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 [terminé] Oh Mother, where have you been? ft Elizabeth Rochester

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Message Sujet: [terminé] Oh Mother, where have you been? ft Elizabeth Rochester Ven 14 Oct - 9:49

terminé

privé; ft. Elizabeth W. Rochester

type ❖ Temps présent

date ❖ Mars 2017

informations spatio-temporelles ❖ Début d'après-midi et malgré ce que l'on pourrait penser, un très beau soleil brille sur la ville, même s'il fait encore un peu frisquet.

intervention du MJ ❖ Non, merci bien.

Autre ❖ FEEEEEEEEEEEEEEEEELS Ahem.

© HELLOPAINFUL; revisité par SHADOW



Oh mother, where have you been?
Je n’aime pas me voiler la face. Au contraire, je serais plutôt du genre à embrasser ce que je vois, ressens, comprends, de manière pleine et entière. Je n’utiliserais pas l’argument du « la vie est trop courte pour perdre du temps à se poser des questions sur soi », car après tout, du temps, j’en ai plus qu’il n’en faut à priori. Non, j’use simplement de l’argument qu’il est stupide de nier des évidences. On peut ne pas voir tout de suite ce qu’il se passe ; on peut ne pas se rendre compte. Dans ce cas ce n’est pas du déni, mais de l’ignorance, qui sont deux choses très différentes. En sommes, je ne suis pas de ceux qui nient ce qu’ils découvrent, encore moins quand c’est de leurs propres yeux, et pourtant, j’étais en un cas terrible de déni. Enfin, non, pas de déni à proprement parlé, plus…De tenter de faire sens de quelque chose qui n’en faisais pas. Tout en ayant du mal à accepter que cette chose soit vraie…Et là je vous perds, n’est-ce pas ? Vous ne savez pas à quoi je fais référence et pourtant, je vous en parle comme si vous étiez au courant de toute l’histoire. Mauvaise manie que j’ai, vraiment. Terrible, terrible manie que j’ai là. Alors laissez-moi vous expliquer.

Quand j’avais cinq ans, ma mère a disparue, on l’a déclarée morte. Le premier grand choc de ma vie de garçonnet, qui aura une influence plus que certaine sur mon développement futur (pas que je m’en plaigne). Durant toute ma vie, et je ne plaisante pas, à partir du moment où j’ai été assez grand pour lire, j’ai commencé à poser des questions, à savoir ce que la mort voulait dire, si nous y pouvions quelque chose…Oh, j’ai grandis chez les Styne, descendants directs du fameux Docteur Frankenstein. La mort n’est pas une limite chez nous, à peine une étape. Alors, sans que personne ne le sache réellement, j’ai travaillé à un projet de ramener ma mère avec son âme. Chose qui n’a encore jamais été faite jusque-là. Sans que le reste ne sache exactement de quoi il retourne, ou plutôt qui, c’est pour la simple et bonne raison qu’à part mon père et mon frère, personne ne semblait bien triste de la voir morte, ma mère. Cette femme qu’ils ont considérée comme gênante, suffisamment pour la faire assassiner. Mais passons. Donc, voilà le travail de toute une vie : étudier, travailler, tester, expérimenter, toutes les étapes et les calculs dans l’idée de retrouver cette mère qui malgré son absence physique a toujours été là. Un travail pour lequel j’avais déjà trouvé un corps. Seul défaut de notre artisanat, il nous fallait un corps. Celui de ma mère n’ayant jamais été retrouvé…Je vous laisse faire le calcul.

Mais voilà qu’il y a un mois, tout ce monde minutieusement construit, toute cette vie passée à s’obséder sur un projet que beaucoup jugeaient impossible, s’écroulait. Un bar, la veille de la Saint Valentin, et la voilà qui réapparaît. Ma mère, à peine plus vieille que ce dont je me souvenais du haut de mes cinq ans. Plus petite que dans mes souvenirs, mais ce n’est pas très étonnant quand vous passez de un mètre à un mètre quatre-vingt environ. Certains penseront que je serais heureux de la retrouver, vivante, et telle que dans mon souvenir. Pourtant, ce n’est pas exactement le cas. Je ne peux empêcher une partie de moi, cette partie appartenant à l’enfant que j’étais et qui n’est plus aujourd’hui, d’être heureux, mais pour la majorité…Ce n’est pas le cas. Enfin. Essayez d’envisager cela : Vous passez littéralement votre vie à tenter de recréer votre mère, rien d’autre ne prend autant de place dans votre vie. Toutes les décisions, les manœuvres que vous avez pu mettre en place ont été dans ce sens. Votre raison de continuer à vous battre, à être devenu un paria à votre propre nom. Tout cela s’envole d’un claquement de doigt parce que vous l’avez vue, elle, dans un bar au patron douteux dans le centre-ville de Chicago plus de quatre-vingt ans après. Expliquez-moi comment vous êtes sensé vous sentir quand votre vie perd son sens ?

Oh, je n’étais pas bien ce soir-là en rentrant chez moi. A dire vrai, moi qui avait pensé aider Brooke avant de filer, cette idée s’est très vite transformée en fuite à l’anglaise, rejoignant aussi vite que possible la maison en banlieue que j’avais achetée il y a quelques années. A partir de là, le carnage a commencé. J’ai mis mon labo sans-dessus-dessous de mes simples mains et ma force considérable. Brûlant toutes les fiches sur mon projet, les calculs, les croquis, les mesures, les listes, les procédures possibles et celles nécessaires. Tout y est passé. Absolument tout. Ce qui m’empêcha de simplement mettre le feu à tout le labo fut que si les pompiers débarquaient, je risquais de faire un autre carnage, le genre dont je ne pourrais pas ressortir libre et ça n’était pas envisageable.

Les jours qui suivirent, j’ai bu beaucoup plus que de raison. J’arrivais ivre au travail, pas qu’une fois. Le secrétaire était hystérique à ce sujet, et Adam, personne pourtant tranquille en générale, y allait de son commentaire. Je fus mis en repos forcé, et c’est dans cet état que je suis encore. Laissé seul à mes pensées maintenant, je ne sais plus vraiment où j’en suis. La sonnerie de mon téléphone retentit et je grognai. Qu’on me laisse en paix, enfin ! Ne voyez-vous pas que je me complais dans mon désespoir ? La sonnerie s’arrêta, et je lâchai un soupir agacé à cette sonnerie. Pourtant, moins de deux minutes plus tard, il sonne à nouveau et je me lève, bien décidé d’envoyer se faire voir en Enfer celui qui ose m’appeler dans ces temps de solitude nécessaire.

"Quoi ?!"
"Tu me parles sur un autre ton jeune homme. Et tant que j’y suis, petit rappel, je suis secrétaire, certes, mais ça ne veut pas dire secrétaire personnel de Mr Styne."
"Pardon" je me pince le nez, qu’est-ce que le funérarium me voulait encore "Qu’est-ce qu’il y a ?"
"Une femme est passée au Funérarium, elle te cherchait. Comme je ne donne l’adresse de mes employés, elle m’a laissée la sienne et voudrait que tu ailles la voir."
"Tu as un nom ?"
"Elizabeth Rochester."
"…Donnes-moi l’adresse."

Le nom de famille n’était pas Styne, mais ça semblait logique, mais ce prénom…C’était une trop grosse coïncidence pour que je n’aille pas m’assurer de qui était cette femme qui me cherchait. Une fois que j’eu noté l’adresse et enfiler quelque chose d’à peu-près présentable, je sortis et filait vers l’Ouest de Chicago, vers la boutique se nommant le Black Crow…Une fois devant, j’observais la devanture un instant, refusant de voir les petites touches qui étaient indéniablement de sa patte, puis entrai.

"J’ai cru comprendre que vous me cherchiez ?"

Je niais. En mon fort intérieur, je niais que ce soit vrai…

Je n’étais pas du genre à me voiler la face, mais en cette occasion, je veux bien faire une exception…
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Message Sujet: Re: [terminé] Oh Mother, where have you been? ft Elizabeth Rochester Lun 17 Oct - 2:07


Oh Mother, where have you been?
Elizabeth Rochester • Aaron D. Styne
Je regarde le soleil briller, se fracasser sur la vitrine, d’un air absent, hantée par mes souvenirs. Dehors, le vent frais souffle, léger, frisquet, dernières traces d’un long hiver que les enfants tendent à si vite oublier. Disparues, les traces de neige et l’odeur réconfortante de chocolat chaud. Envolées, les effluves de marron et la peur du froid. Ne reste que cette brise caressante, qui soulève parfois les jupes longues, qui arrache un sourire, fait resserrer les écharpes de laines autour des gorges fragiles. Oui. Adieu, hiver. Derrière ce logis, de l’autre coté de la porte, se tient l’extérieur rude, réchauffé peu à peu des couleurs nouvelles. Cela me donnerait presque envie de franchir la limite, comme à l’époque. Comme hier. Mais aujourd’hui, je me contente se serrer mon maigre corps dans mes mains fines, emmitouflée dans mon châle vieillit mais robuste – parfaite image de ma carcasse traînante, âgée, usée, passée de mode et d’époque. Aujourd’hui, la vieillesse me rattrape et, bien que le printemps s’annonce doucement, avec sa lenteur coutumière, je reste prisonnière des âges, les rides se creusent sur ma peau d’albâtre, dans mes yeux luisants. Je suis fatiguée. Où est donc passée ma fougue éternelle ? Je devrais m’activer, je devrais courir, invectiver, bougonner après ces livres qui manquent, cette paperasse qui n’en finit jamais, l’informatique qui plante, les aiguilles qui tournent sans relâche, clamant fièrement le temps qui m’assassine un peu plus chaque jour. Je devrais être une ouvrière perdue dans une ruche trop grande, et me voilà à fixer le monde comme si la mort approchait, arrivait, sans un cri, sans un bruit, sans bouger. Statufiée. Reprends-toi, Eli.

Je finis, fort heureusement, par me détourner de ce miroir pour me concentrer sur l’essentiel. Sur ce qui me fait perdre la tête, dévier de ma course : hurlement fantôme trop longtemps nié, enfermé, claquemuré. Je l’ai fait. Pour la première fois en une cinquantaine d’années. Est-ce plus ? Est-ce moins ? Qui s’en soucie ? L’important est l’acte en lui-même. Je l’ai fait … Et je contemple à présent mon erreur, mes doutes, mes espoirs, mon amour. J'observe en silence dans le vide de cette absence ce que j’aurais dû être, là où j’aurais dû me trouver. Qui suis-je pour avoir ce droit, à présent ? Je ne suis plus mère depuis longtemps. Comment oublier ? Comment pardonner ? Me gorge se noue, ma mâchoire se crispe, je refoule les larmes qui n’ont pas lieu d’être. Je suis une traîtresse. Si j’avais été réellement courageuse, je l’aurais fait plus tôt. Je serais morte, pour eux. A la place d’une lutte, une énième bataille, le choix s’était imposé sous la forme lâche de l’abandon, de la résignation amère. « Laisse-les ou meurs. Oublie-les. Ils sont nôtres. » Styne, maudits soyez-vous tous.

J’inspire à fond, remplissant mes poumons de l’air glacé, avant de me secouer et de tourner pancarte qui annonce mon antre fermée au public d’un geste rageur. Je me souviens de chaque pas. Chaque cri. Chaque gloussement de rire. Chaque chanson, fredonnée, murmurée, chaque regard hésitant, chaque innovation fièrement créée. Mes fils. Et leur sang sur mes mains. Et la vie m’échappant. Je me souviens. Comment pourrais-je oublier ? Je suis morte ce jour là, assassinée, et c’est une autre qui a pris ma place, dans ce corps qui est mien, fracturé, poupée reliée par d’invisibles fils qui bougent pour moi. Me font marcher.

Pourquoi ? J’avais attendu. Patiemment. La vengeance inondait mes veines, mon cœur se gonflait à l’idée même de tuer celui qui avait attenté à ma vie, brisé mes rêves, volé ma famille. J’avais attendu, et l’instant était passé. Envolé. L’homme que j’aimais était mort lorsqu’enfin j’avais été prête à mettre en œuvre mon oeuvre sanglante, puis plus tard l’homme abjecte qui avait tout fomenté. Que me restait-il ? Mes fils étaient grands. Leur vie, tracée. Qui étais-je pour venir sonner à leur porte, bras ouverts, yeux larmoyants ? J’étais repartie, la douleur en mon sein me martelant plus que jamais. Justice avait été faite, peut-être. Mais la perte restait la perte. Le monde avait perdu son camaïeux de vie et ses attraits, j’étais décédée une seconde fois : le spectre avait sombré, la folie claquant les portes. Je ne reviendrais pas. Je ne reviendrais plus. Telle avait été ma décision à l’époque. Est-ce que je regrettais ? Non. Oui. Car ils m’avaient manqués. Chaque minute. Chaque seconde. Chaque heure que dieu faisait, je ne cessais de me rappeler, comme une horloge perdue, cassée, éternellement fixée sur une heure précise, les aiguilles tressautant d’une minute à une autre, sans pouvoir passer aux suivantes, bloquées. Je les aimais tellement … Je les aime encore à en tuer.

Le destin est une bien étrange chose. Tragique fil à suivre, était-ce là une farce ou une raison de me racheter ? Je n’avais pas prévu le revoir. Pas après tant d’années. Je me remémorais encore ses boucles brunes, son regard mutin, son sourire d’enfant de cinq ans. Je nous revoyais, sur la balançoire, à rire. Je revoyais Gareth au piano, tandis que j’apprenais à Aaron ses premiers pas de valse, puis de tango. Nous dessinions pendant des heures. Nous décortiquions la vie à nous trois, entrecoupé de leçons étranges que je détestais. Je les voyais monter à cheval et en mon cœur j’étais fière, gonflée de joie et de peine mêlée, imaginant déjà le jour où ils seraient adultes et où mon temps serait passé. Chaque anniversaire … Chaque noël. Tout cela tourbillonnait sans cesse, me rappelant mon crime le plus affreux, la faute que je ne me pardonnerais jamais.

Quel avait-été mon droit d’aller ainsi voir ses collègues et leur donner mon adresse ? Dans ma folie, dans ma fougue et ma douleur, j’avais espéré. Prié. Qu’il accepte de me voir. Qu’il m’écoute. Qu’il comprenne. Qu’il pardonne. Le pourrait-il ? Mon fils. Mon bébé. La moitié de mon cœur arraché criait d’autant plus depuis que sa stature imposante s’était dressée ce jour, dans ce bar bondé. J’étais rentrée chez moi dans un état second, pantelante, le souffle court, les yeux exorbités, la mine plus blanche encore qu’un humain ayant vu un fantôme. L'organe martelait dans ma poitrine à s’en rompre, et je m’étais finalement effondrée en larmes, hystérique, griffant les lattes de mon plancher. La suite avait été plus floue. Je m’étais enfilée quatre bouteilles de whisky d’un âge glorieux révolu depuis longtemps. Et une fois le choc passé, j’avais filé, courant d’air vivant, comme à mes vingt ans. J’avais couru sans réfléchir à la morgue pour donner mon adresse à ce grand homme longiligne et à l’air agacé. Ma voix, chevrotante, avait tenté d’être ferme et non suppliante avant de repartir, les mains jointes, les épaules affaissées.

Le temps avait repris son cours depuis. J’avais arrêté de compter. Reprends-toi, Eli, ne cessais-je de me répéter. Il n’était pas obligé d’accepter. Peut-être même ne viendrait-il pas. Mais dans l’espoir qu’il se déplace, j’étais résolue à attendre, même si je me savais en danger depuis lors. Car les Styne savaient à présent que j’étais vivante et ils ne me rateraient pas une seconde fois. La différence cependant était que j’étais préparée et – plus que jamais – j’étais prête à me battre pour continuer de vivre. Pour cet espoir mince et fou de pouvoir assumer la place qui aurait dû m’incomber. Les protéger. Eux. Mes fils. Mieux vaut tard que jamais, me soufflait ma conscience. Mieux vaut tard que jamais.

Tic tac tic tac tic tac tic tac. Les aiguilles de l’horloge fredonnent pour moi, tandis que je me détourne pour vaquer de nouveau à mes maigres occupations. Se concentrer sur autre chose. Ne pas devenir folle. Une demi-heure passe. Une heure. Peut-être plus. Qui sait, réellement ? Le soleil continue de frapper, illuminant la pièce remplie de livres, de magie, d’histoires à raconter. Mes lunettes sur le nez, plongée dans la liste infinie de pages à ranger, je n’entends pas la sonnette fracasser le silence. Dos tourné, je ne prends pas garde, jusqu’à ce que sa voix tant de fois rêvée ne me fasse revenir brutalement à la réalité. Sursaut de conscience. Cri interne me déchirant en deux. Mon souffle se bloque dans ma poitrine, mes corps se fige, mes yeux s’écarquillent, ma voix se perd. Ne pas trembler. Oh par les dieux. Maigre prière exaucée, la peur se rue pourtant dans mes veines et je déglutis sans un bruit, avant de fermer les yeux. Parce que c’est moi. Parce que c’est lui. Bouge, Eli.

« J’ai cru comprendre que vous me cherchiez ? » Sa voix caverneuse résonne en mon fort intérieur, mélodie du bonheur si parfaite, tandis que doucement, lentement, je me retourne pour le fixer. Le contempler. Le bouffer des yeux. Cet être autrefois sorti d’entre mes cuisses, bébé joufflu, ensanglanté ; aujourd’hui homme et fier guerrier. Ô Aaron. Combien de temps est-il passé ?
« Oui. » Simple réponse, murmurée avec peine, douleur, douceur entremêlés - inaudible à ceux qui ne savent pas écouter. Parce que je me souviens de tout. Tu as chacun de mes traits. Chacun des siens. Bon sang, t’es-tu déjà clairement regardé ? Le soleil joue de ses rayons sur chaque couleur qui composent ton portrait etn malgré ton air sérieux, pincé, malgré l’incompréhension et la colère qui noient tes iris merveilleuses, un mince sourire s’étend sur mes lèvres, réchauffant mon être comme jamais. En moi, l'hiver se met enfin à fondre, la neige laissant place à un battement plus régulier. Car plus qu’aucun autre, tu es mon fils. Et la fierté d’une mère ravage ma poitrine à m'en faire hurler.

« Oui. Je sais que ma démarche est quelque peu cavalière mais … Il fallait. Il fallait que je sois … sûre. » Je me mords la lèvre, nerveuse, le fixe, me redresse de toute ma stature. L’espoir me brûlant les entrailles plus que jamais alors que ma voix se fait plus forte, comme un cri perçant venant du fond de mon corps malgré ma gorge qui se noue à nouveau. Dans mes yeux, le salut, la folie, l’amour, la peur irradient de concert. Il te ressemble tant. Richard. Qu’avons-nous fait ? Je ne puis lâcher ses yeux, les tiens, qui me tiennent pour coupable d’un acte que je n’ai malheureusement pas commis – et je m’en fustige encore. Ô, mon beau, mon magnifique, mon tout petit … « Bonjour, Aaron. » Pourras-tu me pardonner ?
Fiche codée par NyxBanana


Now the door is open, The world I knew is broken with no return ... Now my heart is not scared, Just knowing that you're out there, Watching me ... So believe I'll Be here waiting, hoping, praying that, this light will guide you home ; When you're feeling lost I'll leave my love Hidden in the sun, for when the darkness comes.
You're my son, Aaron. I'll love you forever


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Message Sujet: Re: [terminé] Oh Mother, where have you been? ft Elizabeth Rochester Mar 21 Mar - 23:14

Oh mother, where have you been?
Je l’entends, sa voix, et pourtant, malgré l’obsession dont j’ai pu faire preuve envers les souvenirs de cette femme, sa voix a malheureusement été dans les premières choses qui se sont effacées de ma mémoire, avec son odeur. Non, ce qui est resté le plus longtemps, ce sont ses traits. Son visage, ses cheveux…N’ayant eu de cesse de la dessiner, encore, et encore, et encore, inlassablement, refusant de laisser partir les quelques souvenirs que j’avais de cette femme, de ma mère. Et si sa voix ne me rappelle rien, son visage en revanche est comme un poing en plein ventre, expulsant l’air de mes poumons avec une violence inouïe, la violence qui accompagne les grandes réalisations et je serre les dents, me forçant à respirer profondément. J’avais beau en avoir eu la quasi-certitude depuis la fugace entrevue au bar que nous avions eue (sans même nous adresser un mot), la voir, vivante, bougeant et m’observant de ces yeux dont j’ai si longtemps affiné les traits, afin d’être le plus proche possible de la réalité, était une preuve de plus et je ne pouvais plus me cacher devant de fausses excuses. Car voilà ce que mon cerveau a tenté de faire suite à mon accès de rage : faire sens de la situation. S’il y a bien une chose que le cerveau ne supporte pas, c’est de ne pas comprendre. Alors il tente de trouver des explications rationnelles, ou du moins dans une rationalité comprenant ce que je sais de ce monde, pour ce phénomène. Mais il en est ressorti les mains vides, malheureusement. Ou presque, mais rien ne pouvant réellement tenir la route si on le décortiquait plus de cinq minutes.

Je reste un long moment silencieux, les émotions bataillant en moi. Soulagement à en pleurer, désespoir, colère…C’est, étrangement, sur ce dernier point que ma conscience décide de s’accrocher. Une colère qui pourrait exploser à tout moment, mais qui actuellement a décidé de se montrer froide, mordante, se reflétant dans mes yeux bleus, ces derniers revêtant une couleur plus proche de l’orage au-dessus de la mer plus que le ciel bleu des beaux jours. Je l’observe, de haut en bas. Elle est mal à l’aise ? Parfait. Qu’elle le soit et qu’elle sente le poids des reproches que mon âme lui envoie à la figure. Il me faut bien ce temps pour trier mes pensées, à défaut d’être capable de les organiser à l’heure actuelle, afin de savoir ce que je vais lui dire. Mais une fois choisies, elles sortiront sans filtre, car je n’ai plus ni la volonté, ni la patience pour faire attention, pour la ménager. Peut-être le devrais-je, mais je ne peux pas.

"83 ans…Pendant 83 ans je vous ai crue morte, mère. 83 ans, que j’ai en partie passés au sein de cette famille qui m’a élevée, votre présence me hantant chaque jour, chaque minute de ma vie !" le ton se lève, incapable que je suis à la contrôler. Les vannes sont à présent ouvertes, et tout y passe "Tout ce que j’ai accompli, tous les choix que j’ai pu faire durant ces 83 dernière années n’ont été que dans un seul et unique but : Vous." Je me rapproche, une lueur presque meurtrière dans les yeux, une folie que je dissimulais en temps normal "Vous êtes partie quand j’avais encore, si pas le plus, besoin de vous. Je suis devenu un meurtrier, un paria, un monstre…Tout cela en votre nom, car je n’avais qu’un seul but dans la vie : Vous." Je m’arrête à un mètre à peine, les larmes emplissant lentement mes yeux mais refusant pertinemment de les laisser couler "Et maintenant…Maintenant ce monstre que VOUS avez créé n’a plus de but à tenir, plus de quoi le tirer de l’avant ! Et qu’avez-vous à dire pour votre défense, mère ? Quelle excuse allez-vous servir à celui que vous avez créé puis abandonner de la plus lâche des manières ?!"

Mon dernier mot est la fin de mon exutoire momentané ; et dans un accès de rage renouvelé, je lance mon poing vers le mur à ma gauche, frappant le mur et indentant ce dernier. Au moins, c’était du solide. Je ne reporte pas mes yeux sur elle, je ne le peux pas. Pas maintenant, pas alors que je peux voir la douleur et le regret se joindre et fusionner dans ces yeux si différents des miens…
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Message Sujet: Re: [terminé] Oh Mother, where have you been? ft Elizabeth Rochester Sam 25 Mar - 10:34


Oh Mother, where have you been?
Elizabeth Rochester • Aaron D. Styne


Le soleil caresse sa peau, lentement, tendrement, comme la plus douce des amantes. Reflétant quelque tâches de rousseurs invisibles aux yeux inconnues, je la vois réchauffer chaque cellule, brûler chaque stigmate meurtries d’un passé encore présent. Voler chaque cicatrice. Chaque battement de coeur. Je regarde les rayons jouer dans ses cheveux, les parsemer d’or, envieuse, à l’agonie. J’aimerais être à leur place. Tendre la main. L’érafler. Le toucher. Sentir chaque souffle, chaque soupir – comme le premier jour, comme le dernier. Ô, Aaron. Où étais-je ? Où étais-je quand l’enfant devenait un homme ? Quand il pleurait la nuit, cauchemardant, priant, espérant ? Où étais-je lors de ses premiers émois ? Lors de ses premiers défis ? Lors de ses premières valses meurtrières ? Où étais-je, moi qui ai sorti son corps flétrit et minuscule du mien, gonflé et épuisé, glorieux dans toutes leurs splendeurs ?
Tu as tant grandit. Figée dans les années d’absence, la douleur autrefois cachée ressurgie, sortant de sa boite de Pandore sans que je ne puisse émettre le moindre geste de résistance. A quoi cela servirait-il ? C’est fini.
Aaron. Ton prénom, évoqué comme une symphonie, fleurie dans ma poitrine. Je suffoque par ta présence, je meurs, me consumant, de douleur. De fierté. De peur. Quatre-vingt trois ans. Quatre-vingt trois ans de silence. De perte. De non-dits. De mensonges. D’absence. Quatre-vingt trois ans perdus, endeuillés, solitaires, drapés  dans une petite mort.
Je ne détourne pas les yeux, non. Je ne fuis pas. Je ne fuis plus. Tu me domines, de ta taille immense et, moi, pauvre créature, je te dévore des yeux, fascinée, effrayée, anéantie, submergée par la grâce. Car mon fils est vivant. Car mon fils se dresse devant moi, silencieux, inerte, dans toute sa puissance. Comme tu es beau. Prédateur ayant quitté l’enfance, c’est pourtant le mirage du gosse qui me hante encore. Là où tu te trouves, je vois encore celui que tu fus un jour, dans un songe, il y’a longtemps. Quatre-vingt trois ans. Je ferme les yeux une seconde, tentant de reprendre mon souffle, tentant de calmer l’effarement balayant ma poitrine affolée. Le silence est traversé par le mugissement du vent et, dans ma tête, les ténèbres m’emportent loin d’ici. Le soleil brûle à présent. Lorsque j’ouvre finalement les yeux, les larmes perlent, sanglots désarticulés, reflétant celle que je suis réellement. Celle que j’ai toujours été, depuis la perte de mes enfants. Comment aurais-je pu accepter de vivre autrement ? Et la rage, et la haine, et la douleur ne sont plus rien face au torrent de peine, immense. Ô, mon fils. Pardon. Mille pardons.

« Pardonne-moi. »

Chuchotement presque inaudible avec les cris raisonnant dans la pièce, ma voix répond d’elle-même, mon esprit n’ayant plus la force de se battre face à ses accusations. Pardonne-moi. Je me perds dans sa nouvelle contemplation, tendant le bras avant de me figer net. Non. Non, Elizabeth. Tu n’as pas le droit de le toucher. Comme tu ne peux te permettre qu’il t’appelle ainsi. Mère. Combien de fois l’as-tu rêvé ? Mais cela ne restera qu’un songe, merveilleux, fade, éphémère. Le bras retombe, lentement, pris au piège.

« Je n’ai jamais voulu ça. »

Je relève mes yeux humides vers lui, la gorge nouée, mon rythme cardiaque sonnant sourd à mes oreilles tandis qu’il balance son poing dans le mur – et je souhaiterais presque à la place de ce qu’il vient de détruire alors que je sursaute sous l'assaut de la violence brute et déraisonnable. Pour autant, je ne bouge pas, ignorant le danger qu'il représente - car je ne le crains pas, non. Comment pourrais-je ? Et alors que le souffle tarit brûle à présent les parois internes de ma gorge, je me surprends moi-même à guetter chacune de ses réactions telles une assoiffée, guettant de nouveau chaque détail oublié, chaque ombre que la lumière me dévoile. Chaque cicatrice … Chaque nouveauté. Dieu qu'il m'a manqué.

« Je voulais vous emmener, toi et ton frère. Je n’étais pas assez forte pour … Pour affronter directement cette famille à l’époque. Vous étiez mes merveilles. Pourquoi vous aurais-je laissé ? J’aurais préféré mourir mille fois plutôt que … »

Je ferme à nouveau les yeux, la rage soudain reprenant ses droits, affluant dans mes poings, les jointures de mes articulations blanchissant à mesure que je serre les poings. Lorsque je rouvre les yeux, une lueur nouvelle a envahit mes prunelles, poignardant l’homme qui se trouve en face de moi, la colère ayant élu domicile dans mon cœur et refusant de la quitter. Je sens par ailleurs mes pouvoirs se manifester, et nombreux sont les livres qui soudain tombent des étagères en tressautant, sans pour autant s'envoler dans la pièce pour le moment.

« Je t’interdis de dire de telles choses. »

De toute ma petite taille je me redresse, sans me dérober, devenant farouche, entière, possédée. C’est ainsi que je fus, avant la mort de ton père. C’est ainsi qu’il m’a connue, ainsi qu’il m’a apprivoisée. Ma voix, sifflante, cassante, baisse soudainement de deux octaves tandis que je m’avance d’un pas, continuant de lever les yeux pour le fixer quitte à me rompre le cou.

« Tu m’entends, Aaron ? Je t’interdis même de le penser. Tu n’es pas un monstre. Tu es certainement bien des choses mais un monstre ? Celui qui t’a mis de telles idées en tête n’est qu’un imbécile doublé d’un aveugle. Plus, aurais-je été réellement morte, je n’aurais pas non plus apprécié que tu m’extirpes du royaume des défunts. On ne joue pas avec la vie. On ne joue pas avec la mort. Qu'est-ce que les Styne ont bien pu t'apprendre pour que tu en arrives à de telles conclusions ? Si c'est pour cela qu'on a tenté de m'assassiner, en manquant de réussir de peu, je comprends mieux à présent. Sache, mon fils, qu'on ne peut défaire ce qui a été fait, aussi cruel et douloureux cela soit-il. On ne peut qu’avancer et vivre avec, même si on en crève, même si chaque jour est plus dur encore que le précédent. C’est cela, la perte. Ce sentiment d’être arraché à l’être aimé, détruit, réduit à néant et pourtant pouvoir marcher, respirer, ressentir. Pire que tout, savoir que ceux qui comptent sont à tout jamais hors d’atteinte et vous ont certainement effacé, relégué au rang d’image vulgaire, de souvenir flou. »

La rage se tait soudain, pour laisser à nouveau la place à l’épuisement et l’émotion. Aussi vite qu’elle est apparue, elle se transforme en une tristesse insoutenable qui mord mes poignets et, ni tenant plus, je tends finalement la main pour venir la poser sur sa joue, un sanglot secouant ma poitrine, me déchirant, les larmes cascadant finalement le long de mon visage, m’étouffant. Le contact, bien que bref, m'électrise instantanément, et j'en perds tout contrôle, les vannes s'ouvrant finalement après tout ce temps - comme si ce geste était finalement tout ce don j'avais réellement besoin ... Même si cela doit l’écœurer. Même si il doit me haïr, me répudier, et pire encore.

« Je suis revenue. … Je suis revenue, dès que j'ai pu, pour vous, mais c’était trop tard. Ton grand-père et ton père étaient morts, vous étiez adultes et … Qu’aurais-je pu faire ? Me présenter après toutes ses années ? Dire « c’est maman, vous souvenez-vous de moi ? » … En avais-je encore le droit, Aaron ? Dis-moi, aurais-tu accepté de me voir ? »

Je me noie dans ses iris, tremblante. Ma voix se fait soudainement hachée et je sens mes jambes prêtes à céder sous mon propre poids. Cet enfant est encore là. Là, caché dans ce regard remplit de rage, je retrouve mon fils, mon soleil, mon espoir - je le sais, le sens, le vois. Et en mon fort intérieur, alors que j'ai déjà un pied dans la tombe, je retrouve le souffle de vie que j’avais abandonné longtemps auparavant.

« Quatre-vingt trois ans sans te voir. Sans t’entendre. Sans te toucher. Te bercer. T’embrasser. Te dire … Te dire à quel point je suis désolée. A quel point je t’aime. Quatre-vingt trois années … d’absence amères. Injustifiée. De peur. De haine. De regrets. Et ... Et regarde-toi ! Tu es un adulte à présent. Qu’ai-je fait au ciel pour mériter que tu me répondes ? Es-tu ici pour … me tuer ? Ou est-ce encore possible de recommencer quelque chose ? Dis-moi … pourquoi es-tu venu ? »

Ma voix, chevrotante, se tait et je me recule soudain, mes mains enserrant ma poitrine avant de détourner les yeux pour fixer, dans un coin de la pièce, un dessin encadré de ce fils prodigue, quatre-vingt trois ans plus tôt – seul souvenir qu’il me reste de cette époque. Pourquoi est-il ici au final ? Etait-ce, comme ma venue, une victoire de l'instinct sur la pensée ? Une envie soudaine, inexplicable, régit par la colère - par l'espoir ? Mes yeux reviennent à lui, plus tendre qu'il ne pourront jamais l'être, toutes les émotions qui ravagent mon coeur s'exprimant dans mes yeux avec plus de force encore que les mots ne pourraient leur donner.

« Quoi que tu décides … Quoi que tu répondes … Tu es mon fils. Ma petite merveille. Ma plus belle réussite. Ne doute jamais de cela, Aaron. S’il te plaît. Ne doute jamais que ... Que tu m'as manquée. Chaque affreuse minute. Chaque maudite seconde. Car je t'ai aimé. Car je t'aime encore. De ce fait ... Mon fils. Ne doute jamais de ce que tu es. Ni du fait que je suis infiniment fière de toi. Je l’ai toujours été et je le serais toujours, qu'importe ce que tu pourras dire ou faire. Partager cinq années de ma vie avec toi fut ... Simplement la plus belle expérience que j'ai pu connaître. Et je ne regretterais jamais rien de cette époque. Parce que ... Je t'aime. »

Tout simplement. Alors dis-moi, maintenant, mon fils. De nous deux ... Qui est réellement le monstre ?
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Message Sujet: Re: [terminé] Oh Mother, where have you been? ft Elizabeth Rochester Lun 17 Avr - 0:14

Oh mother, where have you been?
J’ai envie de hurler, de pleurer, je rire de dérision. Je ne sais plus quoi penser, quoi faire, quoi dire. Elles sont belles, ces paroles, elles donnent envie de la croire, d’effacer toutes ces années d’absence et de reprendre à zéro. Peut-être que, si j’étais un homme meilleur, je pourrais faire table rase de cette longue absence et simplement profiter d’avoir retrouvé celle que je pensais avoir perdue à jamais. Mais je n’y arrive pas. Je n’en n’ai peut-être pas l’air, mais si j’ai le malheur de m’attacher, ce n’est pas pour rien et la moindre déception pèse lourd, m’empêchant souvent de fonctionner correctement, me rendant plus qu’amer et cherchant souvent à détruire la raison de cette peine. J’ai cru le faire en me débarrassant de mon grand-père, mais il n’en fut rien. Aujour’hui, la seule envers qui je peux déverser cette douleur et cette rancœur est la femme qui se trouve face à moi, cette femme qui fut tant pour moi : une mère, clairement, mais aussi une inspiration, une véritable Muse, une folie que je comptais accomplir, le doute n’existant pas dans cette idée.

Mon visage se tourne vivement vers elle lorsqu’elle me parle d’interdiction. La tension entre nous est palpable, les livres quittant leurs étagères en sont un exemple notoire. Je la vois, agacée, en colère, furieuse même. Quelque part ça m’arrange, j’ai toujours été beaucoup plus doué pour gérer les gens me voulant du mal que ceux me voulant du bien, bien que ce ne soit probablement pas le cas avec ma mère, elle qui semble incapable de nous oublier, tout comme je ne le pouvais pas. Je ne l’ai jamais pu à vrai dire. Un sourire dangereux pare mon visage à sa tirade. Elle a de belles phrases, mais que sait-elle de ce que j’ai pu vivre, ressentir durant toutes ces années ? Rien, rien du tout. Elle ne sait rien et cette constatation m’enrage plus que ses mots ne le peuvent. Je serre la mâchoire, la laissant terminer. Je sens qu’elle n’a pas fini, que ce soit une bonne ou une mauvaise nouvelle en soi, je m’en contrefichais comme de l’an 40. Et encore c’est insultant pour l’an 40. Je voulais qu’elle finisse, pour que je puise mettre plus bas que terre ces idées qui sont si loin de ce que j’ai pu ressentir à l’époque. Alors je l’écoute, la toisant de toute ma hauteur, ce bout de femme qui, malgré notre différence de taille avait la prestance digne de ceux appartenant à ma famille. Pourtant c’était elle l’étrangère, celle que mon père avait ramené après la mort de sa première femme, de la mère de Gareth.

La fin me déchire les entrailles, le cœur siphonné de sa carapace menace de s’échapper de ma poitrine pour venir se loger dans ma gorge et m’empêchant de m’exprimer comme je le sens. Je me force à le ravaler et à me retourner contre cette mère providentielle, contre qui j’ai tant de grief. Sans un mot au départ, j’enlève mon manteau, le laissant trainer sur le sol, et je relève les manches de ma chemise, exposant à ses yeux les nombreuses cicatrices qui s’y trouvaient, certaines très claires dans leurs utilités et je les lui montrais. Une preuve de plus de ce que j’avançais.

"C’est ce que nous avons toujours fait dans cette famille, remontant à bien avant nous, avec ce cher Frankenstein. Créer des monstres. Vous-même avez été une Styne, fut un temps. Je ne suis rien de plus que le produit de cette famille. L’enfant que vous avez connu n’existe plus. Effacé sous des années de magie, de grief, de douleur et d’autres choses que je n’ai pas envie de citer, mais dont vous avez la connaissance, même si vous refusez de l’admettre." Je fais un pas vers elle, mes yeux brûlant d’une rage conflictuelle, une rage qui veut la voir détruite, aussi bien physiquement que psychiquement, lui faire comprendre ce que j’ai pu ressentir à l’époque. " Cette perte ne devrait pas être une fatalité ! Nous sommes des hommes de science, plus encore, des hommes qui allient les forces naturelles et celle que nous créons de toute pièce !" la colère semble descendre à mesure que le désespoir monte et je reprends "Que vouliez-vous que je fasse ? Je n’étais qu’un enfant qu’on a privé de sa mère…Cette famille m’a offert une alternative à cette douleur insoutenable, m’a offert un but sans même le savoir et m’a gardé fonctionnel durant toutes ces années !"

Ma respiration est difficile, mes émotions prennent le pas sur ma raison et je passe une main dans mes cheveux, pour essayer de me distraire de cette frustration grandissante en moi. Car je ne sais plus comment je dois réagir, je ne sais plus vers quelle côté pencher. Je lâche un cri de frustration soudain, finissant par renverser la tête en arrière, le plafond semblant soudain apaisant tout en ne l’étant pas car inconnu, étrange. Un rire sardonique s’échappe de ma gorge en repensant à ses mots sur mon cher grand-père, un rire qui en engrange un autre et qui finit presque en rire fou, à la place d’un fou rire. Ce n’est qu’une fois ce dernier calmer que je peux reprendre.

"Grand-père…A votre avis, pourquoi les Styne ont-ils une telle envie de me retrouver ?" la lueur dans mon regard ne laisse place à aucune équivoque et je finis par détacher mon regard du sien, un soupir passant mes lèvres. Las. Voilà ce que j’étais à force. Je me laisse tomber sur un coin de meuble, me passant une main fatiguée sur le visage, en profitant pour effacer les larmes de mes yeux. "Vous tuer serait grandement contre-productif, vous ne pensez pas ?" j’observe autour de moi tout en parlant "J’avais…Besoin d’être sûr, je suppose. M’assurer que vous soyez bien réelle et pas un fragment de mon imagination s’étant collé sur le visage d’une autre qui aurait pu vous ressembler, un peu. Je ne sais pas vraiment. Je ne préfère pas me poser la question."

Et je ne sais plus quoi dire. Je ne sais pas ce que je pourrais dire de plus, alors je m’occupe comme je le peux, rebaissant mes manches, posant mes yeux partout, sauf sur elle, car maintenant que la colère, ce carburant aussi efficace, a été brûlée pour le moment, si je la regarde de trop, je redeviendrais ce gosse perdu après la disparition de cette idole qu’était sa mère. Et je le refuse. JE le refuse catégoriquement.
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Message Sujet: Re: [terminé] Oh Mother, where have you been? ft Elizabeth Rochester Lun 1 Mai - 15:38


Oh Mother, where have you been?
Elizabeth Rochester • Aaron D. Styne


La rage. La peur. Ces émotions me rongent, fleurissant dans ma poitrine comme les pissenlits en été – impossible d’en arracher les racines. Trop profondément ancrées dans mes chairs, tous comme ces cicatrices qui lézardent nos peaux qui devraient être parcheminées, elles me figent, me motivent, me font suffoquer. Si je pouvais revenir en arrière, je le ferais. Les arracher à cette famille. Quitter mon mari. Emmener nos enfants. Et à présent, ce que j’ai réellement perdu me fait face, me giflant, et mon corps menace de s’effondrer sous le poids accumuler du remord amer et de l’insoutenable douleur. Pourtant, cela ne changera rien. Exploser ou non. Se retenir ou fuir. Ce qui est fait est fait, il faut vivre avec, avancer. Et alors que je vrille mes pupilles dans celles de mon fils, elles s’éclairent de nouveau – incapables de lui en vouloir, incapable de le haïr, je ne peux que l’aimer. Le pleurer. Même si me tuer l’arrangerait peut-être, la cicatrice laissée étant encore béante, suintante, cellules vives écorchées. Pour autant … Je n’ai pas peur de mon fils, non. Subtilité essentielle. J’ai peur pour lui. J’ai peur qu’il me rejette, une fois de plus. Qu’il devienne fou. Mais lui, un monstre ? Mon bébé ? Jamais. JAMAIS. Le seul monstre de cette foutue pièce se trouve être sa mère – et j’en rirais presque. Oh, Dieux. J’ai tant prié pour qu’il me revienne. Est-ce là une façon de punir ma lâcheté ? Mais je l’aime. Je l’aime, à en crever, depuis son premier cri, son premier coup de pied.
Ainsi, je lève la main, tremblante. J’aimerais tellement le serrer contre moi. Lui dire que c’est fini que tout ira bien. Mais devant ma carcasse frêle et bancale, branlante, ce n’est plus un enfant de cinq ans qui se tient. C’est un homme. Un homme … Que je ne connais pas.

« Je ne peux pas changer le passé, Aaron. O combien j’aimerais. O combien je souhaiterais. Je ne peux pas. »

Je contemple son sourire de prédateur, la colère toujours présente sur mes traits bien que s’évaporant soudain pour une tristesse inégalée, les larmes à présent dévalant mes joues lorsque sans mot, il finit par me montrer ce qu’il est. Ces cicatrices. Ces marques que j’aimais autrefois, sur un autre corps – pour qui, clairement j’aurais tué. Et c’est tout ce qui me fallait. C’est tout ce que mon cœur attendait pour craquer, se désagréger, pleurer pour de bon ce fils prodigue perdu, envolé. J’aurais aimé être plus forte. Je n’ai réussit qu’à tout gâcher et voilà le résultat. 243 années, et je me comporte comme une adolescente, comme cette femme que j’ai été, avant d’être figée physiquement dans un temps à présent révolu. Dépassé.

« Aimes-tu ce que tu es ? »

Je murmure doucement, avant de m’approcher, n’y tenant plus. Qu’il s’en aille, qu’il me rejette si il le veuille. A présent, je viens, ignorant le sel qui ronge mes joues, mes doigts tremblants et livides venant caresser sa peau mutilée – passant sur chaque cicatrice, mon organe interne se soulevant par hoquets, écartelé à chaque nouvelle vision d’horreur. On a mutilé mon fils, pour sa survie.

« Tu ne seras jamais un monstre à mes yeux, Aaron. Jamais. Je suis celle qui t’a causé ce tord, après tout. N’est-ce pas ? Je suis celle a qui tu dois tout cela. C’est moi le monstre, pas toi. »

Je murmure, désormais incapable de le lâcher. Mes mains remontent finalement sur ses joues, et j’avale ma salive avec une réelle difficulté, caressant sa peau rugueuse, un sanglot rauque me secouant en comprenant tout ce qu’il a dû faire – comprenant qu’il a tué son grand-père ; comprenant qu’il est en danger.

« Je t’aime. Et je t’aimerais jusqu’à ce qu’on me retire le temps que l’on m’a imposée. »

Je souffle, avant qu’un sourire étrange vienne barrer ravager mon visage, la folie éclairant sûrement mes yeux tandis que je souffle à nouveau, avant de m’écarter, brûlée, détruire et reconstruite, ne supportant plus cette contradiction vivante que de vouloir le serrer dans mes bras et le fuir.

« Tu as la stature de ton père … Mais c’est à moi que tu ressembles. »

Je secoue la tête, avant de finalement me détourner, mes jambes n’étant plus réellement capable de me porter, titubant, manquant d’ailleurs presque de tomber avant de me rattraper in-extrémis à une étagère.

« Viens avec moi.  » Je murmure, fragile et lasse, avant de rajouter. « Si … Si tu le souhaites, bien sûr. Mais … J’ai quelque chose pour toi. Tu connais l’héritage que ton père t’a laissé … Il … Il est peut-être temps, si tu le veux, de découvrir le mien. Même si tu ne veux peut-être plus … Avoir affaires avec moi. Après tout ce temps, toute cette  douleur. Après … Tout ça. Je ... Je ne te demanderais pas de faire table rase du passé. Je ne te demanderais pas de seconde chance car … Je ne pense pas le mériter. Cependant … Cependant. Je ne connais que trop bien ces sentiments. Cette envie de détruire qui te ronge, cet espoir qui te fait suffoquer. Je suis … Je suis aussi perdue que toi mais … »

Je me retourne une dernière fois, les mains contre la poitrine, inspirant, avant de sécher mes larmes d’un geste brusque, les traits à présent marqués d’une détermination brutale.

« Mais tu es et seras toujours ma plus belle merveille. Regarde-toi ! Tu es … Tu es fort. Rusé. Créatif, du peu que je peux le voir. Aussi têtu qu’une mûle, certainement … Tu as le charme des Styne, à ne pas en douter. »  Un léger sourire éclaire un peu plus mes lèvres, avant de reprendre, plus doucement. « Et même si je ne te connais qu’à travers mes souvenirs, Aaron ... Je … Je suis juste … tellement fière de toi. Quel soit … Ton choix. Cela non plus ne changera pas. Alors … Même si tu n’as sûrement plus envie … Si tu souhaites un jour … Je ne sais pas. Revenir. Me trouver. Juste … Parler. Si tu as … Besoin d’aide. Je serais là. Je t’ai déjà tellement perdu … Je ne veux plus vivre ça … même si je ne suis plus à même d’en décider à présent. »

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Message Sujet: Re: [terminé] Oh Mother, where have you been? ft Elizabeth Rochester Dim 6 Aoû - 10:46

Oh mother, where have you been?
C’est un rire désabusé qui s’échappe de ma gorge, en un souffle à peine audible, mais bel et bien là. C’est si facile de dire que l’on regrette, que l’on voudrait changer le passé, quand le mal est déjà fait. Ce n’est pas non plus comme si l’on parlait de simple histoire d’oublis sans importance, de petits faits, non. On parle ici d’un évènement qui a façonné une vie entière, qui a fait prendre un chemin dont il est impossible de se détourner à présent. Ce n’est pas rien, ce n’est pas anodin. Alors oui, elle veut peut-être changer le passé, mais son intention n’a aucune valeur ici. Car je ne comprends toujours pas pourquoi elle est restée silencieuse aussi longtemps. Vu ce que j’ai lu de son journal, je comprends, plus que bien même, qu’elle ait voulue faire croire à sa mort, mais pourquoi n’est-elle jamais revenue pour nous, pour moi ? Cela peut sembler hautement égoïste, mais qu’elle ait laissé Gareth à son sort m’aurait été égal. Enfin, je dis cela, mais à l’époque, nous étions proches lui et moi, c’est en grandissant que la distance s’est installée. Quand nos objectifs ont clairement divergés, lui cherchant à perpétuer l’héritage familial, tandis que j’avais mon propre agenda bien précis. Que le temps des jeux d’enfants et des chamailleries sans incidence était loin, maintenant…

Je relève les yeux vers elle quand elle me pose sa question. J’ouvre la bouche pour lui répondre, sans trop savoir pour autant quoi lui dire, mais aucun son ne sort de ma bouche et pour cause : elle pose ses mains sur moi. Passant ses doigts sur mes cicatrices, les découvrant de manière complète et entière, ne pouvant plus nier cette réalité à présent. Les yeux rivés sur ses mains, mes mains et mes bras tremblent de l’effort que je fournis pour réprimer mes instincts premier, à savoir de retirer mes bras de son inspection…ou de la serre contre moi, retrouver cette chaleur maternelle dont j’ai été privé toutes ces années. Je ne dis rien, je l’écoute, et malgré la rancœur que je peux ressentir envers elle…On m’a rendu ma mère. Chose que j’ai toujours crue impossible, chose qui m’a faite étudier la magie la plus noire, est à présent devant mes yeux. Elle est là, en chair et en os, vivante et (à première vue) bien portante. Si j’arrive à ne pas la toucher, je ne peux empêcher les larmes de me monter aux yeux, alors qu’elle croise mon regard, mais je ne les laisse pas couler pour autant.

Puis elle se lève et je fais de même, come hypnotisé. Et elle parle, parle, parle, m’expliquant beaucoup de choses que mon cerveau a du mal à intégrer en cet instant. Pourtant je comprends ce qu’elle veut dire, elle veut me donner mon héritage, sa partie de mon héritage magique. Plus que cela, elle me dit tout ce qu’elle aurait voulu me dire durant ces années où je n’étais pas là, enfin, je le pense, je l’espère, je ne sais plus. Il n’y aura pas de seconde chance, car il n’y a pas eu de première. Il n’y a pas de question si je veux ou non continuer à la voir. Quelle question ! Croit-elle que je puisse rester éloigné, maintenant que je l’ai retrouvée ? Ca ne veut pas dire que je ne lui en veut pas, certainement pas, je lui en veux beaucoup, mais j’en veux aussi à mon grand-père, à ma famille en général, mais…là, en cet instant, mes défenses cassent. Impossible de tenir plus longtemps.

Je tombe à genoux devant elle, mes bras enserrant sa taille et mon visage s’enfouissant dans son ventre, les larmes coulant enfin, libres de s’exprimer.

"Plus jamais. Plus jamais…"

Plus jamais quoi, ceci est une excellente question. Plus jamais loin d’elle aussi longtemps ? Plus jamais cette douleur ?
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Message Sujet: Re: [terminé] Oh Mother, where have you been? ft Elizabeth Rochester Mar 8 Aoû - 16:32


Oh Mother, where have you been?
Elizabeth Rochester • Aaron D. Styne


Il est mon fils. Le sang de mon sang, la chair de ma chair, tout en lui le clame, le hurle, le revendique. Mon petit. Mon bébé. Pourrais-je cessé de me souvenir ? Pourrais-je cesser de le fixer ? Non. Non. Prier, voilà tout ce que je peux faire. Prier tous les saints, tous les dieux, prier la nature et le destin, prier son âme pour qu’il reste, me revienne, soit mien à nouveau. Cela n’effacera jamais la souffrance, il est vrai. Cela n’enlèvera jamais l’amertume, la colère, la peine, la haine. Cela ne nous fera pas oublier le goût amer de l’abandon, cela ne nous fera pas oublier les années de solitude passés à se demander comment les choses ont-elles pu dégénérer.
Je les tuerais. Tous, je les tuerais. Pour ce qu’ils ont fait. Pour ce qu’ils continuent de faire. Aucune mère ne devrait être séparée de ses enfants lorsqu’elle peut s’en occuper et qu’elle les aime. Je ne leur pardonnerais pas. Jamais. Comment pourrais-je ? Mais pour l’instant je ne peux rien faire de plus que me cacher encore, toujours. Je ne peux rien faire de plus que serrer cet être contre moi, tenter du moins, cet enfant – le mien – devenu d’une beauté extraordinaire, adulte rejetant ce lien qui tente pourtant de se tisser. A t’il seulement appris à aimer en mon absence ?
Je te dirais tout, si tu le souhaites. C’est ce que disent mes yeux tandis que j’agite devant son nez les morceaux de l’âme qu’il me reste, croisant ses pupilles qui repoussent les larmes que j’ai fait couler pour lui sur mes propres pommettes.
Comment peut-on aimer si fort ?

« Aaron ? »

Ma voix perce, inquiète et tremblante soudain de par son long silence. Je sais que cela fait beaucoup d’informations à avaler en peu de temps, et n’importe qui de censé claquerait d’ailleurs la porte. En soit, je crois que je préférerais encore ça à son silence. Mais alors que je tente de déchiffrer les traits insondable de son visage fermé, soudain la coquille de fer s’effrite, laissant un trait de lumière passer et les mots restent coincés dans ma gorge de peine, de bonheur mêlé et de surprise.

« Plus jamais. Plus jamais ... » Sa voix rauque me gifle tandis qu’il sanglote désormais, s’étant laissé tomber dans mes jupons, ses bras forts enserrant ma taille avec une force herculéenne oubliée, mes propres larmes se remettant à couler sous l’aflut des fortes émotions. Qu’importe alors. Les Styne. La magie. Qu’importe ces fléaux, qu’importe ses cadeaux, qu’importe si nous sommes espionnés en ce moment même. Je suis enfin entière. L’on me rend mon fils.

« Aaron. Mon Aaron. »

Ma voix murmure, tandis que mes propres bras serrent ses épaules d’hommes dans une étreinte maternelle, me penchant pour venir ensuite caresser ses joues.

« Je t’aime. Plus que ma vie. Plus que tout. Je t’aime. Pardon. Mille fois pardon. »

Doucement, tendrement, je déplace mes paumes pour venir effacer ses larmes sans prendre garde aux miennes, mes pouces caressant ses pommettes, mes yeux plongeant dans les siens avant que mes lèvres ne viennent embrasser tendrement son front. Comment ai-je pu le laisser s’éloigner si longtemps ?

« Je ne bougerais pas. Je ne bougerais plus. Pas sans t’avertir. Je ne laisserais plus personne nous séparer. Ce que tu m’offres aujourd’hui est plus qu’un cadeau. »

Je murmure, reprenant mon souffle, le berçant toujours, l’amour que je ressens se traduisant par ma simple façon de le regarder.

« Tu es ma rédemption, Aaron. Tu l’as toujours été. Mon petit roi … Mon fils. Merci. Merci … »

Un sourire sur mes lèvres mordues jusqu’au sang étire ma peau pâle, lui rendant plus de couleur qu’elle ne le mérite. Mes pouces continuent d’effacer ses larmes doucement, mes yeux le dévorant d’amour, le silence nous entourant à nouveau tandis que je reprends lentement mes esprits, reniflant quelque peu d’une façon peu élégante. Qu’importe. Nous sommes seuls au monde.

« … Viens. J’ai tant à te dire et tant à apprendre, si tu le veux toujours. Tant à ... rattraper. Mais avant, je crois qu’un verre de whisky et quelques gâteaux nous feraient du bien à tous deux. Qu’en penses-tu ? »

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Message Sujet: Re: [terminé] Oh Mother, where have you been? ft Elizabeth Rochester Jeu 17 Aoû - 10:35

Oh mother, where have you been?
Je m’accroche à ma mère comme un homme à la mer s’accrocherait à une bouée. Je ne veux plus la laisser partir, je ne veux plus la savoir loin de moi. Je ne veux pas la perdre, une fois de plus. Je me complais dans cette étreinte emplie d’amour et d’affection, noyée de larmes. Aussi bien les siennes que les miennes. J’hésite à relever le visage, alors qu’elle m’y incite de ses mains, dans un geste doux et affectueux, rassurant. Mais j’hésite, car quelque part, je ne veux pas lui montrer mes faiblesses plus que je ne viens de le faire. Pourtant, elle est ma mère, elle est celle qui m’a vu à mon état le plus vulnérable, quand je n’étais encore qu’un tout jeune enfant. Alors pourquoi cette réticence aujourd’hui ? Mon éducation, ma vie, ce que j’ai pu subir durant ces années sans elle, des années qui m’ont endurcies sans même avoir à y réfléchir à deux fois. Alors je ne m’en étonne qu’à moitié.

Je finis par accéder à sa requête tacite et croise son regard. Tant d’amour. J’en avais oublié que l’on pouvait aimer autant, aussi fort, aussi longtemps, malgré ma propre expérience. J’accepte avec avidité les marques d’affection qu’elle m’offre, moi qui me suis toujours protéger de toute forme d’affection un peu trop sincère, de peur de souffrir à nouveau, de me perdre encore auprès de quelqu’un plus d’une nuit et de finalement, perdre cette personne à nouveau, n’ayant pas de possibilité de faire autrement. Mais ici et maintenant, je me laissais faire, les larmes coulant toujours, qu’elle effaçait petit à petit. Je me laisse bercer par ses mots rassurant, même une partie rationnelle de mon cerveau me susurre que ça ne pourra pas toujours être vrai, ne serait-ce que par le prix mis sur ma tête par ma propre famille, mais je ne l’écoute pas à cet instant, me contentant de me perdre dans les yeux de cette femme, calmant mes sanglots doucement.

Je me relève et l’aide à faire de même lorsqu’elle me parle d’apprendre. Je suis un érudit, je vis pour apprendre. Un rire amusé sort de ma gorge alors que je défais un ou deux boutons de ma chemise, ayant soudain comme besoin d’air.

"Un verre ? Laissez la bouteille, Mère, je pense qu’elle ne sera pas de trop."

Et sur ces quelques mots, je l’invite à me devancer, tandis que je vais retourner le panneau d’ouverture de la boutique. Aujourd’hui, personne ne viendra nous déranger et je m’en assure. Puis je la suis dans cette boutique, près à reconnecter avec cette mère si longtemps perdues, si chaleureusement retrouvée, mais pas encore totalement pardonnée.
avengedinchains


 
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