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 Sweet God ... Why me ?

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Message Sujet: Sweet God ... Why me ? Jeu 30 Juin - 19:24


RP EN COURS

SUJET PRIVÉ : FT. MELCHIOR & ELIOTT D'ARUNDEL
# TYPE : temps présent
# DATE : Trois jours après que Bai' est récupéré Jack.
# MOMENT DE LA JOURNÉE & TEMPS APPROXIMATIF :fin de matinée (aux alentours de 11h), il flotte dehors - de grosses gouttes.

# PRÉSENCE DU MJ : No need.

# AUTRE : On se mettra d'accord sur comment Bai' récupère le petit plus tard, ou au cours de ce rp. J'ai laissé ça flou pour le moment
SHADOW




Sweet God ... Why me ?
« Sometimes you just want to hide and say fuck off to the world »
Plic plic plic, fait la pluie contre mes carreaux. Plic, plic, plic, continue t-elle sans s’arrêter une seule seconde. Un son étranglé sort de ma gorge en réponse à ce brouhaha infernal, sorte de râle de protestation, tandis que je rabats l’oreiller sur mon oreille avec violence, bougeant quelque peu sur le coup. Pitié. Je ne sais pas quelle heure il est et je m’en fous complètement. Juste ... Encore cinq minutes. Est-ce trop demandé ?

« ‘Maaaaan ... »

Je me fige soudain à ce râle aigu d’enfant endormi, avant d’ouvrir un œil, peu sûre. Qu’est-ce que … Oh. Ooooh, oui. ... C’est vrai. Un sourire naît sur mes lèvres et je caresse les cheveux de Jack, lové contre moi, n’osant y croire. Trois jours. Cela fait trois jours que nous nous sommes retrouvés, et il refuse de me lâcher, même pour dormir. Qui serais-je pour lui en vouloir ? Je me réveille encore la nuit en sursaut, pour vérifier qu’il est bel et bien présent contre moi. Trois jours … J’inspire doucement.

« Oui bébé ? »
« … Faim … »

Cette fois je ne retiens pas un éclat de rire. Les yeux fermés, il remue le nez en m’avouant son plus grand pêché (et le mien) de sa voix endormie. Hu. Ouais. Je sais ce que tu veux dire par là.

« … Heureusement pour toi, j’ai fait la pâte à pancakes hier … »

Je marmonne, d’une voix pâteuse. Comment est-ce que je réussis à être cohérente alors qu’il n’est que … …… Oh merde. Il est 11h et nous sommes Lundi – tout du moins c’est ce qu’affiche mon portable (que je viens d’attraper mollement, avec réticence) …. Oui bah zut, hein. C’est les vacances. Enfin presque. Bref. Mon fils, lui, n’est pas tant inquiété par l’heure ou le jour. Au mot pancakes, le voilà couiner et à ouvrir les yeux pour me fixer, un sourire lumineux aux lèvres. Incroyable ce que la nourriture a comme effet sur nous.
« Pancakes ? » glapit-il presque, salivant d’avance. Qu'est-ce que je disais ? J’acquiesce quelque peu et il me sourit grandement, avant de se blottir à nouveau contre moi, tentant d’enserrer ma taille dans ses bras.

« C’cool ...’jour M‘man. »
« Bonjour, mon coeur. »

Je souris, ressemblant certainement à ces acteurs énamourés dans ces fichus films romantiques que je déteste (c’est faux, il me font juste pleurer à chaque fois). Je lui rends son câlin, inspirant son odeur avec un bonheur évident – mon cerveau refuse encore le fait qu’il est bel et bien là, vivant, entier, dans mes bras. Nous restons ainsi quelques minutes, avant son ventre ne grogne bruyamment et qu’il ne râle. Je souris et m’écarte doucement de lui, tandis que lui-même se lève en titubant quelque peu. Il s’étire et j’en fais de même, riant à nos airs débraillés – les cheveux en bataille, le pyjama à moitié en place. Pas de doutes, le même sang coule dans nos veines.

« Allons te nourrir. » Je lance, fière. Il sourit, acquiesce et file dans la cuisine en trottinant joyeusement tandis que je le suis en baillant. Nous sommes encore dans le motel, pour le moment. j’aurais préféré rentrer chez moi – chez-nous - mais … J’ai encore quelques trucs à régler ici : à commencer par éclaircir les choses avec Abi et … sa famille de vampires qui ont pris soin de Jack. Rien qu’au souvenir de notre rencontre je grimace quelque peu, frissonnant – non pas de peur ou de dégoût, c’est ... autre chose. Vampires. Monstres. Monstres … Vraiment ? Etaient-ils véritablement comme cet enfoiré de fis de … Bref, l’homme dont on ne doit pas prononcer le nom ? Non. Enfin, Abi ne l’était pas. Sur le coup, bien sûr, j’avais été choquée. Je m’étais sentie trahie l’espace d’une minute, avant de balayer cela d’un haussement d’épaules – elle n’était pas ma priorité, et ce n’est pas pour elle que je venais. Elle m’avait sauvée la vie. Elle avait contribué à sauver celle de Jack. Un monstre ? Mon Abi ? Foutaises. En ce qui concernait Melchior et Eliott – car tels étaient leurs noms – en revanche, je ne savais pas. Ils étaient différents. Plus sombres. Plus …

« On repart quand, maman ? »

Jack me sort de mes pensées, et je fronce les sourcils, tout en me dirigeant vers le petit frigo pour retirer la pâte à pancakes. Je pose le tout sur le plan de travail réduit avant d’allumer le mp3 de mon portable, retrouvant mes anciennes habitudes – un bon réveil ne peut se faire sans musique.

« Je ne sais pas, Jack. J’aimerais au plus vite, mais j’ai des choses à régler ici avant. »

Je regarde mon fils fixer ses pieds d’un air coupable. Coupable ? Qu’est-ce que mon fils à en tête ?

« … Hey, pirate. Quelque chose te chagrine ? »

J’inspire doucement, le coeur compressé douloureusement à l'idée. Qu’a t-il bien pu vivre durant deux mois ? Il refuse de m’en parler pour le moment …

« Et bien … En fait je … J’aime bien ici. » Je me fige net à ces mots qui finissent par sortir, hésitants, clignant des yeux à sa réponse innatendue. Ai-je bien entendu ? … Quoi ? Je fronce les sourcils perplexe, fixant mon fils en attendant qu’il continue sa plaidoirie. « … Y’a … Y’a Tonton Leliott et Tonton Melou … Tu sais, ils ont été super gentils avec moi. On est vraiment obligé de partir ? ... Enfin, je veux dire ... Ils vont être tristes, tu sais ? » J’écarquille les yeux, alors qu'il me fait les yeux de puppy. Est-il en train de me parler des deux patriarches du nid à l’aura aussi terrifiante qu’écrasante ? Non ... Si ? Pourquoi ?

« Et bien … Ce n’est pas chez nous, ici, Jack. On ne peut pas véritablement embêter Tata Abi. »

Je tente de lui faire comprendre, maladroitement - vraiment très maladroitement que ... Et bien, non. On ne peut pas vraiment rester. Tout du moins, je ne le veux pas, pour diverses raisons évidentes. Je m’approche de lui pour le prendre dans mes bras, mais il s’échappe, et mon coeur saigne de le voir me fuir. Deux mois sans le voir et soudainement, il …

« C’est parce qu’ils sont des vampires ? » me demande t-il brusquement, très sérieux.

« Je … En partie, oui. Ecoute … Ce que je te propose c’est … Tu vas t’habiller, je fais les pancakes. On mange, je me prépare et … On va les voir. Ok ? »

Je déteste ce plan, mais voir Jack blessé est pire que le reste. Je préfère encore affronter son père une seconde fois plutôt que …

« D’accord. » acquiesce mon fils d’une petite voix, avant de revenir dans mes bras – cela à le don de couper net mes tergiversions, une nouvelle fois.

« Ils vont me manquer, tu sais ? » reprend t-il subitement, toujours avec son air irrésistible de petit puppy battu. Que puis-je répondre à cela ? Je l’embrasse sur la tempe, plus longuement que d’habitude en réponse. Ils ne te manqueront pas autant que tu m’as manqué, ai-je envie de dire, mais je me retiens. Je ne peux pas être égoïste maintenant. Je me force à sourire avant de lui ébouriffer les cheveux, ce qui le fait rire quelque peu. Il me lâche ensuite pour prendre ce ton de petit sergent, sûr de lui, bombant le torse : « Tu pourras mettre de la confiture de myrtille sur mes pancakes ? »
Je n’ai pas le temps de répondre qu’il file, et je me permets de soupirer pour de bon, enfin. Qu’ai-je encore promis ? Je secoue la tête, terrassée, avec une seule envie en tête : repartir me coucher. Mais non. Maman ours a du boulot à faire. Bien. Bon. Pourvu que le petit dej’ dure le plus longtemps possible … C’est du moins ce pour quoi je prie. Il ne me reste qu’à sortir la poêle, la huiler et la mettre sur le feu, avant d’augmenter doucement le son de ma radio, et laisser la musique prendre ses aises dans la cuisine – au menu, les Fall Out Boy. La playlist est en aléatoire mais, à vrai dire, je crois que j’ai plus besoin d’eux que de Walt Disney pour le moment. Je remue donc ma pâte à pancake, inspirant, avant de me mettre à chanter comme je le faisais autrefois, tout bas au départ puis me laissant aller petit à petit – sensation étrange, plaisante et apaisante.

« I thought of angels choking on their halos, get them drunk on rose water, see how dirty I can get them. Pulling out their fragile teeth and clip their tiny wings … »

Je mets la pâte dans ma poêle avant de fermer les yeux, étendant les bras dans ma tête. Seule au monde. Comme avant. Le cauchemar est-il fini ? J’aimerais tant le croire. Plus jamais, ai-je promis en mon fort intérieur. Plus jamais une telle aventure, une telle peine … Une telle peur. Je retourne sur terre seulement pour faire sauter mon pancake, tournant sur moi-même comme ces chanteurs / danseurs expérimentés (que je ne suis pas, mais hé, j’ai tout de même une bonne maîtrise), rattrapant mon bien dans la poêle sans fracas.

« Anything you say can and will be held against you, so only say my name : it will be held against yo. Anything you say can and will be held against you, so only say my name … »

Je souris désormais franchement, remuant quelque peu, oubliant le reste. Jack m’accompagnait souvent, riant et frappant dans ses mains. Tant pi pour lui, il rate le spectacle. Je me prends moi-même à étouffer un rire joyeux – me revoilà enfant à mon tour. Je fais un second pancake ainsi, en commençant un troisième, allant jusqu’à me déhancher sans complexes, oubliant que je suis encore en pyjama - composé d’un shorty bleu ciel et d’un débardeur blanc ayant la tête de daffy duck en imprimé géant - avec une tête certainement affreuse. Mhm. Peut-être, que si j’avais fait plus attention, j’aurais remarqué qu’en réalité, je n’étais plus seule, non.

« Maman ? »

J’entends la voix de mon fils assez proche de moi, et je me retourne, interrompant mon second couplet pour lui demander ce qui ne va pas … Avant de me figer raide en croisant la moue coupable de mon adorable fils … Fils qui tient la main de deux personnes que j’aurais aimé ne pas revoir de si tôt – au moins pas avant cet après midi. Oh non. Oh non, non, non … non. Dieu, pitié ? Non ? Holy shit !

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Message Sujet: Re: Sweet God ... Why me ? Sam 2 Juil - 1:01


sweet god, why us?.
(angelou) ▽ In minor ways we differ, in major we're the same. I note the obvious differences between each sort and type, but we are more alike, my friends, than we are unalike.
HRP: Eliott, je me suis permis de "généraliser" certaines actions, vu qu'on arrive à deux. Si c'est trop maladroit ou que ça ne te plaît pas, tu me le dis, et je changerai ça ! :v:


L’aube, pâle et irréelle comme nombre de ces petits matins d’hiver, avait trouvé deux frères pris dans la houle d’une discussion qui n’en finissait plus. N’eusse été pour l’expérience d’une patience acquise au fil des siècles, leurs nerfs auraient déjà craqué à un échange de points de vue aux airs de faux pugilat. Mais Melchior ne comprenait pas. Melchior n’en revenait pas. Melchior n’y parvenait pas.

Dans sa mémoire resterait gravé, pour les siècles à venir, ce jour surréaliste où, revenu au nid, il avait trouvé une scène si abracadabrante qu’il aurait pu croire à une farce. Eliott avec un enfant humain sur les genoux qu’un des idiots que son frère avait cru bon de transformer avait décidé d’arracher à sa mère et de ramener sans demander son reste. Outre le caractère hautement insubordonné et irrationnel d’un tel acte, cela mettait surtout en cause la sécurité de tout ce qu’ils avaient pu construire jusque-là.

Et pour la première fois en plusieurs décennies, les avis des deux frères avaient divergé. Ils l’avaient compris dès l’instant où il avait été annoncé que l’enfant resterait. Un regard avait suffi à ce qu’ils prennent mutuellement conscience que l’un n’était pas d’accord avec l’autre. Mais Melchior n’avait rien dit. Car l’autorité était primordiale, surtout devant le regard scrutateur de l’immondice vampirique qui avait décidé d’enlever cet enfant. Il restait peu de choses en ce bas-monde que Melchior tenait encore pour sacré, mais l’enfance était indubitablement l’une d’elles. Alors Melchior n’avait rien dit. L’enfant serait toujours plus à l’abri avec eux qu’il ne le serait jamais avec l’ordure, qui avait d’ailleurs disparut sans laisser de traces depuis lors.

Mais dès que les deux frères avaient fini par se retrouver seuls, un débat comme il leur en était rarement arrivé avait ébranlé la relation normalement si dénuée de soubresauts. Et puis les semaines étaient passées, et lentement mais sûrement, Melchior avait fini par céder du terrain et reconnaître dans l’attachement d’Eliott à cet enfant sorti de nulle part une certaine vérité. La présence de Jack avait, à son plus grand désarroi, réveillé une part de lui qu’il croyait avoir abandonnée il y a longtemps. Et cette affection qu’il ne se croyait plus capable de donner était, à ses yeux, la seule raison capable d’expliquer le fait que lorsque la mère était soudainement revenue, lui comme son frère avaient catégoriquement refusé de les laisser repartir. L’esprit logique de Melchior, normalement cruellement pragmatique et absolument implacable, lui hurlait que l’enfant comme la mère devraient être morts depuis longtemps. Ils représentaient un risque énorme, pour ne pas dire incommensurable, à la survie du nid. Mais, aussi inéluctable que pouvait sembler ce sort, il s’était trouvé bien incapable de le mettre en œuvre.

Etait-ce cette affection gênante et à laquelle il semblait pourtant incapable de renoncer, qui expliquait que trois jours après l’immense capharnaüm qui avait renversé la situation, lui et son frère se retrouvaient en route, en pleine matinée, vers un motel où ils n’auraient en temps normal jamais mis les pieds, simplement pour les beaux yeux d’un enfant humain d’une dizaine d’années ? Peut-être. Il n’empêchait que pour l’esprit désespérément logique de Melchior, cette situation avait perduré trop longtemps. « La situation reste irrésolue, Eliott. » Il aurait presque retenu un sourire, tant leurs divergences avaient toujours la même teneur depuis leur plus tendre enfance. Près de trois siècles plus tôt, les différences étaient identiques, les discussions similaires. « Personne n’osera toucher à l’un d’entre eux pour l’instant, mais tôt ou tard les questions finiront par s’accentuer. » Pour l’instant, Eliott et Melchior avaient fait savoir… clairement que la mère comme l’enfant leur appartenaient, et personne dans le nid n’osait poser ne serait-ce qu’un regard sur deux proies pourtant convoitées. Mais le temps viendrait, et plus vite qu’ils ne le croyaient, où les autres membres du nid se rendraient compte qu’aucun des deux humains ne servait réellement la fonction qu’ils étaient censés remplir. Et les deux frères savaient très bien comment ce genre de situation pouvait s’achever.

Le motel devant lequel ils se garèrent donna à Melchior l’impression distincte d’être tombé dans le décor d’une série de mauvaise qualité. Et pourtant, son odorat ne pouvait le tromper, c’est bien là qu’ils se trouvaient. Jetant un œil à la pluie battante qui frappait contre les vitres fumées de la voiture, il ajouta : « Elle pourrait être utile. Mais dans tous les cas, elle ne repartira pas. » Cela, ils le savaient l’un comme l’autre. Elle en savait trop. Melchior ouvrit la portière, et quelques enjambées plus tard, se trouvait sous l’abri relatif de la pergola de tôle qui longeait le motel. Il détestait ces endroits avec chaque fibre de son corps, quoique celui-ci fut relativement correct.

Une porte, deux, trois. Ils s’arrêtèrent devant la bonne porte sans même en connaître l’adresse. L’un comme l’autre auraient pu retrouver Jack à tout moment, bien que le moyen qui le leur permettait aurait sans doute mis sa mère dans une colère… compréhensible. Ce que Melchior n’avait pas prévu, en revanche, c’est que la porte s’ouvre alors qu’il venait de rapper légèrement à l’instant. « Tonton Leliott ! Tonton Melou ! » Il fallut à Melchior toute l’expérience de ses trois siècles pour garder un visage relativement neutre. Ces surnoms, depuis que Jack avait décidé de les utiliser, le plongeaient toujours dans un mélange inextricable de perplexité, d’agacement et d’amusement. Et pourtant, cette innocence enfantine allégea légèrement son humeur rendue noire par la situation des derniers jours et, il le regrettait à présent, une soif qu’il avait poussée plus loin que d’habitude. Mais il n’eut pas le temps de s’attarder plus longtemps sur le fond de sa pensée, puisque le petit décida de leur prendre d’autorité la main à chacun, et de les tracter sans autre forme de question vers l’autre pièce…

… juste à temps pour tomber sur la mère du petit en pleine… en pleine quoi, justement ? Les mots manquent pour décrire une scène comme celle-là, mais Melchior peine à retenir – par politesse – un sourire normalement rare chez lui. Un regard échangé avec son frère en dit long, et pendant quelques très longues secondes qui s’étirent en minutes, le trio s’observe en silence, l’amusement des uns reflétant la stupéfaction de l’autre. Jusqu’à ce que, dans le silence absolu qui s’alourdit, une odeur vienne titiller l’odorat trop sensible du vampire qu’il est. « Je crois que votre pancake est en train de brûler. »

(c) AMIANTE




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may you be in heaven a full half hour before the devil knows you are dead
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Message Sujet: Re: Sweet God ... Why me ? Mer 27 Juil - 14:06

Les allées défilaient sans qu'il n'y prête réellement attention. L'aube était là et avec elle, les infinies couleurs annonciatrices d'une nouvelle journée sur l'astre terrestre. Il avait beau ne pas apprécier le soleil plus que de mesure, essentiellement à cause de l'effet qu'il pouvait avoir sur lui, ses prunelles lui permettaient toutefois d'en apprécier les moindres variantes et c'était un spectacle dont il avait peine à se lasser après tant d'années. Il avait certes passé les premières années de sa nouvelle existence à le fuir mais désormais, il l'appréciait comme il appréciait tout le reste. Même les discussions que d'aucun aurait pu qualifier de trop matinale avec son cher aîné. Il en connaissait le sujet. Il était le même depuis des semaines désormais. Il était rare qu'ils soient en désaccord de manière aussi marquée. Ils avaient appris à appréhender les opinions et les traits de personnalité si particuliers qui pouvaient être les leurs au fil du temps, même de leur prime vivant. Mais dorénavant, les circonstances étaient différentes. Ils n'étaient plus hommes depuis bien longtemps et l'évolution du monde comme des tréfonds de leur âme avaient amené quelques nouveautés dans son sillage. Dans le cas présent, les palabres tournaient autour d'un enfant humain et de sa jeune mère tout aussi humaine. La divergence venait des désagréments que pourraient entraîner leurs survies s'ils se décidaient comme il le souhaitait à leur conserver leur existence intacte. C'était aussi paradoxal en fin de compte. Son opinion sur la vie anthropoïde n'avait guère changé. Elle était toujours aussi radicale et il la respectait avec toujours aussi peu de délicatesse. Qu'est-ce qui différait alors ? Pourquoi donc se retrouvait-il à débattre de l'interrogation avec son frère alors que c'était pertinemment le genre de sujet qui aurait du les positionner en accord parfait ? Il n'arrivait pas encore à mettre le bout des doigts dessus. Cela le minait quelque peu bien qu'il n'en dise mot. En dépit de sa conception toute personnelle ou du moins commune à son espèce, il avait toujours mis un point d'honneur à ne pas s'attaquer aux êtres humains en bas-âge. Qualifiez cela comme vous le désirez. Il s'y refusait aujourd'hui encore. L'arrivée du jeune garçon n'avait pas remis cette pensée en cause. Bien au contraire. Le mépris qu'il éprouvait pour l'immondice qu'il avait créé une nuit d'errance n'entachait en rien l'étrange envie que cet être mortel somme toute minuscule avait fait naître. C'était inédit, c'était plaisant et surtout, cela changeait. Il avait eu le temps d'explorer au fil des décades et tout ce qui pouvait sortir de l'ordinaire était amplement bienvenu. Pourquoi elle alors ? Pourquoi conserver vivante sa génitrice alors même qu'ils pouvaient très bien s'en passer ? Quelque chose l'intriguait, l'interrogeait et il n'aimait pas ne pas savoir. En réalité, il détestait cela. Aussi qu'importe le temps que cela prendrait les deux resteraient sains et saufs jusqu'à ce qu'il ait mis la main sur le fond de ses expectations.
En attendant, il savait pertinemment que son frère avait raison. Il ne l'admettrait jamais réellement mais il ne pouvait que le reconnaître. La situation telle qu'elle était représentait toujours un problème à résoudre. Il ne l'était pourtant toujours pas depuis qu'ils avaient entamé cette vaste question il y a un certain nombre de jours déjà. Aussi, bien qu'il entendait tout parfaitement, il n'écoutait que d'une oreille. Le souci était représenté par le nid. Il n'avait aucun doute quant à l'ampleur de leur autorité mais il regrettait de l'admettre intérieurement, les interrogations existaient. Il détestait les interrogations au sein de son nid. Que savaient-ils des plans qu'il pouvait avoir en tête ? Il y voyait presque une remise en question de son ascendance et il était déjà deux éléments à s'occuper promptement. Les sorts respectifs d'Abigail et Greg. La première n'hériterait sans doute pas de trop de troubles bien que ça n'était pas sa première encarte, ce qui commençait à l'horripiler quelque peu. Quant au second, il était pour l'heure dans la nature mais pour peu de temps, il allait sans dire. Après quoi, il penchait pour une sanction dans les règles de l'art. Il y avait longtemps qu'il ne s'était pas amusé. Ça lui manquait singulièrement. S'adoucirait-il avec l'âge ? Il espérait bien que non. Un coin de son esprit lui suggérait l'exsanguination pour le vampire renégat mais il n'était pas sûr que cela soit suffisamment cruel. Sa jeune poursuivante lui avait fait savoir qu'elle souhaitait vider toutes ses munitions sur sa silhouette décharnée et il était presque tenté d'accéder à sa requête. Presque. Les humains pouvaient être tellement drôles quand il s'agissait de sombrer dans les méandres les plus sombres de leur nature. Cela ferait un divertissement plaisant sans aucun doute.
La pluie avait fini par prendre le pas sur l'éclat de l'astre. Ça n'était pas plus mal. La journée serait plus aisée à passer s'ils n'avaient à se soucier d'éviter l'incandescence du soleil.
"Les questions ne dureront pas ou du moins, ils verront bien assez tôt qu'elles ne sont pas les bienvenues. Nous réglerons le problème d'ici là. Cesse donc de t'inquiéter autant."
Ils finirent par se garer devant un sombre motel qui paraissait aussi accueillant qu'aurait pu l'être une caravane mais il n'en dit pas mot. Ça n'était que temporaire, c'était certain. Ils étaient au moins en accord sur un aspect. La jeune fille ne repartirait pas. Quant à son utilité, elle était encore à prouver mais s'il la conservait, c'était bien pour une raison.
"Ravi de nous voir en accord sur ce point".
Il quitta à son tour l'habitacle de leur véhicule. Il lui vint soudain à l'esprit qu'il leur faudrait s'occuper également du problème de la police comme elle avait pu le mentionner auparavant. L'enfant après tout était encore officiellement recherché. Comme s'il avait besoin de l'être. Ils parvinrent sans mal à trouver la porte qui convenait et n'eurent pas à attendre longtemps avant d'avoir la confirmation. L'entrée s'ouvrit pour laisser place au jeune humain qui leur causait tant de troubles. Mais il se prenait presque à penser qu'il en valait le coût. Il n'ajouta rien au surnom qu'il s'était décidé à leur donner, bien qu'il s'amuse encore parfois de celui qu'il avait attribué à son aîné. L'enfant leur prit une main à chacun et il sourit intérieurement. Un sourire qui tendit à s'agrandir extérieurement cette fois quand une voix étrangement musicale vint chatouiller ses oreilles. Et contrairement à Melchior, il ne prit pas la peine de masquer l'amusement sur son visage face à la vision qu'offrait la jeune mère de Jack. Ils échangèrent un regard avec son frère qui se passait de mots et le silence vint soudain faire sa place dans la pièce, rompu par la remarque bienvenue de Melchior.
"Ne reste pas donc figée sur place, je sais que la vision est d'une beauté à couper le souffle surtout à une heure aussi peu avancée mais un peu de tenue tout de même."



be thou the rainbow in the storms of life.
the evening beam that smiles the clouds away, and tints tomorrow with prophetic ray (lord byron)

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Message Sujet: Re: Sweet God ... Why me ? Mer 27 Juil - 17:26


Sweet God ... Why me ?
« God. Please. Kill. Me. Now. »
Dieu. Si un jour je croise ton chemin, permets-moi de t’en coller une. Avec amour, évidemment. Mais gratitude, certainement pas. Je veux dire, je crois que le sort s’acharne. Ce n’est juste pas possible, si ? Moi qui pensais que ces histoires de karma n’étaient que des conneries, je trouve que je cumule en ce moment. Je devais vraiment être une salope dans une autre vie, ce n’est pas envisageable autrement.
C’est tout du moins ce que je pense, alors que ma vision reste bloquée sur les deux … énergumènes qui me font face à présent, tandis que mon fils me lance la moue de « c’est-pas-ma-faute-j’avais-un-alibi-en-béton-armé » qui va de pair avec ses petits yeux brillants et humides. En soit, il a copié la synchro sainte technique de sa mère et, si habituellement je serais fière de lui, j’ai juste envie de me tirer une balle maintenant. Pourquoi fallait-il que ce soit aujourd'hui, à cet instant précis, alors que je suis JUSTEMENT dans la tenue la plus sexy du monde - à ne pas en douter - avec - en prime - les cheveux dynamités et la mine présentement complètement défaite ? Hmmh. Ouais. Karma de merde. Être médusée n’est pas d’ailleurs pas une expression assez forte pour décrire mon ressenti. Je suis juste comme un putain d’ordi ayant un bon Windows de 98 au compteur : je viens de me prendre un cheval de troie dans la tronche, 404 error not found, plantage système, redémarrage. J’en suis pour le moment au troisième stade : me voilà figée comme une abrutie à ne plus pouvoir aligner trois mots le temps que mon cerveau accepte la réalité en face … Car mon adorable bambin (qui sourit désormais comme un petit diable) m’a odieusement trompée. Le vile.
Preuve ultime ? Il me faut me prendre deux remarques dans la tronche pour réussir à rallumer la machine, ce qui, en soit, n’est absolument pas glorieux – pathétique est le mot juste, oui, merci de me le faire remarquer – surtout que je ne réplique pas pour le moment … Pas encore du moins.

« Merde ! »

Enfin, si, je réplique. Mais ce joli mot ne leur est pas destiné, non. Réaction digne d’un oscar, cri sorti du coeur résumant parfaitement la situation, cette injure est offerte à mon pancake qui crame – en voilà un autre qui me laisse tomber, merveilleux. Qu’aurais-je pu dire d’autre ? Je suis longue au redémarrage et il est encore tôt pour moi, okay ? D’un mouvement sec, je fais sauter mon pancake diabolique pour qu’il atterrisse sur l’autre face et, sans plus me soucier de mes invités indésirables, je leur tourne le dos pour reposer la poêle sur le feu tandis que mon fils glousse doucement aux frasques de sa mère.

« Maman, tu as dis un gros mot. »  

Je soupire, sans me retourner ni répondre à mon fils – car de toute évidence je suis pivoine (de honte et d’embarras, hell) et je ne veux pas me donner plus en spectacle pour le moment. Focus Bailey. Ne pas détruire quelque chose dans cette cuisine, même si j’ai grandement envie de frapper un truc, n’importe quoi – le dénommé Eliott d’Arundel serait par ailleurs ma première cible. Pourquoi tant de frustration ? Ma foi, simplement car je sais parfaitement ce que Jack entend par cette phrase si simple qui le fait sourire comme un idiot : il va falloir que je lui donne un dollar, car tel est le deal entre nous.

« J’adore quand vous êtes là, ça me fait plus de sous. »

… Wait. What ? Ne me dites pas que … Oh, bordel. Je me retourne vivement pour fixer Jack, avec mon sourire creepy, une spatule dans la main. Un coté de moi a toujours envie de partir me planquer en courant, mais ce n’est pas le bon moment pour ça : mon coté psychopathe est réveillé. A la place, donc, je regarde mon fils – et uniquement mon fils -, qui se fige alors, en rentrant sa tête dans ses épaules car il sait pertinemment ce que mon regard signifie.
« Jackson Johnson, tu as un problème, et un gros. » Je croise les bras, tapant presque du pied, et il émet une sorte de couinement en réponse, serrant un peu plus les mains des deux hommes qui l’encadrent.
« Désolé M’man. » Mhm. Je hausse un sourcil avant de soupirer. « Tu mériterais que je te chatouille jusqu’à ce que mort s’en suive. Viens ici. »

Ma voix, bien que douce, ne souffre d’aucune contradiction. Il jette ainsi un coup d’oeil aux deux grandes perches avant de leur lâcher la main – nom de dieu, écartez-vous de mon fils, c’est le mien – et venir me voir en traînant presque des pieds. J’ai juste le temps d’enlever mon pancake pour remettre de la pâte dans la poele pendant ce temps, puis de changer de musique car Gimme Gimme Gimme (a man after midnight) d’Abba ne m’aidera pas dans cette situation. Par contre Hightway to Hell d’AC/DC ... Enfin. Je m’accroupis ensuite pour être à sa hauteur, ignorant superbement le reste du monde pendant ce temps.

« J’espère pour toi que tu n’as pas comploté ça contre ta mère. Qu’est-ce que je t’ai déjà dit à propos d’inviter des gens ? »

Il soupire piteusement, puis baisse les yeux. Coupable ? Je dirais que oui.  «Je sais … Pardon. Mais tu sais, c’est pas des gens, c’est Tonton Melou et Tonton Eliott … » ... Urg. Je me retiens de ne pas rouler des yeux ni me pincer le nez. Par pitié ? Bordel de merde, ce môme sera ma perte.
« Mhm. Est-ce que tu leurs as dit bonjour au moins ? » Mayday, mayday. Je suis en train de perdre. Okay, à ma décharge, il est vraiment triste maintenant, et si il y a bien une chose que je ne supporte pas c’est de voir sa bouille de puppy abattu … surtout après deux mois sans le voir.
Cependant, il reprend vite du poil de la bête pour me dévisager et se retourner soudainement vers ‘Tonton Melou’ et ‘Tonton Eliott’ pour leur lancer un « Bonjour ! » retentissant de cuteness. Oh, man. That’s my little boy. Et me voilà sourire tendrement, avant de me rappeler que … hell. I’m not alone. Crap. J’attrape Jack contre moi pour l’embrasser dans le cou puis le reposer, avant d’enfin regarder les oncles terribles dans le blanc des yeux – c’est bon, je suis de nouveau maîtresse de moi-même, je dois à nouveau montrer l’exemple - je suis l'adulte, ici.

« Navrée pour … ça. » Je commence, tout en faisant sauter mon autre pancake – celui-ci, je ne dois pas le laisser cramer – avant de m’humecter les lèvres quelque peu puis froncer un brin les sourcils. Par ‘ça’, j’englobe le fait qu’ils m’aient vu me recouvrir de ridicule, et surtout le juron. Enfin bref. Il ne me reste qu’à fixer particulièrement Eliott – mec, un jour je te ferais ravaler ton petit sourire suffisant, sois en sûr – avant de me mettre à sourire … un sourire déterminé, chafouin qui annonce des problèmes en perspective.
« Quant à la ... vision ... elle n’a rien d’extraordinaire. Je veux dire, j’ai vu mieux qu’une grande perche blafarde en costard plantée dans le salon en guise de réveil matinal. Pardonnez-moi, messire, mais je suis en réalité très déçue. J’aurais préféré trouver un homme un peu plus barbu et viril à la viking, voyez-vous ? Un homme un peu moins … minet, plutôt qu'un remake de film d'horreur. D'ailleurs, vous devriez prendre un peu plus exemple sur votre frère, il est bien plus élégant. »

Je papillonne des cils avec mon sourire ultra cute, avant de pencher la tête, tout en ébouriffant distraitement les cheveux de Jack … qui semble s’amuser comme un fou.
« … Maman un, Tonton Eliott un, égalité. Tonton Meulou, tu joues toi aussi ? » Dieu que j’aime ce gosse, mais pitié que l’ainé reste en dehors de ça. Je souris à mon fils cependant, avant de reporter mon attention sur les deux vampires devant moi, soudainement plus sérieuse – car si ils sont là, ce n’est certainement pas pour partager le petit déjeuner.

« Plus sérieusement. Que puis-je pour vous à cette heure-ci ? Et bonjour, au passage. »

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Message Sujet: Re: Sweet God ... Why me ? Sam 1 Oct - 8:21


sweet god, why us?.
(angelou) ▽ In minor ways we differ, in major we're the same. I note the obvious differences between each sort and type, but we are more alike, my friends, than we are unalike.
HRP: *joueuse qui fait le tapis à vos pieds pour se faire pardonner du retard*


Ne pas s’inquiéter. Telle avait toujours été la réponse d’Eliott. Les deux frères avaient appris, au fil des décennies, que leurs natures étaient profondément différentes, aussi opposées que le jour et la nuit. Ils étaient, en de nombreux points, l’exact inverse l’un de l’autre. Cela ne les avait pas séparés, que du contraire. Mais ces différences radicales de caractère rendaient leurs divergences d’autant plus agaçantes qu’elles étaient irrémédiablement inaccordables. Alors Melchior avait appris la patience. La contemplation ; celle d’attendre le bon moment pour faire valoir son opinion et d’accepter dans les inflexions des décisions de son cadet la preuve discrète et inavouée qu’il avait raison. Alors à la réplique d’Eliott – qui plus que de lui répondre, écartait le sujet sans le résoudre – il répondit par un silence éloquent, ses iris vrillées sur le profil familier de son cadet qui conduisait. Il avait une vague idée de ce qui devait occuper son esprit ; Abigail et le renégat qui avait généré toute cette situation et bafoué l’une des règles les plus élémentaires – jamais les enfants. Ce n’était pas à lui de prononcer la sentence, et il ne le ferait pas. Le pragmatisme froid de Melchior lui suggérait d’éliminer les deux problèmes rapidement, et efficacement. Si Eliott voulait s’amuser, cela n’était pas de son ressort, et l’autorité ultime serait toujours celle que ce dernier détenait.

Un point était certain, et indiscutable : l’enfant et sa mère restaient. Cela était sans doute la raison inavouée de leur présence ici, si tôt, si vite, si soudainement. Si le duo mère-enfant leur filait entre les doigts, les conséquences en seraient dramatiques, et ne leur laisserait d’autre choix que d’éliminer définitivement le risque qu’ils représentaient. C’était du calcul logique pur et simple, et pourtant il avait autre chose, une sensation diffuse et incomprise qui semblait indéfinissable. Il s’était attaché à l’enfant, pour une raison qu’il ne s’expliquait pas. Peut-être, songea-t-il alors qu’une paie de grands yeux d’enfant le fixait dans le silence qui s’alourdissait, peut-être parce que ce regard lui en rappelait un autre, des siècles plus tôt, un qu’il n’avait pas su protéger comme il l’aurait voulu. Secouant cette réflexion hors de ses pensées, il releva les yeux vers Bailey qui semblait, finalement, capable de comprendre la situation et qui tentait d’exercer sur son fils le peu d’autorité qu’elle était capable de rassembler. Melchior n’avait même pas tiqué à la remarque de son frère – l’égo d’Eliott était quelque chose avec lequel il avait appris à composer depuis longtemps, et admettons-le, il n’était pas lui-même des plus vertueux en termes de modestie. Les styles étaient simplement… différents. Ce que sa mère espérait visiblement être une démonstration d’autorité se transforma rapidement en victoire totale de la part de son fils, qui revint vers Eliott et Melchior un sourire triomphal sur les lèvres. Melchior trouverait toujours quelque chose de profondément étonnant au fait que la plupart des enfants qu’il a croisé au fil des années semblaient n’éprouver absolument aucune crainte à leur contact. Lou n’avait pas été différente ; elle l’avait un peu craint, au début, mais pour qui il était, et pas ce qu’il était.

La voix de Bailey qui semblait avoir retrouvé ses moyens en dépit des circonstances l’arracha à ses réflexions, tandis qu’elle avait visiblement décidé d’ouvrir le duel entre elle et Eliott. Melchior retint un rictus sarcastique – elle était en dehors de sa ligue. Non pas qu’il se plaignit de se retrouver exclu de facto de leur petit échange verbal ; il n’avait ni l’énergie ni l’humeur pour s’adonner à ce genre de mesquineries verbales aujourd’hui. D’autant que la jeune femme manquait de la finesse et de l’élégance qui rendait ce genre d’échange normalement savoureux. Le regard de Melchior dévia légèrement vers Jack, retourné près de sa mère, tandis que Bailey se lançait dans une tirade qui compensait son manque d’élégance par une impertinence franche. Melchior releva brièvement un regard amusé vers Eliott, avant de s’approcher doucement de Jack, et d’un geste que des années à éduquer Louise avaient rendu naturel, d’écarter les doigts de l’enfant qui s’intéressait d’un peu trop près à la poêle des pancakes. Il s’accroupit pour être à hauteur du garçon, ignorant le regard courroucé qu’arborait tout enfant à qui on a refusé son caprice. « Je crois que nous devrions les laisser jouer tous les deux. Ils ont l’air de très bien s’entendre, tu ne penses pas ? » Un acquiescement vigoureux de la part de Jack lui confirma qu’il n’était pas le seul à apprécier le spectacle. Bailey soudain sembla retrouver la partie logique de son cerveau, et finalement posa la question qui aurait dû la préoccuper bien plus tôt. Les iris sombres de Melchior croisèrent brièvement ceux de la jeune femme, et il hocha légèrement la tête : « Oh, je vais laisser mon 'minet' de frère la joie de vous répondre. Je m’en voudrais d’interrompre un échange qui part si bien. » Elle n’avait pas la moindre idée de ce qu’elle venait de déclencher, et encore moins de ce dans quoi elle avait, contre son gré il le reconnaissait, mis les pieds.  


(c) AMIANTE




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Sweet God ... Why me ?

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