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 Elizabeth W. Rochester || Can't sleep ? Take arsenic.

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Age : 243 ans
Métier : Libraire & gérante d'un petit magasin esothérique
Situation : Veuve 2 fois, célibataire endurcie
Localisation : Chicago
Feat. : Helena Bonham Carter
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Je suis aussi : Gabriel ◈ Yehuiah ◈ Annabelle J. Graham ◈ Lyov A. Winston ◈ Bailey Johnson
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Message Sujet: Elizabeth W. Rochester || Can't sleep ? Take arsenic. Mar 15 Déc - 0:50


ELIZABETH W. ROCHESTER
SOMETIMES I FELL A LITTLE FRAGILE

FT. Helena BOnham-Carter
# TYPE : Inventée
# NOM : Rochester
# PRÉNOMS : Elizabeth Wilhelmina Grâce
# SURNOMS : Eli' (le plus courant), Lizzy, Lizou, Beth', Will', Mina.
# AGE & DATE DE NAISSANCE : 243 ans ; 31 Oct. 1772
# LIEU DE NAISSANCE : Louisiane - Nouvelle Orléans.
# RACE : Humaine - sorcière naturelle.
# GROUPE : Créature surnaturelle.
# SITUATION MARITALE : Actuellement célibataire.
# PROFESSION : Sorcière à plein temps, libraire, guérisseuse à mes heures.
# ORIENTATION SEXUELLE : Hétérosexuelle.
# AUTRES INFORMATIONS : Origines Ecossaises. Je réside actuellement à Chicago, au dessus de ma petite librairie qui a une boutique ésotérique cachée dans le sous-sol. Pyrophobe. Grande amatrice de thé, de livres et de musique, avec une préférence pour le classique et le jazz. Je respecte toutes les divinités et les évite comme la peste, même si je prie également certaines d'entre elles par moment.
# ANECDOTE 1 : Mon véritable nom de famille est en fait Rochester Kalligan Styne. Rochester est mon nom de jeune fille, que j'ai repris pour fuir mon second mari, un Styne de la branche anglaise. Alister Kalligan fut mon premier amour de jeunesse, mort de la tuberculose peu de temps après notre mariage.

# ANECDOTE 2 : Je dessine lorsque j'ai besoin de décompresser, lorsque je ne joue pas du violon, du piano ou de la harpe. A une époque, je dansais également, principalement la valse de vienne et le tango, mais plus maintenant.

# ANECDOTE 3 : Les sorts que je lance sont le plus généralement des sortilèges créés de toute pièce, que j'ai longuement expérimenté et que j'ai eu du mal à maîtriser. Certains dérivent du vaudou, d'autres d'anciens livres et formules que mon maître m'a appris.

# ANECDOTE 4 : Ma plus grande peur au monde, ce n'est pas le feu, mais plutôt le fait de m'attacher à quelqu'un puis d'être abandonnée de nouveau - ce n'est pas quelque chose que je pourrais supporter à nouveau. Je fuis donc les relations sentimentales autant que possible, même si parfois, je dois l'avouer, cela me manque.

# ANECDOTE 5 : J'ai tendance à faire planter les machines électriques type téléphone portable ou ordinateur, ce qui m'agace au plus au point point. J'arrête également les aiguilles des montres, ce qui n'est pas franchement pratique lorsque l'on désire savoir l'heure qu'il est.

# ANECDOTE 6 : Je possède un tatouage anti-possession sur l'omoplate gauche, ainsi qu'un pentagramme en argent autour du cou. Niveau vestimentaire, il y en a pour tous les goûts, bien que j'aime principalement m'habiller comme au XIXeme siècle - ce qui s'accorde plutôt bien avec ma boutique.


LE CARACTÈRE
# QUALITÉS & DÉFAUTS :Qu'il est difficile de découvrir une personne et de mettre des mots sur ses actes, sa façon d'être et de penser. Après tout, les qualités ne sont-elles pas des défauts lorsqu'elles sont exacerbées, et à l'inverse les défauts ne sont-ils pas des qualités lorsqu'ils sont adoucis ?

Juste avec ce petit prologue, vous pourrez sans doute dire de moi que je suis cérébrale : je réfléchis trop, c'est un fait, oui. Mais la nature humaine n'est-elle pas fascinante, pour ne pas dire passionnante ? Tout comme la nature tout court d'ailleurs … Et passionnée, Dieu sait que je le suis, autant que curieuse. Le monde m'inspire, m'intrigue, je m'amuse comme une folle à l'observer, le décortiquer, le décomposer, en dessiner les moindre traits et mouvements. Au point d'être frustrée lorsque je ne trouve pas le temps, lorsque je ne perçois pas toutes les nuances que la partition nous offre. Rigoureuse donc, mais également minutieuse et éternelle insatisfaite quant à mon travail personnel. Presque hyperactive d'ailleurs, quand cela me prend : je souhaite être partout à la fois dans un même temps, je m'éparpille et c'est la zone, et me voilà à fondre une bougie car c'est de nouveau le zouaille dans mes affaires … et oui, je suis le genre maniaque. Tout du moins lorsque cela concerne mes biens – les autres se débrouillent avec les leurs en revanche.
Comment ça je ne sais pas ce que je veux ? Mais allez donc voir en Transylvanie si j'y suis ! Mais cette touche de pep's, cette folie, je la cache par habitude. D'apparence calme et introvertie, je ne suis pas timide, juste un brin réservée et surtout méfiante. J'aime écouter et observer, me faire mon propre avis avant d'ouvrir la bouche, je ne fais pas confiance si facilement et me livre encore moins. Cependant lorsque l'on me demande mon opinion, je suis une personne honnête et franche, sincère au point que cela désarme le monde qui m'entoure plus que de coutume. Bien évidemment, je ne cherche jamais à blesser autrui, y mettant donc les formes lorsqu'il le faut. Pour dire vrai, je suis une maman poule dans l'âme : cherchant à protéger les miens au point de devenir envahissante si je ne me contrôle pas. Est-ce parce que mon enfant m'a été arrachée si violemment et que je cherche à combler sa présence ? Je ne puis le dire. Toujours est-il que je suis une personne aussi intuitive que discrète sur les petits tracas de tout un chacun. Et si je ne se mêle pas des affaires des autres, je n'aime pas qu'on s'occupe des miennes : indépendante jusqu'aux bouts des ongles, les mots « vie privée » n'ont pas été inventé pour les canidés, tenez-vous le pour dit.

Mis à part ceci, que dire d'autre ? Je suis une forte tête, avec un humour un tant soit peu particulier. Hé, j'ai tout de même épousé un Styne, il fallait donc que je sois une force de la nature un brin dérangée – et sadique, oui, aussi. Ou masochiste, au choix. Et après mûre réflexion : un peu des deux, très certainement. Hrm. Oui. Bref. J'ai donc tendance à suivre ma propre route lorsque je le peux, et faire mon maximum pour atteindre les objectifs que je me suis imposée. Si vous vous le demandez, oui, j'ai un sacré problème avec l'autorité, surtout lorsqu'elle n'est pas légitime ou qu'il paraît stupide à mes yeux. Mais je sais cependant m'y plier et faire des concessions, bien que je reste quelqu'un de … Comment dire. Pas que je sois rancunière, quoi que. Disons simplement que je retiens les gestes déplacés et que je saurais vous les remémorer un jour où l'autre – c'est une promesse, et je m'efforce toujours de les tenir. De plus, comme tout un chacun, je n'aime pas échouer et me sentir impuissante, mais j'ai la particularité de rebondir sur les obstacles et d'en sortir grandie. Ils ne me découragent pas, au contraire, me motivant d'autant plus – je ne suis pas une personne qui fuit devant les problèmes voyez-vous, j'ai tendance à prendre le taureau par les cornes (quand cela ne concerne pas ma vie amoureuse tout du moins). Et étant consciente de mes capacités et ayant confiance en moi – sans être prétentieuse cependant –, je me débrouille pour passer si possible la situation en ma faveur … Quitte à user des charmes. Et je sous entends par là, tous mes charmes. Et sans aucune honte en plus.

Vous n'en avez toujours pas assez ? Bien. D'un naturel plutôt doux et optimiste, je suis également réaliste bien qu'un brin rêveuse par moment – pourquoi croyez-vous que je sois devenue libraire ? La magie des livres et leurs univers pardi ! - mais il peut aussi m'arriver de tenir des propos mordants et sarcastiques quand quelque chose m'énerve. En réalité, la majorité des êtres me considèrent comme une personne étrange et entière, une sorte de curiosité insaisissable qui cultive son mystère car, je le conçois, j'ai tendance à mener ma vie comme bon me semble sans me soucier des usages – les miens sont plus obsolètes qu'autre chose en ces temps « modernes ». Mais je peux pourtant vous certifier que malgré mes énigmes, je reste un être humain comme les autres, avec un cœur, des sentiments – souvent forts et difficiles à gérer -, des incertitudes, des angoisses, des espoirs, et une difficulté ahurissante à gérer ma propre vie sentimentale – parce que lorsqu'il s'agit d'écouter ou de conseiller je suis championne, mais lorsqu'il s'agit de moi-même … Oh mais n'est-ce point un livre de Shakespeare que je vois là ? … Comment ça je détourne le sujet de conversation ? Absolument pas. Je nie. D'ailleurs, je me suis déjà bien trop épanchée comme ça, donc passons à la suite.


LES DESCRIPTIFS
# POUVOIRS : Je possède deux dons depuis ma naissance, qui n'ont rien à voir avec les pouvoirs de sorcières. Le premier est le don de rétro-cognition:  lorsque que je me trouve dans un lieu ou lorsque je touche un objet, il peut m'arriver d'avoir des prémonitions ou des flashbacks concernant leur passé et leur histoire - cela va d'une scène très clair à un simple sentiment fort. Cela dure rarement plus d'une minute, et c'est aussi déconcertant que fatiguant. Bien entendu, lorsque ce pouvoir s'active, je suis totalement démunie, à la merci d'autrui dans le monde réel, mon esprit étant piégé dans le souvenir de l'objet.
Le second, est la capacité à utiliser ma propre énergie pour couper le feu, soigner les verrues, débloquer énergétiquement une personne. Il s'agit bien évidemment de magnétisme, que j'ai appris à contrôler avec le temps et que j'utilise au quotidien. Le problème est qu'il est généralement épuisant à la longue.

Ensuite, étant une sorcière, j'ai choisi de devenir immortelle, c'est à dire que le temps n'a plus d'emprise physique sur moi. Je reste tout de même vulnérable aux maladies et autres infections, ainsi qu'aux armes et ce genre de chose. A noter, je m'éloigne le plus possible d'objets et structures en fer, car son pouvoir m'affaiblit considérablement.
Je suis donc sensible à la magie et capable de lancer des sortilèges, qu'ils soient issus de livres, de rituels, sous forme de petits sachets, etc ... lorsque je n'en créé pas moi-même. Ma magie est également liée aux rituels vaudous.

A partir de là, je possède également les pouvoirs (sortilèges) suivants :
télékinésie : l'un des sorts lambdas. Je suis capable de bouger des objets, plus ou moins gros, par simple volonté de mon esprit. En général, je déplace et replace les livres au bon endroit avec, pour m'entrainer. Cependant, je ne l'utilise qu'en de rares occasions sur de plus gros objets car le sort a le désavantage de me coller la migraine. Si vous m'énervez trop toutefois, il se peut que se soit vous que je bouge, et dans ce cas vous risquez fort de finir encastré dans le mur.
Sortilège d'illusions : avec un peu de pratique, nous en sommes tous capable. Ce n'est pas mon point fort, je dois l'avouer, cependant je sais maîtrise assez bien ce sortilège pour avoir déjà réussit à berner des chasseurs.
projection astrale : je suis capable de "sortir" ma conscience de mon propre corps et me balader où bon me semble. Cependant, mieux vaut-il ne pas laisser son corps sans surveillance, ni même l'abandonner trop longtemps pour ne pas finir destituée de toute forme de chair.
Transmogrification : je le connais mais je ne l'ai employé que trois fois au cours de ma vie. Ce sort permet de changer la forme d'un être en autre chose de vivant, et il est assez jubilant à lancer, surtout lorsque c'est un de vos ennemis qui en fait les frais.
Sortilège pour figer : très utile, l'un de mes favoris. Il me permet, lorsque je le lance, de figer une personne partiellement ou totalement pour une durée d'une à trente minutes.
Sortilège Foudroyant : en réalité ce n'est pas ce que vous pensez. Ce n'est pas réellement un sort, pas plus que je ne crache de la foudre. Quoi que. J'utilise cette capacité - mélange d'énergie et de formule complexe créée par mes soins - lorsque je suis en colère notamment ou pour avoir la paix une fois pour toute. En me concentrant et canalisant la quasi totalité de mon énergie de magnétiseuse dans mes mains, je suis capable de lui donner une forme physique, sorte d'étincelles bleutées qui brûlent, projettent et paralysent à plusieurs mètres ceux qu'elles touchent (il est à savoir que je peux vous les lancer à la figure sans problème, tant que vous êtes assez proche de moi). Il s'agit d'électricité pure et, de par ce fait, elle a tendance à griller des neurones et vous assommer sévèrement pour plusieurs heures consécutives, lorsqu'elle ne dérègle pas totalement votre métabolisme. Cette technique est certes très efficace, mais elle est aussi gourmande en énergie, aussi faut-il mieux que je ne rate pas mon coup et que je parte très vite par la suite.
Sortilèges de tortures : je connais certains sorts qui vous brisent les os un par un, qui trouent vos organes et qui vous cuisent le cerveau. Je n'aime pas les utiliser, mais je n'hésite pas à le faire lorsqu'il le faut.
Mauvais oeil : dérivé du vaudou, ce sort me permet de donner le mauvais oeil à quelqu'un - la malchance si vous préférez. Il est suffisamment puissant pour que les grigris habituels de chance ne fonctionnent pas. Il met généralement cinq jours avant de tuer quelqu'un.


# ARMES : Une dague en argent que je porte toujours sur moi. Par ailleurs, je suis plutôt bonne au lancer de couteaux, donc méfiez-vous. Sinon, étant une sorcière, vous pensez bien que j'ai quelques talismans et sortilèges prêt à être lancés sur moi ...

# COMPÉTENCES DIVERSES : Pro de l'infusion de thé et de la réalisation de tartes, ce qui est déjà bien. De plus, vu mon âge, je me dis qu'avoir pu vivre jusqu'ici sans trop y laisser ma peau est une belle compétence de survie en soit. Enfin, j'ai une excellente mémoire - méfiez-vous - et je peux vous tirer les cartes à l'occasion ou vous lire les lignes de la main, tout dépend de mon humeur.

SHADOW


How can I say this without breaking ? How can I say this without taking over ? How can I put it down into words when it's almost too much for my soul alone ? I don't want them to know the secrets. I don't want them to know the way I loved you. I don't think they'd understand it, no, I don't think they would accept me, no ! I loved and I loved and I lost you. I loved and I loved and I lost you. I loved and I loved and I lost you ... and it hurts like hell


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Message Sujet: Re: Elizabeth W. Rochester || Can't sleep ? Take arsenic. Mar 15 Déc - 0:50


HISTOIRE
Just close your eyes, you and I'll  be safe and sound

# votre histoire :« Je t'aime. N'oublie jamais ces mots, mon fils. Ne m'oublie pas. Je t'en supplie … Car moi, je t'aimerais toute ma vie. »

Ces paroles, je les prononçais silencieusement chaque soir de ma vie depuis que sa petite tête était sortie d'entre mes cuisses. Le lui avais-je seulement déjà dit ? ... Bien sûr que oui. Et je priais tous les soirs pour qu'il grandisse et qu'il se renforce ; je le voyais évoluer et cela me rendait fière. Si fière … Comblée est un mot trop pauvre encore aujourd'hui, même si la dernière fois que j'ai croisé ses beaux yeux, il avait cinq ans. Mais je me souviens encore de son regard enfiévré, de ses boucles douces sous mes doigts. Je le revois encore courir dans l'herbe, observer le monde comme je pouvais le faire, tentant de comprendre toutes les subtilités, de capter chaque détail dans sa mémoire. Éclats de rires. Pas à pas.

Pour beaucoup, le début de notre vie commence par notre propre naissance. Je ne pense pas être de cet avis, considérant que le don qui nous a été offert commence avec nos ancêtres avant de se perpétuer dans nos cellules, pour ensuite s'évader et renaître dans celles de nos enfants. C'est donc par là que je débuterais mon récit. Non pas par moi – nous y viendrons bien assez tôt –, mais par le lien que j'ai entretenu, si bref, avec mes propres ancêtres ;  par le lien que j'aurais aimé entretenir avec cet homme, certainement fabuleux, qui est mon fils.

Son nom ne vous dira rien, tout simplement car c'était il y a bien plus de trois cent ans. C'est l'histoire d'une pauvre paysanne superstitieuse vivant au fin fond de la campagne écossaise, naïve mais courageuse, travailleuse et les pieds sur terre. Elle vivait avec sa famille, dans une ferme qui se délabrait de plus en plus, faute d'argent. Un beau jour, elle appris que l'on cherchait des volontaires pour embarquer sur un navire en direction du Nouveau Monde, pour peupler la Louisiane. Elle avait déjà vu partir nombre de gens – des colons anglais – vers d'autres régions, mais elle était trop casanière, jeune et craintive pour oser y aller d'elle-même. Cette fois là, pourtant, elle n'hésita pas une seule seconde et quitta son pays pour vivre sa propre aventure, troquant l'inconnu contre la misère et la maladie.
Cette jeune demoiselle était ma grand-mère maternelle. Elle travailla toute sa vie pour pouvoir subvenir à ses besoins, doublant sa charge journalière lorsqu'elle tomba enceinte de ma mère et, n'ayant pas assez pour payer un médecin, elle accoucha seule un soir de printemps. Enfin seule … Mama Odie était présente, mais j'y reviendrais plus tard. Ma mère, fille sans père, était une enfant turbulente – tout le contraire de ma grand-mère. Elle aimait les livres et les images, mais ne sachant pas lire, elle s'inventait ses propres histoires. Sa propre mère lui contait les légendes qui l'avaient bercée enfant : celles des farfadets et des trolls, celles des sorcières et des ondines. Cependant bien plus ouverte d'esprit et frivole, ma génitrice n'y cru jamais vraiment, et ce fut sûrement là son plus gros défaut. A dix-neuf ans, elle tomba amoureuse d'un soldat français, qui n'avait certainement pas l'intention de fonder une famille. Il l'a séduit pourtant, lui faisant miroiter un avenir radieux qui n'existait que dans ses rêves, et c'est ainsi que ma grand-mère la perdit définitivement.
Elle décéda en couche en me mettant au monde, le cœur aussi brisé que ses rêves et son corps, malade. Mama Odie fût de nouveau présente ce soir-là, et elle aida ma grand-mère à me laver moi, puis à laver et enterrer ma mère dans une robe blanche – c'est le seul souvenir que j'en ai qui m'est propre, mais je ne l'ai jamais associé à de la douleur ou a la tristesse. Non. Ma mère était belle, dans cette robe en dentelle froissée, à l'image de la vie : éphémère et fragile.

Maintenant, vous vous demanderez comment je sais. Vous vous direz sans doute que j'en ai entendu parler. Que l'on me l'a raconté. Rien de tout cela. La vérité est … que je l'ai vu. J'ai rencontré ma mère lorsqu'elle était enfant et je l'ai vue grandir, à travers les objets qu'elle a aimé. A travers ses jouets, et son médaillon, que j'ai gardé. Des images floues, parfois succinctes, d'autres fois des pans entiers de souvenirs gravés … Je n'ai pas de sixième doigt. Je n'ai pas non plus de chat noir, et je ne vole pas sur un balai, mais pourtant les faits sont là. Je suis née sorcière, avec le don de rétrocognition, de quoi faire peur à plus d'un ... De quoi faire s'éloigner le dernier membre de ma famille.

C'est elle qui m'a élevée. Ma grand-mère. Elle s'est battue de nouveau, contre cette vie misérable, pour moi. Elle s'est battue contre la guerre qui menaçait notre pays, contre les hommes qui tentaient parfois de la violenter, contre les superstitions qui avaient pourtant dirigé sa vie. Car elle m'aimait. Elle m'aimait autant que je l'effrayais, moi et mes grands yeux chocolat, moi et mes visions cauchemardesques. Elle me lisait la Bible chaque soir, tentant de m'apprendre les valeurs de la famille et du travail, essayant de me bénir. Elle priait Dieu de m'accorder la grâce, tout en me racontant les histoires des lutins et farfadets. Et j'y croyais. Et j'y crois encore. Mais à l'instar de ma mère, c'est ce qui me sauva. J'avais à peine sept ans lorsqu'elle m'abandonna à Mama Odie, les yeux pleins de larmes, tandis que les soldats pillaient avant de brûler la maison. De ma grand-mère, je n'ai plus que des souvenirs flous et des chansons celtiques, de vieux contes oubliés, effacés par le temps. Mais j'ose croire que cette force de la nature m'a léguée le don de me battre comme je le fais aujourd'hui.

Je me souviens parfaitement de cette scène. Le bois craquant, pauvre et miteux, s'écroulant sous les flammes. Le toit s'effondrant tandis que la vieille femme noire m'emportait, loin de la douleur, couvrant mes cris perçants de sa main. Elle s'enfonçait avec moi dans la noirceur, et tandis que je priais Dieu, ma grand-mère retournait tenter de sauver ce qu'elle pouvait. La sage-femme prenait le chemin descendant au fleuve, pour embarquer avec moi dans une sorte de pirogue étrange. C'est ainsi que la vision se termine, elle m'emmenant au fin fond du Bayou lugubre, bercé par le chant des lucioles et des crocodiles, de l'autre coté du fleuve, tandis que dans le ciel la fumée noire et les flammes montaient encore, au rythme des hurlements de terreur.

Mama Odie était une sorcière vaudou. Elle n'était pas jeune, loin de là, et avait acquis ses dons par le malin. Dans sa famille c'est ce que tous faisaient, même si à la base il y avait eu des sorciers naturels, comme moi. Elle tirait ses pouvoirs et sa force d'un démon et, bientôt, elle m'enseigna tout ce dont j'étais capable d'apprendre. Le Vaudou fut donc mes bases, et encore aujourd'hui il m'arrive d'en user, surtout dans mes propres formules. Elle tenta de me modeler à son image sans y parvenir toutefois, car bien que j'apprenais les rituels, il y en avait que je me refusais d'utiliser. Ainsi, n'ai-je jamais passé de pacte avec un démon, et encore moins fait appel à eux. Je n'ai jamais maudit quelque soit non plus, simplement car ce n'est pas mon but.
Je n'étais pas comme elle, non, et elle le déplorait. J'aimais aller en ville, adolescente, me promener dans les rues, observer les gens. Elle préférait ne se déplacer que pour les commissions urgentes et bien payées, j'allais voir les plus nécessiteux. Il m'arrivait souvent de m'arrêter devant une boutique pour faire ce que vous appelez désormais du "lèche-vitrine", mais jamais je n'entrais, jamais je n'achetais, je me contentais de rêver. En réalité, ce qui me plaisait le plus était la musique. Car vous n'ignorez pas que la Louisiane est le berceau du Blues, mais vous n'étiez pas là à ces débuts hésitants. Vous ne chantiez pas de Soul avec les artistes, vous ne dansiez pas dans les rues au son des saxophones.

C'est ainsi que je l'ai rencontré. C'était un énergumène étrange et grand, se balançant au rythme de la musique endiablée, de quelques années plus vieux que moi mais tout aussi fou. L'on pouvait voir la vie s'écouler dans ses yeux, et il rêvait de folles aventures, dansant avec toute personne qu'il croisait, entretenant la conversation, suivant les gens sans vergogne jusqu'à ce qu'ils craquent. Cet homme était le fils d'un aristocrate, qui n'avait certes point les allures d'un gentilhomme mais qui en avait les manières. Et si au départ j'étais réticente au point de le fuir au courant, je fus bien vite happée par son magnétisme naturel et le mystère l’entourant. Je passais des heures à le regarder en cachette, sans savoir qu'il m'avait déjà repéré et qu'il faisait mine de ne rien voir. Si jamais su, aurais-je dis oui ? Eh bien, très certainement.

J'ai épousé cet homme en mai, malgré les recommandations de Mama Odie de l'oublier, quittant le Bayou pour de bon. Ce n'était pas ma vie. J'aimais la solitude et le marais, oui, mais pas pour y vivre toute l'année. Bien sûr, nous avons eu quelques difficultés. J'étais une femme d'un autre monde, une étrangeté ignoble aux yeux des autres, à la fois crainte et respectée. Ses parents refusèrent de bénir notre union, mais nous étions jeunes et nous nous aimions. Nous nous mariâmes avec la seule bénédiction du prêtre, avant de partir vivre dans le petit cottage qu'il venait d'acquérir. J'ai vécu quelques mois d'un intense bonheur en sa compagnie, et nous recevions parfois certains de ces amis pour faire la fête, libres et insouciants. C'est ainsi que je touchais pour la première fois au piano, c'est ainsi que j'apprenais mes premiers pas de valse ... jusqu'à ce qu'il ne contracte la tuberculose. J'ai tenté de lui lancer un sortilège pour le guérir, sans succès, finissant par aller demander de l'aide auprès de Mama Odie qui me la refusait, simplement car elle-même ne pouvait rien faire. Elle me conseillait de le tuer puis de brûler la maison, afin d'abréger ses souffrances et pour que les microbes ne se propagent pas, mais je lui tins tête. Je ne pouvais pas faire ça. Comment aurais-je pu ?
La suite fut des plus sombres encore. Le temps que je rentre - car le bayou n'était pas la porte à coté - mon mari était mort et je fus accusée à tord. Meurtrière chuchotaient-ils. Sorcière, se mirent-ils à décrier dans leur folie. Pour la première fois mais pas la dernière j'ai fuit, misérablement, pour ma propre survie. J'ai quitté la Louisiane pour ne pas finir pendue, remontant vers le Nord, partant à l'Est dans l'espoir de jours meilleurs, abandonnant les Etats-Unis pour partir en Irlande. Oui, j'en conviens. Ma réaction était peut-être un tant soit peu excessive ... Mais j'avais peur, et quelque chose me poussait à retrouver mes racines oubliées, sorte de prémonition au fond de mes entrailles. Partir, loin de l'Amérique.

Là-bas je me suis faite discrète. J'y ai vécu plusieurs années, tentant de me tenir au courant des dernières avancées scientifiques et philosophique, mais la misère restait omniprésente et à mon tour, je tombais malade. J'étais même prête à renoncer à la vie, jusqu'à ce que débarque un homme assez ronchon et cynique de haute stature, ayant physiquement la quarantaine bien dépassée. Un voyageur et savant, un lettré riche qui s'amusait à faire le tour du monde ... A se demander ce qu'il fichait là. C'est ainsi que j'ai rencontré mon maître. Car Alan était un sorcier et si il me remit rapidement sur pieds avec un coup de talon dans le derrière, il accepta en prime de me prendre sous son aile, non sans avoir ronchonné une longue semaine. J'avais la trentaine dépassée à l'époque, aux environs de trente-six. Et c'est ainsi que vous me retrouvez aujourd'hui, physiquement du moins. J'ai erré avec lui environs cent quinze années, tandis qu'il fuyait lui-même sa merveilleuse femme psychopathe. Nous avons parcouru le monde, nous arrêtant rarement plus de trois mois dans un lieu, tout du moins lorsque nous voyagions ensemble. Il n'était pas rare que nous vaquions chacun de notre coté à nos occupations, avant de nous retrouver pour de longue périodes, puis nous séparer de nouveau. Il n'y a jamais eu plus qu'une relation maître - apprentie entre nous, et cela nous allais très bien - il me voit toujours comme une sale môme, il reste pour moi un vieillard grincheux difficile à vivre. Bien sûr, j'ai eu des aventures, mais ce ne fut jamais rien de bien sérieux - il en eut de même de son coté, juste pour énerver sa femme. Je me préférais me concentrer sur les leçons qu'il m'offrait, sur les sortilèges, les sciences nouvelles, l'étude rigoureuse de l'anatomie, le dessin, les langues ... La musique. Il m'a appris à danser le tango et à jouer du violon par ailleurs, et je lui en suis très reconnaissante. C'est également grâce à lui si je sais me tenir en société et pire encore, si je deviens sarcastique avec l'âge.

En réalité, je lui dois beaucoup, certainement même plus que je ne l'imagine. Mais il était loin d'être un sorcier sage - il aimait surprendre et enquiquiner son monde. Il était, et est toujours, et sorcier marginal qui ne souffre pas le Grand Coven. Je le quittais lors d'une dispute, à cause d'un homme, encore un. Nous étions alors aux Etats-Unis, à New-York, et j'avais décidé de tenter le métier d'infirmière - il trouvait ça ridicule. A vrai dire, j'en avais assez de vagabonder. J'avais envie de me poser quelque part, de jouer les mascarades humaines, de me fondre dans le décor ... J'aspirais à ma vie d'avant, mais qui pourrait me le reprocher après tant de temps ?

Lorsque je l'ai rencontré, il courait dans le couloir tandis que je passais par là, perdue, le nez en l'air, encore peu habituée à mon nouvel environnement. Ne l'ayant pas remarqué, je m'étais pris le médecin de plein fouet et, si j'avais été sonnée – car j'aurais très bien pu m'envoler de l'autre coté de la pièce sous le choc brut de la collision si il ne m'avait rattrapée – avant de sentir la colère monter, le fait de le voir saigner en reprenant mes esprits m'avait largement mortifiée sur place. Comment s'était-il blessé, je l'ignore. Toujours est-il qu'il fallait que je le recouse au plus vite, et c'est sans perdre un instant que je l'avais agrippé par le bras pour l'emmener dans une des pièces attenantes au couloir, tout en prenant au passage sur un chariot le matériel nécessaire. Il était mon premier patient à l’hôpital et, si je tremblais, c'est parce que j'avais peur d'être découverte. Je me remémore encore son regard :calme et brûlant, son sourire agacé autant que ravageur et moqueur. Il n'aimait pas être là, et je n'avais aucune envie de m'occuper de lui, tout simplement car il me stressait. Mon instinct me criait de fuir, mais ce n'était pas possible. Comment diable ne l'avais-je point vu venir ?
Début de relation houleuse comme vous le constaterez, en prime de remarques un brin sarcastiques de sa part : il m'avait fallut tout mon self contrôle pour ne pas lui sauter dessus et l'étrangler tandis que je m'excusais avec sincérité. Cependant, ça ne s'était pas arrêté là. A chaque fois que je croisais ce type dans les couloirs, il m'enquiquinait d'une manière ou d'une autre, me taquinant bien plus qu'Alan, manquant toujours de me faire sortir de mes gongs. Oui, il m'agaçait. M'énervait. En réalité, je haïssais ce type, autant que je haïssais sa prestance magnétique qui m'attirait à lui comme une mouche dans la toile de l'araignée … Mais la haine a souvent une double façade, plus pure et épurée, plus forte encore.

Oh, j'ai bien tenté de le fuir. Je me suis même battue contre lui, le mordant, le griffant, mais rien à faire : Richard gardait son maudit sourire en coin de prédateur qui me rendait mièvre et ses yeux noircissaient toujours plus de désir. Il me retrouvait où que j'aille, comme si il avait un maudit détecteur. Je l'avais pressenti dangereux à notre première rencontre, ce n'est que quelques mois plus tard que je comprenais pleinement que mon instinct ne m'avait pas fait défaut et que j'aurais dû écouter Alan. Un Styne. Je découvrais l'information par hasard, à vrai dire. Mais cela me laissait aussi pétrifiée d'effroi que de terreur – seuls les sorciers peuvent comprendre ce sentiment – et j'ai finalement pris la fuite en courant, une nouvelle fois. Je pouvais affronter beaucoup de chose, mais certainement pas la famille Styne.
Seulement une fois de plus il m'a rattrapée, m'emprisonnant littéralement dans ses bras, m'empêchant de m'enfuir. J'aurais pu lui lancer un sort, mais il ne m'en laissa pas le temps, me figeant d'un murmure. Quel petit … Avait-il bien fait ? Avec le recul, je dirais que oui. Et je l'admirais secrètement pour son caractère combatif et borné, même si ces mêmes traits de caractères me faisait râler ouvertement …

Je l'ai aimé. De toute mon cœur, bien plus que mon premier mari à vrai dire. Pourtant méfiante, j'ai mis du temps à lui faire pleinement confiance. J'ai tenté de me garder une porte de sortie, qu'il a entravé au fil des années, m'emprisonnant pour de bon. Mais j'étais amoureuse … Stupidement et irrévocablement. Tant et si bien que lorsque Alan revint me rendre visite une année plus tard, nous nous disputâmes comme jamais auparavant. Étais-je folle ? Sûrement. Mais j'aimais mon petit-ami jusqu'à défier mon mentor et lorsque ce dernier s'en alla, il était aussi blessé physiquement que dans son amour propre. Je me suis mariée avec Richard l'année suivante, déménageant ensuite contre mon gré à Londres dans la maison familiale de ce dernier. Inutile de vous dire que les membres de son clan n'étaient pas ravis de me voir, en particulier le patriarche de la famille – mon beau-père qui plus est. Mais je restais sage durant une année complète, fuyant au maximum ma belle-famille, vacant à mes occupations. Je crois que le seul autre Styne que j'adorais était le fils de mon mari, Gareth, et j'ai passé cette première année fastidieuse à l'apprivoiser. Je ne souhaitais pas remplacer sa mère, morte en couche comme la mienne, mais je dois avouer qu'il a vite trouvé une place particulière dans mon cœur. A vrai dire, je l'ai toujours considéré comme mon propre fils … même lorsque mon propre enfant est né, trois ans plus tard.

Il était le soleil de mes nuits et la lune de mes jours, mon tout petit garçon, mon bébé. Aaron, celui qui triomphe, c'est ainsi que je l'avais nommé. Je me souviens de chaque sourire, chaque pas effectué. J'ai tenté de les soustraire, lui et son frère, aux étranges coutumes de la famille Styne. J'ai souhaité les élever comme miens, ce que j'ai fait de mon mieux, et je crois que ma passion pour la musique, le dessin et la danse les ont grandement affecté. C'est eux qui m'ont permis de supporter les barreaux de ma cage dorée et les absences répétées de Richard. Je me remémore toujours avec un doux sourire Gareth souhaitant apprendre la valse et Aaron tendant les bras pour que je lui montre le tango. Mais toutes les bonnes choses ont une fin, et cette vie-ci tomba en lambeaux peu après le cinquième anniversaire d'Aaron.

Les absences répétées de Richard m'avaient mise sur la voie. Peu à peu, il passait plus de temps à l'étranger que chez lui, avec ses enfants. Moi-même me sentait de plus en plus espionnée, le regard d'un inconnu invisible mais présent me brûlant la nuque du matin au soir. Etais-je paranoïaque ? Peut-être, toujours est-il que mes rapports avec ma belle famille se détérioraient de plus en plus, l'atmosphère elle-même devenant oppressante. Mon instinct me hurlait de fuir tant que je le pouvais, et je fini par céder et me mettre à comploter pour emmener mes enfants avec moi. Car il était hors de question de partir sans eux, je refusais de les laisser ici, loin de moi. Mais une fois encore, le Destin en décida autrement ...
Le jour où je me décidais à partir, il me fallait encore aller en ville pour retirer de l'argent et laisser un mot à mon mari. Je conservais l'espoir fou qu'il vienne nous retrouver, au plus tôt. Bien entendu, je ne m'étais pas attendue à avoir un accident sur la route - accident qui aurait été mortel si je n'avais pas eu les bons réflexes. Je m'en suis tirée sonnée, blessée, mais vivante. Mais je savais ce que cela signifiait ... Et connaissant les méthodes des Styne, je ne pouvais me permettre de traîner trop longtemps dans le coin. Le problème ... et bien j'étais paralysée. Par la douleur, par le choc, par ma vie qui s'écoulait rapidement, par mes membres qui s'engourdissaient peu à peu, par le froid qui augmentait dans ma poitrine. Je me souviens avoir prié Dieu en cet instant, pour mes fils, avant de perdre conscience lamentablement. Faites qu'ils vivent et qu'ils ne m'oublient pas. Car moi, je les aimerais toute ma vie.

Lorsque mes yeux se sont ouverts, je n'ai pas cru ce que je voyais. J'étais allongée dans un lit, à l'hôpital, branchée à des machines. Je ne pouvais pas parler, pas bouger, mais j'étais assez consciente pour comprendre ce que l'on me disait. Assise en face de moi se tenait la soeur de mon mari; une femme dont je n'étais certes pas proche mais que je ne haïssais pas non plus. Elle me rendit mon regard, froide et morne, avant de me dire que j'étais officiellement morte pour eux et qu'il fallait que je le reste. Me faire fuir l'Angleterre, fuir les Styne, abandonner ma famille ... C'était leur but depuis le départ. Oublier mes fils, qui n'étaient plus les miens. Fuir, encore. Une fois de plus ... Aurais-je préféré qu'elle me tue ? Oui. Aurais-je voulu hurler ? Oui. Si j'avais en état, si seulement j'avais pu ... je serais rentrée. Je les aurais tué un par un, avant de prendre mes enfants et partir. Mais je ne pouvais pas. J'étais de nouveau impuissante, réduite à être nourrie l'intraveineuse sans pouvoir m'exprimer et marcher, désormais tétraplégique. Ô Dieu, à part prier, que pouvais-je faire donc ?

J'ai longuement été abattue. Je me suis laissée mourir de chagrin durant plus de six mois, littéralement, délirant souvent lorsque je dormais. Je ne me nourrissais presque pas, j'attendais que le temps passe, maigrissant à vue d'oeil ... Jusqu'à ce que dans mon sommeil, quelqu'un me rende visite. Je ne me souviens ni de son visage, ni de sa voix. Mais je me rappelle sa chaleur, douce puis insupportable, jusqu'à me réveiller en sursaut, fiévreuse, avec un mal atroce dans tous mes membres ... Que je sentais de nouveau. Quoi qu'il se soit produit, à mon réveil j'étais presque rétablie, et j'avais une féroce envie de ... vivre. De vivre, et de me venger. Je restais cinq mois supplémentaire à l’hôpital, le temps de me remettre totalement, par le biais de longues séances de rééducation, priant le ciel et remerciant l'être qui m'avait sauvé. Par la suite, une fois remise sur pieds, je décidais de quitter l'Angleterre. Mes enfants me croyaient morte et je n'étais pas encore capable d'affronter mes assassins. Il me fallait reprendre des forces, il me fallait trouver une bonne vengeance ... Et ce serait long. Très long.
Je me suis envolée pour la Louisiane. Je voulais retrouver Mama Odie. Je voulais rattraper le temps perdu, je souhaitais m'excuser. La Soul, le Blues et le Jazz me manquaient ... Je désiraient voir la tombe de mon mari. Tirer un trait sur le passé pour pouvoir avancer. Renouer avec mes racines. Mais arrivée à la Nouvelle-Orléans, perdue dans mon Bayou natal, je ne retrouvais de la bicoque cachée dans les arbres qu'un tas de planches abîmées et envahies par la mousse. Mama Odie s'en était allée retrouver les spectres qu'elle manipulait. Je suis repartie. A New-York. Au Texas. Dans le Montana. En Irlande. J'ai voyagé, allant en Transylvanie, revenant en Italie ensuite ... Apprendre des formules, emmagasiner des connaissances. Quatre-vingts années passèrent ainsi avant que je ne repasse par l'Angleterre, à Londres très exactement, avant de partir en direction du nord, avec la ferme intention de me venger une bonne fois pour toute. J'en profitais pour me rendre sur la tombe de Richard, qui était mort plusieurs dizaines d'années auparavant, avant de me rendre compte que sa tombe se trouvait à coté de celle de son père ... Inutile de vous apprendre mon état de choc. Qui était à la tête de la famille désormais ? Qu'étaient devenu mes fils ? Je suis rentrée aux Etats-Unis peu de temps après, vidée, fatiguée de tout ce cirque. Je me suis installée à Chicago, comme une vieille ermite, dernier endroit où je pensais pouvoir trouver Alan, mais sans succès. L'Apocalypse ayant été avortée quelques années auparavant, j'espérais au moins pouvoir y vivre tranquillement ... et c'est ainsi que ma librairie a vu le jour.

C'était il y a deux ans maintenant. Je n'ai pas bougé, je n'ai pas vieillis. La boutique fonctionne bien, et j'ai pris le loisir d'y cacher une boutique ésotérique au sous sol. De temps à autre, je sors prendre des nouvelles de mes congénères, mais j'avoue préférer passer mon temps dans ma librairie, à lire ou jouer du piano dans la pièce du fond. L'odeur des vieux livres me remémorent des souvenirs, et je peux passer des heures à créer des formules. La haine que j'avais pour la famille Styne est toujours intacte, mais elle est reléguée au fond de mon coeur. Désormais je cherche mon fils comme je le peux, mais le monde est vaste et je dois encore rester discrète pour ne pas finir embrochée par des chasseurs.


TOI, TA LIFE


# Pseudo : Shadow.
# Date de naissance : 24/02/1993
# Fréquence de connexion : régulière, à peu près tous les soirs.
# Ta route jusqu'ici : Co-fonda' What a Face

# Code de validation : Nian, je boycott
# Schizophrénie : Etat critique : Brooke Milligan, George McGrégor, Gabriel.
# Commentaires:  :7:
SHADOW


How can I say this without breaking ? How can I say this without taking over ? How can I put it down into words when it's almost too much for my soul alone ? I don't want them to know the secrets. I don't want them to know the way I loved you. I don't think they'd understand it, no, I don't think they would accept me, no ! I loved and I loved and I lost you. I loved and I loved and I lost you. I loved and I loved and I lost you ... and it hurts like hell


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