Partagez | .
 

 Tempus rerum imperator • Eva & Serena

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Invité
avatar
Invité

Message Sujet: Tempus rerum imperator • Eva & Serena Ven 3 Mar - 15:12

Rp en cours

sujet privé; ft. Eva & Serena

type ❖ temps présent (futur proche mais... voilà)

date ❖ après l'intrigue de SF, début Avril 2016, autour de 15h

informations spatio-temporelles ❖ Une usine abandonnée d'exploitation de betteraves sucrières à Ovid, Colorado. Superficie: 52ha. Altitude: 1077m. Population: 314. Météo: soleil, autour des 23°C (totalement hors-saison, mais j'ai vérifié)

intervention du MJ ❖ nope

AutreWhat a Face

©️ HELLOPAINFUL; revisité par SHADOW
Revenir en haut Aller en bas
Invité
avatar
Invité

Message Sujet: Re: Tempus rerum imperator • Eva & Serena Ven 3 Mar - 15:12






PRÉNOM
&
PRÉNOM
Tempus rerum imperator
Longe ligne de bitume qui fend le plateau comme une vieille cicatrice. A gauche, à droite, devant, derrière, s’étend sans fin que l’œil puisse atteindre cette terre couverte d’une herbe que le vent garde rase. Dans ce décor d’Amérique profonde et perdue, la forme sombre de la Maserati Ghibli qui avale voracement la route détonne violement. La voiture file le long de la route à une allure qui semble moquer les rappels de vitesse limitée croisés dans les derniers kilomètres. A droite de cette coupure rectiligne dans les cultures de blés s’aligne la voie unique du chemin de fer, aussi déserte que sa compagne de macadam à deux doigts de fondre sous un soleil de plomb. Vingt-trois degrés celsisus. Une température presque contre-nature à cette période de l’année. Se pourrait-il que l’Enfer se soit réellement ouvert sous leurs pieds ? Parti deux jours plus tôt en semi-catastrophe et passablement agacé de San Francisco, il roule depuis droit devant, sans se poser de questions ni se retourner sur ce qui a pu être dit ou fait. Un instinct qu’il ne comprenait pas au départ lui a hurlé de fuir, de partir maintenant. Alors il est parti. Parce que qu’il est arrivé au point où la vue de cette mascarade de famille que son frère se construit le rend malade. Parce qu’il ne peut plus endurer sans rien dire ce caprice contre-nature et dangereux dans lequel son frère s’entête. Qu’il soit heureux, mais Melchior refuse d’assister à une autodestruction annoncée. Et parce que s’il ne part pas maintenant, il se pourrait que l’agacement que provoque le comportement de princesse de pacotille du jouet humain de son frère le pousse à la tuer de ses propres mains. Alors il est parti. Jusqu’à ce qu’il découvre qu’aux raisons civilisées s’en ajoute une, animale et instinctive.


Un coup d’œil bref dans le rétroviseur sur le reflet de l’horizon vide le rassure, mais ne l’apaise pas. Il sait qu’il est pisté. Qu’ils sont là. Comment ont-ils trouvé sa piste ? Vu le chaos sans nom et les choix stratégiques discutables qui ont été fait, ce n’est pas bien difficile. Même un chasseur de seconde zone pourrait leur mettre la main dessus. Son regard se concentre de nouveau sur la route, sur cette droite sans fin, et sur cette température qui n’améliore pas son humeur. Les vitres fumées lui offrent assez de protection contre ce soleil en avance de trois mois sur la saison, mais la fatigue accumulée de conduire sans s’arrêter pendant deux jours et une nuit commence à entamer son humeur. Il pourrait encore continuer longtemps. Mais la fuite est devenue une chasse, et il semble s’être retrouvé malgré lui la proie. Il pourrait continuer. Rouler jusqu’à l’Est, ou trouver un aéroport – Denver n’est plus très loin - et trouver refuge auprès de son vieil ami à Atlantic City. Alors pourquoi une partie de lui crie d’envie de s’arrêter, de les affronter, de les laisser finir ?  


Ovid. Quelques maisons perdues dans la plaine, avec un taux de consanguinité dont il ne veut pas avoir connaissance. Il pourrait s’arrêter. Il devrait s’arrêter. Essayer de se cacher, peut-être. Cette envie irrationnelle – attrait du risque, ou accès de force de cette envie suicidaire dont il ne peut se débarrasser. Ou péché d’orgueil. Il n’est pas homme à fuir, et ne le sera jamais. La voiture tourne brutalement à la sortie de la ville, sur une route minuscule au bout de laquelle trône le vestige de la fierté industrielle d’Ovid. Une usine en décrépitude, rongée de rouille et de lierre. Un hangar ouvert, derrière l’usine, abrite sa voiture des regards, et quand le moteur s’éteint sur son ordre, le silence angoissant de la plaine reprend ses droits. En ouvrant la portière, la fournaise de cette cage de métal soumise au soleil l’agresse, mais il ne cille pas. Evitant les poches de soleil qui percent par les trois béants du toit de tôle, il tire de son coffre le sac contenant le nécessaire pour leur faire passer l’envie de lui donner la chasse. Ils veulent l’éliminer ? Qu’ils le trouvent, et l’achèvent. Mais qu’ils se préparent. Et sans un son de plus, il s’engouffre dans les méandres sombres des entrailles métalliques de l’usine.
CODAGE PAR AMIANTE
Revenir en haut Aller en bas
Invité
avatar
Invité

Message Sujet: Re: Tempus rerum imperator • Eva & Serena Jeu 9 Mar - 9:08

Tempus rerum imperator. #Melchior & Serena


Elle avait fuit. Il n'y avait pas d'autre mot pour qualifier son départ précipité de la Nouvelle Orléans, sans un regard en arrière pour la ville de son enfance. Ce qu'elle y avait aperçu avait réveillé en elle de vieux souvenirs qu'elle avait maintenu sous clé de peur de ce que cela pourrait déclencher. Et au fond d'un regard bien trop ancien la jeune femme s'était sentie tomber dans des abysses insondables qui l'avaient dangereusement fait douter d'elle-même. Elle s'était arrachée au vide, le cœur au bord des lèvres et battant son rythme désordonné comme un mécanisme sur le point d'exploser. Eva avait tourné le dos à la ville qui ne dormait jamais, abandonnant là le carnaval et sa musique exubérante, comme pour fuir une vérité qu'elle n'avait fait qu'effleurer du doigt. L'ouest, toujours. Encore et encore. La première direction qui lui était venu à l'esprit alors qu'elle fuyait sur l'interstate, mains crispées et regard fixé sur le bout de la route. Elle n'avait pas regardé en arrière, se persuadant qu'il n'y avait rien, que ça n'était pas arrivé. Le message était apparu, alors que, cédant à l'épuisement elle s'arrêtait quelques heures fugitives dans un hôtel de Santa Fe. L'occasion parfaite de s'occuper l'esprit, de penser à autre chose et surtout de se convaincre que rien de tout cela n'était arrivé.

Fidèle à son poste, Johanna avait transféré l'appel. Comment avait-elle su où elle se trouvait relevait du mystère. Elle semblait toujours, avec une précision quasi surnaturel, avoir un coup d'avance sur elle. Serena Woodsbury l'attendait aux environs de Colorado Springs avec une proposition qu'elle ne pourrait pas refuser. Une chasse au vampire. Rien de mieux qu'un affrontement du Bien contre le Mal pour lui permettre de laver sa honte dans le sang. Serena n'était pas une inconnue pour elle et sa réserve habituelle tombait comme une aide providentielle alors qu'elle n'avait pas particulièrement envie de s'étendre en long discours inutiles. Retrouver la cible, l'abattre, point final. Leur chasse les avait conduites à une petite bourgade du nord-est du Colorado, à peine suffisamment grande pour mériter de porter le nom de ville. Partout des plaines mornes, mangées par une végétation desséchée et des bâtiments industriels à l'abandon. La cible était d'importance, un gros poisson. Et Eva ne pouvait s'empêcher de se demander comment elles avaient pu remontrer sa trace avec autant de facilité. On aurait juré que le chemin était tout tracé. Comme si on avait posé des jalons pour les guider. Et elle avait suffisamment été utilisée comme un pion ces derniers temps. A cette idée, son regard se durcit et son poing, posé contre la vitre se serra. Non. Ne pas penser à ça.

Elles se regardèrent brièvement alors que la blonde garait sa mustang en retrait, se dissimulant à l’abri d'un bâtiment usé par le temps, sa carcasse métallique agitant ses griffes comme le squelette d'un animal abandonné dans le désert. La brune se garda bien de lui poser toutes les questions qui la taraudaient. La tension montait doucement, le stress familier de la chasse sur le point de commencer. Et alors qu'elle organisait soigneusement ses affaires, son regard se posa sur elle, lèvres pincées.

«  Il nous attend, tu le sais ? »

C'était une évidence. Cette plaine déserte brûlée par le soleil, cette usine qui tombait en poussière, le silence écrasant, le décor était planté pour une pièce en un acte qui tombait comme un couperet sans offrir la moindre porte de sortir. Quelles mains invisibles avaient orchestré cette scène dans l'ombre, quel anonyme se réjouissait à l'avance du sang qui serait versé ici. Elle avait beau fuir, elle sentait toujours les fils invisibles du marionnettiste lui entravant les poignets. Et malgré la force de l'habitude et de l'expérience, Eva gardait la sensation tenace qu'elle était un pantin sur le point de jouer une tragédie.
© 2981 12289 0
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé

Message Sujet: Re: Tempus rerum imperator • Eva & Serena

Revenir en haut Aller en bas
 

Tempus rerum imperator • Eva & Serena

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Serena Van der Woodsen
» Serena Van Der Woodsen
» ¤ Serena de Saphir ¤
» Serena la démone
» [ROSA] Distribution du Feunnec de Serena !

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Solemn Hour :: Rps-