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 Esther Altmann d'Agazzi ♦ Wie viele nächte lang hast du dich schon verlorn?

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Message Sujet: Esther Altmann d'Agazzi ♦ Wie viele nächte lang hast du dich schon verlorn? Mar 26 Juil - 1:16


Esther Altmann d'Agazzi
Von meiner brennenden liebe, kann dich kein dämon erlösen

FT. Imoge Poots
# TYPE : personnage prédéfini, si si je vous jure
# NOM : d'Agazzi est mon nom d'adoption. Altmann est celui d'emprunt.
# PRÉNOMS : Esther Gabriella
# SURNOMS : Stella, par ma mère
# AGE & DATE DE NAISSANCE : je suis née durant l'année 1803. Le mois et le jour de ma naissance correspondent à la date de mon adoption : le 24 Février. J'ai donc 213 ans, depuis peu.
# LIEU DE NAISSANCE : Hongrie.
# RACE : Vampire
# GROUPE : Créatures
# SITUATION MARITALE : célibataire, pitié que cela ne change pas !
# PROFESSION : photographe à mes heures, je suis également paysagiste. Ceci mis à part,  je fus musicienne à l'opéra il y a une cinquantaine d'années.
# ORIENTATION SEXUELLE : Je suis homosexuelle. Cependant, pour faire plaisir à ma mère, je prétends être bi.
# AUTRES INFORMATIONS : Je ne sais pas où je suis née. Je fus adoptée en Hongrie par celle que je nomme mère en 1805, j'avais alors 2 ans. Par la suite nous avons déménagé en Louisiane (USA) avant qu'elle ne finisse par fixer le nid à Chicago (USA), où je réside désormais la majeure partie du temps. Il m'arrive, cependant, de voyager de temps à autre, bien que je revienne toujours au bout de quelques semaines, honorant ainsi le serment prêté à ma mère - cette allégeance à la famille d'Agazzi. Je sais qu'elle a de grands projets pour moi et qu'elle aimerait me voir reprendre les rênes du nid si il lui arrive quelque chose, cependant je ne me sens pas de gouverner comme elle le fait à l'heure actuelle. Néanmoins, et ce quoi qu'il arrive, je reste et resterais toujours sa plus fidèle alliée ainsi que sa fille.
# ANECDOTE 1 : Il y a tant à savoir sur une personne. Peut-on réellement la définir sur si peu de critères ? Je ne le pense pas. Bien. La première chose à savoir sur moi est que j’adore collectionner les peluches. Enfin, pas n’importe lesquelles. Certains aiment les timbres, d’autres se sont des affiches de cinéma (d’accord, j’en ai des cartons entiers à la cave moi aussi, je l’admets), et pour ma part … ce sont les peluches. Mais, pas n’importe lesquelles, non. Uniquement celles que je gagne dans les parcs d’attraction, lorsque je tire à la carabine. C’est presque trop facile vous me direz, puisque je suis un vampire. Soit. C’est pour ça qu’il faut compliquer le jeu. Je tire les yeux fermés, et si j’ai tous les ballons, et bien … Peluche ♥ J’ai également garder celles que l’on m’offre, car elles ont une valeur sentimentale bien plus importante. A part cela, je collectionne les films – de tout genre, vraiment, je suis curieuse et bonne publique, pour ne pas dire véritable cinéphile – ainsi que les cds de musique. Niveau littérature … Je préfère la littérature anglaise et russe. Shakespeare, Jane Austen et Tolstoï font partis de mes auteurs préférés avec, en prime, Tolkien, Pratchett et Neil Gaiman, même si ce que je préfère lire avant tout ce sont les contes et les légendes du monde, qui me tirent toujours un sourire émerveillé.

# ANECDOTE 2 : La seconde chose ? Et bien, je n’aime pas trop la boisson. Oui, je sais. Vampire, aristocrate, bla bla bla … Il n’empêche que, ce n’est pas ma tasse de thé. Je fais bien évidemment un effort lorsque nous avons des invités ou lors des galas mais … Non, vraiment. Que ce soit le vin ou le reste … Je regrette le thé et les jus de fruits. Cependant, vous me verrez boire de l’absinthe. Ce n’est pas pareil, après tout. Il y a une petite fée verte dans l’absinthe et j’aime la chercher de temps à autre. N’est-ce point là un alcool fascinant ? Certainement le seul que j’aime et qui mérite réellement mon attention.

# ANECDOTE 3 : Troisième point … Ah. Je suis aristocrate, le fait d’être polyglotte est donc évident – cela, sans compter mon âge évidemment. L’on s’ennuie si vite avec le temps qu’il faut bien trouver à s’occuper : apprendre de nouvelles langues aide énormément. De même, de part ma condition spécifique, j’ai jouis d’une éducation stricte et il m’a fallut développer certains talents. Beaucoup de mes pairs aiment la musique et en joue, je suis moi même une grande amatrice d’opéra (mais lorsque l’on voit ma mère, je ne puis y couper) dont j’aime reprendre les morceaux pour exercer ma voix, de musique classique, mais également de jazz et de rock (le dernier à son plus grand damn). Je joue du piano, évidemment, de la flûte traversière et, parfois, de la harpe. Cependant mon instrument préféré restera toujours l’orgue, bien que je n’y ai pas touché depuis plus d’une vingtaine d’années.

# ANECDOTE 4 : Lié à ma condition d’aristocrate, je pratique également le dessin. J’ai même un niveau excellent d’après mes professeurs, et j’ai peins quelques toiles à diverses époques bien que je n’ai jamais voulu les exposer. C’est quelque chose d’intime, voyez-vous ? Il m’arrive encore de sortir ma palette, mes fusains et mes crayons de bois ou criterium, lorsque je vadrouille. Cela ou l’appareil photo – car j’aime tant la photographie ! Je poste tout sur instagram. Je trouve que la poésie de l’image se passe parfois de mots, et à un charme que la littérature ne peut combler. Lorsque je ne m’adonne pas à l’art, je m’occupe de jardiner. Les plantes vertes sont ma seconde grande passion, et j’ai été une grande coordinatrice à une époque. Aujourd’hui, lorsque je ne m’occupe pas des plantes de la maison et du domaine, je travaille en tant que paysagiste, ce qui m’occupe considérablement et me permet de voyager sans que ma mère n’y trouve à redire.

# ANECDOTE 5 : Toujours lié à cette condition, je suis une grande sportive. Les vampires ont besoin de se défouler. A quoi cela servirait-il d’être plus rapide et plus fort sinon ? Lorsque j’étais humaine, je faisais de l’équitation ainsi que de la danse classique et j’ai gardé cet amour pour le cheval et les chaussons de danse. Cependant, je connais également les pas des danses de salons, et celles dites démodées – la valse, le menuet ne sont que des exemples. J’ai également pratiqué la gymnastique avec assiduité et si ce n’est plus le cas aujourd’hui j’ai tout de même gardé ma souplesse d’antan. Depuis ma transformation, je m’adonne également les arts martiaux. Ce n’est pas tant pour me battre, plus pour apprendre à me défendre de par moi-même … même si je n’en ai pas franchement besoin.

# ANECDOTE 6 : Que puis-je vous dire d’autre ? J’aime bien internet. Depuis l’invention de cette petite merveille, je passe beaucoup de temps à surfer sur les sites, telle une éternelle adolescente. J’aime regarder les séries sur mon ordinateur, ce qui a quelque chose de plus intime que de les regarder sur écran géant.  Je pense bien m’en sortir avec l’informatique par ailleurs, bien que je m’en sers surtout et avant tout pour le boulot – je n’utilise pas qu’instagram, j’ai également plusieurs sites internets pour mes activités.

# ANECDOTE 7 : Dernière chose. Je vais vous confier un secret, inutile. J'aime la pluie. Enfin, non. J'adore la pluie. Regarder l'eau tomber du ciel, telle une énergie salvatrice venant purifier la terre, me calme toujours. Dès que je le peux, je sors d'ailleurs pour profiter de ce divin artifice, lorsque ce n'est pas pour admirer le ciel se charger de fureur. C'est en ces jours que je suis le plus créative. Il ne me rend pas mélancolique comme la neige, au contraire : je me sens revivre lorsque le mauvais temps arrive ... Et cela n'a rien à voir avec ma condition de vampire. Bien sûr, j'aime aussi le soleil mais ... Le soleil brûle. La pluie ... Guérit à mon sens. C'est pourquoi je l'aime tant. Il y a sans aucun doute un concept divin derrière et, étant croyante, comprenez que cela à son importance.


LES DESCRIPTIFS
# QUALITÉS & DÉFAUTS :Ce que j'aime et ce qu je déteste ... Ce que je suis et ne suis pas. Il y a tant de choses à dire, à raconter. Mais ne préférez vous pas observer un comportement pour en comprendre le mécanisme de par vous-même, plutôt que de vous faire souffler la réponse ? J’abhorre tant ce genre de personnes, ce genre de gestes. J’ai appris, de part mon éducation, à faire attention à chaque frôlement, chose mot, chaque souffle … Chaque battement de coeur à sa propre signification, sa propre rêverie qu’il me plaît de décortiquer. Attentive et observatrice, j’aime ainsi regarder le monde qui m’entoure, me délecter des milles et une nuances et, parfois, tenter de toutes les capturer sur une toile blanche.

Bien sûr, cela demande souvent une patience à toute épreuve et une forme de courage : celui d’aller jusqu’au bout sans jamais abandonner son but, celui de braver quelques interdits même si je reste, malgré tout, une personne fort sage. Désobéir n’est pas réellement quelque chose de programmé dans mon code génétique – certains iront jusqu’à dire que je suis trop obéissante et trop passive. Sachez que, si il y a un fond de vérité, c’est bien plus compliqué que ce qu’il n’y paraît. Je déteste les conflits. Je les fuis, comme la peste, et ce n’est que lorsque je ne peux les éviter que je les confronte pleinement – à moins qu’ils ne me concernent directement et qu’ils soient d’une importance capitale. Dernier exemple en date : les projets de mariage de ma mère. Car si elle chérie les alliances de sang et les complots plus que tout, moi je préfère admirer avec émerveillement la vie qui m’entoure, avec innocence et insouciance. Je préfère vaquer à mes rêveries solitaires et romantiques, nager dans ma liberté illusoire. Elle me reproche d’ailleurs souvent le fait d’être tête en l’air ainsi que mon coté timide et renfermé. Oh, bien entendu, je sais faire bonne figure lorsqu’une réception est donnée. Lorsqu’il faut donner l’exemple, je sais rentrer dans la peau de mon personnage, devenir cette enfant modèle façonné avec tant de soin durant toutes ces années. Mais la jeune femme polie et bien éduquée est claustrophobe et panique si elle se sent enfermée. Ma timidité s’envole alors, tout comme mes sourires tendres et chaleureux, et je deviens la peste en personne.
Il faut, après tout, être fort têtue pour oser s’opposer à ma mère, et bien que cela arrive rarement, je bataille pour rester campée sur mes positions.

Ce n’est que lorsque quelque chose me déplaît fortement que je laisse ma voix raisonner dans le corridor, avec cette douceur ferme, car crier ne mène à rien à mon sens – même si elle me pousse à quelques folies, lorsqu’elle même refuse mes arguments qu’elle juge encore trop enfantins pour être acceptés.
Ce que je suis et ne suis pas ? Si j’aime ma mère plus que tout, je n’approuve pas ces complots étranges. Cependant je dois lui reconnaître que c’est certainement la meilleure façon de protéger le nid - ainsi j’admire plutôt que de juger ses méthodes. Pour tout dire, certaines m’amusent fortement, bien plus que je ne l’avouerais jamais, et il me plaît même de l’aider à en réaliser quelques unes : car si elle est une stratège née, je suis la perfectionniste du groupe, au point d’avoir fait soupirer tous mes professeurs dès qu’ils m’imposaient le moindre exercice. Heureusement, nous avons également quelques traits communs. Ma loyauté par exemple, lui est et lui sera toujours acquise. Non pas parce qu’elle est ma mère, mais simplement car elle une personne que j’aime et que j’adule plus que tout au monde. Elle est, sous sa carapace de froideur qui craquelle lorsque j’entre dans son champ de vision, une mère exemplaire, maternelle et chaleureuse. C’est ce que j’ai tenté de reprendre d’elle : cette générosité – bien que souvent non calculée pour ma part -, cette douceur qui met autrui en confiance. Mais à son image, je suis également possessive et jalouse, bien que je n’aime pas montrer cette partie de ma personne.

Est-ce parce qu’elle déforme l’image renvoyé par mon miroir ? Comme beaucoup d’entre nous, j’aspire à la beauté, imparfaite et unique et ce quelque soit sa forme, bien que de part mon coté idéaliste je tends à trouver la perfection. Je suis ainsi sensible à l’art, par exemple, pour ne pas dire sensible tout court, et ma curiosité m’entraîne souvent à quelques écarts pour trouver la perle rare. Enfin. Toujours est-il que j'ai beau être une personne calme, et bien que j'ai du mal à tolérer la moindre forme de violence, il faut mieux rester méfiant à mon sujet sur cette partie. Je peux, en effet, me montrer fortement vicieuse et sadique si l'on réveille le coté la moins noble de ma personne - et étant quelqu'un qui aime prendre son temps, faites-moi confiance lorsque je vous dis que votre torture sera longue et douloureuse. Comme si, alors, la douce, secrète et réservée Esther n'existait plus; comme si, alors, le loup avait dévoré le petit chaperon rouge, et vous montrait désormais ses propres crocs, sanguinolents, dans l'attente studieuse de vous manger à votre tour.


# POUVOIRS : Ceux de ma race. Et j'ai la flemme de recopier la liste.

# ARMES : Je ne suis pas fada des armes, contrairement à ma mère. Pour tout dire la moindre forme de violence à tendance à me répugner, même si il faut prendre garde à ne pas réveiller le démon qui sommeil en moi. Je possède donc, malgré cette répugnance à découper les gens vivants, un arsenal d'armes qui m'est propre, allant de dagues datant du 18eme siècle ou couteau de chasse Louvetier de Chatellerault ... aux sabres datant du 19eme siècle. Cependant les deux seules armes que j'utilise réellement pour le plaisir restent l'arbalète et la carabine - notamment pour exploser des ballons lorsque la fête foraine vient s'installer près de chez nous. A vrai dire je suis plutôt une bonne tireuse, lorsqu'il s'agit de viser quelque chose. Pour le reste ... Je préfère utiliser ce qui me passe sous la main sur le moment. Mais, lorsque l'on est un vampire, a t'on réellement besoin de tout cela pour inspirer la crainte ?

SHADOW
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Message Sujet: Re: Esther Altmann d'Agazzi ♦ Wie viele nächte lang hast du dich schon verlorn? Mar 26 Juil - 1:19


Historique du personnage
Some folk we never forget. Some kind we never forgive



# Comment avez-vous vécut le bref retour de Eve ? : Mal. Très mal je dois dire. J’étais au nid à l’époque, et devoir écouter cette femme me donner des ordres était un supplice – pas que je ne sois pas habituée juste que … Ce n’était pas mère. Devoir obéir à une voix étrangère était donc guère plaisante, simplement car nous n'avions pas le choix. Elle même n’a pas apprécié le fait de devoir obéir à l’Alpha, même si leurs plans concordaient plutôt bien - encore une question de libre arbitre. Est-ce parce que nous avons l'habitude d'exiger et d'être servi ? Son retour nous a, dans tous les cas, positionné à une place inférieure dans la chaîne alimentaire, ce dont nous n'avons pas l'habitude. Nous avons donc été soulagé lorsque nous avons appris sa mort, même si j’étais également attristée d’une certaine manière – comme lorsque l’on perd un membre de notre famille, bien que lointain, elle reste une partie de ce que nous sommes, au fond de nous même. Je ne regrette en revanche absolument pas le fait de ne plus avoir de nouvelles de l'Alpha de notre race.

# Que pensez-vous des êtres-humains et comment vivez-vous le fait de devoir vous cacher d'eux ? : Je suis mitigée à leur propos. D'une part car nous sommes nés humains, mais à leur différence nous avons évolué, souvent malgré nous, vers quelque chose de différent : quelque chose de plus beau et de plus monstrueux en même temps. Et si j'aspire encore à la perfection malgré mon jeune âge, je dois reconnaître les envier sur leur mortalité et la diversité de leurs vies - ils peuvent jouir du goût des aliments, de la morsure du soleil sur leur peau ... Ils n'ont pas le loisir de ressentir la solitude comme nous. Je les envie donc, mais les plains également - leurs sens atrophiés, la perte de temps dont ils sont victimes, les maladies ...
Cependant ce que je ne supporte pas chez eux reste leurs manières coincées et obtuses, leur façon de penser qui n'a guère évoluée avec le temps. Si ils pouvaient vivre un millénaire, ils comprendraient et adopteraient certainement notre point de vue et notre propre façon de vivre, dont nous ne sommes prisonniers à l'heure actuelle. Si, de ce fait, je me cache d'eux à mon grand damn et ne vais point chercher noise à ces bipèdes arriérés pour la plupart, j'apprécie tout autant qu'ils ne tentent pas défier ma famille, tout du moins sauf si ils désirent assister à la définition même du mot "massacre" en live.

# Appartenez-vous a un clan ? Si oui, lequel et quelle y est votre place ? Quel est votre but ? : Mère a fondé son clan bien avant ma naissance. Lorsqu'elle m'a adoptée j'ai naturellement rejoint sa famille, bien que j'ai souhaité formuler mes voeux d'allégeances à nouveau lorsqu'elle m'a transformée. Ma loyauté va donc à la famille d'Agazzi, dont je suis la seule et unique héritière - outre mon frère adoptif. Quant à ma place au sein même du nid, elle n'est pas réellement définie. Je suis respectée, crainte et aimée pour être la fille de la reine de la ruche, cependant j'aime à penser que je le suis également pour les qualités que je possède. En outre, je suis une bonne stratège et, bien que je ne dépasse pas ma mère à ce sujet, je reste l'une de ses plus fidèles alliée et conseillère même si je me mêle rarement de ses projets. Je pense, enfin, servir de médiatrice entre ma mère et nos loyaux sujets, car je suis souvent réquisitionnée pour écouter les problèmes des uns et petits soucis des autres, lorsque je ne sers pas de tampons lorsqu'ils doivent confronter la grande et terrifiante Caterina.


Histoire
Froid. J’ai froid. Je scrute l’horizon, sans bouger, tandis que je sens mes doigts s’engourdir peu à peu. Autour de moi, des gens, des bonnes sœurs toutes en noir. Une petite cour s’étend autour de la bâtisse en pierre, mon chez moi. Les adultes, hautement perchés, murmurent des mots que je ne comprends pas. Ils aboient des ordres, ils murmurent des mots à mon égard, mais je n’y fais pas réellement attention. Non. Moi … Moi, je regarde le ciel, beau, brillant, bleu clair presque blanc. Ils disent que maman est là haut à m’attendre. Que papa y est aussi. Mais … Qu’est-ce que c’est qu’une maman et un papa, en fait ? Je ne sais pas. Je n’en ai jamais eu. Est-ce que tout le monde en a ? Un jour, peut-être que je pourrais formuler la réponse. Tout n’est pas encore très clair dans ma tête, les pensées mal définies se bousculent encore, les mots ne sortent toujours pas.
Un éclat perce soudain le ciel. J’ai mal aux yeux. Je les cligne, dans l’espoir de voir autre chose que cette lumière immaculée tachée de pois blancs qui dégringolent sans s’arrêter. Je crois qu’ils appellent ça de la neige. C’est glacé. Humide. Ça fait mal aux pieds, lorsque je marche dedans, et ça fond sur mes doigts. Certains enfants faisaient quelque chose avec ce matin. Quelque chose … je ne sais pas. Je n’ai pas les mots. Pas encore. Ça viendra.

« Esther ! »

Il y a un son que je ne connais pas qui résonne au loin. Moi, je continue de fixer le ciel, avant de m’accroupir maladroitement sur le sol pour le regarder. Si ça se trouve, ce n’est pas pour moi. Le sol, il est ouvert de blanc lui aussi. Cela fait peur. Ce blanc partout, ce froid qui fait mal. Je n’ai pas les mots encore. Je les aurais, bientôt. Ça rougit mes doigts, ça rougit mes pieds. Je crois que c’est ça qui endort les autres. Mais parfois, ils ne se réveillent pas. Est-ce que moi aussi, un jour, je resterais allongée sur mon lit sans plus pouvoir trouver la porte ?

« Esther ? »

Le joli son que je ne comprends pas se rapproche. C’est aigu, je crois. Un peu comme le son d’une cloche. Je lève les yeux pour voir d’où cela vient, mais je ne vois rien devant moi. Que du blanc. Du blanc ? Je cligne des yeux à nouveau éblouit par un rayon de soleil. Autour du moins, les adultes ne parlent plus cette langue que j’oublierais bientôt. Je me retourne, soudain intriguée, peut-être un peu inquiète. Pourquoi est-ce que je n’entends plus rien ? Mais ces personnes qui étaient debout sont désormais par terre, et ils tachent le blanc de rouge. Le rouge … C’est joli le rouge. Est-ce qu’ils dorment ? Je ne sais pas. Le visage dans le sol, ils vont avoir froid. Plus froid que moi encore. J’ouvre la bouche, soufflant de l’air chaud qui s’évapore, et je tente d’avancer vers la dame la plus proche. Mathilda, je crois. Je ne sais pas. Je ne sais plus. Est-ce si important, d’avoir un nom ? Moi, je n’en ai pas. Je lève péniblement mes jambes et je manque de tomber. La neige me bloque. Elle ne veut pas que j’avance. En moi, je sens la panique monter, et je tente de gesticuler un peu plus. J’ai froid. J’ai faim. J’aimerais rentrer dans la bâtisse en pierre, pour pouvoir me mettre sous le drap. Il est fin, mais il est sec. C’est ce que disait Mathilda. Rentrer …

« Esther … »

Je me fige. Le murmure est un son apporté par le vent, tout près, et une ombre me cache désormais du soleil. Je me retourne un peu, et ma tête rentre en collision avec une étoffe rouge et douce. Chaude. Mes mains s’y agrippent par réflexe avant que mon corps ne vienne s’y blottir de lui même. Ma gorge formule un son aigu de satisfaction, mes mains gelées et roses picotent dans l’étoffe polaire. C’est un son nouveau qui me fait lever le nez de mon cocon protecteur. Un rire, je crois que c’est ça, sorte de tintement joyeux et irrésistible. Plus joli encore que les cris des oiseaux. Mon regard bleu rencontre des pierres précieuses brillantes et irisées, tandis qu’un sourire se dessine sur le visage de l’ange roux déformé par la lumière.
« A … An … Aaan … ya ? » Je babille avec difficulté ce mot signifiant mère dans ma langue natale, éblouit, tandis que le sourire se fait plus grand encore. Je sens le corps immense se pencher pour m’envelopper, et, bientôt, je me retrouve soulevée du sol. Je regarde le visage encadré de boucles rousses avec émerveillement, et je tends doucement ma main vers sa joue rose. Elle est froide. Mais ce froid là est agréable. Ce froid là est chaud.
« An …  Anya. » Je répète à nouveau, doucement, oubliant où je me trouve.
« Oui. Oui, mon Esther. » reprend sa voix douce avant qu’elle ne m’enveloppe dans son manteau de fourrure et que je ne m’endorme subitement, bercée par la chaleur. « Maman est là. »

Regarder à gauche. Regarder à droite. Une seconde après l’autre. Retenir sa respiration. Pas après pas. Oui, c’est cela. Doucement … Surtout, éviter la seconde latte qui grince. Surtout, ne pas s’attarder sur les décors, sur le bois vernis qui sent encore le pin frais. Ne pas rêver éveillée, ne pas contempler les arabesques de la rampe d’escalier, ni le fer travaillé si finement que l’on pourrait croire voir les détails prendre vie. Bien. Ne pas fixer le sol, marbré avec élégance ; juste fixer cette porte, dont le vitrail illumine le hall tel la rosace d’un cathédrale ancienne.  Mon salut. Nous y sommes. S’arquer délicatement, lentement pour atteindre la poignée et ...

« Esther, ne sort pas dehors toute seule ! »

La voix claque, posée mais autoritaire, ce genre d’ordre mielleux bien que désagréable à vos oreilles … car il ne souffre d’aucune contradiction.

« Oui, mère. »

Je souffle en réponse, soupirant intérieurement, me figeant dans mon geste. Zut. J’y étais presque. Comment fait-elle pour toujours savoir ?  Mes doigts relâchent l’acajou frêle avant de rebrousser chemin, non sans jeter un dernier coup d’oeil à la porte avec une once de désespoir. Demain, peut-être. Je fais quelques pas à regret après mon demi tour, sans même plus prendre la peine de faire grincer la latte maudite.

« Puis-je savoir ce que tu comptais faire ? »

Je me fige à nouveau, avant de lever doucement les yeux vers celle qui m’a élevée et adoptée comme sa propre fille, moi qui n’était rien de plus qu’une gosse orpheline vouée à une mort certaine. Avoir une mère vampire a des avantages et des inconvénients. Aujourd’hui, c’est plutôt la seconde option. Ma posture parfaite de jeune fille modèle s’accentue alors, et mon dos se fait droit, rigide, tandis que mes yeux fixent désormais cette silhouette trop connue.

« Hum … Et bien … Mes amies voulaient … Enfin … Se retrouver à la bibliothèque pour étudier et … »

Je me mords la lèvre et ferme les yeux une seconde. La vision de mes pieds serrés sur le dallage disparaît, mais la pression que sa présence exerce n’en est que plus renforcée. Car je sais que cela ne passera pas. Je n’ai pas besoin de la regarder pour savoir qu’elle arque un sourcil désapprobateur, il me suffit d’entendre sa voix, mordante, claquante, il me suffit d’écouter cette pointe de sarcasme agacée.

« Marie Von Schutzel n’est pas une bonne fréquentation, nous en avons déjà parlé. Sa classe et son rang, inférieurs aux tiens, sont aussi décevants que son comportement en classe et ses notes. »

Que puis-je répondre à cela ? Ce serait se battre contre le vent. Et pourtant …

« Esther … »

Mon souffle s’échappe tandis qu’elle utilise ce ton, doux et tendre, triste. Je sens désormais sa douleur, son regard caressant mes traits soumis à son jugement. Non. Non, mère. Ne me regarde pas ainsi, je te prie. Comment pourrais-je te détester alors ? Comment pourrais-je te haïr, toi qui me tiens ainsi enfermée entre ses murs, coupée du monde extérieur selon tes lois anciennes ? Je relève la tête pour la contempler, cette femme que j’aime. Un sourire cristallin éclaire ses traits, et je vois à nouveau ses lèvres rouges bouger pour me murmurer la sentence qu’elle réserve – celle que je connais, celle que je redoute, celle que je méprise, celle que – parfois – j’attends impatiemment lorsqu’il s’agit de sa main qui tâche les murs.

« Ne m’oblige pas à supprimer cette vie inutile. N’as-tu rien de mieux à faire ? Tu as tout ce dont tu as besoin ici. N’est-ce point, par ailleurs, l’heure de ta leçon ? Allons, viens donc régaler mes yeux de tes dons exquis. »

Et comme toujours, je ne peux répliquer qu’un doux : « … Oui, mère ». Ainsi est ma vie depuis, ainsi le sera t-elle, jusqu’à ce que je lui déplaise. Mais comment est-ce que notre propre mère pourrait-elle nous haïr, lorsque c’est elle même qui modèle notre monde à sa façon, d’un simple regard, d’un simple son ?

Si je me souviens de mon premier bal, je me souviens également de mon dernier en tant qu’humaine. Je fêtais alors mes 27 ans – et le fait de n’avoir aucun cavalier ce soir là paraissait inacceptable à beaucoup de monde à l’époque. Après tout, j’étais et suis encore une jeune femme de bonne condition, être donc célibataire à mon âge reste  … Enfin quand votre vie se résume à écouter votre mère et se plier à ses exigences, il est évident que le nombre d’hommes se présentant à portée est de moindre importance (et je ne mentionne pas ici mon goût difficile pour en rajouter une couche, ni même le fait que je préfère les femmes). Surtout lorsque ces mêmes hommes sont (encore actuellement) triés sur le volet et disparaissent mystérieusement dès qu’ils ont le moindre petit geste déplacé au goût sélectif de mon bourreau – bourreau que je continue malgré tout d’appeler mère avec une affection évidente.
C’était début Mars, et l’air était doux. Une merveilleuse soirée étoilée, un jardin dont les fleurs, suaves, parfumaient l’air ambiant plus que de coutume, des serviteurs en pagaille qui se relayaient sans cesse pour ravir la flopée de convives exigeants … Ma mère a toujours aimé les réceptions, cela est certainement dû à son coté festif. Etaler ses richesses, son pouvoir, se pavaner est encore à l’heure actuelle l’un de ses jeux préférés et bien que je m’y prête souvent avec un ravissement certain, il y a quelques moments où je trouve toutes ces fioritures hypocrites de trop. C’était justement l’un de ces instants ce soir là, et malgré que ce soit ma fête et qu’il fallait faire bonne impression, j’avais fini par me recueillir au milieu de ces plantes que j’aimais tant, bercée par la musique de la nature, éclairée par les lucioles qui semblaient danser en mon honneur. Je me sentais mal depuis déjà quelques temps, et le fait d’avoir bu de l’alcool ne m’avait aidé en rien à calmer mes angoisses.

Fiévreuse. Nauséeuse. C’est ainsi que je me sentais, tanguant, hésitante sur mes pieds, ma vision se brouillant pour quelques secondes. Il fallait avouer que cela faisait un moment déjà que je mangeais de moins en moins, notamment car la fatigue semblait me poursuivre et je n’avais plus goût à me nourrir. J’avais, de même, été victime de quelques malaises un mois plus tôt, mais nous avions mis cela sur le simple compte que j’avais été anémiée en règle comme tous les mois, une fois par semaine. Enfin. Ce soir là à nouveau, j’avais perdu mes sens. C’est notre majordome qui m’avait retrouvée, sous les cris hystériques de ma mère, et qui m’avait ramenée à la maison une fois de plus. Inutile de dire qu’à mon réveil, j’avais été couvée comme du lait sur le feu, son état d’inquiétude ne cessant d’augmenter car la fièvre ne semblait pas vouloir se déloger de mon organisme. Une toux grasse s'était pas la suite installée installée à son tour dans ma gorge et ne semblait vouloir en partir, comme la suite logique d'un enchaînement que nous ne pouvions stopper. Ces symptômes, bien que ressemblant à n’importe quelle grippe en apparence, avaient pourtant fini d’alerter ma mère sur mon état de santé.

Phtisie. Aujourd’hui connue sous le nom de Tuberculose, tel était le nom de la maladie qui rongeait mon existence alors, et ce malgré le fait que ma mère ait tout fait pour me protéger de l’extérieur hostile. Sans qu’elle ne le sache, du lait de vache avait été contaminé par la bactérie – chose fort fréquente à l’époque – et les serviteurs, les esclaves travaillant aux champs du domaine et à la canne à sucre avaient eux-même été infectés. Le temps de mener son enquête – de nuit de préférence – il était déjà trop tard pour moi. Je me repassais en boucle mes derniers instants de vie – le bal, les lumières et les rires, la musique, les effluves du jardin … - sans regret aucun, prête à mourir par résignation mais … Mais ma mère ne l’avait jamais entendu de cette façon. Ce soir là, le 3 Mars 1830, la jeune maîtresse perdait la vie ainsi qu’une quarantaine d’esclaves, plus huit serviteurs. La cause officielle était, bien évidemment, la tuberculose. La cause officieuse était ma mère qui avait préféré régler le mal à sa source avant de s’occuper de moi. Car me laisser mourir n’aurait pas été acceptable à ses yeux et si je ne l’ai compris que bien trop tard, je lui ai largement pardonné depuis.

Savez-vous, innocents ignorants, la douleur provoquée alors ? Mon corps, déjà affaiblit grandement par la tuberculose, n’eut pas à lutter longtemps contre la mort qu’elle m’offrait. Boire son sang avait été un geste automatique, comme boire du vin pour tenter d’hydrater ma gorge irritée, ce que je pensais être d’ailleurs. Mais le baiser glacé avait raidit mon corps, avant qu’il ne convulse sous les bactéries nouvelles qui me rongeaient de l’intérieur, tuant la tuberculose et la symphonie de mon coeur en un même mouvement. Ce n’est que le 5 Mars que je me levais enfin et recommençais à marcher, au petit matin alors que le soleil caressait le sol de ses rayons et brûlait mon visage curieux. Le soleil. Autrefois merveille du monde, il venait de se transformer en démon qu’il me fallait fuir à toute jambe. Tout était étranger, confus : l’esprit plus clair que jamais mais les sens en ébullition. Tout entendre. Tout voir. Si mère n’avait pas été là pour m’apprendre à nouveau, je ne sais ce que je serais devenue.
Les premiers mois furent les pires. Rester cloîtrée dans ma nouvelle chambre, rideaux tirés, au frais, consommer du sang humain comme ma mère alors que cela me déplaisait tant … Mais c’est grâce à cela que la réalisation s’ancra à moi pour de bon concernant mes préférences sexuelles. Ma mère, intelligente, avait quelques favoris dans le secret, des humains dont elle se nourrissait à l’abri des regards, même du mien. J’étais sa petite poupée de porcelaine enfermée dans une cage dorée pour sa propre protection, pour que jamais je ne sois souillée. Or voici qu’à présent son trésor inestimable était éclaboussée par le sang, comme ses mains, comme ses doigts tendres. Je rejoignais son clan, passait de la lumière à l’ombre pour son plus grand plaisir et sa plus grande déception – car je pense pouvoir dire qu’elle aurait aimé me voir jouir de cette existence humaine encore un peu plus longtemps, ne serait-ce que deux simples années de plus. Enfin.
Pour en revenir à notre chapitre, mère cachait ses actes. Bien que je sache qui elle était depuis le premier jour ou presque, je ne l’avais jamais vu en action jusqu’à être moi-même transformée et devoir me nourrir à mon tour. Elle m’avait léguée Rose. Cette jeune femme de vingt ans était une esclave qui travaillait depuis ses dix ans à la maison, nous nous entendions plutôt bien. Sous mes ordres, elle travaillait à embellir le jardin, et la retrouver était comme retrouver mon humanité perdue : les effluves qu’elle portait inconsciemment ravissait mes narines, le goût de son sang plus encore mes papilles. Elle était sucrée. Douce. Enivrante. Tiède. J’aimais Rose sans le savoir alors, et c’est lorsque je plantais mes crocs dans sa gorge la première fois que j’en pris conscience. Ses courbes graciles. Ses formes divines. Je la voulais, toute entière, pas seulement son sang. Ô, mère, qu’avais-tu fait alors ? Ton colibri si pur, si blanc, s'est ce jour là perdu sur la voie de la déraison; et le diable n'eut plus besoin de frapper à la porte. Je l'ouvrais pour lui, le coeur battant d'espoir nouveau.

Libre. Comme il est bon de pouvoir observer le monde sans entraves, comme il est bon de pouvoir respirer l’odeur de la terre humide à plein poumons. Là s’étendent, à mes pieds, les à-pics rocheux que la falaise surplombe de toute sa grâce. En son sommet une perle blanche et blonde, ma robe en lin claquant au vent d’octobre. Le goût du sel sur mes lèvres, un sourire fend ma bouche aussi grandement que mes bras sont étendus, parallèles au sol, comme pour embrasser l’air qui m’écrase, virevoltant, fugace, sauvage. Je contemple la mer houleuse dont les vagues se brisent sur la roche mordorée ; j’absorbe les couleurs du ciel gris aux mille et un reflets qui se perdent dans les moutons blancs de la houle.
Libre. Je pourrais rire, si je le désirais, je pourrais chanter. Je pourrais danser pied nus et tomber de mon perchoir, mon corps se fracasserait alors en bas, tordu, disloqué. Personne n’en saurait rien. Il n’y a que la solitude pour me bercer, il n’a que les mouettes voraces pour hurler une berceuse. Que j’aime cette idée … Pour la première fois de ma vie, je me sens pleinement heureuse, comblée. Pour la première fois de ma vie, je me sens vide, froide, morte. Emplit d’amour et de joie, je laisse mon esprit se perdre un peu plus, en proie aux remords et à la morsure glacée d’un abandon feint. Une voix en moi me dit de repartir en courant. Retraverser l’Atlantique, à la nage si il le faut. Mais dans ma tête la symphonie s’élève, l’orgue de barbarie joue ses plus beaux accords. J’ai attendu ce moment toute ma vie, j’aurais été folle de ne pas saisir ma chance.

Cela fait dix ans que je suis partie. Dix ans que mère a trouvé ce qui manquait à son coeur plus qu’un enfant qui babille. Dix ans depuis cette dispute, irréparable, qui me fend encore la poitrine. Mais ce n’est pas grave. Car le temps arrange tout.
Souriante, débordante de vie, je repars en fredonnant une ancienne berceuse hongroise, apprise l’année dernière. Je me replace devant mon chevalet, installé à quelques pas seulement, au milieu de la prairie rocailleuse de cette Irlande fougueuse. Il me suffit ensuite de reprendre ma contemplation du paysage, laisser mes doigts s’exprimer sur la toiler, créer un nouveau chef d’oeuvre. Cri d’une âme libérée de son carcan étriqué, il est sensations neuves et fraîches et, aussi désagréables puissent-elles être, j’en ai besoin pour avancer. Chaque caillou s’infiltrant entre mes orteils est une caresse, chaque claque venteuse est une invitation supplémentaire. Quelle joie d’être immortelle, me dis-je alors. Je ne me lasserais jamais de ce spectacle, de cette vision enchanteresse.
Devant moi, les éléments se déchaînent et je leur rends hommage, ignorant alors que sur le continent perdu, la voix de ma mère hurle sa douleur et sa peine en un écho parfait. Car nous sommes le 10 octobre 1871 et, alors que je me plais à jouer les ingénus et fille de la nature, elle embrase Chicago et la pille, laissant le feu et le sang ravager cette ville par pure vengeance.

Je n’ai appris la nouvelle que trop tard, par le biais des journaux locaux – j’étais alors au port, pour partir dans une direction aléatoire – Bucarest peut-être ? Cela me tentait bien.
Car ce n’est pas parce que j’avais quitté la maison que j’avais coupé tout contact avec le pays qui m’avait vu grandir ; ce n’est pas parce que je m’étais suis disputée avec ma mère comme jamais auparavant que je l’avais abandonné. Lorsque j’ai lu l’article, je suis restée interdite un moment. La dernière lettre datait d’une semaine, et tout allait pour le mieux. Qu’avait-il pu se passer alors ? En moi, le doute est venu planter ses graines, qui n’ont pas eu à attendre longtemps avant de germer. Je ne suis pas partie à Bucarest, cette nuit là, non. Je suis rentrée.
Et j’avais eu raison de m’en faire. De la maison en Louisiane, il ne restait plus que des cendres froides. Le reste du nid n’était pas encore parti s’installer à Chicago, heureusement par ailleurs, car c’est ainsi que j’ai pu comprendre pleinement le drame qui s’était joué ici. Chez moi. Où étais-je donc, alors que ma mère perdait son âme ? Que faisais-je donc, alors qu’elle m’appelait, anéantie ?
Je n’ai pas mis longtemps à la retrouver. Elle était telle que dans mes souvenirs, assise, sur son trône d’or, un parfait sourire aux lèvres. Mais en son fort intérieur, la rage était tapie, et la folie s’y était distillée. Ce soir là, elle m’a pris dans ses bras, suffoquant, perdant ses couleurs. Ce soir là, elle m’a giflée, de toutes ses forces, avant de resserrer sa main sur ma gorge. Je me souviens encore de ses yeux, abîmes consumées par la douleur, et de son étreinte tremblante, comme un drogué en manque, avant qu’elle ne me relâche et me demande pardon. J’étais celle qui avait trahie le nid par mon absence, mais ils étaient ceux qui avaient réduits son bonheur en cendre. Aurais-je été là, cela aurait-il changé la donne ? Tant de questions, si peu de réponses.
En cet instant, j’ai haïs la race humaine – celle que je considérais encore comme mienne à l’époque, et ce malgré ma transformation. J’ai pleuré pour elle et avec elle sa perte, j’ai juré que jamais plus nous subirions les coups du sort. Ce soir là, je lui ai voué à nouveau allégeance, m’enfermant de moi même dans cette cage qu’elle avait laissé ouverte, espérant secrètement mon retour.


Je me suis installée à Chicago, avec elle et le reste du nid, apprenant à connaître l'être par qui elle avait tenté de me remplacer - mon petit frère, Alec, avec qui je fus bientôt complice. Je ne pouvais plus la laisser, après ce drame. Je n’ai pas compris pourquoi est-ce qu’elle désirait tant rester dans cette ville qu’elle avait brûlé, mais je compris bien vite que la belle époque de la Louisiane était morte avec son amant. Ma mère s’imaginait tel un phénix ? Renaissant de ses cendres et du sang de ses ennemis, c’est pour cela que Chicago deviendrait son nouveau domaine. Je l’ai aidé comme j’ai pu, naturellement. Je l’ai soutenu – j’étais la seule à qui elle faisait véritablement confiance, mon frère étant encore trop jeune – et, bien que préférant ne pas me mêler plus de ses affaires, je me suis arrangée pour lui rendre la vie plus facile autrement, m’occupant des divers domaines, par exemple, et du nid alors qu’elle tentait de se reconstruire elle-même … Bien qu’aujourd’hui encore, le trou reste béant dans sa poitrine, comme la sensation de manque qui ne pourra jamais être comblé.
Ce n’est que vers les années 1900 que je me repris à rêver d’aventures – j’avais jusque là étouffé mes propres désirs et envie pour faire passer ma mère et le nid avant le reste. Ce désir fut plus fort que lors de ma première escapade, et à ma surprise, mère me laissa partir, à condition qu’elle sache où je mettais les pieds et, surtout, que je ne parte pas à l’autre bout du pays pour une trop longue durée. Si elle ne fut pas ravie de me voir partir seule au départ, je finis par me trouver une compagne de route de temps à autres. Je pouvais comprendre que la peur motivait ses choix, cependant mon propre désir de liberté était plus grand encore.
Depuis lors, ma vie fut partagée entre mes brèves aventures – quelques mois, trois tout au plus, de joie et d’une liberté pleine – et mes longs retours au nid accoutumés de fêtes somptueuses et de protocoles à respecter … jusqu’à ce qu’elle ne décide, sans que je ne comprenne réellement ses motivations externes, qu’il fallait que je me trouve un compagnon de haute naissance pour agrandir le territoire. Bien que j’ai passé la première partie de cette époque sous silence, préférant ne pas me disputer avec elle de nouveau et acceptant de ce fait tous les rendez-vous galants qu’elle pouvait me trouver, j’ai fini par laisser entendre ma voix lorsque j’ai compris que ses projets allaient au-delà d’un simple mariage d’intérêt. Nous ne sommes plus à l’époque ancienne, je n’ai aucun désir d’épouser un être qui n’est pas ma moitié, et ce même pour lui faire plaisir. C’est pour ce simple motif que je suis partie la semaine dernière, folle de rage, pour San Francisco, et ce sans la prévenir - sans prévenir personne. Je ne compte cependant pas prendre l’avion pour atteindre ma cible, non. Je préfère utiliser les petites routes, inconnues, peu fréquentées et prendre mon temps, pour me calmer et profiter du paysage. Avec un peu de chance, peut-être tomberais-je sur l’âme sœur ce faisant, mais une chose est certaine, je n’épouserais aucun noble portant le nom d’Arundel.


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# Commentaires : envie de dire quelques mots supplémentaires ?

SHADOW
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Message Sujet: Re: Esther Altmann d'Agazzi ♦ Wie viele nächte lang hast du dich schon verlorn? Mar 26 Juil - 6:36

J'ai appelé le médecin et il est déjà en route :1:

Re-bienvenue chez toi What a Face et...bah tu connais la suite quoi :chaise:

:14:


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Message Sujet: Re: Esther Altmann d'Agazzi ♦ Wie viele nächte lang hast du dich schon verlorn? Mar 26 Juil - 8:25

t'es folle mais on t'aime! :67:



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Message Sujet: Re: Esther Altmann d'Agazzi ♦ Wie viele nächte lang hast du dich schon verlorn? Mar 26 Juil - 9:34

Si je vous dis que c'est pas ma faute, vous me croyez ? Merci :amour: :42:
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Message Sujet: Re: Esther Altmann d'Agazzi ♦ Wie viele nächte lang hast du dich schon verlorn? Mar 26 Juil - 10:02

Cet avatar est à croquer ^^
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Message Sujet: Re: Esther Altmann d'Agazzi ♦ Wie viele nächte lang hast du dich schon verlorn? Mar 26 Juil - 11:56

J'avoue, tout est de ma faute (a)

Rebienvenue et courage pour ta fiche ma choupie <3
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Message Sujet: Re: Esther Altmann d'Agazzi ♦ Wie viele nächte lang hast du dich schon verlorn? Mar 26 Juil - 12:05

Ah bon retour ici en tout cas et bonne chance pour ce nouveau personnage

Mais ça devrait bien se passer :v:



.
I'm a princess cut from marble, smoother than a storm. And the scars that mark my body, they're silver and gold. My blood is a flood of rubies, precious stones, it keeps my veins hot, the fire's found a home in me.  +ms.palmer
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Message Sujet: Re: Esther Altmann d'Agazzi ♦ Wie viele nächte lang hast du dich schon verlorn? Mar 26 Juil - 12:10

Merci a tous :amour: je la termine ce soir si tout se passe bien.

Crowley : ouiii elle est cute :52: (un peu trop d ailleurs, ca cache quelque chose :hm:)

Abi : totalement, c est ta faute What a Face merci <3

Kali : merci ! Et en théorie, oui
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Message Sujet: Re: Esther Altmann d'Agazzi ♦ Wie viele nächte lang hast du dich schon verlorn? Mar 26 Juil - 12:37

S'PÈCE DE FOOOOOOLLE

*câline fort* Mais je t'aime quand même :amour:
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Message Sujet: Re: Esther Altmann d'Agazzi ♦ Wie viele nächte lang hast du dich schon verlorn?

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Esther Altmann d'Agazzi ♦ Wie viele nächte lang hast du dich schon verlorn?

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