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[abandonné] -Abomination de la désolation [PV]
No matter what we breed, we still are made of greed

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MessageSujet: [abandonné] -Abomination de la désolation [PV] ⚝ Jeu 4 Jan - 15:47
abandonné

privé; ft. Abigail Becker

type ❖ flashback, etc.

date ❖4 janvier

informations spatio-temporelles ❖ Début de soirée, météo clémente.

intervention du MJ ❖ Pas nécessaire.

Autre ❖Nope

©️ HELLOPAINFUL; revisité par SHADOW
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MessageSujet: Re: [abandonné] -Abomination de la désolation [PV] ⚝ Jeu 4 Jan - 15:51
Cette semaine à Seattle avait été l’abomination de la désolation. Non, le monde n’avait pas disparu. Non, l’Apocalypse n’avait pas ravagé la planète. C’est juste que Chuck n’était pas sorti depuis au moins quinze jours de son appartement. Ok, en tant que Dieu, en soi, ce n’est pas hyper sérieux. Mais vous vous tromperiez. Chuck étant littéralement hors du temps, en fait, il n’était pas encore entré dans son appartement, tout en y restant, tout en étant déjà parti. C’est compliqué ? Démerdez-vous avec ça. Si vous croyez qu’expliquer à des mortels ce qu’est d’être l’Être par excellence, sachant tout, est simple, et bien vous êtes des cons. Voilà. Donc, Chuck n’était pas sorti de son appartement depuis quinze jours. Il fallait être honnête, ça sentait le fauve mort. L’appartement était dans un état plutôt lamentable, des pizza d’une fraicheur douteuse, dans leur emballage de carton tout aussi douteux. Il y en avait une, un peu plus fraîche que les autres, datant de la vieille pour être exact, posée sur une table basse en bois. Non loin, un clic-clac inconfortable avec un tissu un peu bariolé et des motifs d’un goût plus que douteux. Dans le clic clac, en tailleur, un Chuck.  Le même T-Shirt depuis une semaine, auréoles sous les bras, en caleçon, tenant dans ses mains une manette de PS4. Il appuyait frénétiquement sur les boutons, le visage crispé, les yeux cernés. Le rictus traduisait un mélange de joie et de douleur.

Dire qu’il était prévu de toute éternité qu’il lutte comme un mineur de fond dans une mine de charbon pour perdre, ou plutôt pour faire semblant de perdre…Pas semblant mais… Ou et puis zut, rendez-vous malade en essayant d’expliquer pourquoi Dieu perd de toute éternité aux jeux vidéo. Je suis narrateur moi, pas philosophe.

« Putain» « A gauche, à gauche ! » « Et voilà, coéquipiers de merde » fusaient au fur et à mesure des parties. Avant de finir dans un espèce de gémissement de lassitude, et d’envoyer la manette à travers la pièce. Il se laissa basculer pour s’allonger sur le flanc, sa main allant mourir dans le vide pour se rendre compte qu’il y avait des cadavres de bouteille de bière bon marché entre le sol. Il en attrapa une et porta instinctivement le gouleau à ses lèvres. Vide. Il le savait de toute éternité aussi, et pourtant, ce geste était prévu dans le plan Divin. Ainsi Dieu en était là, réduit à jouer la comédie pour lui-même de toute éternité. Oui, je sais, mettre de toute éternité à chaque fois, ça fait classe, tragique et transcendant. La preuve, de toute éternité, c’était de toute éternité. Vous avez mal au crâne ? Moi aussi.

Il laissa tomber la bouteille sur le sol. Bon, ce soir, il fallait sortir, c’était prévu.  Mais pas maintenant, maintenant, y’a Hells Kitchen à la télé. Dieu aime bien ce Gordon Ramsay. Sans bouger, la télé se met toute seule sur la bonne chaine. « RAWWW RAWWWW ! » hurle le chef cuisinier, furieux, en balançant des saint jacques crues sur une brigade avec l’air d’être sous le feu de la mitraille. Juste Ciel, les disputes au paradis semblaient moins violente que ce programme.

Bon, assez de blague, c’était l’heure.  Chuck se leva, erra jusqu’à la douche comme un fantôme et voulu prendre une douche. L’eau ne coula pas. Naturellement, Chuck, de toute éternité, n’avait pas payé l’eau. Il maugréa.  Claqua des doigts, et se retrouva propre comme un sous neuf. Il s’était habillé normalement, un jean, des baskets, un T-Shirt avec marqué dessus « Only God can judge me » et une petite veste.

Il se retrouva instantanément au bar. Une espèce de bar demi branché d’un quartier demi pauvre de Seattle. Il commanda une pinte. On la lui versa. C’était soirée karaoké manifestement, il y avait déjà un heureux couple qui chantait des chansons d’Abba sur la scène.  Mon Moi pensait Chuck, ils chantent comme si on était en train de leur faire une césarienne.
Déchéance.

Enfin, ils laissaient la place. Chuck savait que la prochaine, une petite adolescente rousse belle comme un boudin aux pommes, serait plus tard une grande chanteuse et qu’elle vendrait des millions de disque d’ici quelques années. Oui, c’était comme ça. Bon, par contre, revers de la médaille, elle allait mourir d’une maladie cardio vasculaire parce qu’elle bouffait comme une truie.

C’était la vie. Enfin, la Mort, pour le coup. En plus, elle ne ferait même pas partie du groupe des « 27 ». C’était vraiment le succès des médiocres. Mais pour l’heure, elle chantait admirablement.
Chuck commanda une deuxième pinte. Il put la boire d’une traite. De toute éternité –j’adore cette phrase, lâchez moi.

Ah, ça y est, son âme sœur de la soirée venait d’arriver. Bon, elle ne le savait pas encore, mais ça allait être une pure soirée. Chuck fit un léger mouvement et manqua de renverser sa troisième pinte sur une petite blonde, Abigail Becker. Actrice, ratée –ils avaient ça en commun du coup, d’être ratés- chasseuse.


-Oups, désolé, je vous ai pas vue ! Puis-je me rattraper en vous payant quelque chose qui coûte entre 8 dollars et… 8 dollars ?

Dit-il en sortant un billet de cinq dollars et trois pièces, bien sûr il les sortait de nulle part, mais ça elle ne pouvait pas le savoir.

-Ou moins hein, ne vous sentez pas obligé.

Fallait pas déconner, après tout, elle était pote avec la fille d’Azazel, elle était pas vraiment en odeur de sainteté… Elle sentait plus le souffre. Oui, Dieu a le sens de l’humour vaseux.

-Je suis Chuck au fait.

Vous vous attendiez à quoi ? « Enchanté moi c’est Dieu ? » ouais ben…Vous repasserez.
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Abigail C. Becker
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MessageSujet: Re: [abandonné] -Abomination de la désolation [PV] ⚝ Jeu 4 Jan - 18:24
abomination de la desolation

tomorrow is another day and you won’t have to hide away. you’ll be a man, boy. but for now it’s time to run.


J'avais décidé de partir loin. Très loin. J'étais restée bien trop longtemps à Chicago sans bouger, et me sentir prisonnière de cette ville m'avait pousser à me barrer de façon extrême. Seattle. C'était littéralement à l'autre bout des Etats-Unis. Maintenant que les Graham étaient de retour au bercail, je n'avais aucune raison de rester cloîtrée sur place. J'allais certainement y revenir bien assez tôt, le temps de faire un tour de pays armée de mon attirail à la Ghost Buster. J'étais arrivée il y a 3 jours, à Seattle. J'avais passé les deux derniers jours à décontaminer une maison que l'esprit d'un petit garçon hantait. C'était super glauque. Aussi un peu ridicule. Il était mort en jouant à cache-cache, coincé derrière une vieille chaudière. Personne n'était venu le trouver là. On pouvait dire qu'il avait bel et bien gagné la partie. Enfin, bref. Je l'ai trouvé, tout fait cramé, fini de jouer. Demain, je décampais de cette ville. J'avais bien envie de descendre sur L.A, faire un tour sur la côte. Mais ce soir, c'était bar. Je l'avais mérité, après tout. J'allais me miner la tronche, bien que ce soit un peu triste sans Youri. Je m'étais habitué à la présence du pilier de bar, à Chicago. Argh. C'était exactement pour ça que je m'étais barrée : trop d'attaches. C'était frustrant.

— Oups, désolé, je vous ai pas vue ! Puis-je me rattraper en vous payant quelque chose qui coûte entre 8 dollars et… 8 dollars ?
— Un verre offert par un total inconnu susceptible d'être un prédateur sexuel de l'âge de mon père? Qui pourrait refuser une chose pareille. Cette blague sonnait bien plus drôle dans ma tête. Mes deux pintes de bière et trois shots de jäger obscurcissaient certainement mon sens de l'humour. Ou peut-être pas encore assez. Va pour les 8 dollars.  

Et voilà que je me retrouvais dans un bar-karaoké bobo de la ville. C'était déplorable. Les gens chantaient en se prenant vraiment au sérieux, qu'ils soient bons ou mauvais, comme si nous étions dans un stupide télé-crochet musical. Rien à voir avec l'ambiance des karaokés japonais. Nostalgie. Si je n'avais pas peur de me faire butter par des Yakuzas, j'y serais volontiers retournée pour de petites vacances. Mais non. C'était bien mieux, de passer la soirée avec un mec dont le t-shirt frôlait le mauvais goût. Du moment qu'on m'offrait de l'alcool, j'étais contente. Je regardais la carte, en cherchant tout ce qui pouvait être à 8 dollars. Cela me permettrait peut-être de prendre un de ces coktails classieux que je ne commande jamais habituellement. Ouais. Sauf qu'en fait, je n'avais aucune envie de réfléchir. J'interpellais donc le barman pour lui demander Donnez moi un de vos cocktails à 8 dollars, le plus fort. Merci.. Voilà qui était fait.

— Je suis Chuck au fait.
— Abigail. Je m'étais retenue de faire la grosse beauf en lui répondant "Et moi je suis... contente d'avoir un verre.". Cela avait été un grand débat interne, mais je m'étais finalement contentée de dire mon prénom.

Le barman me filait finalement mon verre. Couleurs bleutées, avec une paille. Aucune idée de ce que ça pouvait être, mais c'était vachement trop classe pour moi. Tant mieux. C'était marrant. J'en buvais une gorgée, grimace immédiate. A la fois sucré et méga alcoolisé. Je ne pouvais me décider de si j'aimais ou détestais ça, bien qu'en soit, la question ne se posait pas. J'allais le vider jusqu'à la dernière goutte en tout les cas.

— Merci pour le verre. Je savais pas trop quoi d'autre lui dire moi, à ce Chuck. Pas douée pour les conversations. Encore moins avec les inconnus qui m'offrent des trucs et pour qui je me sens redevable ensuite.

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MessageSujet: Re: [abandonné] -Abomination de la désolation [PV] ⚝ Ven 5 Jan - 8:18
A y bien réfléchir, rien de tout cela n’avait vraiment beaucoup de sens. Pourquoi faire semblant ? La réponse était simple, si la partie était jouée d’avance, et que Dieu gagnait toujours à la fin, jouer n’en était pas moins intéressant. Prenez par exemple cette Abigail. Spécial spécimen que celui-ci. Sans réelle allégeance, sans réelle compréhension de ce qui lui arrive au quotidien, elle vit au jour le jour, sans vraiment de but. La preuve ? Outre le fait que Chuck sache tout d’elle, de sa conception jusqu’à sa mort et ce qui va se passer entre les deux ? Considérez deux secondes le fait qu’elle prenne un cocktail à 8 dollars pile. Cela vous parait anecdotique ? Et pourtant, essayez d’imaginer deux minutes toutes les variables d’une énorme équation, avec des variables impossibles à déterminer, qui la mènent à prendre ce cocktail précis. Vous ne les savez pas ? C’est normal, seul  Chuck les connait réellement. Vous pensez que ce geste n’a aucune incidence sur l’univers ? Considérez donc la chose au-delà du geste. Approfondissez. Il y a bien d’autres choses à prendre sur cette carte de boisson, il y a des cocktails un peu moins chers, des pintes de bières blondes, rousses, brunes, ambrées, c’est Byzance. Ou plutôt, c’est l’Amérique.

Ce geste qui vous parait si anodin, c’est la manifestation pourtant du libre-arbitre. Brillante invention n’est-ce pas ? Brillante car son corollaire est de faire des erreurs, et d’apprendre d’elles. Par exemple, Chuck aurait pu lui dire à l’avance dans une révélation avec force éclairs, lumière et autres froufrous cosmiques, que ce cocktail à huit dollars était fait par un barman dont les compétence en mixage étaient un peu douteuses, qu’il surdosait aussi bien le sucre que l’alcool, et qu’à part servir d’appât pour quelques types louches qui les agrémentaient d’un GHB pour conclure, cela n’avait pas grande utilité.

Aurait-elle pour autant pris autre chose ? Non. Chuck pouvait y répondre de façon certaine, parce que sa motivation n’était pas réellement de prendre quelque chose de bon. C’était 1) de boire un truc fort. 2), de dépenser les 8 dollars de Chuck histoire de ne pas avoir l’impression d’avoir perdu quelque chose. Elle aurait très bien pu prendre une pinte de cette excellente bière locale blonde qui valait deux fois moins cher. Cependant les humains sont comme ça, c’est dans leur nature, ils veulent le truc qui brille, un peu comme les pies. Cela leur donne un sentiment d’illumination et de classe. C’était fascinant comme la plus part de ses créatures douées  d’une intelligence confondaient la surcharge avec le raffinement. En plus, il fallait bien admettre que ce cocktail qui brillait avait quand même une sale gueule. Un genre de mélange entre de la cochenille bleue liquide et du curaçao. Ah, l’être humain, qu’importe le flacon, pourvu qu’il ait l’ivresse.

Elle trouvait que tout cela empestait le sérieux et la solennité. Chuck lui donnait mille fois raison. Tous ces gens qui faisaient semblant de vivre et chantaient avec autant de décontraction qu’une barre de fer qui aurait un balai dans le séant, c’était assez lamentable.

L’âge de son père… Elle avait de l’humour, dans une certaine mesure, il était son père. Pas dans la chair, certes, mais il l’avait créé, comme tous les autres ici. Chuck émit un petit rire à sa blague. Vous n’avez pas idée à quel point c’est lassant, de rire de toute éternité.


-Abigail donc. Ça va ? Le cocktail n’est pas trop immonde ?  Parce que vu d’ici, on a l’impression que vous buvez un truc sorti tout droit de la quatrième dimension.

Il fallait bien briser la glace pendant que d’autres se cassaient la voix. Car celui qui passait à l’échafaud karaokétique chantait faux…Mais faux… C’était une véritable horreur. Imaginez un trader avec une voix de crécelle chanter « Smoke on the water » et bien vous avez tout le tableau. Oui, ça aussi il fallait se le coltiner de toute éternité.

-Vous me direz, ça peut pas être pire que l’autre abruti qui s’égosille.

Dit-il en finissant sa pinte, il fit un signe au barman de lui en amener une quatrième.  Elle arriva rapidement, le bar commençait à se remplir sérieusement, il fallait en profiter avant que ce soit la cohue. Du moins c’est ce que pensait le barman. Il avait tort, ce soir, la fréquentation serait un peu moindre que la moyenne. Chuck n’aimait pas les trucs bondés où l’on ne s’entend plus parler.  Là, c’était bien, il y avait peut-être une soixantaine de personnes, c’était bien assez pour se mettre la honte de façon crédible. Parce que oui, ça arrivait de façon inéluctable.

-Vous n’avez pas l’air d’ici. Qu’est-ce qui vous amène à Seattle ?
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Abigail C. Becker
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MessageSujet: Re: [abandonné] -Abomination de la désolation [PV] ⚝ Ven 5 Jan - 14:46
abomination de la desolation

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— Le cocktail n’est pas trop immonde ?  Parce que vu d’ici, on a l’impression que vous buvez un truc sorti tout droit de la quatrième dimension.
— Je vais avoir besoin d'une bière pour le faire passer, mais ça va. J'vais m'en sortir. Pour prouver ma bonne foie, j'aspirais une énorme gorgée. Avant de grimacer une fois de plus. J'allais m'y faire.
— Vous n’avez pas l’air d’ici. Qu’est-ce qui vous amène à Seattle ?
— Ma voiture. Bordel Abby, t'es lourde avec tes réponses à deux francs six sous. J'avais répondu dans le plus grand sérieux, et ce, même si je savais pertinemment que ce n'était pas la réponse attendue. Comme s'il était aussi naturel pour moi de raconter de la merde que de respirer. C'était une deuxième nature chez moi, les blagues pourries. Pour peu, il pensait que je n'avais pas compris la question et j'allais passer pour une débile. J'ajoutais donc rapidement, à la suite : J'avais besoin de voir du pays. Mon ton était monotone à souhait. Parler de ma vie, à moins qu'elle soit palpitante, m'ennuyait à mourir. C'était pourtant un cap quasi-obligatoire à passer lorsque l'on faisait de nouvelles rencontres. Je ne lui retournais pourtant pas la question. Ce genre de détails ne m'avait jamais intéressés, en tout cas pas de façon spontanée.

Alors que je sifflais un peu plus mon verre, mon regard se posais à nouveau sur la scène karaoké. Rien que de les regarder chanter me mettait mal à l'aise. J'aurais clairement dû choisir un bar miteux plein d’alcoolos, plutôt que cet endroit branché. Je m'y serais sentie plus à ma place, pour sûr. Sans pour autant quitter la scène des yeux, je m'adressais à mon interlocuteur.

— Et vous, vous allez chanter?

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MessageSujet: Re: [abandonné] -Abomination de la désolation [PV] ⚝ Sam 6 Jan - 9:58
Vu la tête qu’elle faisait à chaque gorgée, Dieu avait raison. Ce cocktail était bien infâme. Il la voyait souffrir dès qu’elle y trempait ses lèvres. 8 dollars. Heureusement que l’argent tombait du ciel.
Lorsque la jeune chasseuse répondit avec un sens de la répartie original que c’était sa voiture qui l’emmenait à Seattle, Chuck eut un léger sourire. Elle avait mangé un clown celle-ci. Dieu avait le sens de l’humour, mais celle-ci, il fallait bien l’admettre, n’était pas terrible. De toute évidence, le cocktail commençait à faire son effet. Chuck lui, venait de finir la quatrième pinte, techniquement, il aurait dû commencer à être un peu rond, dans la mesure où son avatar n’était pas très grand ni très lourd. Naturellement, Dieu ne peut pas être ivre, mais il fait semblant à la perfection. En réalité, il lui suffisait de décider qu’il était un peu ivre, et ainsi il l’était.

Besoin de voir du pays dit-elle, en ayant un peu peur de passer pour une foldingue intégrale. Au moins ne mentait-elle pas mal cette chasseresse désœuvrée. A sa décharge, il était vrai que la question était un peu intrusive.

Puis, vint le moment fatidique.


-Chanter ?

Il prit l’air d’un homme ivre qui réfléchit à faire une connerie.  Décidément, il aurait fait un meilleur acteur qu’écrivain s’il avait été humain. Il avait cet air, à la fois pénétré d’une profonde sagesse, mêlé à…Et bien tout simplement une légère effluve de bière, les yeux mis clos, le coude sur le bar et la main attenante se frottant la légère barbe de hippster qu’il avait jugé bon de toute éternité d’affubler son apparence. Il se frotta les yeux ensuite. Elle ne le regardait pas, elle semblait obnubilée par la scène où finalement il ne se déroulait pas grand-chose.

C’était l’heure. Dieu n’est jamais anxieux, il sait tout. Au reste, certains moments sont plus heureux à vivre éternellement que d’autres.


-Ouais, ouais…ça me parait une bonne idée.

Et alors, il demanda au barman la liste des chansons du karakoé. Il fallait bien tromper les apparences et ce genre de petit geste, totalement inutile mais si humain. Il fit mine de parcourir en diagonale. Puis il signifia au barman qu’il prendrait la prochaine place libre. Elle vint à peine quelques minutes après. Chuck se leva du tabouret haut perché, manqua d’ailleurs de s’effondrer la tête dans le décolleté de la blonde, il se rattrapa au bar de justesse au bar.

-Nom de…

Naturellement, il ne termina pas cette phrase. Il fallait pas déconner, jurer c’était pas trop son truc. Il se redressa doucement, encore légèrement tangent. Il défroissa sa veste, souffla un grand coup. Non pas d’angoisse, mais parce que l’alcool aurait dû commencer à faire ressentir de légers effets. Il tituba plus ou moins jusqu’en face de l’écran grande taille qui venait de lui balancer sa lumière en plein dans les yeux. Ironie du sort, lui qui était la Lumière personnifiée, il devait jouer l’ébloui. Il se reprit rapidement. Saisi le micro en main. Dieu qu’il était ridicule. Il empestait la dépression à des kilomètres à la ronde.
La musique commença, et ce fut un moment de solitude total. Pas pire que sa solitude divine, mais tout de même un peu. Une fois encore, Lui merci, l’alcool lui donnait une excuse pour cette performance tout juste passable. Quelques minutes plus tard, légèrement en sueur –l’alcool tient chaud, bouger aussi- il fit mine de descendre les quelques marches et ce fut la gamelle du siècle, il plongea vers l’avant, un bruit sourd retenti, suivi d’un gémissement qui n’avait rien d’un orgasme, mais tout d’une longue plainte d’un chien dont la patte vient de se casser. Il souffle longuement, l’air ennuyé, et se releva péniblement. Escaladant presque pour revenir se mettre au bar.


-Je…Je crois qu’il va me falloir une autre bière…

Dit-il en maugréant et en se frottant le genou sur lequel il était salement tombé.

-Faites attention…Le sol forme des…Lignes droites un peu courbes.

Ça n’avait aucun sens, il le reconnaissait, mais c’est bien pour cela qu’on appelait ces phrases là des propos d’ivrognes. On lui posa sa quatrième pinte, qu’il s’empressa de boire, faisant mine d’être soulagé lorsqu’il en eut pris quelques gorgées.

-Voilà, j’ai chanté…Enfin, j’ai essayé….Je crois…


[Chanson chantée: https://www.youtube.com/watch?v=Lv8VKCz3Cdg ]
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Abigail C. Becker
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MessageSujet: Re: [abandonné] -Abomination de la désolation [PV] ⚝ Jeu 11 Jan - 16:16
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— Ouais, ouais…ça me parait une bonne idée.

Oh, bordel. En lui posant la question, je ne pensais pas qu'il serait effectivement emballé à l'idée de pousser la chansonnette. Je me sentais bête, tout d'un coup. Moi qui comptait parier sur un "si tu vas chanter, je t'offre un verre à 8 dollars", c'était raté. Il n'avait aucun besoin que je le pousse à y aller d'une quelconque manière. Peut-être faisait-il partit de ces gens qui venaient aux soirées karaoké pour le karaoké. Bon. Dit comme ça, ça paraissait logique. Cependant, une bonne partie des clients étaient venus dans l'unique but de se moquer des participants, non pas pour participer. C'était mesquin, et lâche. Se foutre de la tronche des gens qui ont le courage de grimper sur scène, alors que l'on ne l'a pas soit même, c'est bas. Même si, il fallait bien avouer, certain sonnaient comme une truie se faisant égorger. Quant à moi, j'étais de ceux qui n'étais venu que pour se bourrer la gueule. J'avais d'ailleurs fini par siffler le fond de mon verre d'une traite, histoire d'être débarrassée. L'alcool avait toujours eu un effet étrange sur moi. Peu importe la quantité que j'ingurgitais, mon esprit restait clair. Mes émotions étaient simplement exacerbées, et je me comportais bien plus amicalement et spontanément qu'à l'habitude. Ou plus agressivement, tout dépendait de la situation. Mon corps, par contre, ouh. Il prenait cher à tout les coups. J'essayais toujours de me débarrasser de cette lucidité en buvant plus que de raison, mais cela ne faisait que me rendre malade. C'était idiot. Il n'y avait aucune raison logique à ce que je cherche à me débarrasser de mon sens des responsabilités et du raisonnement. Quoi que. Penser tout le temps me fatiguait.  

Au moment de se lever, le Chuck manquait de se ramasser sur moi. En guise de réflexe "auto-defense", je levais mes mains au niveau de ma poitrine, paumes face à lui. C'était à la fois pour me protéger, et le rattraper au besoin. Fort heureusement, ce cas de figure n'arrivait pas. Je n'étais pas une grande fan des contacts physiques, quel qu'ils soient. Il montait finalement sur scène en un seul morceau. On ne pouvait pas en dire de même pour la descente. Boum patatra, par terre. C'était plus fort que moi, je pouffais de rire.

— Faites attention…Le sol forme des…Lignes droites un peu courbes. J'inspectais le sol un instant. Les lignes droites ne semblaient pas si droite que ça. Il avait raison. Cette remarque était d'une logique imparable. Ou pas. Mais, étrangement, je voyais parfaitement ce qu'il voulait dire.
— En effet.

Mon verre était vide. J'avais besoin d'une bière pour faire passer ce goût affreusement sucré. Hop, barman appelé, bière commandée, bière arrivée. Je sentais que l'alcool commençait sérieusement à me monter à la tête, et pourtant, je comptais bien continuer à boire, quitte à rouler sous la table. Si seulement il y avait une table.

— Vous avez l'air encore plus déprimé que moi. Spontanéité. C'était à ça que je remarquais les effets de l'alcool. Je balançais des trucs encore plus brutalement qu'à mon habitude. Le pire dans tout ça, c'est que j'avais dis ça avec le sourire. Il n'y avait pourtant pas trop matière à être contente. Pourtant, ça me faisait plaisir. Allez savoir pourquoi.

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MessageSujet: Re: [abandonné] -Abomination de la désolation [PV] ⚝ Lun 15 Jan - 1:56
Déprimé ? Oui, assurément il l’était, depuis toujours, depuis le départ. Dieu dès l’origine avait été un optimiste triste. Imaginez un peu, avoir la Vision, la vue d’ensemble, le tout, le plan, le passé, le présent, l’avenir… Il pouvait constater l’entièreté de ce que les gens étaient capables, en bien comme en mal. Comment ne pas être déprimé quand vous savez à quel point l’univers doit passer par des épreuves si dures pour finalement obtenir la plus petite dose de bien ? Comment ne pas être déprimé quand, depuis le début des temps, vous savez que vous allez devoir enfermer ou punir les êtres qui vous sont les plus chers ? Et tout cela pour qu’au final, le libre-arbitre ne devienne qu’un prétexte pour en abuser.

Le sentiment était clairement mitigé, car à cette dépression se mêlait une forme de joie aigre-douce. Il est vrai que la liberté a pour corollaire le fait que le bien est fait sans contrainte, et cela était d’une beauté parfaite. C’était cela, finalement, le véritable amour, le sacrifice. Dieu n’était que sacrifice. Enfermer Amara, punir Lucifer, quitter la direction de l’univers, tout cela n’avait été qu’une longue série de sacrifice plus douloureux les uns que les autres. Issus de l’amour fou de Dieu pour le genre humain. Tel était le sens de la croix, le sens de la Passion du Christ, le sacrifice pour le salut des hommes, pour leur éviter l’enfer.

Naturellement, rien de tout cela n’avait été compris, ni par les Archanges, ni par les humains, ni par personne en fait.  Il faut parfois imaginer la divine solitude et la divine tristesse de celui qui, prêt à tout donner, voit le don qu’il fait bafoué.

Il soupira longuement lorsqu’Abigail lui demanda s’il était déprimé. Il lui fit alors la réponse qu’il avait prévu de lui faire de toute éternité.


-Vous croyez en Dieu ?

Question qui cachait bien la supériorité de Dieu sur l’homme. Poser des questions lorsque l’on connait toutes les réponses.  En plus, ce genre de question philosophique bon marché, quand on était censé être ivre, était relativement courant. Elle n’avait ni queue ni tête, cette question. Mais, elle amusait presque Dieu. Après tout, à l’heure ou trois camps comptaient s’entretuer pour cette planète, et même pour cet univers en entier, savoir si au moins la personne qu’il avait en face de lui croyait en celui qui avait créé le champ de bataille était légèrement pervers et sadique.

-Oubliez ce que j’ai dit, la question est un peu indiscrète. Mais…Pour vous répondre, oui, je suis un peu déprimé, encore que… La bière aide, chanter faux aussi, surement plus que je ne l’aurais imaginé d’ailleurs. Et vous ? Vous chantez ?

Et hop, retournement de situation, ni vu ni connu. Il fallait bien aller sur des sujets intéressants.  Après tout, la paumée c’était elle. Pas lui. Lui savait exactement où il se trouvait, ce qu’il faisait, pourquoi…Et admettons-le, c’était là toute la tragédie de l’affaire. Clairement, la position d’Abigail était plus enviable que la sienne. Cependant, cela partie des choses que Dieu lui-même, en raison de sa perfection, ne pouvait changer. Il ne pouvait pas décider de ne plus être Dieu, il ne pouvait même pas le vouloir, car Dieu, jamais, ne voulait une chose absurde.

-C’est vrai qu’en terme de déprime… Je suis difficilement battu, mais, vous semblez avoir du potentiel.
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Abigail C. Becker
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MessageSujet: Re: [abandonné] -Abomination de la désolation [PV] ⚝ Jeu 18 Jan - 13:04
abomination de la desolation

tomorrow is another day and you won’t have to hide away. you’ll be a man, boy. but for now it’s time to run.


— Vous croyez en Dieu ?

Hein?

— Oubliez ce que j’ai dit, la question est un peu indiscrète. Mais…Pour vous répondre, oui, je suis un peu déprimé, encore que… La bière aide, chanter faux aussi, surement plus que je ne l’aurais imaginé d’ailleurs. Et vous ? Vous chantez ? Je secouais vivement la tête de droite à gauche, en signe de dénégation. Mauvaise idée, ça tournait un peu autour de moi. Après avoir fermé les yeux un instant, je reprenais mes esprits.
— Oh que non. Pas toute seule en tout cas. Hors de question de me ridiculiser sur scène. Me connaissant, j'allais essayer de chanter correctement, et me planter totalement comme tout mes prédécesseurs. Et pour répondre à votre question : oui. Si y a des anges, doit bien y avoir un dieu. Bordel de merde. Il me fallait approximativement trois secondes pour me rendre compte de ma gaffe. Ce monsieur n'avait certainement pas connaissance du surnaturel, alors lui balancer une chose pareil...Argh. L'existence de ces créatures était tellement encrée en moi que j'avais oublié, l'espace d'un instant, que ce n'était pas le cas de tout le monde. J'essayais alors de me rattraper comme je pouvais, mon haut taux d’alcoolémie semblant être une excuse valable. C'est une expression. Je sais pas ce qu'elle veut dire, mais ça sonne bien. Cela n'avait jamais été une expression.

Je ne pouvais en aucun cas affirmer que ma gaffe était bien rattrapée. Non. Cette excuse était merdique. Pas grave. Aucune raison de s'inquiéter, il était encore plus pété que moi. Je buvais une longue gorgée de bière commandée au préalable. Me noyer dans l'alcool m'éviterait me peut-être de me noyer dans mes propos.

— C’est vrai qu’en terme de déprime… Je suis difficilement battu, mais, vous semblez avoir du potentiel.
— Merci. Je souriais bêtement, avant de réaliser qu'il n'y avait pas matière à se réjouir. Me rendant compte de ma bêtise, je grimaçais. Je ne sais pas comment j'ai pu prendre ça pour un compliment.

Je détournais la tête pour regarder ailleurs, afin d'échapper un tant soit peu à cette conversation. Je racontais vraiment n'importe quoi, et ça me fatiguait. Mes yeux se posaient alors sur la liste des chansons disponibles. Mon attention était immédiatement attirée par un titre bien particulier.

— Oh non. Ils l'ont. Everytime, Britney Spears. C'était la chanson mélancolique par excellence. Celle que l'ont pouvait chanter très sérieusement, avec ironie, lorsque l'on avait un coup dans le pif.

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[abandonné] -Abomination de la désolation [PV]

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