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 Il y a des jours où l'on ferait mieux de rester couché

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Message Sujet: Il y a des jours où l'on ferait mieux de rester couché Mer 3 Aoû - 23:48


RP EN COURS

SUJET PRIVÉ : FT. Melchior d'Arundel + Eliott (may be)
# TYPE : Temps Futur (début mars ?)
# MOMENT DE LA JOURNÉE & TEMPS APPROXIMATIF : après midi, vers 15h. Jack est à l'école, temps gris / pluvieux.

# PRÉSENCE DU MJ : non

# AUTRE : Les réponses seront courtes et partent d'un foutu délire (adapté ici, bien évidemment) qui fait quasiment sept pages word. Se sera moins mignon, mais tout aussi drôle.
SHADOW




Il y a des jours où l'on ferait mieux de rester couché
« I hate my life »
Je hais ma vie. Il y a des jours comme ça qui ne sont pas des lundis et qui commencent donc de la façon la plus parfaite possible ... mais qui se transforment subitement en la pire journée de votre vie. Je veux dire, Eliott n’est pas venu inspecter la baraque et ma petite personne bien portante depuis quelques jours, Jack est présentement à l’école, j’ai réussis à me dégoter un débardeur my little pony (rainbow dash, wesh), un short en jean et je suis carrément pieds nus ... si l’on oublie le rêve foireux que j'ai fait durant ma pseudo nuit de trois heures concernant un être lumineux qui me balance de croire en l’amour, en soit cela aurait pu être une journée parfaite pour prendre soin de moi / me détendre / faire une bêtise énorme / écrire la suite des aventures de Tommy le canard jaune. Humour. Tommy n’est pas un canard jaune puisque mon éditeur – l’homme de ma vie aka Dieu Suprême – ne le permettrait, ce qui reste fort dommage. Bref.
Tout ça pour dire que ... pour une foutue fois, je suis restée sage. Je suis même repartie faire une sieste (depuis le temps que je sers de repas à Eliott, je commence à perdre quelque peu l’appétit, vivre de nuit et à dormir l’après midi en prime de manquer de sommeil, honteux) avant de me lever encore groogy pour aller me chercher la mousse au chocolat de la veille, tout cela dans le but de la finir lovée dans le canapé devant Grease. Parfaitement, oui.

Hm. Ouais. Bon programme. Seulement, en chemin, je ne prévoyais de rencontrer les affreuses. Des bonnes femmes, certainement adorables, qui bossent pour les Arundels comme bonnes à tout faire – en soit ce que je déteste le plus au monde. Pas que leur boulot me sorte par les yeux, juste que le fait d’avoir du personnel ne m’aide en rien à me sentir « chez moi ». D’autant plus lorsqu’elles s’occupent de MON gamin en mon absence et que les rumeurs circulent bon train à mon égard – car non, je ne suis pas encore sourde et oui, j’écoute aux portes. Si au départ cela me passait au dessus, un bout de conversation m’avait fait tourner les talons. « Avez-vous vu son état débraillé ? » « Cela serait meilleur pour le petit si elle s’en allait de manière définitive. » « Il est vrai qu’elle serait plus à sa place dans un milieu moins élevé socialement. Elle n’a pas le standing requis. C’est même étonnant que Maître Eliott et Maître Melchior ne l’aient pas encore remarqué. » Comment vous dire … J’en fais tomber ma tasse favorite, qui se brise en plusieurs morceaux à mes pieds. Ça, allié à la fatigue doublé du stress et tout ce que j’accumule depuis les derniers mois ... inutile de vous dire quel mot a franchit mes lèvres en premier – à faire rougir une bonne sœur de honte.
Je n’ai pas attendu que le harem débarque, inquiété par le raffut. Je n’ai même pas ramassé les débris de ma tasse. A vrai dire, je n’ai pas plus réfléchis à ce qui va suivre. Le coup est parti tout seul dans le lambris, et seul le craquement écœurant allié la douleur qui s'en suit me fait prendre conscience de mon geste aussi stupide qu’automatique. Car si je suis habituée à frapper des sacs de boxe, je le suis moins lorsqu’il s’agit de frapper de toute ma force un mur … ou tout du moins de me prendre l’angle du dit mur … dans le poignet.

« Madame, est-ce que tout va bien ? » J'entends la voix sincèrement inquiète de la nourrice de Jack, qui vient certainement d'apparaitre comme par magie, mais je ne relève pas les yeux ni n'émet un seul fichu son - trop occupée que je suis à me mordre la lèvre pour ne pas gémir de douleur et maudire ma mère sur trente six générations. Sérieusement ... J'ai l'air d'aller bien, pétasse ?

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Message Sujet: Re: Il y a des jours où l'on ferait mieux de rester couché Ven 5 Aoû - 23:18


having a bad day?
(t.dare) ▽ and she was well-enough acquainted with loneliness to understand that the worst part wasn't having nobody caring for you - it was having nobody to care for.
Il connaissait chaque bruit de cette maison. Ce n’était là que l’un des nombreux avantages d’avoir des sens développés au-delà de la normale. Ils avaient vécu dans cette maison depuis plus longtemps que toutes les autres. S’il était une maison qu’ils pouvaient appeler la leur, c’était sans doute celle-ci. Ils avaient fini par bouger, puis y revenir. Il y avait passé des heures, des jours, des semaines. Il connaissait chaque grincement, chaque complainte, chaque craquement de cette grande bâtisse de presque deux siècles. Il s’était habitué à la présence nécessaire du personnel, à la symphonie de battements cardiaque qui résonnait dès que l’un d’entre eux passait à proximité. Il s’était habitué aux pas et aux chuchotements de ces humains persuadés d’être discrets, retrouvant dans cette présence permanente l’évocation fade des grandes maisons d’autrefois, de cette vie d’avant.

Il connaissait chaque bruit de cette maison. Et le bruit de faïence brisée, suivit du son sourd qui vibra dans le mur n’avaient rien à faire parmi eux. Ni le craquement écœurant qui suivit, d’ailleurs. Il releva brutalement les yeux, fixé l’instant d’avant sur les papiers devant lui, une suite interminable et abrutissante de rapports d’entreprise. Le silence absolu qui engloba soudain la maison ne fit rien pour le rassurer sur le sort probable d’un des fragiles humains qui l’habitaient. Mais ce fut l’odeur extrêmement ténue de sang qui le fit se lever de son bureau dans un soupir vaguement agacé. Eliott était parti en voyage, laissant sous sa responsabilité le dernier jouet dont son frère s’était entiché. S’il devait être entièrement sincère, Melchior pouvait comprendre l’attachement spontané pour l’enfant… mais pour sa mère ?

Ouvrant grand la porte du bureau, il descendit quatre à quatre les marches du grand escalier, juste à temps pour tomber sur leur… invitée – quel autre terme utiliser ? – pâle comme un linge, accompagnée de la nourrice du petit visiblement inquiète. Il ne fallut pas une seconde à ses yeux pour remarquer les morceaux de la tasse brisée qui gisaient misérablement sur le parquet, le poignet qui gonflait à vue d’œil, et les lambris… enfoncés. Eh bien. « Quelqu’un peut-il m’expliquer ce qu’il s’est passé ici ? » Il ne prit même pas la peine de masquer l’agacement dans sa voix. La nourrice sursauta et se retourna, baissant aussitôt les yeux, son rythme cardiaque s’affolant – il la terrorisait complètement depuis qu’elle était arrivée ici, et elle l’évitait autant qu’elle le pouvait. « Je… Je l’ignore Monsieur, je… » Et alors qu’elle bégayait une suite incohérente de mots, des pas précipités dans le couloir le firent pivoter sur lui-même, juste à temps pour voir la cavalerie débarquer. Il fallut quelques secondes aux quelques bonnes qui venaient d’arriver pour que les informations parcourent la distance yeux-cerveaux, et elles restèrent là, interdites, dans l’entrée. Melchior inspira et serra les dents. « Je vous préviens, je n'ai que très peu de patience, aujourd’hui. » Et son regard croisa intentionnellement celui de Bailey, qui tenait piteusement son poignet. Y avait-il seulement un cerveau encore en fonctionnement dans cette pièce ?


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Message Sujet: Re: Il y a des jours où l'on ferait mieux de rester couché Sam 6 Aoû - 0:16


Il y a des jours où l'on ferait mieux de rester couché
« Go fuck yourself. With a cactus. »
Il y a des jours comme ça qui ne sont pas des lundis et qui commencent donc de la façon la plus parfaite possible ... mais qui se transforment subitement en la pire journée de votre vie. Cette phrase vous rappelle quelque chose ? C’est normal, c’est celle qui tourne et retourne dans ma tête, accompagnée du « FUCK MY LIFE » tonitruant qui pourrait se lire sur mon visage – tout du moins si ce dernier n’était pas aussi crispé que celui d’un grand-père coincé sur les chiottes en ayant la gastro. Ma déesse intérieure en est, quant à elle, à rouler des yeux et me traiter d’être faible et pathétique – en gros, de petite nature – tandis que j’en suis moi-même à m’empêcher de me rouler par terre en insultant le monde entier dans diverses langues. Je ferme les yeux une seconde, car ce même monde que je hais profondément sur le moment se met à tourner diablement et je ne suis pas en état de danser la valse maintenant. Bordel de pine à couilles. Non je ne ferais pas plus imaginée. Ok. Calme, Bailey. On inspire, on expire, on grimace, là, tout va bien …
Tout va bien ? Non. Foutrement non. Melchior j’ai-un-balai-coincé-dans-cul-à-moins-que-ce-ne-soit-un-foutu-creepy-clown d’Arundel vient de faire son entrée – plus tonitruante que d’habitude, ce qui a de quoi me faire sursauter – et grimacer à nouveau puisque j’ai bougé le bras. Lui qui prône habituellement la discrétion et la maîtrise de soi, le voilà sous un jour nouveau – il a l’air … En colère. Merde. Est-ce que je peux lui en vouloir ? Non. Bien sûr que non. C’est de ma faute, après tout, c’est moi qui vient de bousiller son lambris. Et son mur. Et, potentiellement, mon poignet. Come on, Bai. Y’a t’il quelque chose que tu ne foires pas en ce moment ? Non ? Super. Au moins je ne suis pas la seule à faire des bourdes – c’est ce que je me dis lorsque je rouvre les yeux, en voyant les bonnes et la nounou de Jack manquer de s’évanouir de peur alors qu’il les questionne. Je le reconnais, l’aîné a de quoi être flippant – il est même celui qui m’impressionne le plus, si je dois être honnête, et qui, par ce fait, gagne presque automatiquement mon respect. Oui. Presque. J’inspire à fond et me reprends, me repositionnant aussi droite que possible tandis que la douleur pulse dans mon bras à la vitesse d’un TGV. Je le vois d’ici prendre du volume, et la migraine commence elle-même à s’installer grâce à tout ce capharnaüm.

« Navrée pour le dérangement. » Je marmonne cette phrase entre mes dents serrées, avant de m’écarter – essayer tout du moins, car je titube comme si j’étais ivre, oh joie bonheur et pissenlits. Ok, stop it. Je me campe sur mes pieds, gardant mon poignet fermement serré entre mes doigts et j’attends quelques secondes que ma vision se stabilise. C’est bon ? Super. J’avale la douleur comme je le peux en tentant de me focaliser sur autre chose, reprenant instinctivement les exercices de respiration que je faisais à l’hôpital lorsque j’accouchais de Jack - la peine qui vrille mon poignet c’est du gâteau à gérer à coté d’un accouchement sans péridurale. Bien. Je choisis donc la tronche déformée par l’agacement de Melchior pour fixer mon regard – c’est juste parfait, j’ai l’impression de voir ma mère écœurée une énième fois par mon attitude non girly, comme elle le disait.
« Ma faute. Je nettoierais le sol et réparerais le lambris dès que … Ça ira mieux. Désolée. » Je ne couine pas, ma voix est presque stable, bien que faible. Les exercices font leur petit effet et je commence à détendre les muscles de mes épaules progressivement – tout du moins, le plus possible. J’ai conscience d’avoir viré de pivoine à pâle comme un linge mais qu’importe. J’ai besoin de m’asseoir, maintenant. Je quitte le visage de Melchior sans faire plus attention aux bonnes qui hyperventilent encore – comique, je suis celle qui douille et je reste la plus calme dans la pièce – pour me diriger vers la chaise et m’y asseoir sans plus de cérémonie. Bien. Maintenant réfléchis, Bai. Il va falloir faire une atèle, et donc … Je ferme les yeux quelques secondes, avant de demander, pathétiquement : « Auriez vous une écharpe, du gros scotch et deux morceaux de bois, type les tuteurs des plantes dans le jardin ? Ah … Et du whisky. Si possible. » … Quoi ? Appelez-moi McGyver. Pourvu qu’il ne m’engueule pas comme une môme. Je ne suis définitivement pas d’humeur pour ça - tout du moins, je n'ai pas besoin de lui pour en rajouter une couche.

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Message Sujet: Re: Il y a des jours où l'on ferait mieux de rester couché Mar 4 Oct - 8:08


having a bad day?
(t.dare) ▽ and she was well-enough acquainted with loneliness to understand that the worst part wasn't having nobody caring for you - it was having nobody to care for.
Que Dieu tout puissant lui vienne en aide. Il était rare qu’il en appelle à la puissance supérieure, mais devant la scène abracadabrante qui se déroulait devant lui, il n’avait plus que cet ultime recours. Peut-être était-ce la fatigue qui faisait monter l’agacement en bouffées régulières – car oui, les vampires étaient censés dormir, peu certes, mais il avait totalement négligé cette nécessité ces derniers jours. Allez garder votre rythme de créature tricentenaire avec un humain de huit ans et sa mère qui enchaînait les bourdes sous votre responsabilité. Ou peut-être était-ce simplement cette attitude profondément horripilante qu’elle semblait porter comme un étendard absolument partout où elle se rendait.

Son regard changea alors qu’elle se lançait dans une suite incohérente de répliques dignes d’une comédie de bas-étage. Dieu tout puissant, faites qu’il trouve la force de ne pas abréger les souffrances de toute la maisonnée. Mais ce fut finalement son ultime demande qui lui arracha un ricanement suintant de sarcasme. Il ignorait si elle était sérieuse ou s’il s’agissait simplement de l’effet de la douleur et de son cerveau qui devait produire une dose massive d’endorphines, mais en d’autres circonstances, il lui aurait probablement ri au nez. Oh, Eliott allait lui payer ce rôle de baby-sitter de jouet humain. Les bonnes semblèrent trouver dans le comportement décousu de Bailey une curiosité suffisante pour se détourner de la menace qu’il représentait.

Il laissa passer quelques instants de silence, fixant Bailey. « Bon. La petite scène est finie, ça y est ? » Il détourna le regard, ses iris se fixant d’abord sur la nounou. « Vous, votre seul rôle est de vous occuper de l’enfant. » Elle comprit à son léger geste de la main qu’elle n’avait plus rien à faire là, et décampa sans demander son reste, le cœur battant tellement fort que Melchior en avait presque les tympans douloureux. Il fixa ensuite les deux bonnes restantes, qui ne savaient visiblement pas trop quoi faire d’elle-même. « Vous. Allez me chercher de la glace avant que son poignet n’ait triplé de volume. Et vous. » La bonne sursauta, alors que sa voix dépassait à peine le volume d’un murmure. « Nettoyez ça avant que quelqu’un ne se coupe. » La dernière chose dont il avait besoin pour compléter cette journée était un humain saignant dans le salon après s’être ouvert sur un tesson de céramique.

Une fois que les deux bonnes eurent décampé sans demander leur reste, il tourna de nouveau ses iris vers Bailey. L’agacement l’avait déjà quitté, ne restait que cette lassitude dont il avait fini par accepter qu’elle serait désormais un trait indéniable de sa personnalité. Et il devait reconnaître qu’en la scrutant, sa peau avait pris une teinte dangereusement pâle. Il fronça imperceptiblement les sourcils, une idée brève et insensée traversant son esprit ; mais il l’écarta aussitôt, cela ne pouvait être possible. Une des bonnes revint au pas de course, une poche de gel glacé enrobé dans un tissu entre les doigts, qu’elle donna à Melchior avant de décamper à nouveau. Et sans un mot de plus, il s’approcha de Bailey, et ignorant magistralement toute protestation qu’elle aurait pu opposer, déposa fermement mais très délicatement la poche glacée sur son poignet déformé. « Maintenant, les Urgences. Vous pouvez vous lever ? » Le fantôme d’une vague inquiétude passa dans son regard. Elle s’était cassé le poignet, certes, mais son état général, à y regarder de plus près, ne pouvait pas être entièrement justifié par cet accident. Et, aussi étrange que cela puisse paraître, cela l'inquiétait.


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Message Sujet: Re: Il y a des jours où l'on ferait mieux de rester couché Mar 4 Oct - 14:56


Il y a des jours où l'on ferait mieux de rester couché
« Please, no. No. No. No. All that you want, but not that. »
J’avais essayé. De façon désespérée, j’avais tenté de garder courageusement la tête haute, le corps droit, l’esprit clair. En moi pour autant, malgré la façade que j’avais voulu montrer et qui se craquelait de seconde en seconde sous la douleur, la panique était montée, avalanche ravageant les sapins pourtant solidement plantés dans la terre – image du courage dont je pouvais faire preuve jusqu’à me montrer suicidaire et qui venait de se faire la malle. Une vive sensation de suffocation me prenait désormais la gorge, écrasant mes poumons, et j’avais conscience de blêmir un peu plus à chaque foutue minute. Outre le fait que j’étais réellement gênée d’importuner ainsi Melchior – et puis soyons réalistes, moins je le voyais, mieux je me portais -, ce qui me fit lâcher un couinement aigu de terreur pure ne fut pas l’état de mon poignet qui semblait prendre de nouvelles couleurs. Non. Un mot. Un seul. Angoisse de mes jours, cauchemar de mes nuits, consonances détestables, spectre effroyable de mon passé haït, il était ma phobie la plus forte, l’une des rares choses contre laquelle tout mon courage se barrait aussi vite que possible et au plus loin que mes jambes pouvait me le permettre. Hôpital. Pitié. Non. Non, non, non, non. Pas ça.
En soit, ce n’était pas l’établissement qui m’offrait ce sentiment de répulsion abjecte, en plus de me coller la migraine et des hauts le cœur dont je me serrais volontiers passée. Non. Je pouvais supporter l’odeur immonde de javel couplé à celle de ces blouses blanches aseptisées, je pouvais supporter ces murs nus semblables à ceux des anciens asiles, ce manque de couleur dans les chambres d’adultes censés être habitués et courageux. Je pouvais supporter les bip bip incessants des machines, la vue des patients branchés, la vision des scalpels et autres engins de tortures. Le sang ne me dérangeait pas non plus outre mesure – c’est Jack qui n’aimait pas, pour ma part cela ne m’avait jamais dérangée. Non. Non. Ce qui me dérangeait était ce à quoi le mot était rattaché : la sensation atroce d’une seringue en métal plantée dans mes veines, objet me pompant toute vitalité ou, mieux encore, me diluant dans le corps un produit pour endormir ma conscience. Pitié. Pour l’amour de l’univers tout entier, jamais je ne … Non. Non. NON. Qu’adviendrait-il au réveil ? Serais-je seule, à nouveau ? Allais-je encore vivre ce cauchemar ? Je ne le permettrais pas. Je ne pourrais pas supporter ça une seconde fois.

Voilà pourquoi je voulais la jouer McGyver. Il était plus facile d’endurer la douleur que d’affronter l’effroyable vérité en face : outre le fait que je suis une chochotte, mon passé continuait de me bouffer la vie malgré le fait que je niais cette idée en bloc. Pire que tout, je voyais déjà le rictus mi amusé mi atterré de Melchior lorsqu’il apprendrait que j’avais la phobie des piqûres et mon ego n’avait pas besoin de cela pour le moment. Mais le temps que la réalité ne reprenne ses droits (grâce, notamment, à la nouvelle fraicheur bienvenue qui embrasait présentement mon poignet puisque Melchior venait tout juste de déposer délicatement la poche de glace), il ne restait plus que nous deux dans la pièce. Too late, murmura mon cerveau avec un soupir résigné. Tu es foutue, ma vieille. Nouvel accès de panique, cœur fou se lançant dans une embardée frénétique et douloureuse.
« Pitié. » Couinement faible sortant de ma gorge soudain sèche. Je respire difficilement, le fixant sans bouger, tremblant imperceptiblement, dans mes yeux une crainte impossible à cacher. Ma main valide s’agrippe avec force au premier objet que je croise : le bord du siège sur lequel je me trouve. Je déglutis, fermant les yeux un bref instant, comme pour fuir le moment. « Je suis certaine que … Il n’y a pas besoin d’aller aussi loin. » Laissez-moi régler ça à ma manière, ce n’est pas la première fois, ce ne sera pas la dernière. Qu’il devait jubiler de me voir aussi faible, à présent – et ce malgré l’éclair d’inquiétude qu’il m’avait semblé apercevoir. Moi qui riait presque au nez d’Eliott, me débattant de toutes mes forces, faisant certainement la difficile à ses yeux alors qu’il me trainait dans la boue sans même en avoir conscience, je me retrouvais enfin à ma place à leurs yeux : créature faible et rampante, implorant la pitié pathétiquement.  « Je … Merci pour la glace … » J’inspire à nouveau, croisant son regard, sans chercher à me dégager ou à bouger outre mesure – j’en étais foutrement incapable, tétanisée par la peur .  « Je … ne désire pas vous incommoder outre mesure … Vous en avez déjà assez fait et … »  Je déglutis à nouveau, tentant de me reprendre, cherchant une échappatoire à l’enfer qu’il me proposait sans le savoir – bien que mes mots étaient aussi sincères et pensés que véridiques – par cette dernière tentative d’humour, avortée par ma voix tremblante.  « Les vampires et les hôpitaux ne font pas vraiment bon ménage, je crois. »  Nous avions au moins ça en commun, par une étrange ironie du sort. De ce fait … Pitié, Melchior. Du Whisky et le reste mais … Ne me faites pas partir d’ici.

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