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 Good morning, sunshine • Kirk

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Message Sujet: Good morning, sunshine • Kirk Jeu 20 Oct - 5:57

Rp en cours

sujet privé; ft. Kirk

type ❖ temps présent

date ❖ mars 2016

informations spatio-temporelles ❖ matinée, temps frais mais sec (10°C)

intervention du MJ ❖ nope.

Autre

© HELLOPAINFUL; revisité par SHADOW
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Message Sujet: Re: Good morning, sunshine • Kirk Jeu 20 Oct - 5:57


BROTHER, LET ME BE YOUR SHELTER
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Il ne se rendit compte que la matinée s’était avancée que lorsque la lumière, pâle mais chaleureuse, rose du matin qui se levait, vint se réverbérer sur les chromes astiqués de sa précieuse Harley, lui tuant pas la même occasion l’iris droit par réverbération. Dans un grognement qui témoignait de l’état actuel des muscles de son dos, il se redressa, émergeant des entrailles métalliques de la Plymouth Sapporo qu’on lui avait confiée. Le fait que cette erreur de l’industrie automobile des années septante roule encore était en soi un petit miracle ; la réputation qu’il s’était faite dans le quartier depuis leur arrivée faisait qu’on lui amenait toujours les cas désespérés. Tu parles, ouais. A ce stade ce n’était plus un cas désespéré, c’était l’équivalent automobile de lève-toi et marche.

Essuyant sommairement le cambouis noir et granuleux sur ses mains, il plongea dans sa poche, sortant d’un geste mécanique une cigarette et son briquet. Vieille habitude qui finirait probablement par le tuer, mais quand on a passé la moitié de sa vie a tuer des bestioles dont le régime alimentaire est basé sur les viscères humaines, on n’est plus vraiment à ça près. La fumée se dissipa doucement dans l’air frais de ce matin de printemps. L’hiver s’en allait à peine, et San Francisco commençait déjà à se réchauffer, sortant d’un hiver doux comme tous les autres. Il ne s’y faisait pas. Il avait été élevé à Houston, voyagé un peu partout, mais il avait toujours trop chaud. Ils auraient dû émigrer en Alaska. C’était bien, l’Alaska. En plus là-bas, Kirk aurait probablement la paix.

Penser à son ami lui rappela pourquoi il était descendu au garage, quelques maisons plus loin que la leur, à une heure indécente de la nuit. Il détestait les surlendemains. C’était comme les surlendemains de geule de bois – l’impression était pire que quand il fallait subir les symptômes. Il tira une autre bouffée, dans l’espoir idiot que ça allait lui calmer les nerfs. Son corps tout entier était courbaturé d’être resté assis à veiller trois nuits et trois jours sur le sol de leur petite maison, son fusil sur les genoux, les balles en argent à l’intérieur lui donnant la nausée habituelle. Il avait dormi vingt-quatre heures, mangé comme quatorze, et maintenant son cycle de sommeil était un indescriptible bordel. Alors plutôt que de se retourner dans son lit sans pouvoir ferme l’œil, il avait enfilé les deux premiers trucs qui lui tombaient sous la main et était descendue désosser le moteur. Ça lui calmait toujours les nerfs ça, de déboulonner et de s’acharner sur du métal qui demandait merci.

C’était toujours la même rage. La même impuissance, qui le rendait marteau. Et Kirk qui ne disait rien, qui subissait, qui acceptait. C’était peut-être ça qui le rendait le plus fou. Un long soupir chargé de nicotine lui échappa, et il ferma dans un roulement sec de métal la grande porte du garage, puis se mit en route vers ce qu’ils appelaient maintenant leur maison. Si on leur avait dit, il y a quelques années de cela, qu’ils en seraient là aujourd’hui. Un ricanement sans joie lui échappa. Tu parles, ouais. Ils étaient plongés dans un merdier sans nom, mais ils faisaient semblant que tout allait bien.

Il poussa la porte d’entrée, s’avança doucement dans leur petite maison, et trouva la cuisine vide. Un coup d’œil à l’horloge – huit heures du matin. Dans l’espoir qu’une dose de caféine éclaircirait son humeur, il s’apprêtait à en préparer, seulement pour remarquer que le percolateur terminait de crachoter. Donc, il était debout. Ignorant cette pensée dans un grognement, il se servit une généreuse tasse de café bouillant – concédant à nouveau que son meilleur ami était un dieu du percolateur, parce que madre, ce café – et s’y brûla les lèvres sans sourciller. Appuyé sur le comptoir de bois aggloméré, il attendit encore quelques minutes, jusqu’à ce que finalement son caractère mal léché, particulièrement expressif ce matin, finisse par l’emporter. « Tu comptes te montrer, hermano, ou tu la joues loup solitaire ? » Bon, d’accord, ce n’était peut-être pas mérité, surtout avec une offrande de café – mais c’était plus fort que lui. Caractère de merde oblige.

EXORDIUM.





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Message Sujet: Re: Good morning, sunshine • Kirk Jeu 20 Oct - 23:55

Good morning Sunshine
Si les nuits de pleine lune étaient pour moi un véritable cauchemar, les jours les suivants directement n’étaient pas forcément mieux. Pendant la pleine lune, je suis en proie à mes instincts animaux, ceux qui me font honte ; j’ai l’impression paradoxale de m’éloigner toujours un peu plus de moi-même tout en devenant plus complet…L’anxiété est ma plus fidèle fan à cette période, du fait des sensations citées plus haut. La peur au ventre de faire du mal autour de moi, surtout à Hernan. Si jamais je le blessais, de quelque façon que ce soit durant la pleine lune, je ne pourrais jamais me le pardonner. En espérant que je ne le tue pas – son cœur, humain et battant si librement dans sa poitrine est une véritable torture de chaque instant à l’approche de la pleine lune – je ne pourrais pas faire comme si rien ne s’était passé. Et si jamais je le rendais comme moi, sans même m’en souvenir une fois le soleil revenu ? Alors oui, j’avais peur de ce que je devenais et c’est bien pour cela que je tentais toujours de reculer l’heure à laquelle Morphée viendrait me chercher pour m’emmener au pas des songes. Mais une fois les trois jours de pleine lune passés, on serait en droit de penser que notre vie pouvait reprendre son cours normal, comme s’il ne s’était rien passé de particulier.

Quelle grave erreur. Alors certes, je retrouve ma forme humaine, mes instincts de nouveau enfouis profondément en mon être afin qu’ils ne me nuisent plus, j’ai de nouveau l’impression d’être moi-même. Mais les cicatrices laissées par les chaînes en argent, ainsi que les balles du même métal sonnant et trébuchant sur une table sont les preuves qu’il s’est passé quelque chose de désagréable. On le sait, pourtant, le lendemain, on fait comme si nous ignorions complètement ce qu’il s’était déroulé ces trois dernières nuits. Le fait qu’Hernan aille s’écrouler dans une sorte d’état proche du coma pendant vingt-quatre heures juste après le petit déjeuner aidait, il faut bien le dire. En général, je profitais de son sommeil de plomb momentané pour ingérer ce qui m’était à présent obligatoire pour survivre vu ma nouvelle nature : le cœur d’un animal, acheté au préalable chez un boucher posant peu de questions et mis au congélateur jusqu’à ce que j’en ai besoin. Bien cuisiné, ça pourrait ressembler à une viande quelconque, ne faisant pas même sourciller un humain lambda. Pourtant, en manger devant Hernan…Un autre rappel de ce que j’étais et du merdier dans lequel nous nous trouvions aujourd’hui. Je le faisais, parce que je ne pouvais pas me contenter d’une seule fois par mois, mais je n’aimais pas cela. J’avais…honte. Ca peut paraître ridicule, mais c’est ainsi.

En revanche, le surlendemain, je le redoutais de manière pire encore qu’une balle en argent. Car le surlendemain, Hernan est réveillé ; les trois nuits sont encore trop fraîches pour que tout soit comme avant (si tant est que nous pouvions imiter ces moments de « normalité » pour nous, vu notre style de vie), et nous allions passer beaucoup trop de temps à nous observer et à ressasser pour que l’atmosphère soit autre chose qu’étouffante. En général, les surlendemains, je les passais dans ma chambre, à travailler sur un projet ou un autre, du moins ceux qui ne nécessitaient pas de vrais instruments. Car tout mon atelier se trouvait à la cave, dans la même pièce que la cage me retenant, et je vous assure qu’après trois jours là-bas on n’a pas forcément envie de s’en approcher si l’on peut l’éviter, croyez-moi. J’évitais Hernan, tout en faisant en sorte de ne pas le laisser croire que je l’ignorais totalement. La preuve en était ce matin : je ne l’avais pas vu dans sa chambre, ni avec sa moto, ou encore affalé sur le canapé, un livre en main, il était donc debout mais pas dans la maison. Je regardai l’heure sur le cadran de l’horloge du salon et y lit sept heure quarante-cinq. Il fera bientôt jour et s’il n’était pas là, Dieu seul savait depuis combien de temps il était debout. Je préparai alors du café, le laissant s’écouler doucement dans la cafetière servant à la fois de thermos, alors que je filais dans ma chambre. J’avais du travail de toute façon : je tentais de rassembler tout ce que nous savions sur les différentes créatures que nous affrontions en un seul endroit, un genre de bestiaire, qui nous aiderait à identifier et tuer plus rapidement les bestioles sans passer des heures à chercher.

J’entendis la porte d’entrée s’ouvrir et se fermer et sans vraiment le vouloir, je me tendis. Sans trop savoir comment, je sentais que la confrontation, sur un sujet ou l’autre, allait arriver sous peu, que je le veuille ou non. J’enfile les bracelets que je porte généralement pour cacher les cicatrices sur mes poignets, de larges bandes de cuirs, noires ou marrons, couvrant juste comme il fallait les cicatrices. Pourtant, les porter ne m’était pas confortable, les plaies étaient encore un peu à vif, même quarante-huit heures après avoir été imprimées dans ma peau et la sensation du cuir, brut et rigide, n’aidait pas la douleur. Mais je subissais, parce que vu ce que j’étais, vu ce que je pouvais faire subir aux autres si on me lâchait dans la nature, je trouvais cela peu cher payé.

Je planchais sur mon bestiaire en création depuis une petite vingtaine de minutes quand Hernan finit par parler. Il n’avait pas besoin de crier pour que je l’entende. Le silence dans la maison était assourdissant, et il savait très bien où me trouver s’il le souhaitait. Sa phrase me tira un soupir accompagné, pourtant, d’un léger sourire amusé. Je me levai de ma chaise pour aller le retrouver dans la cuisine. Je m’appuyais contre l’encadrement de la porte, gardant une certaine distance entre nous.

"Je travaillais sur le bestiaire."

Je ne m’excuse pas. Il saurait, de toute façon, que je mentais en m’entendant le dire, autant ne pas affiner un peu plus la patience déjà très fine de Hernan. Croisant les bras sur mon torse, je finis pourtant par ajouter.

"Tu as faim ?"

On pourrait croire que je passe mon temps à cuisiner, mais ce n’est pas le cas. Simplement, après la pleine lune, j’ai en général des raisons plus que valables pour me faire pardonner. De l’avoir mis dans cette situation en premier lieu, de mon comportement la veille et le jour même de ma transformation, de l’avoir fait veiller quasi non-stop durant ces quelques nuits d’horreur. Je ne me contentai pas de cuisiner pour tout cela, mais ça faisait partie des petits rituels qui me faisaient croire à un beau rêve de normalité.
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Message Sujet: Re: Good morning, sunshine • Kirk Dim 19 Fév - 17:10


BROTHER, LET ME BE YOUR SHELTER
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La longue gorgée de café qu’il avala lu brûla la gorge, descendant le long de son œsophage dans une coulée de feu qui le força à ravaler un rugissement. Ces matinées le rendaient fou. Il avait pour Kirk une affection immense, qui dépassait sans doute ce qu’il aurait pu exprimer par des mots ; il aurait pu donner sa vie pour lui, en un clin d’œil, sans réfléchir. Mais ce regard fuyant et cet air perpétuel de chien battu qu’il arborait dans les jours qui suivaient lui donnaient envie de lui enfoncer la tête dans le mur. Ils n’avaient jamais été hommes de beaucoup de mots. Entre eux le silence n’était que la manifestation d’un lien si profond que la communication était devenue non-verbale depuis longtemps. Sauf le surlendemain. Alors le silence devenait lourd, épais, et ils s’y empêtraient, maladroit et mal à l’aise, laissant passer tous ces non-dits qui les rongeaient. Jusqu’à la prochaine lune. Lui-même en était venu à redouter la lune. Il n’avait même pas besoin d’un calendrier ; il connaissait chez Kirk le moindre changement de caractère, la moindre inflexion de ton, la moindre irrégularité de son comportement. Il pouvait presque voir, les veilles de lune, l’ombre de la bête dans le regard normalement doux de son ami ; et ce reflet fugace de tout ce qu’ils avaient déjà perdu et avaient encore à perdre faisait naître en lui une rage telle qu’il lui fallait souvent s’éloigner pour éviter de détruire le premier truc qui lui passait sous la main. La rage qui bouillait en lui ce matin-là était d’une nature différente. C’était une colère de fatigue et de lassitude. Il était las de voir toujours la même souffrance, la même angoisse, le même soulagement épuisé se répéter. Et toujours la lune revenait, leur enlevant un petit bout d’âme à chaque passage.

Une voix l’arracha à ses réflexions, et il remarqua seulement qu’il était plongé dans une contemplation muette et colérique de son café qui refroidissait. Il avala le reste du liquide qui tiédissait déjà d’une traite, et reposa la tasse qui claqua sur le plan de travail dans un bruit sec. Son regard trop clair, unique indice sur des origines perdues dans l’oubli, se planta dans celui de Kirk. Le bestiaire. La nourriture. Kirk se berçait d’une normalité qu’ils avaient perdue depuis longtemps, un funeste soir de chasse. Mais son ami s’y accrochait, désespérément, obstinément, éperdument. Ses yeux, suivant la courbe des bras croisés de l’homme face à lui, et un grognement d’agacement lui échappa. Tête de mule. Franchissant les quelques pas qui les séparaient, il attrapa d’autorité un des bras de Kirk avec la brusquerie muette qui faisait sa marque, et détacha le bracelet de cuir que son ami portait toujours, dévoilant la peau encore à vif de trois jours et trois nuits de chaînes en argent. Il releva un regard dur vers son ami. « Tu te la joues Moyen-Âge ? Souffrir pour se repentir ? » Sans un mot de plus, il détacha l’autre bracelet, mettant fin à cette manie idiote qui, elle aussi, se répétait à chaque lune. « Assieds-toi. Je vais chercher le baume de mamá. » Il pointa d’un geste autoritaire la table de cuisine et les chaises, puis disparut à l’étage. Il revint deux minutes plus tard, un pot en main. Cette pommade était faite d’une recette ancestrale de la lignée de sa mère, dont le secret ne se transmettait qu’aux filles. Mais Valentina, précieuse Valentina, apprenant les nouvelles activités de son frère, avait trahi le secret familial pour lui fournir la précieuse recette de ce baume qui apaisait tous les maux et guérissait toutes les blessures.

Il dévissa le pot et attrapant d’autorité un des avant-bras de Kirk, juste sous le poignet, il entreprit d’étaler le baume, avec une délicate habileté qu’on aurait pas soupçonnée chez lui. Concentré sur sa tâche, les yeux rivés sur ce qu’il faisait, le silence s’étira lentement entre eux. Mais déjà, il semblait moins lourd. Plus électrique, peut-être. La colère bouillonnait toujours. Mais il avait pris l’habitude. La rage était une vieille amie contre laquelle il avait lutté des années, avant de décider qu’il ne vaincrait jamais. Depuis il marchait sans cesse sur le fil ténu de son sang-froid, basculant parfois dans un accès de rage incontrôlé. « On ne peut pas continuer comme ça, hermano. » Il lâcha un poignet pour s’atteler à soigner l’autre, sans relever les yeux vers le visage de Kirk. Sa voix avait vibré dans le calme de la pièce, le silence s’engouffrant dans le vide laissé par ses mots. Puis il soupira, et ajouta dans un souffle, « Toi qui cuisine, qui écrit ton bestiaire, moi qui bricole. Et pendant ce temps on s'ignore comme deux crétins, parce qu'on a pas les boules de dire la vérité. Mais tu veux savoir la vérité ? C'est qu'on est en train de crever à petit feu, et que si on n'y passe pas d'ennui, quelqu'un finira par venir s'occuper de ton cas et du mien. » La violence de ses propres mots le surprit. Mais ils étaient venus naturellement ; non-dits trop longtemps refoulés, ils avaient enfin trouvé le chemin de ses lèvres, rendant réel ce que tous les deux s’étaient toujours employé à nier de leur mieux. Et peut-être qu’ils y étaient. Au point de non-retour.


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Message Sujet: Re: Good morning, sunshine • Kirk Dim 19 Fév - 19:46

Good morning Sunshine
Je prends le temps d’observer Hernan alors qu’il ne me regarde pas. Appelez-moi lâche si vous le souhaitez, mais dans les quelques jours qui suivent la pleine lune, je n’arrive pas à croiser le regard de mon ami plus d’une seconde sans avoir l’impression d’être décortiqué à la loupe, voire au microscope. Il a toujours eu un regard perçant, c’est quelque chose que l’on remarque tout de suite et je sais que beaucoup de choses passent entre nous quand nos regard si opposés l’un à l’autre (l’un bleu comme les eaux calmes et l’autre brun comme la terre sous nos pieds) se croisent. Depuis le début de notre relation c’est ainsi ; nous avons un lien qu’il est difficile de décrire avec les mots conventionnels d’affection que le langage connaît. Nous à la fois opposés et complémentaires, comme une entité qui ne serait pas complète s’il manquait l’un d’entre nous. Etait-ce ce lien si particulier qui avait permis à Hernan de renier ceux qui l’avaient pris sur leur aile, pour fui en m’emmenant avec lui ? Pour me sauver la vie alors que tout ce qu’il avait appris jusque-là allait à l’encontre de cette décision arbitraire et, oserais-je le dire, égoïste pour le reste de l’humanité ? N’allez pas croire que je lui en veux, oh non. Jamais je ne pourrais lui en vouloir pour cela. Après tout, si je suis en vie aujourd’hui c’est grâce à lui et à cette action égoïste quelques années plus tôt, et je suis bien content d’être en vie.

Le claquement de la tasse sur le plan de travail me sort de mes pensées et nos regards se croisent. Je ne bouge pas, affichant toujours le même calme qu’à l’habitude, mais il sait bien que sous ce calme apparent se cache une nervosité et une culpabilité qu’il pourrait couper au couteau si elle avait la moindre présence physique. Quand ses yeux quittent les miens, je dévie mon propre regard vers le sol, un peu sur ma droite, afin d’éviter de croiser mes poignets et les bracelets qui les ornent. Pourtant je le relève en entendant son grognement, quelque chose qui ne me disait rien qui vaille. Je le vois marcher avec cet air à la fois revêche et déterminé que je lui connais bien et je me redresse de là où je suis appuyé, attendant ses prochaines actions. Elles ne tardent pas à arriver ; il se saisit d’un bras, et je combats mon instinct premier qui est le forcer à me lâcher et de récupérer mon bras, mon poignet et de le cacher à sa vue. Je pourrais, si je le voulais, mais je ne le fais pas et je détourne non seulement le regard, mais aussi le visage, ne répondant pas à sa question. Il connaît la réponse sans que je n’aie besoin de la lui rappeler. Je me laisse faire et lui obéit, bien que je n’ai qu’une envie, cacher mes poignets et me cacher tout court, m’enfouir sous du travail et des projets divers, desquels Hernan ne s’approche pas. Mais s’il me connaît, je le connais aussi et je sens bien que ce n’est pas l’un des moments où je peux me permettre de faire ma tête de mule, aussi tentant cela puisse paraître.

Il revient avec le pot en question. La fraicheur du baume sur ma peau meurtrie me fait un choc tout en soulageant marginalement la douleur que je sens pulser sans cesse à cet endroit et je ne retiens pas un léger son, entre douleur et soulagement, comme si mon corps ne savait quoi décider à cet instant précis. Je serre les dents et ne dis plus rien par la suite. Ce n’est pas lui qui est brute, aussi étonnant que cela puisse paraître, c’est plus le choc premier. J’entends ses mots et j’hausse un sourcil, dubitatif. Mais encore ? Je m’attendais encore à une phrase aussi mystérieuse que sans suite face à mon silence, mais je me trompais. Il reprend et la violence de ses propos me serrent la poitrine dans un élan de colère et de culpabilité, l’un nourrissant l’autre en un cercle vicieux dont je ne voyais pas la fin. Comme on le dit souvent, la vérité fait mal à entendre. On peut avoir conscience de cette vérité sans vouloir se l’admettre à soi-même, et c’est quand on nous la renvoie dans la figure qu’elle fait très mal. Je me force à ravaler colère et attitude avant de lui répondre, je ne veux pas envenimer les choses, sans même avoir conscience que c’est peut-être mon détachement des situations qui l’enrage le plus.

"Et qu’est-ce que tu proposes ? Nous ne pouvons pas nous payer le luxe d’être mobile comme nous l’étions avec le reste du groupe et tu le sais très bien. Et je ne peux pas miraculeusement supprimer mon petit souci mensuel. Je sais que la situation est loin d’être idéale et je suis désolé que tu ais à la subir toi aussi, alors que tu n’as rien demandé à personne…" tant qu’on était dans les vérités, autant aller jusqu’au bout "A dire vrai, je ne sais pas comment tu peux vouloir encore t’encombrer de la sorte."

Je n’ai pas besoin d’élaborer, il sait très bien de quoi je veux parler et je sens que sa réponse est imminente mais mon téléphone sonne et je le sors d’un geste précis et rapide. Ma mère… ? Je hausse un sourcil intrigué et me lève, lui faisant signe que je dois répondre. En temps normal je n’aurais pas répondu, mais si ma mère prend la peine de m’appeler c’est que ça doit être important. Je décroche et rien qu’à la voix de ma mère je sais qu’il s’est passé quelque chose. Je l’écoute sagement, répondant à ses quelques questions de conversation par des réponses lacunaires, puis la nouvelle tombe. Mon père a fait une mauvaise chute et se retrouve obligé de rester à la maison pendant trois semaines. Une légère commotion cérébrale d’avoir pris un choc à la tête, la hanche fissurée et de beaux bleus. Rien de très grave en soi, mais suffisamment pour que les médecins soient plus précautionneux, vu son âge. Quand elle a fini, je m’enquis de son état actuel, de son moral et son humeur. Comme à l’habitude il ne veut pas me parler, mais pourquoi changer les bonnes vieilles habitudes, hein ? Quant à elle, elle va bien ce qui est déjà rassurant. Il y a quelques secondes de silences gêné, comme si elle voulait me demander quelque chose mais n’osait pas. Finalement, on raccroche chacun et je retourne à la cuisine, retrouvant Hernan.

"C’était ma mère." Je m’assois à nouveau avant de reprendre "Mon père a fait une chute. Quelques blessures, mais rien de grave ou de très handicapant. Il est en repos forcé pour trois semaines. Elle voulait me prévenir."

Quoi d’autre ?
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