Partagez | .
 

 My heart in passion, and my head on rhymes + Eliott

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2  Suivant
AuteurMessage
avatar

Age : 288 ans.
Métier : Homme d'affaires, philanthrope et leader du nid de vampires de San Francisco
Situation : Célibataire.
Localisation : San Francisco (US).
Feat. : Matthew Goode.
Copyright : Ira'beth.
Je suis aussi :


Date d'inscription : 01/06/2016
Messages : 110

Message Sujet: My heart in passion, and my head on rhymes + Eliott Mer 1 Juin - 23:04

Eliott A. d'Arundel


Matthew Goode

ANECDOTE UNE ❖ Eliott est un passionné. Et l'une de ses premières passions, c'est la beauté qu'il apprécie et admire sous toutes ses formes. Le lieu où il la retrouve de la manière la plus évidente, c'est l'art. Peinture, cinéma, littérature, sculpture, musique, photographie. Il peut consacrer un temps incalculable à chacun de ces domaines. Il dessine d'ailleurs lui-même merveilleusement bien et a fait de la peinture dans sa jeunesse, sans avoir pour autant un style de prédilection. Son bref séjour à Londres a notamment été l'occasion pour lui de se rapprocher de peintres qu'il admire comme Thomas Gainsborough ou Joshua Reynolds. Il continue de griffonner de temps à autre encore aujourd'hui quand il s'ennuie.
ANECDOTE DEUX ❖ C'est aussi un artiste accompli en tant qu'acteur, chanteur, danseur ou même musicien. Il n'a jamais fait carrière dans aucun de ces domaines mais cela ne l'empêche pas de se donner en spectacle à l'occasion (soit très souvent). Il est autrement un excellent public qui continue d'adorer le théâtre, l'opéra ou même les films. Il déteste cependant les films de vampires qu'il trouve si peu raccord à la réalité mais voue par contre un culte au cinéma américain des années cinquante. Il a notamment vécu à Hollywood quelque temps à l'époque et regrette encore parfois cette période où il en a profité pour financer quelques productions. Il considère le cinéma contemporain comme bien moins bon que celui de ce temps-là.
ANECDOTE TROIS ❖ Musicalement parlant, c'est un grand adepte de la musique de la Nouvelle Orléans où il se rend de temps à autre et où il a vécu dans un premier temps avant de tomber amoureux de San Francisco. Il continue aussi d'apprécier l'opéra et la musique classique et il n'est d'ailleurs pas rare de l'entendre chanter à tue-tête quand l'envie lui prend d'en écouter.
ANECDOTE QUATRE ❖ Il est aussi polyglotte et parle un certain nombre de langues. En apprendre de nouvelles fait partie des passe-temps qu'il a pu trouver. Sa connaissance des langues anciennes en partant de l'indo-européen lui facilite par ailleurs grandement la tâche. Il met un point d'honneur à parler une langue parfaitement avant de passer à la suivante. Il adore notamment le fait que cela lui permette de lire tout ce qu'il veut sans avoir besoin de traduction. Il possède ainsi une préférence personnelle pour les littératures anciennes, allemande ou scandinave et a un attachement particulier pour le De Rerum Natura de Lucrèce.  
ANECDOTE CINQ ❖ Parmi ses autres passe-temps, on peut noter de manière non exhaustive : embêter son frère aîné (très important), boire de l'alcool fort (beaucoup) avec une préférence pour le bon vieux scotch (à moins qu’il entreprenne de vider son immense cave à vin) ou alors apprécier la beauté de la jeunesse (souvent féminine mais au fond, il ne s'interdit rien, inutile de faire un dessin). Il possède aussi une passion toute particulière pour les chevaux.
ANECDOTE SIX ❖ Il aime être bien habillé et porte une attention bien particulière à son apparence. Tous ses costumes sont bien entendu sur mesure. Il n'est en revanche pas  fan de la cravate de manière générale (ça masque la gorge, comprenez). Il se laisse pousser la barbe de temps à autre tout en veillant à toujours la tenir bien taillée, sinon, il est rasé de près. Il porte habituellement une chevalière à l'index droit et parfois des lunettes. Il possède, enfin, une collection non négligeable de parapluies.
ANECDOTE SEPT ❖ Né au sein de l’aristocratie anglaise, il a reçu l’éducation qui convient à son rang et en conserve encore aujourd’hui les bénéfices et les principes majeurs. Aussi en dépit de son côté fantasque et extraverti, il possède toujours des manières de gentleman bien anglais et y tient comme il tient à son accent. Il attache aussi une importance propre à la monarchie qu'il respecte encore, en tout cas, dans son pays d'origine et aime se penser à la tête de la sienne. Il lui arrive parfois d’être quelque peu nostalgique de l'époque de son humanité où bon nombre de choses étaient bien plus évidentes et intéressantes mais il trouve tout de même des avantages à l’époque moderne.
ANECDOTE HUIT ❖ Si l’on omet le fait que sortir en plein jour est quelque peu problématique dans sa condition (d'où un culte étrange pour les jours de pluie ou de brouillard), il est parfaitement satisfait de son état de vampire et apprécie grandement les nombreux aspects positifs inhérents à son espèce. Il lui paraîtrait ainsi totalement inconcevable de revenir à une situation, disons, plus humaine et délaisser le caractère quasi-divin (carrément divin dans son cas, disons-le clairement) qu’il est le sien désormais. Bien qu'il ait appris à réduire sa consommation, il continue d'apprécier plus par envie que par nécessité une belle débauche de sang. Il a, par ailleurs, ses périodes en ce qui concerne ses choix de victimes. Quand il en trouve une qui lui convient, il a toutefois tendance à y rester fidèle.
ANECDOTE NEUF ❖ Il y a peu de personnes dont il peut se dire proche. Certains vous diront que c’est le cas mais à la vérité, bon nombre auront tort. Seul son frère peut réellement se targuer de posséder son affection inconditionnelle et débordante. Il n'a, en réalité, jamais connu de relation sérieuse que ça soit de son vivant comme dans sa vie vampirique. Sa confiance quant à elle est plutôt difficile à obtenir. Du reste, il vît sa condition divine de manière presque solitaire, bien qu’il ne soit pas souvent seul. Le fardeau des puissants vous dirait-il.
ANECDOTE DIX ❖ Businessman hors pair, il gère ses affaires d’une main de maître et les fait fructifier depuis des années avec succès. Il possède plusieurs établissements avec une préférence pour les boites de nuit, généralement sous différents pseudonymes. Il n’est pas rare qu’il utilise d’ailleurs son second prénom dans ces cas-là, à moins qu'il ne s'inspire de personnages de fiction qu'il adore. Il garde par ailleurs toujours un œil sur les affaires de son frère.
ANECDOTE ONZE ❖ Il était fiancé quand il était humain à Lady Elizabeth Keppel. Le mariage ne s’est jamais fait pour des raisons évidentes. N’étant pas amoureux, il ne l’a jamais vraiment regretté. Elle-même a fini par en épouser un autre. Pansexuel. Il n’aime pas se restreindre mais reste principalement un consommateur de femmes (oui, c’est bien précisé, consommateur).
ANECDOTE DOUZE ❖ Patron et comptable du Bloody Mary.
Il est à la tête d'une compagnie spécialisée dans les hôtels, bars, casinos et boites de nuit, Ingelger Corp. Il possède également une boite de production (Stoker Productions) et une maison d'édition (Blackmere Editions). Il a aussi des parts dans les entreprises familiales liées aux d'Arundel et est enfin le créateur de Blount Fondation. Il est ausi le leader du nid de vampires de San Francisco.
ANECDOTE TREIZE ❖ Il vît actuellement à San Francisco mais détient des résidences dans différentes villes aux Etats-Unis voire dans le monde + D’origine anglaise, il possède aussi la nationalité américaine pour des raisons pratiques. En revanche, bien qu’il soit parfaitement capable de s’en débarrasser (ce qu’il fait parfois), il a toujours un accent anglais bien marqué auquel il tient + Il a un frère aîné, Melchior qu’il a changé en vampire. Avec eux, la lignée s’est éteinte bien que le titre existe toujours
ANECDOTE QUATORZE ❖ Il possède un très bel arsenal d’armes bien caché qu’il a complété au fil des ans et qu’il serait trop long de détailler. Parmi les plus importantes et donc les plus usitées, il y a la rapière qui était la sienne de son vivant et qu'il a conservé. Il possède toujours à portée de main, généralement aux chevilles, deux poignards à double tranchant d’une trentaine de centimètre, frappés aux armoiries familiales. Il a aussi un vieux colt SAA, planqué sous son bureau et qu’il utilise rarement, n’appréciant pas particulièrement l’odeur (ou le goût) de la poudre. Du reste, ses compétences et ses capacités vampiriques suffisent généralement à faire le travail.

CARACTERE
Extrême + Intense + Violent + Sanguin + Ardent + Passionné + Mégalomane + Charismatique + Aristocratique + Leader-né + Stratège + Manipulateur + Calculateur + Opportuniste + Ambitieux + Charmeur + Joueur +Enfantin + Infatigable + Capricieux + Fanfaron + Indomptable + Indiscernable + Observateur + Brillant + Eloquent + Curieux + Cultivé + Insatiable + Créatif + Artistique + Protecteur + Possessif + Jaloux + Rancunier + Versatile + Excessif + Désinvolte + Provocateur + Maniaque + Tendre + Tactile + Torturé + Insatisfait + Arrogant + Cruel + Autoritaire + Critique + Influent + Entêté + Imbu de lui-même.
Hello Darling ! Ici The Rt. Hon. The Lord Eliott Alexander Thomas Henry Howard d'Arundel, aka le Baron Talbot et Strange de Blackmere. J'arbore fièrement mes 288 années depuis le 13 Décembre 1727. Si tu fouillais mon dossier entièrement, tu saurais que je suis un Vampire né à Worksop Manor, Bassetlaw, Nottinghamshire (UK), et que je suis présentement une personne célibataire ayant une préférence pour tout. J'exerce présentement le métier de Homme d'affaires.

pouvoirs

SUPER FORCEAvancé Comme tout vampire, il possède une force plus importante qu’un être humain ordinaire. Du fait de son âge, il parvient généralement à maîtriser sa progéniture et ses connaissances dans le combat au corps à corps ou les arts martiaux lui permettent d’en faire un usage plutôt dangereux.
SUPER VITESSEAvancé Au même titre que sa force, sa vitesse est supérieure à celle d’un être humain. L’âge avançant, elle va de pair et tend à augmenter.
SUPER AGILITÉAvancé Ayant toujours su se défendre, il était agile déjà au temps de l’humanité. Ce trait a bien entendu augmenté avec sa transformation. Il adore par ailleurs y avoir recours.
SUPER-SENSAvancé La vue, l’ouïe, le toucher, l’odorat et même le goût. Tout y passe. Le goût n’est plus ce qu’il était pour des raisons évidentes mais il n’empêche qu’il est suffisamment développé pour qu’il ait ses préférences en terme de sang humain (comprenez dans la fleur de l'âge). Parmi les nombreuses améliorations apportées par sa nature, le développement de son ouïe fait partie de ses favorites, du fait de son intérêt tout particulier pour la musique. En revanche, cela ne rend les fausses notes que plus insupportables.
IMMORTALITEActée Comme tout bon vampire, il est insensible au passage du temps (ce qui lui convient très bien) et peut potentiellement vivre éternellement (ce qu'il compte bien faire).
INVULNÉRABILITÉAvancé De son vivant, il avait déjà appris à bien supporter la douleur, cela s’est encore accentué après sa transformation. Du reste, il est semblable dans ce domaine à tous les autres de son espèce.
REGENERATIONAvancé En écho aux deux précédents, on peut ainsi ajouter cet autre aspect plutôt avantageux de la condition vampirique.
SUPER ENDURANCEAvancé En tant que vampire, il se fatigue ainsi très peu, d’autant moins qu’il maîtrise depuis quelques années particulièrement bien sa faim. En revanche, cela a un inconvénient. Ne pouvant pas facilement se fatiguer, il s’ennuie très vite et il déteste ça.



Asilium

Connue sous le pseudonyme de Iracebeth, j'ai présentement 26 pommes depuis le 15 Octobre. J'ai connu SH grâce au staff de sadiques tentateurs et j'ai pris connaissance du règlement. La preuve Gabe valide  What a Face .

Je crédite Iracebeth pour mon avatar, PRMOK pour mes gifs & PRMOK pour mon icon.

© HELLOPAINFUL; revisité par SHADOW



be thou the rainbow in the storms of life.
the evening beam that smiles the clouds away, and tints tomorrow with prophetic ray (lord byron)

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://solemnhour.forumactif.org/t320-my-heart-in-passion-and-my-head-on-rhymes-eliott http://solemnhour.forumactif.org/t800-carnet-d-adresses-d-eliott-d-arundel#9277 http://sceneriesofhope.tumblr.com/
avatar

Age : 288 ans.
Métier : Homme d'affaires, philanthrope et leader du nid de vampires de San Francisco
Situation : Célibataire.
Localisation : San Francisco (US).
Feat. : Matthew Goode.
Copyright : Ira'beth.
Je suis aussi :


Date d'inscription : 01/06/2016
Messages : 110

Message Sujet: Re: My heart in passion, and my head on rhymes + Eliott Mer 1 Juin - 23:06

Story of your life


EVERY MAN DESIRES TO LIVE LONG, BUT NO MAN WISHES TO BE OLD (J. SWIFT)



Part. 01
Life is never fair,
and perhaps it is a good thing for most of us that it is not.

(O. Wilde)


La nuit était suave. Doucereuse. Presque légère. L'air semblait vouloir entremêler le suffoquant et une fraîcheur toute particulière. Il y prêtait peu d'attention pourtant. Le temps n'était pas aux réflexions, ni même aux observations. Il était aux célébrations. A la vie, incessante, virevoltante. Entêtante comme bercée par une musique bien en elle à peine audible au commun des mortels. Il l'entendait cependant. Du moins, il la sentait. Vibrante tout autour de lui, ne le pressant que d'une chose. Embrasser la nuit et l'existence. Respirer le parfum du vent et les effluves distingués de la Cour. Il allait être en retard. Il le savait. Le valet n'avait eu de cesse de le presser mais il n'en avait que faire. Il se devait de soigner son entrée. Et les rois n'étaient de toute manière jamais en retard. C'était le peuple qui était en avance. Oh, il n'était pas un roi. Il y en avait déjà bien un mais il était loin d'appartenir à son sang. Il n'en avait cure toutefois. S'il n'était pas roi dans ce royaume, il l'était dans son univers. C'était amplement suffisant. Y croire, épouser chaque parcelle de l'idée le satisfaisait, il devait juste s'en convaincre. Il avait demandé au chauffeur de ne pas toucher les ouvertures. Il voulait pouvoir sentir l'air de la nuit et le vent chatoyant dans l'habitacle même de la voiture. Respirer lentement, s'imprégner encore et toujours du goût si caractéristique de la capitale britannique. L'heure était avancée. La fête battait sans doute déjà son plein mais elle n'était pas complète, pas encore, pas sans lui. Il aimait cette idée. Cette pensée lui fit naître un sourire. Il serait bien difficile de rentrer au domaine. Il le faudrait pourtant un jour ou l'autre. Il n'était pas spécialement prompt à le faire. Il le faudrait pourtant. Ne serait-ce que pour revoir son frère, son cher Melchior. Il avait hâte de pouvoir lui offrir le récit de sa vie londonienne autrement que par ses lettres. Il voulait le lui transmettre non seulement par ses mots mais aussi par sa voix, par ses gestes. Lui offrir un spectacle qui serait digne de rendre compte de la vie, ici, tellement loin de la maison. Mais pour pouvoir conter, il fallait d'abord vivre et il comptait le faire. Laquelle allait-il attirer dans ses filets ce soir-là ? A laquelle allait-il pouvoir compter ses nombreux talents en vue peut-être de lui offrir l'exclusivité de quelques-uns ? Le jeu l'amusait déjà. Le temps lui parût soudain long. Il avait envie d'arriver. Il se retint, par ailleurs, d'une remarque au chauffeur. Il préférait le garder dans ses bonnes grâces. Pour plus tard. Celui-ci marqua un arrêt pourtant. Il leva les sourcils au ciel, surpris, commença à observer à l'extérieur avant d'envisager de lui demander pourquoi donc il s'était arrêté. Il pouvait le voir. Ils n'étaient pas encore arrivés. Son interrogation lui resta cependant en travers de la gorge en même temps que sa voix. Le son qu'il venait d'entendre n'avait rien d'humain. C'était un cri d'homme pourtant mais il était loin de le sembler tant il était déformé. L'effroi le saisit et l'hésitation avec lui. La marche à suivre lui échappait. S'échapper pourtant paraissait être une bonne option. Mais comment la saisir ? Ils allaient venir pour lui. Il le savait. Mais qui étaient-ils ? Était-il visé ? Il se surprit à passer en revue dans sa tête la liste des individus qu'il avait pu irriter récemment. Aucun ne lui venait pour justifier la situation dans laquelle il se trouvait. A moins qu'il n'ait touché à la personne de trop. Depuis quand il était interdit de se servir ? Il connaissait déjà la réponse et n'avait pas vraiment besoin que sa maudite conscience la lui rappelle. Le problème en l'occurrence était autre et surtout bien plus urgent. Il ne savait toujours pas comment agir. Devait-il se faire discret, tenter de fuir ? Aucune de ses idées ne semblait pourtant vraiment l'aider. Il était coincé. Effroyablement coincé. Il espérait qu'ils ne soient pas trop nombreux. Il saurait se défendre, à condition de ne pas faire face à une armée. Peut-être devrait-il faire ce choix alors ? Celui de l'attaque plutôt que de la fuite. Depuis quand les d'Arundel envisageaient-ils la fuite de toute manière ? Il se sentait soudainement sot. Il ignorait combien de temps était passé depuis qu'il s'était perdu dans ses réflexions. Une demi-seconde, peut-être deux, à moins que les minutes n'aient choisi de défiler. Non, c'était peu probable. Ce temps avait été trop long en tout cas. A peine avait-il décidé de sortir que le choix lui fut ôté. Mais l'accueil à la sortie était loin d'être celui qu'il attendait. Un homme. Seul. Non, pas un homme. Définitivement pas un homme. Mais quoi alors ? Il s'apprêtait à l'interroger mais avant qu'un mot n'ait pu franchir ses lèvres, il s'était saisi de sa jugulaire.

Le brouillard. Un grésillement incessant; éreintant. Une lumière bien trop vive. L'éclat perdu dans les monceaux de poussière éparpillés de l'air. A moins que ça ne soit des plumes. Des nuages alors ? Le bruit. Comme un cri. Non, un murmure. L'écho qui résonnait puis se perdait. L'étau qui se refermait puis s'étirait. La musique de la pluie. Non, du sang. Comme une palpitation. Les couleurs manquaient. Absentes. Du noir, du gris, du blanc. Était-ce du rouge ? Faisait-il jour, nuit ? Nuit. Il faisait nuit. La voix était muette. La gorge sèche. Le parfum était âpre. Désagréable. Agressif. Merveilleux. Des parcelles de verre. A moins que ce ne fusse du diamant. Et le grésillement incessant. Perdu dans la musique. Une mélodie douce comme du piano. Non, pas du piano. Le flot dans les tempes. Sourd. Assourdissant. Les hurlements s'échappèrent. Réels ou pas réels ? Non. Vivants ou morts ? Vivant ou mort ? Et soudain l'encre noire. Et le silence.
______

Les murs étaient humides. Froids. Confortables. Il jouait avec les chaînes accrochées à leur portant. Elles n'étaient pas les siennes. Pourquoi le serait-il ? Il n'avait nul besoin de chaîne. Il était libre. L'était-il ? Parfois les souvenirs étaient là. Puis ils repartaient. Ils étaient doux, attendrissants. Étaient-ils vraiment les siens ? Il préférait ne pas y penser. Ces chaînes. Il les haïssait. Toutes. La colère vint saisir ses membres et le désespoir avec elle. Quelque chose lui échappait mais quoi ? Depuis combien de temps était-il là ? Enfermé là pour lui ? Il avait perdu le compte de jours, des heures. L'horloge n'était plus sur ce mur depuis longtemps. Combien de temps ? Peut-être un an, peut-être deux. Peut-être un mois ou quelques semaines. Qu'importe au fond. Le monde avait sans doute oublié son nom.

Il avait fini par arriver. Son cher ami. Ami ? Il n'arrivait pas encore à se décider sur le terme. Il avait besoin de lui. Il avait toujours besoin de lui. Rectification. Il avait besoin de son sang. Il en était presque flatté. Il en était flatté. Une part de lui aurait préféré vivre pourtant. Observer encore un peu la lumière du jour. Pourquoi devaient-ils être deux à en être privé ? Il s'en satisfaisait pourtant. Un peu. Parfois. Souvent. La sensation n'était pas nouvelle. Elle ne faisait presque rien. Elle était différente cette nuit-là pourtant. Elle était promesse. Il allait enfin être libre. Libre d'être vivant. Libre d'être mort. Et ses lèvres alors affichèrent un temps un sourire de triomphe.

La douleur avait été saisissante. Vibrante. Insupportable. Le son était strident. Violent. Vivant. La voix était muette. Trop chargée. Et puis les heures, les heures. La pluie. Non, le vent. Le feu. Le feu sans cesse. Ardent, inextricable. Là, toujours là. L'embrasement. La couleur de la lumière. Quelle couleur ? Le flou. La toile blanche. Le brouillard. Encore. Différent. Et les heures, les heures. Une minute, peut-être deux. Il le sentait. Il le sentait. Fuir, partir, l'abandonner. Puis revenir. Autrement. Plus morte que vivante. Juste la vie. Juste le monde. Son monde. Pleuvait-il ? Le sang continuait de battre. Puis de sombrer. Les odeurs étaient là sans l'être. Il aurait été incapable de les définir. La douleur refusait de s'échapper. Les pensées implosèrent. Le souffle se hacha. Le temps se fit sourd et l'éclat du jour finit de s'éteindre dans la prunelle de ses yeux.

Tout était. Vivant. Effroyablement vivant. Les couleurs. Les sons. Les matières. Et la lumière. La lumière aveuglante était plus belle que jamais. Il était mort mais il se sentait vivant. L'énergie était nouvelle, traversant chaque centimètre carré de son corps. Et il était plus beau que jamais. Il s'était toujours considéré plus beau que la moyenne. Mais cette fois, l'artiste semblait s'être surpassé. Il n'y avait aucun regret dans ses gestes, dans ses pensées. Il était là. Brillant et beau. Il n'eut pas le temps de s'en occuper pourtant. La gorge était sèche. Brûlante. L'esprit confus, comme assourdi. Il avait perdu le compte des lieux, des nuits. Le bruit le surprit. Il se tourna vivement. Trop vivement peut-être. Il n'en perdit pas l'équilibre pour autant. Quelque chose n'allait pas. Il n'aurait su dire quoi. Un regard paniqué croisa le sien. De quoi pouvait-Il donc être si effrayé ? Avait-il manqué quelque chose ? Impossible. A moins que. Le bruit se fit plus présent, plus sourd. Et puis il comprit. Il se prit un mur, au passage. Fuit. Pourquoi ? Il observa les alentours, ses idées trop confuses pour lui venir en aide. Il ne comprenait pas. Il détestait ne pas comprendre. La soif pourtant. Ce tiraillement. C'était loin d'être le moment. Il le savait. Alors pourquoi ? Il les vît alors. Combien étaient-ils ? Il les comptait mais perdait le nombre. Il paniqua. Pourquoi ? L'incompréhension toujours et la lassitude. Avant qu'elle ne meure presque aussitôt. Les circonstances ne s'y prêtaient guère. C'était une attaque. Ses gestes le perdirent cependant, aussi rapides que ses pensées, si ce n'était plus. Il n'aurait su le dire. Il flairait le danger toutefois. Il devait le rejoindre. Il avait besoin de Lui. Il n'avait plus que Lui. Non, c'était faux. C'était vrai, c'était désespérément et merveilleusement vrai. Il n'avait plus personne. La sentence vint le frapper aussi violemment que la hache avait tranché la tête dans l'air. Non, pas la sienne. Celle de son Maître. Mais la sienne n'allait pas tarder à suivre, il le savait. Il fuit alors. Mais où ? Il en trouva d'autres, massacra ceux qu'il put à moins qu'ils ne soient vivants encore. Il n'en avait que faire. Il les voulait morts. Mais il n'était pas encore mort. Pas tout à fait. La nuit le frappa soudain. Ou était-il ? Ou allait-il ? Un nom vînt l'éclairer d'une étincelle. Il savait.

Le désespoir. Il le sentait. Il le sentait saisir chaque centimètre carré de sa peau et de son âme. Ou était le temps ? Passait-il vraiment ? La panique avait pris possession de ses membres plus tôt qu'il ne l'aurait voulu. La fuite. Mais pour aller où ? L'évidence l'avait frappé mais que lui promettait-elle ? L'oubli ? Le désarroi ? L'idée même qu'il ait pu l'oublier lui paraissait inconcevable et pourtant. Elle était là, bien présente, sournoise et douloureuse, tapie dans l'ombre prête à dévorer ce cœur qui avait cessé de battre. Pourrait-il seulement la supporter si elle s'avérait vraie ? Il préférait ne pas y penser. Ne pas penser. Sa raison semblait l'avoir quitté en même temps que son audace. Cette crainte irrationnelle. D'où venait-elle ? Il la haïssait. Il la haïssait tellement. Elle le rendait faible. La lucidité le rendait faible. Le réveil, s'il en était un, était douloureux. Mais un réveil de quoi ? Qu'avait-il manqué ? Que lui avait-il échappé ? Le flot de ses pensées dépassait la norme. Il n'aurait su dire pourquoi. Une part de lui le savait pourtant. Mais elle semblait ensevelie sous les ruines d'une vie qui fut sienne et que la nuit avait éteinte. L'encre du ciel en d'autres circonstances lui aurait paru belle mais il n'y prêtait guère attention. Il ignorait où il allait mais ses pas semblaient le savoir pour lui. Son esprit était donc libre de se perdre dans des méandres ténébreuses. Libre. Ce terme avait-il encore un sens ? De quoi était-il l'esclave ? En avait-il été un ? La vérité l'effrayait bien plus encore que sa réalité. Qu'allait-il faire ? Que devait-il faire ? Il espérait que celui qu'il souhaitait rejoindre pourrait lui offrir des réponses. L'attention fut saisie, ailleurs. Vers une odeur. Un parfum. Entêtant. Magnifique. La gorge avait pris le parti des flammes et sa raison, somme toute, absente semblait éteinte plus encore. L'étincelle de lucidité. Le sourire de triomphe. Puis le désespoir. Encore. Plus grand encore. Il aurait voulu briser ses traits sur le reflet de la vitre, à moins que ça ne fusse un miroir. La fuite, encore. Pourquoi ? Pourquoi fuyait-il ? L'idée le rendait fou mais pas autant que l'effroi. L'aube vint à naître et lui brûla les rétines avec incompréhension. Il en évita donc la lumière. L'éclat en était douloureux. L'épuisement l'attrapa et la faim vint aussi. Non, la soif. Les murmures refusaient de se taire. Les grésillements de résonner. Il eut envie de hurler. Il ne parvint qu'à s'écorcher la gorge. Le goût, cette fois, lui déplut quelque peu. Et puis la fin. L'envie de tout taire. De se taire. Et d'oublier.

La pluie avait fini par arriver, maquillant le ciel et oubliant les rayons de l'astre. Il tremblait encore mais les murmures avaient pris fin. Ils reviendraient, il le savait. Tout comme la soif. La soif. Il ne devait pas y penser. L'oublier. Juste avancer. Juste continuer. Encore. Encore un peu. La nuit n'était plus très loin.
Elle ne l'était pas en effet. Ni même les lieux qu'il avait désiré. La lune vint les éclairer et la lueur de faire naître d'inexistantes larmes au creux de ses prunelles. Son palpitant avait cessé de battre mais le silence de l'endroit ne manqua pas d'en rendre compte. D'autres battaient en revanche. Le sien peut-être. Il se surprit à vouloir arpenter les murs qu'il connaissait par cœur. Combien de temps ? Le compte lui manquait. D'une certaine manière, il l'effrayait. Ses pas si agiles et si rapides désormais se firent soudainement lents, doux. Plus silencieux que l'aurore. Il franchit le pas de la porte sans même s'en rendre compte. La nuit avait prit possession du domaine et le silence n'était rompu que par la mélodie de quelques cœurs. L'odeur le frappa de plein fouet. Celle des veines, celle de la poussière, celle du temps, du passé. De son vivant. Parce qu'il était mort n'est-ce-pas ? Il le savait, le sentait, le ressentait et le vivait sans être capable de le vivre. Comment pouvait-il vivre sans vivre ? L'idée le dépassait puis lui parut évidente. Le frisson ne lâcha pas ses membres et ses doigts fins tracèrent les lignes des ouvrages jusqu'aux livres de la grande bibliothèque. Cette pièce était belle. Chauffée mais il aurait toujours froid. Pourquoi était-il là ? Qu'espérait-il vraiment ? Mourir encore ou tenter de vivre ? Comprendre peut-être. S'offrir autre chose. Il se sentait si faible pourtant. La soif en dépit de sa volonté le tenaillait. Sans doute, faudrait-il mieux fuir, revenir plus tard ou jamais. Il se détestait. Détestait sa faiblesse et sa lâcheté. Qu'était-il devenu ? Ou était-il lui, l'homme qui avait grandi sous ces toits ? Le froid, le froid, le froid. Il avait si froid. Pourquoi ? Une autre mélodie vint s'ajouter aux autres, détournant son attention. Était-ce le sien ? Se pouvait-il que ? Il était trop tard pour reculer, il était temps de cesser. Si quelqu'un pouvait lui rendre vie, du moins en son âme, c'était bien lui.
Tapi dans l'ombre, il laissa son nom franchir ses lèvres dans un murmure. Il craignait de l'effrayer. Il vît alors. Le temps ne l'avait pas épargné. Combien d'années ? Le compte l'effraya plus encore et il se refusa à y penser. Il était là. Son cher frère. Il réalisa soudain avec quel point il lui avait manqué. Il s'approcha encore, renouvela son nom dans un souffle.
Il ne fallait pas qu'il s'approche. Non. Il le sentait. Il la sentait. Cette soif. Indélébile. Effroyablement ardente. Non. Pas maintenant. Pas cette fois. Les interrogations de son frère le frappèrent soudainement comme le souvenir lointain de sa voix lui parût appartenir à une autre vie. Il le vît s'avancer. Non. Non. Je t'en prie. Je t'en prie. Il recula d'un feulement qui le surprit et l'arrêta soudain.
« Non ! N’approche pas ! »
Je t'en prie, je t'en prie. Pas toi. Pas comme ça. Pardonne-moi.
Qu'était-il venu chercher ? Il avait besoin de lui, de réponses, de comprendre. D'oublier. De fuir. De rester. Il le fixa une seconde, puis lui révéla l'évidence. Dis-moi, Melchior. Dis-moi.
« Aide-moi. »
Il masqua ce qu'il était devenu, comme réveillé. Le risque était trop grand. Qu'avait-il fait ? Il eut ses mots. Ses mots qu'il avait tant espéré. Mais devait-il vraiment y croire ? Aussi grand puisse-t-il être pouvait-il réellement lui venir en aide ? Il avait besoin de croire. Juste une seconde. Une demi-seconde de répit. Avant la fin. La dalle craqua. Il s'était approché. C'était terminé. La mort prit le dessus pour assassiner la raison et la soif pour sceller son monde.

De l'encre. Pourpre. Dans le creux des prunelles. Au travers des murs. Des couleurs. Sans éclat. Sombres et froides comme le crépuscule. Du noir, du gris, du sang. Un souffle. Puis un battement. Un qui s'éteignait. Puis un autre. Puis un autre. Le flou. Le vide. Le froid. La fin. Le désespoir. Puis le silence. La nuit. Encore. Encore un peu. Puis la lune. Ocre. Noire de la nuit et morte. Des brins. Des étincelles. Le jour était loin. Encore un peu. Encore un. La folie. Juste la folie. Le désespoir. La rage. L'agonie. Il avait été le premier mais les autres suivirent. Un puis un puis un. Les cris. Les voix. Les sons incessants. Un chuchotement, bourdonnant et puis qui grince. Tout résonnait. Tout hurlait. Tout agonisait. Si la vie était morte, l'humanité l'était avec elle. Chaque lieu. Chaque vie. Chaque pièce. Chaque corps. Tout était là. Comme avant. Si différent. Si clair. Il était aveugle pourtant. Le moindre souvenir. Puis les ténèbres. Ardentes. Brillantes. Plus vivantes que l'infime parcelle d'un monde qu'il avait quitté depuis trop longtemps. Et puis l'encre. Encore. Toujours. Plus écarlate. Plus sombre. Plus douloureuse. La faim. La soif. Encore. Toujours. Pourquoi ? Sans réponse. L'homme était éteint. Enfin. Les murmures avaient cessé, avaient laissé place aux cris d'effroi. Mais pas les siens. Le silence les réduisait au songe. Comme l'unique flamme tendait à s'éteindre. Pourquoi ? Comment ? Qu'était-il ? Ou était-il ? Qu'importe. Il était là. Il était absent. Loin du vivant. Nulle étincelle. Juste un rictus. Comme un réveil. Un appel. Celui du noir, celui de la nuit. Le désespoir n'était plus. Il n'était plus. Ne restait que le froid. Le froid mordant. Et la pluie. Du cristal, du sang. A moins que ça ne soit du verre. La musique. Incessante. Un battement, juste un battement. Des grésillements. Puis une ombre. Le sourire accroché aux lèvres. Et puis la fin. Juste la fin. Le froid. La glace. Le frisson saisissant. Il s'effondra. Sans comprendre. Agonisant. Vivant. Sale. Animal. La lumière revint. Peu à peu. Le jour était encore loin. Mais pas lui. Plus maintenant. Qu'avait-il fait ? L'horreur le prit. Figée. Un regard sur ses doigts. Fins. Ils n'avaient plus rien d'humain. Que restait-il alors ? Il se releva, lentement, trébuchant presque. La réalité le frappa. Il suffoqua. La peur soudain. A chaque corps. Chaque silhouette. Chaque goutte de sang qui peinturait les murs. Il accéléra. Pas lui, pitié, pas lui. Il le retrouva. Là où il l'avait laissé. Non. Non. Non Non. Il s'approcha. Lentement. Repu. Dégoûté de lui-même. Saisit ses doigts. Un battement. Encore. Rêvait-il ? Non. Pas cette fois. Il était la seule mélodie des lieux. Le dernier brin de vie. Il n'aurait su expliquer comment. La nuit lui revint, l'horrifiant peu à peu. Qu'était-il devenu ? Il le savait. Bien sûr qu'il le savait. C'était terminé. Il n'était plus homme. Depuis longtemps. Plus maintenant. Il avait écrit la fin. Marqué d'une lettre de sang l'épilogue de l'histoire. De cette histoire. Il le quitta une seconde. Il devait vivre. Au moins vivre, quitte à mourir. Comme lui. Avec lui. Ils trouveraient. Ils trouvaient toujours. Ils était eux. Désormais seuls contre le monde. Comme dans un rêve d'enfant. Presque comme avant.



Part. 02
Begin at once to live,
and count each separate day as a separate life.

(Seneca)


La folie les avait tous saisi. Les pauvres hommes au propre comme au figuré semblaient avoir pris le parti de la démesure. De la démence. Le monde qu'il avait connu au temps de son humanité prenait fin peu à peu. C'était insensé. Bientôt la Cour fut mise à bas, bientôt leur rang fut bafoué, renié, fit d'eux des victimes. Des victimes ou des coupables. Les points de vue divergeaient et l'idée ne lui plaisait guère. La pensée même que l'on puisse remettre en cause l'ordre de la nature au sein des hommes lui apparaissait comme une folle hypothèse. Comment comptaient-ils régner ? Comment comptaient-ils gouverner sans la grandeur du sang ? Certes, il n'appartenait plus à l'humanité mais il conservait sa prestance, sa mesure. Ce qu'il était avant d'être transformé en un être plus parfait encore. Insensé. Les nuits étaient devenues agitées, incandescentes, importantes. On massacrait les uns, les autres pour leur richesse ou pour leur naissance. Aussi, il n'avait pas hésité longtemps. Si ce n'était que ses victimes n'appartenaient pas au même milieu que le sien. Oh non. Ses proies n'étaient que des pauvres ignares qui pensaient mieux connaître le monde que ceux qui le gouvernaient. Belle erreur s'il en était. La nuit tombée alors, tandis que le sang bleu coulait à flots, il se faisait un plaisir tout particulier à déguster celui du bas-monde. Il avait réussi sans mal à fuir la guillotine bien sûr. Il savait pertinemment d'expérience que c'était bien l'une des seules choses qui pouvait le réduire au néant lui aussi. L'important était qu'ils fussent saufs. Melchior, Isobel et lui. Le reste importait peu. Si l'on devait lui prendre le monde, il leur prendrait la vie. La Terreur portait bien son nom en fin de compte. Mais il la représentait lui aussi, à sa manière.
Plusieurs ans avaient passé depuis qu'il avait rangé le monde des divinités. Du moins était-ce ainsi qu'il le concevait. Les premières semaines avaient été âpres, teintées de désespoir et de culpabilité. Ce qu'il lui avait fait .... Il s'en mordait encore les lèvres. Il pouvait le conserver avec lui de cette manière, cependant et cela représentait une forme de consolation non négligeable. Ils avaient appris ensemble, quitté leur bien-aimée Angleterre pour parcourir l'Europe et ses Cours démesurées. Embrasser le monde, embrasser ce qu'ils étaient, découvrir chaque nuit un peu plus ce que leur nature leur offrait. Elle le fascinait. La soif avait nombre de défauts mais ils étaient souvent compensés. Chacun de ses gestes avait plus de précision, chacun de ses mots avait plus d'impact, il était lui au meilleur de lui-même, à l'acmé de la perfection. L'adieu à l'humanité n'avait pas été sans prix mais il était loin de le regretter. Ces jours-ci, moins encore. Il avait beau connaître sa place, l'apprécier outre-mesure, il n'était plus homme. Il n'était donc plus de la faiblesse des semblables de son univers. Il était autre. Il n'était pas seul. Il avait pu en croiser d'autres, en apprécier certains. La famille qu'il formait avec son frère et l'épouse de ce dernier lui suffisait amplement pourtant. Il rêvait d'avoir la sienne un jour mais il avait l'éternité devant lui et pour l'heure, il envisageait surtout en profiter. Il aurait tout le temps de bâtir son empire, son royaume mais quelque chose lui disait qu'il ne resterait pas en Europe pour le réaliser. Le temps était au changement et quand bien même il prenait un plaisir fou à dévorer les petites gens, il savait que leur règne était en marche. Que le monde n'aurait plus jamais la même figure. Cela le rendait fou mais au fond. Ce monde était sujet aux changements, au fil des ans, au fil des siècles même. Son éducation le lui avait bien enseigné. L'époque qui était la sienne n'était en rien semblable à celles qui l'avaient précédée et les suivantes seraient sans doute bien différentes. Il espérait juste ne pas avoir à assister à la déchéance de cette éternité qui était dorénavant sienne. Il aspirait toutefois de plus en plus à découvrir le Nouveau Monde, celui dont on parlait tant. Ce Nouveau Monde qui, lui aussi, semblait en marche avec la folie. Il était intrigué cependant. Intrigué par un monde qui rejetait le sien, ceux qui l'avaient bâti jusqu'à présent. Il savait que le temps viendrait où il irait le découvrir, que le moment arriverait où il y fera ses marques à son tour. Pour l'heure, en attendant, il restait l'Europe. La France et sa folie qui n'avait plus rien de douce. Ce pays ne faisait décidément rien comme tout le monde. Il n'était rien d'étonnant à ce qu'il se retrouve si souvent en conflit avec le pays de ses origines. Il lui manquait parfois mais il avait compris bien assez tôt qu'il ne pourra y bâtir la nouvelle existence qui était devenue la sienne. Il connaissait les lieux trop bien, le monde trop ardemment. Chaque endroit aurait été un rappel, une douloureuse image de cette vie antérieure. Il était parti alors, les derniers membres de sa famille à ses côtés, apprivoisant cette nouvelle identité.
Cette nuit-là, il trouva d'autres victimes, d'autres illuminés assez déments pour ignorer l'importance des ordres de l'humanité. Oh il les entendait, supplier, s'effarer, pleurer parfois ou s'extasier. Réaliser soudainement que non, ils ne verraient pas les lendemains meilleurs qui leur étaient promis. Il avait rapidement compris qu'il ne fallait pas entièrement les vider, qu'il valait mieux les laisser mourir sur le bord des chemins à portée des bêtes sauvages. Qu'importe au fond. Voir l'étincelle quitter la prunelle de leur regard était un ravissement dont il ne se lasserait jamais. Particulièrement plaisant s'il en était. Le jeu était plaisant. Mais un jour, il serait bien insuffisant. Après tout, il verrait. L'infinité était à portée de ses doigts tout comme sa merveilleuse réalité. Rouge aubrun et doucement teintée.
______

La nuit était poreuse, presque fraîche mais non dénuée de couleurs. Chaque note, chaque saveur semblait vouloir offrir une autre trace de leur passage. Marquée leurs esprits comme pour signifier toujours ce que cet instant voulait dire. Les flots étaient calmes mais il les sentait impatients, comme vivants. Ce qu'ils étaient sans doute tant le monde paraissait ouvrir un champ des possibles indéfinissables. Les rayons du soleil avaient enfin quitté l'horizon et le vent incessant et sauvage ne cessait de lui procurer le sentiment que la liberté était enfin sienne. Et que le monde, le monde alors pourrait l'être peut-être un jour aussi. L'idée lui fit naître un sourire. Le compte des ans avait cessé d'avoir prise sur lui, aussi avait-il décidé de ne plus le faire. Quel intérêt au fond. L'éternité n'avait pas d'âge. Plusieurs mois étaient passés pourtant depuis qu'il avait quitté la faible nature des hommes, plusieurs années même. Passées à vivre, à errer, à comprendre enfin que sa malédiction n'en était pas une, loin de là. Il avait appris à l'embrasser, à en épouser la moindre nouveauté, la moindre étincelle de perfection qui le rendait encore plus incroyable qu'il ne l'était auparavant. A la comparaison au fond, il pouvait même en venir à dédaigner sa prime nature. Il se savait né pour mourir comme tout homme mais il aurait du se douter qu'elle signifierait alors une autre vie, bien meilleure encore. Au fil des lieux et des moments cependant, la lassitude l'avait gagnée. L'Europe avait beau être le berceau du monde et de sa lumière, elle lui avait paru soudainement si succincte. Il avait besoin de grandeur, de démesure, de renouveau à son image. Et il savait qu'il ne trouvera pas dans le lieu de son humanité. Aussi, avait-il fini par céder. A la tentation, à l'appel du monde et de sa profusion. A la beauté fauve et singulière de la vie de l'autre côté. L'esprit vagabondait au rythme des flots, impatient et insatiable. Il avait hâte de vivre, d'observer, de goûter, de noircir des milliers de lettres juste pour pouvoir tout détailler. Il regrettait quelque peu que son frère ne le suivait pas encore mais ça n'était que partie remise, il le savait. Il comptait bien continuer de le harceler à son affectueuse manière de mots et de couleurs, aussi vifs que le parfum qui saisissait déjà chacun de ses sens . L'aube approchait mais tout allait bien encore. A la fin du jour, il le savait, il pourrait enfin embrasser son inéluctable destinée.

Ce qui le frappa en premier lieu fut l'immensité. Tout paraissait si grand, si beau, si grandiloquent. On parlait souvent de la démesure de la noblesse comme de ses excès. Y appartenant lui-même, c'était quelque chose qu'il reconnaissait aisément et appréciait d'ailleurs d'une affection toute particulière, plus encore aujourd'hui qu'auparavant. La dimension gargantuesque de son Vieux Monde pourtant ne paraissait rien comparer à celle de cette ville qui était sans nul doute l'une des plus belles qui lui avait été donnée de voir. Il n'avait qu'une hâte, prendre ses plumes et conter dans les moindres aspects tous les atours de cette cité des lumières. Certes, l'ambiance était bien différente, moins nette, moins cadenassée, presque sale mais qu'importe. Le cachet qu'elle y gagnait était indéniable. Dés lors, il n'eut aucun doute. Les histoires étaient vraies. Dans des lieux comme cela, il était difficile de ne pas croire au fameux rêve du renouveau. Or c'était exactement ce dont il avait le besoin. La renaissance avait déjà fait sienne son enveloppe, sa nature même mais le monde manquait de mesure pour atteindre l'éclat qu'il voulait lui donner. Aussi après avoir changé de pays, il s'était laissé tenter à changer de continent. Il était parti seul, pour l'heure mais il comptait bien n'en faire qu'une variation de temps. Nul doute que son frère adoré finirait par le rejoindre avec son épouse. Pour l'heure, il ne lui restait qu'à découvrir, qu'à explorer, observer, embrasser les brises et les parcelles de fumée qui montaient dans les rues et rendaient les lieux si particuliers. Le trajet avait été long, infini presque mais nécessaire. La faim cependant s'il la contrôlait sans accroc commençait à le saisir douloureusement. C'était bien l'aspect le plus déplaisant de sa nouvelle condition. Elle en valait toutefois largement la peine. Évitant soigneusement les sources d'ennuis de toutes sortes, en bon britannique qui désirait ne pas rencontrer de troubles inutiles, il se mit donc en quête de la ville et de ses pavés. Oh, il aurait tout le temps de chercher les soucis plus tard, il attendait même ce moment avec impatience. Pour le moment en revanche, la priorité s'était faite autre. Et puis, au fond, c'était là une occasion en or d'en voir plus en avant de cette nouvelle terre. Il parcourut les avenues, les allées, se nourrissant des effluves et des lumières d'étoiles si similaires et pourtant si différentes de celles qu'il connaissait. Il se laissa porter par les fumets, les parfums, oublieux du monde et de sa si faible humanité. Un palpitant finit par saisir son oreille et une fragrance, son odorat. Les sens acérés commencèrent alors à faire leur chemin jusqu'à l'ignorante et faible victime. Mais son attention fut rapidement détourné par ailleurs, à son grand mécontentement. Il vît bien assez tôt qu'il n'était pas seul et par là qu'il était même en compagnie d'autres individus de son espèce. Intéressant. Il fit fi de son appétit pour un instant, soudainement plus intrigué par le comité d'accueil. Pour avoir vécu dans un milieu fait de codes de toutes natures, il ne s'offusqua pas plus que de mesure de leur présence. Au fond, il n'en attendait pas moins. Par chance, il n'était plus tout jeune et l'imprudence n'avait pas encore pris le pas. Si elle devait le faire, ce serait de son choix et ce serait par puéril amusement. Il repéra sans peine le maître à penser du quatuor qui se tenait à quelques mètres, l'encerclant presque. Il les salua alors de son ton le plus mielleux et hypocrite, parfaitement conscient qu'il serait entendu à sa juste valeur, ce qui ne manqua pas de lui faire naître un sourire.
"Tu ne manques point de culot, cher ami."
"Généralement non, mais il paraît que cela fait partie de mon charme."
"Je peux observer à ton attitude que tu sais à qui tu t'adresses. Maintenant, la question est donc de savoir si tu es fou ou suicidaire."
"Ce sont là les deux seuls choix que tu me proposes ? Un peu réducteur, non ?"
"Je ne pense pas, non."
"Alors j'opterais pour la folie, elle est tellement plus distrayante. Le suicide n'a jamais été mon odeur de sainteté."
"Que fais-tu là ?"
"Pour que tu aies besoin de poser la question, c'est moi qui vais commencer à douter de tes habilités mentales."
"Espèce de"
"Oui ? Continue, j'adorerais entendre la fin."
"Fou certes mais également suicidaire."
"Hm, non. Toujours pas."
"Malheureusement pour toi, c'est bien ainsi que ça va se terminer."
"Permets-moi d'avoir un doute sur le sujet."
"Oh tu vas ..."
"Dorian !"
Erreur. Le maître à penser n'était pas celui qu'il croyait. En réalité, celui-ci semblait avoir fait le choix d'une entrée à retardement. Ses préférées. Le respect qu'il imposait lui apparut immédiatement bien plus justifié. Aussi se surprit-il à faire l'effort de tenir sa langue. S'amuser d'un leader de pacotille était toujours divertissant mais il n'était pas question encore de s'entourer d'ennemis. Il fallait pouvoir jouer de ses cartes mais surtout des bonnes. Il n'avait pas menti après tout, il n'était pas candidat au suicide.
"Quel est ton nom ?"
Il l'observa une seconde, notant le changement soudain d'attitude chez ses comparses. Cette forme d'adoration l'avait toujours fascinée et dire qu'il en rêvait aurait été un doux euphémisme.
"Je voies. Je suis Michael. Maître du nid de Manhattan."
"Eliott."
"Européen ? Anglais même. Tu es définitivement fou. Mais la folie est une qualité, surtout par les temps qui courent."
Les regards ne manquèrent pas. Il pouvait les voir saisir l'évolution de la situation, deviner ce qui allait suivre et ils étaient loin de s'en réjouir. Il n'en avait que faire. Ils importaient peu. L'intérêt était face à lui.
"Tu viens d'arriver. Je me permettrais donc de supposer que tes connaissances sur ces lieux sont encore limitées. C'est quelque chose que je peux arranger."
"Seraient-ce des avances ?"
"Oh, c'est exactement ce dont il s'agit."
"Tentant."
"Acceptées ?"
"Peut-être."
"De quoi manquent-elles ?"
"Oh, je pense que tu sais parfaitement de quoi elles manquent."
"Tu es plus fou encore que je ne le croyais."
"Tu n'as rien vu encore."
"Ca, je n'en ai pas le moindre doute. Suis-moi. Je veillerais à ce qu'elles soient suffisantes."
"Dans ce cas. Après toi."
Ils avaient bien saisi en effet mais ils n'en dirent rien. Les mois qui suivirent furent à la fois trop longs et trop brefs mais ils achevèrent de la convaincre de sa décision. Cette nouvelle terre était sienne. L'ombre de Michael était de trop cependant. Et en dépit de tout le respect qu'il lui portera longtemps encore, son exploration du Nouveau Monde n'était pas encore actée. Aussi, entreprit-il de quitter la lueur froide de New Amsterdam et d'embrasser le reste des envolées.
______

Le temps était âpre, suffoquant. Difficile à appréhender. Les lumières étaient vives, trop vives, la folie à toutes les portes. Le flot, le flot sans cesse. La foule, le monde, c'était étouffant, c'était brillant, électrisant. Tout était grand, tout était ocre, tout était flou et pourtant si net. Il respirait d'un souffle inutile, juste pour saisir les moindres nuées de cristal, les moindres éclats d'artifice et le parfum de la peinture démesurée qui ornait les murs. C'était un autre, c'était autre. Si différent, si grand. Rien ne lui appartenait pourtant. Le charme était là, bien vivant mais le rêve n'était pas. Pas encore. La beauté des uns, la volupté des autres. Rien en ces lieux ne semblait appartenir au monde des hommes. C'était le leur. Celui des créatures de l'ombre; celui de la nuit, des sortilèges et des hurlements de la pluie. Le temps était âpre encore mais il avait passé. New-York était belle mais la lune d'argent y était trop froide. La Nouvelle Orléans était merveilleuse. Folle et enchanteresse. Mais elle n'était pas sienne. Il lui fallait poursuivre sa route alors vers de nouveaux lieux. Il avait l'éternité pour trouver la place, pour trouver l'éclat de la grandeur qui était sienne et elle semblait à portée de main.

Imprenable, comme l'éternité. Les flots martelaient les rivages et semblaient s'ouvrir sur le monde de l'autre côté. Si c'était si loin du sien, si loin des ombres et de la bienséance de sa société. Les heures étaient encore peu nombreuses mais il pouvait déjà les sentir. Les effluves d'un autre chose, d'un autre part, d'une autre idée. La vue était là et il ne l'avait pas quitté. Il renvoya les hommes qu'il avait emmené avec lui pour perdre son regard et le creux de ses prunelles dans le dessin qu'il rêvait de tracer de ses doigts. Il le sentait, mentalement. Il sentait les couleurs, ressentait les formes, imaginait chaque trait et appréciait chaque ombre. La lumière était celle de la nuit mais la nuit était sienne. Elle avait perdu la teinte du noir, il y avait bien longtemps. Elle était à l'opposé en réalité. Elle était blanche, rouge, dorée et verte. Elle était pourpre, nuancée, brillante et intarissable. Les échos de la pluie lui offraient parfois des brins des étoiles et rendaient les murs aussi brillants que le cristal. Cette nuit-là, la vue était infinie. Il avait l'étrange sentiment que l'éternité seule ne suffirait à en rendre l'écrin et la réalité. Étrange sentiment s'il en était. Il était terrifiant. Grisant. Le sourire qui avait pris ses pas sur ses lèvres était déterminé à le rester. Il savait.
Il savait.
Cette nuit-là, il resta à contempler le rivage et puis quand l'aube vint faire naître d'autres images; il s'enferma alors dans une chambre miteuse des vieux quartiers. Et il noircit les lettres. Une par une, chacune après une nouvelle. Il marqua les pages, tenta de décrire, d'exprimer par des mots qui, après tant d'années semblaient étrangement lui manquer l'épiphanie qui avait été la sienne. Il ne termina pas sa lettre. Pas ce jour-là en tout cas. La nuit revint et ses horizons avec elle. Il la saisit alors et commença sa plus belle oeuvre.
Parce qu'à l'aurore quand il aura terminé ses manuscrits, il les enverra vers l'Europe, il leur fera quitter San Francisco pour le joindre, lui. Pour le ramener à la maison. Pour les ramener auprès de lui. Parce que ces lieux allaient être à eux et ils y auront enfin le règne des dieux.



Part. 03
What is important in life is life,
and not the result of life.

(JW VonGoethe)


Le chaos. Absolu. La nature s'était retournée contre les hommes et le faisait payer au prix fort. Le malheur s'il en était un ne pouvait qu'être divin. Et dire qu'il avait cessé de croire en un autre dieu que lui-même. Difficile de l'ignorer pourtant. La poussière, les éclats, les bruits assourdissants et la chaleur interminable. Le souffle, encore et encore. L'effondrement puis l'assourdissement. Les tympans qui vrillaient sans cesse, à le rendre sourd. L'aveuglement, encore. Et les éclats, les éclats. Les tempêtes d'ondes et la colère du vent. Le vent qui avait pris la fuite et la rosée avec lui. Des cris, des hurlements, des murmures puis des râles. Des palpitations, une puis une puis une. Il s'effondra. Les genoux martelant le sol et les échos encore. Incessants, insupportables. Insurmontables. La folie guettait et le chaos faisait sien de toute trace. Les poumons étaient emplis. Inutiles mais suffocants. L'air aveuglait le monde et tout ce qui pouvait les rendre exceptionnel était dérisoire. L'Enfer avait ouvert ses portes. Il ne pouvait le penser autrement. Les hurlements se perdaient dans le flou et il s'en trouvait presque aphone. Le brouillard. La douleur sourde. Et puis les flammes et le silence.

Tout avait commencé plus tôt aux premières heures du jour. La Terre avait vibré, transperçant tout sur son passage. Les éclats de l'astre n'étaient pas encore là tout à fait mais la surprise avait été réelle. Une minute à peine. Mais une éternité. Il avait du rassurer les uns, les autres, ça n'était rien. Ca arrivait. Ca n'avait pas été rien pourtant, il l'avait su , il l'avait senti. Chaque infime parcelle de son corps avait paru pouvoir ressentir les nuances dans l'air et dans la symphonie du monde. Il résonnait. Il n'aurait pas pu. Puis le choc était revenu, encore. Plus fort que le précédent, ruinant tout sur son passage. Il avait vu la peur saisir leurs regards et puis la chute. Les structures qui cédaient, les lieux qui se taisaient, le monde qui s'arrêtait et les corps qui se heurtaient, soudainement écrasés. Les cris étaient nés sous les décombres. Les ordres avaient fusé, sans la compréhension pourtant. La sanité d'esprit leur avait manqué encore. Il s'était relevé bien vite mais les dommages étaient loin d'être terminés. Le jour arrivait en grandes pompes et ils étaient exposés sous la loupe. La vivacité du soleil pourtant fut bien le dernier de leurs soucis.

Ce fut la douleur qui le réveilla tant elle avait saisi ses membres. L'accalmie avait duré à peine quelques seconde mais elle avait déjà été trop longue. Le brasier menaçait de le réduire à l'état de poussière mais il était plus rapide qu'elle. Pour le moment. Ce brasier-là n'était que peu finalement comparée à celui qui pénétrait sa gorge. La brûlure était insupportable. Incessante. Incandescente. Des décades étaient passées depuis qu'il avait connu telle ardeur. Il allait devoir la laisser de côté pourtant. Pour le moment. La ruine était infinie. Partout des échos, des hordes de sable, à moins que ça ne soit de la poussière, des clameurs, des gémissements, des silences insupportables et des vapeurs culminantes. La douleur qui lui perçait les tempes menaçait de le faire s'écrouler à nouveau. Il devait penser pourtant. Réfléchir. Comprendre. Penser. Juste penser. Les tressaillements de ses membres l'effrayèrent une seconde. Mais il savait. A mesure que son esprit retrouvait de sa raison et de sa vivacité, il comprenait. Il saisissait. Puis soudainement, il s’inquiéta. Pour lui. Pour son frère. Où était-il ? Il avait d'autres rôles, d'autres pensées à avoir mais c'était la seule qui lui paraissait sensée. Il devait le trouver. Ses pas tressautants se firent plus vifs, plus ordinaires à son extraordinaire. Il ne le trouva pas pourtant. L’inquiétude plus que la douleur manqua de lui serrer un cœur qui avait cessé de battre depuis bien longtemps. Vingt ans à peine. Était-ce donc le seul répit auquel il aurait droit ? Bientôt pourtant, il ne put ignorer davantage ce qui était sous ses yeux. Les membres mutilés, les peaux calcinées et l'odeur des flammes qui manquait de tout embraser. Il tomba sur l'un de ses hommes et la vue manqua de le dévorer. Il saisit ses mots sans les entendre, comprit le fil de ses pensées sans avoir à les lire, sut où était son esprit sans avoir à le lui demander. Il sut alors ce que cela voulait dire. Il sut aussi qu'en d'autres circonstances, il aurait pu. Mais pas ici. Mais pas dans le chaos déchaîné qui réduisait ces terres à néant. Lui-même aurait été incapable de faire cesser sa douleur, il savait que son temps lui était compté. Les braises le consumèrent avant qu'il n'ait pu les arrêter. Il connaissait l'existence des créatures du feu. Était-ce l'une d'entre elles ? Devait-il blâmer l'une d'elles pour la destruction qui l'entourait ? Elle était si étendue pourtant, si étendue. Il pouvait la sentir, l'entendre. Les cris, les agonies, les supplications. Les fumées étaient si hautes qu'elles masquaient presque le ciel. Le jour était là, pourtant. Mais où allait ? Tout n'était que cendres, ardeur et désespoir. Il repensa soudainement à son frère et se remit aussitôt sur ses traces mais elles étaient illisibles. Il ne parvenait pas à saisir, pas même à comprendre. Il finit par le trouver et s'autorisa presque humainement à respirer. Que faire pourtant désormais ? Damian était mort mais qu'en était-il des autres ? Qui restait-il ? Que restait-il ? L'éternité lui parût longue et les interrogations avec elle. Il se mit en quête des uns puis des autres, s'effondra à nouveau. Peut-être allait-il y rester cette fois. Peut-être devait-il se faire à l'idée. Il s'y refusait pourtant. C'était inconcevable. Irréaliste. C'était réel. Effroyablement réel.  La pensée s'ancra en lui et l'effroi avec elle. Il regarda son frère et pensa au seul regret qu'il n'eut jamais vraiment eu. Ce qu'il lui avait fait. Il avait tenté de se faire pardonner des milliers de fois au fil des années si jamais le lui demander. Il ne voulait pas prendre le risque de s'éteindre sans le faire pourtant. Ce furent alors les seuls mots qui franchirent ses lèvres. Comme dans un murmure. Pardon. Juste, pardon. Pour tout. Pour toi. Pour elle. Pour ça. Pour la mort. Pour la déception. Pour l’inquiétude. Pour la désillusion. Pour lui. Pour tout. Pour ça. Pour toi. Juste pour toi.
Juste pour toi.

Le chaos dura trois jours encore, réduisant la ville en cendres et les vies avec elle. Quand il finit par reprendre conscience d'autre chose que du brouillard, cette nuit-là, il ne trouva que poussière. Les survivants se comptaient des bouts de doigts et le vide qui l'envahit soudainement manqua de le faire suffoquer. Il était là, pourtant. Ils étaient là. Presque seuls contre le monde mais là. L'histoire n'était pas finie alors, ni le rêve avec elle. Des cendres renaissaient des vies, parfois des espoirs. Il n'avait pas perdu le sien et comptait bien encore y croire. L'éternité s'étendait encore.
______

L'air était électrique, les échos des hommes déchaînés. C'était vivifiant, électrisant. Jouissif. La mélodie flottait dans l'air et les palpitements envahissaient la pièce d'une musique plus douce encore. Le sourire carnassier qui était le sien ne quittait pas ses lèvres. Il évoluait entre les étoffes cristallines et pourpres comme le sang, observant les uns, les autres, appréciant la beauté fragile et éphémère de l'humanité. L'alcool coulait à flots et il pouvait sentir les moindres nuances dans les notes du vent. Il les goûta sur le bout de la langue. La soif manquait presque de naître dans sa gorge. La tentation était partout mais elle n'était pas son but, pas ce soir-là. Plus tard peut-être quand tout se serait passé selon son idée. Il avait hâte de pouvoir en converser plus en avant avec Melchior mais pour l'heure, il devait concentrer son esprit. Il savait déjà exactement comment cela allait évoluer. Les humains étaient si prévisibles, plus encore selon les circonstances. Les lieux étaient plaisants, bien qu'un peu trop aseptisés de son point de vue. La fumée vint cueillir son palais et il aurait pu en reconnaître la teneur entre milles. Parfait, il était à l'heure. Il aperçut bientôt sa silhouette et puis voir la nervosité qui saisissait déjà ses doigts dans l'expectative. Comme c'était adorable. Il avait raison en fin de compte. Prévisible. Ce soir-là cependant, il n'était pas décidé à être charmant. Il put voir les pupilles se rétrécir comme peau de chagrin quand il l'aperçut enfin, déclenchant aussitôt un nouveau sourire qui n'avait rien d'enjoué.
"Bonsoir Alan."
"Monsieur Crawley. Vous ... vous êtes à l'heure"
"Quand l'envie m'en prend."
"Que, que puis-je faire pour vous ce soir, Monsieur Crawley?"
"Oh, Alan, je crois que tu sais exactement ce que tu peux faire pour moi."
"Vrai..vraiment ?"
"Tu es sûr de vouloir jouer à ce jeu-là avec moi ?"
Il put voir la sueur, le frisson parcourir ses pores libidineux, ses doigts tremblants et son pouls, oh son pouls, délicieusement outrancier.
"Je ... je ne sais pas, Monsieur."
"Oh, Alan, mauvaise réponse."
S'approchant lentement, la voix menaçante dans un murmure.
"Tu vas faire exactement ce que je vais te dire ou "
"Ou ?"
"Oh, je suis persuadé que tu sais"
Il s'approcha encore, ressentant presque la moindre émanation somme toute désagréable qu'il pouvait engendrer mais qu'importe. La guerre était terminée et elle avait été plus que prolifique. Les affaires n'avaient été aussi fécondes et son empire s'étendait encore. Les premières semaines avaient apporté leur désagrément et les nombreux départs pour le Pacifique avaient causé quelques remous dont il se serait bien passé mais il avait rapidement fait d'en tirer le profit. Le monde était un terrain de jeu et il s'en amusait avec la tenue d'un joueur de poker et la démesure d'un enfant.
"Suis-moi"
Il le sentit hésiter, l’œil tressaillir de panique mais il s'exécuta. Ils quittèrent les lieux enchanteurs de la luxure pour s'aventurer dans un endroit plus éloigné et plus sombre. Il prit place et s'étala d'un air dramatique sur l'un des fauteuils qu'il était parvenu à trouver. Alan, en revanche, était resté vissé sur ses membres inférieurs, l'air presque apeuré. Pauvre animal. Piètre créature s'il en était. Il avait bien du mal à croire que certains hommes puissent le craindre. Il leur en fallait bien peu. Ça n'était pas si surprenant au fond. La limite n'était pas la même pour chacun et pour certains spécimens, elle semblait pitoyablement basse. Il l'observa, son air presque perdu comme incertain sur la marche à suivre. Le spectacle l'amusa une seconde avant qu'il ne se redresse afin de rendre son propos parfaitement manifeste.
"Je le veux."
"Que ... Quoi ... Monsieur ?"
"Pas quoi, qui et tu sais pertinemment de qui je parle. C'est pour ça que tu es là. Pourquoi crois-tu que je me serais importuné de ta présence autrement ?"
"Je ..."
"Certainement pas pour le plaisir de ta compagnie, cela me semble évident. Pas même pour ton physique en y réfléchissant bien."
L'homme se figea, les perles de sudation s'écoulant effroyablement lentement sur ses traits. Cela n'avait rien à voir avec la température pourtant. Définitivement pas pour son physique, non. Il avait bien du mal à lui trouver quelque chose de plaisant. Ses traits étaient fins mais marqués par le temps, ses cheveux étaient d'une couleur assez indéfinissable sur laquelle il ne préférait pas s'attarder et sa silhouette engoncée dans un costume trois-pièces suggérait une vie d'excès qui n'avait pas rien d'attirante à l’œil.
"Donc. Maintenant que nous avons pu mettre ça au clair, j'aimerais revenir sur l'objet de ma visite. Je Le veux. Et ne t'avise pas de me contrarier, tu l'as déjà bien assez fait. L'unique raison pour laquelle je t'autorise une chance encore, c'est parce que tu peux m'être utile pour cette affaire."
Le sourire n'avait pas quitté ses lèvres une seconde mais le regard comme le ton de sa voix ne trahissaient aucun répit. Il était las d'attendre, tout comme il était las du temps qu'il perdait pour faire rentrer sa pensée dans le crâne du cloporte face à lui. Cloporte qui paraissait être atteint de mutisme. Aussi joignit-il son mouvement au son de sa voix et se releva-t-il pour lui faire face. La différence de taille était infime, pourtant pour l'heure, l'homme apparaissait étrangement moindre.
"Mais je ... Monsieur Crawley. C'est impossible. Ce ... ce n'est pas ... il n'est pas à vendre."
"Allons, Alan, tu me déçois. Qui a parlé de vente ? Ai-je parlé de vente ? Non. Je ne crois pas et pourtant je suis doté d'une excellente mémoire. Maintenant, je n'ai cure de la manière dont tu t'y prendras mais fais en sorte que j'obtienne ce que je veux ou notre prochaine rencontre risque d'être singulière déplaisante."
"Je ... je vais voir ce que je peux faire."
"Voilà qui est mieux. Tu voies quand tu veux, Alan, tu n'es pas totalement inepte. Maintenant, sors de ma vue, tu as bien trop abusé de ma divine patience."
L'homme ne fit pas prier et après avoir risqué un dernier regard vers lui, partit aussi vite que ses membres tremblants le lui permirent.
Il soupira, s’avachissant à nouveau sur le fauteuil. Pourquoi tout devait-il toujours être aussi éreintant ? La cité des Anges avait ses charmes mais il regrettait déjà San Francisco. Il savait le nid entre d'excellentes mains mais cela lui manquait tout de même. Il repensait à l'avant. A l'humanité qui avait été la sienne, aux ans qui avaient passé depuis. Tout n'était pas simple mais la nuit était sienne. Il n'était pas seul sur la baie mais elle lui appartenait. Un sourire naquit à nouveau sur ses lèvres. Oui. Ce jour-là viendrait.
Le monde leur appartiendrait.
______

Comme une symphonie. Incandescente. Une mélodie qui revenait sans cesse, inlassable. Désespérément belle et attirante. Un chant semblable à celui des sirènes qui transformaient les faibles récépissés de l'humanité en créatures plus aliénés encore. La musique était douce pourtant, effroyablement douce. Ardente et belle, puissante et brûlante. La tentation même, la délivrance à son atteinte. Mais il n'était pas dupe. Loin de là. Il avait vu, observé. Horrifié, presque désarmé puis plus furieux encore. Mais ça n'était pas suffisant. Toute sa volonté, tout ce qu'il était, tout cela semblait bien moindre. Il ne pouvait être Ulysse pourtant, il ne pouvait masquer le son de ses oreilles, il ne pouvait l'ignorer. Il tentait cependant, il tentait, se retrouvait à devoir fuir alors qu'il ne détestait rien tant. Pourquoi ? Pourquoi maintenant ? Les siècles étaient passés et ses parchemins d'histoire avec eux. Il y avait survécu, à tous. Et il était là. Vivant, puissant, divin, prince en son royaume et empereur en son monde. La douceur de la mort apparaissait comme une légère caresse de l'éternité, infinie et presque subtile. Les hommes pourtant avaient fait un pacte avec la folie pure. En spectateur amusé, il avait observé les évolutions, les turpitudes de ce monde parfois bien plus fou qu'il ne l'était. Il s'en amusait souvent, en tirant occasionnellement l'avantage. Il possédait sa propre partition des choses et en manipulait les notes et les sons selon son bon vouloir. Chaque belle histoire de liberté semblait pourtant vouloir embrasser leur fin. C'était pourtant loin d'être celle qu'il avait imaginé.

L'air s'était saisi du vent, l'accordant au rythme des échos de la lumière et des éclats du temps. L'air avait pris possession des lieux, des pensées et des âmes. Les idées étaient troubles mais pourtant si claires. La pureté des unes marquait à l'encre blanche la mal-aisance des autres. L'air les emportait tous, un par un, l'un après l'autre. Comme un appel, comme une alarme, comme le son inextricable qui naît dans l'esprit et enferme ses moindres recoins. L'air les manipulait, les enchantait, tentant, évident, réconfortant, presque rassurant. L'air était là sans l'être, l'air était vivant au milieu des essences, étrange harmonie et douce ritournelle. L'air était Elle. Il était là, toujours là, entièrement là. Il le rendait sourd. Fou et sourd. Il le sentait s'insinuer dans chaque recoin. Puis prendre. Emprisonner. Détruire puis reconstruire. Libérer puis claquemurer. Résonner, sans cesse, sans cesse, encore. Retentir toujours. Puis déposséder.

La réalité avait été dure, âpre, douloureuse. La pensée même lui était odieuse. Il se sentait pris, encrassé. Inconfortable dans sa propre chair et dans son esprit immense. Chaque réflexion le frappait en pleine vigueur, chaque image le heurtait avec l'énergie du désespoir. Pourquoi ? Comment ? Le souvenir lui était presque intolérable. Il était incapable d'y mettre les mots pourtant, impuissant à former les lettres et les couleurs pour donner des noms et des nuances à son état de conscience. Le réveil avait été rude, acerbe, indélébile. Il avait perdu le compte des jours, du temps qu'il avait perdu alors. Une seule sentence lui restait à l'esprit cependant.
Que la liberté se devrait d'être à jamais sienne et que des géants, il devrait être le plus grand.

© HELLOPAINFUL; revisité par SHADOW



be thou the rainbow in the storms of life.
the evening beam that smiles the clouds away, and tints tomorrow with prophetic ray (lord byron)

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://solemnhour.forumactif.org/t320-my-heart-in-passion-and-my-head-on-rhymes-eliott http://solemnhour.forumactif.org/t800-carnet-d-adresses-d-eliott-d-arundel#9277 http://sceneriesofhope.tumblr.com/
avatar

Age : 243 ans
Métier : Libraire & gérante d'un petit magasin esothérique
Situation : Veuve 2 fois, célibataire endurcie
Localisation : Chicago
Feat. : Helena Bonham Carter
Copyright : Elf (avatar) & TUMBLR (gifs)
Je suis aussi : Gabriel ◈ Yehuiah ◈ Annabelle J. Graham ◈ Lyov A. Winston ◈ Bailey Johnson
Date d'inscription : 14/12/2015
Messages : 277

Message Sujet: Re: My heart in passion, and my head on rhymes + Eliott Mer 1 Juin - 23:10

... MWAHAHAHA ! Je le savais, tu craques What a Face :amour: :52:

Oh my gad, je t'adule. Enfin ma joueuse. *hrm* WELCOME HOME :amour: Tu vas faire des heureux ... Je suis tellement fan du début de la fichette ! Courage pour la suite, je reviens te voir pour te valider ou notifier des trucs qui clochent What a Face


Now the door is open, The world I knew is broken with no return ... Now my heart is not scared, Just knowing that you're out there, Watching me ... So believe I'll Be here waiting, hoping, praying that, this light will guide you home ; When you're feeling lost I'll leave my love Hidden in the sun, for when the darkness comes.
You're my son, Aaron. I'll love you forever


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://solemnhour.forumactif.org/t42-elizabeth-w-rochester-can-t-sleep-take-arsenic http://solemnhour.forumactif.org/t48-journal-de-bord-d-elizabeth-w-rochester
avatar

Age : 300 ans
Métier : homme d'affaires, leader en second du nid de SF, frère et père surprotecteur
Situation : veuf
Localisation : San Francisco
Feat. : Mark Strong
Copyright : pathos + shadow
Je suis aussi : Pahaliah + Nero + Hernán
Date d'inscription : 02/04/2016
Messages : 44

Message Sujet: Re: My heart in passion, and my head on rhymes + Eliott Jeu 2 Juin - 1:26

:42: :23: :39: :43: :48: :52: :57: :78: :102: :103: :<3: :love: :excited: :v: :amour: :ahah: :nya: :bwah: :uhuh: ♥ gods brook

MON BRO D'AMÛÛÛÛÛÛÛR :13:

J'suis tellement contente que tu arrives ! Ta fiche est déjà ugfgdahLDJBVLQLJHVQKVQHJRKV Mais je te souhaite bon courage pour la suite, que j'attends avec grande impatience ! :7:

Et bien sûr, il nous faudra un rp qui va rp du poney rose qui pète des paillettes !! Les d'Arundel sont dans la place WESH. :68: :bwah:

(Et surtout si je peux t'aider sur quoi que ce soit ou que tu veux changer quelque chose par rapport à ce que j'avais mis dans ma présa, harcèle-moi par MP :7: )


One thing I have learnt is that you and I are opposites, but also just the same. Like an image in the mirror. We hate people. And they in turn hate us. And fear us. ▵ ©endlesslove.
may you be in heaven a full half hour before the devil knows you are dead
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://solemnhour.forumactif.org/t171-melchior-i-ve-got-blood-on-my-name http://solemnhour.forumactif.org/t199-journal-de-bord-de-melchior-d-arundel
avatar

Age : vieux
Métier : diable et bouc émissaire
Situation : à la recherche de mon vaisseau
Localisation : New York City
Feat. : mark pellegrino
Copyright : avatar rose noire et gifs mostunclean tumblr, signature merci Emy et le staff pour les teams!
Je suis aussi : Heather & Matthew
Date d'inscription : 02/03/2016
Messages : 416

Message Sujet: Re: My heart in passion, and my head on rhymes + Eliott Jeu 2 Juin - 6:58

Bienvenue!


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://solemnhour.forumactif.org/t124-lucifer-if-they-won-t-accept-i-m-right-i-ll-rub-their-nose-in-it-til-they-choke-on-the-truth http://solemnhour.forumactif.org/t127-journal-bord-de-lucifer
Invité
avatar
Invité

Message Sujet: Re: My heart in passion, and my head on rhymes + Eliott Jeu 2 Juin - 8:19

NAOOOON PAS LE FRERE DE MON BOURREEEAAAAAUUUU *fuit loin*
(Est-cequ'unjournospersosvonts'aimer? :hm: :ahah: )

Plus sérieusement, BIENVENUUUUUUUUUE :7:
C'est un excellent choix, je suis contente de te voir enfin ici avec Eliott :uhuh: :amour:
J'adore déjà tout ce que j'ai pu lire, j'ai hâte de voir la fin de l'histoire :7: :52:
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Age : 288 ans.
Métier : Homme d'affaires, philanthrope et leader du nid de vampires de San Francisco
Situation : Célibataire.
Localisation : San Francisco (US).
Feat. : Matthew Goode.
Copyright : Ira'beth.
Je suis aussi :


Date d'inscription : 01/06/2016
Messages : 110

Message Sujet: Re: My heart in passion, and my head on rhymes + Eliott Jeu 2 Juin - 17:20

@Elizabeth W. Rochester a écrit:
... MWAHAHAHA ! Je le savais, tu craques What a Face :amour: :52:

Oh my gad, je t'adule. Enfin ma joueuse. *hrm* WELCOME HOME :amour: Tu vas faire des heureux ... Je suis tellement fan du début de la fichette ! Courage pour la suite, je reviens te voir pour te valider ou notifier des trucs qui clochent What a Face

Je suis faible que veux-tu :77:
Merci
Espérons que la suite te plaise autant :52: Ca sera vite terminé là de toute manière. Juste la longue histoire à finir :28:

@Melchior d'Arundel a écrit:
:42: :23: :39: :43: :48: :52: :57: :78: :102: :103: :<3: :love: :excited: :v: :amour: :ahah: :nya: :bwah: :uhuh: ♥ gods brook

MON BRO D'AMÛÛÛÛÛÛÛR :13:

J'suis tellement contente que tu arrives ! Ta fiche est déjà ugfgdahLDJBVLQLJHVQKVQHJRKV Mais je te souhaite bon courage pour la suite, que j'attends avec grande impatience ! :7:

Et bien sûr, il nous faudra un rp qui va rp du poney rose qui pète des paillettes !! Les d'Arundel sont dans la place WESH. :68: :bwah:

(Et surtout si je peux t'aider sur quoi que ce soit ou que tu veux changer quelque chose par rapport à ce que j'avais mis dans ma présa, harcèle-moi par MP :7: )

MON BRO :42: ♥
J'espère qu'ils auront été sages au nid en mon absence même si je n'en doute pas :bwah:
Je suis super contente que la fiche te plaise pour le moment. Moi et mon style d'écriture, ça ne passe pas forcément :19: 'Fin c'est l'impression que j'ai Bref.
Je vais terminer ça rapidement de toute manière. Et y aura le bro' dedans dés la prochaine partie :bwah: Du coup, j'espère que ça ira. Et si j'ai des questions, je viendrais te harceler :7:
Et le RP, c'est une évidence bien sûr; cher bro :bwah:
(J'aime un peu trop ce smiley en fait )
Les d'Arundel domineront le monde  What a Face

@Lucifer a écrit:
Bienvenue!

Merci :21:

Scott J. Englefield a écrit:
NAOOOON PAS LE FRERE DE MON BOURREEEAAAAAUUUU *fuit loin*
(Est-cequ'unjournospersosvonts'aimer? :hm: :ahah: )

Plus sérieusement, BIENVENUUUUUUUUUE :7:
C'est un excellent choix, je suis contente de te voir enfin ici avec Eliott :uhuh: :amour:
J'adore déjà tout ce que j'ai pu lire, j'ai hâte de voir la fin de l'histoire :7: :52:

SIIIIIIII Je sais que tu nous adores voyons What a Face
(Jenesaispasçadoitvouloirdirequelquechose :ahah:)

Merci :60:
J'espère que la suite te plaira alors. Réserve-nous un RP torture aux feels :bwah:
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://solemnhour.forumactif.org/t320-my-heart-in-passion-and-my-head-on-rhymes-eliott http://solemnhour.forumactif.org/t800-carnet-d-adresses-d-eliott-d-arundel#9277 http://sceneriesofhope.tumblr.com/
Invité
avatar
Invité

Message Sujet: Re: My heart in passion, and my head on rhymes + Eliott Jeu 2 Juin - 17:39

(Ici Eli !)

Etre faible, c'est bien What a Face Je ne me fais aucun soucis pour la suite - tu sais bien que j'adore ton style d'écriture. Et si tu n'étais pas au courant, et bien tu l'es maintenant What a Face Courage pour le reste :28: :amour: :love:


Ps² : Non, c'est les Styne qui domineront le monde perv :ahah:
Revenir en haut Aller en bas
Invité
avatar
Invité

Message Sujet: Re: My heart in passion, and my head on rhymes + Eliott Ven 3 Juin - 17:42

Coucou !
Bienvenue à toi ! :<3:
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Age : Indéfini
Métier : Ange
Situation : Célibataire
Localisation : Sur Terre
Feat. : Misha Collins
Copyright : Tumblr pour les gifs et merci à Kali pour l'avatar ♥
Je suis aussi : Jonas Sanders
Date d'inscription : 14/12/2015
Messages : 648

Message Sujet: Re: My heart in passion, and my head on rhymes + Eliott Ven 3 Juin - 20:42

Salut et bienvenue ici :14:


I MISS YOU
PLEASE FORGIVE ME

(c)XynPapple
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://solemnhour.forumactif.org/t22-castiel-it-s-funnier-in-enochian http://solemnhour.forumactif.org/t798-carnet-d-adresse-de-castiel#9246
Contenu sponsorisé

Message Sujet: Re: My heart in passion, and my head on rhymes + Eliott

Revenir en haut Aller en bas
 

My heart in passion, and my head on rhymes + Eliott

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant

 Sujets similaires

-
» Passion Erratique - " Bang my head against the wall, Though I feel light headed, now I know I will not fall "
» DART to Haiti - Words of Thanks to Canadian Head of State
» Grimoire Heart n'a pas besoin d'un cookie à la myrthille ( PV Nookie Minasa )
» Ma nouvelle passion : le patchwork
» Comment votre entourage vit-il votre passion?

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Solemn Hour :: come a get a life :: avant de prendre la route :: Ils parcourent la Terre-