Partagez | .
 

 Out of the frying pan [ft Eli]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar

Age : 40 ans
Métier : professeur d'Histoire
Situation : célibataire
Localisation : Chicago
Feat. : Hugh Dancy
Copyright : Gif Huntrress, avatar Byme
Je suis aussi : Lucifer et Heather
Date d'inscription : 13/06/2016
Messages : 121

Message Sujet: Out of the frying pan [ft Eli] Lun 8 Mai - 7:38

En cours

Sujet privé; ft. Elizabeth Rochester

type ❖ normal

date ❖ 8 avril

informations spatio-temporelles ❖ dans un motel des faubourgs de Chicago, un endroit pas complètement miteux, mais très éloigné des hôtels 4 étoiles dont certains pourraient avoir l'habitude

intervention du MJ ❖ Le MJ peut se reposer merci à lui

Autre ❖ Merci à ma partenaire d'avoir  accepté de rp avec moi, Eli va détester Matt, je crois... Ne pas hésiter à me dire si j'ai un peu trop forcé sur les bobos ou pas assez, je modifierai en conséquence.:face :

© HELLOPAINFUL; revisité par SHADOW


Out of the frying pan


Ft Elizabeth Rochester





Ma tête me fait mal. Guère plus que le reste de mon corps, à vrai dire, mais tout de même un peu plus. Je crois. Étrangement, la planche de métal qui me sert de lit me semble plus molle. Je dois avoir perdu une parti des nerfs de mon dos, en plus de la peau... J'ouvre les yeux, prenant bien soin de rester immobile. De toute façon, enchaîné comme je le suis, je sais que cela ne servirait à rien d'essayer de bouger. Je vois trouble, mais la lampe au plafond ne ressemble pas à celle qui orne ma geôle. Pourquoi ?! Ils m'ont changé d'endroit ? Qu'est-ce que ça veut dire ?! Combien de temps suis-je resté inconscient ? Quelle importance ? Surtout, qu'est-ce qu'ils me réservent ?! Je hais les sorciers ! Depuis cette soirée, cela fait quoi une semaine ? Deux ? Un mois ? Impossible de noter le passage des heures, et les séances de torture ont l'art de déformer la notion de temps de manière fort efficace. Aussi efficaces qu'ils ne le sont, à vrai dire. J'ai soif, mais ce n'est rien de nouveau.  

J'entends un bruit sur ma gauche. J'inspire doucement et me prépare à la douleur qui accompagne le mouvement de tête dans cette direction. C'est toujours un peu flou. Je n'arrive pas à faire le focus. Peut-être en partie à cause de ce qu'ils ont trafiqué à mon œil gauche? Je cligne des yeux et grimace, pour voir une silhouette à mes côtés. J'ai un mouvement de recul, involontaire, bien que je sache que je ne pourrais pas bouger même si j'en avais l'envie.

Une fois de plus, je maudis l'idée qui m'a prise d'aller vérifier si Elizabeth était bel et bien une sorcière... J'avais pensé avec mon cœur et non avec ma tête comme doit le faire tout chasseur qui veut rester en vie. Car malheureusement la réponse était positive ; mais en plus je me suis fait capturer comme un débutant. Lemmy aura quelques comptes à me rendre quand je le reverrai. S'il n'avait pas avoué le secret d'Elizabeth aussi platement, j'aurais peut-être réfléchi à deux fois avant d'aller la questionner. Je maudis mon cœur de s'être épris d'une sorcière, alors même que je me demande ce qui lui est arrivé. Est-elle morte, pour avoir tenté de prendre ma défense ? A t-elle rejoint les rangs de mes tortionnaires ? A t-elle pu fuir, malgré ses chaînes ? Pourquoi, malgré tout ce qui m'arrive, je prie pour qu'il en soit ainsi ? Que tout cela ne soit pas en vain. Et Anna ? Elle doit bien s'inquiéter, et cette fois à raison. Peut-être partira t-elle à ma recherche ? Un mince espoir, et une nouvelle peur qui m'envahit. Je ne veux pas qu'elle se fasse avoir par les Styne, elle aussi. Je souhaite qu'elle fuie cette ville le plus rapidement possible. Mais je n'ai aucun moyen de la contacter. Je serre les dents alors que la silhouette s'approche, sans doute un scalpel en main... Ils sont doués avec les lames ces bouchers ! Mais je ne parlerai pas ! Je serre les dents et me casse une molaire déjà fendue au passage. La vie de plusieurs chasseurs est en jeu. Je ne peux pas donner mes semblables pour un possible allègement de peine. Je n'ai plus qu'à espérer qu'ils se lassent et finissent par me tuer. Mon œil valide lance des éclairs en direction de mon geôlier. Qu'il sache qu'ils ne m'ont pas brisé, et n'y parviendront pas.

La forme s'approche et je crois reconnaître Elizabeth. Quoi ? Qu'est-ce là comme nouvelle forme de torture ? Une hallucination née de la magie ? Ou bien suis-je en train de mourir et un ange vient me chercher ? Une petite partie de mon cerveau ricane, en matière d'ange, on a fait mieux qu'une sorcière multicentenaire... Néanmoins, mon cœur se serre à cette vision. Les chiens ! Ils ne reculent devant aucune bassesse !

Je crache un morceau de dent avant de lancer d'une voix rauque chargée de haine, « Tu penses qu'une sorcière » j'insiste sur ce mot, le chargeant de tout le mépris possible, à la fois surpris qu'ils sachent qu'une de leurs semblables puisse me faire de l'effet et les détestant d'autant plus pour tenter d'en jouer, « va me faire parler !? Allez au diable, toi et tes semblables ! » Le plus effrayant est que je ne suis même pas certain qu'ils veulent apprendre les secrets du clan Graham. Ils pourraient tout aussi bien simplement vouloir se divertir après une longue journée à commettre je ne sais quelles autres atrocités...


Code by Joy


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Age : 243 ans
Métier : Libraire & gérante d'un petit magasin esothérique
Situation : Veuve 2 fois, célibataire endurcie
Localisation : Chicago
Feat. : Helena Bonham Carter
Copyright : Elf (avatar) & TUMBLR (gifs)
Je suis aussi : Gabriel ◈ Yehuiah ◈ Annabelle J. Graham ◈ Lyov A. Winston ◈ Bailey Johnson
Date d'inscription : 14/12/2015
Messages : 252

Message Sujet: Re: Out of the frying pan [ft Eli] Lun 8 Mai - 12:22


out of the frying pan
(Karmina - All The King's Horses) ▽ We stand on a wall of happiness, We stand on a wall of security so high above ; With his arms wrapped all around me, It was like a fairy tale

Corps soudoyés, enchaînés, ployés, meurtris, désossés – combien d’heures ont-elles pu défiler depuis mon cachot sans que la conscience du monde extérieur ne m’atteigne ? Sans voir la lumière, le coeur prêt à rompre, la peur et par dessus la haine s’affrontant pour me maintenir hors de l’eau, tandis que les hurlements se répercutaient contre les murs, non identifiables mais incroyablement douloureux ? Qu’ai-je fait au ciel pour que mes cauchemars se réalisent, je me le demande. J’ai  pourtant prié. J’ai prié, silencieusement, sans un sanglot, restant droite, assumant l’échec cuisant sans sourciller, malgré la confrontation sordide et sanglante. Une journée, trois, six ? Le compte à rebours s’est enrayé, ma mémoire m’a jouée des tours, je ne sais pas, je ne sais plus quel jour nous sommes. J’ai senti le froid m’emporter comme l’océan rappelle ses sirènes, avec un chant céleste bienveillant naturel ; j’ai senti la morsure ardente d’une lame s’enfonçant dans ma chair, aussi irrésistible et douloureuse que la brûlure des fers. J’ai senti l’air chaud et âcre s’enfoncer dans ma gorge pour mieux me fuir et ne plus vouloir revenir, me faisant suffoquer. J’ai senti le liquide poisseux d’une vie trop longue maculer ma peau lisse, j’ai senti le hurlement décharné se convertir en une plainte honteuse d’un chaton noyé. Je me souviens avoir vu mon fils s’entre-tuer avec un homme de haute estime, je me rappelle le choc du sol contre ma poitrine sans que je ne puisse plus rien y faire. Mourir. Combien de fois ai-je caressé l’idée avant de la fuir dans un envol de tissus pourpres ? Ma peau porte encore les stigmates de la folie des hommes, mon esprit meurtri s’étant trop de fois nourrit de leurs blessures. Si aujourd’hui la majorité des cicatrices ont disparu, mon esprit indomptable, lui, se remémore encore.

Deep breath.

J’ai ouvert les yeux pour faire face au carrelage martelé par l’eau chaude qui sort de la paume de la douche en inox, tentant d’effacer la semaine d’horreur de mes pensées sordides. Ma petite mort, la torture nouvelle de ne plus voir Aaron et savoir pertinemment que Matthew a été emmené ; la peur, toujours la peur. J’ai haïs mon premier fils pour son comportement – je me suis détestée et me déteste encore car je suis responsable que de ce gâchis immense. Une fois de plus. Un rire désabusé a secoué mon corps fatigué, avant de se transformer en sanglot rauque, les larmes se mêlant à l’eau pure qui, vivifiante, a lavé le sang séché de mes balafres neuves. En un soupire, je me suis remémorée notre fuite – Aaron défonçant presque la porte de mon caveau pour venir m’attraper avec une force que je ne pensais plus possible vu son état, à peine humain. « Matthew. » avais-je murmuré, tandis que son corps supportait le mien, tanguant. « Je ne pars pas sans lui. S’il te plaît. » S’il te plaît, mon fils, sauve-le lui. Et, bien qu’il n’avait pas eu le coeur à contester ma requête, dans ses yeux la haine furibonde s’était rallumée, un grognement furieux s’échappant de sa cage thoracique – animal piégé, frustré, incompris. « Dette de vie » avais-je repris doucement, pitoyable et incapable d’en dire plus, la fatigue de mes plus de deux cents années s’affichant sur mes traits. Dette de vie. Nous sommes bons à présents.

Shiver.

Je quitte le mur blanc tacheté de calcaire des pupilles pour me retourner, pinçant les lèvres en me réappropriant mon corps peu à peu. Une journée presque complète s’est passée depuis notre arrivée dans ce motel, Aaron nous ayant conduit en sécurité pour le moment. Dans ma tête, bien que le choc reste présent, le plan échafaudé depuis une lune s’est remis en place en prenant des couleurs de certitudes nouvelles – plan que j’avais expliqué à mon enfant quelques heures plus tôt d’une voix ne souffrant d’aucun appel. « Nous devons partir. » Nous devons fuir. Encore. Toujours. Nous devons fuir pour reprendre des forces, car lorsque Gareth apprendra que nous ne sommes plus là où il nous a placé, il nous traquera pour nous tuer, sans exceptions. Un sourire sans joie avait étiré mes lèvres – c’est en ça que ne pas avoir pu l’élever restait une chance, il ne me connaît pas, ne saura pas où je me terre tant que je ne l’aurais pas décidé autrement – avant de retomber, lasse, épuisée. « Viens avec moi. » Avais-je repris en fixant cet être que j’avais porté neuf mois durant. Viens avec moi, s’il te plaît. Te perdre une seconde fois n’est pas envisageable – plus jamais.
Mais dans ses yeux, le refus, et dans mon coeur, un pan d’existence sombrant à nouveau. Que pouvais-je faire d’autre que le congédier, alors ? Il avait besoin de reprendre des forces de son coté – cela signifiant arracher des bouts d’êtres vivants pour se reconstruire -, j’avais besoin de soins du mien, sans compter sur Matthew qui, inconscient, avait été étendu sur le lit tandis que le crépuscule venait nous embrasser. J’avais laissé Aaron s’occuper de lui, l’attachant au lit malgré mon désaccord sur la question, tandis que je m’occupais de vérifier la place et y poser des sceaux de protections sommaires. Une semaine. Nous avions l’espace réservé durant autant de temps, sous une fausse identité, et il m’avait fallut avoir recours à mes pouvoirs pour l’obtenir plus facilement, m'épuisant un peu plus. Nous étions censés être un couple en lune de miel. Ah, belle ironie du sort. J’avais ensuite étreint mon enfant contre moi, maladroitement, avant d’accepter à contre coeur de le laisser filer contre de dernières recommandations. « Ramène-nous des provisions, s’il te plaît. Et si tu peux, rentre à la maison nous chercher des vêtements propres pour tout le monde, en prime de quelques baumes cicatrisants et autres herbes de cet acabit. Je ne suis pas en état d’user de ma magie pour soigner. » Je lui avais tendu une liste de courses écrite à la va vite, avec au besoin les indications pour trouver les affaires, puis je m’étais renfermée dans un mutisme profond tandis que la porte claquait.
Solitude, encore ; solitude, enfin. Mon regard s’était alors reporté sur le corps endormi dans les affres des ténèbres, et mon coeur s’était serré à nouveau. Je n’avais pas eu la force à vérifier l’étendue de ses blessures, pas encore – mais Gareth ne l’avait pas loupé, ça j’en étais certaine. J’étais partie dormir quelques heures dans le fauteuil unique qui trônait au milieu de la scène – deux à tout casser, que risquais-je après tout ? - histoire de me remettre avant de finalement partir me doucher – une fois avoir constaté que Matthew était toujours dans les vapes à mon réveil et mon fils, toujours absent.

Here I am now.

Je fixe à présent l’eau sale tandis que j’efface de mes joues les stigmates des larmes, restant encore un peu sous la douche salvatrice. J’ai longuement massé ma peau meurtrie, soupirant d’aise en sentant les odeurs de propreté malgré les grimaces de douleur. De nouvelles cicatrices, fraîches, couvrent à présent les anciennes – ne serait-ce que celles des fers ayant brûlés mes poignets, auxquelles je préfère ne pas accorder d’importance. Je finis par couper la pluie ardente pour sortir de la petite salle enfumée, me séchant rapidement avant de sursauter à la douceur du peignoir sur ma peau déchirée que je noue avec une dextérité tremblante. Les cheveux toujours humides, cependant, je reviens dans la pièce précédente, l’esprit à présent clair quant à mes priorités. Je m’apprête à utiliser à nouveau le stylo du motel quand un mouvement attire mon attention, me figeant complètement et mobilisant tous mes sens.
Approche-toi, me dit ma conscience, et c’est ce que je finis par faire, doucement, lentement, sans bruits, avant de me figer lorsque les paupières du chasseur s’ouvrent, péniblement, et que je contemple le travail de mon aîné en étouffant un juron douloureux, sursautant presque au mouvement de recul que le malheureux peut avoir en m'apercevant. Dégoût. Peur. Haine. Nouvelle spirale, toujours la même, et voilà que mon âme pleure à nouveau - ce qui en soit est ridicule -, peinée par tant d'émotions destructrices dirigé à mon encontre. Comment ai-je pu espérer qu’il en soit autrement ? Les hommes restent les hommes et même deux cent ans plus tard les réactions restent les mêmes, inchangées, guidées par l’incompréhension.

« Vous ne craignez rien ici. » Ma voix murmure, trouvant sa force dans le passé de plus joyeux souvenirs, restant pourtant à distance. Je sais qu’il doit être perdu, et c’est pour cela que je me contente de respirer et fermer les yeux sous cette accusation juste et douloureuse – bien plus que le poignard ayant déchiqueté mes chairs une semaine plus tôt.
« Devil, huh ? » Je reprends d’une voix triste avant de sourire – un éclat de lumière brisé et dépassé étirant mes traits - et m’approcher encore jusqu’à m’asseoir sur le bord du lit où il se trouve. « Mais que savez-vous du diable et de ses sbires, au juste, vous autres ? Rien, j’en ai peur. » Je soupire, avant de regarder plus intensément sa peau malmenée par ma faute, et inspirer de nouveau, écœurée par le mal dont je suis originaire.
« Si j’avais voulu vous tuer, cela serait longtemps que vous ne seriez plus là, Messire Graham. Aaron vous aurait par ailleurs bien laissé sur place, mais il est un fils bien élevé qui écoute sa mère – tout du moins cette fois-ci. De ce fait, avant de vous laisser me cracher le reste de votre haine compréhensible mais inutile au visage, comprenez que nous sommes désormais ce que vous appelleriez des fugitifs en cavale et que tout ce que je veux faire, c’est vous aider. » J’assène, d’une voix toujours aussi douce bien que plus froide et défensive, me retenant de passer une main sur sa joue. Mes yeux parcourent à nouveau ses poignets enfermés par des liens solides et attachés aux barreau du lit, et mon nez se fronce de désaccord tandis que je me relève pour aller chercher un verre d’eau – car il doit certainement avoir soif, ainsi que faim.
« Aaron vous a attaché pour ne pas que vous tentiez de faire une énième chose stupide, comme tenter de fuir vu votre état ou me tuer. Je sais cependant à quel point être entravé peut être désagréable et je vous libère à la seule condition que vous vous teniez tranquille. » Je reprends, un éclat furieux traversant dans mes pupilles bien que ma voix reste égale, tout en revenant près de lui avec le verre d’eau à la main, sans pour autant esquisser un nouveau mouvement - outre que celui de poser le verre d’eau sur la petite table de chevet.
« Je suis désolée. » Je reprends soudain d’une voix bien plus tendre et fracassée, presque un murmure inaudible, suite à un instant surréaliste de silence. « Pour ce que Gareth a dû vous faire subir. Vous devez me détester, j’en ai conscience. Cependant … sachez qu’il vous faudra composer avec moi pour un temps. Je sais qu’assurer votre sécurité est chose impossible – vous êtes tellement têtu à ce sujet, en prime d’être suicidaire – mais laissez-moi au moins vous soigner au mieux. Ensuite … Et bien je m’engage à ne plus croiser votre route, je suppose. Et à éloigner ma … Famille de la votre autant que je le pourrais. Je vous conseillerais bien de déménager également, mais vous connaissant … Vous voudrez rester. »

(c) AMIANTE




How can I say this without breaking ? How can I say this without taking over ? How can I put it down into words when it's almost too much for my soul alone ? I don't want them to know the secrets. I don't want them to know the way I loved you. I don't think they'd understand it, no, I don't think they would accept me, no ! I loved and I loved and I lost you. I loved and I loved and I lost you. I loved and I loved and I lost you ... and it hurts like hell


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://solemnhour.forumactif.org/t42-elizabeth-w-rochester-can-t-sleep-take-arsenic http://solemnhour.forumactif.org/t48-journal-de-bord-d-elizabeth-w-rochester
avatar

Age : 40 ans
Métier : professeur d'Histoire
Situation : célibataire
Localisation : Chicago
Feat. : Hugh Dancy
Copyright : Gif Huntrress, avatar Byme
Je suis aussi : Lucifer et Heather
Date d'inscription : 13/06/2016
Messages : 121

Message Sujet: Re: Out of the frying pan [ft Eli] Mer 10 Mai - 20:56

Out of the frying pan

and into the fire


Ft Elizabeth Rochester





« For I have sworn thee fair, and thought thee bright,
Who art as black as Hell, as dark as night. »

Shakespeare, sonnet 147

Je sais ce qu'elle est. Je le sais depuis ce piège taille géante déguisé en soirée mondaine. Les Stynes sont malins, je dois le reconnaître. Froids. Calculateurs. Efficaces. Sans pitié. Et malheureusement aussi fins bretteurs. Quand ils avaient mis la main sur elle, j'avais levé ma lame (ou mon pied de chaise, à défaut) pour défendre cette femme, mais cela n'avait pas suffit. Bien sûr que non. J'aurais dû la laisser et feindre de ne pas la connaître. Mais mon coeur avait été plus rapide que ma raison et j'avais bougé. D'ailleurs, il doit y avoir quelque chose de bien amoché à mon crâne pour que j'imagine Elizabeth en peignoir... L'illusion qui se dresse devant moi serait absente, si cela n'avait pas été le cas. Ou bien.. Peut-être sont-ils las des lames et autres ustensiles de cuisine, et veulent-ils passer à un autre genre de torture, plus raffiné ?

Un sorcier peut-il créer une illusion si réaliste? Sans doute, s'il est doué. Et ceux-ci ont eu des siècles pour se perfectionner. Mon regard ne s'adoucit en rien alors que j'écoute la voix, la douce et triste voix de celle que j'ai eu le malheur d'aimer, alors que je la connaissais à peine, pour ne pas dire pas du tout. Je retiens un rire amer quand elle prétend que je ne crains rien ici. Rire me ferait mal, plus que de rester immobile à la fixer, mais c'est bien le sentiment qui m'habite. J'ai été trompé c'est aussi simple que cela. Trahi et torturé pour le plaisir.

Elle s'approche encore et s'assoit sur le bord de ma couche. Une illusion peut-elle être réaliste au point d'avoir son odeur, ajoutée à celle du savon ? Je ne réponds pas à sa question sur le diable, qui tient plus du cadre de la rhétorique qu'autre chose. Une chose est certaine par contre, il y a bel et bien quelqu'un assis sur le lit. La question est de savoir si c'est Elizabeth ou un autre. Et si c'est elle, de quel côté elle se trouve. Le mieux étant d'assumer le pire pour avoir une bonne surprise par la suite.

Je ferme les yeux un instant, et soupire doucement, avant de bouger pour mieux observer la sorcière à mes côtés. Mes mains sont toujours entravées. La preuve que je suis donc toujours prisonnier. Que rien de cela n'est réel. Ou qu'elle a décidé de se joindre à sa famille, simplement. Je ne suis qu'un chasseur, après tout. Un chasseur plus bête que le premier amateur venu, il semblerait. C'est certain, si elle avait voulu me tuer, elle aurait pu le faire plus tôt. Mais bien sûr, les sorciers se réjouissent de la douleur et puisent leurs forces dans le sang des autres. Si je mourrais, ils perdraient leur jouet et ce serait fort dommage, n'est-ce pas ? J'en conclus qu'ils vont encore vouloir s'amuser un bout de temps avec moi. Assez pour que d'autres chasseurs se demandent ce qu'il m'est arrivé et se mettent en chasse ? Peut-être. S'ils ne finissent pas eux aussi sur une table d'opération... J'espère qu'Anna ne viendra pas fourrer son nez dans ce nid de vipères.

Le reste de ses paroles ne fait que peu de sens. Des fugitifs ? M'aider ?! Je secoue la tête avant que la douleur me rappelle que c'est une très mauvaise idée. Je fermes les yeux le temps que ça passe avant de regarder en direction du plafond. Oui, il est différent, c'est certain. De même que la lampe qui y est suspendue. Je tourne la tête dans la direction opposée à ma tortionnaire et observe la pièce. Oui, on dirait bien une chambre. Suis-je toujours dans la demeure Styne ou bien ailleurs ? Si oui, où ? Et pourrais-je m'échapper ?

Je ramène mon regard sur Elizabeth, et tente de me redresser un peu, autant que mes attaches me le permettent. Mes doigts se serrent sur les liens alors qu'elle m'explique qu'ils sont là pour notre protection mutuelle et qu'elle me libérera si je coopère... ou comme elle dit, si je ne fais rien de stupide... Mais je crois qu'il est bien trop tard pour cela. J'hésite un instant, quel sorte de nouveau piège est-ce là, avant d'acquiescer d'un geste du menton. Qu'elle soit sincère ou non, avoir les mains libres m'aidera à m'échapper. Si mes jambes acceptent de me porter, bien sûr, ce qui est loin d'être certain. Mais dans ce cas je devrais échapper non pas à un mais à deux sorciers, puisque Aaron est avec elle...    

J'ai du mal à assimiler ce qu'elle me raconte. Son fils a l'air aussi âgé que moi et l'est sans doute beaucoup plus. Et elle... Ravissante dans son peignoir, alors même que la fatigue se lit clairement sur son visage. Quel âge a t-elle vraiment ? Quelle importance ? Trop de questions me tournent en tête et je n'ai aucune réponse. Je ne suis même pas certain de vouloir connaître ces réponses à vrai dire. Je nous revois discutant galamment lors du bal de l'université, dansant une valse... De bien beaux souvenirs... Comment ai-je pu être aveugle à ce point ?  

Elizabeth va chercher un verre d'eau qu'elle pose sur la table de chevet. Nouvelle torture, je boirai si je suis sage ? Des excuses ? ! La colère qui m'envahit ferait presque taire la douleur. Si ce qu'elle me dit est véridique, elle n'a pas à prendre la responsabilité de ce qui m'est arrivé. Si elle est dans le coup, alors ses excuses ne valent rien. A quoi tout cela rime t-il ? Je lui demande d'une voix rauque et lourde de déception,

« Qu'est-ce qui me prouve que c'est bien toi qui te tient à mes côtés et pas une illusion créée de toute pièce pour me tourmenter ?Qu'est-ce qui me prouve que tout ceci n'est pas un coup monté ? » Je lui dirais bien de me pincer, mais vu mon niveau de douleur actuel je ne pense pas que je le sentirais. Exit le vouvoiement respectueux qui avait régi nos dialogues jusqu'alors. La situation ne le mérite pas. Sans la quitter du regard, je tire sur mes liens pour appuyer mes dires. Sans compter qu'elle pourrait bien être passée à l'ennemi. Après tout, ce sont des membres de sa famille.

Et si elle dit la vérité, je n'ai que faire de ses excuses, ce n'est pas à elle de les donner.

Je frissonne légèrement quand elle annonce qu'elle va me soigner. J'ai eu le temps d'apprendre à connaître les soins des sorciers... Et être le malade est loin d'être le meilleur rôle, croyez-moi. Ni la personne en pleine santé non plus d'ailleurs... J'ai besoin d'un docteur, pas des soins attentionnés d'une sorcière. Elle parait triste, mais ces créatures sont douées pour le mensonge. Je voudrais tellement pouvoir lui faire confiance, mais puis-je vraiment la croire ? Si j'accepte de la croire, quelles autres atrocités me sauteront encore à la gorge dès que j'aurai à nouveau baissé ma garde ?!

« Admettons que tu dises la vérité. Tu es en cavale. Pourquoi avoir pris la peine de me sortir de là ? Et pourquoi ne pas m'avoir simplement déposé aux portes du plus proche hôpital venu, si le but était de m'aider ? »


Code by Joy


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Age : 243 ans
Métier : Libraire & gérante d'un petit magasin esothérique
Situation : Veuve 2 fois, célibataire endurcie
Localisation : Chicago
Feat. : Helena Bonham Carter
Copyright : Elf (avatar) & TUMBLR (gifs)
Je suis aussi : Gabriel ◈ Yehuiah ◈ Annabelle J. Graham ◈ Lyov A. Winston ◈ Bailey Johnson
Date d'inscription : 14/12/2015
Messages : 252

Message Sujet: Re: Out of the frying pan [ft Eli] Jeu 11 Mai - 2:09


out of the frying pan
(Sia – We can hurt together) ▽ I've been where you've been, I've seen what you've seen so hurt with me, we can hurt together


Vous ne craignez rien ici. C’est ce que je lui ai dit, ce que je maintiens. Mais il le sait. Au plus profond de lui, il le sait. Tous ces mots, toutes ces promesses … Foutaises. Je mens comme je respire, mais j’espère assez pour faire de mes mensonges la nouvelle réalité. Je ferme les yeux un instant, laissant la peine ressurgir, marquer mes traits, avant de la chasser comme l’hiver stérile dévore les feuilles d’automne. Ô, comme j’aimerais revenir en arrière. Mais cela est autant impossible que de réaliser ce que je désire – telles sont mes véritables chaînes, telle est ma hantise.
Mon regard se reporte sur celui de l’homme présent à mes cotés, redevenant insondable, profondément douloureux, tandis qu’il bouge – ou tente de bouger – pour m’observer … A moins que ce ne soit pour s’échapper à ma présence – qui sait. Je suis le monstre de la pièce après tout. Un monstre qui étouffe une ébauche de sourire lorsqu’il hoche la tête, me faisant signe qu’il suivra mes consignes. Ah, Matthew. Piètre menteur faites-vous. Il reprend cependant parole avant que j’ai pu esquisser le moindre geste, son ton aussi méfiant qu’accusateur, me faisant baisser les yeux sans que je ne réponde sur le moment. Il a raison. Évidemment. Serais-je dans le même cas, je ferais de même pire : je cracherais au visage de mon geôlier, l’insultant jusqu’à ce qu’on me fasse taire. Un nouveau soupire, lasse, vient secouer mes épaules affaissées tandis que je termine de peser le pour et le contre et finalement tenir parole. Je le libère oui, tenant ma promesse - et qu’importe ce que pourras dire Aaron à ce sujet. Néanmoins, si je tiens véritablement parole, c’est pourtant sans effectuer le moindre mouvement. Je lève simplement le regard vers les cordes, plissant les yeux jusqu’à ce qu’elles se desserrent d’elles-même et retombent dans un bruit sourd sur les draps, avant de me redresser un peu plus péniblement que d’ordinaire. La télékinésie, bien que maîtrisée depuis longtemps, est dans mon état coûteuse en énergie – comme le moindre geste effectué, par ailleurs, qu’il soit anodin et ordinaire ou non. Cela n’aurait tenu qu’à moi, j’aurais évité d’agir ainsi, mais la force d’Aaron me dépassant, je n’aurais pas pu défaire ses nœuds manuellement. Mon bébé devenu homme … Enfin. Je secoue doucement la tête, avant d’attraper finalement le verre d’eau, lui tournant le dos.

« Évitez de trop bouger pour l’instant. Redressez-vous en douceur. »

Je murmure en simple réponse, avant de revenir lui tendre le précieux liquide, ignorant son tutoiement. En moi, une petite voix me hurle que non seulement je suis définitivement trop vieille pour toutes ces escapades, mais qu’en prime une cigarette et un bon verre de whisky serait des plus appréciés à cette instant. En espérant qu’Aaron en rapporte … Et qu’il me revienne entier, surtout.

« Il n’y a rien qui puisse réellement le prouver. »

Ma voix se ranime, plus forte, finissant finalement par répondre à ses questions d’un ton plat. Je le fixe à nouveau, plongeant mes yeux dans les siens, refoulant ces envies incongrues, ces idées idiotes, ces sentiments enfouis qui ne doivent plus être. Il a vu qui j’étais après tout. Si je n’ai plus besoin de me cacher, j’aurais pourtant aimé feindre un peu plus longtemps. Le préserver … Décidément, ma stupidité augmente en vieillissant.

« User d’une illusion serait cependant gâcher de l’énergie pour rien. Il y a définitivement meilleure méthode de torture psychologique, dont certaines que vous devez connaître. Vous nous chassez, après tout. Vous chassez les nôtres sans réellement savoir, sans chercher à comprendre, et de notre coté nous répliquons de la même manière, parce qu’ainsi sont les Hommes – misérables et idiots. »  

Je reprends, sans le lâcher des yeux, ma voix montant d’un octave avant de terminer dans un murmure presque agonisant. Je ferme les yeux avant de secouer doucement la tête puis, détournant le regard, fixer un pan de mur en croisant les bras – mes mains agrippant le tissus couvrant l’avant bras opposé. Lui dire ou non ? Oh et puis après tout. Ce n’est pas comme si cela allait changer quelque chose. Et puis si cela me permet de l’éloigner de cette famille suffisamment … Un soudain sourire vient éclairer mes traits, doux, tendre, tandis que je murmure mes réponses, l’imitant soudain pour passer au tutoiement.

« Question de stratégie élémentaire. Si Aaron t’avait déposé à l’hôpital, il aurait fallut fournir des informations et cela nous aurais mis en danger, toi en première ligne. Je ne connais pas l’étendue du réseau de Gareth, mais assassiner quelqu’un dans un hôpital est plus que dans ses cordes. Quoi qu’il aurait certainement préféré t’utiliser comme appât et je suis actuellement trop fatiguée pour lui tenir tête. J’ai beau être ce que je suis … J’ai besoin de repos. »  

L’idée même que Matthew se fasse prendre me fait grimacer pour ne pas dire blêmir, mon esprit refusant catégoriquement cette idée cauchemardesque. Car cela fonctionnerait, évidemment, et Gareth le sait à présent. Par ailleurs, le fait que le chasseur lui-même ignore dans quoi il s’est réellement fourré à de quoi m’offrir de nouveau vertiges. Bon sang. Si seulement cet idiot ne m’avait pas suivit … Je lui jette un coup d’oeil, avant de laisser la tension redescendre de mes épaules quelque peu et poursuivre. Si il désire mettre les choses au point, mieux vaut-il le faire avant le retour du fils prodige.

« Qui plus est, tu as déjà un médecin en face de toi. Sans compter sur le fait qu’Aaron a été chirurgien – bien que de part ce qu’il est, cela coule dans ses veines depuis sa naissance. Pour le reste … Je ne sais pas réellement ce que je peux ou non te dire. Je me dois de protéger les miens, je me dois de protéger la vie de mon fils et la tienne mais je te dois également des explications. Es-tu seulement prêt à les entendre, Matthew ? »  

Mon expression se fait plus grave, mes yeux questionnant les siens, sondant son âme balafrée à la recherche de réponses. Avouer ou non ? Une fois de plus, si mon âme hurle de préserver mes secrets, mon coeur rétorque qu’au point où nous en sommes … Je finis par soupirer, le besoin d’une cigarette me manquant cruellement désormais.

« J’ai demandé à Aaron de te sortir de là car tu étais, avant toute chose, étranger à cette histoire. Que tu sois chasseur ou non ne change rien.Tu étais une victime innocente et tu le restes, et c’est en cela que je m’en veux. Tu n’aurais jamais dû te trouver là. J’aurais dû être plus attentive, j’aurais dû te repérer bien plus tôt et te renvoyer manu militari, quitte à user mes pouvoirs pour se faire. »  

Mes sourcils se froncent, étant toujours en colère contre lui à ce sujet, avant de reprendre d’une voix plus égale et bien plus douce, plus triste aussi. Ainsi nous y sommes. Car si parler de mes sentiments chaotiques à son sujet n’est pas à l’ordre du jour, il a toutefois le droit de savoir pour son oncle.

« J’ai également … Une dette de vie à ton sujet. »  

J’inspire, laissant un moment de silence pour rassembler mes idées et reprendre, aussi calmement que possible.

« Ton oncle m’a sauvée la vie il y a quelques années de cela, en s’interposant entre moi et un autre sorcier qui me traquait. Une fois encore, je ne sais pas ce que vous fichiez là – car tu étais de la partie – mais … Cela a mal finit, comme tu le sais. Si je n’ai pas pu le sauver lui ... j’ai au moins réussis à te sauver toi – tout du moins, te soigner à l’époque, avant de … Avant de filer et terminer le travail. »  

Je soupire, avant de me laisser aller contre le mur, la fatigue reprenant le pas à mesure où je laisse mes premières barrières se fissurer, à mesure où je révèle mes cartes, dévoilant mes secrets. Je termine par simplement fermer les yeux et soupirer, n’y croyant toujours pas, ayant soudain l’envie de rire – un rire qui reste cependant bloquée dans ma gorge, tandis qu’une partie de la pression retombe.

« Je pensais en avoir fini avec tout cela mais ... J’avais tord, il semblerait. Et maintenant ce n’est plus d’un simple sorcier que je dois te protéger, mais d’une puissante famille crainte par ma communauté toute entière. Une famille dont j’ai fait partie à l’époque en apparence seulement, une famille qui m’a pris mes enfants et m’a laissée à demi morte. Une famille que j’ai fuit durant plus de quatre-vingt ans et … Seigneur. C’est à croire que l’histoire se répète, à moins que ce soit dans les gênes de ta famille de toujours apparaître au pire moment. »

Je rouvre les yeux et me redresse lentement, avant de le fixer à nouveau, gardant cette distance entre nous, pourtant, devenant craintive, la méfiance reprenant ses droits. De nouveaux nous sommes ainsi face à face, chasseur face à la sorcière, mes yeux scrutant les siens à la recherche de réponses inavouables.  

« Pourquoi m’avoir suivit, Matthew ? J’aurais répondu à n’importe quelle question, aussi désagréable soit-elle à entendre. Si tu as fini par comprendre … Pourquoi te mettre en danger de la sorte ? Tu aurais pu te faire tuer – pire encore j’aurais pu te tuer par inadvertance ! Qu’est-ce qui t’a pris, pour l’amour du ciel ? N’as-tu donc aucun instinct de survie pour sauter dans les ennuis jusqu’au cou de la sorte ? »

(c) AMIANTE




How can I say this without breaking ? How can I say this without taking over ? How can I put it down into words when it's almost too much for my soul alone ? I don't want them to know the secrets. I don't want them to know the way I loved you. I don't think they'd understand it, no, I don't think they would accept me, no ! I loved and I loved and I lost you. I loved and I loved and I lost you. I loved and I loved and I lost you ... and it hurts like hell


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://solemnhour.forumactif.org/t42-elizabeth-w-rochester-can-t-sleep-take-arsenic http://solemnhour.forumactif.org/t48-journal-de-bord-d-elizabeth-w-rochester
avatar

Age : 40 ans
Métier : professeur d'Histoire
Situation : célibataire
Localisation : Chicago
Feat. : Hugh Dancy
Copyright : Gif Huntrress, avatar Byme
Je suis aussi : Lucifer et Heather
Date d'inscription : 13/06/2016
Messages : 121

Message Sujet: Re: Out of the frying pan [ft Eli] Jeu 11 Mai - 20:36

Out of the frying pan

and into the fire


Ft Elizabeth Rochester





« Pale brows, still hands and dim hair,
I had a beautiful friend
And dreamed that the old despair
Would end in love in the end:
She looked in my heart one day
And saw your image was there;
She has gone weeping away. »


William Butler Yeats


Elle hésite ce qui me semble un long moment avant de poser le regard sur mes poignets. Les liens se desserrent d'eux même, sans qu'elle ait  eu à lever le petit doigt... Affaiblie, mais pas tant que cela. A se demander pourquoi entre la sorcière et le super costaud, c'est moi l'humain lambda, qui me retrouve attaché comme si j'allais détruire tout dans la maison... Presque de quoi me faire rire.

Je sens le sang affluer à nouveau dans mes mains quand les cordes se délient, ce qui a pour conséquence malheureuse de raviver la douleur dans les doigts de ma main droite... auxquels il manque deux ongles... Ce qui arrive quand on est assez stupide pour se laisser piéger par une famille de sorciers fous à lier. C'est certain, je ne regarderai plus « le monstre de Frankenstein » avec autant de plaisir à partir de ce jour... Une chance d'avoir été sorti de ce piège avant qu'ils n'aient découpé un rein ou un morceau de mon foie ou effectué une lobotomie... Ne pas forcer, hein ?! « Comme si j'étais en état de courir le marathon... » J'obéis néanmoins non pas parce que je veux suivre ses conseils, mais parce que je n'ai guère le choix, tout mon corps me rappelant qu'il a été fort malmené ces derniers jours. Gauchement, je me saisis du verre qu'elle tend, et en renifle le contenu avant de décider que quoi qu'elle ait pu y ajouter, de toute façon, je suis bel et bien déjà en son pouvoir. Je bois une lampée avant de faire tourner l'eau dans ma bouche et de recracher le tout agrémenté d'un peu de sang dans la direction opposée à la sorcière. Pas besoin qu'elle pense à une attaque. Je finis mon verre doucement, maintenant que je n'ai plus ce goût de sang en bouche. Il va falloir que je prenne un rendez-vous chez le dentiste... Rien qui m'enchante, vraiment. Je sens que je vais avoir du mal à me confier à un médecin, à l'avenir. Pas avant d'avoir fait des recherches complètes sur lui, en tous cas.  

Rien ne peut prouver qu'elle n'est pas le renard dans le poulailler... Je m'en doutais, mais sa confirmation ne me rassure pas pour autant.

Elle philosophe dans un drôle de moment. Si les monstres ne tuaient pas d'humains, nous n'aurions pas à les exterminer ! Et les sorciers n'ont pas besoin de manger des cœurs pour vivre, au contraire d'autres créatures. Ils n'ont donc aucune excuse pour faire le mal... Et encore un détail... « Je chasse oui. Mais je n'ai pas pour habitude d'enfermer des gens dans ma cave pour les torturer à loisir. » Au contraire de certains... « Je ne prends aucun plaisir à tuer. » Stricte vérité.

Quand elle m'annonce les raisons qui l'ont poussées à me garder enfermé dans cette chambre plutôt que de m'emmener à l’hôpital, je hausse les épaules avant de grimacer. Je ferais mieux de me tenir tranquille pendant que je le peux. Quand son gamin reviendra, je devrai être assez reposé pour réagir. Autant garder mes forces et tenter d'en apprendre plus sur ma situation, quelle qu'elle puisse être. « Si tu penses qu'à l'hôpital j'aurais servi d'appât, la solution était toute simple : ne plus m'approcher. » Un appât, ça se garde en vie, sinon, ça ne sert plus à rien. Doucement, je dépose le verre sur la table de chevet. Affreux de réaliser que ce simple geste constitue un effort non négligeable de ma part. Je tente de bouger les orteils, et les jambes, et suis soulagé de réaliser que je le peux. Même s'il me manque désormais le petit orteil gauche, je survivrai, et c'est peu cher payé par rapport à ce qui aurait pu m'arriver.

Elizabeth affirme que je suis entre de bonnes mains, puisque mes geôliers sont diplômés... Mon esprit ricane doucement,* Toute une famille de guérisseurs et autres bouchers de précision à ma disposition si besoin est... rassurant ! *

Elle me demande si je suis prêt à entendre ce qu'elle a à me dire... Comme si je pouvais me boucher les oreilles ou m'envoler au loin, si je le voulais... Et c'est justement le manque d'informations et la précipitation qui m'ont conduits à ma perte. Plus j'en saurai, mieux je serai préparé à la suite de cette mésaventure. Après un léger temps de réflexion, mes yeux cherchent les siens et je lui réponds, « Je t'écoute. »

Immobile, j'essaie de me concentrer pour mémoriser ce qu'elle va me dire et ne rien oublier – cette fois. Mon regard se perd dans le vide du mur en face de mon lit, alors qu'elle me narre notre première rencontre. Mes mains posées sur mes cuisses se mettent à trembler sans que je puisse vraiment les arrêter. Elle savait ! Elle savait depuis le début et s'est jouée de moi comme d'un enfant ! Elle savait et Oncle Albert y avait perdu la vie. Pour protéger ce qu'il avait toujours combattu... Comment vais-je annoncer ça à Anna ? Inspirer, expirer. Doucement. Une chance que j'ai posé le verre, sinon, il se serait retrouvé par terre.  

Un sourire vient  tordre ma bouche, inspirer, expirer. Mes doigts s'entrecroisent, afin de stopper le tremblement de mes mains, rouvrant les plaies qui commençaient à peine à coaguler. « Eh bien, je peux affirmer que tu as une chose en commun avec les Stynes... Tu sais où frapper pour que cela fasse mal. » Mais les détails qu'elle m'a donnés me confortent dans l'idée qu'elle n'est pas une illusion, que c'est bien Elizabeth qui se tient devant moi et non pas un mannequin. Je ne sais pas ce qui est pire d'ailleurs. Je pensais la connaître, au moins un peu et il n'en est rien. Alors qu'elle savait tout de moi depuis le début. Je me pince l'arrête du nez, et lâche dans un souffle, « Bon sang qu'est-ce que je peux être stupide ! » Je ne sais pas si j'ai envie de rire ou de pleurer de cette situation. Mon cerveau se bloque et je n'arrive plus à réfléchir correctement.

La sorcière me demande pourquoi je l'ai suivie, au lieu de rester dans mes pénates. Excellente question qui prend tout son sens à présent. Les yeux toujours dans le vide, je répète sa question, tentant de mettre de l'ordre dans mes idées pour le moins dérangées.

« Pourquoi je t'ai suivie ? » Je soupire, le fardeau des dernières nouvelles pesant lourd dans mon esprit. Je n'ai aucune idée de la façon de réagir. Bloqué par les informations qu'elle vient de me donner. « Parce que je suis un Homme, misérable et idiot. Parce que j'avais besoin de te parler. Parce que, quels que puissent être tes pouvoirs, je ne peux pas rester sans bouger alors qu'on te mets aux fers. Je... » Parce que j'avais été assez bête pour me laisser aller à apprécier quelqu'un à nouveau. Ma voix se fait plus sombre, « Je savais que ce serait dangereux... » Mon détestable sixième sens n'avait pas failli sur ce point. Il n'avait seulement pas précisé le quand... Mais m'avait fait courir encore plus rapidement vers cette boîte de nuit. « Comme tu l'as dit, je dois être suicidaire. » J'ai du lire trop de récits de chevalerie et d'amour courtois pour mon propre bien, je le reconnais maintenant. Ou bien en effet c'est génétique...  

Il faut que je trouve un échappatoire, quelque chose pour ne plus penser à ce qu'elle vient juste de m'avouer. D'une voix plus légère quoi qu'enrouée, je lui demande, pour changer le sujet,

« Si les Stynes prennent la tête des sorciers américains, qu'est-ce que ça implique pour les habitants de Chicago ? »
Et pour le reste du pays...


Code by Joy


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Age : 243 ans
Métier : Libraire & gérante d'un petit magasin esothérique
Situation : Veuve 2 fois, célibataire endurcie
Localisation : Chicago
Feat. : Helena Bonham Carter
Copyright : Elf (avatar) & TUMBLR (gifs)
Je suis aussi : Gabriel ◈ Yehuiah ◈ Annabelle J. Graham ◈ Lyov A. Winston ◈ Bailey Johnson
Date d'inscription : 14/12/2015
Messages : 252

Message Sujet: Re: Out of the frying pan [ft Eli] Ven 12 Mai - 0:33


out of the frying pan
(Sia – Blank Page) ▽ I know there's hurt, I know there's pain, But people change - lord knows I've been no saint ; In my own way, regret choices I've made. How do I say I'm sorry?
Je me revois, des années en arrière, jeune fille en fleur rêvant d’un monde meilleur, observant le monde les yeux brillants de rêves éveillés. Que sont-ils devenus maintenant que le temps a passé ? Je ne suis plus qu’une ombre parmi les couleurs fanées d’un tableau abîmé – la vieillesse ayant enraciné mes pieds, ma conscience tentant de trouver dans ce nouveau monde de violence un peu de paix. Ai-je été si idiote pour m’enfermer moi-même dans ces mensonges ? Restant contre le mur, le ferme les yeux, mes mains serrant un peu plus le tissus moelleux qui m’enveloppe, l’humidité de mes cheveux marquant le mur sans aucune pitié, balai de gouttes à gouttes tombant sur le sol sans grâce aucune. Il y a tant de choses que j’aimerais lui dire. Tant que de choses que je garderais pour moi. Je ne dis rien lorsqu’il renifle son verre, comme je ne dis rien au reste de ses remarques et son comportement. Je pourrais en rire tant c’est une aberration mais seule la tristesse crispe mes traits.
Je ferme à nouveau les yeux, les rires d’un enfant brun secouant mon passé, avant de reprendre pied dans la réalité tandis qu’il reprend – mes yeux le contemplant sans plus aucune émotion sur l’instant. Aucun plaisir à tuer, vraiment ? C’est à mon tour d’être sceptique.

« J’ai vu plus d’êtres humains se comporter en monstre ces dernières années que l’inverse. »

Je murmure lentement avant de soupirer, me redressant – essayant du moins, pour quitter la stabilité du mur traître et aller chercher son verre dans le but de le remplir à nouveau, me détournant de sa vue. Sa phrase concernant ma famille me touche plus que je n'aimerais le montrer, mon coeur se serrant sous le coup porté à ma poitrine, me figeant net un instant, ayant du mal à respirer. Je ferme les yeux un instant, me forçant à respirer correctement comme il a certainement dû le faire, bien que plus blême qu'auparavant.

« Tu as raison sur deux points. » Je reprends d'une voix basse, tremblante. « Je suis comme les Styne. C'est bien pour cela que j'en ai épousé un, après tout. Qui se ressemble s'assemble, n'est-il pas ? » Le ton, brisé, retrouve une tonalité quelque peu plus aigu avant de poursuivre, baissant d'un octave à nouveau, regrettant les faits. « Je n’aurais pas dû t’approcher. J’aurais dû laisser ce sorcier en finir avec vous à l’époque, j’aurais dû déménager dès que je t’ai reconnu. Seulement sais-tu réellement ce que c’est vivre notre vie, Matthew ? Passer son existence entière à tenter de fonder un jardin où l’on se sent bien, protégé, alors que l’on sait pertinemment que tout ce que l’on pourra apporter c’est la destruction, la douleur, la mort, la fuite. J’ai vu tous mes proches mourir - par vos mains et par d'autres lorsque la vieillesse et la maladie ne les emportait pas avant. J’ai vécu des guerres dont tu n’as jamais entendu parlé, ou seulement lu dans des livres d’histoires. J’ai passé ma vie à fuir les autres pour ma propre sécurité, et j’ai même tout fait pour t’éviter un maximum. Je t’ai détesté. Je t’ai détesté car, alors que je commençais à apprécier ma vie ici, ta présence me menaçait à nouveau. Mais qui étais-tu, pauvre petite chose, pour m’empêcher de vivre là où je l’avais décidé ? »

Je continue sur ma lancée, tremblante soudain, l’eau débordant du verre dans l’évier – eau que je coupe soudainement, avant de soupirer. Il faut que cela cesse. Je me retourne soudain, féroce et froide, impressionnante malgré ma taille, mes plaies ouvertes à son bon vouloir. Suis-je vraiment en train de parler de cela avec lui ? Même Aaron n’en sait pas tant. Qu’importe. La colère est à nouveau là, me dominant, le sarcasme reprenant ses droits tandis que mon coeur bat à nouveau furieusement dans ma poitrine, me faisant déglutir, la peine me submergeant aussi sauvagement que les regrets.

« Mais je me suis fourvoyée, comme d’habitude. Tout cela, toutes ces omissions volontaires n’étaient plus tant là pour me protéger de toi que te protéger de moi. Tout ceci ne m’a pas empêchée de ressentir ces maudits sentiments, ne m’a pas empêchée de souffrir, d’espérer à nouveau, de rêver, de … De m’attacher, stupidement. »

Je serre les poings, murmurant la dernière partie, relevant le nez pour le fixer, le chaos se frayant un nouveau chemin dans ma poitrine, ma voix se brisant.

« Il a fallut que ce soit toi. Bien sûr. Qu'est-ce que je croyais au juste ? Deux cent quarante trois ans, et je fais des erreurs d’adolescentes. Il y a décidément quelque chose de profondément ironique là-dedans. Ô, oui. Oui je devrais te laisser. Je devrais t’abandonner là et partir, maintenant, et qu’importe si tu survis à tout cela. Seulement, sais-tu le plus drôle ? J’en suis tout simplement incapable. »

Je jette le verre contre le mur d’un geste de rage, le désespoir et la nervosité m’offrant l’énergie nécessaire pour briser l’objet qui n’a pourtant rien demandé, mes prunelles revenant fusiller les siennes tandis que je me rapproche de lui à grands pas décidés avant de me figer net juste à quelques centimètres de son corps blessé. Il me suffirait de tendre les mains pour l’étrangler, de claquer de la langue et ... Au lieu de quoi, mon corps cesse subitement de bouger alors que mes doigts viennent érafler ses joues, lentement, durant quelques secondes, ma peau brûlant à son contact. Quelques secondes et un échange de regard pour que toute cette fureur me quitte pour de bon, ne laissant que l'incompréhension et la douleur, profonde, et la peur, immense, et la peine, sans fond. Les nerfs lâchent pour de bon, une larme dévalant ma joue, puis une seconde, suivies d’autres encore que j’efface sèchement avant de reculer à nouveau en étouffant un grondement outré, désespéré - montrant enfin mon vrai visage, celle d'une âme torturée et enfermée dans une cage, folle à lier.

« J’en suis incapable ! »

Je secoue la tête, écoeurée, refusant de le regarder plus longtemps. Je tourne la tête et repart à l’opposé, me laissant choir dans le fauteuil, ramenant mes jambes contre ma poitrine, le peignoir couvrant ma peau en grande partie. J’enfouis ma tête dans mes bras croisés le temps de me calmer et retrouver une attitude d’adulte convenable – ce qui me prend plusieurs minutes, je dois l’avouer avec honte.

« Qui est le plus stupide de nous deux, dis-moi ? » Je finis cependant par murmurer doucement, relevant finalement la tête pour regarder les débris de verre jonchant le sol, avec un sourire étranglé.

« Lequel est le plus ridicule ? La sorcière qui tente de vivre comme un être humain lambda et protéger ce qu’elle devrait considérer comme des insectes à écraser, ou le chasseur qui tente de se montrer serviable et courageux envers ce qu’il considère comme être une tare à éliminer ? »

Un léger rire me secoue soudain, nerveux, et je termine de me calmer complètement. Il va me trouver folle, peut-être, je l’espère, certainement. Il ne m’approchera plus ainsi. Tant mieux. Tant pis. Cela m'évitera de réfléchir à ses propres mots, à ses révélations sans queue ni tête, Gareth l'ayant certainement frappé plus fort que je ne le pensais pour qu'il laisse sous entendre qu'il ...

« Tu n’auras pas à répondre à cette question, rassure-toi. Je m’en irais dès que je serais en état de conduire. Ils ne t'approcheront plus. Je ne les laisserais pas s'approcher à nouveau. »

Je murmure, la dernière phrase reprend une intonation plate, et je finis par me relever pour aller lui chercher un nouveau verre d’eau – que je ne briserais pas cette fois. C'est désormais vidée d'énergie que je lui ramène son bien, mes yeux évitant les siens tandis que je réponds à sa dernière question d’un ton plat, calmée, l'inquiétude reprenant ses droits et voutant mes frêles épaules.

« Les habitants de Chicago n’auront théoriquement rien à craindre si aucun d’eux n’a ce que désire Gareth. Il aura bien plus à faire avec la communauté sorcière … Il vient de nous déclarer la guerre en prenant ainsi la tête du Grand Coven et en assassinant une grande partie de ses membres. Si certains vont rejoindre ses rangs par peur plus que par conviction - ce que j'espère, bien que la moitié d'entre nous soit corrompue par cette magie nocive que nous utilisons et qui nous assujettis - j’ai tout de même bon espoir que nous serons plus nombreux à résister à sa tyrannie par simple désir de liberté, si nous osons nous montrer, nous unir et surtout ne pas fuir, cette fois. Nous avons connus la torture et le massacre d’innocents en masse par vos ancêtres et nous avons survécu, ce n’est pas pour nous laisser dicter notre conduite par un gamin capricieux et despotique, aussi puissant et fou de douleur soit-il. Il est grand temps qu’il se prenne une gifle. »

(c) AMIANTE




How can I say this without breaking ? How can I say this without taking over ? How can I put it down into words when it's almost too much for my soul alone ? I don't want them to know the secrets. I don't want them to know the way I loved you. I don't think they'd understand it, no, I don't think they would accept me, no ! I loved and I loved and I lost you. I loved and I loved and I lost you. I loved and I loved and I lost you ... and it hurts like hell


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://solemnhour.forumactif.org/t42-elizabeth-w-rochester-can-t-sleep-take-arsenic http://solemnhour.forumactif.org/t48-journal-de-bord-d-elizabeth-w-rochester
avatar

Age : 40 ans
Métier : professeur d'Histoire
Situation : célibataire
Localisation : Chicago
Feat. : Hugh Dancy
Copyright : Gif Huntrress, avatar Byme
Je suis aussi : Lucifer et Heather
Date d'inscription : 13/06/2016
Messages : 121

Message Sujet: Re: Out of the frying pan [ft Eli] Lun 15 Mai - 12:11

Out of the frying pan

and into the fire


Ft Elizabeth Rochester





« Yesterday all my troubles seemed so far away.
Now it looks as though they're here to stay.
Oh, I believe in yesterday. »

The Beatles


Si j'avais su où allait me mener mon envie de réponse, j'aurais certainement attendu plus longtemps avant de courir interroger Elizabeth sur son statut de sorcière. Mais retourner en arrière est impossible, nous le savons tous. Il me reste donc à digérer les informations reçues et à aller de l'avant. A condition que mon cerveau et mon âme me le permettent, ce qui n'est pas le cas dans l'immédiat. Je suis figé, et je n'arrive pas à me décider sur ce que je ressens. Je l'aime, mais je ne devrais pas. Elle est dangereuse, à cause de ce qu'elle est et de sa famille. Je suis en danger en permanence, pour d'autres raisons. Mais je ne peux m'empêcher de pleurer ces différences, et le destin qui aurait pu se montrer plus clément en ma faveur. En notre faveur. Mais comment réagiriez-vous si vous appreniez que votre bien-aimée utilise sciemment du gras de nourrisson comme crème de jour ? Eh bien, c'est la question que je me pose à l'heure actuelle, et je n'ai aucune réponse qui me vient.

Elle n'a pas tort quand elle dit que les hommes peuvent être pires que des monstres... Il n'y a qu'à voir le journal télévisé pour s'en rendre compte... Mais je suppose que même chez les monstres il existe des individus dont le reste de la communauté se méfié... A l'instar des Stynes pour les sorciers, par exemple. Je ne fais pas vraiment attention aux gestes de ma geôlière, trop occupé par ses révélations concernant le passé et ses implications concernant le futur.

« Eh bien, je peux affirmer que tu as une chose en commun avec les Stynes... Tu sais où frapper pour que cela fasse mal. » J'avais dit cette phrase sans vraiment réaliser l'impact qu'elle aurait, simplement comme une constatation plutôt qu'un reproche, encore sous le choc. Mais qui eut cru que je serais celui qui poignarderait le cœur de cette femme que j'aime de toute mon âme ? Et aussi que l'arme du crime possède un manche aussi affûté que sa lame ? J'en suis le premier surpris. Je m'étais juré de la protéger de ma vie de chasseur, mais j'avais eu tort. Pire, ma seule existence la met en danger. Même si la réciproque est vraie également, il n'y a qu'à voir dans quel état je suis... Mentalement autant que physiquement, d'ailleurs.

La portée de mes mots a dépassé leur but originel, mais rien ne pourra les adoucir. Je l'observe alors qu'elle arpente la chambre du motel, me dévoilant plus qu'elle n'en a jamais fait auparavant. Trop peut-être. Je sursaute alors que le verre va se briser contre le mur. Devrais-je la redouter ? Mon esprit me dit que oui, mon cœur affirme le contraire. Sa colère n'est pas dirigée vers moi, pas uniquement du moins, je peux le percevoir. Mais elle n'en reste pas moins effrayante maintenant qu'elle ne se cache plus. Et moi, malgré cela, je ne parviens pas à la haïr, à souhaiter sa mort. Je voudrais la prendre dans mes bras et la réconforter, alors même que je sais ne pas en être capable. Sa peine est trop ancienne, trop profonde, pour cela. Je peine à imaginer ce que ce serait de vivre si longtemps, seul, même pour quelqu'un d'aussi peu sociable que moi. Et le pire ? Elle retourne mes sentiments. Suis-je donc stupide pour ne pas l'avoir noté plus tôt ! Je me fige alors qu'elle s'approche à grands pas, la seule chose me venant à l'esprit étant « va t-elle me tuer ? » Question plus issue de la curiosité que de la peur, j'en suis conscient. Son regard trouve le mien et m'en dit plus sur sa souffrance que ses mots n'ont pu me l'expliquer. Je soutiens ce regard, acceptant ma responsabilité dans ses malheurs, alors même que ma peine elle aussi atteint des sommets. Je peux sentir ses doigts caresser ma joue, avec une douceur en complète contradiction avec sa colère muette. Que lui répondre ? Je l'aime, mais qui suis-je pour empiéter sur sa vie ? Elle l'a dit, je suis un insecte face à un géant, et même si je le voulais de tout mon être, je serais incapable de l'égaler. Mais oh, comme j'en ai envie ! Tristesse et amour se mêlent à mon regard, alors même que je reste muet, incapable de dire quoi que ce soit face au déferlement de mots et de sensations qu'elle m'envoie. Elle s'éloigne finalement, ses doigts si doux quittent ma peau et déjà je pleure son absence. Je tend une main dans sa direction pour la retenir, qu'elle ne voit pas puisqu'elle s'éloigne pour s'installer dans le fauteuil. Après quelques minutes de silence pendant lesquelles je cherche toujours mes mots, moi qui l'ai blessée au point de lui faire perdre ce sang-froid que je lui avais toujours connu, elle continue son discours et me confirme que les dégâts que je lui ai fait sont plus importants que je ne l'aurais jamais souhaité. Mon oncle est mort par sa faute, j'ai été torturé des jours durant et ma vie est toujours en danger ; mais en la voyant ainsi, la seule chose dont j'ai envie c'est de la prendre dans les bras pour la consoler lui assurer que tout va bien se passer. Je dois être définitivement tordu, et mes excuses ne feraient que rendre moins important quelque chose qui l'est. Inutiles, et malvenues.  

Elle annonce qu'elle va disparaître et me laisser, sans que j'ai le temps de la contredire sur sa déclaration de stupidité. Un gouffre s'ouvre sous mes pieds à cette idée, une chance pour moi que je sois assis dans un lit et non debout. J'ai détruit cette femme avec plus d'efficacité que ne l'auraient pu beaucoup de chasseurs, peut-être que Gareth lui-même. Je peine à réfléchir clairement. Comment peut-elle prétendre que si elle s'en va, ils ne m'approcheront plus ? Ne serait-ce pas plutôt l'inverse, qu'ils auront plus de facilité à m'atteindre ? Sinon, son raisonnement de l'appât ne tient plus debout du tout. Mais elle ne doit pas savoir plus que moi ce qu'il convient de faire, je suppose. Que nous soyons seuls ou non, Chicago est devenue très infréquentable. Il va falloir que je me trouve un remplaçant long terme pour mon poste de professeur et dire adieu à ma nomination à un poste fixe. Il faudra sans doute que je quitte la ville moi aussi, et que je prévienne Anna de rester à l'écart pendant un temps. Idem pour Abigail, Calypso, Lemmy. Je soupire lentement en pensant à tous ces gens mis en danger par ma faute. Il faudra que je répare tout cela. Mais pour cela je dois savoir... Je lui demande quelle menace Gareth représente pour les habitants de Chicago. Elle me réponds et cela me rassure un peu.

Gareth est possessif et jaloux au possible. Il ne va pas apprécier que sa mère, son frère et sa proie lui échappent. J'aurais pu espérer qu'il se concentre sur la consolidation de son pouvoir sur les sorciers, mais ce serait illusoire, je le sais. J'ai eu l'occasion de noter qu'à l'intérieur de ce type sans doute centenaire, se trouve l'âme d'un gamin pourri gâté à qui on n'a jamais rien refusé... Jusqu'à présent il semblerait. Sa réaction s'annonce explosive. Le principal problème étant qu'il est fort méthodique et stratège également. Elizabeth m'apporte un nouveau verre d'eau, que je saisis et vide, avant de le reposer.

« Merci. » Le plus sûr est de partir du principe que ma maison est surveillée. Je ne peux donc m'y rendre sans précautions. Mais si j'attends trop, Abigail et mes chiens risquent de servir d'otages. En dehors de cela, je pourrai sans doute m'absenter quelques temps (combien de temps faut-il rester en cavale avant qu'un sorcier immortel oublie qu'il vous pourchasse?) sans que cela ait des répercussions sur les chasseurs avec qui je suis en lien.

« Je ne peux quitter la ville sans avoir fait quelques arrangements. » Je dirais bien que je compte pas quitter Chicago et ma maison sous prétexte qu'un sorcier en a après moi, mais ce serait très imprudent. Ce sorcier-là a montré sa puissance et il n'est pas à négliger.

Lentement, je me prépare à me lever, j'écarte les draps et m'assois au bord du lit, pour contempler mon pied mutilé. Je suis en caleçon, il va me falloir des vêtements si je veux passer un tant soit peu inaperçu. Doucement, je pose le premier pied au sol, et ensuite le second. Tous mes nerfs me signalent que c'est une très mauvaise idée que celle-là. Mais le verre brisé au sol m'énerve et je ne supporte pas de le voir par terre. C'est de ma faute, qui plus est. Un brin maniaque, oui, mais j'ai d'autres problèmes plus conséquents et ranger m'aidera peut-être à mettre de l'ordre dans ma tête. J'attends quelques secondes afin de trouver mon équilibre avant de bouger. Avec mille précautions, je m'approche des morceaux et m'agenouille pour les ramasser. Je n'aurais pas dû, la position est très inconfortable, j'étouffe un cri de douleur et me concentre sur le verre pour ne pas me couper. Respirer, c'est la clé... il paraît. « Tu as un téléphone que je puisse utiliser ? Il faut que j'avertisse ma dog-sitter de la situation. » J'espère qu'Aaron ramènera des antidouleurs quand il reviendra... et aussi qu'il ne décidera pas de m'étrangler parce que j'ai quitté mon lit. A quatre pattes au sol, je fais un petit tas de bouts de verre avec tous ceux que je trouve. Méthodiquement. Oh, je pourrais m'en servir comme d'une arme, mais je n'en ai pas envie.

Code by Joy


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Age : 88 ans
Métier : Médecin Legiste
Situation : Célibataire
Localisation : Chicago
Feat. : James McAvoy
Copyright : Pathos
Je suis aussi : Daniel L. Richmond - Kirk Talbot
Date d'inscription : 14/12/2015
Messages : 69

Message Sujet: Re: Out of the frying pan [ft Eli] Lun 15 Mai - 16:06

Out of the frying pan
J’en connais un qui allait se faire souffler dans les bronches plus tard : Friedrich. Ce cousin de la branche allemande qui nous a libérés, ma mère, Matthew et moi. Ou plus précisément, ma mère et moi et j’ai ensuite pris sur moi pour aller sortir Matthew de ses liens. Bon sang, qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour sa mère…Même si elle a très bien compris que je n’aimais pas du tout cette idée. Emporter un chasseur avec nous ? Un, qui plus est, maintenant fortement recherché par mon frère et ce, parce que ma chère génitrice avait eu la bonne idée de montrer son attachement pour...pour…pour ce type. Non, définitivement je n’aime pas cette idée, pas du tout. Mais j’ai obéi, parce que j’ai encore un mal fou à dire non à ma mère, malgré les années passées loin d’elle. C’est moi qui ait conduit, car bien que passé moi aussi à la moulinette de la torture made in Gareth, je reste un Styne, un être plus vraiment humain, pas tout à fait monstre, plus résistant qu’on ne veut bien le croire en me voyant en premier lieu. Je suis celui qui est le plus à même de les conduire dans un autre endroit. Malgré mes propres blessures, mes propres besoins en termes de soins.

On finit par s’arrêter dans un motel, qui ne pose heureusement pas beaucoup de questions quant à nos apparences, à mère et à moi. Matthew étant inconscient, il est resté dans la voiture le temps que nous prenions les clés. Je n’ai pas décroché un mot de plus que nécessaire, pas même quand ma mère me supplie du regard et de quelques mots de venir avec elle, de fuir avec elle. Je me contente de faire passer mon refus clair et net par mon regard, trop bleu pour quelqu’un dans mon état, et elle le comprend, même si cela ne lui fait pas plaisir. Alors on s’occupe le temps de quelques instant, moi à poser l’humain sur le lit aussi délicatement que mon propre état me le permet, et ‘attache au lit. Ma mère désapprouve, mais je ne vais pas prendre le risque que cet abruti de chasseur ne tente quoi que ce soit contre mère (encore trop faible pour pouvoir vraiment se défendre efficacement) ou ne fuit et donne notre position, même sans le vouloir. Alors pour le moment, il reste avec nous, de gré ou de force. Finalement, ma mère me donne une liste griffonnée sur le petit bloc jaunis de la chambre et j’acquiesce, avant de sortir. Si mère a besoin de se reposer et des baumes sur la liste, pour ma part le processus nécessitant un peu plus de…matière première.

Je quitte le motel et fais quelques kilomètres avant de commencer ma chasse. Je n’aime pas ce terme, je n’aime pas spécialement avoir recours à cette façon de me soigner, mais Gareth s’était arrangé pour que je n’aie pas le choix. S’il a commencé par retirer des choses peu utiles, tels qu’un ou deux ongles de pied et l’appendice, il est ensuite passé à retirer des choses un peu plus importantes : un rein d’abord, considérant qu’il m’en resterait un ça devrait aller, puis le foie. Tant que je ne bois ni ne mange, tout va bien. Plaisanterie mise à part, s’il a pris le temps de me recoudre (les boyaux sur le tapis ça fait malvenu vous comprenez), il n’empêchait que j’allais avoir besoin de ces organes en question, plus de quelques petits trucs à remplacer tant que j’y étais. Trois personnes ont perdues la vie ce soir pour me permettre de continuer la mienne. Les corps ? Aux cochons, meilleur moyen pour faire disparaître un corps, que croyez-vous ? Avec l’acide, mais n’en n’ayant pas sous la main…Je sens déjà que ça va mieux, mais il faudra un peu de temps pour que tout se mette bien en place et arrête d’être douloureux à chaque pas. En attendant je pouvais fonctionner, ce qui était déjà beaucoup.

La suite du programme était de retrouver une apparence un peu moins sanguinolente et de récupérer de quoi reprendre des forces et soigner les autres. Je prends un risque, celui de faire un saut par l’hôpital le temps de prendre une douche et de prendre quelques produits dans la pharmacie et le laboratoire. Je prends ce qui peut me sembler utile : de l’antiseptique, des antidouleurs de toutes compositions, des antibiotiques (sait-on jamais), des bandages, de quoi me faire un essentiel de chirurgie de voyage…Bref, je prends ce qui pourrait me servir dans le futur immédiat. Durant toute ma visite à l’hôpital, je prie pour ne pas croiser Ciaran. Je n’ai pas la tête à épargner les sentiments d’un renard qui s’est fait avoir à la loterie magique.

La suite des courses seraient pour trouver des vêtements et des provisions. Pour les vêtements, je fais quelque chose que je ne devrais pas, mais je fais un rapide saut dans mon appartement pour me changer et récupérer des vêtements pour l’humain ainsi que mon arme de prédilection quand je dois avoir affaire à des Styne et quelques petits trucs qui pourraient s’avérer utiles. Puis je fais un saut dans la boutique de ma mère, usant d’une porte arrière pour entrer, bien plus discret que la porte principale. Je cherche les livres et les baumes qu’elle m’a demandé et prend quelques tenues pour qu’elle puisse se changer elle aussi. Bien que mon esprit soit occupé à prendre tout ce qu’il nous faut, je ne peux m’empêcher de penser que ma mère est seule avec un chasseur et d’imaginer le pire. C’est peut-être plus pour cette raison que par peur de me faire rattraper par les Styne qui me pousse à l’urgence dans mes gestes et mes actions. Raison pour laquelle je fais les courses en moins de trente minutes top chrono, prenant thé, café, de quoi se nourrir de manière consistante et efficacement.

Une fois que j’ai tout sur ma liste, je repars en direction du motel. J’attrape les trois sacs en papier et les deux en plastique que j’apporte et m’approche de la porte. C’est là que j’entends la voix de ma mère et si j’aurais pu entrer en cet instant précis, je n’en fais rien et écoute, coupablement, ce qu’ils se disent le temps de quelques minutes, restant devant cette porte qui n’attend que ma clé pour s’ouvrir. Mais je ne sais pas, je voulais m’assurer que…je voulais être sûr de ne pas me tromper. Mère a plaidé une dette de sang pour me forcer à sauver l’humain mais je me doutais bien qu’il y avait plus que cela dans cette histoire et…je n’avais malheureusement pas tort. Suite à son explication sur les implications des derniers évènements sur la population de Chicago, j’attends encore alors que le silence s’étend. Puis j’entends sa voix, celle du chasseur et je n’attends qu’à peine qu’il ait fini de parler pour glisser la clé dans la serrure et entrer, me figeant net en voyant l’homme au sol, ramassant des bouts de verre. Une foule de scénario se déroulent dans ma tête, et mes yeux vont directement à ma mère, inquiet pour elle bien que l’ayant entendue parler moins d’une minutes auparavant. Elle semble ne pas être blessée outre celles infligées par mon frère, bien que trop peu vêtue à mon goût vu l’autre présence dans la pièce. Je hausse alors un sourcil et ferme la porte d’un coup de pied pour me diriger vers la table et déposer mes trouvailles.

"Je pensais que vous mettriez plus de temps à le mettre à genoux, Mère." Je pose les provisions dans un coin et use du reste de la table pour sortir de quoi se soigner ainsi que les vêtements, avant d’approche de Matthew, le toisant de ma hauteur, avant de m’agenouiller à son niveau, la méfiance se lisant claire comme de l’eau de roche dans mon regard "Retournez sur le lit, pas la peine de vous amocher plus que vous ne l’êtes déjà."

Si mes mots auraient pu sembler amicaux, mon ton dit le contraire et je finis de ramasser les bouts de verre, récupérant ceux dans la main de l’humain et va tout jeter.

"Bien, et si on passait à ce qui est important, à savoir, les soins."

J’enfile des gants chirurgicaux, attendant de savoir lequel des deux j’allais devoir m’occuper en premier. Mon cœur serait allé directement vers ma mère, mais j’avais bien compris que je n’avais pas spécialement mon mot à dire dans cette affaire.
avengedinchains


 
Time goes by, memories are mine
Im still praying the stars, to give me hope and little signs, still waiting for the moment I'll see you again. My heart is lying, my love for you is not dying. I'm waiting for another chance to tell you belong to me.
© Miss Pie
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://solemnhour.forumactif.org/t29-aaron-d-styne-schrodinger-s-cat-is-my-jam http://solemnhour.forumactif.org/t849-carnet-d-adresse-d-aaron-d-styne
avatar

Age : 243 ans
Métier : Libraire & gérante d'un petit magasin esothérique
Situation : Veuve 2 fois, célibataire endurcie
Localisation : Chicago
Feat. : Helena Bonham Carter
Copyright : Elf (avatar) & TUMBLR (gifs)
Je suis aussi : Gabriel ◈ Yehuiah ◈ Annabelle J. Graham ◈ Lyov A. Winston ◈ Bailey Johnson
Date d'inscription : 14/12/2015
Messages : 252

Message Sujet: Re: Out of the frying pan [ft Eli] Mar 23 Mai - 12:34


out of the frying pan
(MIIA – DYNASTY) ▽ I don't know just how it happened, I let down my guard … Swore I'd never fall in love again but I fell hard.
Le silence s’étire à nouveau, lent, lourd, et elle ferme les yeux une seconde. A t’elle eu raison ? A t’elle eu tord ? Il est trop tard à présent. Elle souffle, doucement, inspire l’air chargé de ressentiments, compte un à un les battements douloureux et difficiles de son pauvre organe qui s’accroche depuis bien trop de temps. Fuir, encore. Voilà la seule alternative qu’elle a. Qu’elle prend. Le dégoût profond et immuable qu’elle ressent envers son propre reflet s’étend à nouveau comme une ombre, l’enlaçant tendrement, et elle ne fait une fois de plus aucun mouvement pour chasser le spectre qui l’emprisonne ; qui l’empoisonne. Elle ne criera pas. Ne criera plus. Toute cette haine qu’elle ressent envers sa propre existence, elle s’y accoutume à nouveau – elle boit ce sentiment comme d’autres savourent un vin d’exception. Elle n’a plus vingt ans. Briser un miroir, éradiquer son reflet n’a plus la même importance. Le même impact. Pourquoi continuer de vivre alors ? Voilà longtemps qu’elle ne veut plus répondre à la question. Vide de sens. Vide d’amour. Elle rit doucement pourtant, à l’intérieur. Elle danse encore, la poupée fragile, livrée à la déraison. Melchior avait raison. Melchior avait raison. Evidemment. Comment souvent. Comme toujours. Quoi que. Non. Où est-il, à présent, cet ami avec qui elle partage tant ? Où est-il, ce souffle dans lequel se jeter, cette eau dans laquelle s’abreuver ? Ses sermons lui manque. Ses sourires, cet éclat vieillis et lasse qu’elle s’est approprié lui paraît trop lointain désormais. Où es-tu, tendre ami, conseiller, tombeau ?
Elle secoue la tête, reprenant le fil tranchant du présent tandis qu’il la remercie, s’éloignant à nouveau de l’homme, l’humain, celui pour qui elle nourrit ces sentiments qui ne devraient plus être. Partir, oui. Tant qu’elle restera avec lui, proche tout du moins, elle sera un danger. Gareth cessera certainement de le chercher si elle s’en éloigne de manière définitive, quoi que. Il est également connu pour ne pas aimer laisser échapper ses proies. Que faire alors ? Peut-être qu’un charme ferait l’affaire. Un sortilège de protection. Pourquoi pas. Cela vaut le coup d’essayer. Mais pas tout de suite, non. Se remettre en premier. Elle ne se retourne à nouveau que lorsqu’il reprend la parole, une lueur de soulagement dansant dans ses prunelles – car il l’écoute, pour une fois, et cela la rassure plus qu’elle n’aurait pu l’espérer.

« Merci. »

Elle murmure, sentant son coeur s’alléger quelque peu, avant d’inspirer et reprendre d’un ton plus doux.

« Faites au plus vite, cependant. »  

Elle ne lui dit pas qu’elle-même compte brûler sa librairie – décision prise quelques heures plus tôt. Tout du moins, Aaron le fera pour elle. Elle préfère voir sa demeure partir en fumée plutôt que son fils adoptif ne vienne la piller. Elle aurait aimé sauver tous les livres, elle ne pourra que laisser Aaron piocher ce qu’il peut et désire. Peu de temps. De nombreux souvenirs. La boucle est bouclée, un nouveau cycle s’annonce, plus sombre et douloureux, mais peut-être porteur de promesses qu’elle n’espérait plus. Elle se détourne à nouveau, simplement pour aller se remplir un verre d’eau, sans savoir qu’il va à nouveau faire des bêtises durant ce cours laps de temps, trop concentrée sur les paroles qu’il profère.

« Non, mais l’hôtel doit en avoir un. Cela reste risqué cependant. Je peux l’avertir par d’autres moyens, si Aaron me rapporte ce qu’il faut, si tu veux. »

Elle pense soudain à la jeune femme blonde – puisqu’il doit certainement s’agir d’Abigail, et un sourire tendre et triste rehausse ses traits. Elle espère que sa petite protégée va bien et se sent à nouveau honteuse et désespérée de mettre tant de monde dans la panade. Elle se reprend bien vite, pourtant, cachant à nouveau ses sentiments pour laisser son masque habituel se recomposer autant qu’elle puisse se le permettre. Elle ne pensait cependant pas retrouver Matthew à quatre pattes, en train de ramasser les morceaux de verre.

« Mais qu’est-ce que ?! »

Un son, mélange entre étouffement et couinement outré s’échappe de ses lèvres et voilà que ses sourcils se froncent et qu’elle s’approche de lui vivement. Le fait qu’il puisse utiliser le verre comme d’une arme ne lui traverse pas l’esprit une seule seconde – elle est plutôt inquiète quant au fait qu’il pourrait se blesser d’autant plus ; tout ce remue ménage la distrayant du bruit de la clé dans la serrure.

« Matthew Graham, remonte dans le lit tout de suite ! »

Elle lance dans la foulée, grondant, paniquant, tandis que la porte s’ouvre sur la silhouette tant aimée, carrure impressionnante d’Aaron. Elle se fige net alors et ses poumons semblent à nouveau retrouver de l’air, le chasseur ne semblant plus exister sur l’instant alors qu’elle redresse le nez pour dévisager son fils, à la recherche du moindre nouveau stigmate – va t’il bien ? Il a l’air. Une seconde pensée la traverse ensuite, brutalement, rapidement, son regard plongée dans le sien, et le choc vient s’incruster dans sa cage thoracique sans prendre de gants – parce qu’il sait. Elle n’a pas besoin de lui demander en gaélique, elle ne le fera de toute façon pas – il a écouté aux portes, toute sa stature le trahit à ce propos. Il sait. Il sait. Et elle ne détourne pas les yeux, incapable, trahie, coupable.
Cette scène, cet échange ne dure pas plus de dix secondes. Aaron semble heureusement se reprendre avant elle, aussi interloquée par la posture de l’homme qu’elle est en colère après Matthew, avant de s’élancer dans la pièce pour aller poser son précieux chargement – faisant fi de ses propres ressentis bien qu’elle puisse sentir la colère froide saturer ses os, elle le connaît si bien. De son coté, elle ferme les yeux une seconde, inspirant profondément avant de lancer un nouveau regard d’avertissement au blessé – just stop doing stupid things like that -, puis se détourne pour s’approcher de son fils - son enfant, son bébé. La tension est encore palpable et elle se défend sur l’instant de le prendre dans ses bras bien qu’elle en meurt d’envie – il ne le permettrait pas, pas ici. Alors … Elle se reprend. Essaie. Elle se mord la lèvre pour ne pas sourire à sa remarque, qui l’aurait certainement outrée en d’autres temps, et secoue simplement la tête en réponse, venant regarder ce qu’il rapporte.

« Et bien tu sais ce que le commun des mortel dit à ce sujet, mon fils. Tout vient à point qui sait attendre. Trêve de plaisanteries douteuses. Tu as tout trouvé ? »

Elle s’empêche de le dévorer des yeux une nouvelle fois, commençant par faire le tri dans les vêtements, laissant Aaron – bien plus impressionnant qu’elle peut l’être sur l’instant - morigéner une nouvelle fois Matthew sans peur. Elle sait que son fils ne le blessera pas.

« Merci pour tout ça. »

Elle reprend, soulagée de voir qu’il y a exactement ce qu’il faut – et qu’il ne semble pas avoir rencontré de problèmes. Elle vient ensuite poser les vêtements pour le chasseur sur le lit, puis s’approche à nouveau de son fils à pas feutrés, se posant face à lui avant de reprendre, cette fois-ci en gaélique, langue ancienne et chantante – langue presque natale, devenue sienne.

« J’aimerais qu’il passe en premier, mais il faudrait peut-être qu’il prenne une douche auparavant pour laver les blessures – si il en est capable. Je vais te laisser m’examiner puis je vais vous laisser entre hommes et préparer quelques baumes. J’espère que tu n’as pas rencontré de problèmes de ton coté … Combien de vie fut nécessaire pour te rafistoler, mon fils ? »  

De nouveaux meurtres, pour la « bonne cause », merci Gareth. Elle soupire puis, finalement, c’est timidement qu’elle vient poser sa main sur sa joue de son enfant, son regard pétillant de soulagement, une boule se formant dans sa gorge tandis que sa voix, profonde et douce, reprend doucement.

« Tu m’as manquée. »  

Elle lui sourit puis se détourne, regardant Matthew, reprenant en anglais, quittant cependant le tutoiement familier pour tenter de reprendre de la distance – une distance salutaire, elle l’espère, pour leurs deux âmes égarées sur le chemin de la tentation. Il n'est à présent plus question de ce qu'elle désire réellement mais de ce dont elle doit faire pour survivre - et elle choisit l'amour qu'elle porte à son fils à défaut de ses autres sentiments.

« Si vous pensez être en état de prendre une douche, allez-y maintenant. Sinon, vous passez le premier. Je vais vous préparer quelques baumes pour … la suite. »  
(c) AMIANTE







HRP : pardon je ne fais pas beaucoup avancer les choses =>


How can I say this without breaking ? How can I say this without taking over ? How can I put it down into words when it's almost too much for my soul alone ? I don't want them to know the secrets. I don't want them to know the way I loved you. I don't think they'd understand it, no, I don't think they would accept me, no ! I loved and I loved and I lost you. I loved and I loved and I lost you. I loved and I loved and I lost you ... and it hurts like hell


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://solemnhour.forumactif.org/t42-elizabeth-w-rochester-can-t-sleep-take-arsenic http://solemnhour.forumactif.org/t48-journal-de-bord-d-elizabeth-w-rochester
avatar

Age : 40 ans
Métier : professeur d'Histoire
Situation : célibataire
Localisation : Chicago
Feat. : Hugh Dancy
Copyright : Gif Huntrress, avatar Byme
Je suis aussi : Lucifer et Heather
Date d'inscription : 13/06/2016
Messages : 121

Message Sujet: Re: Out of the frying pan [ft Eli] Lun 12 Juin - 7:26

Out of the frying pan

and into the fire


Ft Elizabeth Rochester





« Yesterday all my troubles seemed so far away.
Now it looks as though they're here to stay.
Oh, I believe in yesterday. »

The Beatles


Pourquoi ai-je été stupide au point d'ignorer les avertissements de Lemmy et  d'Elizabeth, qui me disaient tous deux de ne pas participer au gala mondain ? Je sais maintenant que ce n'est pas un monstre qui m'entraînera dans la tombe, mais plus probablement ma propre stupidité, alors même que je m'étais cru plus malin que de nombreux chasseurs... Et à l'habitude, je pourrais dire avoir raison. Sauf que là j'ai foncé dans le tas sans réfléchir. Et je suis toujours incapable de démêler mes sentiments à propos de la situation, pour pouvoir réfléchir clairement et agir en conséquence. Une chose par contre est sûre, je dois avertir mes proches de la menace. A mon grand étonnement, Elizabeth accepte ma demande de téléphone, mais me propose aussi de les contacter « par d'autres moyens »... Je soupire intérieurement. Mes mâchoires se contractent, mais aucun mot ne sort de ma bouche. Doit-elle me sans cesse remettre sur le tapis qu'elle est une sorcière... Et apparentée à ceux qui m'ont maintenu captif pour me découper rondelle par rondelle ? Je me sens déjà assez stupide comme cela, pas la peine d'en rajouter. Elle voudrait me dégoûter d'elle qu'elle ne devrait pas si prendre différemment... C'est peut-être là son but. Mon attention tournée vers les bouts de verre jonchant le sol, il faut les ramasser avant que quelqu'un se blesse, et puis ça fait désordre, je lui demande, « Ces autres moyens sont-ils indétectables par Gareth ? » Oui, je hais la magie, mais si en utiliser un peu peut permettre à mes proches de survivre, je ne vais pas faire la fine bouche. Je frissonne à l'idée qu'Anna puisse tomber dans les griffes des Stynes. Tout plutôt que ça.

Pendant qu'Elizabeth a le dos tourné je descends comme je peux du lit pour ramasser le verre brisé. Remettre de l'ordre dans la pièce m'aidera peut-être à faire de même avec mes idées... C'est à tenter néanmoins. Je me mets péniblement à quatre pattes pour rassembler les bouts de verre, quand elle m'ordonne de retourner me coucher. Ah ! Mais je ne le peux tant que je n'ai pas fini... ce ne serait pas prudent de marcher (ou de ramper, dans mon cas) alors qu'il y a des objets coupants au sol. Je l'ignore donc pour continuer ma tâche, aussi méthodiquement que possible. J'ai mal partout, et ce n'est pas près d'aller mieux, mais peut-être que bouger me fera du bien. Ou pas, c'est à voir. Je n'ai pas fini de tout ranger que la porte du motel s'ouvre sur la silhouette d'Aaron Styne. Sa remarque me fait grincer des dents, ce qui me rappelle qu'il m'en manque une... mais je ne m'arrête pas de rassembler le verre... me contentant de l'ignorer jusqu'à ce qu'il vienne se placer à mes côtés pour m'aider. Il m'ordonne lui aussi de retourner au lit. Je lui rend un regard qui n'a rien d'amical. A vrai dire, il vient tout juste de m'obliger à rester loin des draps, même s'il ne s'en rend pas compte. J'aurais pu obéir à Elizabeth, une fois ma tâche accomplie, mais Aaron... Sa suffisance et son arrogance sont bien trop prononcées pour que j'obtempère, même si l'option lit reste très tentante. Je lui tends les morceaux dans ma main un faux sourire sur les lèvres. Si j'étais en état de lui mettre mon poing dans le nez... Mais cela peut attendre que je sois rétabli. Le sorcier se détourne pour mettre les tout à la poubelle puis enfiler des gants chirurgicaux, alors que je m'accroche au meuble le plus proche pour me redresser péniblement. Continue à me tourner le dos, mon ami, un jour, je te ferai ravaler ta superbe ! Je m'appuie sur le dossier d'une chaise, en attendant la suite. Je ne comprends pas ce qu'Elizabeth raconte à son fils – son fils! Je ne parviens toujours pas à me l'imaginer réellement- mais je suppose que cela ne me regarde pas... Du moins j'espère qu'ils ne sont pas en train de comploter ma mort. Je bouge les pieds, cherchant un équilibre correct pour me redresser complètement.  

Si nous avions été seuls, j'aurais répliqué à la dame, « As you wish », à la Princess Bride, mais là... J'ai juste envie de quitter cette planque le plus vite possible. Je remarque d'une voix légèrement amère, « C'est pas moi le doc' ! A vous de me dire l'état dans lequel je suis... » Même si je peux fort bien sentir que je ne suis pas au top de ma forme, loin s'en faut. A vrai dire, si Gareth passait par là, il n'aurait pas à faire plus que lever le petit doigt pour me tuer... Mais c'était déjà le cas quand j'avais encore tous mes orteils... « Je vais me laver. » J'espère pouvoir traverser la pièce sans trébucher. Mais je ne laisserai pas non plus le sorcier voir à quel point c'est douloureux. S'il ne me reste rien d'autre, j'aurai toujours ma fierté pour moi. Même s'il doit se rendre compte à la lenteur de mes gestes que je devrais être dans un hôpital et non un motel.

J'en dois une au sorcier, mais même si je n'envisagerais jamais le fait de ne pas lui rendre la pareille, je ne compte pas faire ami-ami avec lui en attendant que l'occasion se présente pour moi de le rembourser. Je regarde Elizabeth (et rien qu'elle), « Merci, pour vos baumes. » J'ai déjà pu en tester l'efficacité, même si je n'en connaissais pas la provenance à l'époque. Je suppose que si un peu de magie m'aide à guérir plus rapidement, ce n'est pas un mal. Il n'y a pas eu de conséquences négatives la fois précédente, en tous cas. Lentement, je boîte jusqu'à la petite salle de bain. Ôter mon caleçon me prend énormément de temps, mais je finis par y parvenir. Je fais couler l'eau avant de mettre un pied dans la douche, afin d'en réguler la température. Quand je suis parvenu à un équilibre acceptable, chaud mais pas trop brûlant pour mon pauvre dos, je me hisse dans la douche.

J'avoue prendre mon temps, profitant de la chaleur de l'eau et de ses bienfaits, jusqu'à ce que la température commence à baisser, signal qu'il est pour moi temps de sortir de ma retraite bienvenue. M'essuyer et remettre mon caleçon prend un temps très long, mais j'y parviens finalement. Je me rends à souhaiter qu'ils aient quitté la chambre pendant que e me lavais. J'ouvre la porte pour claudiquer jusqu'aux sorciers. « Et maintenant ? » Il me faudra des vêtements, ensuite, je verrais comment protéger ma famille.

Code by Joy


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé

Message Sujet: Re: Out of the frying pan [ft Eli]

Revenir en haut Aller en bas
 

Out of the frying pan [ft Eli]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Solemn Hour :: united states of america :: The Midwest :: Chicago-