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 I'll be here for you || ft. Ciaran

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Message Sujet: I'll be here for you || ft. Ciaran Mar 21 Mar - 21:25

en cours

sujet privé ; ft. Ciaran O'Flaherty

type ❖ flashback

date ❖ 25 Février 2016

informations spatio-temporelles ❖ journée, milieu d'après midi. L'action se passe dnas la boutique d'Eli, un rayon de lumière vient nimber la librairie par la grande baie vitrée.

intervention du MJ ❖ non merci

Autre ❖ Baby puppy cute    :17:

© HELLOPAINFUL; revisité par SHADOW





I'll be here for you
(Captain Fantastic [BO]) ▽ She's got a smile that it seems to me Reminds me of childhood memories Where everything Was as fresh as the bright blue sky
Le cœur bat, frénétique, acharné, furieux. Ces envies sporadiques sont de retour en son sein alors que le silence embrasse chaque couverture de livres, troublant le calme régnant en maître dans ses lieux, crispant ses muscles et la rendant nerveuse. Le regard perdu dans ses souvenirs, elle contemple le ballet des poussières amoureuses, se demandant où sa vie à pu passer tout se temps. Est-elle encore ici ? Elle ne croit pas. Il est des jours comme celui là où, soleil brillant comme pluie battante, la nostalgie des jours heureux émousse le présent, l’emportant dans un violent tourbillon. La voilà de nouveau à naviguer entre deux mondes, artiste funambule tremblante, posant un pied devant l’autre sur le tempo d’une valse en trois temps. La lumière de l’astre solaire, rare en ces temps, s’empare de la pièce, la parant de dorure, éblouissant son regard tendre et, soudain, la Louisiane lui manque. Les bouteilles de verre colorées, les rires, les chants les danses, chaque senteur et fibre de son époque apparaissent comme un mirage, et un sourire triste étire ses lèvres rosées. Tout cela lui semble si loin, plus loin encore que les rudes hivers russes, plus loin que les tendres mots d’amour qu’elle ne pourra jamais oublier. Elle aimerait remonter le temps, pour quelques secondes, pour quelques heures – juste pour contempler, juste pour voir. Elle aimerait revoir les visages, entendre le vent hurler comme si rien de tout cela ne s’était produit. Comme si, en son fort intérieur, cela était possible.
Elle ferme les yeux, mettant fin au songe éveillé, avant de se redresser de toute sa petite taille, chassant de sa main fine une mouche imaginaire. Comme la veille, personne n’est encore venu – fait rare prédit – mais elle attend encore, droite, fière, assise derrière son comptoir de bois en acajou vernis. Quelque chose a changé dans l’air, elle le sait, le sent. Si les prémonitions ne sont pas son fort, les cartes ont parlé pour elle dernièrement et c’est ainsi qu’elle attend l’importun – sourcil arqué, se triturant le cerveau en tentant de se remémorer les détails. Le chagrin et la perte étaient les termes récurrents. Quoi d’autre ? La couleur verte. Allons Elizabeth, s’invective-t-elle en pensées. Creuse encore. Plus profond. Plus loin. La découverte aussi et la rencontre. Qui que soit cette mystérieuse personne, sa vie était à un tournant.
Tournant la tête, elle regarde l’heure, puis fronce le nez. Peut-elle risquer de s’absenter pour se servir un thé bien chaud ? Ma foi. Ce n’est pas comme si il y allait avoir foule dans la seconde. Soupirant, marmonnant en gaëlique à propos du manque cruel de ponctualité, elle s’en va trottiner jusque dans l’arrière salle qui contient diverses herbes aromatiques, un petit plan de travail, quelques fioles et une bouilloire ainsi que plusieurs étagères d’où fourmille un véritable bric à brac. Cela n’est qu’un stratagème supplémentaire pour tromper les voleurs et autres personnes cupides à vrai dire, puisqu’il ne s’agit là que d’un dixième de son matériel. Le reste, elle le cache au sous sol. Qui pourrait croire qu’un jardin s’y trouve ainsi que ce qu’elle nomme « son laboratoire d’expertise » ? Sans compter sur ses grimoires, ses formules, ses potions et divers grigris. Elle ne pense pas avoir besoin de tout ceci aujourd’hui cependant. Rares sont ceux à avoir l’adresse de la boutique ésotérique, plus nombreux sont ceux pensant avoir à faire avec une simple librairie, de petite taille qui plus est – trois pièces pour ceux qui ne savent pas voir. Un nouveau sourire étire ses traits lorsqu’elle entend la clochette tinter depuis sa cachette – la patience enfin récompensée, avec à peine trois minutes dix de retard. Elle ne s’attend pourtant à ce qui va suivre. Ni au fait qu’elle va devoir se racheter une tasse de thé. Après tout, aurait-elle pu véritablement deviner l’importun ? Ce ne sont que des cartes, et elle n’a pas pris la peine d’interroger les astres et esprits à ce sujet.

« Bonjour ! » lance t’elle joyeusement tout sortant de l’arrière boutique avec sa tasse fumante à la main. Cependant lorsqu’elle relève le regard, la suite de ses mots se perd dans sa gorge, mourants étranglés avant même de naître. Si il est rare qu’elle oublie un visage, elle met pourtant une seconde avant d’accepter la réalité qui lui fait face. Combien d’années à présent ? Il lui faudrait consulter ses registres, mais cela n’est plus important. Comment a-t-elle pu ne pas savoir ? Comment a-t-elle simplement pu passer à coté ? « Ciaran ? » Regard écarquillé, sa voix, surprise, se répand dans tout le rez-de-chaussée. Ciaran. Elle en lâche sa tasse qui se fracasse sur le sol, éclaboussant le parquet, sans que toutefois elle n’y prête la moindre attention. Son petit roux est de retour. Son petit renard. Reste à savoir ce qu’il bien faire là et ce dont il peut avoir besoin car, de mémoire, elle ne lui a pas laissé son adresse en partant la dernière fois. « Mon dieu, leanabh madadh-ruadh*. C’est vraiment toi. » Et il ne lui en faut pas plus pour ouvrir les bras, simplement, sa surprise laissant place à autre chose – un sentiment enfouit n’ayant pas fait surface depuis bien longtemps, mêlé à une peine incroyable.




* bébé renard
(c) AMIANTE




How can I say this without breaking ? How can I say this without taking over ? How can I put it down into words when it's almost too much for my soul alone ? I don't want them to know the secrets. I don't want them to know the way I loved you. I don't think they'd understand it, no, I don't think they would accept me, no ! I loved and I loved and I lost you. I loved and I loved and I lost you. I loved and I loved and I lost you ... and it hurts like hell


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Age : 121, si ça se trouve j'suis papi…
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Message Sujet: Re: I'll be here for you || ft. Ciaran Mar 21 Mar - 23:46



❝i'll be here for you❞
elizabeth / ciaran
La bague n’est pas à son doigt.
Il la regarde, là, au creux de sa paume, alors qu’il est assit au fond du bus qui l’emmène trouver des réponses.
À chaque fois qu’il laisse son regard s’échouer sur cette dernière, sa vision s’embrume sous un voile larmoyant, libérant alors un torrent émotionnel qu’il peinait à réprimer. Il la serrait fort. À en imprimer ses courbes sur sa peau une fois qu’il la libérait dans le fond de sa poche. À ne plus savoir quoi en penser; à se noyer. Coude contre la tranche de la fenêtre, poing pressé contre sa tempe, il se dévorait l’intérieur de la joue sans modération. Fixant un point de ce paysage qu’il ne contemplait plus.
Quand il ferme les yeux, il revoit son visage figé dans l’effroi de ce qui fut sa mise à mort. Blême et froid, alors que sa voix semble encore raisonner. Si Joshua n’avait pas mérité ça, la réciproque était aussi vraie. Mais c’est son meilleur ami qui l’avait abandonné, c’est ainsi qu’il l’avait ressenti, qu’il le sentait encore. Une partie de lui s’était nécrosée à son trépas et n’attendait plus qu’à rejoindre sa mémoire. Mais Ciaran ne parvenait pas encore à se détacher de ce fragment-là. C’était trop tôt, trop brutal, trop… injuste. On l’avait enterré dimanche dernier.

Il a fait sa nuit à l’hôpital mais n’a dormi que pour deux heures émiettées ce matin-là. Pourtant, il était resté amorphe dans ce qui était son lit, à tenter de se changer les idées en écoutant de la musique - qu’il n’avait, cette fois-ci, pas partagée. En fin de compte, il n’avait tenu que jusqu’à neuf heures du matin dans cette configuration. Puis il avait disparu pour, semble t-il, prendre l’air. Un prétexte pour verser des larmes à l’ombre d’un vieux chêne blanc, en périphérie de la ville.

Rongé par la culpabilité, il avait fait demi-tour pour déjeuner avec Enat, qu’il crut avoir abandonnée égoïstement. Il ne voulait pas reproduire ce schéma. Leur appartement est quasiment vide, du moins, les cartons sont éparpillés, entassés. Ils n’ont pas grand-chose mais ont laissé le minimum vital. Demain vendredi, ils emménagent dans leur nouveau « chez eux ».

Mais s’il s’est décidé à ressortir. Et la raison se trouvait au fond de sa poche.

Comment avait-il su que cette boutique cachait aussi des trésors occultes ? Disons que le renard était connu pour son talent à dénicher des informations parfois enterrées sous deux ou trois couches de mensonges et de faux-semblants. Il avait fouiné, mais avait également fait marcher les quelques connaissances sorcières accumulées depuis ses années d’errance. Au final, on lui avait indiqué cette adresse-ci. Il n’avait même pas cherché à savoir qui était à la tête de ce commerce. Peut-être aurait-il dû ?
Ciaran manqua son arrêt. Il descendit au prochain, se força à sourire à la personne âgée qu’il laissa passer avant lui. À chaque fois qu’il souriait, il avait l’impression d’enfoncer une nouvelle épine dans son cœur endeuillé.
Le morceau de papier où il avait écrit deux-trois références mnémotechniques retourna dans la poche arrière de son jean alors qu’il déambulait dans la rue. Deuxième intersection. Sa démarche était plutôt lente, ce qui ne lui ressemblait pas vraiment non plus. Effacé, il jetait parfois un coup d’œil sur les façades qui défilaient au rythme de sa marche.

Si un jour je disparais, prends-la. Et donne-la à Enat. Arrête de dire ça, Josh. Tu sais très bien que je mourrais avant toi…

Foutaises.

Finalement, il ralentit la cadence, tire un peu le cou pour essayer de voir s’il n’y avait pas quelque chose plus loin qui ressemblerait à sa destination. Il jaugea à nouveau l’entrée devant laquelle il se trouvait, la façade. Malgré la fatigue, son for intérieur lui soufflait qu’il ne s’était pas trompé.
L’homme inspira profondément et ouvrit la porte, d’où naquit un bruit de carillon particulier - qui lui fit lever brièvement le nez en l’air, d’ailleurs. (Il semble adynamique, comme si son territoire interne était fracassé, bafoué, violé.) Il prit soin de refermer derrière lui alors que les premières odeurs venaient à lui… douces, épicées, ou brûlantes de familiarité. Son visage avait prit une expression un peu plus grave, comme s’il était en train de rassembler les pièces d’un puzzle, résultat légitime d’un sondage olfactif très bref. Il connaît ce parfum. Il le connaît et… « Bonjour ! » Il ne fait que quelques pas - et sans s’en rendre compte - alors que son visage fantomatique s’oriente vers celui de la petite brune. « Ciaran ? » alors que sa bouche s’entrouvre un peu, il sent, voit cette tasse qui lui échappe des mains et lui injecte une bonne dose d’adrénaline. Son cœur malade s’affole alors qu’il percute, il était prêt à fondre en excuses ou en larmes pour aucune raison apparente ; mais il s’approche un peu d’elle alors que la sorcière en fait autant. « Tu vas te— » il s’inquiète qu’elle ne se brûle, qu’elle marche sur des morceaux du contenant désormais éparpillé au sol. Le geste qu’elle lui offre, simple et évocateur, l’incite à aller chercher son contact. L’air un peu maladroit, déstabilisé. Il avait toujours beaucoup respecté cette femme… « Elizabeth… je- -, je ne pensais pas te trouver ici… » …peut-être parce qu’elle l’avait toujours intimidé ? Fort possible. Toujours en gaélique, il avait poursuivit dans un murmure, alors qu’il l’emprisonnait encore contre lui. « Ni nulle part ailleurs… » (Son cœur était toujours à cogner contre sa poitrine. Elizabeth savait qu’il avait des soucis d’ordre cardiaques. Elle ignorait simplement qu’ils fussent prompts à s’aggraver depuis ces dernières années. Comme elle pouvait ignorer pour le cancer de sa fille.)
Le renard est à la fois surpris et déboussolé. Cela faisait bien des années… combien exactement ? Il ne saurait dire. Mais à l’époque, il devait certainement être plus heureux qu’aujourd’hui. Il l’avait autrefois trouvée en suivant des rumeurs… et c’était ainsi qu’il la retrouvait.
Lorsqu’il rompit le contact, il peina à lui offrir un sourire… pourtant, il est bel et bien heureux de la revoir. Il n’aurait jamais cru… non, jamais. Pas ici, pas maintenant.
Son regard sur lui… sa gorge se noua, comme si elle pouvait lire en lui, comme si elle pouvait voir.
Or, même un aveugle aurait pu sentir que ses énergies étaient brouillées, saccagées.
L’irlandais baisse la tête, geste on ne peut plus défensif. Tout comme cette diversion à laquelle il se prête, là, accroupit à ramasser les morceaux de porcelaine qu’il s’était mit à empiler dans le creux de sa paume.


© Pando


And meet me on the battlefield, even on the darkest night I'll be your sword and shield, your camouflage; and you will be mine. We may be the first to fall ; everything can stay the same or we can change it all.

Ça glapit en #B7950B !
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Message Sujet: Re: I'll be here for you || ft. Ciaran Lun 1 Mai - 13:21


I'll be here for you
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C’est lui. Bien sûr que c’est lui. Qui aurait-pu est-ce d’autre, idiote ? Et comme un enfant prodige – mais pas le sien – de retour au bercail après de trop longues années, le voilà de retour, et elle se retrouve à soudain devoir refouler les émotions qui lui balaye le visage avec une violence peu commune. Trop de temps à passé, et l’inquiétude est à la première loge dans ses yeux, foudroyant nette la joie qu’elle peut ressentir à le revoir après tant d’années de silence. Que ferait-il là, autrement ?
Elle n’entend pas sa voix la mettre en garde et, à vrai dire, si elle a déjà oublié la tasse morcelée à ses pieds et le parfum de la menthe s’évapore, elle ne sent pas plus l’eau bouillante tâcher ses jupons. Parce qu’il s’avance, avec dans ses yeux tellement d’émotions contradictoires, qu’elle emprisonne chaque fragment qu’elle lui offre dans sa mémoire. Il va mal. Son petit roux va mal. Et dans son coeur de mère bafouée, déchiqueté, un hurlement se fait entendre. Une boule lui noue subitement la gorge – elle en frissonne, et lorsqu’enfin elle sent son corps fin et osseux l’emprisonner, elle s’y agrippe avec force, comme si il allait disparaître une fois de plus, son organe vitale cognant plus férocement encore – impatience mêlée à la peur.

« Le destin fait souvent bien les choses. »

Sa voix, s’exprimant toujours dans cette langue magnifique, n’est plus qu’un murmure tandis qu’elle le fixe à nouveau, le contemple, cherchant à présent les moindres détails qui auraient pu lui échapper : la trace de la perte, du temps qui marque ses proches sur son visage endeuillé. Mon dieu, petit renard. Que t’est-il arrivé ? Elle reste contre lui un temps, le berçant, cherchant les secrets qu’il ne peut pas dire mais qu’il brûle d’avouer, une de ses mains venant se poser sur sa joue comme pour le réconforter. Cependant, le contact doux finit par se rompre. La réalité rattrape les retrouvailles, avec cette brutalité pleine d’évidences, et l’émotion est à nouveau enfermée dans le creux de leurs âmes ciselées. Toujours focalisée sur son visage émacié, elle se détourne pourtant pour aller chercher son ramasse bourrier et le balai allant avec, en plus d’une serpillière.

« Laisse, leanabh madadh-ruadh. Ne va pas te couper. »

Elle revient, avec un sourire tendre et sa voix douce, maternelle, avant de venir l’aider à ramasser ses bêtises. Ce n’est pas à lui de payer pour sa stupeur – il ne manquerait plus qu’il se coupe, ce serait le bouquet. Elle ne le quitte pas du regard, mais ce n’est pas le moment. Pas encore.

« J’ai toujours aimé les entrées fracassantes, voilà qui est fait. »

Elle reprend, vaine tentative de rehausser l’atmosphère, tandis qu’elle termine d’éponger le sol après avoir ramassé les autres débris de porcelaine. Elle venait de Chine, mais qu’importe. Ce n’est plus aussi important que cela en avait l’air auparavant. Ce n’est qu’un souvenir fracassé de plus, un bibelot sans valeurs qui s’est détérioré trop vite. Elle en trouvera d’autres. Elle se redresse finalement avec cette grâce qui est sienne, les mains prises avec son fatras mais l’oeil de nouveau analytique, la peine dans ses yeux se voilant de curiosité, le coeur tambourinant toujours dans sa poitrine.

« Viens t’asseoir. Je ne sais pas d’où tu viens, mais tu as l’air exténué. Veux-tu une tasse de thé ? Du chocolat chaud ? Il doit me rester des biscuits quelque part, à moins que tu ne préfères le pain d’épice. »

Sa voix, toujours si douce, n’est pourtant pas une invitation. Viens, lui dit-elle. Viens m’expliquer. Tu as des choses à me dire, tu ne serais pas là sinon – et ne va pas me raconter le contraire car toi comme moi savons. Je suis peut-être vieille, mais certainement pas aveugle, Ciaran, et la détresse de tes yeux n’est qu’un gouffre sans fond.
Elle va se débarrasser des débris, avant, d’un geste en direction de sa porte, faire tourner la pancarte d’Open à Closed et de verrouiller l’accès à distance – voilà qui est fort pratique, lorsque l’on est sorcier. Elle lève à nouveau le nez vers Ciaran et c’est d’un sourire mutin qu’elle l’invite à la suivre finalement, vers le fond de son antre. Elle ouvre une porte dérobée, trompe l’oeil parfait imaginé par ses soins et couverte de véritables livres, avant de s’enfoncer dans le petit couloir et descendre les quelques escaliers pour arriver à une grande pièce lumineuse, chauffée par le bois crépitant d’une épaisse cheminée. Le cocon confortable et douillet dans lequel ils entrent ressemblent trait pour trait à un salon, éclairé majoritairement par la lumière qui inonde la pièce par les grandes baies vitrées. Derrière elle se trouve fleurir un jardin assez conséquent, semblant aussi sauvage que sa maîtresse – et les revoilà en Louisiane, tant pas la décoration que par l’emplacement de chaque objets, comme si le dix-huitième siècle était encore d’actualité.

« Fais comme chez toi. Il y’a des plaids dans le canapé si tu as froid, et au besoin, installe-toi près du feu. Comment va Enat, dis-moi ? Et Louise ? »

Elle a peur, un instant, qu’il ne vienne pour l'une d'entre elles. Car Ciaran n’est pas le genre à faire le tour d’une librairie – de la sienne surtout – pour un simple bouquin, vu la littérature qu’elle vend. C’est un petit fouineur. Il sait donc certainement quel est le véritable intérêt de cette bâtisse et si il ne se doutait qu’elle en était la créatrice, il doit en revanche chercher des informations ou quelques grigris particuliers. Elle le caresse du regard à présent, cet être qu’elle chérie tant malgré l’absence, puis va ensuite s’affairer dans la cuisine ouverte quelques minutes avant de revenir, avec un grand plateau garnis. Divers mets sont présents outre les boissons chaudes – pâtisseries, fruits confits, cookies et muffins – et elle vient poser le tout sur la table ouvragée en bois vernis avant de finalement venir s’asseoir – sa carcasse éreintée soupirant d’aise en sentant enfin le confort. Elle ne lui propose pas de servir. Il le fera de lui-même – il connaît la maison et son fonctionnement.

« Raconte-moi, Ciaran. »

Reprend t’elle en gaélique, tendrement, après quelques instant de silence. Il est temps à présent et quelque chose lui souffle que c’est justement ça le problème. Le temps.
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Message Sujet: Re: I'll be here for you || ft. Ciaran Jeu 11 Mai - 13:39



❝i'll be here for you❞
elizabeth / ciaran
Le destin… il a commencé à vouloir y croire lorsqu’une énième personne chère à son cœur lui avait été arrachée. Sans vouloir l’avouer, il a commencé à le détester, presque autant que ceux qui s’amusaient à moissonner les âmes.
Presque autant que son plus grand ami, perdu dans l’ailleurs. Ciaran se fatiguait à éprouver une telle rancoeur envers ce quelqu’un, mort qui plus est. Mais c’était désespérément qu’il s’y adonnait, chose qui avait l’avantage de le faire vivre un peu plus longtemps, ne serait-ce que dans sa mémoire.
Ça ne le fera pas revenir à toi.
Les morceaux de porcelaine écaillés finissent dans le creux de sa paume, mais ses mains tremblent encore un peu sous l’anxiété, sous la surprise de revoir la sorcière bicentenaire. La dernière fois qu’ils s’étaient vu, le corps de Michael avait été rapatrié d’Iran depuis un an et les deux femmes de sa vie lui restaient intactes. C’est là où se repose son esprit, là où la souffrance s’injecte dans ses veines, rendant son cœur d’autant plus lourd. Pris dans son ouvrage, il avait accueilli les mots d’Elizabeth comme on accueillerait un bouquet de chrysanthèmes. N’étant pas prêt à lui faire face, le renard ravala discrètement sa salive et laissa les débris de la tasse dans le ramasse bourrier qu’elle avait apporté là.

L’irlandais était étrangement silencieux. Lui qui savait remplir l’espace mieux que personne était en train de se faner, laissant la main à la maîtresse des lieux. Ça lui fait mal de la regarder nettoyer alors qu’il était aussi responsable de cet incident — il grossissait la chose, voulant toujours bien faire. « Je te demande pardon, Elizabeth, » avait-il soufflé audiblement à la concernée, favorisant l’emploi du gaélique. En faire un plat pour une tasse chinoise… pourtant, c’était spontané et sincère. Il remuait le couteau dans sa propre plaie. Aussitôt après, la petite brune avait glissé quelque chose à son attention, semblant vouloir détendre l’atmosphère. Ou le détendre lui tout court, peut-être. L’infirmier avait senti qu’elle avait tenté quelque chose, sans pour autant appréhender les choses de manière claire. Ses perceptions et son empathie étaient brouillées, tout comme le reste.

Ciaran avait le cœur qui battait vite, beaucoup trop vite pour quelqu’un à l’organe aussi fragile. Mais ça allait, il profita de l’inattention (visuelle, du moins) d’Elizabeth pour prendre des respirations profondes et lentes.
Exercice nécessaire qu’il avait tout de suite stoppé lorsqu’elle en eut terminé, lui emboîtant alors le pas vers une autre pièce. Secouant doucement la tête, il rétorqua, « Non, ça va… je suis venu en bus. » Chose qui était vraie pour la fin de sa phrase. Du reste, son air exténué était dû à son cœur qui lui jouait de mauvais tours… et du deuil qu’il portait actuellement sur les épaules. L’homme passa ses mains sur ses bras, frottant machinalement, comme s’il avait froid. Évitant toujours avec précaution le regard de la sorcière, craignant d’y lire de l’inquiétude ou même de la peine.
(Elle ignore peut-être qu’il a un pied à terre à Chicago, désormais.)
C’est de bon cœur qu’elle lui propose un en-cas, mais aussi étrange que cela puisse paraître, il ne ressent pas le besoin de manger. Non, il n’a pas faim, et sa gourmandise s’était évanouie depuis quelques jours. Cet oppressant chagrin.
Mais il sait que ce n’est pas un choix qu’il a sous le nez, c’est le chant des cloches du destin. Et on y revient toujours…

Alors, lorsqu’ils descendent dans ses appartements, il ne peut s’empêcher de laisser traîner son regard çà et là, parcourant les divers objets, meubles, jusqu’à se perdre dans la toute beauté des flammes crépitantes qui dansaient dans sa cheminée. Cette odeur… lui rappelle énormément de souvenirs. Quand ses parents, autrefois, se chauffaient ainsi. Cela fait des années… Ciaran s’est perdu dans ses pensées, avec trop d’aisance sans doute, le laissant en proie à un quelconque jugement extérieur.
Si tel était le cas, il ne devrait pas s’inquiéter sur sa teneur. Ciaran devrait savoir quel sentiment peut animer la sorcière, que cette affection n’est pas qu’une façade. Pourtant, il refuse de le voir. Il refuse, aujourd’hui plus que jamais.

Lentement, il rejoint le sofa, où il s’assoit à sa bordure, tronc un peu en avant. Ses avant-bras ont prit appui sur ses genoux et se triture le bout des doigts. (Il sent la bague, là, dans sa poche. C’est pour ça qu’il est venu, même si la discussion semble vouloir se porter sur… les siens.) Elle demande des nouvelles de Louise, d’Enat ; qu’elle a déjà eu l’occasion de rencontrer par le passé. L’homme a besoin de digérer cette question, car c’est trois choses bien compliquées qu’elle le somme d’aborder. Les pâtisseries et autres gourmandises sont déposées là, sous son nez, mais ne daigne pas remuer un cil pour aller en piquer un. Il n’a toujours pas faim, toutefois, sa gorge est de plus en plus sèche.

Là, il ravale un peu sa salive, non moins difficilement. « Louise… », commence t-il alors que le renard, à fleur de peau, se mord l’intérieur de la lèvre en tentant de réprimer un sanglot. Ça fait des années maintenant… mais les deuils, il en pleut ces jours-ci, et tout ça empiète sur son équilibre. D’une voix chevrotante, il poursuit néanmoins, redressant la tête en osant croiser son regard. « Elle aurait certainement apprécié te dire au revoir. », accompagné d’un sourire nerveux, alors que ses mains vont l’une contre l’autre, se massant machinalement et sans douceur. (Il n’a pas su lui dire au revoir, lui non plus.) Pas la peine d’en rajouter davantage, l’irlandais sait qu’elle a comprit, que la sorcière a senti cette perte, celle de l’être aimé. Pour l’avoir vécu… sans doute. Comme s’il ne pouvait aborder la chose sans passer du coq à l’âne, le petit brun ajouta, toujours en gaélique irlandais. « Enat est malade, c’est pour ça que je suis à Chicago. » Des choses qu’il n’aurait jamais osé dire à qui que ce soit d’autre. De manière aussi expresse, du moins. Elizabeth avait ce privilège… peut-être parce qu’il la craignait beaucoup aussi, malgré tout. « J’ai beau avoir tout essayé, exploré toutes les pistes… » (pas. assez.) il secoua la tête lentement, son regard fuyant à nouveau vers la cheminée, « …c’est plus qu’une question de temps… » l’angoisse d’être à nouveau abandonné, de perdre un nouvel enfant, un amour…

Ciaran passe une main dans ses cheveux, l’angoisse lui voilant les yeux à nouveau. Il se force à un soupir, va chercher dans sa poche la fameuse bague, qu’il garde au creux de sa paume. C’est en la regardant à nouveau que son cœur se creva une nouvelle fois. Le soignant se leva, ne quittant pas des yeux l’objet. Il semble hésiter, mais contourne finalement la table qui les sépare pour aller s’assoir près de la sorcière. « J’ai… récupéré ça dernièrement. » Il prie pour qu’elle ne lui demande pas où il l’a trouvé exactement. Il ne voulait pas parler de lui… de sa mort… non, son assassinat. Parce que cette fois, il avait été là, et il n’avait rien su faire. Sa main valide se risqua à attraper le poignet de la bicentenaire, lui déposant le bijou sur les zébrures de sa paume. « J’ai besoin de savoir si cet objet peut vraiment aider Enat. S’il est aussi magique qu’on le dit… » ces murmures sonnent comme des prières. Il souhaite être assuré sur ses effets. L’espoir que cela puisse effectivement bloquer la progression de cette maladie gangréneuse restait là, à portée de main.  


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Message Sujet: Re: I'll be here for you || ft. Ciaran Sam 13 Mai - 23:18


I'll be here for you
(Captain Fantastic [BO]) ▽ She's got a smile that it seems to me Reminds me of childhood memories Where everything Was as fresh as the bright blue sky
Elle contemple son petit roux avec plus de tendresse qu’elle ne pourra jamais ressentir pour aucun autre – excepté ses fils et ceux qui sont déjà morts. A t’elle souvent pensé à lui, certains soir où sa terre l’appelait, car bien qu’originaire de la Louisiane, le sang de sa grand-mère n’a jamais cessé de couler dans ses veines, l’Ecosse continuant de la rappeler inlassablement – bien qu’elle sache que le renard soit irlandais. L’Ecosse. C’est là que tout avait commencé. C’est là que tout finirait – elle en était certaine. C’était le berceau de son existence et cela serait également sa fin, mais pas maintenant, non. Pas maintenant.
Raconte-moi, Ciaran. Raconte-moi. Car dans tes yeux, lui disait-elle silencieusement, dans tes yeux coule une douleur qu’aucun baume ne pourra jamais soulager. Dans ton ventre une soif, une faim qui dépassent toute imagination, un sentiment de vide qui ne pourra jamais être comblé. La sorcière ne mesurait simplement pas à quel point ses pressentiments étaient justes. Aurait-elle plus auparavant, elle n’aurait jamais posé les questions. Mais c’était chose faite à présent, et elle en venait à regretter – regretter cette peine immense venant lui écorcher son coeur, vieillir ses traits. Il n’y avait que la perte. Il n’y avait que la perte pour rendre l’humanité si misérable et si belle, pour la faire ployer, hurler, pour la dévaster à ce point. Il n’y avait que la perte.

Je suis désolé, disait-il alors même qu’elle commençait à peine à comprendre, fronçant les sourcils. Je suis désolé. Désolé ? Pour une tasse ?

« Ce n’est qu’une tasse, Ciaran. Il y en aura d‘autre. »

Avait-elle répondu simplement, murmurant sans pouvoir hausser le ton, bien qu’elle aurait aimé être amusée. Elle l’avait conduit en bas. Peu de personnes connaissaient l’accès, Ciaran était désormais l’un des rares élus.
Par la suite, lui proposer un en cas avait été plus qu’un motif de politesse. C’était devenu une obligation, l’inquiétude couvrant ses traits sans qu’elle ne puisse les cacher – le fait de le voir ainsi, le teint pâle, cachant un sombre secret, perdu dans ses pensées, ses souvenirs – et elle avait eu raison. Ciaran avait toujours faim. Toujours. Et le fait qu’il fasse mine augmentait encore plus la vague de souffrance à venir, elle le savait, le pressentait. Elle l’avait vu peu de fois, mais le lien avait été assez fort pour qu’elle sache comment il fonctionnait. Son petit roux. Son bébé renard.
Quelque chose de grave était parvenu, sans qu’elle ne sache, quelque chose d’assez affreux pour changer cet éclat habituellement gravé dans ses prunelles. Et soudain, il reprend la parole, et soudain, elle sait. La perte. Détestable. Haïssable. Ecoeurante. La perte. Immense.
Sans qu’elle ne puisse rien y faire, une larme perle le long de ses yeux. Une perle d’eau salée, cristalline, alors qu’elle se remémore encore cette femme magnifique qu’elle avait pu croiser par trois fois. Sa gorge se serre, et elle repose la tasse qu’elle avait en main pour se lever, le chagrin lui arrachant la poitrine, le coeur dissonant, déviant de ses battements habituels. Sans un mot, elle vient s’asseoir contre lui, sans un mot, elle le prend dans ses bras et le serre, doucement, tendrement. Elle sait qu’il ne l’acceptera peut-être pas. Elle sait, mais cela n’importe pas. Il a besoin de cette tendresse qu’il refoule, il a besoin d’hurler sa tristesse, encore une fois. Qui pourrait mieux le comprendre qu’elle après tout ? Elle est celle qui a vu les siens mourir tant de fois, elle est celle à qui l’ont a arraché familles et foyers par quatre fois. Elle ferme les yeux, sans chercher à sécher sa peine, ses lèvres se posant sur sa tempe, doucement. Elle ne dira pas qu’elle est désolée. Elle ne dira pas qu’elle sera toujours présente, là, dans leur coeurs, dans leurs mémoire. Elle ne dira rien, car la perte est si intimement lié à chaque être, qu’émettre le moindre son serait briser cette harmonie parfaite – se serait trahir leurs promesses et pire que tout, leur manquer de respect. Lui manquer de respect à lui. Ciaran.
Elle ne se détache que lorsqu’il parle d’Enat, le contemplant à nouveau dans son silence, lèvres pincées. Une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, n’est-ce pas ? Elle inspire doucement, restant calme – bouillant d’une rage à l’intérieur de sa poitrine. Si il lui avait demandé, bien plus tôt, et si Enat avait voulu, elle l’aurait fait. Elle aurait pu leur faire ce cadeau à double tranchant – mais cela avait été différent alors, et elle ne posera pas la question sur les détails.

« Le temps a toujours été le pire des adversaires. » finit-elle par dire, d’une voix douce, brisant son silence.
« As-tu essayé les sorciers ? »

Elle souffle, ne sachant de quelle maladie il peut s’agir. Elle doute pouvoir aider, cependant, ne pouvant que soulager le cas échéant. Cela explique cependant sa présence, comme il l’a dit lui-même, et elle comprend que c’était bel et bien sa boutique qu’il cherchait. Elle se lève pour aller reprendre sa tasse de thé, se penchant, faisant craquer ses os, avant de porter le liquide brûlant à ses lèvres pour se remettre les idées en place et se réinstaller en face de lui pour lui laisser de l’air – air dont elle a besoin également. Louise morte. Enat malade. Elle ferme les yeux, tentant de calculer l’âge de la petite fille, avant de se concentrer à nouveau sur le présent – chassant ses souvenirs avec peine. Pourquoi les meilleurs partent-ils toujours les premiers ? Pourquoi la douceur est-elle si éphémère ? Si seulement. Elle reporte son attention sur Ciaran lorsque celui-ci se lève, fronçant les sourcils tandis qu’il sort de sa poche un petit objet avant d’hésiter. Qu’est-ce que cela ? D’ici elle sent sa propre énergie trembler et être attirée par ce qu’il tient dans ses paumes, de quoi la rendre aussi curieuse qu’hébétée. Elle l’écoute à nouveau, son regard figé sur la bague, avant d’écarquiller les yeux.

« Où as-tu trouvé cela ? »

Elle murmure, avant de retenir une respiration et relever le nez pour le fixer, s’excusant.

« Oublie-ça. »

Elle va pour lui demander si elle peut le prendre, mais il est plus rapide qu’elle. Elle sursaute presque en sentant les vertues de la bague, son épiderme frissonnant tandis qu’elle l’examine, la portant à son regard, son regard se faisant plus dur en entendant la supplique de son ami.

« Je n‘ai jamais rien vu de tel »

Elle reprend, d’une voix calme, trop calme, avant de lever son autre paume avant qu’il ne puisse ajouter quelque chose.

« Ce qui en soit n’est pas une si mauvaise nouvelle. »

Elle l’examine encore, son regard se perdant sur les détails, ses sourcils se fronçant. Au bout d’un instant de silence qui doit paraître une éternité à Ciaran, elle reprend, dans un soupir, à la foi méfiante, stupéfaite, émerveillée.

« C’est une magie ancienne très puissante. J’en avait entendu parler mais  de là à en voir les fruits … »

Elle tourne la tête pour fixer Ciaran à nouveau, sans lâcher le précieux objet - comment diable a-t-il pu parvenir en sa possession ?

« C’est de la magie blanche. Je peux détecter plusieurs niveaux, cependant pour arriver à ce résultat, des sacrifices ont certainement dû être nécessaires. Depuis combien de temps l’as-tu ? »

Elle lui rend l’objet avec tendresse, avant de lui tapoter le genou et se lever.

« Je dois avoir un bouquin à ce sujet. Ta bague me rappelle quelque chose, mais j’ai besoin de faire des recherches pour être tout à fait sûre. »

Elle se tait, réfléchissant, une veine battant sur sa tempe.

« Je pourrais passer voir Enat, si tu le souhaites. Etablir un nouveau diagnostique n’est jamais forcément négatif et je peux peut-être tenter de ralentir au mieux ce qui la ronge –  ou au moins la soulager, le temps de trouver ce qu’est véritablement cette bague. Nombreux sont les objets à être magiques, mais peu sont ceux qui ne demandent aucune contrepartie en échange de leur pouvoirs. Je ne veux rien laisser au hasard, Ciaran, surtout si ça te concerne. »

Elle soupire finalement, ses épaules s’affaissant quelque peu, les yeux dans le vague.

« Quel âge a t’elle aujourd’hui ? Cette petite poupée de porcelaine … Je me souviens encore d’elle riante et lumineuse. »

Un sourire étire ses traits, avant qu’elle ne reporte son attention sur le renard, sa main venant lui ébouriffer tendrement les cheveux. 

« Le monde est en perpétuel changement, Ciaran. Mais je peux te promettre une chose, un pressentiment qui me taraude depuis un moment déjà. Si l’ombre plane sur nous, si de désastreux événements nous arrivent droit dans le museau, quelque chose de merveilleux arrive également. Il n’y a jamais d’orage sans pluie, et la pluie purifie chaque organisme en ce monde, aussi violente puisse t'elle paraître par moments. »

Du bout des doigts, elle lui caresse la joue, avant de reprendre, plus sérieuse que jamais.

« Mange maintenant. Il faut que tu reprennes des forces. Du poids. Il faut que tu dormes. Enat va avoir besoin de toi, leanabh madadh-ruadh, et tu ne peux pas continuer à errer ainsi plus longtemps. Pleure si tu veux pleurer. Hurle. Brise quelque chose – une nouvelle tasse, si tu veux, j’en ai plein. Cesse de lutter un moment, cela te fera du bien. Fais-moi confiance. Tu n’es pas seul. »

Tu ne seras jamais seul pour affronter tout cela.
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Message Sujet: Re: I'll be here for you || ft. Ciaran Ven 26 Mai - 22:17



❝i'll be here for you❞
elizabeth / ciaran
Lorsque la sorcière vient l’enlacer, il se mord à nouveau l’intérieur de la joue, n’osant la repousser - pourtant, il ne parvint pas à profiter de ce contact, de cette affection manifeste qu’elle lui offrait. Il avait trop mal et Ciaran ne souhaitait pas être celui que l’on couvait. À vrai dire, il avait toujours eu du mal à remplir ce rôle-là. Quelque chose qu’il ne voulait pas assumer, sans doute. Quelque chose qui lui permettait de transférer son mal-être, en se préoccupant de l’autre. Il a toujours réussi à se relever, cela fait plus d’un siècle maintenant qu’il confronte les aléas d’une vie rendue difficile par l’écoulement du temps. Par l’humain, aussi, quoi qu’il puisse en dire. L’humain, aussi bon que mauvais, capable de majesté et d’atrocités. Le même être qui construisit les pyramides avant de lancer une attaque nucléaire sur Hiroshima. Aujourd’hui il peine à avoir foi en ce qu’il avait voulu prendre comme modèle, pourtant c’est eux qui l’ont grandi. Pourtant c’est d’eux dont il a peur.

Il réprime l’écoulement de larmes qui pourtant viennent à voiler ses yeux. Et il ne sait pas qu’elle laisse une perle lacrymale cascader le long de sa joue laiteuse, car il ne voudrait pas voir sa peine à elle — qui faisait écho à celle qu’il portait.
Sauf que ses lèvres se déposent sur sa tempe et cette tendresse fait elle aussi écho. À se mordre la lèvre inférieure avant de laisser à son tour une larme s’enfuir. Une larme qui fait mal. Il expire doucement par la bouche, l’air décomposé en quelques trémolos. Elizabeth compatis. « As-tu essayé les sorciers ? » et il baisse les yeux à cette question. Tous les sorciers ne sont pas aussi aimables que l’écossaise. Bien au contraire. Exposer sa fille, humaine de surcroît, à la magie… ce n’est pas quelque chose qu’il aurait apprécié. Pourtant, même Enat a un jour songé à le lui demander. En guise de réponse, il secoue la tête doucement, jetant un coup d’œil succinct dans sa direction. La mêler à la magie, c’est aussi accepter une contrepartie certaine. Son amie n’était plus là pour qu’il puisse la solliciter. Jusqu’à aujourd’hui.

Aujourd’hui, il était déjà trop tard pour lui demander quoi que ce soit d’autre.

Le contact avec l’objet semble la faire tiquer. Il prend ça pour un oui mutin, et la question qui suit ne fait que le conforter dans cette idée. La question qui le percute à lui en faire ravaler sa salive à peine discrètement : doit-il vraiment se justifier maintenant ? Visiblement pas puisqu’elle balaie le tout brièvement. Ce ne sera que temporaire, l’irlandais le sait. L’air tendu, les yeux toujours mouillants, son regard fait un va-et-vient de la bague à son visage. Il ne voit qu’elle, attend patiemment, prêt à boire ses paroles comme un enfant inquiet.
Un enfant qui guette ses réactions, les observe, les analyse. L’homme s’étonne à voir une expression d’émerveillement presque similaire sur ses traits lorsque Elizabeth en fut marquée. Ce qui fut vite troqué pour une inquiétude - une culpabilité ? Il n’en savait trop rien, mais elle souhaitait vraiment savoir où il avait dégotté ça et craignait d’avoir fait quelque chose de mal. En soi, il ignorait que cette bague appartenait à un sorcier, et que ce même sorcier était prêt à aller la retrouver. Ciaran s’était uniquement basé sur la parole de son meilleur ami familier, qui avait porté cet objet au doigt, son sorcier ayant voulu le protéger. Magie blanche. De toute évidence, ce n’était pas quelque chose créée pour détruire, bien que le prix à payer avait visiblement dû être conséquent.
Aujourd’hui, c’est lui qui voulait protéger sa fille. Il voulait s’assurer que tout cela était bien vrai. Craintif et inquiet, c’est tout naturellement qu’il avait voulu faire expertiser l’artéfact avant de le faire enfiler au doigt de qui que ce soit.

La boule dans sa gorge lui fait mal. Pourtant il faut qu’il parle, à elle, qu’il lui dise. Le soignant ferme les yeux alors que ses mains sont jointes, se triturant l’une l’autre nerveusement. Il sent les larmes emprisonnées à la lisière de ses paupières. « Je l’ai depuis… depuis six jours. » La précision témoigne de son importance. Il rouvre un peu les yeux, qu’il s’essuie avec empressement avant de récupérer l’objet. L’homme allait continuer sur sa lancée mais ce geste le bloque. Après tout, elle n’a cherché à savoir que le « quand » et non le « comment » ni même le « pourquoi ». Des choses qui seraient largement plus ardues à exprimer.
Elizabeth se dresse sur ses jambes, garde son attention portée sur sa silhouette, son visage.  Elle pense à quelque chose, pense savoir. Ça le rassure. Ça lui donne du baume au cœur dans l’inflexibilité du destin auquel il goûtait. Refermant alors ses doigts moites sur ce qui était peut-être son salut. « Merci. Merci beaucoup. » il n’a pas encore de réponse précise sur ses effets, mais il ne peut réprimer ce cri du cœur. C’est une chance qu’il l’ait à ses côtés. Une chance incommensurable.

Elle lui fait une proposition concernant sa fille. Une proposition qui ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd, même s’il craint toujours d’éventuels effets secondaires indésirables - une contrepartie qu’il n’était pas forcément prêt à payer aujourd’hui, malgré cet amour inconditionnel qu’il lui portait. Or, il a confiance en la sorcière, et les arguments qu’elle lui expose sont on ne peut plus acceptables (et acceptés). Il a confiance et c’est pour ça qu’il hocha doucement la tête, le renard, d’ordinaire bavard, se contentant une fois de plus du strict nécessaire. « D’accord. Je te donnerai notre adresse, tu pourras passer en journée quand tu en auras le temps. Merci… » et il rajoute à nouveau des remerciements, ce qui semble être bien peu face à ce qu’il semblait vraiment ressentir. Sa gratitude se lisait dans ses yeux brillants, sa gestuelle, tout. Tout en lui le criait, empiétant sur le mal qui le rongeait. « On va bientôt fêter ses 54 ans… » et il réfléchissait au cadeau à lui faire. Quelque chose qui lui ferait du bien, au cœur comme au corps. Peut-être allait-ce être cette bague, en fin de compte ? La remarque tirée des souvenirs de l’écossaise lui font esquisser un léger sourire, qu’il peina à garder. Un sourire non moins teinté d’une profonde mélancolie. « Je pense qu’elle serait contente de te revoir. » Inutile de préciser qu’elle a perdu de son rayonnant sourire. À défaut, elle profitait de celui de son père, considéré impérissable pour beaucoup. Depuis une semaine cependant, ce n’était plus la même rengaine. Bien que prit dans ses pensées, il la sent arriver lorsqu’Eli lui ébouriffe les cheveux. Il en grimace légèrement, écoutant ses mots, contemplant son sourire chaleureux après avoir glissé la bague sur la table. « Faites que ce soit vrai… » se permit-il de dire à la fin de sa confession, décrochant ses prunelles des siennes. Yeux qui finissent leur chemin sur le plat garni de sucreries. Ses mains toujours entrelacées fermement.

Il entend ce qu’elle a à dire, mais cette fois-ci, l’écho est bien trop violent pour son âme sensible. Pas seul. Il ne la regarde plus depuis quelques secondes. Il se retient, tente de garder le contrôle. C’est peine perdue puisqu’il finit par cracher ce sanglot qu’il retenait depuis trop longtemps maintenant. Il s’en cache, paumes contre visage, la pulpe des doigts frottant nerveusement son front. « Il m’a abandonné, Eli, » commence t-il en reniflant une première fois. « Il m’a abandonné… » De qui parle t-il, le mystère est entier la concernant, elle n’a d’ailleurs très certainement jamais entendu parler de Joshua. Celui qu’il considérait comme son meilleur ami. Un silence, le temps de se laisser à ses émotions. Qu’il coupe tout de même dans leur élan, poursuivant. « J’étais là, j’étais là et j’ai rien su faire, » Son cœur bat vite, il pense même qu’il lui fait mal, bien qu’il ne soit pas concentré sur ce qui se passe sous sa cage thoracique dans l’instant. Il reprend un peu d’air, (la douleur commence à se faire sentir), hoquetant tête basse, se tenant la tête entre ses mains. « Ça n’aurait pas dû arriver, ça n’aurait jamais dû arriver ! » Et s’il pouvait, il s’arracherait les cheveux en cet instant, la nervosité atteignant un seuil important. Les émotions, les souvenirs remontaient, le saccagent, le faisant vibrer comme une  pauvre petite feuille. Ciaran débite. « Il est mort, cette bague était à Joshua, c'était mon ami, j’étais là et j’ai rien fait ! » Et bien qu’abandonné, l’irlandais sifflait sa culpabilité dans ce silence : c’est ma faute.


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Message Sujet: Re: I'll be here for you || ft. Ciaran Mer 7 Juin - 17:48


I'll be here for you
(Sia ft. Labrinth - To Be Human ▽ to be human is to love, even when it gets to much, i’m not ready to give up
Si fort. Si tendre. Fracassé, torturé jusqu’à la moelle – voilà l’être qui se tient devant elle, à peine humain, chancelant sous le poids infernal des ténèbres. Pourtant, malgré toute la noirceur pouvant l’entourer – malgré la tristesse profonde et la douleur sans fond, une étincelle continue de briller. Là, au coeur de la nuit,  il se démène toujours - c’est là ce qu’elle aime chez lui. Cette tendresse délicate, cette sensation fragile et éphémère brûlante – cet espoir qui tient bon malgré les atrocités. Il tendrait la main à n’importe qui, se couvrirait d’épines et laisserait son sang abreuver la terre si cela pouvait sauver les siens. Pourquoi faut-il se battre encore ? Pourquoi le malheur s’abat ainsi sur la plus pure des créatures qu’elle ait pu rencontrer ? Ah Destinée, cruelle enfant es-tu … Mais c’est ainsi que l’on grandit, fleur unique parmi l’amas de pissenlits dociles.

Elle se hait. Sur le moment, sur la seconde, elle retrouve cette sensation exécrable qui lui a souvent collé à la peau. Malgré ses pouvoirs et ses connaissances, malgré sa propre force, elle ne peut rien faire de plus pour l’aider. Contempler le temps s’abattre, voilà à quoi elle en est réduite – cruelle désillusion, inutile performance. Heureusement, il lui offre lui-même une idée d’un futur plus réjouissant – porteur d’une promesse de quelques secondes volées supplémentaires, ancre que l’on espérait plus nous retenant à la surface.
A présent, son coeur s’agite, sa mémoire s’ouvrant aux souvenirs – chaque probabilité étant étudiée aussi profondément que rapidement. Elle pose certaines questions en se doutant des réponses – elle connaît Ciaran et les pensées qu’il peut émettre, sa façon de vivre, d’être. Elle ferme les yeux une seconde, respirant profondément, cherchant dans la brume épaisse le détail qui lui manque – le happant du bout des doigts, retenant un grondement frustré. Où a-t-elle pu en entendre parler ? Elle revient sur terre au bout d’un instant, parfaitement consciente que l’enjeu est plus important qu’il n’y paraît.

« Deux jours. Donne-moi deux jours. Tu me remercieras ensuite si tu y tiens encore. »

Sa voix retentit tel un écho aussi doux que rauque, se répercutant contre les murs avec
force, le sourire pointant malgré le sérieux de la situation. Deux jour, c’est le temps qu’il lui faudra pour trouver ce qu’elle cherche – non pas tant les ingrédients mais surtout la formule adéquate. Elle n’est pas sûre de posséder encore les écrits, sûrement devra t-elle aller chercher réponse dans le passé – dans ses souvenirs enfouis -, procédé aussi douloureux que complexe. Elle relève les yeux vers son ami, et se retient d’effacer l’humidité des larmes ayant roulées sur ses joues creuses – traitresses encore présentes au fond de son regard. Elle tente un sourire alors, une lumière caressante et rassurante au possible. Elle ne vaincra pas la mort, elle ne fera que la défier – une fois de plus, une fois encore.

« Tout se passera bien Ciaran. »

Elle souffle, reprenant, ancrant son désir dans la réalité jusqu’à le muer en certitude. Tout ira bien.
Elle arque cependant un sourcil lorsqu’il lui annonce le temps écoulé depuis sa trouvaille, mais ne commente pas. La boule grossissante d’angoisse est encore là, la peur s’écoulant par les pores de son ami tel du venin paralysant le statufiant. C’est bien pour cela qu’elle ne demande pas plus de précisions. La curiosité attendra – bien qu’elle le contemple à nouveau, avalant les détails cachés, comprenant les non-dits. Sa respiration se coupe lorsqu’il lui annonce l’âge de la petite, ses yeux s’écarquillant quelque peu. Elle est si jeune encore !

« Je passerais d’ici une ou deux heures. Le temps de préparer le nécessaire. »

Reprend t-elle alors, secouant la tête, ses boucles dansant en suivant le mouvement tendre de sa nuque. Elle se fige net pourtant, ne s’attendant pas à la suite. Oh, Ciaran. En deux pas elle se trouve près de lui, et c’est d’autorité qu’elle le prend dans ses bras, l’entourant, ses doigts frottant son dos. Elle ne pensait pas que cela serait aussi rapide, ni que cela serait aussi violent. Elle ne sait pas qui est ce « il », pourtant, elle ne pose pas la question. Elle ferme simplement les yeux, attendant que cela passe, écoutant les paroles confuses du renard – contemplant la ruine vaillante enfin se fracasser complètement, tour fissurée tombant roche par roche sur le sol, s’écroulant. Il se relèvera. Elle n’a aucun doute à ce sujet, ce ne sera qu’une question de … temps.

« Il sera toujours là, Ciaran. »

Elle inspire, doucement, le serrant contre elle, le berçant.

« Il ne sera simplement plus présent physiquement mais … Ses souvenirs demeureront. Tu le sais. C’est pour cela que tu es là. »

Elle se détache de lui subitement, prenant son visage brutalement dans ses mains, plongeant ses pupilles dans le regard glacé de remords de sa petite peluche fluffy.

« Si tu estimes avoir une dette à rembourser envers lui, alors vis. Bats-toi, plus que jamais, rugis. Vis et porte ta croix, mon ami, mais ne laisse pas le remord gagner. Jamais. Nous commettons tous des erreurs, Ciaran. Nous sommes tous marqués par la douleur, par la perte, par le chagrin – il nous arrive tous d’être statufié devant l’horreur, encore maintenant je suis bien trop souvent impuissante à arrêter le cour des événements. Cependant … Nous ne sommes pas tout à fait démunis. Tout ce que nous pouvons faire … C’est choisir comme l’appréhender, et faire au mieux pour avancer malgré cela. Nous pouvons l’accepter. Le renier. Le fuir. Il ne tient qu’à toi de choisir ce que tu veux faire réellement. »

Sa voix claque telle une gifle, avant que la douceur ne revienne, brutale, inespérée. Elle lui caresse doucement la joue, avant de lui prendre les mains et entrelacer leur doigts un instant, une seconde – éphémère contact au goût d’éternité.

« Toutefois … Si il t’a confié cette bague … C’est qu’il avait confiance en toi. Il te lègue un héritage, Ciaran. Voilà pourquoi elle est plus importante encore que sa valeur originaire, voilà pourquoi elle rayonne pour toi. Tu comptais sur lui autant qu’il compte à présent sur toi. Peut-être que sur l’instant tu ne pouvais rien faire pour aider ton ami mais … Il t’offre une chance de réparer cette erreur. On ne fait jamais un présent par hasard, Ciaran. Surtout pas de cette valeur. »

Elle lui sourit, tristement, avant de le reprendre contre son coeur et inspirer doucement.

« Où est-il mort ? »

Elle murmure doucement, un éclat décidé brillant dans ses yeux.

« Je ne sais si tu as pu lui offrir une sépulture mais si tel n’est pas le cas,  nous pouvons organiser une cérémonie si tu le souhaites. Si cela peut t’aider. »

Car si elle ne ramène pas les morts, elle peut au moins aider les âmes des vivants à cicatriser.
(c) AMIANTE




How can I say this without breaking ? How can I say this without taking over ? How can I put it down into words when it's almost too much for my soul alone ? I don't want them to know the secrets. I don't want them to know the way I loved you. I don't think they'd understand it, no, I don't think they would accept me, no ! I loved and I loved and I lost you. I loved and I loved and I lost you. I loved and I loved and I lost you ... and it hurts like hell


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I'll be here for you || ft. Ciaran

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