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 Souffle de Vie [Youri]

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Message Sujet: Souffle de Vie [Youri] Jeu 9 Nov - 15:28

Statut du rp

sujet privé; ft. Youri  dean

type ❖ Actuel
date ❖ le 17 avril 2016.

informations spatio-temporelles ❖ Le ciel est couvert et le vent froid.

intervention du MJ ❖ Non merci  

Autre ❖  :love:

©️ HELLOPAINFUL; revisité par SHADOW


Souffle de Vie



« … Vas t’faire voir Youri… » Qu’elle grogne entre ses dents.

***

Il est à peine neuf heures du matin et Calypso est déjà devant son armoire, à chercher LA tenue adéquate pour ce genre de … rendez-vous. Elle a toujours en tête son dernier sms que Monsieur à soit ignorer ou soit oublier pour cause d’un kidnapping de Morphée. Mais la tentation d’un troisième lui pollue la tête et son cœur en manque un battement. Qu’elle est stupide. Bon sang ! Elle essaie sa quatrième tenue pour enfin tomber d’accord sur une jupe crayon d’un bleu nuit et d’un haut noir sans prétention, libérant cependant un bout de son nombril. Les cheveux sont laissés libres au-dessus de ses épaules et le maquillage d’un naturel joli souligne ses traits délicats. Son portable est jeté dans son sac à main et le manteau glisse déjà à ses épaules, ses pieds épousent ses escarpins. Il lui reste quelques minutes avant que le taxi ne débarque pour la prendre. Un dernier coup d’œil dans le miroir à son entrée, et la prophétesse claque la porte de son appartement. Dix heures.

***

L’avenue est déserte. Sans doute parce qu’il s’agit d’un dimanche matin et que les gens normaux préfèrent une bonne grasse matinée qu’un footing gelé. Car il fait vraiment un froid de canard. Mais peu importe. Elle ne se voyait pas rester enfermée entre quatre murs, à attendre l’heure fatidique pour le rejoindre en cogitant sur le déroulement de la journée. Il ne cesse de camper son crâne et cela en devient énervant. Caly’ a tout essayé pour ne pas y penser jusqu’à se noyer dans le travail, oubliant de rendre visite à Ciaran… Ciaran… Elle se sent sourire en pensant à son ami. S’il savait pour Youri, il lui ferait sans nul doute la morale. Son sourire habille joliment ses lèvres nues alors que sa tête se bouge de gauche à droite. Ses pas déterminés arrivent devant une devanture adorable où le lierre habille les pierres. Elle reste un instant à contempler son ensemble avant de s’attarder sur l’enseigne du salon de thé ‘Hin’CupCake’. On lui avait dit que du bon sur les pâtisseries. Puis pour y avoir goûté (tant bien que mal !) il y a quelque temps déjà, Calypso est certaine de faire mouche avec ce choix. La clochette tinte à ses oreilles lorsqu’elle pénètre dans l’antre sucré.
« Bonjour ! Entrez je vous prie, je suis à vous dans quelques minutes. »

***

La boite sur ses genoux, le regard clair se perd sur le paysage qui défile. La circulation est fluide. Il est presque onze heures et son cœur est à la limite d’imploser tellement il bat comme un fou dans sa prison de chair. Elle tente de réguler sa respiration, les phalanges crispées sur l’écrin floral de gourmandises. Plus le taxi roule, plus elle se rapproche de lui. Il ne faut pas qu’elle perde de vue son objectif : retrouver son bébé comme neuve. Cette pensée a le don de faire pansement sur l’inquiète qui la grignote peu à peu.
« Visite chez mamie ? »
« Je vous demande pardon ? »
« Ouais, la petite boite avec des fleurs qui sent bon … C’est pour mamie ? Généralement je ne me plante pas. Alors ? » Le chauffeur, un homme avoisinant la quarantaine d’année, jette des œillades dans le rétroviseur intérieur en direction de Caly. Cette dernière se renfrogne un peu tout en tirant à son ventre la boite.
« Non. Vous vous méprenez. »Qu’elle répond poliment en levant le nez, la bouche pincée. Pour qui se prend-t-il ?
« Oh pardon princesse ! C’est juste que les fleurs… »
« Si vous me dites que ça fait mémère, vous pouvez vous assoir sur votre pourboire. » Il rit. Elle le foudroie du regard.
« Alors je ne dis rien. »
« C’est plus prudent. »

***

Finalement il ne l’a pas obtenu son pourboire. Calypso n’est pas friande de ce genre de chauffeurs qui essaient de s’immiscer dans votre vie privé avec des questions personnelles.  Elle ignore les insultes dans son dos. Une course est une course. Le reste, faut le mériter.

Et la voilà devant l’interphone extérieur. Son cœur s’agite à lui en faire mal. S’en est tellement ridicule qu’elle essaie de se recentrer pour ne pas trembler. Le courage est là… enfin quelque part en elle. Caly… bon sang mais sonne ! Son sac est remis correctement à son épaule, le menton se lève vers le ciel… Puis c’est le saut de l’ange. Elle cherche le nom de Sojka et presse sur le bouton. Elle sent l’adrénaline d’une excitation naissante s’emparer d’elle. Pathétique. Ca grésille un peu… et une voix s’élève enfin ! Mais ce n’est pas Youri. Une voix féminine qui la glace sur place.

YOURI ! Wo warst du ?!
(YOURI ! où t’étais ?!)
Mann, bist du vielleicht ein Idiot ! Du bist spät dran !
(t’es con ou quoi ?! t'es en retard!)

Calypso reste interdit, fixant l’interphone comme une idiote. Elle n’a pas compris un seul mot hormis ‘Youri’ et ce n'est pas pour la rassurer. La seule chose qu’elle retient c’est qu’une nana est dans son appartement et visiblement, n’est pas contente… L’envie de faire demi-tour lui traverse l’esprit… mais ce n’est pas respectueux (et merde ! il a son bébé mécanique!). Son regard glisse de nouveau vers le nom… peut-être est-ce une erreur de sa part… Malheureusement non. Alors elle tente de cacher sa déception derrière un petit raclement de gorge, ses perles limpides chutant sur sa boite à gourmandise. Grande inspiration. « Pardonnez-moi de vous déranger… Je suis Calypso et j’ai… j’ai rendez-vous avec Youri… Si ce n’est pas trop tard. » C’est presque alarmant qu’elle souffle les derniers mots. La belle se mord sa lèvre à en avoir mal tout en attendant une réponse de cette femme.
Le cœur en vrac.


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Je remets ma vie à... Un plus tard abandonné. Pour simplement vivre. Tenter d'atteindre une humanité. Des lambeaux de terre, me regardaient disparaître. Et parmi les pierres, je vivais et j'espérais, tu sais...


Elle prédit en #D79F68
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Message Sujet: Re: Souffle de Vie [Youri] Jeu 9 Nov - 19:13


SOUFFLE DE VIE
« Merci pour le coup de main, Sojka. » « Pas de quoi. » sans avoir prévenu grand monde, (surtout celles qui seraient les principales inquiétées), j’étais allé bosser ce dimanche matin. Parti aux aurores, l’uniforme sur le dos, j’avais dû gérer là où d’autres auraient dû le faire. Je m’étais retrouvé avec mon binôme presque à genoux la veille pour que je puisse lui porter compagnie, mais surtout l’aider dans son labeur. Le fait est que j’ai passé une nuit chaotique et la seule envie que j’ai eu ce matin-là, c’était de sortir de cette chambre qui puait encore le cauchemar.
Je suis en train de finir de compléter un rapport d’enquête lorsque Hernandez se penche un peu sur mon épaule, revenant de la machine à café. « C’est que tu t’appliques en plus ! » raille t-il, ricanant par derrière. « T’aimerais pas le revoir en liberté ce connard, non ? » lui rétorquai-je, les yeux toujours rivés sur mon ouvrage. Ça, c’est ce que je réponds lorsque j’ai mal dormi. Comme quoi, je suis aussi capable d’être désagréable sans l’avoir prévu. « C’est quelle affaire ? » Il plissa un peu les yeux en tentant de lire ce que j’étais en train d’écrire, l’air de reprendre un peu son sérieux. « Stanford. » « On a enfin trouvé un des coupables, non ? » « …ouais, et il est mort. » une satisfaction certaine que j’éprouvais à établir ce constat, je crois. J’en ai un rictus qui froisse mes muscles faciaux. « Bah, encore des économies de faites ! Il est très bien là où il est, cet hijo de puta ! » « Ça fera à bouffer aux vers. » et une nouvelle entrée aux Enfers, sans aucun doute. Je ne préfère même pas y penser.

***

Je venais de sortir du poste et me roulai une clope, Hernandez à ma suite. C’était sa pause, c’était l’heure à laquelle je devais lâcher l’uniforme pour le civil. Mais pour mettre ça à la lettre, je devrais attendre de retourner chez moi.

Miguel me grilla l’extrémité de ma clope, puis de la sienne, qui n’était qu’une bête blonde sortie de son paquet. « Jackson m’a dit pour vendredi soir, faudrait que tu penses à oublier le travail quand t’es de sortie au Havana ! » Une pensée m’avait traversé l’esprit, une pensée dirigée vers Calypso. J’en sortis mon téléphone pour vérifier l’heure. Tellement prit dans le travail, je n’avais pas vraiment fait attention à l’aiguille qui tournait. J’étais en retard. Je l’avais remarqué à peine les dix appels en absence relevés. J’avais haussé un sourcil et tiré une taffe. « Qu’est-ce que t’as Sojka ? » me demande mon binôme, étonné de mon silence à sa première remarque. « Je crois que j’suis à la bourre. » « T’as pas l’air d’être stressé amigo. C’est important ? » « Y a pire dans la vie que d’être en retard. » Ladies and gentlemen, Youri Sojka et sa philosophie de vie imparable. « Ça, j’te l’accorde. Sauf quand c’est une femme qui t’attends. Là, t’as intérêt à faire gaffe à ton cul, mon poulet. » Silence alors que je consume un peu plus ma clope, un léger sourire zébrant mes traits. Je savais qu’il allait le remarquer, parce qu’il est de ces êtres qui vous jaugeaient discrètement pour faire fleurir juste après vos quatre vérités en public. « AH ! J’en connais un qui va se faire défoncer le cul à coup de talons ! » Peut-être bien. Il a ri, et poursuit. « Elle s’appelle comment ? C’est du sérieux ou pas ? » et le voilà qui essaie de grappiller des informations. J’inspire profondément, pivotant un peu dans sa direction. Un éclair de malice provocatrice dans mes yeux clairs, le cylindre toujours coincée entre mes lèvres. Je la termine, faisant un pas en arrière. « Tu cracheras pas le morceau, hein ! qué coño ! » j’écrasai mon mégot. Son sourire était ferme mais témoignait d’une certaine frustration, celle de ne pas recevoir d’aveux. « À plus tard Hernandez, » « Tss… c’est ça, va retrouver ta dulcinée, Roméo ! » ce par quoi je répondis par un doigt d’honneur par dessus mon épaule, lui faisant déjà dos. Plus qu’à récupérer mon carrosse au bout de la rue.

Je suis sûr qu’elle porte les talons.




Pendant ce temps…

« Pardonnez-moi de vous déranger… Je suis Calypso et j’ai… j’ai rendez-vous avec Youri… Si ce n’est pas trop tard. »

Derrière l’interphone, à l’étage, les yeux de Natascha s’écarquillent tandis qu’un flot de honte la submerge. Oh mon dieu ! Merde, mais quelle idiote ! Elle met une main devant sa bouche, en plus de ça, elle a juré un dimanche. Puis cherche une solution mais bafouille, en anglais cette fois. « Je… euh… je suis désolée, » et se reprend aussitôt du mieux qu’elle peut, « A-Attendez je vous ouvre, c’est au dernier étage, je serais sur le palier… » elle allait rajouter ‘à tout de suite Calypso’ mais sa voix mourut dans sa gorge, et l’angoisse la força à raccrocher en appuyant longuement sur le bouton de déverrouillage.

Son cœur battait à cent à l’heure et sa bouche s’était déjà asséchée sous l’anxiété. Elle se força à inspirer et expirer doucement, allant chercher au passage un cachet pour se calmer. Avant de se rendre à la porte, l’allemande prit une gorgée d’eau au robinet et avala son comprimé, essuyant sa bouche en quatrième vitesse. Elle ouvrit la porte du petit appartement, guettant l’arrivée de Calypso. Tant que ce n’est pas Amy, pria t-elle, se remémorant avec une amère - et terrifiante - nostalgie le Noël dernier, où elle s’était invitée chez eux. Ce n’était malheureusement pas l’officielle, et elle ne le saura probablement jamais. Tout comme ce qu’elle ignorait être sa meilleure amie, là, déboulant sur son palier.

À peine la vit-elle qu’un sourire gonfla ses joues, un sourire nerveux et empli d’une gêne qu’elle peina à dissimuler. La sœur et le frère étaient des antipodes, l’une semblait vibrer d’émotions plurielles alors que l’autre, semblait avoir le don précieux de savoir les camoufler. Rien de tout ça n’était inscrit dans les gènes malheureusement, la construction d’un enfant s’accrochant à des variables diverses et variées. « Bonjour Calypso, » lui lance t-elle, ouvrant un peu plus grand la porte. « Je peux vous appeler Calypso ? » s’assure t-elle tout de même. Son accent allemand ressort moins que chez Youri, mais après l’avoir entendu déblatérer dans sa langue natale, il est d’autant plus flagrant. « Je… je suis désolée de vous avoir hurlé dessus tout à l’heure. Je croyais que c’était lui… enfin, que c’était Youri. Ça fait au moins une demie-heure qu’il aurait dû être rentré. » De plates excuses alors que la petite blonde se demande si elle doit lui serrer ou non la main. À défaut, elle se calquera sur les gestes de l’étrangère. La jeune femme n’a pas encore idée de ce qui peut trotter dans la tête de l’enseignante à cet instant précis, surtout en ce qui la concernait, elle et sa présence en ces lieux. Raison pour laquelle elle poursuivit sur sa lancée. « Comme vous vous en doutez, il est en retard… » et la fin de sa phrase témoigne de l’agacement sous-jacent de ladite sœur, qui doit jouer les hôtes en attendant que le loup rentre à sa tanière.

« Entrez, entrez, » fait-elle, lui ouvrant la voie chaleureusement. Sans pour autant prendre ses aises, puisque Natascha semblait encore essayer de cerner un peu Calypso. Pour ne pas avoir l’air gauche… enfin, pas plus gauche qu’elle ne l’avait déjà été. (La cadette a remarqué le paquet qui encombre les mains de la trentenaire.) « C’est à gauche ! » lui annonce t-elle alors qu’elle ferme la porte derrière leur passage. En fait, l’appartement était si petit qu’il n’était pas si difficile de se perdre, à moins d’être vraiment pas doué, ou complètement malade. Au bout du petit corridor, deux possibilités : droite ou gauche. Gauche, le coin chambre et salle de bain. Droite, le séjour, avec la cuisine ouverte sur le coin salle à manger. Quelques affaires de Natascha traînaient çà et là, témoignant d’une présence féminine en ces lieux. Elle dormait sur le canapé-lit qui servait, de jour, d’assise pour qui voudrait se poser confortablement, et qu’elle lui proposa. « Il est pas là alors faites comme chez vous. » Une pique pour l’absent, qu’elle aimait pourtant profondément. Nat n’avait pas idée du genre de personne qui se dressait là, ni même que c’était la première fois qu’elle entrait ici. Youri lui avait dit qu’ils se connaissaient depuis longtemps, alors… « Ah, je m’appelle Natascha. Je suis la sœur de Youri… je devrais pas être là, mais j’ai eu quelques… soucis. Le climat monstrueusement tendu à New-York, par exemple. Il m’héberge le temps que je reparte du bon pied. » et esquissa un sourire, la débarrassant gentiment.

Elle rebondit sur la boîte qu’elle tenait et lui proposa de quoi boire, engageant timidement la conversation. C’était elle qui avait ravitaillé, puisque l’autre ne le faisait pas, préférant manger sur le pouce. Alors elle était la meilleure hôte qu’elle puisse avoir pour l’instant, en attendant que le monstre n’arrive.


15mn plus tard.


Alors, Caly ? Est-ce que tu te seras faite belle pour moi ?

Les clés de la voiture au bout du bras et me retrouve face à la porte de l’immeuble.  Je m’apprête à composer le digicode, mais la porte s’ouvre. Elle s’ouvre sur la silhouette de George, qui faucha l’air que je respirais. Pas lui. Je le maudis intérieurement. Cet homme se retrouvait toujours là où je me trouvais, et souvent lorsque je m’y attendais le moins. Pour aucune raison valable sans doute, ce type m’insupportait. Il jouait un rôle… et je ne pouvais pas accéder à ses pensées. Ces gens-là, à l’esprit froid et inaccessible, m’agaçaient au plus haut point. Oui, j’avais du mal à gérer la frustration, ça n’a jamais été nouveau. Et à chaque fois que j’avais le malheur de le recroiser, cette épine coléreuse s’enfonçait à nouveau en moi, comme seule réponse viable.

Nos regards clairs se croisèrent, s’aimantèrent. Des instants qui me parurent être des lustres. Ce cher voisin me tint même la porte, un sourire agaçant imprimé sur son visage de bellâtre. Je ne fis que soupirer par le nez, sans même lui adresser une seule remarque expresse. Je ne lui avais pas demandé de me tenir cette foutue porte, alors les remerciements… il pouvait se les carrer là où je pense. Ma silhouette disparu dans le hall, puis dans la cabine d’ascenseur. Si d’habitude je prenais les escaliers, je n’avais pas envie de me taper la même routine que les trois derniers jours. Ces « d’habitude » me rendent malade.

Je me pointe finalement à ma propre porte et frappe deux fois contre cette dernière. La sonnette a un bruit dégueulasse, alors je sonne jamais. De toute façon c’est pas comme si c’était dans mes habitudes de sonner à mon propre domicile.

J’entends des voix derrière, des pas. La clé tourne et la porte s’ouvre. Natascha.

« Oh mais quelle surprise, Youri ! On t’attendait pas aussi tôt ! » raille t-elle en anglais, la voix volontairement haute.

Là, elle me fait les gros yeux; Calypso ne pouvant pas la voir faire. Et ajoute un peu plus bas dans notre langue natale. « À cause de toi je me suis tapé la plus grosse honte de ces dernières années ! Puis l’observa sous toutes ses coutures. Qu’est-ce que tu fiches encore en uniforme ? Un dimanche ? » « Bon, je peux rentrer ou tu vas encore faire barrage longtemps ? » « Elle est a-do-rable, » glisse t-elle alors qu’elle me laisse passer, fermant la porte dans mon dos. En première ligne, je fis quelques pas jusqu’au séjour, là où se trouvait Calypso.

Un sourire léger illumine mes traits froids alors que je poursuis mon chemin dans sa direction.

Non. Tu l’es toujours.

« Salut. Désolé pour le retard, j’ai pas regardé l’heure. » Ce qui était vrai, soit dit en passant. Mais je n’avais pas vraiment informé qui que ce soit ici de mon activité matinale. J’allai chercher sa joue pour y déposer un chaste baiser, cette fois-ci. Le geste prit un peu d'écart quand même, se logeant au niveau d'une de ses fossettes.
L’idée d’un troisième avait certainement fait écho chez elle - et j’allais bientôt le savoir. Nat arriva dans mon dos. « Elle t’a pas trop fait chier ? » demandai-je à l’enseignante, me tournant un peu vers la concernée, qui se mit à gonfler des joues. Prise entre deux feux : répondre comme elle aurait répondu en temps normal, ou laisser la présence de miss O’Brien altérer son comportement. Au final, ce fut un entre-deux. « Les retardataires n’ont rien à dire ! » et j’haussai les sourcils, reprenant un peu de distance avec les deux femmes. « J’arrive tout de suite. » « Et le voilà qui repart ! » s’exaspéra t-elle. « J’en peux plus de ces fringues. » laissai-je échapper dans le couloir, ma voix portant jusqu’à elles. Je m’éclipsai pour aller me changer. Encore dans le couloir, Nat avait couru sur quelques mètres pour me demander d’une voix forte. « Tu veux boire quelque chose tant que j’y suis ? » Me faire servir ? J’allais pas dire non. « Jus de mangue. » je crus l’entendre bredouiller alors qu’elle revenait vers Calypso. « Jus de mangue, ça m’aurait étonné… ! » je crois que j’ai toujours eu un faible pour la mangue.


***


Le masque est en place.
Je ressors six minutes plus tard, déjà un peu plus frais et en civil. Mon verre de mangue était déjà sur la table basse, là où les deux femmes étaient déjà installées. À peine arrivé auprès d’elles que je m’installai à terre en tailleur, avec autant de naturel qu’un gosse. Remarquant tout juste les cupcakes. Nat n’avait pas assez de fric pour s’en payer, alors… « Tiens ? D’où ça vient ? »  en piquant un des gâteaux, que j’examinai en vitesse. Sur le moment, je ne m’étais pas imaginé que Calypso ait pu ramener quoi que ce soit. Si j’avais réussi à intégrer et supporter beaucoup de l’humain, j’avais toujours eu des difficultés avec cette notion d’offrir. Ou plutôt, de recevoir. Je crois que je ne comprenais pas ce concept… quand il était dirigé vers ma personne, ou inséré dans une quelconque idée de bienséance.
J’avais enfourné ledit gâteau dans la bouche quand on me donna l’explication tant attendue. J’avais été un peu trop vite en besogne. Et commencé un « repas » par du sucré, ce qui serait une hérésie pour bien des gens, mais pas pour moi. Même manger une glace à la vanille avant un burger au bacon ne me choquait pas.
J’haussai les épaules, terminant ma bouchée. Je la remerciai une fois celle-ci terminée. Je n’avais pas pensé non plus à critiquer positivement le goût, les couleurs, ce genre de truc qu’on fait même si on en a pas envie, histoire de ne pas mettre mal à l’aise celui qui offre. En fait, au lieu de ça, ma pensée s’est échouée sur un autre îlot interne. « Matthews m’a dit qu’elle devait être prête pour 14h. » annonçai-je à Calypso, gardant le plus longtemps possible mon attention sur elle. Ça laissait le temps d’y aller, ou de faire quelques détours.

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…d'odieux mensonges sont prononcés en #8A7799

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Message Sujet: Re: Souffle de Vie [Youri] Jeu 9 Nov - 23:20

Souffle de Vie


« Je… euh… je suis désolée, » En écoutant les excuses de cette jeune femme, Calypso se mord la lèvre. La culpabilité la submerge autant que celle qui lui répond dans la foulée. « A-Attendez je vous ouvre, c’est au dernier étage, je serais sur le palier… » « C’est gentil. Merci » La prophète parle de manière assez forte pour se faire entendre, un camion passe au même moment. Puis le bruit strident de l’ouverture de porte résonne juste à sa droite, comme inattendu. Elle en sursaute presque comme une nouille, encore perdue dans sa surprise. Machinalement, la brunette pousse la porte de sa main libre et pénètre dans l’Antre du blondinet. Son regard scrute les alentours tout en avançant gracieusement vers l’ascenseur. Nul besoin de l’appeler que sa bouche en acier s’ouvre sur un couple et un enfant. Un sourire docile est échangé avec la petite famille puis elle prend place à l’intérieur. Le bouton du dernier étage est écrasé… plus que quelques secondes avant de faire face à l’étourdissant. Elle en profite pour se regarder une dernière fois dans le miroir. Ce n’est en rien de la coquetterie. Et dire qu’elle avait essayé d’être correcte en se maquillant un minimum. Tous ses efforts pour rien. Son crâne s’écrase lourdement contre une paroi tout en fixant le chiffre qui grimpe jusqu’au tintement final.

Caly’ se remet droite comme un ‘i’ tout en basculant ses épaules en arrière. Maintenant il s’agissait de faire bonne figure devant cette inconnue. Elle doit l’attendre de pied ferme sur le palier. Tu m’étonnes ! C’est toujours inquiétant de réceptionner une femme à l’appartement de son mec. Elle ne veut pas d’embrouille… Une fois dans le couloir, elle marche vers la silhouette sur le pas d’une porte. Calypso inspire profondément et s’arme de son sourire passe-partout.« Bonjour Calypso, » « Bonjour. » Caly’ part avec un léger désavantage. Elle ne connait son nom. Le regard est partagé sans prétention, ni jugement. Caly’ constate simplement qu’elle est très belle. La jalousie pique le myocarde et ça fait mal. Mais fidèle à elle-même, elle reste gracieuse. La prophétesse ne peut qu’apprécier cette personne à l’aura chaleureuse, aussi gênée et polie. « Je peux vous appeler Calypso ? » Elle en hausse doucement les épaules, souriante. « Bien sûr. »Elle  ne se voyait pas refuser de toute manière. Elles vont devoir se faire la conversation le temps que Youri ramène son postérieur. Autant ignorer ce tumulte d’émotions aussi contradictoire que contraignante en gardant la face. « Je… je suis désolée de vous avoir hurlé dessus tout à l’heure. Je croyais que c’était lui… enfin, que c’était Youri. Ça fait au moins une demi-heure qu’il aurait dû être rentré. » « Ce n’est rien. Vous ne pouviez pas savoir. »Et c’est la vérité. Caly’ ne s’offense pas pour autant. Natascha ne sait pas comment la saluer. Un peu gauche. Mais ce petit côté gêné, la brunette le trouve adorable. Alors c’est elle qui s’avance d’un pas pour l’embrasser doucement sur chaque joue. Une bise cordiale. « Comme vous vous en doutez, il est en retard… » Cette fois Calypso échappe un petit rire charmant en se reculant, complice le temps d’une seconde. « Il faut croire qu’il a un petit féminin. »

Finalement la demoiselle lui propose d’entrer. Caly’ prend soin de frotter ses talons sur le tapis avant de faire quelques pas dans l’appartement. Raffinée, elle se refuse de scruter les alentours comme s’il s’agissait d’une visite au zoo. C’est leur univers et elle, l’étrangère. Alors elle reste bien sagement à sa place, sa boîte à gourmandises toujours entre ses mains. Elle écoute la direction à prendre et tourne la tête à gauche. L’endroit est épuré. Tout en avançant, elle écoute la voix féminine dans son dos puis pivote doucement vers elle, arrivée à destination. Faire comme chez elle ? Non, elle n’ira pas prendre autant de liberté. L’éducation est là. Pourtant Calypso n’est pas très prolixe pour le coup. Un peu –beaucoup, décontenancée par la situation. Pourtant, elle a ce même sourire courtois qui ne quitte pas sa bouche. Alors voilà où tu vis Youri. «  Ah, je m’appelle Natascha. Je suis la sœur de Youri… je devrais pas être là, mais j’ai eu quelques… soucis »... « Il m’héberge le temps que je reparte du bon pied. » Je suis la sœur de Youri Les mots ressortent de sa phrase, comme inscrit en lettres rouges et en gras. Le soulagement arrive aussitôt, mettant des coups de pieds à Dame jalousie. Bon sang ! Et dire qu’elle a déjà vécu ce genre de situation ambiguë avec l’une de ses bonnes amies, Annabelle. Le sourire reprend des couleurs, illuminant la bouille d’une Calypso éteinte jusqu’à maintenant. « Natascha, je suis heureuse de vous rencontrer. Je ne savais pas que Youri avait une sœur. J’en suis tellement navrée.» La sincérité dans la voix. Puis tout s’enchaîne. Caly’ remercie Natascha pour l’acquitter de son écrin de sucrerie, elle prend soin de préciser qu’il s’agit d’un assortiment de cup cake. C’est délicat lorsque les goûts sont inconnus. Son manteau glisse de ses épaules tout en répondant avec assurance à la jolie blonde. En y regardant de plus près, ils ont des traits familiers. Comme la couleur des iris entre autre. L’enseignante prend place sur l’un des canapés en prenant soin de plier ses longues jambes sur le côté, serrées. Elle passe une main nerveuse dans ses cheveux. Tous ses gestes sont gracieux et trahissent une certaine classe Bourgeoise. Une partie d’elle que l’Irlandaise se refuse de dévoiler.

***

15 minutes plus tard.

Deux coups distincts à la porte.
Caly comprend que c’est Lui. Son cœur s’emballe instantanément.

Elle regarde Natascha prendre la direction de l’entrée, pour lui ouvrir. La belle apprécie la jeune femme, si différente de son frère. Elle a réussi à la détendre un peu, l’attente est quelque peu longue et angoissante. La peur de ne pas plaire. La peur d’être ignoré ou elle ne sait quoi. Des pensées qu’elle ne comprend pas. Pourquoi se tordre le cerveau ?
Le troisième sera-t-il là ?

« Oh mais quelle surprise, Youri ! On t’attendait pas aussi tôt ! »
Elle y est. Cette fois, c’est bien lui qui arrive. La belle arrange ses cheveux en glissant ses doigts pour les lisser rapidement, sa jupe crayon qu’elle tire un peu aux genoux. Elle s’enfonce dans le canapé pour ensuite se remettre assise au bord, le dos droit. Sois naturelle ! Son cœur frôle la crise cardiaque, mais en dehors de tout ce bordel émotionnel, Caly’ semble calme et sereine. Du bluff ! Elle est juste dans la retenue…

Puis Youri arrive habillé de son uniforme. Calypso relève ses perles limpides dans sa direction et elle bloque quelques –longues, secondes avant de rassembler ses esprits et de lever son postérieur de l’assise. Elle affiche une bouille peu sûre d’elle, tout comme le sourire qu’elle décoche. Tendre. Il s’approche, tout comme son visage du sien. Cette fois son cœur va exploser. Son ventre se joue d’elle en papillonnant dans tous les sens jusqu’à sentir ce baiser chaste sur sa fossette. Ses lèvres s’entrouvrent légèrement. Sa joue s’appuie doucement contre sa bouche. Comme cette main qui se pose au poignet masculin avant de le relâcher. Un contact léger et discret qu’elle estompe dès qu’il se recule. Le bout de ses oreilles rosit aussitôt. Mais la déception est là. Le troisième ne sera pas au rendez-vous. …et mon troisième ? Tu as oublié. Son regard dévie vers Natascha. Un sourire serré. « Salut. » En revenant à lui. Silencieuse, elle écoute les échanges en croisant  ses mains devant son abdomen. Ils sont mignons tous les deux. Elle découvre un Youri dans son rôle de frère. Cela lui sied bien. Elle le regarde jusqu’à ne plus le voir dans son champs de vision… Dommage, l’uniforme est très sexy pour un homme. Un lourd soupire d’aise s’échappe de ses lèvres et son rêve lui revient en tête. Comme si c’était le moment d’enflammer sa libido. Elle se racle doucement la gorge, comme pour masquer sa gêne. Et sans un mot de plus, Caly se rassoie en serrant bien des cuisses, retournée par cette valse de sentiment.
Il fait chaud ici ou bien…

***

Lorsqu’il revient, Calypso discutait avec Natascha, de tout et de rien. Les questions classiques d’une rencontre naissante. Elle se refuse d’être inanimée en attendant le retour du blondinet. Alors elle posait quelques questions à l’intéressée sans entrer dans sa vie privée. Mais tout s’interrompt une fois qu’il les rejoint. Son regard vrille vers Youri qui prend position à même le sol. Fidèle à lui-même. « D’un salon de thé proche de chez moi. La gérante fait tout elle-même et c’est plutôt réussi. » Qu’elle répond à demi voix sans rien ajouter de plus. Il y a même un cupcake saveur passion aux morceaux de mangue. Mais ce n’est pas celui-ci qu’il a choisi. Peu importe. Ils sont là pour être dévorer de toute manière. Elle sourit un instant pour Natascha. Sa complice de fortune. Puis elle se mordille le coin de sa lèvre tout en posant ses mains sur ses cuisses. Son verre de jus de fruit, elle n’y a pas touché pour le moment. « Matthews m’a dit qu’elle devait être prête pour 14h. » De quoi happer l’attention de la brunette. Son regard clair accroche l’acier. Aimantée. Elle se dandine un peu sur l’assise tout en élargissant son sourire. « 14h ? C’est tôt… enfin je… je veux dire c’est super ! » Qu’elle bafouille comme une cruche. En réalité, elle pensait passer un peu plus de temps avec lui. Début d’après-midi… C’est si proche. Moi qui pensais profiter de toi Sojka. C’est fichu. La prophétesse tente de cacher sa déception à coup de sourire pincé, mais la gaîté l’a déserté. Alors pour camoufler son ennui, elle rebondit sur autre chose.   « Je tiens à le payer généreusement ce Matthews. C’est très gentil de sa part de l’avoir prise aussi vite. Et c’est gentil aussi de m’avoir proposé ce plan Youri. » Elle se mord la lèvre en souriant sans le quitter du regard… un peu trop soutenu.


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Je remets ma vie à... Un plus tard abandonné. Pour simplement vivre. Tenter d'atteindre une humanité. Des lambeaux de terre, me regardaient disparaître. Et parmi les pierres, je vivais et j'espérais, tu sais...


Elle prédit en #D79F68
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Souffle de Vie [Youri]

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