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 [TERMINÉ] like an open book (calyran)

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Age : 121, si ça se trouve j'suis papi…
Métier : Infirmier, même s'il a le diplôme de médecin sous le coude. 3ème année en Lettres Classiques, parce qu'il a du fric à claquer et une soif de connaissances à assouvir.
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Message Sujet: [TERMINÉ] like an open book (calyran) Mar 21 Mar - 21:45

Statut du rp

sujet privé; ft. calypso

type ❖ mini-flashback

date ❖ 27 mars 2016

informations spatio-temporelles ❖ Sur le palier où habitent tout deux Calypso et Ciaran… dehors il fait frais mais ensoleillé, mais on s'en fiche un peu puisqu'on est en intérieur. Il est 14h25 à la fin du post d'ouverture.

intervention du MJ ❖ Nope !

Autre ❖ Rien à ajouter si ce n'est… have fun  :21:

© HELLOPAINFUL; revisité par SHADOW




❝like an open book❞
calyran
L’odeur de viande marinée dont l’appartement s’imprégnait remonta finalement jusqu’à lui, allant jusqu’à le tirer de son sommeil lourd.
Les rideaux étaient tirés et il s’était calé dans un coin relativement insolite pour faire sa nuit : dans le bac à linge où trônait un plaid fraichement repassé de la veille. Arrivé aux alentours de sept heures un quart du matin, il avait fait en sorte de ne réveiller personne à son arrivée. Bien qu’il n’irait jamais le clamer haut et fort, son service du samedi soir avait été particulièrement éprouvant - d’autant qu’il avait été profondément déçu de ne pas avoir pu croiser Aaron à son arrivée dans le service. Pourtant, il avait fait le même trajet, tout. Son odeur n’avait malheureusement pas accroché ses pas ni son itinéraire. Pourtant… il avait demandé si Styne était bien venu ce jour… et ça avait été le cas. Pas aujourd’hui.
Outre la déception manifeste, sa tristesse et l’ombre de pensées dévastatrices : il n’était pas celui qu’il attendait. Voire, il n’avait jamais espéré ne serait-ce qu’un seul instant qu’un familier ne se manifeste un jour. De quoi crever le cœur à celui qui avait depuis si longtemps cherché une raison de vivre. Une raison de vivre dont il connaissait désormais le nom.

Alors oui, ces derniers temps, Ciaran ne savait plus trop où donner de la tête. Il semblait à la fois bienheureux d’avoir trouvé son sorcier (quel familier ne le serait pas ?) et dans un mal profond que d’être ainsi rejeté. Mais il était aussi - et encore - dérangé par ce qu’avait dit cet homme au trench-coat. Il s’inquiétait pour les autres, pour Enat, pour tout. L’homme avait une peur terrible, c’est celle d’être laissé à l’abandon. Encore une fois, et pour toujours.

Son museau frétille un peu et avec lui ses moustaches — l’animal s’étire de toute sa longueur dans cet espace de confort qu’il s’était offert. Quelle heure est-il ? Une chose est sûre, c’était celle de manger.

Il sauta du bac puis se faufila à vive allure jusqu’au lit de sa fille, première chose qu’il fit malgré la faim qui semblait lui tirailler l’estomac. « Bonjour papa, » avait-elle dit d’une voix douce et fatiguée, un sourire imprimé sur les lèvres. Il donna un coup de langue sur sa joue un peu trop froide à son goût. « Luis est en train de préparer à manger, il a bientôt fini… je pense… » ce qui voulait aussi dire que la vaisselle sera pour lui juste après. Nous étions dimanche et leur colocataire était plus que reglo quant à la distribution des tâches ménagères. À vrai dire, c’était un très bon ami d’Enat, aussi mettait-il la main à la pâte assez naturellement. Ciaran connaissait aussi bien Luis de ce fait-ci, mais beaucoup plus intimement que sa fille, disons-le. Enfin, là n’était ni le problème, ni la question.

Luis arrive justement à la porte de la chambre pour annoncer, à voix basse, que c’est prêt.  Il reprit une voix portante habituelle lorsqu’il remarqua que Ciaran était réveillé - et pour cause, il était assit sur le bord du lit d’Enat et le regardait avec de petits yeux. (Le renard l’avait entendu arriver et avait réagi en conséquence.) S’ils n’avaient pas l’occasion de voir la fatigue sur la tête de l’animal, c’était une autre histoire lorsque l’humain pointait le bout de son nez. Détail qui n’échappa pas à la chair de sa chair, qui caressa machinalement la main de l’infirmier.
Aujourd’hui, elle ne parvint pas à bouger aussi loin que d’habitude - alors on la porta jusqu’au canapé, où elle déjeuna avec les deux hommes qui partageaient son toit et sa vie. Ciaran semble pensif depuis quelques temps, et il l’est encore aujourd’hui. Il n’a pas remarqué qu’elle ne portait plus la bague de Joshua. Il n’a pas remarqué malgré le fait qu’il ait toujours eu le réflexe de vérifier, pour se rassurer sur l’avenir de sa fille. Or cette dernière semblait avoir fait un choix. Ses yeux rouges et gonflés, sa fatigue manifeste et d’autres symptômes revenaient à la charge et surtout plus fréquemment… depuis vendredi soir, à vrai dire. Oui, il avait vraiment l’esprit ailleurs. C’est la voix un peu chevrotante de sa fille qui le tire de son état, au beau milieu du repas. « Calypso devait pas te rendre ton livre hier ? » Un froncement de sourcils alors qu’il s’immobilise. Puis il cligne plusieurs fois des yeux en se passant une main sur le visage - et réalise. « Merde… mince, j’avais complètement oublié. » Comme il réalise qu’il ne l’a pas croisée ce matin lorsqu’il était arrivé. En général, elle sortait faire son jogging à cette heure-là, ça leur arrivait parfois de se croiser. « Hey, c’est pas grave, elle a peut-être oublié elle aussi. », tenta alors de le rassurer Luis. Calypso, oublier de me rendre ce livre-là, alors qu’elle sait qu’il a une valeur sentimentale pour moi… non… non, elle n’a pas pu oublier. Elle n’a pas pu m’oublier. Et pour cause, c’était un des rares ouvrages qu’il avait gardé depuis toutes ces années, même après sa vie sauvage au Canada. Évidemment, il avait présenté ce bouquin comme étant un héritage familial. Plus plausible pour le commun des mortels, à qui il cachait sa véritable nature. Non, c’était un véritable trésor qu’il lui avait confié. Et c’était d’autant plus surprenant que tout ceci lui soit sorti de la tête.

Ou pas.


***


Ça y est. Il a réussi à franchir le pas.
Pas encore celui de sa porte, mais…
Il y est.

Ça paraît presque insurmontable pour lui d’aller quémander quelque chose, pour le coup. Surtout aujourd’hui. Il se sent un peu anxieux, ne sait pas trop comment s’y prendre. Pourtant il la connait, ils ont déjà partagé pas mal de choses ensembles, il a même le double de clé de son appartement… c’est pour dire.
Mais aujourd’hui, il n’est pas vraiment dans son assiette. Et malgré ça, il a un sourire aux lèvres alors qu’il tape trois fois sur la surface de sa porte. Non, il n’aime pas le son que fait cette sonnette, et elle non plus - il a cru comprendre que ça la mettait parfois de mauvaise humeur. Surtout quand elle était occupée à faire quelque chose en y ayant mit une certaine dose de concentration. Il le comprend et fait attention aux détails.
Elle en met du temps…
Ça commence à l’inquiéter. Le mauvais pressentiment qu’il avait alors entretenu depuis déjà quelques minutes commençait à atteindre son paroxysme. L’irlandais était alors apprêté à frapper une nouvelle fois, mais il le verrou claqua plusieurs fois, signe qu’une clé était en mouvement dans sa serrure. Sa silhouette apparaît, et il soupire de soulagement, une main sur son torse. « Tu m’as fait peur… tu vas bien ? » commence t-il d’emblée, l’air sincèrement inquiet de ne pas avoir eu de nouvelles de sa part plus tôt. (En réalité, il se retient de la prendre dans ses bras, il se trémousse un peu.) Et son visage semblait bien plus marqué aussi, presque autant que le sien à vrai dire. L’infirmier avait ajouté avant même qu’elle ne réponde à sa question, l’air un peu attristé. « …ça va pas. », avait-il conclut alors que ses épaules s’affaissaient d’elles-mêmes.


© Pando


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Message Sujet: Re: [TERMINÉ] like an open book (calyran) Jeu 23 Mar - 15:19



.Like a open book.

Ft Ciaran


Je ne l’ai pas vu.
J’ai beau me le répéter encore et encore, je n’arrive pas à m’en défaire de ce sentiment de culpabilité. La nuit était voilée de ses épais nuages. Mon parebrise me renvoyait une visibilité dès plus médiocre. Je roulais au pas aux abords de ce parc inhabité. Mes yeux pleuraient. Comme souvent. Pourquoi cette absence ? Je ne me souviens plus.
Quelque chose a percuté ma voiture. Je m’entendais couiner, cramponnée à mon volant. Je me souviens de ce sang sur sa fourrure. De son regard ancré dans le mien, nous liant dans un silence quasi religieux.

***

Il est des heures où le temps ne s’écoule pas de la façon qu’on souhaiterait. Des secondes aussi fragiles qu’un simple sable dans un sablier et qui nous rappelle que nous avons tous une mission sur cette Terre. La mienne m’échappe, pire elle gangrène dans mon crâne depuis notre rencontre. Michaël. Cet homme… Ce mystère. Il ne cesse de me hanter. De me renvoyer des questions, dont les quelques miettes de réponses n’arrivent pas à alimenter ma curiosité. Et mon obsession de vérité. Cette sensation de vide ne me quitte pas. Elle me tire vers le bas. Tout comme mon corps qui refuse de se défaire de mes draps. Je ne sais pas ce qu’il m’arrive. Je fixe mon plafond. Abîmée. Je sens les rayons solaires caresser mon visage, comme un message discret qui semble me susurrer ‘il est temps de te bouger !’. J’en fronce mes sourcils. Je n’y arrive pas. Nous sommes dimanche… le jour du Seigneur. Cette pensée me donne envie de rire. Pure ironie. Pourtant ma petite voix intérieure me pousse à me redresser. J’obéis bêtement. Assise dans mon lit, je balaye ma chambre d’un regard circulaire. Je me rends compte que je n’ai pas fait le ménage. Mes fringues s’entassent sur mon fauteuil en une sorte de pyramide fragile, menaçant de s’écrouler si je venais à poser un dernier édifice. Et honnêtement, je m’en fiche. Personne ne partage ma vie.

Je campe enfin sur mes jambes et rejoins la fenêtre d’une démarche vaseuse. J’ai l’impression que je pèse trois tonnes ou qu’un camion m’est passé dessus. C’est étrange. J’ai pourtant bien dormi. Peut-être trop ? Je n’ai pas le souvenir d’avoir rêvé et encore moins d’avoir essuyer une vision. Je m’en féliciterais presque si je ne me sentais pas aussi… mélancolique. J’observe ma rue qui s’agite sous mes yeux de camé. (Non pas que j’ai abusé de substance illicite. J’ai eu le sommeil trop lourd.) Et je crois que je n’ai pas le courage de sauter dans mes baskets. J’entrouvre l’une de mes baies vitrées. L’air frais se propage instantanément dans la pièce, j’en frissonne tout en entrelaçant les bras contre ma poitrine. Le footing, ça ne sera pas pour aujourd’hui.

Je me traine dans le salon. J’ai la nausée rien que de penser ‘petit déjeuner’. Je n’ai pas regardé l’heure pour le moment. Je crois que je m’en fou. J’ai cette impression d’être hors du temps. Déboussolée. Et tout le reste n’a pas vraiment d’importance. Ne venez pas me parler de mélancolie. Je ne suis pas ce genre de personne.

Tout est bien calme. Il faut dire que je n’égaye pas mon appartement, à déambuler comme un fantôme. J’éprouve même de la lassitude à prendre ma douche. Ce n’est pas faute d’essayer. Les fesses sur le rebord de ma baignoire, je fixe le sol. Où est passée ma petite voix qui me murmure ce que je dois faire ? Elle aussi a démissionné ? Avec Dame volonté ? J’ai les pensées brouillées. L’envie de retourner me cacher sous les draps m’interpelle. Ne pas céder à cette envie de faire l’autruche. Je commence à me détester. Le soupir d’exaspération que j’expire est de trop. Je trouve le moyen de me relever. Je me vois tourner le mélangeur et faire jaillir l’eau chaude dans la cuve d’un blanc immaculé. J’opte pour un bain. Avec de la mousse. Beaucoup de mousse. Un besoin de relaxation pour détendre mes muscles et surtout faire le vide dans ma tête. Ca résonne comme une utopie, et j’ai envie d’y croire. Je retire ma couche de vêtement d’une lenteur qui m’horripile. J’ai envie de me donner des baffes pour me réveiller ! Mon pied droit ouvre le bal en plongeant délicatement dans cette eau parfumée de jasmin, le second ne tarda pas à le rejoindre.

J’ai les cheveux encore humides mais je me suis habillée. Pas de jupe crayon pour aujourd’hui, mais un simple legging noire et un débardeur champagne pour compléter. J’enfile mon large gilet tout en me dirigeant dans la cuisine. Le bain m’a donné un léger coup de fouet. Physiquement parlant, car l’esprit est tout aussi brouillé. Mon regard est attiré par un carré fluo qui tente de rester coller sur la porte de mon frigo. Je plisse un peu les yeux tout en relisant mon écriture aux lignes rondes et régulières ‘N’oublie pas de rendre le livre à C.’ Un post-it qui aurait dû me sauter aux yeux. Je me frappe frénétiquement le front du Mont de la Lune, comme si ce geste allait me remettre les idées en place.Et merde, j’ai oublié.A trop courir après l’inexplicable, j’en oubliais de vivre. Il est vrai que j’avais souvent la tête ailleurs. Armelle (cette charmante chieuse) m’a souvent fait la réflexion. Que pouvais-je répliquer ? Que ma vie a basculé depuis que j’ai failli crever, gelée dans ce fichu lac ? Que quelque chose m’échappe mais je ne sais quoi ? Que je commence à suffoquer sous cette solitude que je m’impose parce que j’ai l’impression de perdre les pédales ? Que je ne pourrais jamais avoir un mari, des enfants ? Je sens que je m’enfonce un peu à trop vouloir comprendre. Et ça m’effraie.

J’arrache le post-it et le froisse en une petite boule. Je la regarde un instant avant de la jeter à la poubelle. Le livre me revient en tête. Je vrille mon regard  en direction de ma table basse. Il repose dessus, ouvert à la page que je n’avais pas terminé d’étudier… L’intervention de Michaël avait bousculé tout mon univers, au point de laisser en suspend ce que j’entreprenais. Je me dispersais, et je n’aime pas ça. Je m’entends soupirer et je me rends compte que je n’ai toujours pas mangé. Mon estomac fait la tronche, je le sens pour l’écouter gronder. Mais je l’ignore. Pour le moment. Il faut que je rende le bouquin. Seulement quand j’en aurais la force. Ciaran a sans doute oublié… C’est ce que j’espérais. Je ne me sens pas prête à frapper à sa porte. Pas aujourd’hui. Je ressemble à un zombi, sans parler du reste. Je ne suis pas de bonne compagnie. J’ai juste envie de me réfugier dans ma bulle. J’entreprends alors de me rendre dans le salon mais ma vision se trouble subitement. Je vacille en me rattrapant maladroitement à ma table. Je sens qu’on m’aspire dans le néant. Mes pupilles cherchent la lumière. Du noir… Que du noir qui m’engloutit et rends mon corps fébrile. Je ne sais pas si je chute sur le sol, mais la douleur à mon crâne se fait violente. Je me retrouve en pleine rue… ou bien est-ce une avenue ? Je ressens la peur tout autour de moi. J’entends des cris. J’aimerais bouger, fuir mais mes pieds restent plantées sur le bitume. Je n’arrive pas à crier, ce n’est pas faute d’essayer. On me pousse mais je reste debout. Quand soudain, je le vois… Mon cœur se sert douloureusement jusqu’à exploser. Il s’approche encore, je ne vois que son sourire narquois et cette main qui se tend vers mon cou lorsque j’entends ces trois coups résonner contre ma porte. Trois coups qui me happèrent dans l’instant présent.

J’entrevois de nouveau bien que les premières secondes soient complètement floues. Je suis allongée sur le sol. Ventre à terre. J’ai dû me frapper à la tête au vu de la petite bosse que je sens sous mes doigts, là, juste à la naissance de ma tempe. Rien de méchant en soit, cela aurait pu être pire. Bien pire. J’arrive à me relever, le corps ankylosé. Je ne sais pas qui se trouve derrière ma porte, mais je bénis cette personne. J’avance le pas encore fragile et me laisse chuter contre le mur. Ma main se lève machinalement pour tourner la clé de cette fichue serrure. Je laisse la petite chainette de sécurité, par précaution. De nature méfiante, je n’ouvre pas ma porte aux inconnus. Je l’entrouvre un instant et jette un coup d’œil à la silhouette qui campe de l’autre côté. Je suis prise d’un profond soulagement en distinguant les traits de Ciaran. Je m’empresse de retirer la sécurité pour lui ouvrir pleinement l’accès à mon appartement. Je ne sais pas si ce que je ressens s’apparente à de la joie ou à de l’allègement, mais je trouve la force de lui sourire faiblement. « Tu m’as fait peur… tu vas bien ?[...] …ça va pas. » J’échappe un petit rire nerveux. Il comprend en voyant mon visage fatigué, mes yeux rougis et ma narine droite légèrement teinté de vermeille. Je ne lui rends pas le change que je suis déjà pressée contre lui. Une étreinte qu’il me rend et qui m’apaise. Je sens le sanglot coincé dans le fond de ma gorge et je lutte pour ne pas qu’il déborde. Je sers mes bras autours de lui. Je ne veux plus le lâcher. Je recule doucement, l’entrainant avec moi. Mon visage enfoui dans le creux de son cou. Je le laisse fermer la porte derrière lui. J’en n’ai pas la force. «… Si ça va. » Je n’aime pas être admettre que j’ai mes faiblesses. Je ne suis pas comme ça d’habitude. Joviale est le mot que j’utiliserais pour me définir. Sauf que depuis quelques temps, je n’ai rien d’un rayon de soleil. J’ai un genou à terre. Mes bras se détendent un peu alors que je recule lentement, glissant mes mains froides le long de ses biceps. Mon visage se décolle de sa cachette et se redresse vers le sien. Je reste silencieuse, le temps de l’observer quelques secondes. Lui aussi ne transpirait pas la joie de vivre. Je me pinçais machinalement ma bouche et alla déposer une bise sur l’arête de sa mâchoire. « Je suis tellement contente de te voir. Vraiment. » Que j’avoue sincèrement. Il ne pouvait pas tomber mieux. Même si je ne sais pas pourquoi il était ici. De quoi ranimer ma curiosité et passer outre la vision que je venais de subir. En plus du cumule que je traine depuis quelques jours… quelques mois.


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Je remets ma vie à... Un plus tard abandonné. Pour simplement vivre. Tenter d'atteindre une humanité. Des lambeaux de terre, me regardaient disparaître. Et parmi les pierres, je vivais et j'espérais, tu sais...


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Message Sujet: Re: [TERMINÉ] like an open book (calyran) Jeu 23 Mar - 18:24



❝like an open book❞
calyran
Son visage se décompose presque dans l’instant où il voit la légère trace de sang qui macule la peau de la jeune femme. Cette odeur-là, il aurait espéré ne jamais la sentir à nouveau : c’était la même qui était montée à ses narines le soir où elle avait eu son accident, en décembre dernier. L’inquiétude grimpe d’un cran et il ne peut s’empêcher d’attendre plus longtemps - il la prend dans ses bras, franchissant le seuil de la porte par la même occasion. Son cœur bat toujours aussi vite que d’habitude, mais il est encore un peu plus pressé en cet instant précis. Alors qu’ils sont l’un contre l’autre, il la bombarde malgré lui de questions, rongé par l’inquiétude. « Pourquoi tu saignes, Caly ? Tu es tombée ? Qu’est-ce qui s’est passé ? » (Il se musèle lui-même en essayant d’écraser sa propre anxiété. Il la savait exponentielle dans ces cas-là.) Alors qu’ils se déplacent à tâtons - lui d’avant, elle d’arrière. L’irlandais ferma la porte derrière lui mais sentait la faiblesse dans les membres de son amie, et même dans la voix. Une voix qui proféra un mensonge. Il comprenait que certains veuillent se protéger en mentant - il était le premier à essayer de noyer le poisson - mais… ça lui faisait un mal de chien lorsqu’il s’agissait de quelqu’un qu’il appréciait. Plus que la simple vexation, il se sentait blessé qu’elle ne soit pas franche avec lui. (Ce n’est pas grave. Elle parlera quand elle en aura envie.) Son for intérieur lui souffle des pensées plus raisonnables, mais il ne s’y tient pas. Ce n’est pas un bon jour, pas une bonne période.

Une vague de culpabilité le percute alors qu’il saisit à quel point il s’est éloigné d’elle. Trop peut-être. Depuis qu’elle l’avait malencontreusement renversé avec sa voiture, il avait prit peur qu’elle ne découvre sa véritable nature, alors… alors il s’était un peu plus effacé, chose qui fut particulièrement difficile pour lui — et visiblement, ça l’avait aussi été pour elle. Entre temps, il avait rencontré Aaron et ce fut tant une lueur d’espoir que la source de bien des maux… il occupait ses pensées au quotidien et il peinait à s’en détacher.

Oui, il s’en veut.

Le visage de la trentenaire se décolle de son cou et peine à lui offrir un sourire. De son côté, il vient naturellement, bien qu’il fût teinté de chagrin. Il avait glissé une main sur son visage pour lui caresser la joue de la pulpe de son pouce. Son regard lui fait mal. C’est comme s’il sentait sa douleur… si proche, si assommante. « Ne me mens pas encore une fois, s’il te plaît… », murmura t-il alors qu’il cherchait à déceler la vérité dans ses yeux clairs. Elle sait qu’il n’aime pas ça. Comme il sait qu’elle ne fait pas exprès. « …c’est tes cauchemars ? » Ce qui n’expliquait aucunement la trace pourpre au niveau de son nez, mais peu importe. (Elle l’embrasse sur la joue et il en fait autant en réponse. Ses mots le touchent, raniment autre chose.) « Moi aussi je suis content de te voir, je… je suis vraiment désolé de ne pas être venu plus tôt. » L’infirmier avait senti ses mains froides et moites et le pouls rapide qui battait malgré son apparente fatigue. Hypoglycémie ? Il soupçonnait qu’elle ait fait un malaise il y a peu. Il la prit par l’épaule, marchant en l’aidant à sa manière. « Viens, on va s’assoir. » Ce sera déjà ça de prit. L’homme la laissa s’installer sur le canapé, puis mit un genou à terre. (Il a remarqué son ouvrage sur la table basse.) Il inspecta ses yeux, ses mains, le tout en peu de temps, relevant ses prunelles vers les siennes. « Tu as mangé quelque chose ? » La réponse serait sans doute négative et il irait lui chercher le nécessaire - il connaissait la maison, si on puis dire. Ciaran expira doucement, une main posée sur le genou de Calypso (il a toujours été tactile). Le brun se força à se taire, mordant l’intérieur de sa lèvre pour faire passer son agitation. Puis il crut sentir un sanglot s'échapper de ses lèvres, ce qui sonna chez lui comme une alerte. Une décharge qui le fit se redresser aussitôt ; prit place à ses côtés et l'attira à nouveau contre lui, coi.
Tout ce qu’elle pouvait voir ou entendre de sa part était pourtant clair comme de l’eau de roche : il était présent pour elle.


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Message Sujet: Re: [TERMINÉ] like an open book (calyran) Jeu 23 Mar - 23:47



.Like a open book.

Ft Ciaran


Ciaran et ces questions. Je ne lui en veux pas, je connais son anxiété et son inquiétude. J’aurais préféré me présenter à lui autrement qu’en parfaite épave qui tenait à peine debout. Son corps est mon rempart pour ne pas m’effondrer. La vision m’a affaiblie comme à chaque fois que je subissais ces assauts incontrôlés. Pourquoi suis-je devenue si fragile ? Je me sens vulnérable et tellement las. Ciaran peut le ressentir et je ne veux pas qu’il s’alarme. Je me pince les lèvres fermement en écoutant sa voix juste au-dessus de mon crâne. J’en ferme les yeux quelques secondes. Et dans un souffle difficile, ma voix s’élève aussi légère qu’une brise « Laisse-moi rassembler mes esprits, s’il te plait. » Parce que je me sens incapable d’y répondre de suite. La vue de ma narine immaculée de rouge doit lui soulever des interrogations. Ciaran a le mensonge en horreur. Je le sais. Mais je ne fais que le protéger, du moins comme je le peux. Malgré tout, j’arrive à l’éclabousser de mes mésaventures. Et c’est une accumulation d’échec. Je le regarde à présent et je comprends. Il n’est pas dupe. Je peux lire dans ces iris cette tristesse qu’il me renvoie. Mon cœur se comprime péniblement. Il a beau sourire pour me rassurer, quelque chose ne passe pas. Ce n’est pas faute de vouloir franchir cette barrière.

Son pouce contre ma joue me fait tressaillir. Je le sais tactile et donc ne m’en formalise pas. Je ne le dis pas mais j’en ai besoin. De Lui. De son contact. Ce manque est cruel. Cette distance qu’il avait imposé et que j’avais respecté aveuglement. Non sans éprouver une immense peine. Là encore, je ne lui jette pas la pierre et la rancune ne me ronge nullement. Je souhaite son bonheur par-dessus tout. Et si cela doit passer par des silences, alors je les accepterais. N’est-ce pas là, la plus belle preuve d’Amitié ? Le respect de l’Autre. J’en déborde concernant Ciaran. Il faut être borgne pour ne pas s’en rendre compte. Je lui renvoie un regard attendri. Il cherche la vérité dans mes prunelles claires. Le mensonge… Je baisse un instant les yeux comme une petite fille. Coupable. Je ne peux nier, il lit en moi comme dans un livre ouvert. J’aimerais tellement lui dire. Tout lui dire. Mais que pensera-t-il de moi ? Que je suis cinglée. La théorie des cauchemars semblait être la meilleure solution. Il y a une grande part de vérité là-dedans. Ces visions sont mes spectres. Il m’est difficile de les confier. Je les porte comme un fardeau. Je retiens un soupir. Je ne veux pas le regarder. Pas de suite.

Il s’excuse. Je relève lentement mes perles limpides sur son visage. Je ressens le soulagement enveloppé mon cœur. Comme j’aimerais le serrer dans mes bras encore une fois. Mettre une Fin sur cette distance. Lui confier que cela n’avait plus d’importance, mais les mots ne franchissaient pas ma bouche, comme retenus au fond de ma gorge. Juste aux côtés des sanglots. Je me contente simplement de le contempler en silence. Il me jauge. Je le sais. Il a ce petit quelque chose dans sa manière de me regarder. Quelque chose de professionnelle qui pourrait déranger. Il m’invite à m’assoir. J’obéis parce que je suis encore chamboulée. Il me faut un moment pour effacer les traces de ces visions. L’impression que mon esprit soit souillé est compliquée à expliquer, comme à vivre. Et je sais que personne ne peut le comprendre. Alors je me taie. Je prends place à l’extrémité du canapé afin de soulager mon coude droit sur l’accoudoir bordé d’un coussin. J’essaie de me concentrer sur Cia’. Il pose un genou à terre. J’ai envie de sourire. Pourtant mon visage reste serré dans une expression vide. En parfaite statue de chair, je reste immobile alors qu’il m’ausculte. Ma tête s’incline légèrement à gauche. J’aime le voir attentionné et prendre soin de moi. Personne d’autre ne le fait. Et ce n’est pas mon cher oncle qui dirait le contraire.  « Tu as mangé quelque chose ? » La question me rend nerveuse. Le mensonge est ravalé aussi sec. « Non. Rien depuis hier midi. Je crois. » Je ne sais plus à vrai dire. J’ai du mal à rassembler mes souvenirs, comme si ma mémoire collectionnait des séquelles de ces choses violentes qu’on entrait dans mon crâne. Il pouvait bien ouvrir les placards, le frigo si cela lui chantait, pour rechercher quelque chose à grignoter, je ne l’empêcherais pas. Il est comme chez lui ici. Mon double des clés dans sa poche le confirme. « Il doit me rester des Scones*… Que j’hasarde d’une voix monotone pour combler un silence. Les mots sortent de ma bouche sans que je ne les contrôle.

Mais la lucidité commence à retirer le voile épais de ce bouillon d’émotion dans lequel je pataugeais depuis quelques minutes déjà. Je me rends compte à quel point je suis anémiée. J’inspire longuement en baissant les yeux sur le haut de mes cuisses. Mes mains jointes s’y reposent. Je n’arrive plus à faire semblant. C’est trop difficile. La réalité est piquante.
Et il s’échappe de ma barrière de chair, ce fichu sanglot. J’aspire ma lèvre inférieure tout en luttant contre ce flot qui remontait dangereusement le long de mon larynx, jusqu’à larmoyer mes yeux. Ciaran réagit instantanément en s’asseyant à mes côtés. Il m’attire à lui. A quoi bon résister ? J’en n’ai pas l’envie, ni la force. Je me laisse chuter contre l’Irlandais comme une masse. Frêle. Je n’ai pas la volonté de m’agripper à lui. Je sens me corps faire des soubresauts tout en déversant mon chagrin épuisé sur son épaule. Un surplus que je ne maitrise pas. Les minutes semblent longues de mon côté. Mon visage n’est plus agréable à regarder. Il est mouillé de ces larmes amères qui ruissèlent jusqu’à se perdre sur le vêtement de Ciaran. Je renifle péniblement, et profite d’un moment d’accalmi pour briser cette bulle d’eau qu’il subissait lui-aussi. « Je n’y arrive plus Ciaran… Je suis épuisée. » Ma voix est branlante. Mon corps tremble encore. Peut-être de froid (la baie vitrée est toujours ouverte) ou bien est-ce à cause de mon état. Je relève doucement mon menton dans sa direction, cherche à capter son regard. Le miens cri son SOS. « Aide-moi. Je t’en supplie, aide-moi. » Toute ma détresse coulait de ces quelques mots. Ma main chercha la sienne pour m’y cramponner. « Je crois que je deviens folle. Ils sont là… Quelque part… Dans ma tête…» Etait-ce le cas ? Michaël existait-il vraiment ? Mes visions ? Les démons et tout le reste ? Et surtout cette même question qui cognait encore et encore dans ma tête…
Qui suis-je ?


*Scones : Gâteaux Irlandais traditionnels à déguster avec de la confiture ou autre, en accompagnement au thé.

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Je remets ma vie à... Un plus tard abandonné. Pour simplement vivre. Tenter d'atteindre une humanité. Des lambeaux de terre, me regardaient disparaître. Et parmi les pierres, je vivais et j'espérais, tu sais...


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Message Sujet: Re: [TERMINÉ] like an open book (calyran) Ven 24 Mar - 11:59



❝like an open book❞
calyran
Le vide laissé par Calypso fut d’autant plus ardu à gérer chez lui. L’attente était pénible pour cette boule de nerfs qu’il pouvait être. Or, même s’il n’avait pas eu ce sang-froid exemplaire dont il pouvait faire preuve vis à vis de patients, il tenait sur le fil qu’il tissait lui-même au fur et à mesure qu’il se rapprochait de cette vérité. Vérité qu’elle semblait avoir voulu dissimuler jusqu’à maintenant, pensant certainement que ça allait protéger les autres. Mais de quoi ? De qui ? Ciaran ne voulait pas avoir cette place-là, il ne souhaitait pas être celui qu’on protège ou qu’on écarte d’un quelconque indice problématique. Non, il voulait le solutionner, ou au moins l’apaiser avec les outils qu’il pouvait avoir. L’irlandais s’était battu pour avoir cette place de soignant qui lui octroyait la sécurité - éphémère, voire illusoire - que personne ne vienne se préoccuper de ses maux, si profonds. Si cela semblait marcher jusque là, ses mécanismes défensifs avaient dû être mis à rude épreuve lorsqu’il avait dû emménager avec sa fille depuis sa prise en charge médicale. Et ils allaient encore l’être davantage face à la trentenaire qui était là, contre lui ; qui avait déjà essayé de lui soutirer certaines informations lorsqu’il avait été blessé la dernière fois. « Je suis tombé, » avait-il dit pour sa défense avant de faire diversion, puis, à terme, s’effacer. Jamais personne ne l’avait découvert blessé pour une étourderie de cet acabit. Jamais Ciaran ne s’était montré maladroit, si ce n’est par les mots. Et même si une âme raisonnable se tentait à un « il n’est jamais trop tard », il faut savoir le centenaire qu’il est aurait d’autant plus de mal à se reposer sur un tel argument. Mais dans un tel cas de figure… il avait tout intérêt à passer sur le sujet. Toujours est-il qu’aujourd’hui il allait mieux, beaucoup mieux.

Et s’il était aussi difficile à tenir aujourd’hui, c’était parce que l’affect jouait aussi. Qu’il n’était pas particulièrement stable de son côté, ses pensées contradictoires s’emmêlant en permanence dans les méandres de son cerveau.
Alors seules des phrases plus ou moins mesurées avaient germées çà et là dans la conversation. Et elle avait répondu à l’une d’elles en ravalant un autre mensonge, ce qui eu le don de le soulager, quant bien même ce fut pour lui dire qu’elle ne s’était pas alimentée depuis la veille au midi. S’il n’avait pas oublié, il serait venu samedi, le jour J où la professeure lui avait proposé de passer pour lui rendre son dû. (Elle ‘croit’ ? À côté de ses pompes, elle l’est, c’est une certitude. La déprime, si ce n’est plus, n’était pas vraiment loin et il le sentait bel et bien.) Ciaran acquiesça lorsqu’elle lui dit qu’il restait certainement des scones ; mais n’avait eu le temps d’aller les chercher dans l’instant T. L’état de son amie ne le lui permettait pas vraiment.

L’infirmier sentit son tee-shirt sombre s’humidifier au contact des larmes de Calypso - détail qui n’avait pas d’importance, elle pouvait bien le noyer qu’il en redemanderait, ne serait-ce que pour l’apaiser. Il garda le silence alors qu’il la tenait encore, espérant en secret qu’elle parvienne à se décharger de ces poids qu’elle se traînait et qui l’encombraient. Sa main passait machinalement sur ses cheveux courts dont il percevait encore l’humidité, ainsi que le doux parfum de jasmin. Pendant un bref instant, il crut imaginer une de ces fleurs se faire battre par une pluie torrentielle. La fleur en souffrait mais libérait malgré elle ses arômes naturels, accompagnée par ses autres sœurs.
« Je n’y arrive plus Ciaran… Je suis épuisée. » Il crut que le temps s’était arrêté à l’instant même où ces mots franchirent la barrière de ses lèvres. Sans qu’elle ne puisse le voir ou le remarquer, ses yeux s’étaient voilés de larmes. Ces mots avaient eu un écho particulier chez lui — car il s’entendait à nouveau le dire, tout comme sa propre fille qu’il ne parvenait pas à libérer du calvaire qu’était sa maladie. Ça lui fait peur, ça lui fait mal. Quand ils ont disparu un par un, le laissant derrière, seul. Toutes ces parts de lui-même dont on l’avait amputé. Il a peur de ne pas pouvoir l’aider… « Aide-moi. Je t’en supplie, aide-moi. » …et pourtant, c’est tout ce qu’il souhaite. Il resserre un peu plus son étreinte alors qu’il dépose ses lèvres sur le sommet de son crâne, la laissant poursuivre. L’homme s’étonne lui-même de son silence. « Je crois que je deviens folle. Ils sont là… Quelque part… Dans ma tête… » Un frisson remonte le long de son échine en songeant, d’emblée, à une influence démoniaque. Qu’une entité s’en soit prit à elle, lui faisait subir cauchemars et autres hallucinations. Combien avaient croulé sous ce poids-là, pour finir fous à lier - ou céder à un pacte à qui lui en aurait proposé un ? Piqué par une peur invisible et sans nom, il cherche à savoir en imaginant les cas les plus sordides. Ce n’est pas la solution.
Caly n’est pas un cas psychiatrique avéré. Caly… vivait quelque chose qui la dépassait et de loin.
Mais il était toujours là et ne la jugeait pas.
« Je veux t’aider Caly, je suis là… tu n’es pas folle, je le sais. » Les vibrations de sa voix et de ses pulsations cardiaques rapides atteignent facilement la trentenaire du fait de leur proximité. Pour ainsi dire, ils se partagent ça aussi. « Je peux tout entendre… crois-moi. » (Elle n’a pas encore idée de la portée de ces mots.) Quelques instants de silence alors qu’il se décolle un peu d’elle, cherchant simplement à trouver le chemin de ses yeux (les siens brillaient encore un peu).
Son visage est rouge, chaud et noyé sous ses perles lacrymales — il s’excuse alors brièvement et va chercher un paquet de mouchoir qu’il savait reposer non loin, après avoir fermé la baie vitrée. La pile électrique se rassit et reprit sa position initiale, lui essuyant le plus gros qui trônait sur ses joues. Il laissa le paquet reposer à côté de sa cuisse, entre eux. La main de l’irlandais alla rechercher celle de Calypso et souda ses prunelles aux siennes, attentionné. « Ce n’est pas que des cauchemars, c’est ça ? » Il tentait de partager sa chaleur corporelle avec elle, refermant sa main sur la sienne. (Est-ce que tu m’as aussi menti sur ça ? Ou est-ce que c’est une part de cette vérité ?) Avant d’ajouter, grattant les informations qu’elle lui avait cédées avec un sérieux qui pourrait défier les espérances de la jeune femme, « Tu ne sais pas qui ils sont… ni pourquoi ils veulent que tu les voies ? » Peut-être avaient-ils parlé ? Être là ne voulait pas forcément dire être bavard… c’est aussi pour ça que le renard avait tourné les choses de cette façon. Il tentait de ne pas la marteler, mais elle devrait bien comprendre que pour l’aider, il faudrait passer par le dialogue…


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And meet me on the battlefield, even on the darkest night I'll be your sword and shield, your camouflage; and you will be mine. We may be the first to fall ; everything can stay the same or we can change it all.

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Message Sujet: Re: [TERMINÉ] like an open book (calyran) Lun 27 Mar - 15:30



.Like a open book.

Ft Ciaran



Je ne sais pas depuis combien de temps je pleure contre cette épaule. Son épaule. Mon corps ne réagit plus vraiment aux ordres de mon cerveau. Je sais que j’ai froid, ou bien est-ce cette sensation de mélancolie qui me fait frissonner ? J’ai encore mal au crâne. Ce n’est pas la migraine comme je la connais, la douleur est plus amoindrie. Mais cela est suffisant pour m’empêcher de raisonner correctement. Ciaran m’a manqué. Tout chez lui m’a cruellement manqué. Son attention. Ses sourires. Sa gentillesse. Cette façon qu’il a de refaire le monde avec une frite et du ketchup… Cette pensée me fait sourire. Aussi maigre que mon estomac je dois dire. Je ne dis plus mots, le front collé à lui. Je déverse mon chagrin incompréhensible qui me secoue comme une feuille. Je ne sais pas pourquoi je ressens ce besoin d’extérioriser en mouillant son t-shirt. Ce n’est pas moi. Je ne suis pas comme ça, aussi faible et démonstrative. J’essaie de reprendre une respiration régulière entre deux sanglots. Je me bats pour. Ciaran ouvre la bouche. Il me parle et tente de me rassurer sur mon état mental. Je ne suis pas folle ? Pourtant j’ai la certitude d’y être. Plus mes nuits deviennent des journées, plus je m’affaiblie. Je ne dors quasiment plus. Il suffit de voir mes cernes sous mes yeux. Je camouffle la misère à coup de poudre et autres artifices. Mais pas aujourd’hui. Je suis complètement ‘nue’ devant lui. Et étrangement, je ne me sens pas humiliée. Ciaran a ce regard sur moi qui me conforte et me porte. Alors je m’y accroche comme je peux pour ne pas sombrer dans cette partie sombre qui m’habite. Mais combien de temps vais-je tenir ? C’est un S.O.S. que je lui balance à la figure depuis que je pleure contre lui. Il le percute.
J’ai envie de vomir…

« Je peux tout entendre… crois-moi. »
Alors pourquoi je n’arrive pas à te parler ? Pourquoi je me rebute à te confier le Mal qui me ronge. Ce même Mal qui peut nous séparer… Et je crois que cette crainte est plus forte que tout. S’il s’éloignait de moi à cause de ces visions ? De tout ce Monde qui semble grouiller autour de moi, comme une farandole de monstres…  Est-ce égoïste de vouloir le garder près de moi en lui cachant la vérité ? Une vérité que je peine à assimiler.  J’en soupire encore. Je crois que je ne pleure plus. Je le sens qu’il se décolle, laissant sa chaleur contre mon front. Je frissonne de plus belle en relevant mes yeux rougis sur son visage. Ma bouche se pince fortement, réveillant cette petite meurtrissure figée au milieu de ma lèvre inférieure, vestige de ma rencontre avec Michaël. Je ne grimace pas en desserrant les dents. Mon regard abimé suit la haute silhouette masculine qui déambule dans le salon. Il ferme la baie et prend mon paquet de mouchoirs… J’avais des kleenex ici ? Il connait mieux mon appartement que moi. J’hoquète doucement en malmenant mes doigts contre le haut de mes cuisses. J’ai cette envie de bouger aussi, mais mon corps boude encore mon cerveau. Je préfère ne rien dire pour le moment, parce que je me sens fébrile. Les larmes sont faciles… bien plus facile que je l’aurais imaginé. Je déglutis avec difficulté sans le quitter des yeux.  

Il entreprend de nettoyer mon visage. Là encore je ravale un sanglot. Mon cou se tend vers lui alors que mes yeux se ferment le temps qu’il s’applique. Je sens mon cœur se gonfler d’apaisement. C’est doux. Sa voix perce de nouveau ma bulle en me ramenant dans l’instant présent. Je cligne légèrement des paupières, plantant mes perles limpides dans les siennes. Sa main contre la mienne est un soulagement. Ma seconde ramène une mèche de mes cheveux derrière l’oreille. Je ne sais pas si je réponds de suite ou si quelques secondes se sont écoulées avant que je ne daigne ouvrir ce qui me sert de bouche. La sensation d’être déconnectée est déstabilisante. Je ne réfléchis pas au reste… parce qu’il vient de me surprendre. Son sérieux dans sa voix. Son regard attentionné… mais surtout ces propos qui grattent mon bouclier que je m’étais volontairement forgée. Il me parle comme s’il avait compris de quoi je souffrais. Pour le coup, je ne sais pas quoi penser. Ma bouche s’étire légèrement pour mieux se sceller. Est-il conscient que les visions existent ? J’en fronce mes sourcils tout en rompant le contact visuel. Mes yeux balayent nos mains jointent pour mieux se relever lentement sur lui. Je capte ce qu’il me renvoi et mon cœur se comprime douloureusement. Ma peur s’enroule autour de mes entrailles… Je sens qu’il est heure… Que je ne pourrais pas avoir d’autres meilleurs moments pour lui céder ces quelques mots, transformant mon salon en confessionnal. Je prends une profonde inspiration pour gonfler mes poumons. Du courage. Une bonne dose de courage… Mes doigts se serrent contre les siens. « Non. Ceux ne sont pas que des cauchemars. C’est plus bien plus que cela. » Commençais-je par avouer, non sans éprouver une trouille de le voir fuir. « C’est comme des visions Ciaran. Des visions qui s’invitent dans ma tête, de jour comme de nuit, m’épuisant à chaque fois qu’elles me contrôlent… Je lui tiens la main fortement, prête à le retenir s’il décidait de m’abandonner ici, sur ce fichu canapé. Alors je me gratte encore nerveusement le larynx, éclaboussant mon ami de ce poison qui m’empêche tout simplement de respirer. « Ils… ils ne me parlent pas. Je ne les vois pas physiquement… Il m’arrive d’apercevoir deux billes sombres qui me fixent. Ou bien une main qui s’agite vers moi pour saisir ma gorge. Je me suis déjà sentie suffoquée. C’est juste…. Je marque une pause tout en baissant les yeux. Mes frêles épaules s’abaissent également. Je sens le poids de son regard sur moi. Ne me juge pas.Ma bouche s’assèche. Ma langue passe doucement sur ma petite plaie. J’en fronce les sourcils. Il faut poursuivre. Je le sens. Mon bassin se tortille nerveusement. «Il s’agit d’un ressentit malsain. Je sens leur présence. Leur puissance. Je sais de quoi ils sont capables et ça me terrorise. Mais le plus inquiétant dans tout ceci, c’est que j’ignore tout de ces ‘ils’. Je les sais plusieurs… Je les sais dangereux. Oh Ciaran… Je ne sais pas quoi faire pour les arrêter d’entrer dans mon crâne. Je ne vis plus… Je crois que je suis prête à… à tout abandonner… » Des mots qui résonnent comme une alerte. J’ai honte. Je ne suis plus que l’Ombre de moi-même depuis mon accident. Ma coquille est fêlée… Et tout se propage lentement en moi jusqu’à menacer de se briser. Et lorsque cela arrivera, il sera déjà trop tard.

J’ai pensé à prendre rendez-vous avec Anath. Une solution médicalisée. Des calmants ? Sans doute mieux que de tomber plus bas... J'ai fais la promesse de ne plus y toucher... Mes veines s’en souviennent encore… Arrête !

Je sens que je vais pleurer de nouveau. Je m’y refuse. J’attrape rapidement le paquet de mouchoirs de ma main libre, comme pour parer à l’attaque des larmes mais rien ne vient. J’inspire profondément une seconde fois. « Tu m’as arraché à l’une d’entre elles. Quand tu as frappé à ma porte. Et je te remercie. » Mes lèvres lui offrent un semblant de sourire, bien vite écourté. « Tu vois que je suis complètement cinglée. Ma vie est un immense chaos, et je n’ai pas envie d’entrainer qui que ce soit dans ma descente aux enfers. Toi le premier Ciaran. » Je n’ai pas envie qu’il me voit sombrer, comme j’ai envie de le retenir si fort. Je relâche les mouchoirs (le paquet s’écrase lamentablement sur le sol) et je pose doucement la pulpe de quelques doigts contre cette joue piquée de barbe. Je la caresse doucement, insistant sur le galbe jusqu’à son oreille. Ma tête s’incline sur un côté. J’ose avancer vers lui. L’infime distance est bien vite avalée par mon mouvement dans sa direction. J’approche ma bouche de son visage sans cesser de le regarder, jusqu’à déposer une bise humide sur le coin de ses lèvres. (Je ne me suis pas rendue compte qu’une larme s’échappait de mon regard mouillé) Douce empreinte que je lui laisse avant de reculer à ma place initiale, laissant ma main chuter contre ma cuisse. J’en baisse la tête. J’ai déjà trop parlé…


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Message Sujet: Re: [TERMINÉ] like an open book (calyran) Mar 28 Mar - 13:20



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Ciaran tentait vainement de se rassurer par des explications rationnelles. Malgré le fait qu’il fasse partie du monde surnaturel, il avait toujours préféré rester au maximum terre à terre dans sa façon de raisonner. (Il ne pouvait pas contrôler son esprit ni les pensées qui y foisonnaient en permanence.) Du moins c’était la première phase… celle qui précédait le plan purement métaphysique, si ce n’est plus encore. À trop vouloir s’insérer dans la faune humaine, il avait dû faire certaines concessions - mais pas définitives pour autant. De ce fait il est évident qu’il avait été plus confronté à des problèmes « humainement résolubles », même s’il avait vu passer des cas plus louches aux urgences. En plus d’un siècle d’existence, il n’aurait pas pu en être autrement.
Il la laisse prendre son temps. L’attente est d’autant plus difficile qu’il lui semble sentir les tumultes qui la secouent sur son plan intérieur. L’irlandais était beaucoup trop sensible à ces choses-là. Dieu seul sait comment il réussissait à mettre de la distance entre les patients et lui-même lorsqu’il était dans son service. L’homme aux boucles charbon était en train de se mordiller l’intérieur de la lèvre inférieure lorsque Calypso parvint à expulser une première information. Pas que des cauchemars. Donc elle lui avait menti, mais ce n’était pas tant ça qui semblait le préoccuper pour l’instant. Il relâche une expiration un peu plus longue, quoique discrète. Les yeux du renard vont et viennent entre son visage et leur mains jointes. Main qu’elle serre un peu plus fort après avoir mentionné le terme vision. Bien sûr que ça existait. Certains humains possédaient ce type de facultés, on les appelait des psychiques. Il le sait parce qu’Elizabeth le lui avait dit un jour, c’est avec sa voix qu’il avait retranscrit ces pensées.

L’homme ne bouge pas pour autant, son esprit s’égare plusieurs fois en revenant finalement à la source — Calypso. Ce qui lui paraissait plus inquiétant était la récurrence de ces visions. Le fait qu’elle ne mentionne que ces « ils », ces puissants « ils » qui avaient le don de l’effrayer. Peut-être devrait-il demander des renseignements à Aar- … ou plutôt, à Elizabeth. (Il baisse un peu le nez à cette pensée. Il n’arriverait certainement jamais à l’avoir auprès de lui comme espéré.) Aucune information possible car elle ne les voit pas, sent uniquement leur présence. Trop difficile à identifier. Si seulement elle pouvait lui dire combien ils étaient… si seulement…

Si seulement il pouvait l’aider.

L’anxiété monte un peu plus chez lui alors que ses yeux se voilent à nouveau. Ne pas perdre pied, pas maintenant. Il n’était pas en position pour flancher. En déglutissant, il ravale également ces pensées qui le ramènent à une certaine forme d’impuissance. Une impuissance qui ne lui était pas méconnue; d’où son impact. Il resserre à son tour sa main sur la sienne et laisse vriller son regard vers le sien. « Plusieurs… tu ne sais pas dire combien ils sont ? » Une information qui pourrait changer tout. Vraiment tout. Alors qu’elle glisse des mots qui transpiraient l’abandon, il s’approcha à nouveau en secouant un peu la tête et la serra contre lui, « N’abandonne pas, s’il te plaît… » Combien de fois avait-il pensé à ça ? Combien de fois s’était-il finalement relevé ? Mais… si le destin de Calypso était tout à fait différent ? Que pourrait-il faire pour palier à ça ? « N’abandonne pas, j’ai pas envie que tu les laisses gagner… », ajouta t-il d’une voix un peu chevrotante alors que sa main valide caressait les cheveux de la jeune femme. L’étreinte ne dure pas très longtemps, il se décale un peu alors qu’elle attrape à nouveau le paquet de mouchoirs. Pendant son geste, il avait penché un peu la tête et cherché ses yeux. « T’as pas envie de les laisser gagner, hein ? » Elle pouvait se battre. Elle pouvait, il fallait seulement qu’elle décide de le faire. Et si ce n’était pas la lumière qui était au bout du tunnel, peu importe : ce n’était pas une raison pour abandonner le peu qu’elle pouvait encore effleurer.

Ce qu’il devinait alors s’était fixé suite aux propos de l’enseignante : elle avait mit du temps à ouvrir la porte à cause d’une vision. Lui demander ce qu’elle a vu cette fois-ci ? Ça ne sert à rien de la replonger dans de tels souvenirs, surtout pour satisfaire sa curiosité personnelle. Il savait que les informations qu’elle lui avait léguées ne seraient pas plus étoffées s’il lui demandait un feedback complet sur la vision d’aujourd’hui. Alors non… il scella ses lèvres sur le sujet, se contentant de caresser le dos de la main de Caly avec son pouce. Néanmoins, la suite le froissa un peu. Il réagit aussitôt, murmurant non moins sans anxiété dans la voix, « Ne parle pas d’Enfer… » L’irlandais balaie d’un geste de la tête ses propos, tout comme cette idée qui s’imposait méchamment dans son esprit. Démon. Démon. Il en a déjà croisé un par le passé et c’est de loin un des souvenirs les plus terrifiants qu’il n’ait jamais eu. « Tu n’es pas cinglée, pas plus que moi ou… d’autres. Enfin, certains. » (Il avait un peu bafouillé la fin de sa phrase.) Ses yeux s’étaient échoués sur leur mains. « Tu es lucide… c'est juste que… ça te dépasse. » Le temps de redresser le nez qu’il eut un léger mouvement de surprise à la savoir se rapprocher. Confiance, lui avait soufflé son for intérieur alors qu’il fronçait un peu les sourcils, un peu déstabilisé. C’est en enterrant sa méfiance naturelle qu’il se laissa embrasser au coin des lèvres. Il ne comprit pas tout à fait le geste. Était-ce un merci ? Était-ce les prémices d’un au revoir ? Ciaran voulait savoir. Il voulait savoir pour profiter davantage de cette attention. « Il veut dire quoi celui-ci ? » avait-il alors demandé d’une voix basse et pimentée par l’emploi du gaélique. L’instant d’après, il tire le bras pour récupérer le paquet qui était tombé par terre un peu plus tôt, le laisse à nouveau reposer sur le canapé.

Il n’omit pas le fait que Calypso déglutissait difficilement, chose qui n’allait pas en s’arrangeant. « Bouge pas j’arrive, » glissa t-il avant de filer vers la cuisine. Guidé par l’odeur des scones, il trouva immédiatement l’endroit où ils avaient été rangés. Il sortit de l’eau et en remplit un verre ; mettant le reste à chauffer dans une bouilloire. (Il préférait le faire à l’ancienne, dans une théière, mais ce n’était pas vraiment le moment.) Ses mouvements étaient succincts et dirigés, sa vivacité d’esprit mêlée à sa dextérité naturelle lui permettant d’économiser du temps. (Pendant qu’il avait préparé, une petite larme s’était échappée - et il l’avait balayée aussitôt d’un revers de la main.) Il avait sorti le nécessaire mais était déjà revenu, le verre d’eau et les scones sur un petit plateau, qu’il glissa sur la table basse. Au passage, il prit l’ouvrage qui lui appartenait pour le mettre ailleurs, là où une maladresse n’irait pas l’abîmer — il pensait trop, en permanence, mais tenait surtout à ce petit trésor. Un sourire léger illumina ses traits. « Tu peux le garder plus longtemps si tu as envie, » se contenta t-il de dire alors que ses perles s’aimantaient aux siennes. « Je pense que tu ne l’as pas fini. », pensa t-il tout haut.

Non, il ne lui avait pas demandé son avis concernant le thé. Mais ça allait la remonter et la réchauffer… et elle aurait tout le temps pour le déguster, comme il aurait tout son temps pour l’assister. À noter qu’il n’avait pas prévu de tasse pour lui dans la cuisine. Un oubli, semble t-il… il lui tendit son verre d’eau. C’est volontairement qu’il en avait prit un petit et remplit à moitié - ainsi il ne serait pas très difficile à manipuler. « Tu as besoin d’aide ? », lui demande t-il alors que la réponse s’impose d’elle-même — il lâche alors précautionneusement le verre. Verre qu’elle parvient à descendre tranquillement. Il récupéra ce dernier et le reposa sur la table basse.
Mais l’eau est déjà chaude et il doit faire demi-tour — une chance qu’il ne lui faille que quelques enjambées pour y arriver. Il prépara le tout pour laisser infuser et revint, calant ce « reste » sur le plateau qui était déjà là.

En se réinstallant à ses côtés, il s’éclaircit la gorge, fuyant alors le contact visuel. « Tu… », commence t-il alors qu’il cherchait à dire quelque chose. « Tu en as parlé à quelqu’un d’autre ? » Était-ce si important ? Peut-être bien que oui… sait-on jamais, le danger pourrait peut-être s’insinuer par ce biais-là. En guise de soutien, l’irlandais appuya d’un regard, inspirant difficilement. Il avait l’air… vraiment préoccupé. Mais un sourire s’était accroché à ses lèvres malgré tout. Un sourire bon et qui lui était dédié — il chercha à nouveau sa main et l’emprisonna dans la sienne.


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Message Sujet: Re: [TERMINÉ] like an open book (calyran) Mar 28 Mar - 15:17



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Ft Ciaran


Il est des heures où les confidences se monacales. Dissolues parmi des mots noyés de nos pensées et pourtant, j’aimerais tellement te les cacher. Et je n’y arrive plus. Je te regarde et me dis, que tu n’aurais pas dû franchir cette porte…
La faute à qui ?
Il est bien trop tard pour reculer… Que pouvons-nous faire de plus, mis à part avancer ?


Ciaran me semble anxieux. Il me contamine. A présent je le suis pour lui. Je ne voulais pas le rendre triste ou lui faire ressentir la moindre parcelle de Mal qui circule dans mes veines. Pourtant je dois admettre que je m’y prends comme un pied. Nos mains jointes atténuent mes tourments. Mes yeux sont taris de toutes larmes, pour le moment. J’ai réussi à les taire en me noyant dans ceux de l’Irlandais. Sa question me donne matière à réfléchir… Je ne sais pas en réalité. Je chine dans les recoins de mes souvenirs des indices qui pourraient me mettre sur la voie. Je ressens surtout des émotions. Et entrevois des silhouettes. Ma bouche expire un soupire, laissant mes épaules s’affaisser d’avantage. J’en fronce les sourcils. « Quatre. » Que je confie sans me rendre compte de l’importance de cette révélation. Je ne saurais lui mentir d’avantage. C’est quelque chose que je sais. Que j’ai toujours su. Le fait de les refouler m’empêchait de les visualiser. Ne me demandez pas comment ils sont physiquement, je ne saurais répondre. Mon regard se baisse un instant sur nos mains alors que mon esprit vagabonde encore dans les résidus de ces visions. C’est un combat de fouiner dans ces souvenirs. Parce que je veux simplement oublier. C’est alors que sa voix chevrotante m’arrache à mon égarement, me ramenant brusquement face à lui. Mes prunelles le sondent en silence. Je le sens fragile à cet instant et cette déchirure m’infecte jusqu’à raviver ces fichues larmes. Mes cils sont soudainement mouillés. Et je lutte pour ne pas me jeter dans ces bras. Il me demande de ne pas abandonner. Et pourquoi pas ? A qui manquerais-je ? Je n’ai plus de famille proche. Mon amie d’enfance est morte. Je n’ai pas d’homme qui partage intimement ma vie. Et mes amis… je n’ai pas envie de devenir une épave, leur fardeau. Il suffit de plonger dans le regard de l’Irlandais pour le comprendre. (De mon point de vue)

Mon espoir s’étouffe en une lente agonie. Il est tellement facile de se laisser glisser dans le néant. Debout au bord du précipice, je vacille. Mais sa voix cogne dans ma tête. L’oxygène pénètre mes poumons, j’en ressens presque une brûlure. Des mots qui me percutent comme une évidence : je ne dois pas baisser les bras. Alors je recule de cet abysse en me cramponnant à sa main. Il m’aurait mis une claque, l’effet aurait été identique. « …Non je n’ai pas envie de les laisser gagner. » ai-je répondu d’une voix molle. Il avait raison sur ce point. Je n’avais pas le droit d’abandonner. L’Enfer m’attendra encore un peu. L’espoir me pique un peu et me redonne cet élan chevaleresque… jusqu’à la prochaine. n’y pense pas…Ciaran trouve les mots justes. Je l’observe en me murant une nouvelle fois dans mon silence jusqu’à lui embrasser le coin des lèvres. Je n’attendais pas de réaction particulière. J’avais besoin de le faire. Je fixe nos mains sans les voir. Mon esprit est déjà reparti dans les méandres de mon subconscient jusqu’à entendre des mots en Gaélique me caresser doucement. Cette langue… Nos racines me raniment. Je relève lentement mon regard clair sur ce visage. Je ne peux m’empêcher de lui adresser un sourire serré. « Prends-le comme un merci… merci d’être là pour moi… Je t’en demande beaucoup, et j’en suis tellement désolée. » Un je ne sais quoi qui me guide vers cette confession. Il mérite mieux qu’une amie complètement perdue, à la limite du saut de l’Ange. Surtout que de son côté, les soucis s’entassent aussi. Et je n’ai pas eu le temps de lui demander si tout allait bien pour lui. Et cela me désole.

Il bouge de nouveau.

Mes paupières se clignent nerveusement mais je ne le quitte pas des yeux. Il vadrouille dans ma cuisine, très à l’aise. (Je remarque qu'il ne semble plus souffrir de sa blessure. Une pensée qui stagne dans un coin de ma tête) Je suis étonnée de le voir prendre ces marques aussi vite. Jusqu’à connaitre l’emplacement des petites cuillères. Je ne m’en formalise pas. Je suis même contente de voir que quelqu’un d’autre que moi, utilise mon appartement, mes affaires. J’ai la sensation de ne pas être seule, et cela me soulage. Il s’essuie la joue, de quoi faire froncer mes sourcils. L’inquiétude me guette, je la sens circuler dans mes veines. Là d’où je suis, je ne puis confirmer s’il s’agissait d’une poussière ou d’une larme… Mon cœur se comprime de plus belle. Il revient armé d’un plateau garni. Je me tortille un peu, ne sachant comment me mettre. La pression que je ressentais au niveau du thorax semble s’évanouir. Tout comme ce nœud que je gardais dans la gorge. Je le suis des yeux et attrape faiblement le verre d’eau. Je bredouille un merci tout en le portant contre ma lèvre inférieure. Je clos à demi mes paupières et avale le contenu lentement. La fraicheur du liquide se propage dans mon œsophage, humidifiant tout mon corps qui filait droit vers une déshydratation. Mes yeux se relève sur lui tout en relâchant le verre que je tenais mollement dans ma main. J’ose un sourire fatigué bien que sincère. Et il s’enfuit de nouveau vers la cuisine pour ramener une tasse de thé. Concernant son livre, je ne pris pas la peine de lui répondre. Je le remerciais quand j’irais mieux…

Alors qu’il reprend sa place à mes côtés, mon regard vague vers le thé fumant. Je ne sais pas si j’en ai envie. Tout comme les scones qui reposent sur le plateau. Mon estomac hurle qu’il a faim. La nausée tonne le contraire. Mon corps est tout aussi troublé que ma tête. Ciaran m’attrape une seconde fois, de par sa voix et son contact. Sa question me carambole de plein fouet, et me prend au dépourvu.  « Je… Enfin… » Ma main dans la sienne devient légèrement plus moite. Je ne sais pas pourquoi je réagis de cette manière. Je baisse les yeux un instant. Quelques secondes à vrai dire car je retrouve rapidement le chemin de son regard noisette.  « A Matthew. Enfin, Monsieur Graham. C’est un ami de longue date dans lequel j’ai entièrement confiance. » Avouai-je non sans rougir bêtement. Matthew était l’un des rares à qui je confierais ma vie les yeux fermés. Pourquoi cette confidence me gêne-t-elle ?  « Je lui simplement dit pour les visions, sans entrer dans les détails. A personne d’autre que toi et lui. » Je me pince doucement les lèvres sans baisser les yeux. Je détecte sa préoccupation et je ne sais comment l’apaiser.  « Tout s’arrangera Ciaran. Il le faut. » Je ressers mes doigts sur sa main, parce que je veux y croire. Mes épaules se redressent à leur tour. J’essuie mes yeux d’un revers de main. Dans tout ce bouillon d’inconnu, je perçois enfin une petite lueur d’espoir autour de Ciaran. Il est temps que je me reprenne… J’ai trop pleuré et j’ai horreur de ça. J’en souris doucement avant de briser cette bulle de silence. Quelque chose s’animait en moi… Ciaran ne semblait pas fermé à ce genre de chose irrationnelle. J’en profite de cette brèche pour m’immiscer. Mon regard se fait plus intense et profond.  « Alors tu me crois ? Tu… tu as une idée ? Tu sais qui ‘ils’ sont ?... » Je marche sur des œufs pour le coup alors que les mots franchissent mes lèvres sans que je ne les contrôle…  « Des démons ? » Un espoir hein…  « Je t’en prie Ciaran, si tu sais quelque chose à leur sujet, dis le moi… »




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Message Sujet: Re: [TERMINÉ] like an open book (calyran) Mar 28 Mar - 16:30



❝like an open book❞
calyran
« Quatre. » Et cela sonnait comme le glas de toute une espèce, et plus encore. Cette révélation - ou plutôt ce que ceci anima chez lui - fut réprimé le plus vite possible. Enterré. Oui, ça la dépasse. Ça le dépasse aussi lorsqu’il croit comprendre, complètement à vrai dire. Il n’a pas de rôle à jouer dans tout ça, mais elle si. La seule chose qu’il pouvait encore faire, c’était prendre soin d’elle. Aller dans les pattes d’Elizabeth ou de son fils et sorcier, Aaron, pour pouvoir trouver aide, ou à défaut, réconfort. Et s’ils lui conseillaient de la laisser, de s’en éloigner ? Non, certainement pas. Si tel était leur avis, il n’en aurait que faire. Parce que Ciaran n’abandonnerait jamais Calypso.
Et c’est un certain soulagement qui s’empare de lui lorsqu’il sent une flammèche d’espoir chez elle. Il pense l’avoir entraperçue au moment où elle lui avait assuré - quoique mollement - qu’elle n’avait pas envie de les laisser gagner.
Qui voudrait donc laisser gagner ces entités ? Si ce n’est… le Diable lui-même ?
Les temps changent, la roue tourne. Le renard ignore ce qu’il se passe réellement mais il a déjà entendu suffisamment d’histoires - notamment ces dernières années - pour ne plus y croire. Ses oreilles trainent depuis bien longtemps. Il sait aussi que le Livre des Damnés a été dérobé. Le danger plane et même s’il tente de fermer les yeux là-dessus, il finira par le rattraper. Oui : il le sent s’enrouler autour de sa cheville, là, alors qu’il chasse son angoisse au loin à la seule force de sa volonté.

(Elle est tenace.)

Alors c’est un merci. Un merci et des excuses.
Ça semble passer moyennement chez lui, qui avait rétorqué avant de s’en aller dans la cuisine : « Tu me demandes rien du tout. Je te donne tout ce que j’ai et je le fais parce que je le veux. Je veux t’aider. »

Et avec sa volonté, il pouvait aller loin. Très loin, jusqu’à repousser ses propres limites. S’il devait aider quelqu’un, ses forces étaient décuplées.
La seule tasse fumante où infuse son thé est sur le plateau et y restera certainement encore quelques minutes. Il avait joint sa main à la sienne et accroché son regard. L’anxiété la gagne un peu lorsque la question fuse. Avait-il touché un point sensible ? Ciaran se demandait si des personnes mal intentionnées étaient déjà venues la trouver. À cause de « ça ». Cette simple idée le hérisse… voire, le terrorise. Calypso mentionne cependant le nom d’une personne qu’il avait déjà eu l’occasion de croiser. En bon fouineur - ou ami attentionné, cela dépend du point de vue - il avait su qu’ils étaient amis et se côtoyaient. Mais ça n’avait pas été plus loin… pas plus loin de ce que le dénommé Matthew avait pu lui dire pendant la soirée de St Patrick, là où il lui avait justement parlé (…pour la première fois).
Calypso est encore en train de parler qu’un autre détail le frappe : le sang qui reste encore sur sa peau. La main qui n’est pas contre la sienne va chercher le paquet de mouchoir — dont il extirpe un de ces morceaux de papiers emprisonnés, toujours d’une seule main. Il leva brièvement les yeux vers elle, remarquant sans grande surprise les couleurs que prenaient ses joues. Son sourire se raffermit, attendrit ; même si l’éclat de son regard était toujours quelque peu… voilé. « Personne d’autre, alors… », souffla t-il. (Non, il n’était pas déçu. En rien.) Cela sonnait comme une énième vérification, à vrai dire. Quelque chose qui lui montrerait qu’elle ne lui mentait pas… qu’elle ne lui mentait plus.

L’irlandais se leva à nouveau, le fameux mouchoir en main. « Tu sais, j’ai bien vu comment tu le regardes. » Et pour avoir été amoureux, il savait reconnaître celui ou celle qui l’était, ou commençait à l’être. Sa remarque la mettrait certainement mal à l’aise, mais Ciaran n’en pouvait plus de se bouffer la langue. L’homme était allé humidifier le mouchoir au robinet. Il était déjà de retour et avait bien vu la façon dont elle le toisait. « Fais pas cette tête, Caly. T’as le droit d’avoir le béguin… de toute façon il est bel homme et il t’apprécie. Et c'est pas lui qui allait dire le contraire, soyez-en sûrs. Il suffirait que je vous pousse dans une fontaine et… hop, le tour est joué. » L’homme s’était rassit à ses côtés et avait frotté doucement sous l’une de ses narines, encore maculée de pourpre. La situation idéale pour qu’elle ne puisse pas en placer une, mais le reste parlait pour elle. L’irlandais avait aussitôt ajouté. « Quoi ? Tu préfères que je vous offre à chacun un dalmatien ? » Remarque, c’était plutôt coûteux et chronophage en terme de mise en scène… et l’élaboration du scénario, n’en parlons pas.
Le nettoyage compulsif avait été vite bouclé, pour ainsi dire. Il rebondit enfin sur cette brèche qu’elle tentait vainement d’exploiter… et qui le mettait en danger lui aussi. L’énonce du terme « démons » lui avait valut une nouvelle moue crispée, comme s’il tentait de balayer une vision effroyable en face de son nez. Il n’avait rien dit à ce moment là, juste baissé les yeux. Seulement…
« Je pense que Matthew — enfin, M. Graham — saura plus t’aider que moi… il… » Comment savait-il tout ça ? Disons que… il le savait, c’est tout ? Il était professeur d’Histoire, oui ou non ? Il devait bien s’intéresser à d’autres sujets, n’est-ce pas ? Était-il son ami ? Était-il au courant pour ses visions ? Il semblait être largement plus qualifié que lui, à tout point de vue. « Disons qu’il doit avoir plus de ressources. » Sans en dire plus. Ciaran ne se considérait pas comme un érudit ou comme quelqu’un de capable. Et il ne préférait pas émettre des hypothèses - auxquelles il s’était déjà accrochées - à en effrayer Calypso. Ça aussi ça ne servait à rien. Et si son destin était tout tracé… quelqu’un allait bien la guider, non ? Et là aussi, il n’était pas le plus qualifié pour le faire… et Matthew non plus, certainement. « Désolé. Je ne suis pas d’une grande aide. » (L’avouer ouvertement lui fait d’autant plus mal.) Ses épaules s’affaissèrent un peu. Néanmoins, son sourire éclaircit un peu son visage alors qu’il se décide enfin à retrouver le chemin de ses prunelles. « Et je te crois. » C’était peu de le dire. L’aurait-elle cru s’il lui avouait de but en blanc qu’il était centenaire, qu’il n’était pas tout à fait humain et que sa mère cancéreuse était en réalité sa fille, son bijou ?
Non, bien sûr que non. Et il ne lui en aurait pas voulu pour ça… l’irlandais tâta la tasse, qui était encore bouillante, et y laissa se noyer un carré de sucre. (Il savait ça aussi.) « Tu n’as pas mal à la tête, ça va ? », demanda t-il à tout hasard, « Je reste avec toi le temps qu’il faudra, de toute façon. », la rassure t-il, l’évidence teintant ses mots.


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Message Sujet: Re: [TERMINÉ] like an open book (calyran) Mar 18 Avr - 11:01



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Ft Ciaran


« Personne d'autre, alors... »
Qu'il me demande en essayant de retirer le sang sécher sous ma narine. Je le fixe alors de mes yeux ronds en tirant sur la lèvre supérieure vers le bas, comme je peux, afin de lui laisser assez de place pour que son doigt termine son nettoyage. Je ne dis pas à un mot en secouant doucement mon crâne de gauche à droite pour acquiescer une énième fois. Non, je ne suis pas de celle qui s'ouvre facilement à Pierre Paul Jacques. Je ne sais pas à qui me confier dans ce genre de cas... Il ne s'agit pas d'un coup de cœur, d'une rupture ou autre raison lambda qui me bousille mes nuits. C'est bien plus profond et délicat pour confier ce genre de secret à n'importe qui... Ciaran est mon ami et je sais qu'il me regarde sans jugement.

Il se lève de nouveau.

J'avais oublié à quel point il ne tient pas en place. Une petite boule de nerfs ! Je l'observe faire, enfoncée dans mon canapé. Mes mains se croisent de nouveau sur le haut de mes cuisses. J'ai un léger mal de tête. La nausée n'a pas décampé de mon estomac. Je ne mangerai pas aujourd'hui. Peut-être ce soir. L'eau a calmé mes crampes pour quelques temps. Enfin je crois. Ma main se tend vers la tasse fumante, tout comme mon regard glisse vers mon mouvement lorsqu'il pose sa bombe. Là. Comme ça, tranchant l'air et le silence. Je me sens étrange en relevant mes billes claires sur sa bouille. Je fais semblant de ne pas comprendre alors qu'en réalité, tout mon corps est en alerte. Mon cerveau clignote. De nouveau, je me tortille nerveusement. « De... Enfin... Quoi ?» Et mince, je bredouille bêtement en fuyant son regard tout en tirant sur les pans de son gilet que je ramène contre ma poitrine. Il revient, de quoi attirer de nouveau mon attention toujours coi. Je ne sais pas comment il le sait... Si tout se voit comme le nez au milieu de la figure mais j'ai cette sensation d'être démasquée ! Oui, je me sens gênée. Je garde tout précieusement en moi, dans un coffre où personne n'a la clé. Et là, Ciaran débarque avec ces gros sabots et fais sauter ma serrure en quelques mots. Je suis complètement déstabilisée. Le pire est qu'il poursuit ! Je ne peux en placer une qu'il recommence à frotter doucement sous ma narine. J'ai bien compris son subterfuge pour que je me taise. Je le toise, les sourcils haussés alors qu'il me parle de Dalmatiens... Il m'en fais sourire. J'ai les joues cramoisies.

Il a terminé son nettoyage compulsif. Je passe doucement la pulpe de mon pouce sous mes narines pour enlever l'humidité. Je n'ai pas rebondis sur Matthew... Je ne vois pas quoi rajouter de plus. Il a comprit. Fin de la discussion. Seulement il prononce son nom, de quoi raviver cette petite flammèche en moi. Mais pas pour parler guimauve... Il avance de nouveau la théorie des Démons. Du moins, je le traduis comme ça. Mon regard se fronce lorsqu'il me fait comprendre que Matthew saurait plus m'éclairer que lui... Pourquoi ? Sur le coup, je ne comprend pas. Il est professeur d'Histoire... et non un Démonologue... Je baisse les yeux en inclinant légèrement ma tête sur le côté. J'emmagasine les informations... Il continue de me dire qu'il n'ai pas d'une grande aide. Pourtant c'est lui qui se tient à mes côtés en me montrant qu'il me croit. C'est déjà énorme... Cependant, je ne cesse de réfléchir à ce qu'il vient de me confier. Matthew... Démon... Il y a autre chose... Je brasse mes souvenirs jusqu'à revoir la documentation sur les Anges. Celle que mon Ami m'avait demandé de traduire. Une coïncidence ? Et comment Ciaran sait-il tout ça ? Me cache-t-il quelque chose que j'ignore ? Je ne sais pas s'il y a un lien. Je ne sais pas. Mais cette pensée sonne le glas de l'espoir. Il faut que je le revois. Et rapidement. J'élabore déjà un plan, l'index campé sur mon menton.

Et Ciaran me sort de ma rêverie. « Tu n’as pas mal à la tête, ça va ? » Je ne saurais lui mentir d'avantage. Je relève mes perles limpides sur sa bouille. J'esquisse un sourire. Tendre et vrai. « C'est léger. J'ai connu pire. Un peu de repos et ça passera... Ne t'en fait pas. Je suis solide malgré tout. » Des mots pour le rassurer, bien que vrai. Mon mal de tête n'est pas aussi douloureux que les précédents. Il faudrait que je trouve le moyen de manger mais l'envie m'a déserté. Pour le moment, je laisse le silence s'installer volontairement. Je le fixe intensément. J'ai cette vague qui m’envahis de plus belle. Un élan. Ou pulsion. Mais j'ai ce besoin de me jeter contre lui pour le serrer contre moi. Une douce étreinte que je savoure les yeux fermés, mon menton à son épaule. Mes mains contre  ses omoplates. « Ciaran... Merci. Merci d'être là pour moi. » Je retiens un sanglot dans le fond de ma gorge. Je le presse contre moi encore quelques secondes jusqu'à le relâcher lentement tout en me reculant. Une bise est volée sur sa joue avant de me détacher complètement de lui. J'ai les mains qui glissent sur les siennes pour les prendre en douceur alors que mon regard mouillé s'accroche au sien. « Et toi ? Comment tu te sens ? Je n'ai pas eu l'occasion de venir te voir plus tôt... Et j'en suis navrée. » Que je confie sans le lâcher des yeux. Nous n'avons pas eu l'occasion de se poser depuis des lustres et discuter. Et cela me manque. J'en profite pour rebondir sur lui et laisser les soucis derrière moi. Puis... j'ai cette question qui me dévore la langue depuis quelques jours... Je ne sais pas si le moment est propices mais je le saisi non sans hésitation. « Tu as l'air d'aller mieux. Je parle de... de ta blessure... » Que j'avance comme si je marchais sur des œufs. Je me souviens de cet accident avec ce renard. Et de lui, souffrant du même côté... Une chute, hein... Je ne sais pas si la coïncidence est notable. Bien que cela me semble impensable, lui et ce renard. Tout comme cette distance qu'il avait prit vis à vis de moi. Je veux savoir.. Je pense mériter des explications... N'était-ce pas lui qui avait le mensonge en horreur ? Je ressers un peu plus mes doigts sur ses mains tout en glissant le postérieur vers lui, réduisant notre proximité au maximum. Je baisse légèrement le menton sans rompre le contact visuel. Et je me glisse dans cette brèche. « Si tu as quelque chose à me dire... c'est maintenant... »

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