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 youri sojka

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Age : 35 ans
Métier : Officier de police au CPD
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Localisation : Chicago, IL
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Message Sujet: youri sojka Sam 20 Mai - 0:14

Youri Sojka


ft. max riemelt


ANECDOTE UNE ❖ Malgré le fait qu’il ait émigré plutôt jeune aux Etats-Unis, Youri a gardé un accent germanophone. Il sait parler allemand, polonais et anglais couramment. ANECDOTE DEUX ❖ Il souffre d’un trouble de la personnalité qui ressemblerait sur certains points à une forme de sociopathie. D'importance moyenne, elle s’est manifestée après qu’il ait été influencé par un esprit, il avait 7 ans. ANECDOTE TROIS ❖ Il serait considéré comme un véhicule idéal pour la gent démoniaque. ANECDOTE QUATRE ❖ Malgré sa condition de psychique, Youri n’a pas eu l’occasion de côtoyer de près - et sur le long terme - le surnaturel. À vrai dire il ne s’y est pas franchement intéressé et ne recherche pas nécessairement son contact. Pas depuis qu'il a été hanté, qui ne l’a pas laissé sans séquelles. ANECDOTE CINQ ❖ Ses parents l’avaient inscrit à son premier cours de Judo à 6 ans. Il a difficilement lâché l’affaire et malgré les aléas de la vie, il a poursuivit. Il est 3ème Dan (Sandan), ce qui équivaut à une ceinture noire. ANECDOTE SIX ❖ Il n’a aucun talent artistique à proprement parler. Musicalement, il n’a pas de préférence, même s’il doit bien avouer que plus ça fait du bruit… plus ça lui plaît. ANECDOTE SEPT ❖ Il ne se préoccupe pas des autres, sauf par intérêt ou pulsion aléatoire. Résultat de longues années passées à se calquer sur son prochain, faute de pouvoir ressentir quelque chose à leur égard à proprement parler. ANECDOTE HUIT ❖  Il fume des roulées et n’a pas la main morte sur la boisson. Il a déjà essayé plusieurs drogues dures durant son adolescence mais n'a jamais été dépendant. ANECDOTE NEUF ❖ Il perçoit le monde comme un terrain de jeu et de découvertes. Il se sent différent et prend un plaisir malsain à disséquer la façon d’être des gens, jusqu’à leurs petites manies caractéristiques. Son pouvoir l’a aidé et l’aide grandement sur cette voie. ANECDOTE DIX ❖ Il a tendance à être volage et ça le conforte dans la perception de son Moi. ANECDOTE ONZE ❖ Bien qu’il ne ressente rien de particulier vis à vis de cette période, (du moins c’est l’idée qu’il s’est inconsciemment fixée pour se protéger), Youri ne supporte pas de parler de sa petite enfance. ANECDOTE DOUZE ❖ Outre son arme de service (un Glock 19), il possède un SIG-Sauer P220 ST. ANECDOTE TREIZE ❖ Youri a un sérieux problème avec les enfants, qu’il ne supporte pas. C’est un peu la même chose avec les animaux… s’il ne considère pas déjà les mouflets comme tels. ANECDOTE QUATORZE ❖ Il n’est absolument pas manichéen. Le bien, le mal : des notions floues et sans frontières véritable. À vrai dire, il se base sur certains individus pour se forger un avis sur la portée de certaines actions… et c’est bien souvent temporaire. Juste ce qu’il faut pour rester dans les clous, en général. ANECDOTE QUINZE ❖ Aussi étonnant que cela puisse paraître, son casier judiciaire est aussi vierge que sa petite sœur. ANECDOTE SEIZE ❖ Il ne s’alimente pas correctement. En fait, il ne prend pas vraiment plaisir à manger. Sauf peut-être les mangues… ouais, il aime bien les mangues. ANECDOTE DIX-SEPT ❖ Il a la fâcheuse tendance à faire « justice » lui-même, ce qui pourrait à terme lui apporter quelques ennuis… il semblerait que cette idée, cette pulsion semble s’être accroché à lui depuis l’enfance ; depuis qu’il a été en contact avec cet esprit aux idéaux étrangement similaires. ANECDOTE DIX-HUIT ❖ Youri pense que Joseph Staline n’était pas un mauvais type. ANECDOTE DIX-NEUF ❖ Il a une petite sœur Natascha et ses parents sont divorcés. Ils se réunissent néanmoins pour les fêtes, effort qu’il ne fait pas toujours le concernant. ANECDOTE VINGT ❖ Youri a une Game Boy Color jaune qu’il trimbale souvent avec lui.

CARACTERE
faussement stable (tendance à l’irritabilité, l'agressivité) + manque d’empathie + charismatique, inspire la confiance + possessif + fourbe + opportuniste + surprenant + rancunier + accepte difficilement les critiques + menteur + impertinent + secret + égoïste + d'apparence accessible et sociable, a néanmoins des phases d’isolement sévères + observateur + touche à tout, ayant l’ennui facile + simule les émotions en permanence pour s’insérer en société, et ça lui réussit + hypocrite, change de comportement selon les individus et l'environnement
Hello Darling ! Ici SOJKA, Youri, aka Youri, ou Youyou pour les comiques. J'arbore fièrement mes 35 années depuis le 21/05/1981. Si tu fouillais mon dossier entièrement, tu saurais que je suis un humain (psychique) né à Düsseldorf (ex-RFA), et que je suis présentement une personne célibataire ayant une préférence pour les deux genres. J'exerce présentement le métier d’officier de police, mais qui sait ? Il se pourrait que ça change.

pouvoirs



Télékinésiemaîtrise avancée Capacité permettant le déplacement une personne ou des objets sur une courte ou longue portée par la simple force de son esprit.

Télépathiemaîtrise intermédiaire Capacité permettant de lire les pensées d’un individu et de communiquer mentalement avec ce dernier. Les pensées « puissantes » lui parviennent sans qu’il ait besoin de se concentrer. Il n’a pas grande difficulté à s’abreuver des pensées d’autrui de manière générale, ce qui peut être à double-tranchant (notamment en terme de nuisances). La communication mentale en revanche est beaucoup plus difficile à établir le concernant… trop forcer lui octroie encore des effets secondaires indésirables (type migraineuse et/ou saignement de nez). Enfin, il n’est absolument pas immunisé contre les intrusions mentales et les effets de contrôle.


Asylum

Connue sous le pseudonyme de Neige, j'ai présentement 23 pommes depuis le 26/02. Cependant, vous me reconnaîtrez peut-être sous le visage de Ciaran O’Flaherty. J'ai connu SH grâce à la Prophète et j'ai pris connaissance du règlement. La preuve Cass a mangé le code en l'assaisonnant avec un peu de miel. Par ailleurs, si je devais avoir des remarques sur ma présentation, je préférerais les avoir PAR MP.

Au passage, je crédite SHIYA pour mon avatar, Tumblr pour mes gifs & ERONN pour mon icon. Pour finir, il est savoir que je me suis arrêté(e) à la saison 8 de SPN.

© HELLOPAINFUL; revisité par SHADOW
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Message Sujet: Re: youri sojka Sam 20 Mai - 0:14

Story of your life


I'm a bad one, I’m a good one — I’m a sick one, with a smile

COULEURS PRINCIPALES :
Youri SojkaNatascha WiedermannWanda Sojka-WiedermannFriedrich WiedermannMiguel Hernandez


chronologie générale:
 


“Son esprit était semblable à une maison où tout le monde se disputait et où l'on se battait même dans le hall d'entrée.”
T. HARRIS



——————————


DETROIT
OCTOBRE 1995
Du bist nicht mein Vater


Pourquoi ils font semblant que tout va bien, hein ?

Ça fait longtemps que mon regard a changé vis à vis de mes parents. Ça fait longtemps que je ravale tout ça, et je m’étonne encore à trouver toute cette force pour ne pas hurler.
Mais lui ne le sait pas. Personne ne le sait. Sauf moi. Et elle. La seule que j’appelais maman.
Et lui, que je préférais ne plus appeler, pour ne pas me souvenir qu’il n’est pas mon père.

Je m’en fiche bien qu’ils ne sachent pas, ça reste de leur faute. À tous. Tous autant qu’ils sont.

On est à table, comme chaque soirs. Pour une fois, ma mère n’est pas partie en voyage pour un concert. Apparemment la musique c’est de famille, moi je l’écoute sans en jouer, j’ai jamais voulu apprendre, je trouve ça inintéressant dans la pratique. Ça m’apporte rien. Ça me fait pas sentir mieux ou plus vivant. Sauf peut-être à fond dans une boîte de nuit ou en concert, à me fracasser contre les autres après avoir prit de l’ecsta.

Au fond de ma chaise, je regarde dans mon assiette. Du saumon. Comme beaucoup d’autres choses, ça me ragoûte pas. C’est pas que j’aime pas… je prends pas plaisir à manger. J’ai même la flemme, parfois, même quand mon corps demande de la nourriture. Ça doit être de leur faute aussi si j’ai moins faim en ce moment. Je passe mon temps dehors. J’ai jamais compris pourquoi on était parti de chez nous. « Changer d’air », « Vivre loin des mauvais souvenirs ». Ils fuient juste notre pays. Ils fuient juste leur vie alors que je voulais rester là-bas. J’ai tellement peu d’entrain que je ne prends pas la peine de les suivre en anglais dans leur conversation. C’est pour nous entraîner, qu’ils disent. On va bien apprendre sur le tas comme tout le monde, pas besoin de cracher sur notre langue natale pour autant et faire des jeux de rôles débiles. J’ai les bras croisés contre mon ventre. Je pige que la moitié de ce que raconte ce type et ses explications au compte-gouttes me gavent. Pourquoi il est encore là ? Pourquoi il reste dans mon champ de vision alors que je n’ai plus envie de le voir ? « Tu manges pas, Youri ? », s’inquiète maman. Ben non je mange pas, abrutie. J’ai l’air d’avoir envie peut-être ? Je secoue la tête de droite à gauche. J’en ai marre de faire semblant aujourd’hui. J’en ai marre de ce mensonge. « J’ai pas faim. », répondis-je en allemand. Quelque chose ne va pas. Quelque chose ne va pas. Ça résonne dans ma tête tellement c’est fort, mais ça vient d’elle.

Natascha me regarde avec ses grands yeux, jouant du bout de sa fourchette avec un morceau de haricot vert. Et c’est là où il a décidé d’ouvrir sa grande gueule d’imposteur. « Faut que tu manges, tu ne vas pas être en forme pour tes cours demain. » Je serre les dents très fort. « T’en sais rien du tout. » J’entends quelqu’un soupirer et je devine qu’il s’agit d’un des deux adultes. Détail qui me pique méchamment. Friedrich allait insister quand soudain, j’éclate… « Pourquoi on est là, hein ? Pourquoi on est parti ? » Ils se regardent, j’ai décroché mes bras l’un de l’autre. « On t’a déjà expliqué, Youri, il fallait qu’on parte. Pourquoi ça ne te plaît pas d’être ici ? Il y a tout ce que tu veux… » D’autres rêveraient d’être à ta place, ose t-il même penser. Non, justement, souvent j’ai envie de rien et ça me bute. Non, ça ne me plaît pas. Et non, j’ai surtout tout ce que je ne voudrais pas. Comme lui. « Putain, mais arrête ! Arrête de dire qu’on est bien ici ! » et il enfile son costume de mâle dominant… haussant le ton à son tour. « Écoute, on est une famille, on doit rester tous ensemble, c’est aussi simple que ça. Et c’est important. On traversera les moments difficiles ensemble aussi. Maintenant, je veux que tu te calmes. » Tu vas faire peur à ta sœur. Me quoi ? Me calmer ? Ce sont les mots qu’il ne faut pas prononcer dans ce genre de situation-là. Je me lève d’un bond, balançant mon assiette en biais. Elle éclate en morceaux bruyamment et j’ai l’impression de ne plus me sentir respirer tant mon cœur bat vite. « Ta gueule, t’es pas mon père ! » Ma mère se décompose sur place. « Raconte pas d’idioties, enfin ! »


« T’es pas mon père j’te dis ! »


Là où il croit avoir raison, il a tord. Je monte encore, je sens l’adrénaline qui me fait trembler les mains, comme si ma propre survie en dépendait. Nous sommes tous debout, Nat s’est réfugiée derrière ma mère alors que je confronte ce père qui n’était pas le mien. Il a regardé dans la direction de ma mère. « Tu sais que j’ai raison ! Tu sais ! » lui crachai-je au visage, prêt à lui sauter dessus pour aller chercher des aveux plus rapidement. Des aveux qu’il ne saurait me donner, contrairement à elle. Un silence monstrueux s’installe alors que je continue à déblatérer. Que je continue à caresser les défenses de cet homme. « Tu m’as appelé comme ça parce que c’était son prénom ! À mon père ! Le vrai ! », et c’était l’un des pires détails, je crois. Ce père inconnu s’appelait Youri.
Quand soudain, quelque chose se fêle… « Friedrich…s’il te plaît…arrête… » …pour de bon… « …c’est vrai, c’est la vérité… » et l’entendre dire me fait perdre la tête davantage. Je file à travers la pièce comme une furie, claque une première porte, puis une seconde, celle de la maison. J’ai passé ma nuit dehors, à laisser les menteurs danser ensemble.

Plus vite je partirai d’ici, mieux je me porterai. On est pas une famille. Je suis pas comme eux. Je pourrais jamais l’être. Et j’ai aucune envie de leur ressembler.


——————————


DETROIT
DECEMBRE 2004


« Quand est-ce que tu me la présentes ? », me demande Nat alors que nous sommes affalés sur le canapé, manette en main. Elle essaie très certainement de me déconcentrer en essayant de parler d’Amy. Je n’aurais peut-être pas dû lui glisser l’information la dernière fois dans une de nos conversations SMS. « Quand t’auras fini d’essayer de tricher. » lui annonçai-je, l’air d’y voir un peu trop clair dans son jeu. « Elle est blonde ? Brune ? ROUSSE ? C’est quoi son petit nom ? Tu l’as déjà emmené à Disney en Floride ? » Je secoue la tête de droite à gauche en ne quittant pas des yeux l’écran. J’aurais dû prendre Reptile au lieu de faire des fantaisies avec Jade. La preuve, elle est en train de m’exploser à la seconde manche. « J’ai soif maintenant… » elle semble s’exaspérer que j’aie pu oser faire le lien avec la bière. De quoi renforcer le cliché allemand. « T’es vraiment pas drôle… » Ça fait deux ans qu’elle a essayé de se tuer. Un geste que je ne comprends toujours pas. Quand elle est avec moi, elle retrouve le sourire. C’est ce que ma mère pense souvent. L’autre aussi, quand il est là. C’est bizarre… j’ai jamais eu l’idée d’aller chercher mon vrai père. Faudrait que j’y pense un jour, quand j’aurais rien de mieux à faire.

« Il reste du jus de mangue dans le frigo ? », que je lui demande, jouant sur le même terrain qu’elle. Et visiblement, ça la déconcentre. Tant mieux. « Et c’est quand que tu vas te décider à t’inscrire à la fac pour l’année prochaine ? » Nat fulmine, je souris. « Donc y a plus de jus de mangue. » Et je remporte la dernière manche in extremis. Retour sur le panneau de choix des personnages, je tourne le nez dans sa direction alors qu’elle me tape sur l’épaule plusieurs fois, cherchant à se venger. Le sourire se raffermit. « Tu veux qu’on sorte et on règle ça entre hommes ? » Ça la fait rire. Elle sait qu’en une prise, elle finit par terre. Ça doit être ça qui l’amuse aussi. Avoir une vraie relation ‘frère-soeur’. « Quand tu veux ! Mais avant je veux savoir… » J’hausse les sourcils. « Du B, sans hésiter. » « Mais arrête avec tes allusions, là ! Je te demande si elle est blonde comme moi, brune comme… comme… » « …comme ? » « De quoi vous parlez vous deux pour être aussi bruyants ? », interrompt ma mère en rentrant dans la pièce, de la vaisselle propre à ranger entre les mains.

L’eau a coulé sous les ponts. Je n’ai pas oublié. Mais le challenge est aussi grand de composer avec toute cette merde qui avait réussi à me gangréner il y a longtemps. Maintenant, ça ne me fait plus rien… ou presque. Je n’y pense pas, c’est tout.

« Rien de spécial… » « …de sa copine-qui-est-tellement-canon-qu’on-doit-pas-en-parler. »

Bon. Raté pour cette fois. Je feins un roulement d’yeux et lui adresse un regard lourd en sous-entendus. D’après ce que je sens, ça la surprend. Comme ça a pu la surprendre de me voir partir faire mon service militaire il y a quelques années… « Oh. D’accord. » La distance. Elle l’a installée entre nous depuis le jour où j’ai osé révéler son secret. Elle ne sait même pas comment j’ai pu le savoir, et ça lui retourne la tête, encore aujourd’hui. Tant mieux, ça m’évite d’avoir ça à me taper en plus. Ma mère s’efface un peu, nous demande si on a soif. Comme deux tanguy, on fait passer notre commande, le « merci » en bout de phrase pour que la pilule passe. Ça m’étonnera toujours… un ton, un regard, un mot, un rien peut faire pencher la balance. Un rien qui fait pourtant tout.

« T’as des nouvelles de tata ? » et je me parachute moi-même là où je n’aurais pensé poser les pieds aujourd’hui. Nat secoue la tête. C’est un non. Un non marqué d’un « j’aurais aimé ». Je parais absent quelques instants. Il va falloir que j’aille demander à ma mère directement… d’ailleurs, elle revient. « Maman, t’as des nouvelles de tata ou pas ? » et je suis étonné que ce soit Nat qui ait voulu le faire à ma place. Est-ce qu’elle essaierait de me protéger en faisant ça ? Étrange. C’est vrai que tante Marta me gardait souvent… je crois ? « Oh, pas beaucoup, elle occupe bien sa retraite et elle n’est pas friande des nouvelles technologies… » et ce que j’ignore, c’est qu’elle joue aux Big Brother avec moi. Depuis très longtemps. « Faudrait quand même qu’elle découvre Skype, un jour. », rajoutai-je sur le tas. Nat approuve mais c’est pas le cas de ma mère, qui n’apprécie pas trop quand j’en rajoute, justement. J’ai toujours été comme ça.

« Je l’ai invitée plusieurs fois pour passer les fêtes avec nous… je ne sais plus quoi lui dire pour qu’elle se motive à venir ! » Ça, on est bien au courant, moi le premier. Du reste… « T’as qu’à lui dire que je serais là pour la semaine, pas pour deux jours. » « Oh, le monde ne tourne pas autour de toi, Youri. » J’inspire doucement, cherchant ses yeux. Je comprends pas comment elle peut être aussi conne, des fois. J’aurais pu mal le prendre. Non, en fait, je crois que je l’ai mal prit. « Non et ça me ferait chier si c’était le cas. » Véridique. Nat nous coupa dans notre conversation qui, selon elle, commençait à s’envenimer. Je… n’avais pas ressenti ça ainsi.

« Merci pour le jus de fruit m’man ! » « Bon, j’ai un lit à préparer…, il s’agit de notre invité tant appréciéah oui Youri, pense à aller chercher la viande chez le boucher tout à l’heure, je l’ai commandé exprès. Dis-lui juste qu- » « …que je suis ton fils et il fera la ristourne, oui, pas de problèmes. » « Je viens avec toi ! » « Toi, monter dans ma voiture ? Tu ferais mieux d’attendre le Père Noël le cul vissé sur le divan. » « Il arrive dans deux jours ton Santa, je m’en fout, je veux voir comment c’est dedans… et comment tu conduis à la Fast and Furious ! » Wanda a disparu, nous sommes pris dans notre conversation. « Rêve pas, tu la conduiras pas aussi facilement. » Ses pensées criaient cette volonté. « Rah sérieux, les mecs avec leur caisse ! C’est bon, j’ai dix-sept ans, je peux faire dix mètres sur une ligne droite non ? » « Tu crois que t’y arriverais ? » « C’est ça ou je raconte des dossiers lourds comme tes bras sur ta copine mystère et pendant tout-ton-séjour. »

Et elle y est arrivé.


——————————


NEW-YORK
2011


« Mon frère ? Pourquoi vous voulez savoir des trucs sur lui ? », lance t-elle, sur la défensive. Natascha n’aime pas quand on essaie de gratter des informations sur son frère. Peut-être est-ce qu’elle essaie de le protéger ? Mais de quoi ? Elle-même ne le sait pas trop. Son psychothérapeute lui sourit doucement, tentant de trouver les mots justes. Nat a beau avoir 24 ans, elle reste immature sur certains points. Elle sait très bien que dans sa famille, tout n’a pas été rose. Que les moments difficiles, il y en a eu. Mais elle n’a pas besoin qu’on la bassine encore une fois avec le passé, elle veut avancer. Parfois, lorsqu’elle est un peu trop stressée par son travail, elle devient complètement irritable. C’est sa seule défense quand son hypersensibilité lui bouffait chaque minutes de sa vie. « J’ai bien lu le rapport de mon collègue de Detroit, mais je suis votre nouveau thérapeute et souhaite me fier non pas à des lignes mais à votre ressenti. Vous vous sentez proche de votre frère ? »

Ici, c’est New-York. Sa nouvelle vie est ici, loin des siens. Sa mère lui envoie des textos tous les jours. Son père est un peu moins bavard, mais elle ne lui en veut pas. Natascha doit ressasser encore une fois tout ce qu’elle a déjà dit. Elle se fait suivre depuis un petit moment maintenant. Depuis qu’elle a fait une première tentative de suicide à l’adolescence. C’est son frère qui était là quand… elle a faillit y passer. S’il n’était pas arrivé, elle ne serait plus là. Mais Natascha sait aujourd’hui qu’elle veut vivre, même si ce n’est pas facile tous les jours. Elle a même adopté un chien il y a un an, qu’elle a appelé Snoopy. Oui, elle sait qu’elle veut vivre, mais elle n’aurait pas pu avoir cette révélation si Youri ne s’était pas manifesté ce jour-là.

Les bras qu’elle avait croisé contre son ventre se détendent un peu, ses pieds bougent. « Je sais pas si on peut dire qu’on est vraiment proche à cent pour cent, mais… » elle ne sait pas trop dire, ils le sont sans vraiment l’être. En fait, c’est dû au fait qu’il ne parle pas vraiment de lui de manière profonde. Youri ne se confie pas, même s’il parle. Étant plutôt sensible, Natascha avait besoin de sentir les choses, d’aller chercher de quoi se rassurer dans la confession. C’est là où elle trouve ses racines. Elle a aussi peur de parler de sa virginité à cet homme, aussi ‘professionnel’ puisse t-il être… ça reste un homme, voilà tout. « Je crois que c’est le seul garçon qui sait me parler. Et peut-être même me comprendre. Qu’est-ce que vous voulez savoir ? » Il jette un coup d’œil sur ses notes, puis lui offre à nouveau un regard, attentif. « Vous m’avez dit qu’il travaillait sur Chicago ? » « Oui, il est officier à la CPD. » « Depuis longtemps ? » « Depuis 2001. » Qu’il n’ait pas monté en grade étonne le médecin, qui ne pipe pas mot pour autant, finissant de gratter sur son papier. « Un rapport avec les attentats du World Trade Center ? » Nat hausse les épaules. « Je sais pas, peut-être. Il n’aime pas les gens profondément mauvais. Il y a plein de criminels dans nos rues à Detroit, et à Chicago n’en parlons pas… ça a peut-être joué. » « Parlez-moi de lui. » Ça semble assez vaste, comme question. Il a reformulé celle de tout à l’heure volontairement. Elle semble réfléchir quelques instants… avant de se lancer.

« Il a toujours son mot à dire… il est rassurant, il a une présence. Même s’il ne va pas dans le fond des choses, qu’il n’exprime pas clairement ce qu’il ressent, il a quelque chose qui me fait du bien. Avant il faisait rien comme les autres, aussi… à n’en faire qu’à sa tête. Il piquait des crises aussi, mais je l’ai rarement vu comme ça et dans ces moments-là, il m’effraie un peu. Parce que je le reconnais plus. Même dans son regard, c’est comme s’il était perdu, hors de contrôle. J’ai jamais exprimé ma colère comme ça, mais lui… il y arrive et ça a l’air de lui faire du bien ! Enfin, je crois. » Natascha replace une mèche de cheveux derrière son oreille. « C’est une certaine forme d’immaturité, à mon avis. Il avait parfois des comportements un peu gamins et irresponsables au secondaire. J’ai essayé de le reprendre vu que maman et papa étaient rarement là mais bon… c’est peine perdue avec lui. J’ai arrêté de jouer à la maman très vite. Puis finalement il a trouvé son équilibre tout seul… et c’est lui qui m’a chapeauté. »

[ … ]

« Je pense qu’il a beaucoup souffert quand Darko est mort, je pense que c’est pour ça qu’il est de moins en moins avec la famille. Il n’a pas envie d’être replongé dans de mauvais souvenirs. » elle leva un peu les yeux vers le plafond. « J’arrive pas à m’en souvenir vraiment. J’ai jamais voulu lui en parler non plus… c’est pas le genre de choses qu’on raconte comme ça. Encore moins avec lui. » « Darko ? » Il ne se rappelle plus car le nom est ‘exotique’, mais elle lui en a déjà parlé, c’est le frère décédé. « Mon frère, le jumeau de Youri… il avait des problèmes quand il était petit, il… enfin… c’est maman qui m’a raconté, moi je m’en souviens pas, voire j’étais pas née. Il entendait des choses étranges et même que du jour au lendemain, il n’a plus parlé et faisait des cauchemars tout le temps. Papa et maman étaient très inquiets pour lui. » « Il a été diagnostiqué ? » « Non… je crois pas. C’était vraiment bizarre. » Le thérapeute pense à une ou deux pathologies, et le savoir serait intéressant pour la thérapie de Natascha, en terme d’historique familial. « Aucun de vos parents n’a d’antécédents psychiatriques ? » Elle secoue la tête. « Vos grand-parents, peut-être ? » « J’ai jamais connu mes grand-parents maternels, Youri non plus. Et… ce n’est pas les mêmes que les jumeaux, de toute façon. » Demi-frères. Ça lui fend le cœur. La vérité sortie de la bouche de Youri, alors qu’une violente dispute avait éclatée. Elle s’en souvient comme si c’était hier. « Grand père Hans… non, jamais. Mais si rire trop c’est considéré comme une maladie… » Ça le fait sourire.

« Vous savez quand je vous ai parlé de ma… enfin vous voyez. » Tentative de suicide, il comprend le message. « C’est Youri qui est arrivé le premier. Il n’était pas sensé rentrer mais il était là. Il a été si calme que j’avais l’impression que tout ça était irréel… et il me parlait… c’est comme s’il n’avait pas peur. Qu’il savait que j’allais m’en sortir. Je crois qu’il n’a jamais été aussi apaisant. » Une pause. « Et quand j’y pense, il n’a jamais eu peur… enfin, il ne le montrait pas. Peut-être qu’il garde les choses pour lui mais c’est incroyable ce qu’il a comme sang-froid ! » « Il doit faire un bon policier. » Elle hoche la tête. Ça semble évident, elle sourit avec le rouge aux joues. Elle l’aime vraiment, ce petit OVNI.  « J’aimerais bien aller le voir. Qu’on puisse passer un peu de temps ensemble… mais j’ai l’impression qu’il ne veut pas. Sauf si je lui propose de ramener ma console, peut-être qu’il accepterait… » Ils ont toujours eu l’habitude de se défier sur des jeux d’arcade ou de combat. Surtout sur Mortal Kombat. Ça leur faisait passer du temps ensemble, sans s’obliger à parler de choses désagréables. « Vous devriez lui demander, exprimez-lui vos sentiments clairement. Vous ne perdez rien à essayer. » Et il a raison. Si Youri n’exprimait pas ses sentiments à lui, il n’y avait pas de raison qu’elle s’empêche de le faire à son égard…


——————————


CHICAGO
2014


Ça fait cinq minutes pleines que Miguel me parle du repas de famille de la veille et ça m’emmerde sec.

Et Maria… blablabla… En cinq minutes, j’aurais pu finir de monter mon Magicarpe jusqu’au niveau 20. Il aurait évolué. Un Leviator. Un putain de Leviator. Ça aurait été mon cinquième. Je crois que j’aime bien les collectionner. Je devrais plutôt penser à attraper un second Shiney… sauf que je n’ai pas la bonne console sur moi.

Mais c’est à une femme que je pense, une femme que j’ai connu. Amy. Je crois que je l’ai détruite, ce qui ne m’empêche pas de vouloir essayer de recoller quelques morceaux. (Elle ne dirait pas non.) Cinq minutes où j’aurais pu l’appeler et lui dire de sortir de sa tanière pour qu’on puisse se revoir une nouvelle fois. Je n’aime pas rester dans l’attente. En plus la cousine est arrivée avec ses gros sabots, en retard comme d’habitude… elle s’en foutait complètement ! Il a déjà parlé d’elle quelques fois. Je l’ai jamais vue. Il la critique mais il l’apprécie beaucoup. « Elle est maquée ta cousine ? », que je demande en lui jetant un regard en biais. Je sais qu’il va monter sur ses grands chevaux et… « N’y pense même pas Sojka, ça reste ma cousine alors bas les pattes ! » …c’est bien ce que je disais. Je laisse un sourire fendre mon visage alors concentré sur la route. « T’as si peu de considération pour moi ? » chose qui le fit lever les yeux au ciel, «  C’est pas ça que je te dis, c’est… ma cousine, quoi ! Tu peux pas, c’est écrit sur les tablettes divines, c’est tout ! » se défend t-il avec de grands gestes, finissant par rire de sa propre réaction. Je le suis sur cette voie, présentée comme une évidence compte tenu du contexte. «  Maintenant si t’essayais de nous conduire là où il faut sans m’interrompre, ce serait très bien ! » Sauf qu’il sait très bien que j’en ai rien à carrer, souriant ou non. Et Javier lui a encore fait une remarque sur son dessert… et ça recommence… J’aurais mieux fait de lui laisser le volant pour cette fois. Je vais chercher la mollette de volume et l’augmente un peu, couvrant ses propos. Il soupire en jurant en espagnol. « Tu me raconteras après Hernandez, j’adore cette chanson. » lui confiai-je, armé d’un petit sourire espiègle. Je crois qu’il m’a cru…
Je sais qu’il m’apprécie pour ce que je lui renvoie. Et ce que je sais aussi, c’est que j’aime pas cette foutu chanson de Pharrell Williams. Ça me fait penser au dernier copain de ma mère, un vrai déchet qui lui servait d’animal de compagnie.
C’est ça, il m’a cru. En réalité, c’est surtout lui qui aime cette chanson. Marquer le rythme sur le volant n’était peut-être pas suffisant. Ou pas comparable. Il y a des choses qui ne s’expliquent pas… j’ai horreur de ça. Parce que Miguel, lui, se met à chanter à tue-tête, comme un bon vieux demeuré. J’aurais au moins une bonne raison de sourire cette fois… j’aurais pu avoir pire comme binôme.


——————————


CHICAGO
FÉVRIER 2016


« Putain, tu l’as vu ? Qu’est-ce que c’était ? », me balance Hernandez alors qu’un canidé avait détalé à une vitesse ahurissante, le pourpre aux babines. « Un chien. Rien qu’un putain de chien. » avais-je simplement dit, réprimant un soupir. J’aime pas les chiens, mais celui-là a couru très vite, il faut l’avouer. Pendant un bref instant, j’ai eu envie de lui tirer dessus. J’ai bien fait de ne pas essayer, je n’aurais jamais pu être suffisamment rapide.
Hernandez me pollue avec ses réflexions internes, il croit que ça pue vraiment ici et je suis de son avis. Sauf que lui a un pouls à 110 et moi pas. Nous étions deux à avoir l’arme au poing depuis que des mouvements louches avaient été repérés à l’entrée du bâtiment. Un appel avait été passé pour signaler des cris, c’est pour ça qu’on était là. Ça aurait pu être la vieille voisine du dessus qui n’entendait plus rien et hurlait sur ce qui restait de son mari. Ça aurait pu, si on était pas dans un coin où même les rats n’aimeraient pas pioncer. Puis il y a eu ce chien qui a détalé avec du sang à la gueule… un chien errant, il ne portait pas de collier. « Une sacrée fusée pour un clebs ! » j’acquiesce en silence, continuant d’avancer en première ligne, tous mes sens en éveil. Encore un peu et on se croirait dans un remake de Resident Evil 3. Et c’est là que je l’ai vu.

Deux corps déchiquetés, une traînée de sang allant d’un point à leur carcasse. L’un des deux a tenté de s’enfuir. « ¡ Madre mía ! » Nos armes se baissent lentement et Hernandez détourne les yeux, lançant un appel radio immédiatement. J’ai quant à moi l’opportunité de disséquer les cadavres des yeux, sans éprouver le moindre dégoût. Ni quoi que ce soit d’autre, à vrai dire. Je contourne avec précaution. « Ils sont vraiment en forme en ce moment… », glissai-je à mi-voix. Les meurtres fusent dernièrement. Des meurtres où bien souvent, on ne parvient pas à remonter jusqu’à la main qui l’a dirigée… ou les crocs. Encore du net… et rien à me mettre sous la dent. Une bouffée de frustration monte en moi. Est-ce que ça avait un lien avec le surnaturel ? Ça me paraît hors de portée… pourquoi faut-il qu’ils foutent leur merde, ceux-là ? Ils peuvent pas rester tranquilles comme moi ?

Je soupire. J’ai aucune envie d’être à nouveau confronté à ce monde-là… la dernière fois, je me suis pris une balle en argent dans la jambe, bonjour l’accueil.
Pourtant je vais quand même devoir aller chercher le fils de pute qui a fait ça, qu’il traîne à quatre pattes ou non. J’aurais encore moins de scrupules à lui tirer dessus s’il ressemblait à un clébard.
Mais avant, je vais me déchirer ce soir à la fête d’Henry.


——————————


CHICAGO
5 AVRIL 2016


« Je suis désolée de te faire supporter ça… mais je pouvais plus… » « Pas grave. »
Pourtant ça va effectivement me faire chier, je vais devoir aller squatter chez mes partenaires désormais. C’est pas ici que j’aurais la tranquillité, à moins qu’elle se décide à sortir elle aussi à des heures différées.
Nat vient d’arriver chez moi. Elle revient d’un voyage plutôt pénible à provenance de New-York, qui est devenue un vrai bourbier. Ce n’est pas vraiment la joie. Un vrai génocide de clébards. Moi je m’en tape, c’est pour Nat que c’est moins agréable, elle avait un chien et elle a dû le faire euthanasier. Précaution sanitaire. Au final, elle est partie de la ville, le climat général était devenu trop insupportable. Elle ne voulait pas retourner chez notre mère et encore moins chez son père… alors j’ai dis oui.
J’ai dis oui et elle va rester là pour quelques temps. Temporaire. Ça devrait aller… maintenant qu’elle a plus de sac à puces à traîner derrière elle. « Promis, je fais le ménage, tout ce que tu veux. » « Ça, je dis pas non. Ça tombe bien, j’ai pas encore fait la vaisselle d’hier soir. » Étrangement, ça la fait sourire. Je plaisante pas pourtant, elle a vraiment intérêt à passer la serpillère parce que ramasser la merde de deux personnes à la fois, non merci. « J’ai que ça à t’offrir, désolé. » Parce que c’est ma sœur, je fais quand même mine de m’en préoccuper. Peut-être que je l’aime vraiment, juste différemment. De toute façon elle est grande et elle n’allait pas dormir par terre ou dans la baignoire, c’est pas confortable pour une nana. « Arrête ça, c’est déjà beaucoup ce que tu fais pour moi. » Elle a laissé ses affaires au pied du canapé-lit, a soupiré avant de passer une main dans ses cheveux. Un tic qu’elle n’a pas perdu, un tic qui m’informe qu’elle est sur le point de craquer. Sous ses airs de garçon manqué, elle a toujours été un peu fragile. Instinctivement, je m’approche un peu d’elle, qui me sourit nerveusement. Avant de fondre en larmes dans mes bras, que je lui ouvre naturellement. « Merci beaucoup frangin. Merci pour tout. »


——————————



« Nous ne sommes pas égaux face à la réalité.

Je m’appelle Marta Sojka et vivais en Allemagne comme ma sœur depuis le début des années soixante-dix. Avant que je ne décide de quitter le pays à mon tour, désireuse de garder un œil sur le seul neveu qu’il me reste, cet enfant que je n’ai jamais eu.

J’ai pris soin de Darko, car il était fragile. Fragile et différent. Je n’aurais jamais eu la prétention de lui faire gagner une place qu’il mériterait au sein de ce monde, bien que ma sœur Wanda aurait sans doute apprécié - si elle avait su. La seule chose qui était en mon pouvoir fut de le protéger — et n’ai pas lésiné sur l’utilisation de sortilèges afin d’y parvenir.

Quand il fut en âge de comprendre, ou plutôt d’entendre, je l’ai aidé à appréhender ses dons, à les utiliser avec plus de justesse. Je lui ai parlé, longuement, souhaitant lui montrer l’importance d’en faire un secret. Je suis sorcière, je ne suis pas née avec ces dons mais j’ai appris, à l’aide de mon maître aujourd’hui disparu, à en faire autant. Je ne le lui ai jamais confié mais je sais pertinemment qu’il le sait. Darko est aussi un télépathe. C’est bien pour ça qu’il a réussi à s’en sortir, en plus de mon enseignement de fortune.

Je me souviens.

Je me souviens quand je l’ai vu avec ces petits yeux d’un bleu délavé, quand j’ai vu qu’il ne parlait plus. Du jour au lendemain, il a été piégé par des forces qui le dépassaient, et j’ai peiné pour l’en sortir de manière optimale. Ses parents eux, bien que souvent absents de par leur profession (ma sœur entre autre), n’ont pas été dupes : quelque chose n’allait pas. Il ne dormait plus ou était secoué par de violents cauchemars. Cet esprit qui le hantait a finit par l’avoir. J’ai remonté jusqu’à la source, ai fait en sorte de congédier l’esprit en brûlant ses restes. Mais il t’avait déjà détruit.

Je me souviens quand Youri est mort. Quand Natascha l’a retrouvé noyé dans la piscine, du haut de ses quatre ans. Tu étais assis sur la pelouse, foudroyé par cette vision qui s’offrait à toi. Foudroyé par la réalité.

Mais tu ne ressentais plus rien. Je me souviens quand tu souriais encore, le cœur sur les lèvres. Je me souviens quand tu étais Toi. Et je me souviens d’avoir échoué.

Le monde n’est pas contre toi. Le monde recèle de trésors et de surprises, et tout ça peut t’appartenir. Bonnes, mauvaises. Je sais que tu sauras un jour voir où est le blanc, où est le noir. Je sais que tu comprendras. Que tu te réveilleras.

S’il te plaît, souviens-toi. Tu dois redevenir ce garçon que tu as abandonné avec tes démons. Tu dois revenir et laisser ton frère partir.

J’ai pris soin de toi, car tu dois nous aider à vaincre.
Souviens-toi : pour nous, pour toi.
Toi.
Darko Sojka.
»

L’encre s’assèche sur les dernières lignes. Un soupir, une larme. Elle doit partir.
La septuagénaire marque la feuille de deux plis soignés, la glisse dans une enveloppe qu’elle scelle avec parcimonie.
Demain, le 21 mai, son anniversaire. Il ne sera pas seul.
Elle la glissera là où il saura la trouver. Il la lira…
Et il se souviendra.



Dieses Geständnis war völlig bedeutungslos…
Cette confession était complètement dénuée de sens…

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Message Sujet: Re: youri sojka Sam 20 Mai - 0:23

Re bienvenue ma bichette !!! J'ai hâte !!! :39:


Je remets ma vie à... Un plus tard abandonné. Pour simplement vivre. Tenter d'atteindre une humanité. Des lambeaux de terre, me regardaient disparaître. Et parmi les pierres, je vivais et j'espérais, tu sais...


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Message Sujet: Re: youri sojka Sam 20 Mai - 12:10

Re bienvenue

(Max Riemelt )





I'm a big bro. I've thousands of brothers and sisters. But he's my favorite, my weakness. And one day Lucifer abandoned me, he broke my heart. I love him. I hate him. But he still my little bro.

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Message Sujet: Re: youri sojka Sam 20 Mai - 12:18

Re bienvenue parmi nous
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Message Sujet: Re: youri sojka Sam 20 Mai - 12:57

Merci beaucoup d'être passé par là


I hope I can sleep straight through madness
but I can't even tell when I'm sleeping anymore

…d'odieux mensonges sont prononcés en #8A7799

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Message Sujet: Re: youri sojka Sam 20 Mai - 13:32

Bon retour et bonne chance pour l'écriture de ta fiche
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Message Sujet: Re: youri sojka Sam 20 Mai - 13:38

Merci Kali :21:
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Message Sujet: Re: youri sojka Sam 20 Mai - 14:37

Re-bienvenue parmi nous mon chou :14:

Comme d'habitude, tu disposes de 7 jours pour faire ta fiche et, comme d'habitude, si tu as besoin d'un délai, n'hésite pas à nous le demander et si tu as des questions, on est là pour toi. :17:

Bon courage pour la suite



At the end, I would be by you side
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Message Sujet: Re: youri sojka Sam 20 Mai - 18:22

MAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAX :52: :7: dkglhd:slfdjksgslkfjqldw *dead*


Rebienvenue parmi nous darling :amour: Cassou a déjà tout dit. <3 J'ai hâte d'en lire plus anyway. Courage pour l'écriture du coup Léchouille sur toi !


 

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Message Sujet: Re: youri sojka

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youri sojka

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