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 Beautiful liar ft. Gabriel

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Message Sujet: Beautiful liar ft. Gabriel Lun 23 Oct - 1:29

En cours

sujet  privé; ft. Gabriel

type ❖ flashback, etc.

date ❖ Mai

informations spatio-temporelles ❖ Lousiane, tard dans la nuit, pas de vent et pas plus de bruit.

intervention du MJ ❖ Non, merci :love:

Autre ❖ JE PLEURE OK ?

©️ HELLOPAINFUL; revisité par SHADOW




BEAUTIFUL LIAR between  GABRIEL & MORRIGAN
Lousiane




Dans un coin sombre, les ondulations vertes d'une chaîne hi-fi dépassée se mouvaient au rythme des notes d'un vieux jazz que crachotaient les enceintes, dispersées aux quatre coins de la pièce. La décoration du lieu ne les laissaient pas voir, dissimulées derrière des images, des drapeaux, des posters et des miroirs accrochés à même le bois sombre des murs. L'endroit n'avait rien des bars modernes qui étaient à présent à la mode, là où tout était blanc et épurée, où l'ambiance aseptisée semblait de mise. Semblable aux pubs Irlandais de son île, il regroupait en son sein objets fétiches et symboles du bayou. Morrigan ne s'était jamais demandée si il s'agissait là d'un cliché, pour les touristes en mal de traditionnel ou bien d'une volonté d'afficher aux yeux du monde ce qui faisait des traditions du bayou ce qu'elles étaient. Sans doute un peu des deux, tout à la fois. Elle ne travaillait pas ici parce qu'elle aimait l'endroit, même si elle s'y était attachée. Elle connaissait maintenant chacun des visages affichés sur les murs, chacune des histoires, toujours un peu empruntes de magie, de chaque reliques épinglées autour d'elle. Les yeux fermés, elle aurait pu redessiner les contours de la carte de la Louisiane qui trônait tout au fond de la pièce, juste sous un miroir dont le temps avait patiné la réflexion d'un filtre sépia.

La porte aux petits carreaux teintés s'était refermée sur le dernier client il y avait maintenant une heure et était à présent barrée d'un petit écriteau autrefois blanc où «  Lorry ! » s'écrivait de lettres calligraphiées. Les lumières de la salle étaient éteintes. Les chaises à la peinture écaillée remontées sur les tables de bois d'un autre siècle  et le sol venait d'être nettoyé, débarrassé des éventuels détritus de la soirée. Seul brillait encore le néon suspendu au dessus du zinc usé du bar, accompagné par les LED fixées sous les étagères où étaient entreposées, à la vue de tous et alignées, les bouteilles d'alcool plus au moins forts. Dehors, le calme de la nuit qui s'était abattu presque soudainement régnait à présent en maître, cédant parfois la place aux récriminations d'un insecte quelconque.
Morrigan aimait la nuit.

Derrière le bar, auréolée par les seules sources de lumière de la pièce, elle fredonnait doucement, inaudible, les notes qui se jouaient plus loin, sans vraiment s'en rendre compte, en essuyant les verres alignés bien sagement à l'envers sur le comptoir. On aurait pu croire qu'aucune divinité ne s’abaisserait à une tâche aussi répétitive et humaine que celle de servir des verres. Les yeux baissés sur son travail, elle effaça une perle d'eau de la pinte de bière qu'elle séchait d'un torchon.
Lorsqu'elle était arrivée aux États-Unis, elle venait de terminer les deux Guerres Mondiales. Elle avait été plongée au cœur de l'horreur comme ça n'avait pas été le cas depuis près de cent ans. Les pertes militaires, évidemment, mais aussi le carnage parmi les civils. Les crimes de masse, la haine et la violence avaient enflammés l'Europe, et elle avait été au milieu. Au sein des bataillons Russes, elle s'était elle-même laissée aller au carnage, réveillant Nehmain d'un sommeil qui durait depuis trop longtemps.
Elle avait tué, avec un plaisir malsain.
Mais contrairement à ses camarades, elle n’œuvrait pas parce qu'elle pensait sa cause juste, aveuglés qu'ils étaient ; Elle ne faisait cela que pour survivre, que pour ressentir à nouveau dans ses veines la jouissif douleur du feu guerrier. Elle s'était sentie vivante, alors qu'elle donnait la mort et soulageait les âmes.  Et lors-qu’enfin, la frénésie guerrière s'était encore assoupie, Morrigan s'était sentie.. épuisée. Mentalement et physiquement. Elle avait toujours trouvé que la guerre avait quelque chose de pur, tout comme la mort. On se battait pour vivre, on tuait pour ne pas être tué, loin des puissants qui décidaient d'envoyer leurs sujets en chair à canon. Mais elle diminuait, et rien n'avait pu empêcher la lassitude à la limite de la catatonie qui s'était emparée d'elle alors que le monde se reconstruisait. Ni Asmodeus, ni la perspective d'une guerre froide. Est-ce qu'elle était condamnée ainsi, à vivre et à mourir au bon vouloir des hommes ?
Alors elle avait quitté son continent pour chercher au pays de la bombe nucléaire des réponses, une nouvelle vie peut-être. Pour retrouver quelque chose à faire de sa vie. Lorsqu'elle avait commencé à travailler, bien des années auparavant, ç'avait été simplement dans une tentative de vivre à la manière d'une mortelle. Et puis, peu à peu, c'était devenu quelque chose à se raccrocher, tout comme les anciens dieux avaient été là après sa chute du trône d'Irlande. Elle en revoyait quelques un, souvent. Bacchus surtout, Odin parfois. Mami Wata également. Elle se reforgeait une famille loin des De Danann.

Et on la lui avait arrachée, encore.
On avait réduit à néant son bien-être, ces gens qu'elle aimait sous prétexte d'une guerre à laquelle elle ne participait pas. La mort d'Odin l'avait fait saignée et des autres. Celle de Gabriel, couplée à son mensonge, l'avait anéantie. Morrigan n'avait plus souvenir de quelle bouche elle avait appris la nouvelle. Elle se rappelait juste avoir hoché la tête, être montée dans sa voiture. Avoir claqué la porte de chez elle. Pendant un instant, elle avait laissé le silence l'envelopper. Et puis la douleur. Immense, infernale. Elle avait hurlé, d'une voix qui n'avait rien d'humaine, encore et encore, espérant expier de ses cris un désespoir qu'elle ne supportait pas.A genoux sur le sol, elle avait laissé ses sanglots secouer la terre, grossir en elle jusqu'à dévaster les lieux. De ses yeux à présent dorés et noirs s'échappaient des larmes qui refusaient de s'arrêter, roulant sur son menton pour tomber sur sa poitrine, ravivant la plaie de son cœur de leur sel . Elles avaient le goût de l'amertume et de la rage. Enroulée dans ses propres bras, le corps balancée d'avant en arrière, elle avait prié ce Dieu, ce Père qui avait laissé mourir son fils, l'implorant de la laisser disparaître à son tour, à sa place. Au delà du mensonge, elle voulait le voir vivre. Loki, Gabriel, peu importe du moment qu'il revienne. Les efforts pour rester en vie, la peur du néant, son combat constant pour ne pas être oubliée, elle aurait tout donné pour qu'il revienne, même si pour cela c'était elle qui devait disparaître. Pour que tout s'arrête, pour que ça s'arrête, que la douleur s'arrête. Mais rien n'avait changé. Elle avait colmaté tant bien que mal les plaies de son cœur et les trous de sa vie qui prenait l'eau. Et elle s'était engagée, sur ce qu'elle avait de plus cher : sa mémoire. Lucifer mourrait. Peu importe le moyen, seul importait le résultat.

Elle s'était lancée dans une guerre qu'elle abhorrait. Elle s'était officieusement mise au service de Kali. Parce qu'à défaut d'avoir pu le sauver, elle pourrait tenter de lui rendre justice.


Le torchon crissa sur le verre déjà sec, et la déesse se retourna pour le ranger sur sa petite étagère, bien sagement, en compagnie de ses frères. La moitié de sa tâche avait été accomplie, mécaniquement, au son de la musique qu'elle connaissait par cœur. Au moins, ici, elle contrôlait quelque chose. Rapidement, elle s'empara d'un autre contenant, répétant les mêmes gestes comme elle le faisait depuis près de vingt minutes. Un frisson hérissa la peau laiteuse de ses bras. Ça n'était pas le froid. Le jean et le simple veston de costume qu'elle portait n'étaient pas spécialement des plus chauds. Mais elle n'avait jamais froid. La tête légèrement relevée, l'oreille tendue et sur ses gardes, elle écouta un instant. Rien. D'une main agacée, elle se frotta les avant-bras. A l'évidence, elle devenait paranoïaque.
Ou peut-être pas.

La porte s'ouvrit en émettant ce grincement si particulier, et la pancarte fermée claqua sur le verre. Un soupir souleva légèrement les épaules de la divinité. Si le taux d’analphabétisme était en chute libre en ce moment, elle se demandait si ceux qui avaient bénéficié d'une éducation n'étaient pas plus incultes que les autres. Qu'est-ce qu'ils ne comprenaient pas dans «  Sorry » ? Ça ne voulait pas dire «  Sorry que ta vie craigne, dude, viens te pinter la gueule et mater la serveuse ». Ça voulait juste dire qu'ils étaient fermés, et qu'ils n'avaient pas intérêt à foutre les pieds à l'intérieur s'ils ne voulaient pas repartir d'ici avec un pied au cul d'une Déesse Celte.

«  On est ferm - »

Ses yeux bleus croisèrent l'ambre de celui qui venait d'arriver. Si les lèvres s'ouvrirent pour continuer sa phrase, ses cordes vocales refusèrent de fonctionner, signalant clairement que c'était trop pour elles et qu'elle entraient désormais en grève. Une chape de plomb lesta soudainement son estomac. Quelqu'un serrait son cœur. Qu'il arrête,pourquoi il faisait ça ? Ça faisait mal ! Des griffes lacéraient sa poitrine sans aucune pitié. Son regard hébété dévisageait le visage qui se trouvait dans la semi-obscurité et qu'elle voyait – heureusement ou malheureusement – comme en plein jour.
Loki
Loki
Loki.
Son cœur reconnaissait chacun de ses traits, chacune de ses mimiques. Pourtant, elle resta là, planté derrière l'abri relatif de son comptoir. Même la musique ne parvenait pas à crever le silence qui avait envahit la pièce. Sa tête bourdonnait. Pourquoi ? Par le passé, il lui était déjà arrivé d'imager le retour de l'Archange. Mais rien n'avait jamais été aussi réel. Elle ne sentait plus rien, ne voyait rien. Elle n'avait plus conscience de l'endroit où elle était ni même de ce qu'elle faisait. Elle n'avait pas non plus conscience qu'elle s'était mise à trembler. Tout était entouré de coton, tout était flou. Seul restait le regard doré qui ne la quittait pas.

Dans sa main, quelque chose craqua.

«  Merde ! »

La prise qu'elle exerçait dessus avait eu raison du verre, et la douleur aiguë des tessons s'enfonçant dans la chair de sa paume la ramena à la raison. La main creuser pour éviter la dispersion du sang, elle se pencha sur l'évier, retira un par un les morceaux qui s'y y étaient logés, profitant de la fin du contact visuel pour prendre de longues inspirations glacées. Pourtant, si la stupeur était descendue d'un cran sa tête tournait toujours, et elle laissa rageusement tomber le reste du verre, rinçant la plaie à l'eau clair.

Ça ne pouvait pas être Gabriel. On ne survivait pas à un affrontement avec Lucifer. Et Kali assurait qu'il était mort. Ça ne pouvait pas être lui. L'Archange déchu s'amuserait-il à se faire passer pour son frère ? Non, elle aurait sentit la différence. Cette vibration étrange qui l'entourait, la chaleur de ses yeux, c'était exactement la même que lorsqu'elle l'avait quitté la dernière fois. Alors quoi ? Un shapeshifter ?
Parce qu'elle ne pouvait pas rester indéfiniment ici, Morrigan se glissa lentement hors du bar, sans jamais cligner des yeux. Ses talons offraient un écho aux battements de son cœur artificiel. Si elle fermait les paupières quelques secondes, elle était presque persuadée qu'il disparaîtrait. Et elle n'était pas prête pour ça, préférant encore, pendant quelques instants, se perdre dans l'illusion que lui apportait sans doute son cerveau malade que d'affronter de nouveau la douloureuse réalité de sa mort. La Déesse connaissait les fantômes et les défunts, elle les connaissaient peut-être même mieux que personne. Mais jamais elle n'avait été aussi troublé d'en voir un. Plus que quelques mètres, qu'elle couvrit en quelques pas.

Silence. Le Jazz sonnait, à ses oreilles, comme une moquerie de sa faiblesse.

Morrigan leva la main, lentement. Comme si chaque mouvement brusque, chaque violent changement dans l'air pourrait dissiper le mirage. A quelques millimètres de son visage, elle hésita, et puis finalement, elle laissa le revers de ses doigts effleurer sa joue. Stupeur. Sous sa peau, elle pouvait sentir sa chaleur, et la légère rugosité de sa barbe tandis que ses poumons, au rythme de ses inspirations profondes, se remplissaient de cette odeur de sucre et d'ozone qui avait longtemps imprégné ses draps. Et le contact du léger anneau d'argent qui brillait à son majeur ne déclencha rien.

«  Loki.. »

Sur le tableau bleu glacé de ses iris, la compréhension s'imposa aussi violemment qu'une averse soudaine.

Pas d'illusion.
Pas de changeurs de forme.
Pas de fantôme.

C'était Gabriel. Gabriel, Loki, peu importe.

Le néon qui éclairait les deux dieux éclata dans un grondement orageux, abattu inconsciemment par Morrigan..
Cette fois-ci, bouleversement et stupéfaction n'y étaient pour rien.



     
In Darkness and in Light, we are the Warriors of the Morrigan. We do not die, but rise again. Stronger than before.

   (c) crackle bones


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