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 [Abandonné] There's no-one here at all, behind these castle walls ¤ Bailey

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Message Sujet: [Abandonné] There's no-one here at all, behind these castle walls ¤ Bailey Dim 21 Aoû - 16:07


RP ABANDONNE

SUJET PRIVÉ : FT. BAILEY JOHNSON
# TYPE : Temps présent
# DATE : Mi mars
# MOMENT DE LA JOURNÉE & TEMPS APPROXIMATIF : Il fait beau #seasexandsundansléglise et c'est en fin de journée!

# PRÉSENCE DU MJ : Non

# AUTRE :  :17:
SHADOW




There's no-one here at all, behind these castle walls.

- BAILEY JOHNSON — RAYCE WINSTON -


Everyone thinks that I have it all but it's so empty living behind these castle walls, these castle walls. If I should tumble if I should fall, would any one hear me screaming behind these castle walls.

Son destin n'avait rien de charmant a priori et pourtant, Rayce ne l'échangerait pour rien au monde. Être un homme d'église, c'était ce qui l'avait forgé ces dix dernières années et aujourd'hui, c'était la mission de toute une vie. Avoir embrassé ce mode de vie pouvait en choquer plus d'un assurément mais Rayce avait mis tellement de coeur à l'ouvrage depuis qu'il était pasteur dans cette église qu'on s'habituait rapidement à sa présence. Il était discret, toujours parce qu'au fond, Rayce n'avait pas besoin de parler pour se faire comprendre. C'était un peu comme s'il avait quitté le monde des mortels, se trouvant bien plus à son aise parmi les esprits et les croyances. Quelque part, il devait savoir qu'il se fourvoyait et s'il y avait effectivement quelque chose de plus grand que lui dans ce monde, il attendait de pied ferme qu'il se révèle à lui. Rayce était croyant, il était même fervent à ce stade même s'il ne savait pas vraiment où il allait ou les raisons qui le poussaient à choisir tel ou tel chemin plutôt qu'un autre. Tout avait commencé du jour au lendemain, au détour d'une gifle peut être plus violente que les précédentes et Rayce avait quitté la terre ferme à ce moment là. Depuis que son père avait fait son entrée triomphale dans sa misérable existence, c'était comme si Rayce se pensait mort. En un sens, il l'était parce qu'il avait vendu son âme à Dieu, se disant qu'elle serait bien plus en sécurité là haut qu'à subir les douleurs des âmes damnées de cette planète. Si son père souffrait, Winston ne pouvait pas dire qu'il éprouvait une quelconque pitié pour lui, pas après tout ce qu'il avait vécu, le viol de sa mère par son grand père, les suspicions de paternité qui tombaient en conséquence et tout ce qui ne tournait pas rond dans ce monde depuis le début. Il aurait aimé pouvoir dire qu'il était resté le même: ce môme à la détermination incommensurable, la violence dans sa chair et dans son âme, celui qui n'abandonnait jamais le combat jusqu'à s'en brûler les ailes. Pourtant, Rayce avait changé, sa flamme s'était éteinte et c'était sa foi qui avait pris place comme ultime tentative de survie dans un monde qu'il ne comprenait pas réellement au bout du compte. Et bien des années plus tard, Rayce était encore là, à sourire aux badauds qui rendaient visite à la maison de Dieu et il y croyait dur comme fer, à la rédemption, au pardon, à la vie qui pouvait être belle si on s'en donnait la peine en réalité. Avec un sourire timide aux lèvres, toujours, Rayce remerciait les derniers croyants qui quittaient les lieux en se dirigeant certainement vers un quelconque lieu de débauche, prêt à revenir se confesser à la première occasion. Rayce, lui, ne connaissait pas tous ces endroits, il n'y avait même jamais pensé, trop enfermé qu'il était dans sa bulle où personne n'arrivait à entrer... Du moins, c'était ce qu'il voulait croire mais les jours passaient, les gens pillaient l'amour qu'il avait encore au creux du coeur et bientôt, il ne resterait plus rien de lui que des idéaux vides de sens parce qu'il se serait avéré comme tous les autres. Rayce n'était qu'humain, c'était la seule certitude qu'il pouvait encore garder après des années passées dans le noir à attendre un signe qui lui indiquerait qu'un jour, tout irait mieux, qu'un jour, il serait vraiment heureux.

Il suffisait d'attendre et heureusement, Rayce était très patient. Après une journée passée à faire acte de présence à l'église, il était encore là malgré un lieu qui s'était vidé au cours des dernières minutes. Vide, vraiment? Pas totalement vu que Rayce releva le nez et aperçut une chevelure rousse caractéristique qui passait la porte de l'humble demeure de Dieu. Bailey, il l'avait déjà vu quelques fois et il y avait toujours quelque chose qui semblait les rapprocher, cet espèce de lien invisible qui faisait d'eux de grands amis en devenir. Rayce ne savait pas comment l'expliquer mais il avait la certitude que Bailey aurait un rôle majeur à jouer dans son évolution et la pareille devait également être réelle. Instantanément, le sourire du jeune blond se posa sur son visage avenant, s'il inspirait confiance, ce n'était pas pour rien. Et sans même avoir besoin de demander la raison de la venue de la jeune femme, Rayce se dirigea vers le confessionnal pour se faire une place de ce choix dans ce lieu où les pêchés avaient tout lieu d'être. Il ne savait pas ce qui l'attendait au tournant mais quand il releva la trappe, Rayce savait qu'elle était là et il savait que c'était le début des aventures de leur amitié parce qu'il n'était pas là pour la juger, bien au contraire, il écoutait et c'était ce qu'il savait faire de mieux. "Bailey. Parle moi." Avec les autres, il y avait plus de cérémonie, des dires officiels, du blabla inutile et avec elle, Rayce se comportait totalement différemment parce que c'était tout naturel. Logique. Et ses yeux bleus percèrent à travers la grille pour capter la présence de sa jeune amie, ils étaient deux et c'était ce qui ferait toute la différence dans les difficultés à venir et dieu qu'il y en aurait, justement.
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Message Sujet: Re: [Abandonné] There's no-one here at all, behind these castle walls ¤ Bailey Mar 23 Aoû - 15:21


There's no-one here at all, behind these castle walls; ft. Rayce
« I never believed. And when I prayed God every day with all my soul, desperate and all alone, you appeared. »
«Chérie, l’heure est grave. » Non. Si c’était aussi grave que la tronche que tu tires, crois-moi, je paniquerais – car nous serions alors six pieds sous terre, à ne pas en douter, ou alors ce n'est pas un bras que j'aurais dans le plâtre, mais le corps tout entier. J’écoute pourtant ma déesse mentale d’une oreille distraite, alors qu’elle se déhanche telle une diva en plein show devant mes prunelles avec ses Pradas neuves aux pieds, une cigarette allumée entre ses doigts d’artiste, son autre main agitant une bouteille de whisky non entamée. Si je faisais plus attention, je lui ferais remarquer que son peignoir en soie est en train de se faire la malle, mais voyez-vous, pour l’heure, je m’en moque. « Une semaine. Ça fait une foutue semaine que tu n’as pas fumé ou bu une goutte d’alcool. Sept putains de jours que tu ne t’es pas envoyée copieusement en l’air. Sérieusement ! Cent soixante huit heures sans orgasmes ! C’est criminel !!! » Si ma partie sage écarquille les mirettes, choquée, je me contente de rouler des yeux, agacée à ses plaintes stupides - sept jours, oui, simplement car cela fait une semaine que je suis à moitié dans le coaltar à cause de mon accident stupide. « Dix milles quatre-vingt minutes sans le combo alcool – clope – sexe, Bailey ! J’ai besoin de ça, tu comprends ? C’est ma raison d’être ! » Reprend par ailleurs ma déesse interne en miaulant de façon pathétique. Mhm. Si j’étais réellement en conversation avec moi-même, je lui rétorquerais qu’elle est en train de perdre mon moi adorable. Mais comme c’est le coté pétasse frigide qui est aux commandes, je me contente de l’ignorer superbement. Une semaine sans ces merdes ? Ca pourrait être pire, je pourrais être en rade de café. Franchement. Ce n’est pas la mort. « Pas la mort ? PAS LA MORT ? Es-tu sérieuse ? On parle du dieu, grand, magnifique, merveilleux, magistral El- » « Si tu ne veux pas finir chassé de ma conscience avec mes baskets neuves collées au cul, ferme-là. » Ma langue claque, tandis que je feule à voix basse ces mots avec un air passablement furax. Les gens autours vont me penser folle mais qu’importe – je le suis après tout. Ah, toutes ces conneries me fatiguent. Je soupire, décontractant mes muscles et me calmant, préférant me concentrer sur mon bras invalide tout en ignorant les conversations autour. Bon. Bien. Encore sept semaines à tenir si tout se passe bien. Heureusement, je ne serais pas seule à affronter ce calvaire : je relève en effet les yeux pour dévorer du regard ce qui me fait face - mon nouveau sanctuaire personnel. Et pour cause, il s’agit là de l’église de mon nouvel ami Rayce. Qui aurait pu croire que je m’attacherais autant à un homme de Dieu, moi qui pensais autrefois que tout cela n’était que des conneries ? … Bon, je l’avoue. Je suis encore mitigée, partagée sur ce genre de choses – le coté je prie pour avoir des faveurs en retour me gêne un peu, mais c’est là mon interprétation propre de la Bible. Après tout je n’y connais pas grand-chose, et c’est bien pour cela que j’aime autant échanger avec Rayce. « C’est ça, va voir le prêtre. C’est sûr qu’il pourra t’aider sur ton problème interne. Que vas-tu donc lui dire ? Au nom du Père, du Fils et de ma bouteille de Martini, Amen ?  Regarde-toi chérie, tu es le vice incarné, puisque que, et bien, je suis une partie de toi – fort conséquente par ailleurs. Il ne pourra rien pour nous, tu es pourrie jusqu’à la moelle » rétorque ma diva interne avec un air farouche et supérieur. … Surtout rester calme. On ne peut tout de même pas s’étrangler soi-même, n’est-ce pas ? « Si, on peut. Mais on appelle ça un suicide. Bon, tu entres ou tu crèches devant ? Ce n’est pas tout ça mais il est tout de même dix-huit heures passé de plusieurs minutes et je commence à avoir faim – si tu vois ce que je veux dire. Plus tôt tu seras entrée, plus vite je serais sortie. » … Rah, faites-là taire, par pitié.

Je lui obéis pourtant. Elle a raison sur un point : il commence à se faire tard, et j’aimerais tout de même profiter un peu de Jack avant qu’il ne parte se coucher. Je me demande ce qu’il est en train de faire d’ailleurs. A cette heure-ci il est rentré de l’école, à ne pas en douter. Traitez-moi de mère surprotectrice si ça vous chante, il n’empêche que je suis toujours inquiète lorsque je ne l’ai pas sous les yeux. Enfin. Une autre interrogation vient soudain rejoindre mes pensées alors que j’observe avec déférence l’architecture : je me demande s’il y a encore du monde dans la bâtisse. Si ce genre d’endroit ne m’a jamais attirée auparavant – pour des raisons évidentes – celle-ci a un charme magnétique complètement différent. A chaque fois que mes pas m’amènent en ces lieux, j’ai l’impression d’être appelée. Stupide. Incompréhensible. Et pourtant … J’entre finalement, inspirant à plein poumon l’air pur qui m’embrasse comme une gifle, tentant de me faire aussi discrète et petite que possible dans ce lieu sacré - même si c'est clairement compliqué, vous savez, à cause de mon plâtre visible à trois kilomètres. Pourtant, un ange doit veiller sur moi aujourd'hui. Vide. L'édifice est ... Vide. Un sourire rassuré naît sur mes traits, alors que mes pupilles balayent l’espace du regard, caressant chaque siège, chaque détail, chaque décor. C’est tellement … Impressionnant. Mais au lieu de me sentir écrasée, au contraire, j’ai envie de me fondre dans la pierre jusqu’à faire partie du décor. Comme si, pour la première fois depuis longtemps, je me sentais à ma place. En sécurité. Je n’entends d’ailleurs plus ma déesse interne – la présence de ce lieu a dû la tuer momentanément, tout comme elle me rend ivre (sort of). Voilà qui a de quoi me faire sourire d’autant plus, surtout lorsque je reconnais la tignasse de mon prêtre préféré un peu plus loin. Dieu que j’aime cet homme – sans pourtant le connaître plus que ça. Mon regard croise le sien à peine une fraction de secondes. Et si je sais qu’il me retourne le sourire, je sais également qu’il va me suivre. C’est une sorte de jeu, auquel je me prête bien volontiers. Honnêtement, je ne suis pas du genre à me livrer. Jamais. Sauf à mon journal intime et à mon éditeur - ce dernier est d'ailleurs un autre de mes nombreux problèmes à régler. Enfin. Il n'empêche que Rayce est littéralement différent. Je me dirige finalement vers le confessionnal et m’y installe à ma place, celle de l’infâme pécheresse, avant de fermer les yeux. Inspirer. Expirer. Laisser les sons m’engloutir toute entière, la flagrance du bois me bercer. Retomber en enfance … Relever le nez et rouvrir mes prunelles lorsque je l’entends arriver.  Croiser son regard à nouveau, frissonner à sa voix, puissante, douce. Rassurante « Bailey. Parle-moi. » Une invitation, non un ordre. C’est tout ce don j’ai réellement besoin. Un ami, une épaule. Une personne contre laquelle me laisser aller sans peur, deux bras pour me bercer. Comme avant, une première depuis bien trop longtemps. Serais-tu mon frère d’armes ?

« C’est une journée magnifique. » Je commence, sans lâcher son regard, serrant mon bras plâtré contre moi. Ma voix, un peu rauque, se fait plus claire au fur et à mesure qu’elle vibre, résonne dans les lattes de bois. Comme un chant inaudible que l’on ne sait pas écouter, étouffé jusqu’à ce qu’il puisse se faire finalement entendre. De toute sa force. « Peut-être un peu trop pour rester enfermé. Tu ne crois pas ? » Je souris quelque peu, croisant ses yeux bleus, reflet des miens. Derrière nos sourires, que cachent réellement nos âmes torturées ? Je secoue la tête, complice de nos crimes futurs, avant de soupirer un secret honteux que je n’ai encore jamais avoué à quiconque jusqu’à présent. « J’ai peur, Rayce. Je crois que je perds les pédales. Tu y crois, toi ? Le soleil brille, les oiseaux chantent, et je n’ai qu’une envie, me tirer en courant, fuir, prendre ma voiture et m’en aller, sans regarder en arrière. Misérable, non ? Pathétique même. Es-tu … Es-tu libre ce soir ? Je crois que j’ai besoin d’aller me vider la tête, mais je n’ai pas envie de le faire seule. » Je crois que j’ai besoin d’un ami, en urgence. Ça, d’une clope, de sexe (okay, je l’admets, peut-être) et - devinez quoi. D’une bonne grosse rasade d’alcool. Surtout d’alcool en fait - simplement car la morphine présente dans mon sang commence à se faire la malle. Hé, Rayce. Dis-moi. « Est-ce qu’un bowling, ça te tente ? »

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HRP:
 



Come stop your crying, it will be alright ; just take my hand, hold it tight. I will protect you from all around you, I will be here, don't you cry; my arms will hold you keep you safe and warm. This bond between us can't be broken Cause you'll be in my heart from this day on now and forever more.

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Message Sujet: Re: [Abandonné] There's no-one here at all, behind these castle walls ¤ Bailey Dim 28 Aoû - 16:27


There's no-one here at all, behind these castle walls.

- BAILEY JOHNSON — RAYCE WINSTON -


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Il était probablement allé trop loin dans la spirale du désespoir pour en sortir totalement indemne. Rayce se croyait en vie mais dans le fond, pouvait-il vraiment l'affirmer? Dix années auparavant, il aurait probablement pu encore croire à une quelconque rédemption parce qu'en ce temps là, il avait le feu rageur qui grandissait au coeur de sa poitrine mais même celui-là, il avait disparu au fil du temps. Vivre de la colère, s'en nourrir même, ce n'était pas une attitude responsable pour un homme d'église et Rayce avait abandonné tout parcours de vie en dehors de celui là. Pour lui, ce n'était pas si grave s'il n'avait pas de réelles maisons, mais simplement un lit de camp au fond de l'église. Ce n'était pas si grave non plus si les seuls objets personnels qu'il avait gardés au fil des années se réduisaient à un exemplaire de la Bible et quelques bibelots qui n'avaient plus lieu d'être. Pourtant, il avait des souvenirs alors Rayce avait gardé sa veste en cuir, son vieux range-cigarettes et son briquet qui ne devait plus procurer aucune flamme en réalité. Cet objet là était comme lui, totalement éteint et il y avait certainement peu d'espoir de connaître sa résurrection dans les instants à venir. Pour Rayce, c'était peut être un peu différent parce qu'il était humain et qu'à partir de là, tout était encore possible. Il pouvait se réveiller le lendemain matin avec la rage de vivre qui s'épanouissait à nouveau dans ses entrailles et avec cette envie de tout envoyer balancer. Winston pouvait encore changer, il pouvait encore tirer la sonnette d'alarme pour comprendre que le gamin fana des courses de petites voitures avec des rêves de grandeur plein la tête était encore vivant quelque part. Il ne le souhaitait pas, il n'était pas prêt. Retrouver ce petit bonhomme, c'était retrouver les coups, le goût de fer rouillé dans la bouche et les yeux méprisants d'un père qui ne désirait rien de plus que couper court à la souffrance. Rayce ne pouvait pas l'aider, ni à cette époque ni aujourd'hui mais il pouvait encore donner l'impression d'être devenu un homme stable et en paix avec lui même. Il était même incroyablement doué en la matière, une aubaine en vue de son rôle de représentant de Dieu sur cette planète. C'était le lot de tout croyant, faire croire au public que Dieu l'avait sauvé d'un sombre destin même s'il avait obtenu son sursis par sa force de caractère et son refus d'abandonner aussi aisément. Rayce restait calme, posé, loin des regards parce qu'il n'aimait plus cela, du moins c'était ce qu'il pensait. Alors, était-il réellement vivant? Y avait-il encore une chance pour lui? Rien n'était écrit, rien n'était prédestiné mais Rayce avait encore le choix entre son passé et son avenir, s'accepter comme il était ou périr à jamais. Heureusement, avant d'en arriver là, il pouvait encore faire jouer l'illusion et c'était un don du ciel qu'il avait toujours eu. Tout allait bien, il était capable de convaincre n'importe qui de cette assertion, c'était ce qu'il avait prononcé maintes et maintes fois à sa mère quand elle était plus bas que terre ou bien quand elle le retrouvait avec un sacré oeil au beurre noir. C'était ce qu'il avait prononcé chaque fois que sa père se rendait compte de ce qu'il avait fait en se trouvant dans un état second et c'était ce qu'il continuait de faire chaque jour quand quelqu'un entrait dans son confessionnel pour énoncer la liste non exhaustive de ses pêchés.

Rayce ne pouvait pas sauver tout le monde, clairement pas lui même mais lorsqu'il entrait dans ce rôle là, il était invincible. Aujourd'hui, il l'était en invitant Bailey dans son antre du secret. Ici, personne ne venait les juger ou déranger la quiétude de leurs confidences. Il ne comprenait pas forcément comment mais Winston avait confiance en elle et ses pêchés ne l'effrayaient jamais, pas comme d'autres âmes a priori innocentes qui se déversaient en ce lieu. Bailey était différente et Rayce avait cette certitude au fond de son être que ce qu'ils partageaient était d'une importance capitale. Il ne savait pas encore ce que c'était, ce qu'adviendrait d'eux dans cet avenir incertain et bien instable mais il pouvait compter sur elle, c'était inéluctable. Alors, évidemment, il agissait différemment en l'accueillant de l'autre côté de l'habitacle. Rayce était souriant, ses yeux bleus pétillaient et son calme apparent ne laissait transparaître que le désir de la sauver de la tornade qui l'envahissait. Winston ne comprenait pas nécessairement l'attrait du monde extérieur alors, il ne pouvait que froncer les sourcils en l'invitant à se poser des questions sur sa présence dans une église par ce beau temps. Rayce n'était pas de ceux qui prenaient des jours de repos, encore moins des vacances, les questions météorologiques le prenaient franchement de court. "J'suis jamais enfermé ici. Y a le ciel au dessus de moi, rien de plus ouvert en somme... Mais tu as raison, cette journée est merveilleuse." Le moindre jour l'était pour Rayce parce qu'il était totalement obnubilé par son petit monde teinté de perfection. Concrètement, il était le plus idiot de cette planète s'il considérait qu'il ne pourrait pas être plus à son aise ailleurs qu'ici mais Rayce restait Rayce et il fallait qu'il tienne l'illusion jusqu'au bout. A l'heure actuelle, il devait écouter les propos de Bailey, d'une Bailey qui avait peur, d'une Bailey qui était perdue et qu'il devait guider du mieux qu'il pouvait parce que c'était autant son devoir que son envie profonde. "T'as aucune raison d'avoir peur, Bailey. T'es jamais seule, tu le seras jamais." Et Rayce lui offrit son plus beau sourire. Il ne suffisait que de cela, être deux dans un monde aussi merdique que le leur, rien d'autre. "Si c'est réellement ce que tu veux cela dit, tu peux toujours le faire... Mais je sais que ce n'est pas ce que tu souhaites, il y a des gens qui ont besoin de toi ici." Son fils, sa vie, lui aussi quelque part même si Rayce essayait de ne pas s'en rendre compte. Il fronça encore lus les sourcils lorsqu'il entendit la jeune femme l'inviter à sortir. Pour lui, c'était un concept totalement perdu dans les souvenirs enfouis de son cerveau. Bowling? Il n'y avait probablement jamais joué de son existence mais tout pouvait commencer un jour, même la trentaine passée. "Tu sais que je suis le gars qui n'est pas sorti depuis... Dix ans voire plus? Si tu promets de ne pas rire de mon côté novice niveau bowling, je suppose que ça peut se faire." Il était toujours sincère, au moins il n'avait pas à enjoliver quelque chose qui n'existait pas: Rayce n'avait aucune idée de comment survivre dans le monde extérieur, pas seul en tout cas. "Ca fait peur dehors, Bailey. Est-ce qu'on peut lutter contre cela?" Il était honnête encore, c'était sa raison d'être. Sa seule raison peut être alors qu'il souriait d'un air timide en regardant ses mains. Rayce n'était plus aussi seul qu'il pouvait le croire et quelque part, il avait bien du mal à s'y faire.
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Message Sujet: Re: [Abandonné] There's no-one here at all, behind these castle walls ¤ Bailey Dim 28 Aoû - 18:45


There's no-one here at all, behind these castle walls; ft. Rayce
« I never believed. And when I prayed God every day with all my soul, desperate and all alone, you appeared. »
Comment fait-il fait pour me calmer ? Rayce est un mystère vivant, mais celui-ci je n’ai pas envie de le percer à jour, simplement car … Je ne sais pas. C’est ainsi. Est-ce marraine la bonne fée qui me l’envoie ? Est-il est un ange déguisé en saint ? Sa simple présence me rassure et me fait sourire, naturellement. Il suffit qu’il soit dans les parages pour que le poids des soucis s’amenuise, comme si il les aspirait pour ensuite les diluer dans l’air. Le jour où le modèle de poche sera promu, je serais la première à le commander, croyez-moi sur parole. En attendant, je me laisser bercer par son sourire, son calme, ses yeux qui pétillent de joie comme un gosse. Comme le mien. Cette insouciance feinte fait un bien fou. Oh, je ne suis pas dupe. Je sais qu’au fond, lui-même à ses démons – peut-être même doit-il en avoir marre d’entendre des gens venir se confesser pour des conneries. Mais il reste fidèle au poste, malgré tout, continuant d’endurer la souffrance d’autrui – et certainement la sienne en prime – sans jamais se plaindre. Personne ne devient prêtre par hasard, de mon point de vue, lui-même a dû connaitre des moments difficiles, et c’est là un euphémisme. Cependant il continue encore de se battre. Sa foi me laisse toujours sur le cul – pardonnez-moi l’expression, je n’en ai pas de meilleure -, et je dois avouer que cela me terrorise quelque peu d’ailleurs. Moi qui ai du mal à croire en moi et qui me méfie de chaque voisin de palier, croire en quelque chose d’aussi absolue que Dieu … Dieu que j’ai prié sans relâche pour retrouver mon fils à une époque et qui n’a par ailleurs jamais répondu … Enfin vous voyez où je veux en venir. Mais il reste fidèle au poste, quoi qu’il arrive. Cet homme. Je cherche encore une façon correcte de le remercier, et je vais certainement finir par lui tricoter (ou essayer du moins) un truc pour cet hiver. Pas le vieux pull miteux avec des rennes qui gratte, plutôt une écharpe toute douce. Il a une telle tête de puppy adorable que cela fera du plus bel effet, à ne pas en douter. Peut-être, aussi, viendrais-je avec Jack à la chorale de temps en temps. Il se débrouille pour avoir du temps à m’accorder, je peux bien lui rendre la pareille de cette façon.

En attendant, je l’écoute, religieusement, le sourire me revenant au point où il faut que je me morde la lèvre par tant de cuteness. S’il savait. Oh, Rayce. Mais ça non plus, je ne peux pas luile dire : lui avouer qu’au contraire, j’ai toutes les raisons d’avoir peur. Je ne devrais même pas être ici. Je devrais être à la maison avec Jack, à surveiller qu’Eliott ne fasse pas de bêtises (car c’est moi qui suis plâtrée, mais il est le pire de nous trois). Veiller à ce qu’il ne vienne pas embêter mon nouvel ami. Car il est comme Sidney : un bien précieux à protéger contre vents et marées des d’Arundels – surtout du cadet. Mais j’ai encore la naïveté de croire qu’il ne leur fera rien. Qu’il ne poussera pas le vice à enquêter sur leurs personnes. Qu’il les laissera tranquilles – car ils ne méritent pas de passer un sale quart d’heure pour avoir échangé quelques banalités avec ma personne. Je ne désire qu’une chose depuis le début : sortir et vivre au grand air, et non être enfermée comme une poupée de porcelaine. Je ne suis pas ce genre de femmes, je ne suis pas un putain d’objet, mais apparemment mes suppliques (et crises de fureur) ne lui font ni froid. Ce que je fiche là alors que c’est désobéir et mettre les gens qui m’entoure en danger ? J’ai craqué. J’ai fais une crise d’angoisse et j’ai simplement pris mes jambes à mon cou, suffoquant de rester ainsi enfermée. Je n’ai pas vraiment réfléchit à ma destination. Au départ, je me suis contentée de vadrouiller un peu, flâner en quelque sorte tout en épiant mes arrières – me voilà parano à me savoir tout le temps surveillée – et en me parlant à moi-même, jusqu’à débouler ici. Mes pieds m’y ont menée comme si c’est là, dans cette église, qu’était ma place … Et me voici.

« T'as aucune raison d'avoir peur, Bailey. T'es jamais seule, tu le seras jamais. » Ses mots résonnent dans ma tête en boucle, et au fond de moi, parfois, j’aimerais l’être pour de bon ne serait-ce que quelques heures – physiquement s’entend. Car psychologiquement, je dois l’avouer, je ne me suis jamais sentie aussi seule depuis que je suis retenue captive, simplement car Jack s’amuse comme un fou sans avoir conscience de tout ce qui se joue autour de lui – fort heureusement. Abi a disparu un moment par ma faute, et j’évite depuis de lui causer du tord, m’isolant. Je n’ai de véritables contacts qu’avec Scott – quelques peu à la bibliothèque, rarement – Eliott, Melchior et Lou. Rayce, depuis peu. Et Sidney, mon éditeur aux allures de superman pour qui je commence à en pincer – mais c’est là autre chose encore de différent, et à lui non plus je ne peux pas tout dire. Je me sens seule, oui. Mais le suis-je réellement ? Non. Ma vie n’a jamais été aussi chargée, cruelle contradiction qui me prend la tête en ce moment. D’un autre coté, je ne regrette rien. Mais … Mais quelque chose manque. Cruellement. Alors j’inspire à fond l’air pur de cette église, là, cachée dans cette cabane de bois qui a déjà tout entendu ou presque. Je respire, j’écoute, et j’attends pour un miracle. Pathétiquement.
« Tu as raison. » je baisse les yeux, fixant mon plâtre, délaissant ses yeux magnifiques. « En un sens, je ne pense que l’on puisse réellement être seul un jour. N’y a-t-il pas, quelque part, une personne qui nous attend ? Lorsque ce n’est pas Dieu qui nous regarde, je suppose … Je ne suis pas bien placée pour me plaindre. » Je hoche la tête, avant de soupirer. « Je le ferais si je le pouvais. J’embarquerais Jack, évidemment, et je rentrerais là d’où je viens avec lui. Mais la vie n’a jamais été simple … Seulement, à l’heure actuelle, j’ai simplement l’impression d’étouffer. Un poids sur ma poitrine me fait suffoquer, et plus je me bats contre, plus je coule. Je vais finir par signer la reddition, mais je sais que ce serait certainement pire. » A y repenser, laisser Eliott faire ce que bon lui semble serait peut-être la meilleure chose à faire si je veux la paix. Peut-être se lasserait-il enfin … Peut-être me laisserait-il partir. Mais je rêve, éveillée. Je sais qu’au fond de moi, je suis déjà foutue, et bien que je le nie, le fait qu’il m’abandonne serait aussi difficile à vivre qu’à accepter. Je ne sais plus ce que je veux réellement et cela me tue, à petit feu. Pourtant, je redresse finalement la tête pour le fixer, un soudain sourire amusé retroussant mes lèvres, chafouin, tout en chassant mes mornes pensées. « Tu es le seul à avoir besoin de moi ici, Rayce. Crois-moi. Je trimbale trop de casseroles pour que quelqu’un puisse pleinement m’accepter et pour que je laisse cette personne s’approcher assez. C’est d’ailleurs pour ça que je viens te voir aujourd’hui. Je crois que … Je crois que quelqu’un a réussit à percer mes défenses et … Et bien en pincer pour elle serait la pire chose qui soit – ça fait tellement mal, bon sang. Mais … en parler ici me mets mal à l’aise. J’ai besoin d’air pur après avoir passé les derniers jours cloitrés à cause de mon bras – il faudra que je te raconte ça d’ailleurs, tu vas rigoler. »

Je le dévisage à travers les barreaux, espérant qu’il me dise oui. Je sais que cela peut-être terrifiant. Et ça l’est pour tout dire. Mais quoi que mieux qu’une bonne dose de trouille pour vaincre notre peur et rire de nous-même ? Soyons fous et courageux ce soir – s’il te plaît, je ne peux pas faire ça seule ; ne me laisse pas tomber. Pas toi.
« Et bien se sera une première pour nous deux. Je n’y ai jamais joué non plus, et j’ai un bras dans le plâtre. De nous deux, tu pars avec le plus de chances. » Je suis rieuse à présent, à nous imaginer en novices parmi les habitués, parfaitement ridicules … Avant de soupirer. « Le monde fait peur, Rayce. Le monde se casse la gueule et nous avec, joyeusement. Mais si on s’arrête de vivre pour autant, alors autant se pendre, tu ne crois pas ? N’est-ce pas ton Dieu qui a dit d’aimer la vie ? Je me dis que si tu es aussi un handicapé social que je peux l’être, nous avons peut-être une chance de nous en sortir. Pour sûr, nous allons souffrir. Mais c’est là tout l’intérêt du truc : un pas après l’autre, doucement à notre rythme … Et un jour, notre effort sera récompensé et l’on se dira qu’au final la montagne n’était peut-être pas si dure que cela à gravir. Tu es libre de refuser, bien sûr. Je ne te forcerais pas. Je me disais juste qu’un truc neutre et inconnu pourrait nous faire du bien à tous les deux, que cela nous changerait. C’est ça, où prendre une bière et faire un karaoké avec moi, mais je ne suis pas sûre que ton code moral te le permette. » Surtout si Abba fait parti du choix de musique.



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Message Sujet: Re: [Abandonné] There's no-one here at all, behind these castle walls ¤ Bailey Sam 1 Oct - 20:32


There's no-one here at all, behind these castle walls.

- BAILEY JOHNSON — RAYCE WINSTON -


Everyone thinks that I have it all but it's so empty living behind these castle walls, these castle walls. If I should tumble if I should fall, would any one hear me screaming behind these castle walls.

Être seul au monde, voilà l'impression qu'avait Rayce depuis bien des années. Pourtant, sa famille était encore dans les parages, il allait rendre visite à sa mère quasiment tous les jours, tâchant d'éviter le regard de son père dans le même temps. Le jeune Winston n'était pas malheureux pour autant, même s'il avait encore des cicatrices, de celles qui ne s'effaceraient jamais parce qu'elles étaient bien plus psychiques que physiques. Il en avait aussi dans cette catégorie, notamment sur son genou qui arborait une belle trace depuis que son père lui avait lancé une batte pendant une perte de contrôle en plein baseball familial. Rayce n'avait rien oublié, aucun coup, aucun hurlement de douleur, aucun passage à l'hôpital -quand il y en avait- et c'était quelque chose qui ne le quitterait jamais. Il était seul depuis le premier jour, depuis la première fois où son père avait osé la main sur lui, voire peut être avant, le jour où il avait découvert que son grand père était un beau salaud. Depuis lors, Rayce se complaisait dans cette situation parce que c'était bien plus simple de se bercer d'illusions que d'accepter le fait qu'il ne s'en était pas remis. Il était encore cet adolescent un peu maladroit qui ne savait pas bien ce qui adviendrait de lui une fois passé le cap de l'âge adulte. Ce qui lui était arrivé, personne n'aurait pu le prédire, lui le gamin colérique qui devenait homme de foi, il était évident que pas mal de personnes avaient dû rire en apprenant la nouvelle. Pas ses parents, pas sa mère, non. Elle avait honte, pas de lui mais d'elle parce qu'elle avait été sur le trottoir, qu'elle était une disgrâce pour un fils qui vivait en communion avec le ciel. Dans le fond, elle avait juste peur que Rayce ne soit pas accepté dans cette nouvelle communauté à cause d'elle. Elle n'avait toujours voulu que son bonheur, sacrifiant le sien en bien des occasions même s'il n'avait jamais réellement existé au final. Rayce lui devait tout et il avait d'ailleurs fait tout ce qui était en son pouvoir pour la protéger, même si cela signifiait une nouvelle soirée où il terminerait avec un oeil au beurre noir ou un os cassé. C'était le prix à payer et l'offrande, il la faisait parce qu'il n'avait aucune raison d'être sur cette planète si ce n'était pour cette femme là, celle qui l'avait mis au monde et qui avait vendu son âme au diable pour le nourrir. Il n'avait jamais voulu l'abandonner alors oui, Rayce était resté, risquant sa peau au quotidien pour des principes qui ne devaient plus exister depuis des siècles. Il était comme ça pourtant, il ne changerait pas. Rayce donnerait tout pour l'humanité, ce qui semblait absurde quand on voyait ce qu'on lui rendait. Il ne voulait rien pourtant, d'ailleurs il n'avait plus aucune possession depuis qu'il était entré dans les ordres, il avait vite fait de jeter la plupart de ses souvenirs, histoire de dire merde aux pêchés une bonne fois pour toutes. Effectivement, s'il y avait bien un homme qui n'avait pas fait un seul écart depuis dix ans, c'était bien Rayce Winston. Il était blanc comme neige, ce qui relevait du miracle quand on vivait dans cette ville mais il réussissait tout de même à s'en sortir sans trop d'égratignures. La vérité, c'était qu'il s'enfonçait un peu plus chaque jour dans le pétrin en côtoyant une d'Arundel mais tout cela, Rayce n'en avait aucune idée. Il aidait juste son prochain, sentant que la jeune femme avait besoin de son soutien et de ses mots. C'était totalement absurde parce qu'il n'était qu'un homme, pasteur de surcroît, comment aider un vampire dans ce cas là? Heureusement, Rayce n'avait pas conscience de ce qui lui arrivait, il se contentait de laisser faire son instinct, se mettant en danger dans le même temps. C'était pour la bonne cause, du moins, c'était ce qu'il se disait alors son geste valait le coup... Qu'il pouvait être idiot, Rayce, certains jours et dans ces moments là, il avait bien besoin de Bailey pour lui remettre les idées en place. La jeune femme en avait vécu des vertes et des pas mûres ces derniers temps et son nouveau fatalisme devait certainement avoir un impact quoique minime sur la façon de penser de Winston. Il restait optimiste même s'il sentait le désespoir de son amie, il vivait le même à l'intérieur mais comme à son habitude, il fallait qu'il le taise plutôt pour se concentrer sur les autres. Rayce était trop philanthrope depuis qu'il avait pris sa place dans cette église, il finissait par s'y perdre. L'idiot, oui l'idiot.

Ce n'était pas pour autant qu'il allait arrêter, loin de lui cette idée vu qu'il restait bien assis sur son siège, à attendre les paroles de la femme derrière le mur en bois. Il y avait quelque chose d'encore plus douloureux dans cet endroit, le confessionnal était sombre, trop silencieux et pourtant, c'était tout à fait ce dont Rayce avait besoin au quotidien. C'était peut être même son endroit favori parce qu'il se savait capable d'être utile dans ce lieu, il pouvait aider, il pouvait soulager les âmes en peine et quelque part, il avait l'impression d'être né pour cette mission. En vérité, Rayce se leurrait plus qu'autre chose, il avait d'autres buts, il ne le savait juste pas encore. Pour le moment, la seule chose qui l'inquiétait vraiment, c'était l'état d'esprit de Bailey, celle qui était devenue son amie le plus naturellement du monde parce qu'ils partageaient un fardeau qui ne s'échapperaient jamais de leurs épaules. Au moins, ils étaient deux et c'était les seuls mots que Rayce pouvait prononcer pour aider Bailey dans sa tourmente. C'était peut être la seule vérité qu'il connaissait: elle n'était pas seule, parce qu'il était là, même si ce n'était que peu de choses dans sa vie. Il y avait un rôle, sans le savoir mais encore une fois, Winston était bien trop innocent pour ouvrir les yeux sur la réalité. Le discours de la jeune femme le fit hocher la tête parce qu'il y avait une peur de résignation dans ce qu'elle pouvait lui dire et ce genre de sentiments, Rayce le connaissait. Il avait vécu avec cette sensation pendant des années, il vivait encore avec cela au fond du coeur mais il l'avait simplement oublié. "J'ai beau être pasteur, je ne sais pas si Dieu nous regarde constamment... Mais oui, il y a forcément quelqu'un quelque part qui pense à toi. Moi, je pense à toi, je prie pour que tu ailles bien parce que t'es mon amie, Bailey et que te sentir dans cet état, ça me chagrine." La voir aussi apeurée le perturbait plus qu'il ne le voudrait, c'était évident. Bailey était une preuve de force dans ce monde parce qu'elle donnait toujours l'impression de s'en sortir, qu'elle était capable de sourire de tout même quand rien n'allait dans sa vie... Mais pas cette fois, non, cette fois, c'était à Rayce de la remonter en selle et il n'était pas certain d'en avoir les réelles capacités. "Eh, fais de ton mieux, c'est tout ce que ton fils te demande, je suppose... Il faut que tu tiennes le coup parce que si tu le fais pas, qui le fera dans ce monde? T'es forte, Bailey, arrête d'en douter et si tu te sens couler, crois moi, c'est simplement une impression. T'as tout ce qui faut pour gérer ton rôle. T'as pas à avoir peur et puis, arrivera ce qui arrivera, l'important, c'est que tu nages maintenant." Il était hors de question que son amie coule, pas Bailey où il finirait par désespérer. Rayce avait conscience des malheurs qui ravageaient ce monde mais en faisant connaissance avec la rousse, il avait été forcé de constater qu'il y avait des gens bien qui existaient encore et il avait envie de continuer pour eux. Oui, il avait envie de continuer pour elle même s'il avait une peur bleue de ce qu'il adviendrait de lui après cela. "C'est si terrible que ça d'aimer quelqu'un? Vu comment tu le décris, j'ai l'impression que t'as chopé la peste bien noire ou quelque chose du genre... Mais bien entendu, tu m'en parleras quand tu voudras, en plus de ta sublime casserole qui t'a donné ce plâtre merveilleux." Rayce laissa échapper un éclat de rire, ce fait était suffisamment rare pour être signalé. Le jeune pasteur avait arrêté de rire il y avait bien longtemps de cela déjà, la vie était passée par là et sa solitude avait fini le mouvement. Pas entièrement apparemment et c'était une excellente chose. Les perspectives étaient intéressantes même si Rayce était loin d'être l'être le plus sociable de la terre, encore moins le roi du bowling mais la proposition de Bailey ne tombait pas dans l'oreille d'un sourd, c'était évident. "Le plus de chances de battre le record de gouttières, non?" Il était persuadé d'être très mauvais dans ce sport mais peut être que la réalité lui donnerait tort après tout. "C'peut être ça justement, j'ai plus envie de souffrir alors cette vie de reclus, tu vois, c'est pas si mal pour moi... Mais oui, vaut mieux le bowling que la bière ou la drogue, ça crée moins de problèmes alors... J'accepte l'invitation. A condition que tu me chantes quand même une petite chanson après la partie, histoire de conjuguer le tout." Rayce plaisantait, il lui fit un clin d'oeil pour lui signifier. Il n'était pas si malheureux que cela ici bas, il suffisait qu'il se donne la peine d'y croire. C'était peut être cela le plus gros combat, celui de toute une vie.
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Message Sujet: Re: [Abandonné] There's no-one here at all, behind these castle walls ¤ Bailey Mar 4 Oct - 16:49


There's no-one here at all, behind these castle walls; ft. Rayce
« I never believed. And when I prayed God every day with all my soul, desperate and all alone, you appeared. »
Je suis nerveuse. C’est un pari cinglé, une idée stupide, mais pourtant … Pourtant j’ai envie d’y croire. D’essayer. J’ai besoin de ça : tout envoyer aux orties pour deux minutes, une heure, une soirée ; faire un truc totalement fou, enfantin, incroyable, inutile, innovant, décalé. Je crois qu’il me faut redevenir enfant un instant, avec lui, juste un moment – pour mieux fuir, oui, mais pour mieux revenir ensuite et affronter la réalité. Voilà où j’en suis, à présent. J’attends sa réponse, la peur me mordant le ventre, tandis que je tente d’écarter les pensées sombres et laisser la lumière – la sienne – m’éclairer, m’éblouir, me remettre dans le droit de chemin – et Dieu sait comme j’aimerais l’aider en retour. Ses mots lavent mon âme et sèchent mes pleurs comme un parent aimant le ferait à sa progéniture, comme un frère consolerait une sœur. Je crois que c’est ce qu’il est à mes yeux : plus qu’un ami, une tendresse sans égale me lie à lui pour ce qui me concerne. Je n’ai jamais eu de frère. Je ne sais pas vraiment ce que cela signifie. Mais si le maelstrom de mes émotions est ce qu’une sœur ressent pour un égal de la même famille, alors qu’importe si le sang ne nous lie pas. Rayce est comme un frère, contre lequel j’aimerais me blottir et ne plus bouger. Que j’aimerais écouter en retour.
Tu ne seras jamais seule, c’est ce qu’il me dit, et au fond de moi-même, à présent j’y crois. Parce que c’est lui, je ne ris pas. Parce que c’est lui, je pleurerais presque, comme une gosse à qui on vient d’annoncer que le père noël n’existe pas mais que la magie demeure quoi qu’il arrive. Il a l’art et la manière encore et encore de toucher mon cœur – organe que je lui ouvrirais de toute façon quoi qu’il arrive avec un grand sourire – mais ce n’est pas dérangeant. Cela ne le sera jamais. « Et je prie chaque jour l’univers pour que tu ailles bien, toi aussi », ai-je envie de répliquer. Mais je ne le fais pas, non, j’en suis incapable. Mes yeux parlent à ma place, brillants, presque larmoyants, couplé à ce sourire timide et reconnaissant, mes joues légèrement roses. Assez de sentimentalisme, par pitié. Qu’est devenue la jeune femme dure à cuir ? L’armure a fondu au soleil, et elle se laisse aller, avec peur certes mais plaisir.

Je me redresse pourtant quand il me parle de Jack, acquiesçant mollement. « En soit, il ne me demande pas grand-chose … Mais je veux tant lui donner. J’aimerais lui offrir ce que je n’ai jamais eu, et c’est peut-être pour ça que j’accepte ma situation même si elle me bouffe. » C’est même certain. Si ce n’était pas pour Jack, je continuerais de me battre contre mon geôlier avec bien plus de virulence. Je veux son bien … même si cela signifie l’éloigner de moi. Je veux sa sécurité, même si cela veut dire accepter qu'on me mettent des chaînes. Un sourire éclaire mes lèvres, mes yeux brillants dans l’obscurité de l’habitacle en bois. « Je l’aime. Je l’aime, Rayce. Je … Ma vie n’aurait pas de sens sans lui. Il est tout ce que j’ai véritablement réussis. Tout ce que je désire vraiment c'est le voir sourire. Le voir … heureux. Il est mon fils, mais plus que tout, il est … mon espoir. La preuve que ma vie a un sens, qu’elle sert à quelque chose. Il est comme toi, sans lui je chuterais. Il n’a juste pas conscience que je ne suis pas si forte. Je suis … tellement cassée, tellement … perdue. Mais je dois le cacher. Je dois être un roc, pour lui. Tu as raison. Je dois être forte. Parce qu’il n’y a personne d’autre pour l’être. » Je ferme les paupières, inspirant l’odeur boisée réconfortante avant de le fixer, à nouveau, par les trous. « Le truc c’est que … la seule véritable chose qu’il me demande est … Difficile. Très difficile. A admettre. A offrir. Mais … Mais je le ferais. C’est ça qui me fait peur. Parce que c’est lui. Alors … Alors j’espère juste que tu as une bouée avec toi, parce que si je n’ai pas peur d’avancer, je suis en train de découvrir que je me suis aventurée dans l’océan … et que je n’ai plus vraiment pied. » Je souris, franchement, dépitée. Il fallait qu’il s’attache à ses vampires. Je n’avais pas eu le choix ensuite. Encore maintenant, honnêtement, je ne l’avais pas. Je voulais juste voir les yeux de mon fils luire. Cela faisait plusieurs semaines que j’étais là, maintenant. Que je le voyais grandir, se renforcer, plus heureux que jamais depuis qu’il était parmi eux. Et parce que j’étais égoïste, parce que j’avais besoin de lui, je refusais de le laisser, préférant sacrifier ma propre liberté. Je suffoquais. Je suffoquais, par les mots qu’il avait prononcé, ce soir là, lorsqu’enfin je l’avais récupéré. Il avait cru que j’allais l’abandonner, comme son père l’avait fait. Alors je lui avais dit. Que son père n’avait simplement pas connu son existence, parce qu’il aurait été un danger. Je lui avais dit que non, il n’était pas prévu mais que jamais, jamais je ne le laisserais. Que je l’aimais, plus que tout. Plus que ma vie. Plus que ma vie … Plus que tout au monde.
Et c’était ce même amour qui me tuait, parce qu’il était le seul à avoir accès à mon cœur outre Rayce désormais ; et parce que deux autres hommes se frayaient un chemin, lentement mais sûrement, en usant d’une tractopelle et d’une paire de chaîne en acier. Eliott d’Arundel était en train de me séduire, de me détruire, et Sidney m’aidait pour garder le navire en état de naviguer. Si je haïssais presque le premier, j’éprouvais une tendresse sans borne pour le second, mais dans les deux cas … les deux m’effrayaient. Parce qu’il n’y avait rien de noir ou de blanc. Parce que dans le premier cas, je voulais dégommer sa façade bien huilée, comprendre son jeu, renverser la tendance – sorte de curiosité malsaine et déplacée. Eliott avait beau me faire fondre des plombs, il continuait pourtant de m'intriguer. Un jour il me traitait comme la dernière des ordures, le lendemain il m’offrait des fleurs par centaines, comme si j'étais une princesse, me complimentant - chose qui me dépassait et à laquelle j'étais loin d'être habituée. Parce que dans le second cas, je voulais le protéger et ne pouvais être honnête totalement, ce qui me bouffait. La peur irradiait mes entrailles mais j’étais trop accro à nos échanges mails pour le lâcher - il avait été la lumière du phare au milieu de la tempête, avant Rayce Et au milieu de tout ça, Jack apparaissait, innocent, candide. Au milieu de tout ce beau bordel, il me demandait de pardonner aux d’Arundel leur rudesse, étalant son désir de rester encore, souhaitant plus que tout au monde qu’ils rejoignent sa famille. Notre famille. Alors, oui. J’avais peur. J’avais peur, car cela signifiait accepter Eliott et ses frasques entièrement, sans compter sur celles de Louise – qui étaient peut-être pires. Cela signifiait abandonner pour de bon Sidney, pour son bien, et me laisser sombrer psychologiquement un peu plus. Cela signifiait accepter que Jack ait … un père. Enfin. Après tant d'années.

Mais alors que je perds une fois de plus dans mes pensées chaotiques, la voix de mon ami me ramène et mon sourire se fait un peu plus grand, étirant mes traits tandis que je me dis qu’Eliott a au moins raison sur un point : je réfléchis trop. « Oui. Oui c’est terrible. Enfin … Pour moi, ça l’est. Parce que je suis une flippette, Rayce. Et que si je ne me bats pas, cela pourrait bien me tuer. Parce que lorsque j’aime … C'est jusqu'au point de non retour. J'aime jusqu'à tout offrir, et tant pi si je dois être retrouvée inerte ensuite. » Je secoue la tête, avant d’éclater de rire à mon tour, un rire léger et salvateur - soulagée. Je lui dirais. Ce soir, je lui dirais ce qui me fait tant peur. Je lui parlerais de mon passé. Pour la première fois de ma vie, je m’ouvrirais, parce que c’est lui. Parce qu’un frère est peut-être la seule personne qui a le droit de savoir ce qui me perturbe tant. Le seul. Mais attendant les cris et les larmes, avant la peine et la rancoeur, il faut rire. Sourire. Profiter de l'instant offert. Alors je le fixe, joueuse, pourtant sincère. Doucement, au fond de moi, j'espère .... Ne me laisse pas tomber. « En parlant de plâtre d’ailleurs … J’espère que tu me laisseras un dessin, ou un petit mot. Je t’ai gardé de la place. » Entre le dessin de Jack – une cabane dans un arbre où nous sommes tous deux représentés – et son « je t’aime maman », et l’œuvre d’Eliott – une miniature de San Francisco à couper le souffle. « Les gouttières, c’est plus difficile à avoir qu’on ne le pense. » Je réplique au tac au tac, de nouveau moi-même, amusée, rieuse, prête à en découdre avant l'heure fatidique où le masque devra tomber, se fracasser pour notre bien à tous les deux. « J’accepte pour la chanson. Je n’aime pas chanter en public mais puisque tu acceptes de sortir de ta cathédrale … Je peux bien t’offrir ça. Avec un verre de jus d’orange. Peut-être même pourrais chanter à l'église de temps en temps, si ... Enfin, pour payer ma dette.  Mais en attendant ce jour, Rayce Winston, prêtre de San Francisco ... Quand es-tu libre pour une partie de bowling ? »

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Message Sujet: Re: [Abandonné] There's no-one here at all, behind these castle walls ¤ Bailey Mer 5 Oct - 21:46


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- BAILEY JOHNSON — RAYCE WINSTON -


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Rayce ne laissait pas entrer énormément de personnes dans sa vie. Il avait toujours été plus ou moins une âme solitaire, bien trop occupé à panser ses plaies pour s'intéresser à une intégration quelconque dans la société. Et si avant, il s'en fichait pas mal de la vie des autres, aujourd'hui, c'était son seul et unique intérêt. On ne pouvait pas dire que Rayce était comme tout le monde, il voyait les gens autour de lui comme de véritables cadeaux dont il devait prendre soin, quand une bonne moitié d'entre eux ne devait pas connaître son prénom. Il considérait que c'était son travail, lui un des représentants de Dieu sur Terre, c'était à lui de sauver le monde. Dans le fond, le jeune Winston était tout à fait ridicule parce qu'il n'avait aucune raison apparente d'avoir le complexe du héros, lui qui n'arrivait même pas à se sauver lui même depuis sa plus tendre enfance. S'il était si fort que cela, pourquoi ne s'était-il jamais débattu quand son père posait sa main sur lui? S'il était si philanthrope, pourquoi n'était-il pas parti de cette ville pour aller sauver le monde dans les endroits les plus reculés? Les intentions de Rayce n'avaient jamais été réellement claires parce qu'il ne savait pas franchement ce qu'il faisait à vrai dire. Depuis des années, il tâchait de survivre et rien que cette mission s'avérait plus périlleuse que prévu. Il aurait aimé dire qu'il était meilleur que les autres, que le monde ne lui faisait pas peur mais il aurait menti. S'il y avait bien quelque chose qui fichait une peur bleue à Rayce depuis une bonne décennie, c'était le monde autour de lui. Il s'en était dégagé peu à peu, pour se retrouver perdu au fond de son église, oubliant que le soleil se levait à l'est et qu'il se couchait à l'ouest, lui qui ne le voyait qu'à travers des vitraux poussiéreux. Rayce n'était plus tout à fait humain, il était surtout parti loin dans ses idéaux, l'utopiste qu'il était avait trouvé sa voie dans la plus belle des perditions. Sa religion ne le sauvait pas pourtant parce que les souvenirs l'inondaient certains soirs et il souffrait. Oui, il souffrait mais Rayce ne pleurait jamais, pas même quand ses vieilles cicatrices lui brûlaient la peau comme s'il venait de se prendre un nouveau coup qui rouvrait la plaie. Non, tout cela, c'était juste dans sa tête parce qu'il faisait des cauchemars. La seule paix qu'il arrivait à trouver véritablement était là, dans ce confessionnal, là où aucune mauvaise pensée ne pouvait traverser. Le voile était trop épais autour de l'habitacle pour que des fantômes ne viennent agresser son innocence à peine retrouvée. Rayce ne serait jamais heureux, c'était une évidence qui lui faisait du mal parfois mais il avait conscience qu'en s'offrant aux autres comme le bon pasteur qu'il était, c'était là qu'il y trouverait sa rédemption. Le pauvre, il tournait complètement fou depuis la fin de son adolescence. Finalement, croyait-il réellement en Dieu ou tout cela n'était juste qu'un subterfuge pour se trouver un but dans la vie? Il y avait certainement de quoi se poser des questions, lui qui n'avait pas commencé à prier avant qu'il n'apprenne les pires secrets de sa famille. Rayce était comme les autres au bout du compte, un gamin qui avait emprunté un chemin compliqué et qui s'était retrouvé complètement perdu au milieu de la route à un moment donné. Le seul choix qu'il avait pu faire pour rester sur le bon sentier, c'était Dieu. Il n'y avait pas d'autres perspectives pour les gens comme lui, ceux qui avaient une mère qui faisait le trottoir et un père noyé dans sa haine. Il n'avait rien d'autre, pas même des illusions auxquels se raccrocher, ce temps était fini depuis longtemps et son seul réconfort était devenu Dieu. Son seul jugement lui suffisait, du moins c'était ce qu'il pensait parce qu'il avait rencontré Bailey et que son petit monde s'en était retrouvé chamboulé en conséquence. Elle était tout naturellement devenue son amie, sa seule amie pour être honnête, lui qui n'avait jamais pu s'attacher à autre chose que le vieux hamster qu'il avait retrouvé dans une poubelle étant gamin. Rayce se refusait à toute forme d'attachement, trop apeuré qu'il était d'en souffrir. Avec Bailey, cela ne lui était jamais arrivé, c'était simplement d'une logique implacable qu'il la laisse entrer dans son univers parce qu'elle le méritait et qu'il la comprenait.

Ce n'était pas évident tous les jours d'être un homme de foi mais quand on avait derrière le rideau une de ses meilleures amies, c'était certainement le meilleur travail au monde. Ces derniers temps, Rayce voyait bien que Bailey luttait dans sa vie personnelle mais il n'était pas à même de la juger, lui qui avait passer bon nombre d'années à se battre pour des causes obscures. Il avait eu des sales périodes durant son adolescence et s'il s'en était remis, il avait bien failli sombrer. Bailey ne pouvait pas se le permettre parce qu'elle avait un petit homme qui comptait sur elle, elle avait un fils et la famille était tout ce qu'il comptait. Winston n'était pas le mieux placé pour lui donner des conseils à ce sujet mais en tant que fils d'une mère qui avait souffert tout au long de sa vie, il arrivait facilement à se mettre à la place de Jack. Non, l'enfant n'avait pas besoin d'énormément de choses, juste qu'elle soit présente, qu'elle soit le bouclier entre lui et le monde et Rayce était persuadé que Bailey remplissait à merveille ce rôle vu l'inquiétude qu'il sentait dans son timbre de voix. "Tout ce qu'il veut, c'que tu sois bien, tu sais... J'suis pas père et j'le serais jamais mais s'il y a une chose que j'sais d'expérience, c'bien qu'un fils veut juste protéger sa mère et quoiqu'elle fasse, il l'aimera toujours... Alors, tu n'as pas à t'en faire, Bailey. Ca ira toujours pour Jack." Il n'avait pas forcément les mots pour le dire parce qu'il se voyait mal expliquer que sa mère avait couché avec des sombres inconnus pour le nourrir, encore moins que son propre père avait profité d'elle semant le doute sur la venue de Rayce dans ce monde. Le pauvre garçon n'avait toujours voulu que le bonheur de sa mère et c'était lui qui s'était mis à travailler jeune pour qu'elle arrête de souffrir. Après la vie qu'elle avait eu, Rayce avait juste eu besoin de la voir heureuse ou tout du moins soulagée d'en avoir fini avec cette période noire de son histoire. Le message qu'il faisait passer à Bailey était de cet acabit: qu'importait ce qu'elle pouvait faire, Jack l'aimerait toujours parce qu'elle était sa mère, tout son univers en somme. "T'es pas brisée, Bailey. T'es juste désorientée mais y a rien qui peut te vaincre, absolument rien. Préserve Jack, c'tout ce que t'as à faire, c'ton seul rôle, tu sais... Ne te rends pas malheureuse, c'tout l'inverse qu'il veut, j'te jure." Rayce n'était pas forcément doué avec les mots, il avait plutôt tendance à rougir quand la conversation devenait trop sentimentale et si elle avait pu le voir, Bailey aurait clairement ri de lui. Le pauvre Winston n'était plus ce qu'il avait été, lui qui était si aventureux par le passé, si impulsif, quelqu'un qui n'avait peur de rien, à l'heure actuelle, on le retrouvait plutôt cloîtré derrière ces quatre murs sans chercher à y échapper. Personne ne pouvait comprendre ce revirement de situation, pas même lui même si on y réfléchissait mais c'était juste rassurant pour lui pour le moment... Jusqu'à quand? C'était la vraie question. "Qu'est ce que tu dois lui offrir exactement? Si c'un père, crois moi, il en a pas besoin une seule seconde." Et Rayce réprima un frisson parce qu'il avait les images en tête, les images de ce jour où il avait retrouvé le sien sur le pas de la porte, tout heureux qu'il était d'enfin être un enfant normal avec un père et une mère... De belles foutaises étant donné que quelques semaines plus tard, il se promenait avec de beaux bleus à arborer fièrement. Le fils de son père, c'était peut être la pire insulte qu'on pouvait lui faire et si Jack pouvait s'éviter cette issue, ce serait la meilleure manière de vivre, une très grande fierté. En attendant, Rayce ne pouvait qu'être la bouée, celui qui serait présent tout au long du chemin que devait parcourir Bailey parce qu'il lui devait bien cela, il lui devait tout ou presque. Elle était la seule qui lui portait un intérêt, lui le misérable homme d'église qui avait abandonné l'idée de vivre. Elle était encore là, à essayer de lui expliquer comment c'était au dehors, comment l'amour pouvait vous rendre totalement dingue et paumée. Rayce avait les yeux écarquillés en entendant son discours parce qu'il voulait comprendre, il voulait tellement être celui qui avait toutes les réponses mais en la matière, il était le dernier des nuls. "Et c'une mauvaise chose que de tout donner à quelqu'un? J'veux dire, y a rien de plus beau que ça... Être juste LA personne pour quelqu'un, p'tet que ce sera merveilleux, Bailey. Peut être que c'ton bonheur qui t'attend, à toi d'le saisir." Et s'il tentait de lui donner un conseil, Rayce perdait en légitimité au fur et à mesure de la conversation. Il ne connaissait même pas la réelle définition de l'amour, il ne l'avait vu qu'à travers quelques prières, deux ou trois livres par ci par là mais en dehors de cela, il n'était qu'un spectateur de ce bonheur chez les autres. Bailey serait peut être l'exception, celle qui s'en sortirait en amour, Rayce l'espérait plus que quiconque. Et si ce n'était pas le cas, il serait là de toute évidence, lui le novice du bowling, du karaoké et quoi d'autre encore. Il avait tout à découvrir et Bailey devenait peu à peu son mentor comme s'ils n'étaient pas déjà assez abîmés individuellement pour venir déchanter ensemble. "Ca tombe bien, j'ai un sacré talent en griboullage, le roi de l'art abstrait, ton plâtre va pas s'en remettre." Un rire s'échappa de sa gorge après sa réplique, il pouvait être comme les autres par moments, celui qui riait, qui trouvait son bonheur dans les courts instants, dans ses échanges avec Bailey avant tout. "J'suis libre quand tu veux pour battre le record du monde de gouttières... Et pour un p'tit gospel dans ma chapelle aussi. Tu sais, ma vie sociale se réduit à peu alors j'suppose que tu peux m'faire sortir d'ici dès que t'as un moment libre. C'pas super génial de faire sortir un pasteur de son antre mais on pourra parler plus librement à ce moment là. Sans la présence de Dieu, c'toujours mieux. D'ailleurs..." Et peut être que c'était la preuve même qu'il ne lui était dévoué que par défaut, allez savoir. Dans tous les cas, il sortit du confessionnal, attendant Bailey devant la porte, en face à face c'était toujours mieux. Surtout avec elle parce qu'il l'adorait, qu'elle était cette personne toute particulière dans son existence et qu'il ne pourrait jamais assez la remercier pour tout cela. Jamais.
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Message Sujet: Re: [Abandonné] There's no-one here at all, behind these castle walls ¤ Bailey Lun 17 Oct - 4:43


There's no-one here at all, behind these castle walls; ft. Rayce
« I never believed. And when I prayed God every day with all my soul, desperate and all alone, you appeared. »
Pleut-il dehors ou bien est-ce le soleil qui traverse le ciel endeuillé de ses rayons d’or ? Quelle heure est-il d’ailleurs ? Qu’importe, le temps est mort, car sur mon visage un sourire naît et chasse les ténèbres de mon regard. Dans mes yeux l’étincelle brille à nouveau, le miracle s’est produit. La maison de Dieu est toujours pleine de promesses pour le pénitent, pour le naufragé. Ce que beaucoup ne savent pas, c’est que je ne crois pas forcément en cet être venu d’ailleurs. Non. Trop volatile. J’ai besoin de tangible. J’ai besoin de concret. J’ai besoin de Rayce Winston, mon frère, mon meilleur ami – celui qui me fait désormais face hors de l’enceinte de bois et contre qui j’ai envie de me blottir, la gratitude s’emparant de tout mon être – en commençant par ma poitrine. Parce que je suis venue à toi désespérée et perdue et que, comme par magie, tu as tout envoyé bouler, brûler pour me remettre sur pied en quelques minutes. Bien sûr, le doute est encore là. La peine aussi. Mais ce n’est plus si important, grâce à toi. Ce qui compte le plus, à présent, c’est le reflet de tes yeux brillants – ce sourire qui orne tes lèvres, écho au mien. Qui sommes-nous à présent ? Deux enfants se tendant les mains, espérant pour un avenir meilleur. Prêts à nous battre pour ce que nous croyons. Naïfs gamins, espérance neuve. Pourvu qu’elle ne chute pas.

« Un jour, je l’amènerais avec moi. » Je penche la tête, murmurant encore, pas tout à fait remise de notre conversation bien qu’étrangement confiante. « J’ai vraiment envie de que tu le rencontres. Je sais que tu t’entendras bien avec lui. Il va tellement t’aimer qu’il me cassera ensuite  les pieds pour venir te voir tous les jours, si cela est faisable. Et si ça ne l’est pas … Bon sang. Il est fichu de me faire la tête jusqu’à ce que je rende ce bazar possible. » Car Jack est ainsi. Comme moi, mais plus ouvert, plus innocent. Libre. Comme l’enfance me manque – celle que je n’ai pas eue, celle que je m’imagine parfois, en me couchant. Je secoue la tête, dépitée ensuite par ma propre faiblesse – car je ne saurais jamais dire non à une telle supplique si mon fils me la demande. Tel est son sacro saint pouvoir : il lui suffit de faire ses yeux de puppy et il obtient gains de causes. Il sera ma plus belle perte. J’espère d’ailleurs que Rayce a raison à son propos. J’espère que ça ira toujours pour lui – même dans les coups les plus durs. Je souhaite qu’il puisse se relever et continuer de se battre pour vivre, car même si elle est parfois capricieuse et difficile … Le vie en vaut le coup. Définitivement.
« … Merci. » Les mots dépassent mes lèvres alors que je le regarde après un instant de silence, soudain redevenue fragile. Humides, ils ne pleurent pas, mais l’émotion est là, gravée dans mes pupilles. Merci. Merci, mille fois merci. Pour tout ce que tu as déjà fait, continues à faire, pour tout ce que tu feras dans l’avenir. Merci d’être. Exister. De vivre. De me soutenir, de me relever, de m’aider à grandir. Merci, Rayce. Le sourire s’amplifie sur mes lèvres et je finis par gravir les mètres qui nous séparent pour le prendre dans mes bras, comme ça. Une étreinte brève mais profonde, mon cœur qui bat contre le sien, furieusement, l’envie de vivre se rependant dans mes veines, une lueur de fière combattante dans le regard. Je suis de nouveau moi-même malgré les incertitudes, et ça fait un bien fou. « Malgré tout … je pense qu’il a besoin d’une figure paternelle. Et il l’a déjà trouvée - il se l'est choisie lui-même. C’est juste … Un peu dur à accepter pour le moment, parce que le type est lié à mon principal problème aujourd’hui. Et parce que je suis possessive à l’extrême quand il s’agit de mon fils. » Je lève les yeux vers lui – il est si grand bon sang ! – avant de sourire à nouveau puis grimacer de façon comique. En prenant du recul, je me rends compte combien tout cela est stupide. Combien tout cela revient à se battre contre le vent. Finalement, peut-être que lâcher prise serait la chose à faire. C’est à tenter en tout cas, même si Eliott à le don de me foutre de travers. Enfin, passons. Je finis par me détacher de mon ami les joues un peu roses, n’étant plus habituée à ce genre de gestes – quelle handicapée des sentiments suis-je, vraiment. Risible.

« Tu sais … Je crois que je vais t’écouter. Cependant … J’espère que tu seras là pour la suite, ne serait-ce que pour filmer les cinq minutes pour vidéo gag que seront ma vie sentimentale prochainement. Tu sais, je crois que ce qui me fiche réellement la trouille ce n’est pas de … louper le coche. Me foirer, je suis habituée, et quelque part c’est rassurant. Non. C’est de réussir qui me terrorise le plus. Stupide. Mais la façon dont je suis, vraiment … Si je donne tout à cette personne, Rayce … Ce sera digne d’un foutu compte de fées avec les paillettes qui vont avec. Et crois-moi quand je te dis que je supporte assez mal les talons – car c’est exactement ce que voudra la personne pour qui je … Enfin tu vois. C’est le style à trop en faire, et moi qui souhaite plus que tout rester discrète, c’est plutôt mal barré. » Je ris gauchement à l’idée, avant de faire une mine effrayée qui n'est pas feinte du tout. Bon sang. Dans quoi vais-je encore m’embarquer ? Mais la décision semble prise. C’est là un challenge que je ne peux refuser – Rayce me tend une perche à saisir et je ne suis pas le style à me défiler. Seulement … Seulement.
« Je … Le jour J, je serais là pour te rendre le conseil et pour t’aider avec ta personne spéciale - parce que tu en auras une ainsi, obligatoirement. Je ne serais pas la seule à paniquer, hors de question, monsieur Winston -, tu verras. On cancanera comme des gosses, on se fera peur mutuellement et après on oubliera tout ce foutoir autour d’une glace ou d'un chocolat chaud, selon ta préférence. » Je le fixe sérieusement, simplement car c’est là une promesse que je lui fais. Je serais là pour lui. Toujours. Quoi qu’il arrive. Même si on me pète les chevilles, je me débrouillerais pour ramper - et son Dieu sait à quel point je peux me montrer têtue. « En attendant, le bowling nous attend, avec la séance de gribouillage. Je n’ai pas de stylo, on en demandera un au gérant. A ce rythme, je ne vais plus vouloir me faire enlever ce plâtre : il est tellement beau qu’il est passé de symbole de honte à œuvre d’art collector que j’ai envie d’exhiber partout où je vais. » Même si, je l’avoue, je sors assez peu. Je risque bien d’ailleurs de me taper l’inquisition espagnole en rentrant mais, zut, qu’ils aillent se faire voir pour une journée. Ce n’est pas le plus important d’ailleurs. Non. Le sourire est de retour sur mes lèvres en écho à son merveilleux rire que je veux entendre à nouveau – que je veux plaquer sur ses traits à tout jamais. Un jour, Rayce Winston, je te prendrais en photo en train de te marrer comme un gosse. J’agrandirais le cliché et je la ferais postériser, avant de l’afficher dans ma chambre et coller l’originale dans l’album photos de la famille. En attendant, je pose ma main valide sur ma hanche, ravie, réfléchissant un quart de secondes avant de proposer le deal qu’il ne pourra pas refuser :  « Ce soir. Maintenant. De suite. Pour le bowling. Quoi que ça fait peut-être un peu tôt pour toi. Sinon demain après midi, comme tu préfères. Ma vie sociale est aussi réduite que la tienne, mais on va arranger ça ensemble – c’est un challenge. En échange … Dimanche prochain, je chanterais. Tu choisiras ce que tu veux entendre dans ta chapelle. Tu sais que j’ai dû mal à être croyante, cependant, j’accepte de chanter autant d’Ave Maria que tu souhaites en y mettant toute mon âme, pour que tous sachent à quel point tu es un être exceptionnel. Je ne pourrais pas émouvoir les anges. Cependant, je promets d’être sincère. Et puis, comme ça ... Tu pourras rencontrer mon petit Jack. »  

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Come stop your crying, it will be alright ; just take my hand, hold it tight. I will protect you from all around you, I will be here, don't you cry; my arms will hold you keep you safe and warm. This bond between us can't be broken Cause you'll be in my heart from this day on now and forever more.

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[Abandonné] There's no-one here at all, behind these castle walls ¤ Bailey

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