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 Go Fuck Yourself with a cactus ♦ Bailey

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Age : 27 ans
Métier : Chasseuse débutante durant 1 mois, écrivaine
Situation : Mère célibataire
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Feat. : Jane Levy
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Message Sujet: Go Fuck Yourself with a cactus ♦ Bailey Jeu 23 Juin - 22:30

Bailey H. Johnson


ft. Jane Levy

compétences (polyglotte, possède une arme, etc) ou anecdotes (allergies, goûts ...) concernant votre personnage, 20 max

ANECDOTE UNE ❖ Si elle est née à l'hôpital de Bend, c'est dans la petite bourgade de La Pine qu'elle a grandit. Son père, un ex marine reconverti en garagiste / mécano, lui a d'ailleurs appris à réparer les bagnoles et les motos ... et c'est encore quelque chose qu'elle adore faire lorsqu'elle a besoin de se détendre, tout du moins lorsqu'elle ne peut pas se défouler d'une autre façon. ANECDOTE DEUX ❖ Son père a longtemps cru avoir une môme hyperactive, il n'en fût pourtant rien. Pour canaliser l'énergie de Bailey, il l'a donc mise aux activités sportives (enseignées majoritairement par sa personne) - et elle en a essayé un certain nombre avant de finir par se fixer. Il est à noter qu'elle a quelques notions d'escalade et de baseball, qu'elle est plutôt (très) bonne à la boxe en plus de savoir très bien plaquer les gens (clin d'oeil au football américain). Il lui a également appris à faire du roller et à tirer avec une arme - elle a d'ailleurs passé sa licence et possède un semi-automatique bien qu'elle pratique fort peu par manque de temps. Si toutefois vous lui demandez, elle vous répondra qu'elle préfère de loin utiliser ses poings lorsqu'il s'agit de se battre et qu'elle n'utilise son arme que lorsqu'il s'agit de dégomme des canettes de bières ou s'amuser à remporter la plus grosse peluche sur les stands de tirs dans les fêtes foraines. ANECDOTE TROIS ❖ Bailey est une personne autodidacte. Ainsi, bien qu'elle ne soit jamais allée à la faculté (bien qu'elle aurait adoré), elle possède une solide culture générale en prime d'être touche à tout. Elle a tendance à dévorer toutes les connaissances qu'elle peut trouver utiles sur son chemin, comme pour compenser un manque, et aime particulièrement traîner dans les musées et les bibliothèques. Elle aime d'ailleurs autant lire que regarder les films (en tout genre) & ou écouter de la musique (en tout genre également). Concernant le dernier point, il est à savoir qu'elle est elle-même musicienne, jouant de la guitare folk depuis ses sept ans. Elle sait de même jouer du piano, bien qu'elle soit rouillée à ce sujet et considère d'elle-même qu'elle "pianote" - en soit elle connait surtout ses morceaux préférés et reste de niveau débutant / intermédiaire pour le reste (selon la difficulté du morceau choisit). ANECDOTE QUATRE ❖ Elle a cumulé pas mal de petits boulots dans sa vie, tels que serveuse dans un petit restaurant, barmaid, vendeuse dans une quincaillerie, mécanicienne de fortune ou encore musicienne de rue. ANECDOTE CINQ ❖ Elle traîne pas mal de cicatrices, liés pour la plupart à son adolescence désastreuse ou à son coté casse-cou. Son père, devenu alcoolique au fil du temps la frappait de temps à autres (rarement cependant) et elle garde de cette période des stigmates qu'elle déteste montrer. Elle se battait également à cette époque, pour ne rien arranger. ANECDOTE SIX ❖ Lorsqu'elle est vraiment au fond du trou, elle a tendance à aller asseoir son fessier dans un bar et commander un alcool fort (ou deux. Ou trois. Avec des cacahuètes, histoire de s'étouffer). Elle les tient plutôt bien (les alcools forts, pas les cacahuètes), bien qu'elle fasse attention à sa consommation. Elle fume en prime de temps à autres et, pour rajouter un vice, elle jure régulièrement - bien qu'elle évite un maximum lorsqu'elle n'est pas en présence d'adultes. ANECDOTE SEPT ❖ Il faut dire que lorsque l'on a un fils de huit ans, il faut mieux faire attention à ce que l'on dit et si Bailey s'est surtout forgée sa propre éducation elle fait très attention à celle de son fils ... bien que cela soit compliqué lorsque l'on est une mère célibataire. Au passage, le gentil garnement se prénomme Jackson, aka Jack en l'honneur du Jack Daniels, de Jack Sparrow, Jack London, Jack l'Épouvantail, Jack Frost ... ou encore Jack l’Eventreur. Et oui, elle a un humour tordu. ANECDOTE HUIT ❖ Si c'est une bonne cuisinière, il se trouve qu'elle ne sait absolument pas faire cuire des pâtes, foirant à chaque fois la cuisson de ces dernières. Ce n'est en soit pourtant pas sorcier, mais à chaque fois qu'elle en fait, ça fini généralement mal. Jack a donc décidé de commander directement des pizzas ou de la nourriture grasse pour compenser lorsqu'elle retente l'expérience. ANECDOTE NEUF ❖ Il se trouve qu'elle a peur de l'orage. En soit ce ne sont pas les éclairs qui la font frémir, plutôt le bruit qu'elle assimile inconsciemment à de mauvais souvenirs. Elle a également une sainte horreur et une peur bleue des hôpitaux. ANECDOTE DIX ❖ Elle ne sait pas nager, n'ayant jamais appris. ANECDOTE ONZE ❖ Elle tient un journal intime depuis ses treize ans, cependant elle n'écrit pas régulièrement dedans. C'est pourtant dans ce torchon qu'elle a commencé à noter ses premiers personnages et ses premiers essais d'histoires, se lançant totalement dans l'écriture (en free lance) à l'age de seize ans. Elle ne commencera à être publiée qu'à l'âge de vingt-quatre ans. ANECDOTE DOUZE ❖ Il se trouve qu'elle fut diagnostiquée comme étant insomniaque de ses onze ans à ses vingt-trois ans, à cause, majoritairement, du stress de sa vie quotidienne. A présent, si son rythme est devenu plus régulier, il reste fort rare qu'elle dorme plus de six heures par nuit, plafonnant plutôt autour de quatre heures. ANECDOTE TREIZE ❖ Il arrive qu'elle se parle à elle-même. A voix haute. Et souvent elle ne s'en rend compte qu'après, ce qui donne de drôles de situations. C'est généralement une conversation entre elle et sa conscience (nommée la déesse intérieure, qui est assez pervertie), qui l'engueule pour diverses raisons, et c'est majoritairement un dialogue de sourd. ANECDOTE QUATORZE ❖ Elle déteste s'ennuyer. A vrai dire, c'est lié à ses insomnies. Elle fait donc tout ce qu'elle peut pour s'occuper, quitte à repeindre sur un coup de tête le salon dans des tons bleus et blancs ou accepter n'importe quel pari stupide et s'en vouloir à mort au réveil. ANECDOTE QUATORZE ❖ Elle adore les pirates. Genre, vraiment. Genre, ne la lancez par sur le sujet. Jamais. C'est à vos risques et périls. Vous voilà prévenus. ANECDOTE QUINZE ❖ Si elle ne sait pas danser en tant que tel, elle a le sens du rythme. Prenez simplement garde à vos pieds, elle pourrait bien vous écraser les orteils si elle se trouve être en talons - aka engins de tortures par excellence -, surtout si vous la taquinez un peu trop. Et, oui, ce sera parfaitement voulu et maîtrisé.

CARACTERE
volontaire + entière + méfiante + (sur)protectrice + passionnée + rêveuse + romantique + organisée + cérébrale + intuitive + nerveuse + perfectionniste + déterminée + têtue + fantaisiste + loyale + généreuse + rancunière + multi-facette + sensible
Hello Darling ! Ici Bailey Johnson, aka Bai'. J'aborde fièrement mes 26 années depuis le 11/11/1989. Si tu fouillais mon dossier entièrement, tu saurais que je suis un(e) humaine né(e) à l'hôpital de Bend, Oregon, et que je suis présentement une MERE CELIBATAIRE ayant une préférence pour LES HOMMES. J'exerce présentement le métier d' écrivaine, mais qui sait ? Il se pourrait que ça change.

pouvoirs

(Si vous en avez. Ne recopiez que les pouvoirs qui vous intéressent + demandez l'avis du staff si vous voulez en inventer au besoin)

//


Asilium

Connue sous le pseudonyme de shadow, j'ai présentement 24 pommes depuis le 24 / 02. Cependant, vous me reconnaîtrez peut-être sous le visage de la cinglée, le majordome, le shiney & le chien. J'ai connu SH grâce à madame irma et j'ai pris connaissance du règlement. La preuve on me l'a bouffé.

Je crédite milou pour mon avatar, tumblr pour mes gifs & twitter pour mon icon. Pour finir, il est savoir que je me suis arrêté(e) à la saison 12 (mais genre le début).

© HELLOPAINFUL; revisité par SHADOW



To be human is to love,
even when it gets too much
i'm not ready to give up

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Message Sujet: Re: Go Fuck Yourself with a cactus ♦ Bailey Jeu 23 Juin - 22:31

Story of your life


« Come hurt with me »

29 Juillet 1989

Elle souffle. Inspire. Sur ses traits marqués de fatigue, un tic nerveux s'ancre, ses rides creusant un peu plus leur sillons. Le bel âge se fane et, si elle déteste se fixer dans le miroir, elle espère que l'effort qu'elle offre sera le dernier sacrifice à faire. Un garçon. Cela doit être un garçon. Dans sa tête, c'est déjà le cas, et de toute façon tout est déjà prêt pour l'arriver du petit Johnson. Jacob. C'est un beau prénom, non ? Jacob. Elle l'a pêché dans l'un de ses nombreux bouquins qu'ils vendent, prônant détenir le prénom de l'année qui garantira à l'enfant succès et richesse.

« Madame Johnson ? »


Elle lève les yeux lorsque l’obstétricien l'appelle. Perdue dans ses pensées, elle en a oublié l'instrument de torture qui se déplace sur son ventre, à la recherche de détails microscopiques sans importances à ses yeux.

« Félicitation, c'est une petite fille. »


Quoi ? Non. Non, non, non, NON. C'est impossible, se dit-elle, et soudain, son avenir brillant se tâche, s'écroule, et elle se tend, son teint devenant livide.

« Etes-vous bien certains ? »
siffle t'elle entre ses dents, regardant à présent le moniteur qui affiche le petit être vivant dans son ventre. L'Alien. Elle n'entend pas la réponse que lui offre le médecin, sourcils froncés, réfléchissant. Elle n'aimait pas l'enfant depuis le départ, mais ses parents insistaient sur ce fait : on ne tuait pas une vie. Si elle n'en voulait pas, elle aurait dû faire attention - et à présent elle était obligée de composer avec, elle qui détestait les marmots. Un garçon aurait pourtant été différent. Mais une fille ? Une copie plus parfaite d'elle-même ? Hors de question !

« C'est possible de le mettre à l'adoption ? »



_________

1995

L'enfant fronce les sourcils, fixant avec une concentration non feinte les fleurs sauvages qui bordent l'allée. La lumière du jour, vert de gris entrecoupée d'éclaircies d'argiles, offre un spectacle saisissant sur les gouttes de pluies tombées une heure plus tôt. Accroupie au dessus des flaques, elle ne se rend pas compte que le ciel, orageux, menace de s'effondrer à nouveau, trop occupée qu'elle est à mémoriser les détails du spectacle naturel qui s'offre à elle, en toute liberté.
Soudain, une brise la gifle, gelant son nez, et c'est dans un sursaut qu'elle se décide. Peut-être que cela lui fera plaisir ? Elle l'espère du moins. Habituellement, elle aime les fleurs, alors pourquoi pas tenter ? Une fois redressée, elle repart en courant, sa fleur à la main, filant comme une petite comète, le coeur cognant à tout rompre dans sa poitrine de môme. Aujourd'hui est un jour particulier. Plus qu'elle ne pourrait le penser. Et elle ne s'imagine pas que, 18 ans plus tard, son propre fils aura la même idée, saugrenue, adorable, fanée.


_________

Juillet 1996

« Et ça c'est quoi ? »

La gamine fronce les sourcils, penchée au dessus de la carcasse automobile, émerveillée par le ventre de la bête, tandis que son père pointe un des éléments du moteur, posté à ses cotés, amusé. Un sourire entendu étire ses lèvres lorsqu'elle répond presque au tac au tac sans une seule hésitation et il sent la fierté l'étreindre quelques secondes.

« Le contrôle du niveau d'huile ! »

« Bien. Et ça ? »

Il fixe sa fixe se mordre la lèvre, tic qu'elle gardera en grandissant, alors qu'elle cherche dans sa mémoire de fillette de sept ans le mot qui lui échappe. Elle inspire, puis soudain son regard s'éclaire, victorieux : elle sait.

« La chaîne ... La chaîne de distribution ! »

Rieur, il acquiesce, avant de lui ébouriffer les cheveux et lui tendre son poing.

« C'est ça, ouistiti. Tu as bien retenu ta leçon. Check. »

La gamine, heureuse, colle son poing contre celui du gorille, avant de tendre les bras. L'homme comprend sa demande et il attrape le petit singe roux sans un mot de plus, avant de se reculer de la Chevrolet pick up pour faire décoller sa môme. Bailey a sept ans et, si elle nage dans sa salopette et qu'elle a actuellement un peu de cambouis sur le nez, elle s'en fout, trop occupée à faire l'avion, riant aux éclats. Plus tard, elle fera comme son père : super mécano.


_________

Septembre 1996

« Mais c'est pas possible d'être aussi conne ! T'es fière de toi j'espère ? C'était le vase de ma mère ! Putain. Mais regarde moi ça ! Et le plancher qui va le rattraper maintenant ?! Hein ? Tu crois que j'ai que ça à faire peut-être, de réparer tes conneries ? Et voilà qu'elle pleure, bon dieu. Dégage ! FOUS LE CAMP ! Je le savais, que t'étais bonne à rien, je le savais ! Pourquoi ai-je écouté ton père, bon dieu ? J'aurais dû te laisser à l'hosto ! »


_________

Mars 1999

Elle m'aime. Un peu. Beaucoup. Passionnément. A la folie. Pas du tout. Elle m'aime. Un peu. Beaucoup. Passionnément. A la folie ... Pas du tout.
Une à une, elle écorche les pétales. Les abîme. Les froisse. Elle les arrache, avec lenteur, comme pour retarder l'inévitable - comme si cela allait changer quelque chose. Elle inspire profondément se faisant, fixant le rouge maculant le plancher, goutte à goutte, tâchant la beauté de la nature. Elle a recommencé. Encore. Sous ses ongles, le sang perle, sur sa peau, les marques de son mal-être profondément ancré, distillé par les remarques acerbes et la rancoeur tatouée dans l'âme de sa mère. Dans sa poitrine à elle, la gangrène s'est installée, prémisse de la folie, mais elle ne peut s'empêcher d'espérer encore - espérer que cela change. Quelle petite conne. Ne comprendra t'elle jamais ? Et sur ses joues de poupées, les larmes parviennent encore à couler, tandis qu'elle contemple la fleur nue désormais morte, une nouvelle rengaine chantant dans sa tête avec force. Elle me hait. Elle me hait. Elle me hait. Elle me hait ...


_________

9 Novembre 1999

Tout ce que je souhaitais, tout ce dont je rêvais, c'est que tu m'aimes un peu. Ne serait-ce qu'une heure. Une minute. Une seconde. Pourquoi le monde s'arrête t'il de tourner dans tes yeux lorsque je me trouve dans la pièce ? Tu me fixes, agacée, les yeux plissées, et tu claques ta langue avec cet air désapprobateur avant même que je n'ouvre la bouche. J'essaie pourtant de me faire petite. J'ai appris à t'éviter, tout en priant chaque soir, sans cesser d'espérer. Pourquoi, dis-moi, ne peux-tu pas m'aimer ? J'ai pourtant tout fait pour. Je me suis démenée comme une diablesse, j'ai courbée l'échine, allant jusqu'à renier ce que je désirais être. Pourquoi ? Dis-moi, qu'ai-je pu faire de mal ? Est-ce parce que je n'aime pas jouer aux jeux de filles ? Que porter des robes me met à l'aise ? Est-ce parce que j'ai brisé le vase malencontreusement hier ? Est-ce parce que je n'ose pas aller vers les autres ? Tu ne m'as jamais rien dit, outre que je n'arriverais à rien, que j'étais ta plus grande déception, que je n'étais pas ... Que je n'étais pas ta fille. Car elle, assurément, aurait été parfaite. Et moi, et bien ... Moi, je suis juste ... à l'opposé. Et alors que la douleur mord à nouveau ma chair ce soir, je me pause cette question qui tourne en boucle dans ma tête : pourquoi, maman ? Pourquoi ne m'as-tu tout simplement pas tuée dès que tu en as eu l'occasion ?


_________

Fin Avril 2008

C'est d'un pas incertain qu'elle rentre dans la pièce, tentant de ne pas tanguer sur ses talons, pomponnée comme celles qu'elle prénomme "les princesses". Comparée à elles cependant, elle se trouve être seule, sans cavalier. Plus, elle n'a pas fait de régime ultra mincissant, pas plus qu'elle n'a achetée de robe dans un magasin hors de prix d'ailleurs. Non. Sa robe de soirée, une en taffetas de soie noir entièrement drapé, celui-ci retenu au niveau de la fermeture éclair située sur le devant, décolleté légèrement en pointe souligné d'un col pélerine et orné d'un noeud à longs pans flottants rehaussé d'une fleur, terminant sur un jupon de tulle et crin lui paraît soudain désuet, mais quoi de plus normal ? Elle appartenait à sa grand mère, décédée, qu'elle regrette à présent. Mais qu'importe après tout. Il s'agit du dernier calvaire du lycée à passer - le bal de promo - et ensuite, elle sera libre. Elle n'ira pas à la remise de diplôme, pas plus qu'elle ne traînera plus d'une heure ici. Juste le temps de se montrer. Tenter sa chance. Et partir loin ensuite. Ça n'aurait tenu qu'à elle, elle ne serait pas venue, mais elle préfère subir ses camarades de classes que son père, certainement ivre à l'heure actuelle. Elle sait où elle ira après. Elle se cachera, comme à son habitude, dans la forêt environnante, contemplant la lune et les étoiles, chantant sous la lune avec sa guitare, cachée dans sa voiture. En soit cela a un petit quelque chose de romantique qui lui sied et au moins personne ne viendra piétiner son corps et sa solitude. Ce n'est pas comme si elle attendait le prince charmant de toute façon. Lui, elle aurait plutôt tendance à lui en coller une si elle le croise un jour, par simple réflexe, ou se tirer en courant car cela lui fiche la trouille. Comment une personne fracassée, une paria comme elle pourrait être acceptée par une tierce personne de toute façon ? Sa mère le lui a bien fait comprendre et ce depuis sa plus tendre enfance : elle ne devrait pas être là et il ne sert à rien de prétendre aimer une fille pareille. Pourquoi alors se raccroche t'elle ? Pourquoi continue t'elle d'espérer ? Demain est un autre jour, dit le proverbe. Demain, elle leur montrera que la peste et le choléra ne sont rien à côté d'elle.

En attendant cependant, elle se tait. Ses plans, ses espoirs, ses rêves, tout cela est jalousement gardé au fond d'un tiroir dont elle est la seule à avoir la clé : sa voiture, la seule chose envers qui elle a véritablement du respect, outre sa guitare, sa chaise à bascule et son édredon. La loutre en peluche cela fait un moment qu'elle l'a balancée.
Lentement, elle inspire avant d'expirer. Peu habituée de ses événements, peur d'être reconnue alors qu'il s'agit d'un bal masqué, elle se mêle à la foule progressivement, ignorant les regards qui la fixent comme si elle était une bête curieuse, habituée. Elle décide d'aller prendre un verre, seule fois où ils autoriseront de l'alcool, se reprenant, marchant aussi élégamment que possible. Être droite. Être fière. Ressembler à toutes ses filles qui se pavanent, et dont l'ego clame à tord qu'elles sont les prochaines miss univers. Sauf qu'à contrario à elle, elle préférera un métier sans histoires. Être cachée du monde est devenu sa paix. Son sanctuaire. Bien sûr, elle continue à être attirée par les lumières, les trouvant merveilleuses et belles. Mais ô combien dangereuses.... et ô combien douloureuses.

Huit ans que sa mère s'est tirée. Etre girly, elle en rêve depuis, mais n'a ni le temps ni le pognon de l'être outre ce soir. Cendrillon. C'est ainsi qu'elle s'est présentée à l'accueil et cela lui va comme un gant. Mais minuit n'attendra pas qu'elle brille, pas plus qu'elle n'attendra que le charme se rompe sans qu'elle n'ait tenté sa chance. Il n'y a plus une minute à perdre. Elle scrute la foule en cherchant sa cible et, une fois trouvée, c'est avec un élan de courage qu'elle fend la populace, barricadant son coeur, ouvrant la porte de la folie.


_________

2 Septembre 2008

Malade à en crever, qui l'eut cru ? Elle pensait à la gastro, mais, hell, la gastro ne cause pas de vomissements tous les matins durant plus de deux semaines. Elle se sentait étrange depuis un moment, à dire vrai, mais le boulot lui prenant tout son temps, elle oubliait ses mal-êtres pour se concentrer sur sa tâche. Le café ne va pas se préparer tout seul, les voitures ne vont pas se remettre à fonctionner en claquant des doigts. Cependant, faut-il croire qu'elle a plus forcé que d'habitude. Elle a fait un malaise. Elle ne se souvient pas de ce qui est arrivé, elle sait juste qu'elle a senti le monde tourner soudainement, la migraine frapper ses tempes et ... Et bien s'agripper à la table semblait une bonne idée sur le moment, jusqu'à ce que la nausée ne s'invite à nouveau, violente, jusqu'à ce que son patron décide de l'emmener à l'hosto. La suite, elle n'en sait rien. Réveillée à l'hôpital, elle a manqué de bondir du lit en entendant les infirmiers dans les couloirs, mais la présence de son patron l'a dissuadée net de se tirer en courant (comme si elle avait pu, de toute façon). Mark n'est pas fou, ça non. Il aime bien la gamine, d'autant plus qu'il sait ce qu'elle vaut - c'est donc naturellement qu'il a appelé les pompiers et qu'il a embarqué avec eux ensuite. Cela fait un moment qu'il la trouve étrange, mais la rousse est une tête de bois qui se braque dès qu'on parle des urgences. Au moins, là, elle ne pourra plus reculer l'échéance. Il sourit en l'entendant pester à voix basse, et lui serre la main pour la rassurer, attendant qu'une salle se libère sans se douter de la surprise qui les attend.


_________

2 Septembre 2008

Enceinte. Elle est enceinte. De cinq mois. Elle a cru à une blague, mais non. Elle s'est demandée si tout cela était normal. Après tout, elle n'a pas pris de poids. Elle n'a pas un gros ventre, juste un peu mal au dos. Elle n'a pas eu d'envies bizarres ou vomit le premier mois. Déni. Total. A présent, elle fixe son ventre, perdue, paniquée. Son père arrive. Mark n'étant pas son tuteur, il est reparti bosser, aussi secoué qu'elle par l'annonce. Un bébé. Elle attend un bébé. Par quel foutu miracle ? Le seul type avec qui elle a couché est Greg, le soir du bal masqué mais de mémoire ils se sont protégés. Pas assez apparemment, rétorque son cerveau malade. Te voilà en cloque ma vieille, à dix-huit ans, presque dix-neuf, quelle bonne idée. Et Greg est aux abonnés absents depuis trois semaines, alors qu'il devait partir demain pour NYC, rejoindre sa mère et l'université. Elle inspire. Expire. Tente de ne pas faire une crise de paniquer ici, maintenant, et refoule les larmes, la rage, le désespoir au fond d'elle-même. Enceinte. Putain de merde. Son père va la tuer.


_________

4 Septembre 2008

Elle est allée chez lui, mais il n'a pas répondu. Volets fermés, c'est son père qui a ouvert la porte, les traits tirés, la mine abattue. Son fils a disparu et il n'a aucune nouvelle - son ex-femme est par ailleurs dans l'avion en ce moment même pour venir le rejoindre et certainement l'invectiver comme elle-seule sait le faire. Greg a certes toujours été le genre casse-cou, aimant faire la fête et sortir le soir, il n'empêche qu'il reste un chouette môme, du point de vue du père. Un ado comme les autres ou presque, en somme, à certes chercher une connerie à faire mais populaire et, par dessus le marché, loin d'être mauvais. Qu'a-t-il raté dans son éducation pour que cela se termine de cette manière ? La dernière fois qu'il a vu son fils, ce dernier se rendait à Portland pour y passer le week-end avec des amis à lui. C'était la fin du lycée, il avait eu son diplôme et était pris à l'université, alors pourquoi pas ? Il regrettait amèrement sa décision depuis. C'est avec étonnement qu'il a vu la rousse débarquer, l'air soucieuse et patraque. Il s'attendait à voir des flics, peut-être à avoir de nouveaux éléments qui lui permettrait de comprendre. Mais rien. Que dalle. Nada. Juste Bailey - la gamine de Frank, travailleuse, bagarreuse, solitaire, et nouvellement enceinte. En un sens, ce n'est pas si étonnant qu'elle ait mal tourné, vu la famille qu'elle a, mais qu'importe. Elle a demandé des nouvelles, a compatit à la perte et est repartie, un air dans le regard qu'il ne saurait décrire. Drôle de gosse que celle-ci. Il ne sait simplement pas ce qu'il se trame - il ne le saura par ailleurs jamais.


_________

10 Septembre 2008

Besoin d'air. Elle ne supporte plus les murmures, les regards, son père. Elle s'est rendue à Bend, mine défaite, dans l'espoir d'oublier ses problèmes un moment, délaissant son journal intime mais prenant sa guitare. Assise au bar, elle a siroté un jus de banane - l'alcool étant interdit aux mineures et étant de toute façon enceinte - les yeux rivés sur les infos qui défilent, avant d'aller, après accord, s'oublier sur la scène, perdue dans sa musique, son monde, son acoustique. Sans savoir comment, elle s'est même finalement faite abordée par un type, plutôt mignon d'ailleurs, et si la conversation fut intéressante au départ, elle n'a plus eu le coeur à la poursuivre lorsque cela a dérivé sur du trop personnel. S'excusant, elle a fini par partir pour s'enfoncer dans les ruelles avec sa guitare sur le dos, la nuit éclairant son chemin, pour partir sillonner seule la petite ville en quête de lumières à peindre, en quête d'un miracle à vivre, parfaitement consciente du danger qu'elle peut encourir.
Elle n'a pourtant pas rencontré de salopards - seulement quelques passants, la majorité d'entre eux étant des adultes pressés ou des jeunes traînant en bande. En revanche, un bruit étranglé l'a fait se stopper net devant une ruelle sombre, ruelle guère aguichante qui s'enfonce plus profondément encore dans les ténèbres. Car c'est toujours là que les drames se jouent, n'est-ce pas ? Elle a hésité quelques secondes, avant de finalement bifurquer pour aller voir ce qu'il se passe, quittant la sécurité des néons et des passants. Aurait-elle dû continuer sa route ? Sûrement. Heureusement pour elle, des bennes à ordure la cachent en partie - heureusement pour elle, le monstre est trop occupé à s'abreuver de sa victime pour prêter attention à elle. Elle ne saurait dire ce qui la choque le plus. Le fait que, contre le mur du fond, le jeune homme costaud bien qu'un brin dans les vapes se fasse maîtriser aussi facilement, ou bien le fait que son agresseur soit un freluquet dont la silhouette lui est familière. De loin, la vue n'est pas nette, mais il semble clairement prendre son pied à mordre sa victime - et elle manque de trébucher sous le choc. Le bruit a le mérite de détourner l'attention du type, qui se retourne vers elle, et elle retient son souffle en voyant une rangée de crocs ensanglantés aiguisés comme des petits hachoirs qui n'ont rien d'humain. A t-elle été droguée au bar malgré elle ? Elle ne sait pas, et elle se retient de ne pas vomir, d'autant plus quand la tête de l'agresseur lui apparaît plus clairement, enfin. Greg. Son corps, tétanisé un instant sous le choc, est soudain lourd et refuse de bouger - grave erreur lui lance sa conscience. Pars. Pars, maintenant. Cours. Fuit. Hurle si tu le souhaites mais barre-toi, vite. Cours, pour ta vie et celle que tu portes en toi à présent.

C'est le gémissement de la victime qui lui fait reprendre conscience. Le son étranglé lui suffit à reprendre le contrôle un moment, alors même que l'être monstrueux lâche sa proie. Elle ne prend pas la peine de savoir ce qu'il s'en suivra. Elle fait demi tour et détale, en courant, chancelant, quittant la ruelle pour rejoindre le trottoir sauf ou des passants nocturnes se promènent. Elle les dépasse, prenant le chemin inverse, piquant un sprint comme jamais - la peur donne des ailes et, si elle ne connaissait pas encore cet effet, c'est chose faite. Elle perd la notion du temps dans sa folie. Elle ne s'arrête qu'après six ou sept bonnes minutes de course, essoufflée, la tête lui tournant, et prend le temps de reprendre sa respiration avant de regarder autour d'elle. Elle reconnait l'endroit pour y avoir déjà été, quelques mois plus tôt et, par chance, elle repère un taxi dans lequel elle s'engouffre. Une hallucination. Cela ne peut que être ça, n'est-ce pas ? Une hallucination. Tout simplement. Elle a du mal à retrouver sa voix, mais fini par offrir sa destination au chauffeur, regardant autour d'elle d'un air anxieux : chauffeur qui, dix minutes plus tard, la ramène à sa voiture - et c'est ainsi qu'elle rentre chez elle, apeurée, paranoïaque, en proie au délire.

Les monstres n'existent pas. Ce n'est pas possible.


_________

11 Septembre 2008

Concentrée sur la route, elle en oublie les heures. Sa joue la picote encore, mais elle fait face, ses mains tremblants encore sous la violence des émotions. Elle est partie. Son enfance, son adolescence, toute sa vie, foutues en l'air, rayées, froissées, jetées, laissées derrière, tout comme son expérience traumatisante de la veille. Comme ça. Elle savait qu'il - son père - réagirait mal en la voyant rentrer - bien que ne fut pas tard lorsque ses clés ont résonné dans la serrure. Elle savait qu'il ferait une scène - et cela n'a pas loupé. Mais elle ne se doutait pas de la violence dont il pourrait faire preuve. Elle ne se doutait pas que ...
Elle a eu peur. Elle est encore morte de trouille à l'intérieur. Mais la rage a été plus forte. Elle ne se pensait pas capable de faire ça, très honnêtement, et la voilà à étouffer un ricanement nerveux. Les larmes ont coulé, encore, mais elle les a laissé cette fois : comme pour laver ses crimes, comme pour extérioriser le trop plein d'émotions fortes ressenties ces deux dernières semaines. C'est un nouveau départ. Elle ne sait pas comment elle va se débrouiller mais, hé. Ce n'est pas comme si elle était habituée à faire cavalier seul n'est-ce pas ? Enfin, seul. Elle tourne pour faire un arrêt, subitement, sentant la nausée la prendre. Si cela doit être son quotidien pour les quatre derniers mois, elle préfère autant que cela passe vite. Elle inspire à fond, ferme les yeux, la tête enfoncée dans le cale-tête de son siège. Attend que cela passe. Il n'y a rien à faire contre l'angoisse, et son corps ne lui appartient plus vraiment pour le moment. Elle inspire lentement, comptant mentalement les secondes, avant de finalement sortir de la voiture et finir par vider le contenu de son estomac dans le fossé car les souvenirs de sa dernière semaine continuent de se jouer en boucle dans son esprit décalé.
Plus tard, elle reprendra la route, après s'être calmée. Le chemin est encore long jusque San Francisco - destination prise au hasard sur la carte, et elle doit encore trouver un motel pas trop cher et acceptable pour y caler ses maigres possessions - tout ce qu'elle a pu emporter avec elle et qui rentrait dans son pick-up. Dans sa tête, tout n'est pas encore très clair. Elle sait juste qu'elle ne fera pas marche arrière et qu'il est trop tard pour se débarrasser de cette vie qui fleurit dans son ventre, elle doit mener la grossesse à terme et ce, même si elle ne veut pas devenir mère.


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26 Septembre 2008

Elle a trouvé un boulot rapidement. Bien sûr, ce n'est pas grand chose, mais c'est toujours ça. Et puis, elle peut s'estimer heureuse. Elle aurait pu trouver pire : laver les chambres et refaire les lits du motel qui l'accueille, ce n'est pas si mal. Le patron pourrait être un gros con, par exemple. Mais ce n'est pas le cas. Et puis, elle n'a personne pour l'emmerder, au moins. Plumeau à la main, elle est en train de faire les poussières de la petite table de chevet en fredonnant quand soudain, elle se fige net, estomaquée. Qu'est-ce que ? Un coup, léger, a frappé dans son ventre. Elle cligne des yeux et c'est naturellement qu'elle pose une main sur son la légère rondeur. Qu'est-ce que ? Elle attend encore un peu, sourcils froncés. Voilà que sa tête lui joue des tours. Une minute passe ainsi. Puis deux. Peut-être trois. Elle soupire et va pour reprendre sa tâche en se disant qu'elle est cinglée et qu'elle manque de sommeil lorsque, soudain, un autre coup, aussi léger que le premier, frappe dans sa paume.
Ce n'est pas possible, n'est-ce pas ? Elle sent sans comprendre une poussée de fierté la prendre, et les larmes remonter pour perler au coin de ses yeux. Incertaine, elle déplace doucement sa main avant de se remettre à fredonner à voix basse, ne pouvant plus détacher ses yeux de son ventre quelque peu gonflé. Troisième coup, plus affirmé et elle hoquette. Dans son âme, la décision se fait, naturellement, avant même qu'elle n'en prenne totalement conscience. Car la vie se fraye toujours un chemin et si sa mère n'a jamais pu l'aimer, peut-être est-ce là une façon de rétablir l'équilibre. Qui sait ? La voilà à sourire bêtement, incapable de rejeter l'invité surprise plus longtemps, le lien s'établissant finalement. Après six mois, il était temps.


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24 Décembre 2008

« Poussez ! »

Un cri déchirant traverse sa gorge, de douleur pure. On l'écartèle, on massacre son vagin, mais il faut bien que l'enfant sorte par là où il est entré. Elle serre les dents comme elle peu, ses jointures blanchissant et agrippant les draps à s'en faire mal aux mains, obéissant pourtant.

« Très bien, bloquez maintenant. Ne poussez plus, même si vous en avez terriblement envie. »

Elle reprend sa respiration comme elle peut, épuisée, même plus foutue d'hocher la tête pour faire signe qu'elle a compris. Quelques heures plus tôt, elle en était à maudire le monde et le géniteur - surtout le géniteur - le traitant de tous les noms d'oiseaux possibles et de yaourt au soja périmé (pourquoi yaourt au soja ? Aucune idée) alors que les contractions la secouaient, d'une rare violence.
Quelle idée de perdre les eaux de cette façon. Quelle idée de naître ce jour ! Aucun doute, elle ne pourrait pas renier son enfant. Faut-il dire que, alors qu'elle aurait dû se reposer, elle avait été faire les courses, prise d'une subite envie de sandwich au thon un vingt-quatre décembre. Oui. Et alors ? Elle était seule, elle pouvait bien s'offrir ce cadeau, non ? Par elle ne savait quel procédé miracle, c'est à cet instant qu'Abigail avait toqué à la porte de sa chambre, comme si elle avait sentie la tuile arriver - ce qui était probablement le cas d'ailleurs, qui savait ? Abigail ... Elle avait rencontré cette femme merveilleuse alors qu'elle était dans le pétrin, une fois de plus. Elle ne s'attendait simplement pas à s'entendre aussi vite et bien avec quelqu'un - elle qui était si méfiante pourtant - ni que cette personne en question prenne une place si importante dans sa vie. Bailey étant Bailey, elle avait été surprise de la voir là, le jour de noël, alors que tous se démenaient pour boucler leurs tenues et faire les derniers achats. Abi aurait dû être avec sa famille. Mais la brune n'avait rien voulu savoir et l'avait accompagnée, après lui avoir remit son présent - un carton de taille raisonnable remplit de fringues pour bébés. Et c'est à peine une heure plus tard qu'une contraction lui déchirait le corps, alors qu'elle s'accroupissait pour prendre une bouteille de lait, et qu'elle perdait les eaux à suivre, manquant de se casser la figure. Le plus drôle, outre le transport jusqu'à l'hôpital lorsque l'on savait la peur bleue de Bailey pour ces endroits, avait été d'apprendre que la péridurale ne serait pas possible, le travail étant trop entamé. VDM ? Validée.

« C'est bon madame Johnson. Poussez ! »

La voix de la sage-femme la ramenant sur terre, Bailey mobilise ses dernières forces pour obéir et, après un ultime effort et un râle épuisé plus tard, sentir le poids quitter son ventre. En sueur, elle ose jeter un coup d'oeil à ce qui est sorti d'elle, en proie soudainement à la peur. Est-il humain ? Le cri perçant du gamin lui fait oublier cette question, et elle sent les larmes monter couplé au désir irrésistible de prendre l'enfant. Son enfant. Son bébé. Le sien.

« Félicitation. C'est un garçon. »

Les yeux rivé sur le petit paquet finalement nettoyé, elle ne prête aucune attention à ce que peut baragouiner la femme. Elle ne sait pas plus d'où elle trouve la force de lever les bras, alors même qu'on lui apporte ce qui lui a tant coûté, pour prendre le marmot sur elle, contre elle, peau à peau, et le fixer, le détailler, le bouffer des yeux. Il est la plus petite personne qu'elle n'ait jamais vu. Il est fripé, certainement trop menu, mais sur le moment, qu'est-ce qu'elle s'en fout. Il est la plus belle chose qu'elle ait pu observer et, alors que l'enfant se calme, elle se met à fredonner de sa voix railleuse, instinctivement, les larmes troublant sa vision. Son bébé. Son fils. Humain.

« Je t'aime. »

Elle murmure, tandis que la sage femme sourit, attendrit par le spectacle - comme à chaque nouvelle naissance.

« Laissez-moi vous dire que vous avez fait du beau boulot. Avez-vous déjà un prénom ? »

Bailey redresse les yeux à la question, fixant la cinquantenaire en fronçant quelque peu les sourcils, avant de reporter son attention sur son bébé qui la regarde de ses yeux bleus perçants. A nouveau hypnotisée, elle se met à sourire - un vrai sourire, lumineux comme jamais, tandis que son coeur s'affirme, battant férocement.

« Jackson. »

Jackson. Jack. Et tandis que l'amour balaye tout sentiment d'insécurité et toutes les questions qu'elle se posera plus tard, elle se fait le serment solennel de ne jamais le laisser. Ni l'abandonner. Comment pourrait-elle ? Un simple cri a suffit. Un regard. Elle ne l'aurait jamais pensé, encore moins imaginé, alors le vivre ?
Je t'aime, dit-elle. Je t'aime, ici, maintenant, pour toujours, à jamais, qui qu'ils diront, penseront, feront. Je t'aime, mon fils. Je t'aime. Plus que ma propre vie.


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10 Juillet 2015

Plus que sa propre vie ? Vraiment ?

« Jackson Jonhson ! Qu'est-ce que je t'ai déjà dit au sujet du pistolet à clous ? Repose-le tout de suite ! »

Vêtue d'une salopette trouée à divers endroit, la travailleuse manuelle du dimanche fixe son gamin de sept ans les sourcils froncés, ses mains sur les hanches, arborant une expression faciale proche de la colère. Sa voix, calme, a pourtant eu le mérite de faire sursauter l'enfant qui fronce le nez, peu ravi de s'être fait prendre en flagrant délit et qui tente la moue innocente pour s'en sortir.

« Mais maman ... »

Comme tout enfant qui se respecte, Jack défie l'autorité de temps à autre, ce qui s'avère parfois compliqué pour sa jeune mère célibataire. N'ayant pas réellement eu de modèle, elle fait ce qu'elle peut avec les moyens du bords, ce qui s'avère parfois être une véritable catastrophe. Heureusement, elle est épaulée par les quelques amis quelle a pu se faire dans cette contrée paumée du Minnesota, ayant déménagé avec Jack quatre mois après la venue au monde de ce dernier pour des raisons qu'elle ne préfère pas citer - le géniteur de Jack en étant la cause principale. Car il l'avait retrouvée, et la peur qu'il lui avait inspiré la dernière fois avait suffit à lui faire prendre la mesure drastique : fuir. Une nouvelle fois. Bien entendu, elle est restée en contact avec Abi, bien qu'elle n'avait pu la revoir depuis, faute de moyens. Elle la regrettait d'ailleurs, cette tendre amie que Jack nommait encore Tata, mais dont elle se passait pourtant. La vie à Marcell n'était pas plus simple qu'ailleurs mais elle y trouvait une plus grande liberté que tout ce qu'elle a pu vivre. A vrai dire, avec cent habitants à tout casser, ce n'est pas les voisins qui venaient lui casser les pieds. La population doublait à peine l'été, avec les beaux jours et le camping non loin, mais cela restait parfaitement correcte. De grands espaces et de l'entraide, voilà ce dont elle rêvait pour élever son fils et bien qu'elle ne regrettait aucunement sa décision, elle admettait malgré tout en avoir marre des cancans allant bon train, doublés par certains irréductibles qui continuaient de la regarder de travers. Personne n'était parfait et gagner sa place était d'autant plus difficile mais ... Qu'importe.

Bailey arrête ses activités pour venir à la rencontre de son fils. Depuis le temps qu'il la tanne pour avoir une fichue maison dans un arbre comme son copain Liam, voilà qui est chose faite - à la différence qu'elle n'est pas dans un arbre. Qu'importe. Une cabane est une cabane, et au final ce n'est pas si sorcier que cela à construire quand on s'y prend bien. Elle fixe son regard vert et sa bouille de poupon blond qui feraient fondre n'importe qui - seule véritable chose qu'il ait pris de son père par ailleurs - sans pourtant en démordre.

« Jackson. Ne m'oblige pas à me fâcher. »

L'enfant bougonne, pour la forme mais tend finalement le pistolet à clous à sa mère, qui soupire et le reprend. Ce gosse lui causera un arrêt cardiaque un de ces jours. Elle va ranger l'engin, avant de se retourner, et lui sourire, doucement, un air malicieux dans les yeux, désireuse de passer à autre chose maintenant que le problème est réglé - pour cette fois.

« Evangeline est encore tombée en panne. Tu viens m'aider à la réparer ? »

Le blondinet relève la tête et, comprenant qu'il ne se fera pas punir, se met à sourire grandement. Il détale pour rejoindre sa mère, ravi de pouvoir l'aider, sans se douter une seconde que son grand-père proposait autrefois la même chose à sa mère lors de temps plus joyeux. Elle comme lui sont loin de savoir, deux jours plus tard, le même engin de discorde causera un accident qui ne les laissera pas indemnes, la rousse ayant peur des hôpitaux, le petit blond ayant une peur bleue du sang. Il n'est pas son fils pour rien, après tout. Et si elle regrettera de ne pas avoir balancé le pistolet dans un coin inaccessible, cela aura au moins l'avantage de le faire écouter un peu plus.


_________

17 Février 2016


« Bailey ? C'est Abi. Je ... Je n'ai pas beaucoup de temps. Je l'ai retrouvé. »

Une simple réplique qui a pourtant réussit à redonner d'espoir à la rousse. Deux mois. Deux mois à chercher son fils, deux à mois à criser, sous la peur, sous la rage, sous le désespoir. Comment ? Pourquoi ? Elle n'aura peut-être jamais les réponses mais ce n'est pas tant la priorité.

« Où ? »

Sa voix, tremblante, murmure dans le combiné dont la batterie est presque morte. Où est son fils ?

« Il est ici. A San Francisco. »

En elle, la confusion est une tempête qui glace ses membres. San Francisco. Pourquoi San Francisco ? Au moins est-elle heureuse qu'il soit encore sur le continent américain. Cruelle ironie, se dit-elle, avant d'inspirer, suffoquant presque.

« Comment va t-il ? »

Deux mois. Qui sait ce qu'il a pu vivre avec ce psychopathe. Avec ce ... monstre. Dans sa tête, les dernières images de Greg s'imposent à nouveau. Ce sourire malsain, cette promesse non dite. Cela avait duré que quelques secondes avant qu'il ne disparaisse dans la foule, sept ans plus tôt, mais sa réaction avait été tant violente qu'elle savait que ce n'était pas un rêve. Les monstres existaient. Greg était l'un d'entre eux, bien qu'elle ne savait pas exactement ce qu'il était - et à vrai dire, elle n'avait aucune envie de le savoir. Comment cet enfoiré avait-il pu la retrouver en revanche restait un mystère, et le fait que sa pire crainte se soit réalisé ne l'aidait en rien à se calmer. Se forçant pourtant au calme, elle ferme les yeux quelques secondes. Qui aurait pu massacrer la nounou si sauvagement et emporter l'enfant si ce n'était lui ? Sans compter que le message était très clair. Trop clair, d'ailleurs.

« Comment va t-il, Abi ? »

Elle repose sa question, sa voix se faisant plus forte, nerveuse, angoissée. Comment va mon fils ?

« Je ne sais pas. Ecoute ... Je ... Je dois raccrocher. »

La voix se fait soudain lointaine, en plus d'être comme angoissée. Elle lui cache quelque chose mais Bailey n'a pas le temps de demander des comptes. Elle comprendra plus tard, elle espérait juste qu'Abi ne s'était pas fourrée dans les ennuis pour elle - il ne manquerait plus que ça. La priorité était Jack.

« J'arrive. »

Simple réponse, promesse scellée dans sa poitrine. Son fils était vivant. Son fils était vivant, certainement apeuré et c'était à elle d'aller le chercher maintenant - après c'était sa faute si ils en étaient là. Raccrochant l'appel, elle redémarra son tas de ferraille avec une rage qu'elle n'avait plus connu depuis longtemps. Si elle ne se trompait pas, elle mettrait trois jours à rallier San Francisco, en comptant les arrêts pour dormir un minimum et se poser le temps de manger. Elle ne pouvait se permettre de gaspiller la moindre parcelles d'énergie. Plus maintenant. Une nouvelle résolution pulsait dans son coeur à présent. Elle allait lui latter la gueule. Quoi qu'il soit devenu. Elle allait lui faire mal. Personne ne touchait à son fils sans s'en sortir impunément. Géniteur ou non.

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Message Sujet: Re: Go Fuck Yourself with a cactus ♦ Bailey Sam 25 Juin - 20:55

Hell yeah, you're in !


boom baby !

Avec accord du staff, cette fiche a été approuvée !

Edit du 18.03.16 » Refonte du perso. Nouvelle fiche également approuvée par le staff.
FELICITATIONS !

Tu es désormais validé(e) !
Tu peux dès à présent participer aux intrigues en cours, poster et demander des rps à gogo
N'hésite pas à contacter le staff au moindre problème et à venir nous voir de temps à autre sur la CB Pense enfin à voter de temps à autre sur les top-sites, mais surtout ... Amuse toi bien !


AUTRES LIENS UTILES

» coin administration du personnage ❖ pour te recenser, voir les missions proposées, zieuter les défis et les demandes de rps

» créer ton journal de bord ❖ pour permettre à ton personnage d'évoluer hors rp

» carnet d'adresse ❖ pour noter tes liens avec potes ainsi que tes rps en cours

» créer un scenario ou des pré-liens ❖ si jamais cela te tente

» lancer une rumeur ❖ anonymement sur le TUMBLR

» poster un petit mot ❖ sur notre fiche PRD


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Message Sujet: Re: Go Fuck Yourself with a cactus ♦ Bailey

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Go Fuck Yourself with a cactus ♦ Bailey

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