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 [terminé] Liar, Liar {ft. Gabriel}

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Message Sujet: [terminé] Liar, Liar {ft. Gabriel} Mer 29 Juin - 17:45

terminé

sujet privé; ft. Gabriel

type ❖ présent

date ❖ Seconde semaine de février 2016

informations spatio-temporelles ❖ Nous sommes à TriBeCa, en plein coeur de New York. Il est 22h d'une soirée plutôt fraîche pour un mois de février. Mais le temps est sec et à l'extérieur il y a peu de vent.


intervention du MJ ❖ Non merci^^

Autre ❖ //

© HELLOPAINFUL; revisité par SHADOW



Liar, liar

Kali & Gabriel
« Car si ce n'était que l'enfer et rien de plus. Si c'était tout. Fini. Si les choses finissaient tout simplement. [...] Si seulement nous avions pu faire quelque chose d'assez horrible pour que tout le monde eût déserté l'enfer pour nous y laisser seuls » W. Faulkner
Nouveau regard noir. Le serveur sentant venir l'orage décampa, plateau sous le bras sans plus demander son reste. Satisfaite, Kali reporta son attention sur le verre à moitié vide posé devant elle et observa avec un rien de satisfaction la rondelle de citron se noyer au fond du cuba libre avec une facilité qui n'avait rien de naturelle. Le personnel de l'établissement s'était montré terriblement envahissant et la déesse n'avait pas hésité à les renvoyer avec force regards noirs et menaces silencieuses. Elle n'était vraiment pas d'humeur à se montrer polie et de bonne composition. Certainement pas ce soir. Une atmosphère orageuse en totale opposition avec l'humeur joyeuse et bonne enfant qui régnait dans ce bar où elle avait trouvé refuge. Indifférente à l'air sombre de la déesse, Tribeca s'était ouvert à elle alors qu'elle choisissait un quartier de New York un peu au hasard. Le loft où elle était rentrée après des journées passées à tenter de renouer le contact avec la communauté surnaturelle du New Jersey lui avait semblé désespérément vide et froid. Ce qui n'était pas peu dire quand on avait l'éternité devant soi. Exilée depuis tous ces longs mois, Kali avait eut l'impression d'être complètement déracinée dans ce décor industriel moderne où murs de briques et arches de métal le disputaient aux grandes baies vitrées qui donnaient sur un quartier qui ne dormait jamais vraiment. Après plusieurs semaines, la divinité n'était pas encore certaine de s'être habituée à l'endroit. Un peu comme si elle se sentait encore étrangère dans un univers où bars branchés, galeries et immeubles rénovés se battaient pour le moindre coin de trottoir.

Alors elle était sortie. Se perdre dans la foule pour oublier l'intense sentiment de lassitude qui s'était emparé d'elle. Ce soir elle se sentait terriblement vieille. Elle n'avait pas eut le cœur à affronter la nuit silencieuse qui l'attendait. Pas même l'appel de son atelier n'était parvenu à l'en défaire. Des notes éparpillées y traînaient, souvenir de ses tentatives pour renouer le contact. Elle n'était pas encore parvenue à retrouver de personnalités connues. Un peu comme si l'univers qu'elle connaissait si bien avant de disparaître avait continué à avancer pendant son absence Et on aurait juré que la foule s'était écartée sur son passage, sentant confusément qu'il ne fallait pas déranger la jeune femme solitaire qui avançait d'un pas assuré, l'air sombre, sans se rendre compte qu'une traînée de poudre d'or lui barrait le coin de l’œil droit, vestige de ses activités de l'après-midi. Un tout nouveau Muruga trônait à l'atelier. Flambant neuf et doré avec soin.

Le bar s'était ouvert à elle, un peu par hasard. Et Kali était entrée dans l'ancienne fonderie rénovée, ses arches de fer s'ouvrant sur un espace refait à neuf, le genre de décor à la mode qui pullulait à New York, du faux industriel que des hordes de hipsters viendraient prendre en photo pour le vanter ensuite sur leurs blogs. Isolée dans un coin de la grande salle, près d'une grande fenêtre qui ouvrait sur l'avenue, Kali boudait en silence devant un cocktail qui ne se vidait mystérieusement jamais. Musique branchée, jeunes femmes trop maquillées venues se montrer, posant au bar en affectant l'air blasé des modèles en couverture de magasine, barman au sourire trop éclatant pour être honnête. Kali détestait ce que la société avait fait de cet endroit qui pourtant avait une âme. Fichus occidentaux et leur besoin de détruire tout ce qui leur passait entre les mains pour le reconstruire à leur image. Ce qui ne voulait pas dire qu'elle laisserait le monde courir à sa perte. Ils n'étaient pas les seuls à le peupler et malgré leur égoïsme patenté, elle ne permettrait pas qu'on leur fit du mal.

Pourtant rien n'avait encore filtré. De toutes les lignes qu'elle avait tendues, aucune n'avait donné de réponse concrète. Aucun poisson n'était venu mordre à l'hameçon. A part de vagues rumeurs d'assassinats, Kali n'avait rien entendu qui lui soit utile. Ni établit de contact vraiment important. Elle n'était pas là depuis suffisamment longtemps pour avoir de véritables raisons de s'inquiéter mais la déesse donc les heures étaient comptées commençait à s'impatienter. Et une ombre par dessus son épaule était venu briser ces réflexions moroses. Elle n'était pas spécialement occupée mais n'était pas pour autant obligée de bien réagir à cette interruption. Et elle comptait bien le faire savoir.

« Pas ce soir. » Répliqua-t-elle sèchement avant même qu'on lui adresse la parole et sans prendre la peine de se retourner


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Message Sujet: Re: [terminé] Liar, Liar {ft. Gabriel} Mer 6 Juil - 2:22

ft. KaliLiar, liar« Je me souviens de ce jour comme si c’était hier. Tu étais là, droite, libre, fière, tremblante de rage mais si belle ... La fureur et la peine imprégnaient tes traits tandis que le sentiment de trahison mordait tes chairs ; et j’aurais aimé te dire tant de choses qu’aujourd’hui encore je ne t’avouerais jamais. Pardonne-moi, Déesse, car la lâcheté de mon cœur n’a d’égal en cette terre que ce désir ardent de revoir encore. »



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Message Sujet: Re: [terminé] Liar, Liar {ft. Gabriel} Ven 8 Juil - 17:44


Liar, liar

Kali & Gabriel
« Car si ce n'était que l'enfer et rien de plus. Si c'était tout. Fini. Si les choses finissaient tout simplement. [...] Si seulement nous avions pu faire quelque chose d'assez horrible pour que tout le monde eût déserté l'enfer pour nous y laisser seuls » W. Faulkner
Elle l'avait observé sans rien dire. Avec un rien de curiosité face à celui qui s'était montré suffisamment téméraire pour l'aborder. Ses regards assassins avaient suffit à décourager les moins hardis, ce qui l'arrangeait bien car elle ne se sentait pas l'envie d'avoir de la compagnie ce soir. Qu'allait-elle faire? Ruminer en silence jusqu'à plus soif? Ressasser toutes ces vieilles histoires? Elle l'avait fait trop de fois pour ne pas l'admettre elle-même. A partir de quel moment la déesse était-elle passée maître dans l'art de l'auto-apitoiement? Cinq ans auparavant lorsqu'elle avait fuit l'Amérique pour panser son orgueil blessé et des plaies qui refusaient encore de se refermer totalement? Elle aurait du être plus forte que ça. Plus résistante aussi. Si elle était revenue n'était-ce pas pour régler ses comptes et obtenir réparation? Il n'y avait pas de place pour la faiblesse là-dedans. Elle n'en avait pas le droit.

Mais cet inconnu était parvenu à lui arracher un pincement de lèvres fugitif. Le genre d'expression dont on était jamais bien sûr qu'il masque de l'agacement ou un sourire qui refusait de se montrer. Le son de sa voix l'avait laissée stupéfaite. Car elle avait senti comme quelque chose, un rien de familiarité. Peut-être était-ce l'accent ou le bleu glacé du regard qui lui rappelèrent une autre époque. Mais son discours acheva de voiler son regard déjà bien sombre et le moment passa comme il était venu. On lui avait tenu ces mots tellement de fois qu'elle n'avait pu s'empêcher d'être froissée. Déesse elle l'était, vénérée également. Et Kali n'appréciait pas l'idée que ces paroles obséquieuses aient pu être prononcées à bien d'autres femmes avant elle. Ces mots elle les connaissait bien. Psalmodiés en prière. Murmurés en supplications. Chuchotés à son oreille sur le ton moqueur de celui qui sait qu'elle est sur le point de répondre sèchement, un mince sourire aux lèvres trahissant son amusement face à ces pitreries. Elle n'avait jamais véritablement su ce qui tenait du jeu et de la réalité, trop enfermée dans sa prétendue fermeté pour se laisser aller. Certains murmuraient qu'il s'agissait d'un affreux défaut, que la terrible Kali se prenait bien trop au sérieux. Qu'il paraissait surprenant qu'elle puisse éprouver autre chose que cette colère assassine qui la caractérisait. Mais Kali était née de la colère, la rage était son berceau. Et il venait malgré lui de le lui rappeler.

« Les Américains ont depuis longtemps oublié l'art de parler à leurs dames, gronda-t-elle, et ça me va plutôt bien car je ne suis pas d'ici. »

Était-ce une façon de le congédier ? En tout cas elle n'avait pas laissé paraître grand chose de ces réflexions, affectant son habituelle expression sévère. Dans une autre vie, peut-être se serait-elle permis un écart. Peut-être aurait-elle accepté ce verre un peu comme on accepte un sacrifice. Peut-être. Si elle avait été une humaine lambda. Si elle n'avait pas été prisonnière des circonstances et de ces barrières qu'elle s'imposait toujours. Si tout cela ne lui avait pas rappelé de curieux souvenirs qu'elle  aurait préféré enterrer. Mais elle y revenait toujours. Bien malgré elle. Cet étranger n'y était pour rien et prisonnière de ses propres limites, Kali répétait encore et encore les mêmes scénarios. Comme une automate.

Et son regard s'était posé sur la bouteille de vin, laissée là un peu comme une offrande de paix. Une référence connue qui la renvoyait à une autre époque. Un peu comme si le destin conspirait à la faire revivre ses vieux souvenirs ce soir. Avait-elle vraiment envie de ça? Allait-elle s'enfermer dans son cynisme pour broyer du noir parce qu'elle était incapable de laisser derrière elle toutes ces histoires? N'était-elle pas plus forte que ça? Ca n'était pas pour passer à autre chose qu'elle était de retour? Pour tirer un trait sur le chapitre final de cette histoire qui durait depuis bien trop longtemps? Elle n'était pas une marionnette dont on agitait les fils. Elle aurait voulu croire qu'elle était suffisamment forte pour se débarrasser de cet archétype qui lui collait à la peau. Juste ce soir. Autre chose.

Kali s'était finalement levée. Avait traversé la salle en sens inverse, bouteille à la main sans se départir de cet air de souveraineté. Un peu comme si la scène lui appartenait presque. Comme si elle était trop maîtresse d'elle-même pour céder à un quelconque piège. Et la bouteille avait tinté brusquement sur la table dans un bruit de verres qui s'entrechoquent. La déesse n'avait jamais fait dans la demi mesure. Elle était Kali. Il pouvait s'estimer heureux qu'elle lui accorde son attention.

« Alors dis-moi poète, lança-t-elle avec hauteur, Comment parle-t-on aux femmes là d'où tu viens? Et j'ai entendu beaucoup de monde chanter mes louanges alors tu vas devoir te montrer créatif. Ne me fais pas regretter de ne pas t'avoir congédié comme tous les autres. »

Quelque chose de la déesse transparaissait dans sa voix. Comme pour se donner une contenance. Comme si elle valait mieux que ce décors artificiel et ses figurants tout aussi superficiels et qu'il avait de la chance qu'elle  daigne lui adresser la parole. Le monde aurait beau continuer à tourner, les gens à vivre et à changer, elle en faisait partie, au même titre que tous les autres. Et au fond elle ne voulait pas qu'il en soit autrement. Car ce soir elle n'avait pas envie d'observer les choses depuis l'autre côté du miroir. Ce soir Kali se sentait lasse mais elle venait d'accepter de jouer à un jeu vieux comme le monde.



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Message Sujet: Re: [terminé] Liar, Liar {ft. Gabriel} Mar 2 Aoû - 20:43

ft. KaliLiar, liar« Je me souviens de ce jour comme si c’était hier. Tu étais là, droite, libre, fière, tremblante de rage mais si belle ... La fureur et la peine imprégnaient tes traits tandis que le sentiment de trahison mordait tes chairs ; et j’aurais aimé te dire tant de choses qu’aujourd’hui encore je ne t’avouerais jamais. Pardonne-moi, Déesse, car la lâcheté de mon cœur n’a d’égal en cette terre que ce désir ardent de revoir encore. »
« Les Américains ont depuis longtemps oublié l'art de parler à leurs dames, gronda-t-elle, et ça me va plutôt bien car je ne suis pas d'ici. »

Cette voix, sa voix … La tienne. Une façon de m’ordonner de partir ? Je ne réponds rien à cela, déjà distant. Tu me donnes des informations sur toi, est-ce ta façon de continuer ce jeu que je viens de commencer ? Est-ce ta façon, ma dame, de lancer tes propres dés ? Ou bien tentes-tu me congédier comme les autres ? Tant de sévérité dans tes traits graciles. Oh Kali. Je veux te revoir sourire. La colère et la rage ont toujours été, sur toi, du bel artifice … Mais un sourire te sied bien mieux que cette haine qui te dévore les entrailles. Car tu es toujours aussi belle. Il m’en faut beaucoup pour ne pas te dévorer des yeux, le sais-tu ? Car le faire serait me trahir, ainsi je garde mon sourire pour moi et mes mains contre mes hanches – je suis un gentleman après tout. Je te contemple jusqu’à plus soif, toi et ce pincement d’agacement si charmant qui te sert de sourire. Oh que oui. Tu as envie de m’étriper vif, à présent. Si je le pouvais, je rirais à gorgée déployée, avant de t’embrasser sur le front. Mais je ne peux pas. Non. Alors je prends mes distances après mes piques. Tu redeviens femme de l’ombre, beauté nocturne comme tant d’autres. Je ne te parle plus. Je disparais.

Lentement, je repars à ma table, sans un mot. Je vois ces femmes grimacer aux alentours, chuchoter quelques mots. Je n’y prends pas garde. Elles ne m’intéressent pas. Je m’attends à deux scenarios à présent. Dans le meilleur des cas, tu viens à moi, piquée à vif. Dans le pire … Tu m’oublies. Tant de gens sont passés entre nous, ma divine. Tant de regards croisés, de différences, de prières. Une seconde de séparation est déjà un écart considérable pour ceux qui ne vieillissent pas. Pour autant, moi qui devrait être le premier à passer à autre chose, je me souviens de nos moments comme si c’était hier. Comme gravés dans ma peau, ils sont aussi précieux que le premier matin du monde pour mes frères : des histoires à collectionner, à relire. Je pourrais, d’un caprice, revenir en arrière. Mais à quoi cela servirait-il ? Nous avons fais nos choix, ma belle. Tout du moins, j’ai fait le mien. Viendras-tu à moi ou dénigreras-tu cette bouteille ? Tu ne le sais pas encore mais lorsque tu y toucheras, tu seras déjà perdue, à chercher si le possible est réel. Ah, qu’il me tarde.
Lentement, je m’installe, mine de rien. Je ne te jette pas de coup d’oeil. A quoi cela servirait-il, puisque tu es à nouveau à mes cotés ? Sourire fugace dans mes yeux, éclat mordoré qui embrasent mes prunelles. Tu joues. Tu t’empares de la scène avec ta prestance habituelle, et je contemple le show que tu m’offres avec cette impatience enfantine qui me caractérise. Je veux la suite.
Je relève les yeux vers toi, agréablement surpris – je suis un acteur, tout du moins, je fais mine et tu n’en sais rien – sans penser une seconde que je viens d’ouvrir la porte de la cage au majestueux tigre. Ta voix claque, impératrice, ordre déguisé. Si c’était moi, réellement, tu me tuerais. Tu ne te laisserais pas prendre au piège. Quoi que. Peut-être ?

« Là d’où je viens ... » Je commence pour ne pas te rendre impatiente, tout en plongeant mes prunelles bleu dans les tiennes sans sourire « On ne parle pas. » Je la fixe, penchant la tête, lentement, avant de me détourner pour prendre la bouteille et faire sauter le bouchon pour la servir en premier. « Là d’où je viens, on murmure une prière en s’agenouillant devant la beauté du monde, et si elle nous accepte, alors ... » Je verse le vin sanguin dans le verre, avant de lui tendre son verre, galant, puis. « On se laisse chevaucher sous la lune pleine. » Est-ce une invitation ? Oui. Non. Pas vraiment. L’idée n’est pas de toucher ta peau à nouveau – car je me trahirais instantanément. Le but est, avant toute chose, de voir où tu en es restée. Ce que tu as appris. Ce que tu désires, plus que tout au monde. Car si tu es là, c’est que tu as un plan. Et si le mien était de rester mort, il vient de se modifier intégralement. Je te souris, doucement, prudent, avant de me servir moi-même quelque peu et terminer ma diatribe poétique – que je n’invente pas d’ailleurs, tout n’est que vérité ici. « Dans mon pays, les hommes prennent ce que leurs femmes leurs donnent avec passion et gratitude. Les mots ne sont pas forcément nécessaires, mais lorsqu’ils sont émis, ils sont promesses faites au firmament. Si jamais nous la trahissons ... La mort serait la solution la plus agréable à nos yeux. » Je souris pour de bon cette fois-ci, mystérieux, tout en me recalant dans mon siège en t’invitant, d’un geste, à t’asseoir là où bon te souhaite. C’est ainsi que j’aurais dû te traiter, ma belle. C’est ainsi que j’aurais dû t’aimer : plus que le reste. Nous partageons les tords, à ce sujet. Mais, plutôt que de voir ce dialogue comme une tentative désespérée, peut-être, avec le recul, comprendras-tu qu’il s’agit là de notre véritable rupture. Ma voix te murmurant pardon, pour le mal que je t’ai fais, et la promesse que je ne laisserais personne te tuer.
« Et vos hommes ... Comment font-ils, dans votre pays ? »
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Message Sujet: Re: [terminé] Liar, Liar {ft. Gabriel} Dim 21 Aoû - 13:37


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Kali & Gabriel
« Car si ce n'était que l'enfer et rien de plus. Si c'était tout. Fini. Si les choses finissaient tout simplement. [...] Si seulement nous avions pu faire quelque chose d'assez horrible pour que tout le monde eût déserté l'enfer pour nous y laisser seuls » W. Faulkner
Les dés étaient jetés et la situation se déroulait avec tellement de naturel que la déesse ne pouvait s'empêcher de se demander si les règles n'avaient pas été énoncées à l'avance. Oh elle avait depuis longtemps passé le stade de croire à la destinée, elle en savait bien trop pour ça mais ce grand ballet bien ordonné manquait singulièrement de fausses notes. Et celle qui s'était défaite de sa méfiance se demandait si quelqu'un quelque part n'était pas en train de se jouer d'elle. Riant bien de voir la grande Kali s'adonner aux petits jeux des mortels. N'y avait-elle pas joué toute sa longue vie ? Pourquoi sinon se serait-elle mêlée à la foule des humains ? Elle n'aimait guère qu'on l'associe aux Hommes mais il y avait des moments qu'elle avait su apprécier pour ce qu'ils étaient, loin de la gravité et du sérieux de ce qu'avait été sa vie de déesse. Elle eut la vision fugace de vieux souvenirs, quelques scènes d'apparence banaleS, des paroles échangées, des moqueries, des regards qu'elle avait croisés par le passé, d'autres qu'elle avait trop bien connus. Mais Kali secoua discrètement la tête, comme pour chasser le passé et revenir au présent.

Leurs regards se croisèrent par dessus la table en même temps qu'il lui tendait son verre et ils s'observèrent, elle amuséE de son long discours. Kali n'avait pas rit, elle s'était juste permis un sourire. Il y aurait toujours quelque chose qui la retiendrait, comme des entraves qui l'empêcheraient d'être totalement libre. Il y avait eut un temps où on les lui avait ôtées pour elle, comme si ses mains plus agiles étaient parvenues à défaire les liens dont elle s'était parée et d'autres choses encore. Dans sa façon d'être toujours fantasque et trop moqueur. Il y avait eut quelque choses dans ses non-dits qui avait eut bien plus d'effets que la plupart de ses plaisanteries. Un drôle de langage fait de regards et de gestes qui se dissimulait derrière leurs disputes et leurs éclats de voix. Quelque chose qui n'avait appartenu qu'à eux. Et puis tout avait volé en éclat pour des raisons stupides. Trahisons et mensonges avaient fait le lit d'une faille qu'elle n'était jamais parvenue à combler. Et maintenant il était trop tard.  Et malgré elle la déesse s'était laissée bercer par ses paroles, se rappelant de vieilles histoires pour toujours disparues. Là d'où elle venait la vie était bien plus terrible.

« Là d'où je viens on regarde les femmes avec révérence. Chaque mot à son importance, chaque geste. Là d'où je viens on est avare de mots mais ceux que l'on se permet ont bien plus de poids que toutes les déclarations. Et la moindre erreur peut vous être fatale. Les femmes de mon pays sont belles mais dangereuses. Et elles ne saurait accepter le moindre écart. Pour une trahison elles vous tuerait de leurs propres mains. »

Elle s'était penchée vers lui, s'appuyant sur la table et lui dédiant un regard de connivence comme si elle venait de lui révéler un secret ancien et précieux.  Et sa main s'était tendue vers lui pour effleurer sa poitrine de ses doigts, un geste vite disparu. Quelques secondes d'inattention et vous auriez pu penser l'avoir imaginé. Kali éprouvait un drôle de sentiment d'étrangeté à se trouver là, à converser avec un inconnu, comme une mortelle qui se laisserait approcher, comme si c'était quelque chose de naturel. Un jeu vieux comme le monde, ces verres entre eux en guise d'offrande. Et elle s'EN était saisie, comme pour camoufler son geste, l'observant par dessus le rebord. Le vin avait le parfum des vieux souvenirs, une saveur douce-amère qui réveillait en vous des images effacées par le temps .

« Juste le temps d'un souffle, murmura-t-elle pour lui, imaginez que vous sentez son cœur juste sous votre main qui bat la chamade, sa peau sous vos doigts. Vous vous trouvez au bord du précipice, prêt à tomber et elle vous poignarde juste là , sans prévenir. Et après il est trop tard. »

Et son regard s'était voilé. Parce que parler de cela se révélait un peu trop personnel et proche de la vérité. Parce que ça lui évoquait quelque chose qu'elle préférait de loin ignorer. Une histoire qui lui rappelait un peu trop ses erreurs et ses propres défauts. Mais elle n'avait pas tord sur un point, les choses de l'amour pouvaient se révéler fatales. Vous ne vous méfiiez de rien et avant de pouvoir réagir, vous vous sentiez entraîné par le fond sans pouvoir rien faire. C'était un peu comme donner à quelqu'un les armes et la permission de vous faire du mal, lui révéler votre unique point faible. Comme courir à sa perte et en redemander encore.

« Mais les hommes là d'où je viens n'ont pas peur. Et j'en ai connu qui n'ont pas hésité à m'affronter malgré tout. Ou peut-être étaient-ils inconscients et fous n'est-ce pas ? Les choses choses de l'amour sont belles mais terribles vous ne trouvez pas ? On n'est jamais aussi heureux que lorsqu'on court le risque d'être blessé en retour. Et vous ? Etes-vous un être craintif ou un fou inconscient ? »



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Message Sujet: Re: [terminé] Liar, Liar {ft. Gabriel} Ven 7 Oct - 13:23

ft. KaliLiar, liar« Je me souviens de ce jour comme si c’était hier. Tu étais là, droite, libre, fière, tremblante de rage mais si belle ... La fureur et la peine imprégnaient tes traits tandis que le sentiment de trahison mordait tes chairs ; et j’aurais aimé te dire tant de choses qu’aujourd’hui encore je ne t’avouerais jamais. Pardonne-moi, Déesse, car la lâcheté de mon cœur n’a d’égal en cette terre que ce désir ardent de revoir encore. »

Tu vaux tellement plus que ce que je t’ai offert. Est-ce pour cela que tu as pris Baldr ? Ce nordique avait-il plus de prestance que ma personne ? Etait-il plus tendre ? Plus respectueux ? Il semblait ennuyeux à mourir. Ai-je été jaloux ? Oui. Et pire que tout, je ne regrette pas sa mort, même si tu as certainement pleuré sa disparition. L’as-tu réellement aimé ? Etait-ce une façon de me punir d’un caprice ?

« Là d'où je viens on regarde les femmes avec révérence. Chaque mot à son importance, chaque geste. Là d'où je viens on est avare de mots mais ceux que l'on se permet ont bien plus de poids que toutes les déclarations. Et la moindre erreur peut vous être fatale. Les femmes de mon pays sont belles mais dangereuses. Et elles ne sauraient accepter le moindre écart. Pour une trahison elles vous tueraient de leurs propres mains. »

Tu m’offres plus qu’une réponse satisfaisante. Ainsi est-ce ainsi que tu penses. Et alors que tu te penches, murmurant ces doux mots en me fixant des yeux, mes propres iris t’enlacent avec dévotion. Alors que tu effleures ma poitrine, mon sourire se fait tendre, et il me faut toute ma force pour ne pas caresser ta joue – soie contre ma paume. Tu ne le permettrais pas. Alors je me contente de m’abreuver de tes mots, déesse, et de les graver dans ma poitrine millénaire. Je me contente de laisser les souvenirs emporter ma carcasse d’immortel une seconde, puis de fermer les yeux et sourire, méditant tes sages paroles. C’était ainsi que tout à commencé, entre nous. Un vif échange, rien de plus que quelques vers. Un jeu humain parfait à notre échelle. Si tu avais su l’avenir, te serais-tu laissée tenter ?
« Vous en parlez comme si vous l’aviez vécu. » Sourire fugace sur mes lèvres, amusé, joueur, avant de reprendre mon sérieux.

Je rouvre les paupières pour la fixer, mes yeux bleus devenant ambrés pour de bon, criant son nom, la berçant dans leurs dorures quelques secondes, le temps d’un songe, comme dans les contes. Ma voix, calme et douce, chaude, l’enveloppe à nouveau, d’un sourire chafouin – celui qu’elle aimait. Je change de plan, radicalement, bien qu’elle ne le comprenne peut-être qu’à la dernière minute. Qu’importe. L’évident est là … Oh, ma belle, mon amie, mon amour. Comme tu as souffert. C’est pour tout cela que je laisse tomber le masque à demi, sans toutefois reprendre mon apparence, mais par respect. « Je pense pouvoir dire être fou, ma dame. Si je ne l’étais pas, je ne serais pas ici. Mais je ne suis ni inconscient, ni craintif … Quoi que ? Non. Ce serait mentir. A vrai dire, j’ai peur pour celle que j’ai laissé, il y a longtemps. Je me suis laissé poignarder par elle. Parce que j’avais triché. Parce que je l’avais trahie, d’une certaine manière. Mais je ne pouvais mourir à ce moment, j’avais sa vie à sauver – dans un rare moment de courage, je l’admets. Elle ne le savait pas encore. Elle le saura bientôt. Mais parce que c’est elle, lorsque le temps sera venu, je la laisserais recommencer. Cette fois, il n’y aura pas d’artifice. Il n’y aura pas de belles paroles. Il n’y aura pas de geste héroïque. Il n’y aura que ses yeux et l’univers, il n’y aura qu’un sourire sur mes lèvres et la fin m’enveloppant. Parce que je l’ai aimé, sincèrement. Et même si c’est fini aujourd’hui, parce qu’elle a traversé mon ciel telle une magnifique comète furieuse, je ne regrette aucun moment. »

Je la contemple, avec tendresse, avant de sourire à nouveau, triste, désœuvré, puis me reculer et porter le verre à mes lèvres. Je te demande pardon pour le mal commis, Kali. « La plus belle preuve d’amour qu’elle pourrait m’offrir est celle de se reprendre. Qu’elle me pardonne ou non n’a pas d’importance. Mais je veux la voir telle que je l’ai connue : terrible combattante, entière et ferme. Je veux la voir se battre pour la vie comme elle sait si bien le faire. Mais qu’elle se préserve. Par la grâce des Dieux. Qu’elle se préserve. » Je repose le verre avant de pencher la tête, me reprenant, curieux désormais, redevenant léger. « Et vous, ma dame, avez-vous connu l’amour ? L’avez-vous perdu ? Mais je deviens indiscret, pardonnez-mes questions. En voici une, plus légère. Avec le temps, pardonneriez-vous à un homme qui vous a aimé et vous a fait du tord, ou seriez-vous comme celles de votre pays, implacable en donnant la mort ? »

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Message Sujet: Re: [terminé] Liar, Liar {ft. Gabriel} Mar 1 Nov - 12:16


Liar, liar

Kali & Gabriel
« Car si ce n'était que l'enfer et rien de plus. Si c'était tout. Fini. Si les choses finissaient tout simplement. [...] Si seulement nous avions pu faire quelque chose d'assez horrible pour que tout le monde eût déserté l'enfer pour nous y laisser seuls » W. Faulkner
Le sourire qui vint se dessiner sur ses traits avait quelque chose d'amer et si Kali avait pu elle aurait probablement éclaté de rire. Pour elle, pour eux et les mauvais choix qu'elle avait pu faire. Cette histoire était depuis longtemps morte, il n'en restait plus que quelques bribes éparpillées ici et là, vestiges de leurs erreurs trop nombreuses. Mais cette histoire, chacun la connaissait à sa façon, déclinée en une infinités de versions et de détails. Parce que ce sentiment cruel n'était rien d'autre que la plus belle supercherie de l'histoire. Un bien superflu dont on avait réussi à vous faire croire qu'il était indispensable. Inutile mais terriblement dangereux. Un piège à loup se refermant sur votre mains pour y laisser des cicatrices indélébiles.

« La trahison est le plus grand hold-up de l'histoire de l'humanité. Nous savons à quel point c'est dangereux mais nous nous y soumettons toujours. Peu importe les conséquences» Répondit-elle, un rien mordante

Et le prix à payer était bien élevé pour si peu. Demandant trop de sacrifices auxquels la déesse refusait de se soumettre. Elle se savait prisonnière de bien des chaînes. L’orgueil, la colère, l'appel de la vengeance et du sang. Mais de ça elle ne se rendrait pas coupable.

Flash au fond de son regard. Et si elle n'en dit rien, Kali se figea imperceptiblement, comme frappée par la foudre. Ca dura si peu de temps, une étincelle fugace si vite disparue qu'elle aurait pu se convaincre de l'avoir imaginée. Réveillée par de vieux souvenirs qu'elle avait tenu enfermés depuis bien longtemps, poussiéreux et à demi effacés. L'incompréhension, le doute et enfin la colère. Son regard se fit méfiant et la tension monta d'un cran alors qu'elle l'écoutait lui répondre. C'était inconcevable n'est ce pas ? Impossible puisque cela aurait voulu dire qu'elle avait agit pour rien. Des années d'errance et de questions sans réponse pour un simple mirage. Après tout, n'avait-il jamais été que cela ? Une vision montée de toute pièce et arrangée par un artiste joueur et créateur de mensonges ? Tant qu'il avait fini par oublier la fine frontière entre l'imaginaire et la réalité. Et elle, Kali s'était laissée prendre au piège, aveugle et sourde alors qu'elle aurait du le pressentir. Savoir qu'il s'agissait d'une terrible idée.

« Dites moi que je me trompe. » Chuchota-t-elle vibrante de rage

Pluie de verre brisé et le vin du souvenir se répandit sur la table en vagues pourpres . Mais Kali n'en avait que faire, elle s'était déplacée, silencieuse comme une ombre au milieu des mortels insouciants. Penchée vers lui, la colère au fond du regard, elle l'avait longtemps observé, recréant de vieux souvenirs à partir des bribes qu'elle avait cru percevoir. S'était-elle laissé emporter, poursuivant un songe ? La situation, ses paroles, tout était presque trop bien agencé pour qu'elle y croit. S'était-elle laissée berner encore ? Le fil était trop ténu pour qu'elle s'en saisisse maintenant et sa colère trop instable, orage qui avait réduit en poudre fine le verre fumé et éparpillé le vin.

« Elle a affronté bien trop de difficultés et de menaces pour s'avouer vaincue aussi facilement, acheva-t-elle la voix tranchante, elle a tenu tête à plus dangereux et plus fort qu'elle, sacrifié bien trop pour survivre et s'est perdue tant de fois qu'elle ne fermera pas les yeux maintenant. Si vous la connaissez véritablement, vous savez que sa volonté est inébranlable et sa soif de justice trop forte pour être étanchée aussi facilement. »

Les frontières étaient brouillées. Chacun ne s'adressait plus vraiment à l'autre, sans pour autant savoir si leurs paroles seraient entendues. Lui répondait-elle réellement ou se parlait-elle à elle-même, à la recherche d'un vieux souvenir ? La rage d'antan était de retour et Kali la Noire en quête de réponse. L'humiliation et la rage étaient trop récentes pour s'apaiser en quelques secondes, les failles encore beaucoup trop fraîches.

« Le pardon se mérite, souffla-t-elle, et je n'admettrais d'autre prix que celui du sang. Je ne suis pas n'importe qui. On me craint et on me vénère, je ne tolère pas la trahison et le mensonge. J'étais reine, j'ai posé ma couronne à ses pieds et j'ai été punie de ma faiblesse plus que ce que j'aurais du. Je ne reproduirait plus cette erreur. S'il vient à moi il devra s'attendre à payer le prix de son repentir. »



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Message Sujet: Re: [terminé] Liar, Liar {ft. Gabriel} Ven 16 Déc - 23:38

ft. KaliLiar, liar« Je me souviens de ce jour comme si c’était hier. Tu étais là, droite, libre, fière, tremblante de rage mais si belle ... La fureur et la peine imprégnaient tes traits tandis que le sentiment de trahison mordait tes chairs ; et j’aurais aimé te dire tant de choses qu’aujourd’hui encore je ne t’avouerais jamais. Pardonne-moi, Déesse, car la lâcheté de mon cœur n’a d’égal en cette terre que ce désir ardent de revoir encore. »

Quel jeu dangereux que voilà. Etais-je devenu fou, ou simplement suicidaire ? Ni l’un ni l’autre. Je souhaitais juste qu’elle m’écoute. Et peut-être, il fallait l’admettre, jauger sa rancœur. On ne changeait pas le passé. On ne pouvait que faire avec le présent, et tenter d’améliorer le futur – c’était là ce que m’avait appris ces bipèdes capricieux et fascinants. Intimement qui plus est, je sentais qu’elle risquait d’avoir à nouveau besoin de moi très bientôt. Enfin. En attendant, je l’écoutais à mon tour, tandis qu’un sourire mi figue mi raisin se peignait sur mes traits. La trahison … Un hold-up ? J’aurais plutôt dit le sentiment d’amour. Mais l’un était souvent secondé par l’autre après tout.
Je ne dis rien de plus pourtant, la sentant se tendre, goûtant sa méfiante sur ma langue comme je pouvais apprécier la dizaine de saveurs du vin dansant sur mes papilles. « A quel sujet ? » Finis-je toutefois par répondre, la fixant dans les yeux. Avait-elle percé mon secret à jour ? Cela n’aurait pas été difficile. Aurais-je réellement voulu être invisible, après tout, je n’aurais pas autant joué. Au final, en y réfléchissant … Je souhaitais être pris sur le fait. Je souhaitais la confronter face à face, mais mieux valait-il y avoir des témoins, pour notre propre sécurité individuelle. Cela ne l’empêcherait pas de se mettre en colère. Simplement se contiendrait-elle. Et si cela ne m’empêcherait pas d’être lâche … J’éviterais de disparaitre comme je le faisais. Comme je l’avais toujours fait.
Mon sourire doux et triste disparu à la seconde même où le verre se brisa, laissant l’effluve rouge et parfumer lécher la nappe de la table. Le monde nous regardait mais c’était elle que je fixais, calme, mon verre toujours entre les mains, figé dans ce mouvement emplit d’une grâce certaine, presque divine. De la où elle se trouve à présent, je pourrais presque l’embrasser. Penchée vers moi, elle appelle les trop nombreux souvenirs que nous avions eu, bons comme mauvais.
« Je le sais. Et je resterais toujours admiratif de sa façon d’agir. Sa façon d’être. La leçon qu’elle donne au monde est si belle, que je me désole chaque jour de ne pas avoir compris plus tôt. Elle est plus courageuse que je ne le serais jamais … Et c’est pour cela que j’ai peur de la perdre pour de bon. » Je chuchote en réponse, sérieux cette fois. Je pose mon verre sur la table, d’un geste doux, lent, sans la quitter des yeux. Le message qu’elle m’offre est clair. Celui que je lui renvoie ne saurait plus mentir. Je ne parle pas ici d’amour. Je parle d’un être à un autre car, si notre amour a été et n’existe clairement plus aujourd’hui, elle reste un être d’exception auquel je me suis attaché. J’ai affronté Lucifer pour la sauver. Même si je l’ai également fait pour les Winchester, je ne l’aurais pas laissée mourir si facilement, bien que je sois lâche de nature. Je suis également fourbe. Mes propres frontières se réécrivent sans cesses.

Par la suite, je me redresse quelque peu, m’approchant de son visage. Je pourrais partir maintenant. Je pourrais disparaître, d’un claquement de doigt, sans problème. Voudrait-elle me piéger, il lui suffirait de m’écorcher et prendre mon sang … Mais elle ne le fera pas. Pas ici. Pas comme ça. Doucement, j’effleure finalement ses traits, sa joue – un geste tant de fois répété autrefois, tendre et nostalgique, avant de me recaler dans ma chaise, le bras pendant désormais à mes cotés, inerte, brûlé par ce contact. Les règles sont faites pour êtres transgressées. Elles doivent l’être. Aujourd’hui plus que jamais. «Tu seras toujours reine, Chamunda. Et j’accepterais ton prix lorsqu’il me faudra le payer. Tu te trompes cependant sur une chose. » Un sourire fini par orner mes lèvres, et de nouveau l’éclair d’or jaillit dans mes yeux, sans pour autant que mon aura ne se manifeste, ma voix se faisant simplement plus profonde, comme une prière. « Ce n’était pas ta faiblesse. C’était ta plus grande force. » Je soupire ensuite, avant de reprendre mon verre et terminer la dernière lampée, avant de reculer ma chaise. J’ai tant de choses à lui dire. Tant encore, à écouter. Mais sera-t-elle d’humeur ? Sûrement faudra t-il nous battre. En ai-je envie ? Non. Je n’avais jamais aimé ça. Regarder. Rire aux dépends des autres. Mais me trouver en première ligne pour me faire attraper … C’est pour cela qu’il me faut changer mes habitudes. N’est-ce pas ce que j’ai fait ce soir ? Ne viens-je pas de me livrer ? Je recule ma chaise, sans un mot de plus, tandis que les conversations autour de nous reprennent, et c’est ainsi que je brise cette presque étreinte, embrassant sa fureur du regard sans plus la toucher … reprenant l’apparence que j’avais à l’arrivée. Celle d’un simple humain, qui pourtant ne trompera plus personne ayant les clés du secret. « A vous de me dire ce que vous souhaitez au plus profond de votre coeur. Nous pouvons continuer cette soirée ailleurs, comme je peux tout bonnement disparaître si je vous ai de trop offensé. » Accepteras-tu ma présence ou tenteras-tu de me décapiter ? Je cherche encore la réponse à cette question, je cherche encore les limites à notre histoire éparpillée. Non plus pour la recoller. Mais pour la terminer.
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Message Sujet: Re: [terminé] Liar, Liar {ft. Gabriel} Mar 27 Déc - 9:06


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« Car si ce n'était que l'enfer et rien de plus. Si c'était tout. Fini. Si les choses finissaient tout simplement. [...] Si seulement nous avions pu faire quelque chose d'assez horrible pour que tout le monde eût déserté l'enfer pour nous y laisser seuls » W. Faulkner
Ses lèvres se pincèrent au contact de ses doigts sur sa joue. L'espace d'une seconde, si elle avait permis que sa vigilance se relâche, elle aurait presque put se croire des siècles auparavant, à une époque où ce simple geste n'était pas alourdi par le poids de la rancœur et  des regrets. A partir de quel moment la situation avait-elle dérapé ? Quand avait-elle perdu le contrôle pour se plonger dans cette quête sans fin, refusant de s'arrêter une seule seconde, quitte à se perdre elle-même ? A une autre époque les choses avaient été bien plus facile, bien plus claires. Et la divinité, plongeant ses yeux dans les prunelles mordorées retint une réaction de colère. Pas ici, pas devant les mortels. Elle aurait voulu laisser libre court à sa rage, exploser dans une tourbillon de rancœur, tout brûler dans une formidable explosion qui aurait rasé les lieux en un clin d'oeil. N'importe quoi qui aurait pu mettre un terme à tout ça.

«  Tu n'aurais pas osé, murmura-t-elle, pas après tout ça ? »

Il n'y avait plus vraiment de jeu maintenant. Et leurs mensonges sonnaient faux bien qu'ils s'accrochent encore malgré tout aux masques dont ils s'étaient parés avant que toute cette mascarade ne débute. A partir de quand avaient ils abandonné les faux-semblant ? La colère lui brûlait les doigts, mêlée à quelque chose de plus ténu. De l'incompréhension, de la stupeur et un peu de douleur, caché juste là. Elle était restée aveugle et sourde tout ce temps alors qu'elle aurait dû s'en rendre compte. C'était tellement évident. Et bien des mois plus tard, Kali se mordait les doigts de s'être laissé blesser par un deuil qui n'avait pas lieu d'être. Il était hors de question qu'elle en parle, hors de question qu'elle l'admette. Trop fière pour faire étalage de ces longs mois qui avait en précédé son retour en Amérique. Elle avait préféré se jeter corps et âme dans cette nouvelle bataille qui approchait mais au fond elle avait juste fermé les yeux sur tout le reste pour ne pas le voir. Comme si ça aurait pu tout faire disparaître.

« Si j'étais si forte que ça je ne me serais pas laissé abuser par ces mensonges, répondit-elle acide, j'ai vraiment été crédule. »

Lorsqu'elle se leva, son siège grinça dans un grondement funèbre. Elle aurait voulu partir, ne plus se retourner et faire comme si rien n'était arrivé. Fermer les yeux sur ce qu'elle venait de comprendre et faire mine de ne rien savoir. Car cette conversation, si elle continuait encore, allait laisser des traces sur lesquelles aucun d'entre eux ne pourrait revenir. Et elle était à deux doigt de le faire, lui tourner le dos pour ignorer sa proposition. Partir loin d'ici, quelque part où elle n'aurait pas à se rappeler qu'elle s'était montrée stupidement naïve. Mais quelque chose l'en empêcha. La déesse se figea, prête à disparaître. Voulait-elle vraiment continuer ainsi ? S'enfoncer encore et encore dans une histoire qui ne trouvait pas de fin ? Peut-être valait-il mieux terminer là ce chapitre interminable ? Lui apporter cette fin qu'elle n'avait pas su atteindre jusque là ? Aussi insupportable soit-elle. Alors elle sorti sur un signe de la tête, sachant qu'il répondrait à son appel. Il lui devait au moins ça.

« Suis moi. »

Ses doigts effleurèrent son bras, sachant qu'il comprendrait sa demande implicite. Et dans la quiétude du soir, deux silhouettes anonymes s'effacèrent sans que personnes ne s'en rende compte, disparues sans bruit. Le décor familier de son loft se dessina sous ses yeux. Ce dernier affrontement elle le mènerait sur son propre terrain. Sans pouvoir lui accorder le moindre regarde, Kali lui tourna obstinément le dos, bras croisé dans une attitude de défi, les yeux fixé sur la grande baie vitrée qui s'ouvrait sur un Manhattan plongé dans les ténèbres.

« Qu'ont écrit les mortels à ce sujet déjà ? N'est pas mort ce qui à jamais dort? Je te laisse une seule chance de me dissuader de te brûler vif ici-même sans t'avoir écouté, répondit-elle glaciale, cela ne servirait à rien puisque tu t'ais fais une spécialité ne pas le rester bien longtemps mais se serait terriblement satisfaisant. »


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Message Sujet: Re: [terminé] Liar, Liar {ft. Gabriel} Ven 6 Jan - 6:26

ft. KaliLiar, liar« Je me souviens de ce jour comme si c’était hier. Tu étais là, droite, libre, fière, tremblante de rage mais si belle ... La fureur et la peine imprégnaient tes traits tandis que le sentiment de trahison mordait tes chairs ; et j’aurais aimé te dire tant de choses qu’aujourd’hui encore je ne t’avouerais jamais. Pardonne-moi, Déesse, car la lâcheté de mon cœur n’a d’égal en cette terre que ce désir ardent de revoir encore. »

L’attente est la pire des choses existantes lorsque l’on est aussi âgé que je ne le suis. Il s’écoule lentement, seconde par seconde, et semble se répéter inlassablement. Toujours les mêmes gestes. La même routine. La même rengaine ennuyeuse à mourir. C’est ce que je fuis, ce que je m’efforce de changer depuis que je suis sur Terre, mais parfois cela ne suffit pas. Cette fois ci est différente pourtant. Si je fuis le temps, c’est simplement car l’excitation me ronge la poitrine : ainsi me voici à devoir attendre sa réponse, calmement en apparence, bouillonnant derrière la chair dont je suis me paré pour pouvoir tenir debout. Avec délectation mêlé de peine je vois ses traits changer, se modifier, se sculpter peu à peu – elle m’en veut, plus qu’il ne serait permis, maintenant qu’elle sait. A sa question, je ne puis que lui offrir un sourire, léger, tendre, navré – car là encore, la réponse a déjà été formulée. J’avais osé, oui. Mais n’est-ce point à cela que l’on me reconnait ? Et, plus important encore, est-ce si désagréable à ses yeux de me savoir en vie ? Il s’en était réellement fallut de peu à l’époque, et je saluais une nouvelle fois mon ingéniosité, bien qu’avec certains regrets – encore. Il ne fallait pas qu’elle sache. Personne ne le devait, aussi bien pour ma propre sécurité que pour celle des autres.
« Je ne pouvais pas courir le risque de te prévenir. »
Maigre excuse, pourtant sincère. L’aurait-elle su, n’aurait-elle rien pu faire, outre tenter à son tour de m’écharper vif, et je n’étais ni en état, ni d’humeur à me battre contre elle alors. Je fronce pourtant les yeux à sa seconde remarque, avant de soupirer, doucement. Elle avait raison pour le coté crédule. Mais qui ne s’était pas laissé prendre au jeu ? J’étais le roi de la fourberie, c’était la mon métier, pour le meilleur comme pour le pire – bien qu’avec elle, lorsqu’il s’agissait de sentiments, je n’avais pas menti. Ni même triché. J’avais découvert l’amour humain, si je puis dire, dans ses bras et cela m’avait autant remué, bluffé, touché et détruit et que cela m’avait transporté. Galvanisé. De toute mon existence, moi qui n’avais connu que l’amour fraternel divinisé, j’étais capable d’autre chose. Et en un sens, j’avais enfin le choix de mon père, enviant presque ces humains, plus libres que nous ne le serions jamais. Mais était-elle prête à m’écouter déblatérer ce genre de choses ? Rien n’était sûr. Pour ne pas dire non.
« Ce n’était pas que des mensonges. »
Je secoue doucement la tête, la fixant toujours, tandis que son siège grince. Allait-elle partir ? Allait-elle s’éloigner, sans plus un mot ? La curiosité me brûlait les ailes, l’espoir gonflait ma poitrine – je ne voulais pas finir cela ainsi, mais si c’était ce qu’elle souhaitait … Pour une fois, je délaissais mon égoïsme, prêt à tout accepter venant d’elle – car outre le fait que je lui devais cette faveur, elle réussissait à me surprendre comme à nos débuts, activité inédite oubliée. Un sourire reconnaissant vint faire frémir mes lèvres alors que je répondais à son invitation, laissant sur la table assez d’argent pour réparer les dégâts causés, me levant dans un silence quasi religieux, sortant à mon tour souplement, dans un bruissement d’ailes, la laissant prendre les devants.

Bien sûr, j’aurais pu nous téléporter moi-même n’importe où. Sur la Lune elle-même si elle l’avait voulu. Mais c’était à elle de mener la danse, c’était à moi de pousser la porte qu’elle acceptait de m’ouvrir. Poser un genou à terre et attendre qu’elle me dise d’entrer.
Le décor se dessina et je pris le temps de l’observer, sentir les effluves, absorber les couleurs. C’était tellement elle. Son essence était présente dans chaque dessin, chaque forme, et la première chose qui me frappa fut le manque qu’elle éprouvait pour son pays natal. Je me détournais par la suite de ce monde doré et chaud pour poser mon regard sur elle, un nouveau sourire doux et amusé dans le regard tandis qu’elle me boudait comme une enfant. Je me fis violence pour ne pas l’attraper pour la prendre dans mes bras et l’embrasser dans le cou – car à une époque, c’est que ce que j’aurais fais, rieur. Comme cette époque me semblait loin à présent. Comme elle me semblait proche pourtant. Alors, puisque je ne la touchais pas, je laissais mes pouvoirs se manifester, reprenant mon apparence habituelle. Diminué par la grandeur, je ne l’étais pourtant pas par ma grâce, l’ombre de mes ailes s’étendant désormais sur sol tandis que je contemplais la courbe de son dos que j’avais tant aimé caresser autrefois, ignorant la vue merveilleuse que le Manhattan de nuit pouvait offrir tout en concentrant sur ses paroles.
« Ce n’est parce que l’hiver est présent et plonge le monde dans les ténèbres froids que le printemps cesse d’exister pour autant. » Je murmure, avant d’inspirer, doucement. Nous y étions. Gabriel et la sincérité, dernier acte. « Il n’y a rien qui pourrait excuser mes gestes, nous le savons tous les deux. Toutefois ... J’étais sincère pour mes sentiments et je le suis encore. Mes tours de passe-passe, mes mensonges sur qui j’étais n’étaient là que pour me protéger – et paradoxalement, vous protéger vous. Aurais-tu su plus tôt, tu ne m’aurais jamais laissé de chances, et pour la première fois de toute ma longue vie … J’apprenais à aimer autrement que fraternellement. Tu es, tu fus, tu resteras mon premier véritable amour, Kali. Et parce que je ne suis qu’un enfant capricieux, égoïste, apeuré et lâche, je ne voulais pas te voir t’enfuir. Je ne voulais pas connaître la douleur, pas une nouvelle fois. » Je me tais ensuite, reprenant mon souffle. Je ne suis pas habitué à me confier, encore moins à dire clairement ce que je pense sans utiliser de moyens détournés. Un comble pour l’archange de la télécom’. « J’ai quitté la maison car les querelles intestines me détruisaient, me rendaient malade. Je me suis fait passer pour mort car c’était ce que j’étais, en un sens. J’espérais qu’avec ma disparition, mes frères arrêteraient leurs bêtises, mais … Non. J’aurais dû les confronter, quitte à me faire effacer, tout bonnement. Mais j’étais lâche. Je le suis encore. Alors j’ai embrassé l’humanité, seul lieu où ils ne viendraient pas me chercher, car la majorité d’entre eux détestent ou se fichent des hommes. Ils n’ont pas conscience de ce qu’ils ratent. Puis … Je vous ai rencontré. Avec vous, j’ai trouvé une seconde famille et je n’avais … Je n’avais simplement pas envie de vous perdre. Surtout pas toi. Je désirais seulement … Te plaire. » Je lève les yeux, souriant à présent doucement. Fermant les yeux. M’abandonnant. Nous y étions, n’est-ce pas ? Quelle horreur.
« Te plaire, car tu semblais si inaccessible … Au départ tu étais un défi. Jusqu’à ce que cela devienne concret. Sincère. Et plus que te plaire, je me suis mis à vouloir te rendre fière. Et heureuse. Essayer du moins. Te faire sortir de tes gonds également, car je t’ai toujours trouvé magnifique lorsque la colère peint tes traits – bien que je te craigne également dans ces moments. Mais … Mais je devais cacher ce que j’étais, oui, et qui j’étais. Si je ne l’avais pas fait, vous m’auriez rejetés, ou pire encore : mes frères m’auraient retrouvé, ils vous auraient tous massacrés et je n’aurais pas pu m’interposer. Tu as vu la puissance de Lucifer, tu le sais. Et sache qu’à ce moment là, il était fortement diminué. Si je n’avais pas à nouveau triché … il t’aurait tué et m’aurait somme toute massacré par la suite – je n’ai jamais eu de doute à ce sujet. Cependant … Et bien, je suis l’un des rares de ma famille à tenir à la vie. » Je serre doucement les poings, la fixant. Je veux vivre, oui. Etudier encore les êtres humains, fascinants et déconcertants, même si ils m’exaspèrent également. Vivre. Ressentir. Aimer à nouveau et veiller sur elle également. C’était tout ce qui m’importe à présent. La savoir elle, plus que toute autre personne, en sécurité. « Parce que j’aime la vie, il a fallut que je me fasse passer pour mort à nouveau. J’ai manqué de causer ma propre perte, détruit mes propres barrières pour tenter de me sauver. Je n’ai rien d’autre à dire. Outre que je suis désolé. » Je soupire, mes ailes se rétractant dans mon dos sagement, leurs ombres toujours présentes sur le sol tandis que mon regard dérive vers la vision nocturne que le ciel nous offre. « Je n’espère pas ton pardon. Je voulais juste que tu comprennes, même si ce n’est pas ça qui me ramenait vers toi ce soir. Je voulais juste te mettre en garde à propos de mes frères mais … autant faire d’une pierre deux coups, n’est-ce pas ? D’autant plus lorsque le présent est aussi incertain qu’aujourd’hui. »

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