidemment pris cher, mais c’était le but de la manœuvre. Il aurait pu aussi bien lui filer une pièce en bois ou en cuir, mais elle aurait pu se faire mal aux dents et si Lyov avait beaucoup de casquettes différentes, celle de dentiste ne faisait pas partie de son palmarès. Lorsqu’elle reprend la parole, il a la balle, et il écoute à nouveau, enregistrant les informations, son admiration augmentant au fur et à mesure qu’elle ne parle.

« C’est donc tout ou rien. »
Il murmure, plus pour lui même. Ils ne sauront pas ce que les analyses ont pu donner, tout simplement car il ne laissera pas Heather y retourner par mesure de sécurité – lui-même ne pouvant pas se présenter pour obtenir les résultats. Il se fige cependant lorsqu’elle lui ordonne de ne pas partir. Il se fige alors un instant, et secoue la tête, terminant de retirer la balle, se mordant la lèvre presque jusqu’au sang avant de lui répondre doucement.

« Je ne veux pas prendre le risque qu’une nouvelle sœur meurt alors que je viens de lui retirer une balle. Tu es blessée. Hors de question que tu rentres seule. »

Par la suite, il recoud ce qui nécessite de l’être, plus rapidement et habilement qu’il ne l’a fait pour lui enlever la balle. De cela il a l’habitude – le nombre de cicatrice qu’il a récupérer de cette manière … Un sourire compatissant adoucit ses traits lorsqu’elle reprend la parole, mais là encore il ne répond rien, trop occupé à ses points. Il ne lui dira pas que si il s’applique, c’est surtout pour ne pas que cela ressemble au travail d’un boucher et pour que cela cicatrise plus facilement.

« Il faudra changer de pansement chaque jour. Et il faudra tamponner la blessure lorsque tu te laveras – évite donc la douche dans un premier temps. Il faut éviter d’appliquer une pression dessus le temps que les tissus se referment. »

Se contente t’il de répondre, bien que cela soit évident, avant de se lever et débarrasser ses instruments. Il ne donne aucun coup d’oeil au coussin, s’en désintéressant totalement, pas plus qu’il ne regarde dans la direction d’Heather par respect pour elle – à vrai dire, à ses yeux un corps n’est qu’un corps, mais la majorité des êtres ont un sens de la pudeur plus développé que lui.

« Te reposer, ne pas faire de gestes brusques, te nourrir correctement – de manière humaine, et si tu es végétarienne comme le reste de la meute de Rafaëlla … Te nourrir d’un coeur d’animaux tous les jours pendant une semaine. Cela accélérer ta guérison de moitié, au moins. »

Il lui jette un coup d’oeil alors, avant d’attraper le large plaid qu’il a rapporté pour la couvrir, de façon à ce qu’elle n’attrape pas froid en prime. Quelque peu plus détendu, son sourire amusé est de retour lorsqu’elle lui demande à boire, et il attrape donc son verre vide qu’il remplit généreusement avant de le lui tendre.

« Tu peux finir la bouteille si ça se chante mais c’est plutôt déconseillé avec les anti-douleurs qu’il me reste … Et qu’il faut prendre en mangeant. Au passage, en parlant de nourriture, as-tu faim ? »

Il lui reste des provisions dans son frigo, dont un coeur de bœuf, mais une fois encore il lui laisse le choix. Enfin, son attention se focalise sur le coussin qu’elle lui tend, et il ne peut s’empêcher de sourire un peu plus, prenant l’antiquité déchiquetée.

« Si tu tiens à me rembourser, fais-moi le plaisir de guérir au plus vite – en commençant par reprendre des forces. Et ce n’est qu’un coussin. Il y’en aura d’autres. »

Ce n’est pas non plus comme si le coussin était vital, en soit – cela ne fait pas parti du nécessaire de survie qu’il souhaite embarquer. Ses affaires sont quasiment prêtes par ailleurs. Son sac, dans sa chambre, est ce qui contient déjà le strict minimum, ainsi que quelques objets dont il ne peut se résoudre à laisser – que se soit son poing américain, une vieille photo de toute la bande ou le chapelet bleu clair qu’il possède. Par la suite son regard s’échappe pour le poser sur la pendule, et son nez se fronce légèrement avant de reprendre son habituellement habitude décontractée. Si il doit trouver les alphas d’Heather, le plus important reste qu’elle soit en sécurité.

« J’ai plusieurs propositions à te faire. Tu restes ici seule et je vais chercher Daniel et Raffaella, ou j’attends avec toi que les médicaments fassent effet et t’endorment avant d’y aller. Au pire des cas tu n’es pas toute seule, il y a d’autres skinwalkers en bas, cachés, et aucun d’entre eux ne te fera de mal. »

Et en attendant sa réponse, il attrape la bouteille pour verser une rasade d’alcool dans la bassine contenant son matériel, préparant le futur incendie contrôlé.
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