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William Collins ∞ Vampire
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Age : 650

Métier : Galeriste

Situation : Fiancé à l'homme de sa vie, Isaiah Warren. Amoureux au delà de tous les mots.

Localisation : Boston officiellement. Sur les routes souvent, jamais très loin d'Isaiah.

Feat. : Chris Evans

Copyright : ledger.

Je suis aussi : Michaël & Melody Grant & Anarazel

Date d'inscription : 18/12/2017

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Vampire
Statut du rp

sujet privé; ft. Bailey & William

type ❖ Flashback

date ❖ 24 décembre 2015

informations spatio-temporelles ❖ C'est le soir, on est dans un bar à Sioux Falls.

intervention du MJ ❖ Il peut se reposer :3

Autrehttps://www.youtube.com/watch?v=QrU1hZxSEXQ

©️ HELLOPAINFUL; revisité par SHADOW



Bailey & William

We are here to drink your beer and steal your rum at a point of a gun.


Cela fait des mois maintenant que William a quitté l'homme qu'il aime, qu'il est parti sans un mot. Oh dans sa tête c'est toujours aussi clair qu'il l'a fait pour le protéger, pour que l'humain arrête de se détruire comme il le faisait. Persuadé aussi que jamais il ne l'aurait accepté, lui un vampire alors qu'il est un chasseur. Des mois que ça fait toujours aussi mal, qu'à chaque heure qui passe, William a envie d'aller le retrouver mais pour quoi, pour se faire virer ou se faire tuer. Pourtant il y a pensé à ça mais il ne peut pas faire ça à Isaiah, c'est impossible. Et les mois passent et avec eux, le vampire oscille, plusieurs fois il a manqué craquer, totalement, et se laisser aller à être comme tous les siens qu'il arbore avant de relever la tête et continuer.

Pour essayer de se donner un semblant de nouvelle vie, il a même acheté une galerie d'art dans ce qu'il considère comme sa ville. Cela ne l'occupe pas assez, cela ne le réveille pas, ne lui donne pas envie de vivre. Un vampire dépressif ? Allez savoir, c'est peut-être le cas mais surtout un vampire qui ne peut et ne veut pas oublier l'humain. De toute manière comment le pourrait-il, c'est juste inconcevable et impossible. Alors quand plus rien ne le fait un tant soit peu tenir en place, bah il plaque tout le William, comme là, ça fait maintenant une bonne semaine qu'il a laissé la galerie à son assistante, qu'il a fermé son manoir et prit la route.

Juste faire de la route, comme avant sauf qu'il n'a aucun but précis, il pourrait chercher où se trouve Isaiah et l'observer de loin. Mais il est dans cet état d'esprit où il sait que s'il le fait, il va oublier la promesse qu'il s'est faite et vouloir le voir en face. Le toucher aussi, bon ça il sait que ça ne risque pas d'arriver, qu'il ne pourra pas approcher le chasseur autant qu'il le veut mais oui ça aussi. Non il fait juste de la route sans but précis, se contentant de chercher quelque chose qui pourrait le réveiller, n'importe quoi mais bien sûr il ne trouve rien. Alors il se contente de se balader d'un lieu à l'autre, s'en foutant presque de ce qu'il voit, il n'y a que pour se nourrir qu'il fait attention à ce qu'il fait. Pas d'humain, que des poches de sang.

Ah, il réalise en chemin que cela va être Noël, une fête plus que déprimante quand on a plus de famille et que la seule personne qu'on considère comme telle n'est pas là. Merde. Tout risque d'être fermé aussi. Difficile de trouver un coin pour dormir et comment dire qu'il a pas envie de dormir dans sa voiture ou dans une grange quelconque. C'est le 23 au soir qu'il arrive à Sioux Falls, oui il connaît pas et il s'en fout. William pourrait se payer un grand hôtel, il choisit un motel mais il tourne vite en rond le vampire, il tient pas en place.

Craquant le 24, en début de soirée alors que la nuit est tombée, il part faire un tour à pied dans le coin et termine par pousser la porte d'un bar. Pratiquement personne n'est là, logique. Le barman semble s'en foutre autant que lui que ça soit le réveillon de Noël, peut-être qu'il aura quelqu'un à qui parler. Il s'affale presque sur le comptoir après avoir grimpé sur un tabouret et se commande un whisky. Ah ça aussi ça lui rappelle Isaiah. Le barman lui demande ce qu'il fait là, s'il n'a pas de famille avec qui être et William se retrouve à court de mots. Non, il n'a personne. Il se contente de secouer la tête pour indiquer ce nom et de hausser les épaules comme si ce n'était rien. Avant de quand même lui retourner les questions pour apprendre que le barman est, il cite, marié à son établissement et que ça lui convient très bien. Ah, bon, soit. Il retourne essuyer des verres et le vampire se met à regarder autour de lui, détaillant les quelques personnes présentes en buvant un peu. Il aurait carrément dû demander la bouteille.
AVENGEDINCHAINS



One day I’ll face the Hell inside me, someday I’ll accept what I have done. Sometime I’ll leave the past behind me, for now I accept who I’ve become. And now I see clearly. All these times I simply stepped aside, I watched but never really listened as the whole world passed me by. All this time I watched from the outside. Never understood what was wrong or what was right. I apologize.
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Bailey Johnson ∞ Official Food of His Majesty Eliott d'Arundel
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Age : 27 ans

Métier : Chasseuse débutante durant 1 mois, écrivaine

Situation : Mère célibataire

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Je suis aussi : Gabriel ◈ Lyov A. Winston ◈ Annabelle J. Graham ◈ Elizabeth W. Rochester ◈ Yehuiah ◈ Astarté

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Sioux Falls. Qu’est-ce que je pouvais bien foutre à Sioux Falls ? C’était encore la question que je me posais, désespérée par la situation, me remémorant vaguement l’alerte que mon GPS Ricky Martins – décédé ce matin même d’une mauvaise bronchite ayant causé un court circuit - avait l’amabilité de m’offrir. Sioux Falls. Mes yeux se ferment un instant tandis que je tire une nouvelle bouffée de cancer – vice sur lequel je m’acharne pour ne pas virer complètement folle depuis trois jours. Il fallait bien que les anciennes habitudes, mauvaises évidemment, reviennent. Un sourire désabusé et dément danse un instant sur mes lèvres, ma gorge retenant un rire guttural hystérique avec une concentration inhabituelle – si je le laisse s’échapper, il se transformera en sanglot, comme tous les autres.
Tirer sur ma clope. Contempler le monde d’un air vitreux, à la recherche d’un infime indice inexistant. Ecraser ma cigarette. Me remettre en route. Voilà ce que je faisais depuis soixante-douze heures : vadrouiller et déposer des affiches dans l’espoir où il soit aperçu, espérer follement, m’accrocher à mes souvenirs de lui. Lui. Lumière de ma sombre nuit, espoir dans ces ténèbres putrides et nauséabondes. Mon trésor. Ma vie. Mon fils.
Je n’aurais jamais pensé que je pourrais aimer à ce point. Je n’aurais jamais pensé que je pourrais souffrir plus encore que ce à quoi j’avais pu être exposée – ces espoirs enfantins offerts et entretenus par l’autorité parentale avant d’être explosés en une fraction de seconde. Il fallait croire que oui. Et si il était désormais la seule véritable chose qui me rattachait à ce monde d’ordures – le seul être qui valait vraiment le coup - il était de mon devoir de le retrouver, simplement car respirer librement sans sa présence était chose impossible. Simplement car il méritait tout ce que je n’avais pas eu, simplement car je l’aimais, simplement car quiconque touchait à sa bouille d’amour méritait de finir écrasé sous mes roues. Il était mon fils. Personne ne touchait à mon fils. Personne.
Tirer sur ma clope. Ne pas penser à toutes les horreurs qu’il avait pu voir, ne pas tenter d’imaginer le pire. Ecraser ma cigarette. Me remettre en route. J’avais traversé 441km, fait presque neuf heures de route dans l’espoir vain qu’on me le rende ici. A nouveau, peine perdue. Etait-ce pour autant que j’abandonnerais ? Non. Non, bien sûr. Vous ne pouviez pas comprendre. Ou alors, peut-être que si. Qu’importe. Je le retrouverais coûte que coûte, qu’importe le temps que cela prendrait, qu’importe les kilomètres parcourus, qu’importe le prix à payer. Je le retrouverais, et je détacherais la tête de son géniteur de ses sales épaules, avant de planter sa misérable tête sur un pique à brochette avec mon rictus préféré – à moins que lui balancer une gousse d’ail à la figure, un crucifix béni et un bain de soleil suffise – mais ce serait un sort trop adorable comparé à celui qu’il mérite réellement. Cela n’enlèverait pas l’angoisse qui s’était réinstallé dans ma gorge. Cela n’enlèverait pas la peur qui m’empêchait de dormir la nuit, me faisant hurler lors des rares heures de sommeil trouvées. Cela n’effacerait pas les cauchemars. Cela ne comblerait pas le manque, le vide, atroce, la blessure béante qu’il avait réouverte en une fraction de seconde. Et je me refusais à prendre des médicaments – je me refusais de louper le moindre coup de téléphone. Sans mon fils, je devenais folle.

Cela prendrait du temps. Cela prendrait du temps, temps que je n’avais pas, temps que je n’aurais jamais, simplement car cet infernal monstre était l’un des pires êtres que la création ait pu porter : un connard intelligent qui savait couvrir ses arrières. C’est à se demander ce que j’avais pu lui trouver au lycée – preuve incontestable que mon intelligence et mes goûts étaient discutables à l’époque ; preuve incontestable que c’était encore le cas aujourd’hui.
Sioux Falls … c’était donc là que j’avais posé mes pieds il y’avait quelques heures. Ville de naissance de cette chère January Jones - actrice jouant l’ange américain pour les fans de Love Actually - elle me paraissait aussi fade que les autres en l’absence du soleil. Louant une chambre d’hôtel premier prix, j’avais décidé de m’autoriser ce que je ne faisais plus ou plus que rarement depuis la naissance de Jack : me souler. Me bourrer la gueule jusqu’à oublier la peine, me murger salement simplement car ce soir, ce maudit soir, je ne serais pas capable de rentrer. Nous étions le 24 Décembre, le 25 arriverait bien assez vite. Oh, ce n’était point une question de fête. C’était plus profond, plus vicieux qu’un simple rituel chrétien. D’ici quelques heures, ses sept années s’envoleraient pour que les huit ne sonnent. D’ici quelques heures, de nouveaux tourments viendraient me hanter : ceux de son rire ressemblant à un en envol d’hirondelles, ceux de sa bouille illuminée de joie est plus excitée qu’une puce, illusions folles offertes par mes synapses en manque. Il n’y aurait ni chocolat chaud, ni chansons idiotes, ni Walt Disney, ni cadeaux, ni bons plats chauds, ni histoires abracadabrantes. Le sapin serait vide d’offrandes, les cookies ne seront pas fait, les guirlandes non allumées, le verre de lait non vidé– toute cette décoration inutile et sans vie était à l’image de cette maison abandonnée de sa présence : vide de sens.
Tirer sur ma clope. Chercher des yeux le prophète sans pouvoir le trouver. Ecraser ma cigarette. Me remettre en route. Me remettre en route ? Non. Pas ce soir. Plus maintenant.

Inspirant, je finis par entrer dans le bar. Je n’ai plus conscience des heures, qui défilent sans que je puisse réellement les voir. Emmitouflée dans mon vieux cuir, l’écharpe bleu clair enroulée autour de mon cou comme si je souhaitais m’étouffer, c’est d’un pas raide que je me dirige vers le bar. La mine tirée, des cernes violacées sous les yeux rappelant certainement les macchabés et les teint blafard, il est inutile de dire que je dois ressembler à une atrocité – blasphème suprême - en ce soir de gaieté suprême. Même mes cheveux, d’un joli roux bouclé habituellement, doivent paraître ternes. En un sens tant mieux, au moins personne ne viendra m’aborder. Frissonnant en sentant l’air chaud réactiver le sang dans mes doigts frigorifiés, c’est avec une souplesse étonnante que je me hisse sur l’un des grands tabourets du comptoirs, me juchant juste à coté d’un grand pique assiette. Aurais-je été d’humeur, sûrement l’aurais-je un peu plus détaillé mais très honnêtement, il n’était pas la priorité du moment. Terminant de m’installer – enlevant mon écharpe et croisant les jambes portant mon petit mètre cinquante-huit, ma voix elle-même ne résonne sinistrement, lourde et résignée, n’offrant aucune réponse malgré l’étrange sonorité sarcastique qui peut passablement être perçu.

« Une bouteille de Whisky je vous prie. N’importe laquelle, je souhaite juste boire pour oublier. »

Quitte à imiter le paternel, autant annoncer la couleur dès l’entrée.
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Come stop your crying, it will be alright ; just take my hand, hold it tight. I will protect you from all around you, I will be here, don't you cry; my arms will hold you keep you safe and warm. This bond between us can't be broken Cause you'll be in my heart from this day on now and forever more.

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William Collins ∞ Vampire
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Sérieusement qu'est-ce qu'il fout là ? Là comme dans sur les routes, ce n'est pourtant pas la place qui manque dans son manoir. Trop de place justement quand bien même Isaiah n'y a jamais mis les pieds, ne sait même pas qu'il existe. De toute manière l'humain en avait rien à foutre de lui, de sa vie, de ce qu'il pouvait ou non faire. William veut bien qu'avant il aurait dû éviter les questions mais quand Isaiah a su ce qu'il est...Mais non le chasseur a préféré picoler encore plus qu'avant si c'était possible. Tout ça parce qu'il est un vampire, comme s'il avait changé du jour au lendemain. Comme s'il n'était plus le même mec avec qui Isaiah partageait son lit et la route. Comme s'il s'était transformé en monstre qui allait le bouffer ou le tuer au lieu de le faire rire et sourire. Et ce dégoût qu'il est resté un moment dans le regard du chasseur, ouais William aurait sans doute dû partir à ce moment là. Quand Isaiah lui a demandé de le faire, lui a dit qu'il allait le tuer. Mais non, le vampire est resté parce qu'ils avaient quelque chose tous les deux, quelque chose d'unique et d'important. Il a fallu qu'Isaiah ruine tout, qu'il soit excessif, qu'il ne veuille rien entendre, qu'il essaye de le tuer. Oui William en est au stade où il en veut énormément à l'humain, il lui a pardonné tous ces gestes mais il lui en veut. Il en est au stade où leur dernière nuit ensemble et les mots échangés lui font l'effet de mille poignards en plein coeur. Parce qu'il sait qu'Isaiah n'aurait pas changé, ne l'aurait jamais vraiment accepté et aurait continué à se détruire. Oui il est parti mais pour le protéger même si lui doit être détruit au passage.

Détruit il est, fracassé le vampire. Il ne sait même pas dire pourquoi il est toujours en vie et comment il fait surtout. Il n'a aucune explication à cela, il n'en cherche pas non plus. William sait juste que la vie est fade, sans aucun intérêt sans Isaiah, que la vie a perdue toutes ses couleurs sans l'humain prêt de lui. Le vampire n'a pas dû non plus décrocher un seul sourire depuis qu'ils ne sont plus ensembles. Pourquoi sourire quand on a plus le soleil de son monde ? C'est pour ça qu'il est parti sur les routes, essayer de trouver un petit quelque chose, n'importe quoi qui pourrait vraiment le secouer mais rien que dalle. Nada. Et pourtant en même temps, tout et n'importe quoi lui rappelle Isaiah même des endroits où ils ne sont jamais allés ensemble. Un bruit, une odeur et William se reprend tout dans la tronche, le déglinguant encore un peu plus. Mais ce n'est pas comme ça qu'il a envie de se souvenir d'Isaiah sauf qu'il est dans cette phase où il lui en veut en même temps. Tiens, même ce bar lui fait penser au chasseur, en même temps n'importe quel bar pourrait lui faire penser à Isaiah...Mais en plus le whisky que le barman lui a servi n'arrange rien. Oui il l'a cherché aussi mais bon, on a défini qu'il est plus très droit le vampire.

Il fini malgré tout par observer le bar et les personnes présentes avant de voir une chose rousse arriver. Ah ben elle est dans un bel état celle là, remarque il peut se taire, il est pas forcément mieux. Lui toujours si bien coiffé et avec la barbe taillée ben là c'est plutôt du grand n'importe quoi. Au moins est-il un tant soit peu habillé correctement...même si on lui a déjà sorti que même vêtu d'un sac poubelle la classe anglaise ressortirait encore. Hmpff. C'est le rendez-vous des déglingués on dirait. Reste à savoir à quoi est dû l'attitude de l'humaine. Retournant le nez dans son verre de whisky pendant qu'elle s'installe, ce n'est qu'en l'entendant qu'il tourne la tête vers elle et hausse un sourcil.

- Prenez-en plutôt deux pour ça...

Laissant le barman venir la servir et poser une bouteille à côté d'elle ainsi qu'un verre. William fait signe à l'homme de le resservir également avant de lui chourer la bouteille des mains. Marmonnant un "J'en ai besoin aussi" devant l'air du propriétaire des lieux. Avant d'en revenir à la rousse.

- Un homme vous avez brisé le coeur ou une femme peut-être ?

Oui, il a malgré tout gardé sa curiosité le vampire.

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Bailey Johnson ∞ Official Food of His Majesty Eliott d'Arundel
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Je n’ai jamais voulu devenir alcoolique. D’ailleurs je ne le suis pas, même si vue ma commande on pourrait très bien le penser mais qu’importe. La ruine que je suis n’acceptera aucune critique – à vraie dire, je suis à la limite de craquer. Et je ne dois pas, justement, craquer. Bien sûr, je resterais présentable jusqu’à ce que je remette la main sur mon fils, mais quelque chose me souffle que je le retrouverais pas ce soir – quelque chose me pousse à picoler ce soir, plus que de raison. Je devrais être chez moi à l’heure qu’il est, à manger une dinde fourrée aux marrons et à m’enfiler des écorces d’orange confites. A me gaver de chocolats en buvant du champagne tout en regardant des dessins animés avec Jack, à grignoter des cookies et du pain d’épice, à boire du vin chaud tandis qu’il déguste son chocolat chaud-chantilly-marshmallow énorme. Je devrais être en train de lui raconter une histoire merveilleuse, avant de l’embrasser sur le front et lui souhaiter bonne nuit – je devrais être en train de contempler ce foutu sapin miniature illuminé tout en remerciant Dieu de m’avoir accordé un tel gosse … Au lieu de quoi me voici à des kilomètres de la maison, frigorifiée, la mine d’un cadavre frais en train de crever, à m’enfiler clope sur clope un verre à la main … Pardon. La bouteille à la main.
J’inspire, et je croise le regard du patron qui va émettre un réserve. Crois-moi gars, c’est pas le soir pour me faire chier. Collant ma main dans ma poche, je sors subitement ma carte de crédit dans un souffle, pour lui faire comprendre que j’ai de quoi payer. Laissez-moi oublier ce soir, par pitié. Tout me rappelle mon fils, chaque regard, chaque cri, chaque enfant en train de courir. Fermant les yeux une micro seconde, j’avale ma salive, ma mâchoire se contractant de nouveau jusqu’à ce qu’une voix s’élève. Survenue comme dans un rêve, je sursaute presque avant de jeter un coup d’oeil à ma gauche. Qu’est-ce que ?

« Pardon ? »

Je croasse, sans bien comprendre. Comment ça deux ? Il veut me voir morte avant la fin ? Fronçant les sourcils, je hoche doucement la tête lorsque le barman rapporte ma future meilleure amie mais qu’il va également chercher sa petite sœur pour ce qui semble être mon compagnon de beuverie. En me concentrant un peu plus et en oubliant mon état de loque, je peux remarquer que sa mine affiche le même désespoir que le mien. La seule différence est qu’il ressemble à un mannequin, et moi à une sdf. Pas étonnant que le barman tire la gueule. Au moins ai-je l’air assez âgé pour ne pas avoir à sortir ma carte d’identité. Enfin. Tout ça pour dire qu’en voyant le gars attraper la bouteille comme un possédé, j’en viens à sourire tristement – c’est décidément un jour affreux -, avant de me figer nette quand il pose la question. Est-il devin ou est-ce là le lot de toutes les filles quand elles ont une peine de coeur ? Fermant le mien – tentant du moins – j’attrape ma bouteille pour toute réponse, avant de boire directement au goulot. Je me fous pertinemment de la gueule que tire les personnes présentent – il serait simplement triste de gâcher un verre vue comment va terminer ma carcasse.

« Nan. »

Je réponds après une gorgée brûlante, le verre chouinant lorsqu’il rencontre le bois vernis du bar. Je fuis le regard de l’homme un temps, hésitante, avant de soupirer. Bah. Si je dois me faire plaindre et si ce mec trop curieux doit m’accompagner dans ma débauche, autant faire les choses correctement même si le type est encore un étranger.

« Quoi que. En un sens … J’ai perdu l’homme de ma vie il y a peu et … C’est un jour spécial aujourd’hui. »

Ma voix craque, se fêle, et je reprends une nouvelle gorgée aussi vite que j’ai pu prononcer ses phrases, me cachant derrière ma flamboyante chevelure. Me perdant dans les reflets dorés de la bouteille, je mets quelques secondes avant de reprendre, tranquillement, comme si de rien n’était – mes yeux ne trahissant cependant rien de ma réelle souffrance.

« Et vous, qu’est-ce qui vous pousse à venir ici vous enivrer ? Sans vouloir vous vexer, vous faites vraiment tâche dans le décor. »
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