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 Hollow Earth

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Message Sujet: Hollow Earth Mer 24 Mai - 1:51

Hollow EarthPART ONE : ISCARIOTUA Episode 3, Saison 5. Sam est peut-être séparé de son frère et des ses alliés, cela ne veut pas dire pour autant qu'il est vulnérable. Lucifer décide de tester cette assurance... en l'envoyant cinq ans dans le futur.
Taureau (22 avril – 21 mai)

Vous allez aux devants de temps difficiles. Face aux choix qui s’imposent à vous, n’hésitez pas à considérer vos problèmes sous un nouvel angle. Argent: Ne soyez pas trop prompt(e) à considérer vos gains comme acquis ! Chance : Ce n’est pas le moment de tenter le diable ! Amour : Une vieille flamme est susceptible de se raviver à tout moment, gardez les yeux ouverts !


« Si même les horoscopes s’y mettent, pensa Sam en chiffonnant le journal avec découragement, la semaine promet. »

Non pas que la précédente eût été particulièrement reluisante, s’il tenait à se montrer honnête : entre les présages de l’Apocalypse qui se multipliaient comme les petits pains providentiels, la ribambelle de cauchemars qui ponctuaient ses nuits avec ni plus ni moins que le Diable dans le siège de l’invité d’honneur et ses doigts qui jouaient à un bras de fer chinois aérien avec son téléphone à toute heure du jour avant de systématiquement renoncer à appuyer sur le bouton APPEL, lequel le narguait avec une suffisance qu’un bouton n’aurait pas dû posséder, Sam avait eu de quoi faire ses provisions de mauvais karma et de sueurs froides pour des siècles.

Il avait renoncé des centaines de fois à rappeler Dean après leur dernière conversation téléphonique. Plus que les paroles qui se balançaient sur le traître bord de la cruauté, c’était la pure lassitude qui avait suinté à travers la voix de son frère qui l’empêchait de composer son numéro aujourd’hui, qui faisait trembler ses doigts avec une incertitude impatiente. Il y avait eu des périodes tout au long de leur vie où Dean et lui avaient été séparés, que ce fût par la mort ou par la simple force de leurs choix, chacun tailladant la vie étalée devant leurs pieds à coups de leur propre volonté mais jamais il n’avait ressenti leur séparation avec une intensité aussi douloureuse – pas même pendant les six mois d’errance enragée qui avaient suivi l’ultime tour de l’Embrouilleur à la Maison du Mystère. La mort, s’il elle avait laissé le goût âpre de l’échec, de la déception au creux de sa gorge, avait au moins eu le mérite d’être vierge de ce sentiment d’angoisse permanente dans lequel Sam évoluait depuis la première apparition de Lucifer dans ses rêves.

Cette souffrance doucereuse qui s’accompagnait d’une impuissante agonie car Sam était persuadé que rien de ce qu’il ne pouvait faire ne pourrait racheter sa trahison – que ce fût aux yeux du monde, de Dean ou même aux siens.
C’était tout de même un réconfort infime que de ne pas considérer l’alternative à la raison de leur séparation : entre cette distance suffocante et l’âme de son frère cramant sur un bûcher éternel pour expier leurs péchés, Sam préférait savoir Dean vivant et en relativement bonne santé – savoir Bobby, Castiel et Anna auprès de lui rendait son absence un peu plus supportable même si cela n’adoucissait pas sa propre solitude.

Au moins cette grâce ridicule leur était accordée au milieu de la tourmente, ce stupide réconfort d’avoir des alliés dont la loyauté n’était plus à prouver.

D’ailleurs, en parlant des anges…

— Salut, Sam, déclara Anna Milton en s’installant sur le siège en face de lui comme si de rien n’était. En forme ?

Le concerné cligna des yeux, toute forme de réponse fauchée en plein vol par la surprise. La dernière fois qu’il avait vu Anna, cette dernière avait mis les voiles avec Castiel lorsque l’ange miraculeusement ressuscité de sa rencontre explosive avec un archange avait exposé son plan de partir à la recherche de Dieu ; à en croire les résumés que Bobby lui faisait sur la situation, elle se montrait de temps à autre auprès de lui ou de Dean – pour quoi faire exactement, Sam n’avait pas été jusqu’à poser la question, mais personne n’allait cracher sur un coup de main par les temps qui couraient.

Dieu savait combien ils auraient besoin d’aide s’ils tenaient à se tirer de l’Apocalypse sans faire trop de dommages collatéraux.

Quoi qu’il en soit, elle était censée se trouver à des centaines kilomètres d’ici et dans l’incapacité de le retrouver par ses propres moyens alors ce qu’elle fichait assise face à lui, emmitouflée dans son éternelle veste d’un vert affadi et à lorgner sans complexe sur son déjeuner, le dépassait complètement. A moins que les sceaux que Castiel avait gravés sur ses côtes fussent en train de perdre de leur effet ? Presque malgré lui, Sam amorça un mouvement de recul, ses muscles se tendant à l’idée d’avoir perdu la maigre protection qu’il possédait contre les anges – contre Lucifer, bon sang ; évidemment, sa réaction n’échappa pas au regard acéré d’Anna.

— Eh, pas besoin de me lancer ce regard de lapin effrayé, les glyphes de Castiel fonctionnent, le rassura-t-elle en chipant un morceau de son sandwich tomate-jambon-mozzarella. Un peu trop bien, d’ailleurs, considérant le temps que j’ai mis à te retrouver. Zachariah et les autres ont été réduits à prêcher votre signalement aux congrégations chrétiennes fondamentalistes en promettant la rédemption éternelle pour quiconque leur livrerait votre localisation. Tu t’en tirais bien jusqu’à aujourd’hui, je dois dire, un sans-faute si on ne compte pas le témoin de ce matin.

— Attends, tu veux dire… Le type qui prêchait dans la rue ? s’étonna le chasseur, guère rassuré par les explications d’Anna. C’était un ange ?

— Non, non, fit la rousse en secouant la tête, juste un relais. La crédulité des humains fait toujours un sacré carton quand on en a besoin. Il suffit que l’un d’entre eux te reconnaisse et hop, leurs prières tomberont directement dans l’oreille de Zachariah. A ta place, j’éviterai les églises et les communautés religieuses à partir de maintenant et je ferai demi-tour si je croise un télévangéliste en train de hurler à la fin du monde dans la rue. Tu n’es pas l’intérêt principal du Paradis pour l’instant mais au train où vont les choses, je ne gagerai pas que leur indifférence à ton égard dure indéfiniment.

L’humain haussa un sourcil dubitatif, incapable de prédire s’il s’agissait d’une blague de très mauvais goût ou d’une inquiétude sincère. A choisir, il préférait la première option – il avait déjà bien assez d’un archange déchu à ses trousses, il se passerait bien du Paradis tout entier, merci – mais avec les anges, rien n’était moins sûr que l’humour, même pour l’une d’entre eux qui avait passé les deux dernières décennies à vivre dans la peau d’une humaine. Tout de même, la logique lui échappait : qu’est-ce que le Ciel pouvait bien avoir à gagner en se lançant à sa poursuite ?

— Pourquoi je les intéresserais ? Je croyais que les anges en avaient après Dean ?

— Je t’en prie, tous les trucs là dehors qui se lèvent avec l’intention de chercher des crosses à toi ou à ton frère savent pertinemment que vous êtes vos points faibles respectifs, répliqua Anna en levant les yeux au ciel comme s’il venait de lui sortir une énormité. Pour l’instant, on dirait que mes frères sont convaincus que Dean finira par se rendre de son plein gré mais je connais Zachariah, Sam… A la minute où il décidera que tu es la carte la plus sûre du jeu pour obtenir l’accord de ton frère, tu peux être sûr que tous les anges vont te tomber dessus avant que tu n’aies le temps d’éternuer.

Sam ne put retenir un ricanement dépréciatif, accompagné d’un « tu crois ça » qu’il étouffa dans son café. Qu’Anna l’accuse de mesquinerie et elle peut-être aurait raison de le faire mais après sa trahison, après avoir libéré Lucifer, après des jours entiers à lire la déception sur le visage de son frère – ô combien méritée – et l’amertume qui avait clôturé leur dernière conversation, ses suppliques et ses excuses étouffées dans l’œuf par ce fichu « on devrait chacun se cantonner à un hémisphère », il n’était plus vraiment certain que cette vérité soit d’actualité.

S’il tenait à être honnête, il n’était plus sûr de quoi que ce soit les concernant, Dean et lui.

Toujours face à lui, un bout de mozzarella coincée entre les canines, Anna fronça les sourcils, visiblement exaspérée par sa réaction.

— Sam… Je sais que les choses soient tendues avec Dean en ce moment mais tu restes son frère. Que Père m’en soit témoin, personne n’est jamais à l’abri de prendre de stupides décisions lorsque ceux qu’on aime sont en danger.

Le chasseur hocha la tête, approbateur ; quant à savoir si Anna parlait des Winchester, d’elle et Castiel ou de ce gigantesque sac de nœuds que constituait la « famille » des anges, cela ne changeait pas grand-chose à leurs affaires. L’Apocalypse était toujours d’actualité, trois Cavaliers sur quatre en cavale, l’archange Michael et toute l’armée céleste après le consentement de Dean pour utiliser son corps comme une marionnette glorifiée et…

Sam se mordit la lèvre, tiraillé. En dehors de Dean, il n’avait révélé à personne d’autre ce que Lucifer lui avait confié au creux de ses cauchemars, la terrifiante vérité qui le laissait encore le souffle d’horreur lorsqu’il se permettait d’y penser un peu trop longtemps. Il gageait que Bobby était au courant – qu’est-ce que Dean ne lui confiait pas, ces derniers jours ? – mais en dehors de leur mentor, il ignorait exactement jusqu’à quel point s’étendait la confiance de Dean, surtout envers les anges mais Sam supposait qu’Anna devait être une exception. Elle les avait sauvés, après tout.

Il joua un moment avec l’idée avant de se jeter à l’eau – qu’avait-il réellement à perdre ? Tout le monde autour de lui semblait avoir une longueur d’avance alors à quoi bon s’aliéner une des rares alliées qu’il possédait encore ?

— Tu le savais, Anna ?

— Que tu es le véhicule désigné de Lucifer ?

Sam se contenta de hocher la tête, un peu sèchement. L’ange haussa un sourcil et prit le temps de déloger le bout de fromage italien entre ses dents avant de répondre d’une voix posée.

— Tu surestimes ma place dans la hiérarchie angélique. Zachariah lui-même ne savait rien du rôle que devait jouer Dean avant que Michael ne dévoile son jeu. Nous connaissions des bribes de la prophétie qui annonçait la venue de l’Homme vertueux destiné à combattre le Serpent mais la majorité d’entre nous a été tenue dans l’ignorance jusqu’à la rupture du dernier sceau. Que tu sois le véhicule de Lucifer… cela fait sens, je suppose.

Il manqua de s’étrangler sur l’ironie de l’affirmation. Peut-être que pour un être fait d’énergie céleste millénaire, être le manteau de chair du Diable faisait totalement sens mais Sam avait du mal à déterminer où se situait la logique dans l’équation. Avoir du sang de démon, une tendance à voir mourir tous les êtres qui lui étaient chers les uns après les autres dans des circonstances brutales et une longue série d’erreurs de jugement catastrophiques derrière soi ne faisaient pas automatiquement de vous le véhicule désigné de Lucifer, si ? En quoi cela faisait-il le moindre sens ?

— Pourquoi, parce que j’ai du sang de démon ?

— Parce que tu es le frère de Dean, andouille. Si Michael est destiné à investir le corps du frère aîné, l’identité du véhicule destiné de Lucifer ne laisse pas beaucoup de choix, Sam. Cela ne pouvait en être autrement, répéta Anna d’un ton insistant, comme si elle s’adressait à un enfant en bas âge particulièrement réfractaire – ce qu’il devait probablement être à ses yeux. Peu importait. Il avait oublié à quel point les anges pouvaient être nébuleux quand cela leur convenait et pour tout dire, il n’avait pas la moindre envie de chercher des connections là où il ne voyait qu’un fouillis confus et douloureux.

— Puisque tu le dis…

— Tu ne me crois pas ?

— La dernière fois que j’ai décidé de croire la parole d’un être surnaturel, j’ai libéré Lucifer de sa Cage, répliqua l’humain d’un ton désabusé en reprenant la dégustation interrompue de son sandwich, alors tu m’excuseras si ma foi n’est pas prête à reprendre du service immédiatement…

La rousse le fixa d’un regard désapprobateur mais s’abstint de commenter, concédant sans aucun doute le point sur l’Apocalypse. Les minutes s’égrainèrent dans un bourdonnement distant formé par le brouhaha des conversations et la musique qui s’élevait du jukebox miteux laissé à l’abandon dans un coin du restau’ jusqu’à ce que Sam n’ait plus que son propre souffle pour éviter l’éléphant proverbial dans la pièce.

Il posa la question brusquement, un peu comme on arrache un pansement d’un coup sec.

— Comment va Dean ?

— Il chasse, répondit l’ange d’un ton posé, visiblement soulagée de la direction que prenait la conversation. Il boit beaucoup. Il dort pendant quatre ou cinq heures quand il s’arrête. Il met la musique un peu trop fort quand le silence l’énerve. Connaissant Dean Winchester comme je le connais, je dirai qu’il compose au mieux avec ce qu’il a, ce qui veut dire moi et les coups de fils qu’il passe de temps à autre à Bobby Singer.

Sam leva un sourcil, surpris.

— Je croyais que Castiel était avec lui ?

— « Était » est le mot-clé. Mon frère s’est replongé dans sa quête il y a une semaine. Je ne saurai dire si c’est la naïveté ou le désespoir qui le pousse à chercher Notre Père avec un acharnement aussi aveugle mais il est resté insensible à mes tentatives pour le faire changer d’avis.

Le chasseur grimaça. Il n’était pas resté avec eux très longtemps mais cela lui avait suffi pour comprendre qu’Anna et Castiel étaient loin de partager le même point de vue quant à l’utilité de chercher Dieu au milieu de l’Apocalypse.

— Tu ne crois pas que Dieu est encore là, toi ? demanda-t-il, un peu réservé. Que… Qu’Il pourrait nous venir en aide d’une manière quelconque ?

Anna éclata d’un rire bref et amer, ses cheveux roux fouettant l’air autour d’elle.

— Je pense que si Dieu avait voulu prendre part à l’Apocalypse, Il l’aurait fait depuis longtemps, Sam. Je pense qu’Il s’est désintéressé de nous et qu’Il a disparu dans les confins de Sa création pour échapper au destin infernal qui s’est refermé sur nous. Les prières de milliards d’humains et les lamentations de milliers d’anges pleurant après leur Créateur disparu ne L’ont pas fait revenir – pourquoi est-ce que les plaintes qu’un être aussi insignifiant que Castiel Le feraient changer d’avis ?

Pourquoi, en effet, se pencher ainsi sur leur misérable sort quand on savait la fin de l’histoire inévitable ? Sam concéda silencieusement le point à son interlocutrice : croire que Dieu finirait par se montrer au terme d’une longue pénitence pour ensuite effacer toutes les bêtises du revers de la main avait des airs de chimère. Aujourd’hui plus que jamais, il ne pouvait se permettre de s’égarer en rêveries, pas avec une Terre à sauver des griffes de sa propre stupidité.

Pas alors que Dean était en train de s’attacher le poids du monde sur ses seules épaules, brave Atlas à qui le fardeau ne faisait plus peur depuis longtemps.

Sam eut soudainement envie de boire jusqu’à ce que sa tête cesse de penser.

— Pourquoi tu es ici, Anna ? soupira-t-il, sans plus tenter de masquer sa solitude.

— L’Apocalypse est en route, Sam. Tous mes compagnons d’antan me prennent pour une cinglée d’avoir parié sur vous, sans compter ceux qui veulent me voir morte pour les avoir trahis, répondit l’ange en haussant brusquement les épaules. Ça m’arrache la langue de l’admettre mais toi et ton martyr de frère êtes peut-être notre meilleure chance de nous en sortir sans faire de casse mais vous préférez jouer les imbéciles dans vos coins de monde plutôt que de coopérer. J’ai décidé de croire en vous et vous êtes en train de tout foutre en l’air – voilà pourquoi je suis là, Sam. Parce que tu m’emmerdes à t’apitoyer sur ton sort et que j’n’ai pas l’intention de vous voir pulvériser mon sacrifice juste parce que vous êtes incapables de vous unir pour trouver une solution.

Il n’avait rien à répondre. Toute défense qu’il pourrait inventer dans la demi-seconde suivante aurait sans doute été mise en pièces et justement, il n’avait pas le moindre désir de recevoir l’absolution qu’Anna pourrait miraculeusement lui accorder dans un moment de bonté ô combien angélique – d’autant plus qu’elle ne semblait pas disposée à être clémente.

Il comptait bien se battre pour l’arracher, cette rédemption tant convoitée, aux doigts froids de Lucifer en personne ; la satisfaction n’en serait que plus douce encore, encore dégoulinante du goût salé de la justice et finalement, finalement, il pourrait s’autoriser à respirer à plein poumons.

Anna semblait vouloir lui accorder cela, au moins, car elle ne revint pas à la charge, ne mentionna ni Dean ni Castiel ni le foutu Diable qui lui dansait désormais sur l’épaule en permanence, s’enfermant dans un soupir catégorique qu’elle accompagna d’une moue désapprobatrice.

— Bon, au moins c’est dit. Cogite là-dessus, ok ? Et fais attention à toi, Sam, se décida-t-elle à dire enfin. Tu es masqué aux yeux du Paradis et de l’Enfer mais pas à ceux des hommes : si mes frères trouvent facile la tâche d’acheter la naïveté des pauvres gens dans leurs rêves, imagine ce que le Diable a encore à leur promettre.

L’ange ne lui laissa pas le temps de répliquer avant de s’envoler, entre deux battements de cils. Sam jura entre ses dents en constatant qu’elle lui avait également piqué son journal.




Quand bien même elle aurait pris la décision de rester plus longtemps en sa compagnie, Sam se serait bien gardé de répondre à Anna qu’il n’avait guère besoin d’imaginer ce dont le Diable était capable. Il avait droit à ce genre de spectacle toutes les nuits ou peu s’en fallait.

Dormir plus que de raison n’avait jamais été vraiment un loisir qui était entré dans la case déjà assez restreinte comme ça de ses activités préférées. Lorsqu’il avait jugé ses fils assez grands pour supporter le rythme qu’il avait décidé de leur imposer, John Winchester s’était méthodiquement appliqué à briser tout semblant de cycle dans les habitudes de sommeil de ses garçons, les réveillant à n’importe quelle heure du jour et de la nuit selon un rythme erratique dont lui seul connaissait les secrets – tant et si bien qu’ils s’endormaient maintenant avec une promptitude économe et se réveillaient pareillement, les mains tâtonnant à la recherche de leurs sacs presque contre leur volonté, toujours sur le qui-vive. Stamford avait peut-être adouci l’interminable suite de nuits erratiques mais tout ce que Stamford avait représenté était loin et après, il y avait eu les cauchemars, les rêves qui repeignaient le cadavre de Jess sur un plafond de flammes et les visions incertaines que son sang de démon lui glissait dans la tête – pour ne rien arranger à cela, après que les chiens de Lilith aient taillé son grand frère en pièces, le passé s’était rapidement mêlé aux relents du futur baigné dans le liquide obscur de la terreur ; faire la différence entre le cadavre de Dean, celui de Jess, celui de Papa et les squelettes informes qui hantaient sa tête était un jeu auquel Sam n’avait eu aucune envie de se prêter.

Avoir le diable s’incrustant dans sa tête à chaque fois qu’il faisait mine de fermer les paupières était un palier d’un tout autre ordre, toutefois, et pour être honnête, Sam se demandait s’il ne préférait pas les cauchemars de Jess brûlant sur le plafond ou les hallucinations torturées qu’il avait dû à sa cure de sang de démon aux visites impromptues de Lucifer. Au moins lorsqu’il baignait dans la cohue impuissante des cris stridents et des accusations, dans le souvenir de la chaleur des flammes et de la moiteur poisseuse du sang qui avait coulé sur son visage, sur ses joues, sur ses lèvres pour venir s’infiltrer dans sa gorge, perforer sa trachée et la badigeonner d’un noir pourrissant - il savait à quoi s’en tenir avec ce genre de rêves dans lesquels la familiarité adoucissait un tant soit peu le côté déplaisant.

Lucifer, par contre… Lucifer irradiait d’une froide douceur là où les yeux jaunes d’Azazel lui avaient laissé une sensation de brûlure. Lucifer était le souffle frais de Jessica sur ses lèvres, le réconfort d’une voix claire et oubliée qui résonnait comme un écho dans sa mémoire, le rock de Dean en bruit de fond, un million de détails qui lui creusaient une boule au fond de la gorge à chaque réveil, enrubannée dans la promesse qu’il n’était qu’à un « oui » de cette illusion vaporeuse, à un « oui » de s’abandonner dans le réconfort trompeur que lui offrait le Diable.

Les rêves que Lucifer tailladait dans sa psyché étaient doux, à la limite d’une étrange tendresse ; c’était précisément ce qui les rendait de plus en plus difficile à supporter.

— Arrête ça, intima Sam en se dégageant sèchement de l’étreinte qui s’était refermée sur lui alors que le sommeil l’engourdissait enfin. Les bras blancs et ô douloureusement familiers se détachèrent lentement de sa silhouette, presque à regret, tandis que la voix de Jessica rétorquait d’un ton qui se voulait joueur :

— Tu ne vas pas me sortir le coup de la migraine, tout de même ?

Sam garda obstinément le dos tourné. Il connaissait par cœur les traits que son tourmenteur s’amusait à prendre, le masque cruellement innocent plaqué sur le visage de Jess, pareil en tous points à celui qu’il avait tant aimé contempler jadis mais incapable de camoufler la malice enjouée qui s’était glissée au fond de ces yeux clairs. Il ne haïssait jamais autant Lucifer que dans ces moments-là, ces heures où la menace de l’Apocalypse prenait un sens dangereusement tangible : se hasarder à lui répondre était comme de rentrer dans un jeu dont il ne connaissait aucune des règles aussi prit-il le parti de prendre son mal en patience, quitte à supporter en silence les piques de l’archange.

— Tu es conscient que m’ignorer comme tu le fais ne va rien arranger à ta situation, Sam ? roucoula le Diable en étirant les bras nus de Jess, toujours accoutrée de la robe de nuit blanche qu’elle avait porté le soir de sa mort. J’irai même jusqu’à dire que c’est tout le contraire, au rythme où vont les choses.

Sam se tint coi, la mâchoire furieusement serrée afin de s’empêcher de répondre. Donner raison à Lucifer semblait aisé, ô si aisé, considérant le nombre de morts qui grimpait de jour en jour à un rythme affligeant et leur absence totale de plan qui aurait pu changer un tant soit peu la donne de leur combat contre les forces de l’Enfer et le Diable en personne mais le chasseur aurait encore préféré s’enfermer dans le silence jusqu’à la fin de ses jours plutôt que de donner satisfaction à son tourmenteur.

— Tu tiens tant que ça à jouer au Roi du silence ? Comme tu voudras mais je préfère te prévenir à l’avance : j’ai des millénaires d’expérience à force de tourner en rond dans ma Cage. Si tu espères me battre à ce jeu-là, c’est plutôt mal parti.

— Pourquoi tu n’y retournes pas, dans ta foutue Cage, si c’était si passionnant que tu le dis ? finit par siffler le jeune homme, le dos toujours résolument tourné à son hallucination. Croire que l’archange s’effacerait de son paysage onirique sans rien ajouter était une cause définitivement perdue désormais mais il y avait une limite à ce que Sam pouvait supporter et cette imitation grinçante de Jessica, de la femme qu’il avait aimée – qu’il aimait encore, bon sang, est-ce qu’un jour il cesserait, est-ce que Jess finirait par cesser d’être son point faible, autant de questions auxquelles il n’avait pas envie de se poser et surtout pas maintenant que Satan jouait sans scrupules avec son souvenir immaculé – l’illusion de cette femme allongée auprès de lui discutant de jeux d’enfants sur un ton faussement guilleret était un coup suffisamment pervers pour lui faire perdre son calme.

— Tiens, tu vois, qu’est-ce que je disais ? Perdu, Sammy ! répondit le Diable en prenant un affreux ton gazouillant, un ton qui puait la fausseté sous le rire éclatant de Jess. En même temps, tu es habitué à perdre, je me trompe ? Maman, Papa, très chère Jessica et l’adorable Madison... même grand frère Dean-o t’a laissé tomber.

Le chasseur se releva brusquement, les nerfs mis à vif. En temps normal, il ne se laisserait pas prendre si facilement au piège grossier que Satan vient de lui tendre – ou peut-être que si, peut-être que le « il faudrait s’en tenir à chacun notre hémisphère » lui restait encore en travers de la gorge, coincé sous sa glotte et l’empêchant de respirer petit à petit, l’étouffant dans sa rancœur et son absurde désir de vengeance – toujours était-il qu’il avait la tête encore pleine des mots d’Anna, de ses condamnations silencieuses et des paroles de Dean, lasses et blessantes sans chercher à l’être, rompues par la fatigue d’avoir à porter le poids du monde sur leur conscience et que cela faisait toujours un mal de chien.

— Hm, on dirait que j’ai touché un point sensible.

— Et si tu fermais ta gueule pour changer ?

— Que de paroles hypocrites, Sam, souffla l’image de Jessica. Avoue que tu es bien content d’avoir quelqu’un à qui parler ces temps-ci, n’est-ce pas ? Entre ma pimbêche de petite sœur qui te gracie de sa céleste présence uniquement pour te faire la morale, mon cher petit frère qui court après Notre Saint Père qui n’est pas aux cieux et Grand Frère Adoré qui t’a envoyé te faire foutre la dernière fois que tu l’as appelé, c’est fou ce que tu dois te sentir aimé en ce moment. La famille, décidemment…

— T’es bien placé pour venir me faire des leçons sur la famille, toi, ricana le jeune homme. Est-ce que tous tes frères ne veulent pas te voir mort ou enfermé au fin fond de l’Enfer ? Rappelle-moi qui t’a enfermé dans cette fichue Cage, déjà ? Au lieu de prétendre avoir un quelconque intérêt pour moi, je te conseille de te soucier de démêler ton propre drama familial, histoire qu’on rigole.

— Hm, je dois dire que ça me touche que tu penses à moi, Sam, mais s’il te plaît, évite de me prendre pour un idiot, ça nous fera gagner du temps, répliqua Lucifer en faisant onduler les boucles blondes de Jessica au gré d’une brise imaginaire. Peut-être qu’Anna a envie de croire les salades que Dean Winchester lui raconte mais toi et moi, nous sommes plus malins que ça, pas vrai ?

Sam serra les dents, empli d’une furieuse envie de frapper l’illusion qui le narguait et tant pis si cette dernière portait un visage qu’il continuait de chérir et de regretter cruellement. Il ignorait ce qui le rongeait davantage de colère, les mots de Satan qui ne se privait pas d’appuyer pile là où son âme saignait encore, sa propre naïveté – c’était le Diable, bon sang, le père de toutes les saloperies de démons qui se promenaient sur Terre, depuis quand s’attendait-il à du fair-play de sa part ? – ou aux doutes qui l’assaillaient continuellement depuis les dernières paroles qu’il avait échangées avec Dean. Il avait promis à Anna, pourtant, il avait juré de garder foi en Dean quoi qu’il arrive mais comment lutter correctement contre l’incertitude, contre l’horrible suspicion qui le laissait craindre un peu plus chaque jour que son frère finirait par céder à Michael, quoi qu’il arrive ?

Il s’en serait donné des baffes de douter ainsi, de se laisser prendre si grossièrement au piège des anges et de l’Enfer, de tomber dans la spirale infernale qui l’avait aspiré depuis qu’il avait commis l’erreur de tourner le dos à Dean. Pas étonnant qu’Anna soit déçue de le voir baisser les bras si vite ; bon sang, il était déçu de lui-même et de ses maigres efforts pour retrouver un semblant de stabilité après que tout soit parti à l’égout si vite. Après tout, c’était la fin du monde ; le moment idéal pour choisir de piquer une crise existentielle, non ?

Ah, l’ironie. Rien que de ressasser sa pitoyable conscience lui donnait envie de vomir et ça n’avait rien à voir avec le goût du sang de démon qui lui titillait encore la gorge, encore, malgré le tube de dentifrice qu’il avait vidé dans sa bouche et la brosse à dents qu’il avait jetée, les poils enduis d’une gelée rosâtre à force de se gratter le palais.

S’il avait pu boire un foutu bidon de Javel pour faire disparaître le goût exécrable, il l’aurait fait, bordel.

— Je sais pertinemment ce que tu essaies de faire, siffla le jeune homme entre ses dents serrées, et ça ne marchera pas.

— Oh mais je ne fais rien, ricana la voix de Jess dans laquelle se mélangeait désormais une malice difforme, un parasite qui n’avait jamais existé dans la voix de la jeune femme. Tu te débrouilles très bien tout seul, Sam. Bientôt, c’est toi qui viendras me trouver sans attendre pour me dire « oui » et je n’aurai qu’à me pencher pour ramasser ta carcasse.

Sam éclata à son tour d’un rire bref et incrédule.

— Quelle partie de « Plutôt mourir » es-tu incapable de comprendre ?

— Tu as déjà essayé, ça, Sammy, lui reprocha gentiment l’illusion de Jess. Ça t’a réussi comment, dis-moi ?

Sam se referma comme une huître, écrasant la rage qui l’envahit à la simple vue de la satisfaction qui lissait le visage de Jess. Il était toujours là, non ? Mentionner la balle qui lui avait traversé le crâne était un débat qui n’avait plus de raison d’être depuis longtemps. Refusant de jouer le jeu de Satan plus longtemps, le chasseur fit mine de lui tourner le dos et de regagner un sommeil où les rêves ne le toucheraient plus ; c’était peine perdue, toutefois. Il sentit plus qu’il ne vit la silhouette mince de Jess s’allonger à ses côtés et ce fut soudainement trop pour lui : Sam se leva à nouveau avec brusquerie avant de traverser la pièce aux contours imaginaires, bien décidé à mettre le plus de distance possible entre lui et le parasite qui hantait ses journées.

— Tant d’obstination, je t’admirerai presque, tu sais ? minauda son tourmenteur d’un ton qui frisait le lascif, toujours allongé sur le lit sans consistance. J’aimerai tant que tu comprennes que te refuser à moi ne sauvera personne, Sam, bien au contraire. Je ne suis pas cruel.

— Et c’est censé me convaincre ?

— Je t’ai demandé de ne pas me mentir, Sam ! Mes bienheureux idiots de frère et sœur, l’alcoolique paraplégique qui s’amuse à jouer les papas pour les enfants perdus que vous êtes, tous tes alliés peuvent se voiler la face tant qu’ils le veulent et sortir des beaux discours à tue-tête, ça ne changera rien à ce qui va se passer ! Dean va finir par dire « oui » à Michael, Sam, et tu le sais !

Ce n’était plus la voix de Jessica qui s’échappait de la bouche illusoire mais la sienne, déformée par une hargne méconnaissable, la même que celle qu’il avait entendu dans la voix de ses doubles alors qu’il était allongé sur le lit de fortune, en train de suer et de vomir le sang de démon qui parasitait son organisme. Sam recula brusquement, désorienté par le changement de ton radical ; pour un peu, il se serait cru enfermé dans cette boîte de métal une nouvelle fois, tourmenté par les fantômes de ses choix passés.

Oh, il regrettait, il regrettait tellement, Dean, mais ses regrets ne sauveraient personne, n’est-ce pas ?

— Et toi, mets-toi bien ça dans la tête une bonne fois pour toutes ! Je. Ne. Te. Crois. Pas !

Le silence s’installa, brusque et brûlant, chacun se jaugeant du regard comme pour tester la résistance de l’autre.

— Tu ne me laisses pas vraiment le choix, n’est-ce pas ? soupira finalement le Diable en dissipant les traits doux de Jess pour reprendre ceux de l’homme blond et pâle que le jeune homme avait entraperçu la nuit où ce dernier s’était révélé. Si tu tiens à persister à enfiler le manteau de Saint Thomas, je peux te montrer ce que ton obstination nous coûtera, Sam, mais je te préviens : ce n’est pas un voyage dont tu ressortiras indemne.

Sam cligna les yeux, pour la première fois décontenancé par les paroles énigmatiques qui sortaient de cette bouche traîtresse. Saint Thomas ? Et lui montrer quoi, exactement ? Il avait l’impression qu’une moitié de la conversation venait de lui passer sous le nez et ce n’était pas un sentiment agréable, surtout en présence de l’Adversaire (même si celui-ci ne faisait que squatter son esprit endormi).

— De quoi tu parles ? marmonna le chasseur, les dents serrées par la frustration.

— Tu verras, répondit Lucifer en esquissant un sourire narquois. Après tout, c’est à mon tour de te convaincre et j’ai d’autres méthodes qu’Anna ou Zachariah pour te faire changer d’avis. Je ne garantis pas que tu les aimeras, par contre.

Sam ouvrit la bouche pour protester ; trop tard, cependant, car Satan s’était déjà avancé vers lui avec la souplesse d’un tigre. Il sentit le contact de deux doigts froids toucher son front puis le noir se fit dans sa tête, accompagné d’un brusque éclair de lumière et d’une dernière boutade enrobée dans un ton faussement mielleux.

— Cogite là-dessus, ok, Sammy ? Et tâche de rester en vie.




Sam se réveilla avec le marteau-piqueur d’une gueule de bois imaginaire dans la tête et l’impression que son corps avait été abandonné sans plus de cérémonie sur le bas-côté d’une route – un vent chaud caressait machinalement son visage tandis que son dos s’enfonçait dans une surface creuse et dure comme le béton. Étirant machinalement les bras dans le but de soulager tant bien que mal l’élancement qu’il ressentait dans sa colonne vertébrale, le jeune homme rencontra brusquement le vide sous ses membres et poussa un grognement stupéfait lorsque son côté s’affaissa sans grâce sur une surface dure située quelques centimètres plus bas.

Bordel, c’était qu’il venait de s’éclater la figure contre le sol.

Karma de merde.

Il ouvrit les yeux et battit violemment des paupières afin de chasser la poussière qui avait tenté de s’y glisser. Désorienté par cet élément nouveau, le chasseur fit mine de s’asseoir avant de faire un rapide repérage.

Cela ressemblait à une chambre de motel comme une autre, pour peu que le motel eût été situé à Silent Hill ou dans un jeu d’horreur comme on en vendait à la pelle. Les murs de la pièce étaient dans un état de décomposition avancé, le papier peint survivant formant des taches écaillées et affadies sur le mur, le plancher rongé par la poussière et les fenêtres éclatées. Il semblait qu’il avait été allongé en équilibre précaire sur le bord de ce qui avait été autrefois un lit et qui n’était plus aujourd’hui qu’une structure délabrée en métal, rouillée par le poids des ans et une humidité particulièrement vorace. Le grillage censé soutenir le matelas était crevé à plusieurs endroits, ce qui expliquait la chute de Sam qui avait visiblement tenu en équilibre précaire sur le rebord du support branlant.

Son premier réflexe fut de porter la main à sa cheville avant de jurer. Par chance ou plutôt par paresse de satisfaire un besoin hygiénique fondamental, allez savoir, il s’était endormi sur les draps du motel avec le jeans, la chemise et la veste de la veille sur le dos mais il n’avait tout de même pas poussé le vice jusqu’à garder ses chaussures : résultat des courses, il se retrouvait pieds nus et sans armes dans un endroit inconnu et probablement infesté de bestioles.

Se relevant tant bien que mal du sol lamentable, Sam tituba jusque l’une des fenêtres ouvertes, la poussière étouffant le bruit de sa démarche maladroite. Il allait falloir qu’il trouve des chaussures le plus vite possible s’il tenait à ne pas se blesser : le verre brisé sur le sol rendait son déplacement prudent.

Au-delà des éclats qui pendaient pitoyablement au chambranle, il y avait une rue. Pareille à celle dans laquelle il s’était arrêté la nuit dernière, à ceci près que toutes façades semblaient à l’abandon et que la rue en question était complètement déserte. De nombreuses voitures étaient arrêtées le long du trottoir ou en travers de la chaussée elle-même dans un état plutôt lamentable et chacune semblait avoir été laissée dans un piteux état, recouvertes qu’elles étaient par la rouille et cabossées pour la plupart ; la route elle-même était dans un état lamentable, crevassée de tous les côtés et encombrées d’ornières et d’amas blanchâtres à perte de vue. Le soleil n’était pas très haut mais il tapait déjà agressivement sur le bitume craquelé et sur les façades que le vent fouettait. Pas un son ne se faisait entendre dans l’air sec, si ce n’était de lointains grincements de portes pendant sur leurs gonds.

Sous les yeux ahuris du chasseur, une ville fantôme avait pris corps, si semblable à celle dans laquelle il s’était arrêté la veille et pourtant…

Était-ce un nouveau tour du diable ? Un autre rêve ? Que s’était-il donc passé pendant que Sam avait dormi ?

— Eh oh ! héla Sam depuis sa fenêtre, les doigts serrés à s’en faire mal sur le rebord. Est-ce que quelqu’un m’entend ?!

Seul le silence lui répondit.




Une petite review ? :)
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What do you want?

To destroy this feeling of hunger;
I can no longer pretend that
the lion in my gut is so easily satisfied.

©Dean
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