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« Beautiful liar ft. Gabriel »

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Morrigan ∞ Pagan Deity
Voir le profil de l'utilisateur Lun 23 Oct - 1:29

Age : 3 930 ans.

Métier : Garante de cautions / Barmaid

Situation : Veuve

Localisation : Louisiane . USA

Feat. : Lara Pulver

Copyright : ava : Pumpkyn, Gif n° signature : Asmo

Je suis aussi : Meg Masters

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Pagan Deity
En cours

sujet  privé; ft. Gabriel

type ❖ flashback, etc.

date ❖ Mai

informations spatio-temporelles ❖ Lousiane, tard dans la nuit, pas de vent et pas plus de bruit.

intervention du MJ ❖ Non, merci :love:

Autre ❖ JE PLEURE OK ?

©️ HELLOPAINFUL; revisité par SHADOW




BEAUTIFUL LIAR between  GABRIEL & MORRIGAN
Lousiane




Dans un coin sombre, les ondulations vertes d'une chaîne hi-fi dépassée se mouvaient au rythme des notes d'un vieux jazz que crachotaient les enceintes, dispersées aux quatre coins de la pièce. La décoration du lieu ne les laissaient pas voir, dissimulées derrière des images, des drapeaux, des posters et des miroirs accrochés à même le bois sombre des murs. L'endroit n'avait rien des bars modernes qui étaient à présent à la mode, là où tout était blanc et épurée, où l'ambiance aseptisée semblait de mise. Semblable aux pubs Irlandais de son île, il regroupait en son sein objets fétiches et symboles du bayou. Morrigan ne s'était jamais demandée si il s'agissait là d'un cliché, pour les touristes en mal de traditionnel ou bien d'une volonté d'afficher aux yeux du monde ce qui faisait des traditions du bayou ce qu'elles étaient. Sans doute un peu des deux, tout à la fois. Elle ne travaillait pas ici parce qu'elle aimait l'endroit, même si elle s'y était attachée. Elle connaissait maintenant chacun des visages affichés sur les murs, chacune des histoires, toujours un peu empruntes de magie, de chaque reliques épinglées autour d'elle. Les yeux fermés, elle aurait pu redessiner les contours de la carte de la Louisiane qui trônait tout au fond de la pièce, juste sous un miroir dont le temps avait patiné la réflexion d'un filtre sépia.

La porte aux petits carreaux teintés s'était refermée sur le dernier client il y avait maintenant une heure et était à présent barrée d'un petit écriteau autrefois blanc où «  Lorry ! » s'écrivait de lettres calligraphiées. Les lumières de la salle étaient éteintes. Les chaises à la peinture écaillée remontées sur les tables de bois d'un autre siècle  et le sol venait d'être nettoyé, débarrassé des éventuels détritus de la soirée. Seul brillait encore le néon suspendu au dessus du zinc usé du bar, accompagné par les LED fixées sous les étagères où étaient entreposées, à la vue de tous et alignées, les bouteilles d'alcool plus au moins forts. Dehors, le calme de la nuit qui s'était abattu presque soudainement régnait à présent en maître, cédant parfois la place aux récriminations d'un insecte quelconque.
Morrigan aimait la nuit.

Derrière le bar, auréolée par les seules sources de lumière de la pièce, elle fredonnait doucement, inaudible, les notes qui se jouaient plus loin, sans vraiment s'en rendre compte, en essuyant les verres alignés bien sagement à l'envers sur le comptoir. On aurait pu croire qu'aucune divinité ne s’abaisserait à une tâche aussi répétitive et humaine que celle de servir des verres. Les yeux baissés sur son travail, elle effaça une perle d'eau de la pinte de bière qu'elle séchait d'un torchon.
Lorsqu'elle était arrivée aux États-Unis, elle venait de terminer les deux Guerres Mondiales. Elle avait été plongée au cœur de l'horreur comme ça n'avait pas été le cas depuis près de cent ans. Les pertes militaires, évidemment, mais aussi le carnage parmi les civils. Les crimes de masse, la haine et la violence avaient enflammés l'Europe, et elle avait été au milieu. Au sein des bataillons Russes, elle s'était elle-même laissée aller au carnage, réveillant Nehmain d'un sommeil qui durait depuis trop longtemps.
Elle avait tué, avec un plaisir malsain.
Mais contrairement à ses camarades, elle n’œuvrait pas parce qu'elle pensait sa cause juste, aveuglés qu'ils étaient ; Elle ne faisait cela que pour survivre, que pour ressentir à nouveau dans ses veines la jouissif douleur du feu guerrier. Elle s'était sentie vivante, alors qu'elle donnait la mort et soulageait les âmes.  Et lors-qu’enfin, la frénésie guerrière s'était encore assoupie, Morrigan s'était sentie.. épuisée. Mentalement et physiquement. Elle avait toujours trouvé que la guerre avait quelque chose de pur, tout comme la mort. On se battait pour vivre, on tuait pour ne pas être tué, loin des puissants qui décidaient d'envoyer leurs sujets en chair à canon. Mais elle diminuait, et rien n'avait pu empêcher la lassitude à la limite de la catatonie qui s'était emparée d'elle alors que le monde se reconstruisait. Ni Asmodeus, ni la perspective d'une guerre froide. Est-ce qu'elle était condamnée ainsi, à vivre et à mourir au bon vouloir des hommes ?
Alors elle avait quitté son continent pour chercher au pays de la bombe nucléaire des réponses, une nouvelle vie peut-être. Pour retrouver quelque chose à faire de sa vie. Lorsqu'elle avait commencé à travailler, bien des années auparavant, ç'avait été simplement dans une tentative de vivre à la manière d'une mortelle. Et puis, peu à peu, c'était devenu quelque chose à se raccrocher, tout comme les anciens dieux avaient été là après sa chute du trône d'Irlande. Elle en revoyait quelques un, souvent. Bacchus surtout, Odin parfois. Mami Wata également. Elle se reforgeait une famille loin des De Danann.

Et on la lui avait arrachée, encore.
On avait réduit à néant son bien-être, ces gens qu'elle aimait sous prétexte d'une guerre à laquelle elle ne participait pas. La mort d'Odin l'avait fait saignée et des autres. Celle de Gabriel, couplée à son mensonge, l'avait anéantie. Morrigan n'avait plus souvenir de quelle bouche elle avait appris la nouvelle. Elle se rappelait juste avoir hoché la tête, être montée dans sa voiture. Avoir claqué la porte de chez elle. Pendant un instant, elle avait laissé le silence l'envelopper. Et puis la douleur. Immense, infernale. Elle avait hurlé, d'une voix qui n'avait rien d'humaine, encore et encore, espérant expier de ses cris un désespoir qu'elle ne supportait pas.A genoux sur le sol, elle avait laissé ses sanglots secouer la terre, grossir en elle jusqu'à dévaster les lieux. De ses yeux à présent dorés et noirs s'échappaient des larmes qui refusaient de s'arrêter, roulant sur son menton pour tomber sur sa poitrine, ravivant la plaie de son cœur de leur sel . Elles avaient le goût de l'amertume et de la rage. Enroulée dans ses propres bras, le corps balancée d'avant en arrière, elle avait prié ce Dieu, ce Père qui avait laissé mourir son fils, l'implorant de la laisser disparaître à son tour, à sa place. Au delà du mensonge, elle voulait le voir vivre. Loki, Gabriel, peu importe du moment qu'il revienne. Les efforts pour rester en vie, la peur du néant, son combat constant pour ne pas être oubliée, elle aurait tout donné pour qu'il revienne, même si pour cela c'était elle qui devait disparaître. Pour que tout s'arrête, pour que ça s'arrête, que la douleur s'arrête. Mais rien n'avait changé. Elle avait colmaté tant bien que mal les plaies de son cœur et les trous de sa vie qui prenait l'eau. Et elle s'était engagée, sur ce qu'elle avait de plus cher : sa mémoire. Lucifer mourrait. Peu importe le moyen, seul importait le résultat.

Elle s'était lancée dans une guerre qu'elle abhorrait. Elle s'était officieusement mise au service de Kali. Parce qu'à défaut d'avoir pu le sauver, elle pourrait tenter de lui rendre justice.


Le torchon crissa sur le verre déjà sec, et la déesse se retourna pour le ranger sur sa petite étagère, bien sagement, en compagnie de ses frères. La moitié de sa tâche avait été accomplie, mécaniquement, au son de la musique qu'elle connaissait par cœur. Au moins, ici, elle contrôlait quelque chose. Rapidement, elle s'empara d'un autre contenant, répétant les mêmes gestes comme elle le faisait depuis près de vingt minutes. Un frisson hérissa la peau laiteuse de ses bras. Ça n'était pas le froid. Le jean et le simple veston de costume qu'elle portait n'étaient pas spécialement des plus chauds. Mais elle n'avait jamais froid. La tête légèrement relevée, l'oreille tendue et sur ses gardes, elle écouta un instant. Rien. D'une main agacée, elle se frotta les avant-bras. A l'évidence, elle devenait paranoïaque.
Ou peut-être pas.

La porte s'ouvrit en émettant ce grincement si particulier, et la pancarte fermée claqua sur le verre. Un soupir souleva légèrement les épaules de la divinité. Si le taux d’analphabétisme était en chute libre en ce moment, elle se demandait si ceux qui avaient bénéficié d'une éducation n'étaient pas plus incultes que les autres. Qu'est-ce qu'ils ne comprenaient pas dans «  Sorry » ? Ça ne voulait pas dire «  Sorry que ta vie craigne, dude, viens te pinter la gueule et mater la serveuse ». Ça voulait juste dire qu'ils étaient fermés, et qu'ils n'avaient pas intérêt à foutre les pieds à l'intérieur s'ils ne voulaient pas repartir d'ici avec un pied au cul d'une Déesse Celte.

«  On est ferm - »

Ses yeux bleus croisèrent l'ambre de celui qui venait d'arriver. Si les lèvres s'ouvrirent pour continuer sa phrase, ses cordes vocales refusèrent de fonctionner, signalant clairement que c'était trop pour elles et qu'elle entraient désormais en grève. Une chape de plomb lesta soudainement son estomac. Quelqu'un serrait son cœur. Qu'il arrête,pourquoi il faisait ça ? Ça faisait mal ! Des griffes lacéraient sa poitrine sans aucune pitié. Son regard hébété dévisageait le visage qui se trouvait dans la semi-obscurité et qu'elle voyait – heureusement ou malheureusement – comme en plein jour.
Loki
Loki
Loki.
Son cœur reconnaissait chacun de ses traits, chacune de ses mimiques. Pourtant, elle resta là, planté derrière l'abri relatif de son comptoir. Même la musique ne parvenait pas à crever le silence qui avait envahit la pièce. Sa tête bourdonnait. Pourquoi ? Par le passé, il lui était déjà arrivé d'imager le retour de l'Archange. Mais rien n'avait jamais été aussi réel. Elle ne sentait plus rien, ne voyait rien. Elle n'avait plus conscience de l'endroit où elle était ni même de ce qu'elle faisait. Elle n'avait pas non plus conscience qu'elle s'était mise à trembler. Tout était entouré de coton, tout était flou. Seul restait le regard doré qui ne la quittait pas.

Dans sa main, quelque chose craqua.

«  Merde ! »

La prise qu'elle exerçait dessus avait eu raison du verre, et la douleur aiguë des tessons s'enfonçant dans la chair de sa paume la ramena à la raison. La main creuser pour éviter la dispersion du sang, elle se pencha sur l'évier, retira un par un les morceaux qui s'y y étaient logés, profitant de la fin du contact visuel pour prendre de longues inspirations glacées. Pourtant, si la stupeur était descendue d'un cran sa tête tournait toujours, et elle laissa rageusement tomber le reste du verre, rinçant la plaie à l'eau clair.

Ça ne pouvait pas être Gabriel. On ne survivait pas à un affrontement avec Lucifer. Et Kali assurait qu'il était mort. Ça ne pouvait pas être lui. L'Archange déchu s'amuserait-il à se faire passer pour son frère ? Non, elle aurait sentit la différence. Cette vibration étrange qui l'entourait, la chaleur de ses yeux, c'était exactement la même que lorsqu'elle l'avait quitté la dernière fois. Alors quoi ? Un shapeshifter ?
Parce qu'elle ne pouvait pas rester indéfiniment ici, Morrigan se glissa lentement hors du bar, sans jamais cligner des yeux. Ses talons offraient un écho aux battements de son cœur artificiel. Si elle fermait les paupières quelques secondes, elle était presque persuadée qu'il disparaîtrait. Et elle n'était pas prête pour ça, préférant encore, pendant quelques instants, se perdre dans l'illusion que lui apportait sans doute son cerveau malade que d'affronter de nouveau la douloureuse réalité de sa mort. La Déesse connaissait les fantômes et les défunts, elle les connaissaient peut-être même mieux que personne. Mais jamais elle n'avait été aussi troublé d'en voir un. Plus que quelques mètres, qu'elle couvrit en quelques pas.

Silence. Le Jazz sonnait, à ses oreilles, comme une moquerie de sa faiblesse.

Morrigan leva la main, lentement. Comme si chaque mouvement brusque, chaque violent changement dans l'air pourrait dissiper le mirage. A quelques millimètres de son visage, elle hésita, et puis finalement, elle laissa le revers de ses doigts effleurer sa joue. Stupeur. Sous sa peau, elle pouvait sentir sa chaleur, et la légère rugosité de sa barbe tandis que ses poumons, au rythme de ses inspirations profondes, se remplissaient de cette odeur de sucre et d'ozone qui avait longtemps imprégné ses draps. Et le contact du léger anneau d'argent qui brillait à son majeur ne déclencha rien.

«  Loki.. »

Sur le tableau bleu glacé de ses iris, la compréhension s'imposa aussi violemment qu'une averse soudaine.

Pas d'illusion.
Pas de changeurs de forme.
Pas de fantôme.

C'était Gabriel. Gabriel, Loki, peu importe.

Le néon qui éclairait les deux dieux éclata dans un grondement orageux, abattu inconsciemment par Morrigan..
Cette fois-ci, bouleversement et stupéfaction n'y étaient pour rien.



Again




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Gabriel ∞ { sugar addict always shiney
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Beautiful LiarGabriel & Morrigan
La Louisiane. Depuis combien de temps n’était-il point venu sur cette terre pleine de promesse ? Berceau du Jazz, elle avait été pour lui source de rires et de jeux à une époque aujourd’hui révolue et oubliée. Quand était-ce exactement ? Bah. Point comme si cela comptait réellement après tout. Il était là pour une mission bien précise, il ne s’accordait plus le temps de flâner. Sa confrontation avec Michaël avait changé les choses, ses retrouvailles avec Kali et Balthazar n’avaient fait que le motiver d’autant plus. Où était passé l’Archange lâche ? Il était toujours là pourtant. Il ne changerait pas. Mais il n’était lâche que par peur. Le courage était présent dans son métabolisme, juste que rarement employé – n’avait-il point affronté sa tante après tout ? N’avait-il point scellé son destin et ceux de ses frères aînés ce même jour ? La bataille résonnait encore dans son esprit, terrible fracas qu’aucune autre guerre n’avait pu égaler à ce jour.
Actuellement planté à quelques mètres de l’entrée du bar semblant vide et éteint, il arquait quelque peu les sourcils, plongé dans ses pensées. Le fait qu’il ait pu la contacter relevait du miracle. Il ne s’attendait pas, par ailleurs, à ce qu’elle accepte de le voir, mais Mami Wata avait toujours été la plus sage du groupe – bien qu’elle ne soit pas la plus vieille de toute la tripoté de créatures mythologiques qu’il avait pu côtoyer. Il avait cependant toujours eu un grand respect pour cette divinité farfelue qui, bien qu’elle avait comme tout un chacun ses travers, n’avait jamais eu ce même désir de viande fraîche que les autres dieux – elle préférait à son instar la nourriture ou les objets brillants dont elle ornait sa silhouette, lorsqu’elle ne faisait pas la fête avec eux. Comment allait-elle depuis le temps ? Il se le demandait, ayant été aussi soulagé de ne pas la voir à la dernière petite sauterie de Kali qui avait tourné au fiasco total – comme si son frère aurait manqué de se pointer alors qu’il était le sujet principal de la conversation – comme déçu de ne pas avoir eu plus de nouvelles de sa part avant la mise en scène de sa propre mort. Il se demandait également la façon dont elle lui ferait payer son incartade, mais il y pensait plus avec amusement qu’autre chose – il l’imaginait fortement agacée, à se retenir de ne pas tenter de l’engloutir sous un torrent d’eau gelé ou sous une montagne de cookies jusqu’à ce qu’il ne meurt étouffé. Dommage pour elle, respirer n’était pas plus nécessaire que pour les autres de ses frères.
Il ne revint sur terre qu’en apercevant une ombre derrière la porte, et il se demanda soudain si c’était elle. Depuis leur dernière communication, brève, ils n’avaient pas pris la peine de se recontacter – c’était inutile. Ce n’est pas non plus comme si ils s’étaient réellement parlé – il s’était contenté de lui apparaître, avec son éternel sourire provocateur, avant de déposer un papier et disparaître de sa vue. Elle avait par la suite donné sa propre réponse, et l’affaire avait été conclue avec cette simplicité aussi étonnant qu’elle n’était mystérieuse – mais c’était le prix à payer pour que l’anonymat reste et que les problèmes se tiennent éloignés.
Inspirant inutilement, il finit par bouger, à vitesse humaine. Les mains profondément enfoncées dans ses poches, il fredonnait l’une de ses mélodies soul qu’il avait appris à aimer, hochant la tête en croisant le peu de passant qui s’aventuraient dehors – jusqu’à atteindre la porte, qu’il poussa de façon méthodique. Aucune serrure n’aurait pu lui résister, outre un sceau enochien.

Il s’attendait à beaucoup de choses en venant. Son cerveau n’avait cessé de gamberger jusqu’à ce moment, mais lorsque la réalité le rattrapa, il resta un moment décontenancé – choqué, surpris. Mami Wata n’aurait jamais osé lui faire un coup pareil, n’est-ce pas ? Car dans le lieu surchauffé à son goût ne se trouvait pas non la mama black tant appréciée, mais un être d’un autre acabit, tout aussi cher si ce n’est plus mais autrement bien plus redouté, non. Et malgré que l’endroit respirait le jazz à en perdre la tête, c’est une toute autre image qui s’imposa à son esprit : celle d’une Irlande verte et abondante, là où la vie grouillante et chantante laissait place aux pâturages sauvages et au fracas des vagues sur la roche, creusant les falaises de cette dernières, la léchant avec application.
La où la radio crachotait du saxophone enroué, il se prit à imaginer des cornemuses et des violons, mais il chassa l’image aussi vite que sa stupéfaction en la voyant se retourner. Le tout n’avait pas duré plus de cinq secondes, et il n’avait pas encore ouvert la bouche.
L’Archange lâche existait toujours, c’était certain. Car à ce moment précis, il aurait volontiers claqué des doigts pour disparaître – mais deux yeux posés sur lui le dissuadèrent de tout mouvement, tout comme sa voix, qui lui avait terriblement manqué. Il était trop tard pour cela.

« Morrigan. »

Sa voix, teinté de son arrogance habituelle, se fait pourtant douce, presque mal à l’aise, ses yeux dorés la détaillant avidement, un sourire en coin qu’il se refusait pourtant finissant par flotter sur ses lèvres fines. Elle n’avait pas changé.  Elle ne changeait jamais. Il pouvait clairement voir le choc sur son visage – toute son attitude le clamait – ainsi que son regard : noyé par la tempête qui agitait son coeur. A une autre époque, cela aurait été le moment parfait pour raconter une bonne blague, mais le passé était mort depuis trop de temps.
Il ne se reprit réellement que lorsque le verre se brisa dans la main de la divinité. Il claqua des doigts au même moment où le juron sortait de ses lèvres tendres, ignorant le sang qui commençait à goutter pour créer une bulle autour d’eux. L’air crépitait désormais, le froid s’entrechoquait avec la chaleur de la pièce, et il savait pertinemment que c’était plus qu’une question de temps avant que l’air éclate avec les objets de la pièce. Si habituellement les décors prenaient du temps, cette fois-ci il ne pris par la peine de s’embarrasser des détails, reproduisant grossièrement la pièce, la liant à une dimension où elle pourrait lui hurler dessus en toute sécurité. La dernière chose qu’il désirait c’était la mettre en danger et lui avec. Lorsqu’il chercha à nouveau la déesse des yeux, cette dernière s’approchait de lui, sa talons claquant sur le sol de bois. L’archange ne souriait plus et, si le jazz résonnait encore, il n’y prêtait guère plus attention, trop concentré sur la présence de Morrigan qui avançait sa main vers son visage, hésitante. Ses prunelles dorées plongées dans celui de la déesse, il ne bougea pas d’un iota, attendant jusqu’à ce que le contact explose enfin. Ses doigts sur sa joue, il osa un léger sourire, ses yeux habituellement moqueur se parant de couleur chaudes, presque tendre. Elle lui avait manqué.

« Morrigan. »

Sa voix s’échappa à nouveau de ses lèvres, comme une prière qu’il lui adressait – la première depuis un temps sans âge. Si il avait tiqué au prénom qu’elle lui avait offert, il n’en avait rien montré – au contraire. Etrangement, il préférait rester ce bon vieux trickster à ses yeux – sous cette identité tout du moins il était un traître légitime … Traître qui ne bougea qu’une fois que les néons explosèrent, disparaissant subitement pour se rematérialiser derrière le comptoir, s’éloignant de la déesse mais point de sa colère. Réapparaissant tout aussi vite qu’il n’avait disparu avec une bouteille d’hydromel entre les mains ainsi que deux coupes de champagnes, il décida d’adopter une mine joyeuse – celle qu’il affichait autrefois lorsqu’il venait de commettre un énième tour de passe passe au dépend de ses pairs … Tout simplement car il n’aurait pas su comment se comporter autrement sur l’instant.

« Tu n’as pas changé, toujours aussi sublime. Tu prendras bien un verre ? »
© YOU_COMPLETE_MESS






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Morrigan ∞ Pagan Deity
Voir le profil de l'utilisateur Jeu 21 Déc - 21:47

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Si respirer lui avait été un besoin vital, elle aurait suffoqué. Tout autour d'elle, l'air s'était mis à crépiter paresseusement, et le pouvoir de l'Archange mis en œuvre avait hérissé sa peau. Elle le sentait, autour de la pièce, agir pour enfermer les deux divinités dans un monde protecteur. A moins qu'il ne s'agisse encore d'une de ses farces, qui sait ? Ce regard doré, doux et tendre, l'avait toujours enjôlée. Mais ce soir, il ravivait en elle de douloureux souvenirs qui n'avaient pas lieu d'être, des choses enterrées alors qu'elle pensait avoir de nouveau perdu celui qu'elle aimait.
Le néon éclata, sans même qu'elle n'y prête attention. L'intégralité de son être était tourné vers le nouveau venu, comme si d'un battement de cils il pouvait de nouveau disparaître. Qui sait, sans doute était-il assez lâche pour fuir devant la colère de la déesse qui se profilait à l'horizon, chargeant l'atmosphère d'une dangereuse électricité. Le déclin de ses pouvoirs ne lui conféraient plus la puissance d'autrefois, mais les dons résiduels qui subsistaient chez elle étaient suffisants pour représenter une menace, même minime. Et à l'instant où les premiers éclats de verres vinrent joncher le bar, il avait disparu.
Pas bien loin, certes. Simplement planqué derrière le comptoir, comme si ce ridicule morceau de bois pouvait le protéger de la fureur de la déesse. Morrigan se retourna, faisant face à ce visage joyeux qu'elle connaissait par cœur pour l'avoir vu maintes et maintes fois. Autrefois, elle en riait, excepté les rares fois où ses plaisanteries se jouaient d'elle. Mais le voir ainsi aujourd'hui, comme si rien n'avait changé, comme si elle n'avait pas pleuré sa mort, comme s'il n'avait pas disparu, ne fit naître aucun sourire sur ses lèvres. Bien au contraire. La mâchoire féminine se contracta, entraînant un balancement du lustre peu avenant. Lentement, l'Irlandaise se mit à marcher. A chaque pas, elle devait se contenir de ne pas exploser. De ne pas hurler de fureur. De ne pas lui lancer l'intégralité de sa haine, de sa rancœur et de ses peines au visage. Le timbre de sa voix s'était fait bien plus grave que la normale, alors qu'elle luttait contre Nemhain.

" Tout ce temps ? Tu n'étais pas.. C'était encore une de tes plaisanteries…"

Pourtant, arrivée à son coté, elle sembla se calmer. Et lorsqu'elle leva le bras, ce ne fut que pour saisir son poignet. Le contact de sa peau contre la sienne la fit frémir, et elle le tira contre lui d'un coup sec. Ses bras s'enroulèrent doucement autour de lui, emprisonnant sa taille et son dos, serrant tendrement l'Archange retrouvé contre son cœur battant, le visage enfoui dans le creux de son épaule. Elle s'était imaginée tant de fois ce jour, dans un fantasme illusoire; le jour où elle pourrait finalement lui dire adieu avant qu'il ne parte. Et voilà qu'il était revenu, qu'il lui était revenu. Ils s'étaient connus il y avait des siècles de cela, et elle s'était imaginée passer le reste de son existence à lui faire les gros yeux pour la forme lorsqu'il faisait n'importe quoi, avant de rire sous cape derrière sa main. Ils avaient été amis, et ce bien avant d'être amants. Mais pouvaient-ils encore se qualifier ainsi ? Elle lui avait accordé une confiance sans faille, parce qu'elle le savait farceur mais chérissant les gens auxquels il tenait. Mais à présent qu'il s'était joué d'elle, Morrigan prenait peu à peu conscience qu'elle n'en faisait visiblement pas partie. On ne simulait pas sa mort auprès de ses amis. La confiance n'était pas réciproque. Il n'avait pas foi en elle. Tout au plus n'était-elle qu'un amusement passager.

Sans doute aurait-il pu deviner, lorsqu'elle s'éloigna, que quelque chose se préparait. La surprise s'était évanouie de son regard et l'iris s'était parée d'une léger reflet ambré. Ses mains, qui s'étaient attardées sur les épaules de Gabriel, se serrèrent soudainement, en parfaite harmonie avec son genou, qui vint brutalement lui frapper l'estomac. Sa première intention avait été de lui coller un pain. Mais même enragée comme maintenant, elle n'avait pas le cœur à abîmer son visage. Emmêlés dans le col de son vêtement, elle le tira vers le haut, les yeux dans les yeux. L'hydromel n'eut pas le temps d'être bu qu'il repeignait déjà le sol.

" Sombre enfoiré. A quel accueil t'attendais-tu ?! Est-ce que tu as la moindre idée de ce que.. "

Sa voix se brisa sous un sanglot. Chaque mot était ponctué d'une secousse violente, comme dans l'espoir de lui remettre les idées en place. Pensait-il sérieusement qu'elle l'accueillerai avec le sourire après qu'elle aurait compris que tout ceci n'était encore qu'un jeu ? Le secouer ne la soulagea qu'un temps. Et elle ne pouvait décemment pas l'envoyer bouler à l'autre bout de la pièce. Du moins pas sans avoir entendu ce qu'il avait à dire. C'est donc dans sa poitrine qu'elle enfonça un index accusateur, le frappant de petits coups jusqu'à le faire reculer.

" Tu n'as aucune considération pour les gens qui tiennent à toi, connard égoïste… Tout n'est qu'un jeu, hein ? Tu tires du plaisir à faire souffrir les gens...Gabriel ?"

C'était la première fois qu'elle s'autorisait à réellement le considérer comme l'Archange Gabriel. De toute manière, ça ne changerait rien. Ils étaient la même personne, Archange ou Dieu Païen. Et dire que pendant tout ce temps elle avait pleuré sa disparition. Qu'elle l'avait regretté ! Une haine sourde et aveuglante rugissait en elle, occultant les battements douloureux de son cœur et le bonheur fou, libérateur, enivrant qu'elle avait de le revoir, de pouvoir le toucher, d'entendre à nouveau sa voix. La tendresse et l'affection qu'elle ressentait pour lui étaient à présent relégués tout au fond. Sans doute resurgiraient-ils à un moment où à un autre, mais pour le moment, ils n'étaient pas les bienvenus. Inconsciemment, elle savait qu'il ne l'avait pas blessée volontairement - du moins elle l'espérait. Et cela rendait le geste encore plus condamnable. Il n'avait pas la moindre idée de lorsqu'il faisait du mal. Il était aveugle.

" Je ne t'ai jamais rien demandé. Je t'ai toujours soutenu. Est-ce que tu sais ce que j'ai fait en apprenant ta mort, Loki ? J'ai accepté de rejoindre Kali. KALI. J'ai accepté de rejoindre leur petit guerre stupide et sans espoir, d'apporter mon aide et probablement d'y laisser ma vie. Pas pour le bien de l'humanité, Gabriel. Pas pour la survie de dieux que je méprise et qui m'écoeurent. Pour toi. TOI. Et il faudra bien plus qu'une bouteille et que ta jolie gueule d'ange pour oublier les choses auxquelles j'ai renoncé à cause de ta connerie."


lumos maxima


Again




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Beautiful LiarGabriel & Morrigan
Il se demanda, un court instant, où pouvait se terrer la matriarche qu’il devait retrouver – et surtout, si elle allait bien. Elle n’avait jamais été en retard, son absence le tourmentait donc – et oui, il trouvait encore moyen d’y penser malgré le cataclysme qui arrivait droit sur lui et qu’il avait somme toute mérité. En une fraction de seconde, il revit la conversation qu’il avait dû avoir avec Kali quelques temps auparavant. Celle avec son frère aîné, Michaël. Devrait-il avoir la même avec Morrigan ? Un rictus désabusé passa rapidement sur ses traits millénaires – il détestait se répéter plus que tout autre chose, mais si cela était nécessaire …
Sans qu’il n’ait besoin de lever les yeux vers le plafond, les lumières se rallumèrent d’elles-même, les néons éclatés se reformant automatiquement. C’était, si l’on y prenait garde, comme si l’on regardait un film se rembobiner à l’envers, avant que la vie ne reprenne son cours habituel, comme si l’acte de destruction n’avait pas existé – car ainsi était la dimension à laquelle il avait rattaché leur bulle imparfaite. Si un humain pointait son nez dans la véritable dimension, il ne trouverait qu’un bar vide et éteint, avec quelque casse sur le sol – si toutefois il parvenait à entrer puisque la porte était verrouillée.

« Je suppose que c’est non pour le verre ? »

Ose t’il répondre lorsqu’il la regarde de nouveau, sans acquiescer ou démentir sa question première, se contentant de se verser une coupe d’hydromel d’un geste qui confère à l’habitué la dextérité nécessaire pour effectuer les gestes sans renverser une seule goutte et paraître professionnel. Dans ses yeux, cet éclat malicieux brille, parfait miroir du passé révolu, mais sur son visage c’est une toute autre mimique qui se joue. Le sérieux est revenu au même instant où il a compris que, à l’instar de Kali, tenter de discuter sans casse ne sera pas possible. La preuve en était la suivante : le lustre se balançait alors qu’elle venait finalement à lui, et il sentait sa rage, sa fureur venir érafler la peau de son déguisement comme des gifles sèches. Et dire qu’elle n’avait encore rien dit à leur sujet.
Il la laisse faire pourtant. Il aurait pu, somme toute, repartir. La laisser là, seule de nouveau, la laisser se calmer ou au contraire tout détruire. Il n’en fit rien. Il avait promis de ne plus fuir et il tentait de faire au mieux pour aller contre sa première nature. Son sourcil se fronça légèrement lorsqu’elle leva le bras – la tension entre eux semblant s’évaporer miraculeusement – mais au lieu de la gifle à laquelle il s’attendait, ce fut un geste d’une toute autre nature, geste qui le surpris au point de briser sa façade. Et alors que le contact les faisait frémir tous les deux, ses yeux s’écarquillèrent encore à la suite, alors qu’elle le tirait à elle avec cette autorité naturelle qu’il lui connaissait si bien, jusqu’à enfouir son visage saccagé par la douleur entre ses épaules osseuses. Il s’autorisa alors à fermer les yeux un bref instant, sa respiration se bloquant comme le temps, alors même que les mains de Morrigan passaient entre ses plumes invisibles, sa peau rentrant en contact avec les radius de sa seconde paire d’ailes, s'ancrant finalement juste au dessus de ses coracoïdes. Respirant son odeur, il se fit plus faible à son tour : la bouteille et la coupelle réapparaissant sur le bar pour qu’il puisse serrer son corps de déesse contre le sien – étreinte brève mais réparatrice. Entendant son coeur battre avec vigueur, il s’autorisa même un léger sourire – quelque chose de tendre : c’était comme recevoir un cadeau de Noël inattendu. Posant sa joue contre les cheveux soyeux de Morrigan, il apprécia pour la première fois avoir tord : peut-être qu’au final, cela ne serait pas si violent qu’il l’avait imaginé.

Inspirant une bouffée d’air imperceptible et inutile, il allait prendre la parole lorsque, subitement, le crépitement de l’air changea à nouveau. La tension, meurtrière, revint avec une brutalité qui lui coupa la respiration et l’étonnement fut largement visible sur ses traits. Il ne vit pas la suite venir. Il sentit simplement les mains de la déesse agripper ses épaules, puis, par la suite, le genou de cette dernière frapper son estomac. Etrangement, si son corps se plia par réflexe, il ne se sentit pas aussi mal que si le coup avait été porté par l’un de ses frères ainés – simplement car la puissance n’était pas la même. Morrigan était une déesse, il était vrai, et elle avait ainsi une certaine force brute – très certainement comparable aux angelots de dernier ou d’avant dernier ordre. Ainsi grimaça t’il à la sensation peu appréciable que sa déclaration lui provoqua, mais sans toutefois se rouler par terre non plus. Il n’eut cependant pas le temps d’émettre un mot – elle le prit une seconde fois de vitesse, le soulevant pour qu’ils soient à hauteur identique. Bien entendu, l’hydromel était à terre, et il en soupira intérieurement – un nouveau débris de verre éclaté gisait par terre, sans compter la bonne bouteille de gâchée.
Au final, il avait eu raison au départ. Il semblerait que chaque retrouvaille qu’il aurait à faire avec son ancienne famille se solde par des explications houleuses et une violence inutile bien que méritée - si toutefois il sortait de celle-ci vivant. A croire qu’ils n’avaient pas appris leurs leçons.

Reprenant ses esprits rapidement, il fixa Morrigan tandis qu’elle proférait ses insultes, mais quelque chose l’empêcha à nouveau de se défendre et de parler – de se débattre par ailleurs. Chaque mot prononcé se brisait par sa propre faute, et il pouvait entendre ses sanglots qu’elle empêchait avec une force désespérée. Elle fini par le lâcher, mais là encore il ne fit rien – elle était trop occupée à lui enfoncer son index dans le corps jusqu’à le faire reculer. Seuls ses yeux étaient capables d’en placer une, et si elle y avait vraiment fait attention, elle aurait pu y trouver une douleur similaire à la sienne. Gabriel avait toujours été sensible, autant si ce n’est plus que ses frères, à la différence qu’il le montrait d’une façon tout à fait inédite. Si il détestait faire souffrir sa famille, les voir s’entre déchirer avait été pire que tout – et la scène présente évoquait ces désagréables souvenirs, le torturant bien plus que ses premiers mots. Par la suite, il aurait aimé démentir ses propos mais il savait qu’elle ne le croirait pas. Alors il la laissa déverser sa haine et sa douleur profondément ancrée, il la laissa réaliser qui il était vraiment sans pourtant se douter de tout ce que ça impliquait, avant de finalement prendre la parole ... Sans pourtant se détacher d’elle et ses petits coups furieux, sans fuir son regard … Pour la toute première fois en plusieurs centaines d’années.

« Je suis désolé. »

Combien de fois devrait-il encore prononcer ces mots ? Ils étaient sincères, bien sûr. Mais dans sa bouche, ils sonnaient étranges, presque irréalistes. Levant les mains à son tour, il emprisonna doucement celles de Morrigan dans les siennes – ce qui, de loin, semblait aussi ridicule que leur différence de taille qui ne le gênait pourtant guère. Aurait-elle fait attention, elle aurait pu sentir à nouveau le changement de tension dans l’air, les ailes de l’Archange créant de légères bourrasques pour nettoyer le sol et empêcher les deux protagonistes de trébucher sur quelques débris de verres malvenus.
Je suis désolé, reprit-il, de ses iris incandescantes. Pour tout. Il se tint droit un instant, sérieux, figé, laissant quelques secondes s’écouler le temps de fixer ses mots avant de pencher la tête sur le coté puis reprendre, plus sombre – ce n’était pas le Gabriel qu’elle connaissait.

« A vrai dire, ce n’est pas toi que je cherchais. »

Fronçant les sourcils à cette remarque, il se demanda si il faisait bien de lui avouer – décidant finalement qu’être honnête changerait certainement. Il n’avait pas réellement l’espoir qu’elle place de nouveau sa confiance en lui, mais puisqu’ils étaient là tous les deux … Secouant la tête, il continua de la détailler à nouveau, son regard doré brillant s’attardant sur tout ce qu’il avait pu louper.

« Nous sommes en guerre, Morrigan. Je ne vais pas te servir un spitch ennuyeux, de nous tous, tu es la mieux placée pour savoir ce que ça implique réellement. Rejoindre Kali est certainement la chose la plus intelligente qu’il faut faire à présent, même si il faut rester sur ses gardes. Je suis là pour … rameuter ceux qui restent. Ou tenter de le faire, au moins. »

Il baissa les yeux un instant, un rictus agacé sur ses lèvres. Pouvait-elle voir son combat intérieur ? Probablement pas.

« Tu as raison sur un point. Je suis égoïste. Mais tu as tord sur le reste, Morrigan. Tu ne sais pas ce qui arrive, pas plus que tu n’es consciente des choix qu’il m’a fallut faire moi-même. Alors, oui. Je suis mort, cette fameuse nuit, simplement pour sauver deux crétins de chasseurs et une déesse sur toute l’assemblée à laquelle tu as eu l’intelligence de ne pas prendre part. Des êtres que je considérais comme ma seconde famille sont morts parce qu’ils n’ont pas voulu m’écouter, et j’ai débarqué pour jouer les bons samaritains. J’avais prévu de m’enfuir lâchement comme d’habitude ensuite, mais … J’avais l’occasion de racheter mes fautes. Ca a marché jusqu’à un point : je suis parvenu à piéger Lucifer, mais il a fallut pour ça me faire passer pour mort. J’espérais que ça vous mettrait du plomb dans la cervelle, mais comme d’habitude, j’ai foiré mes statistiques. Ce n’est pas comme vous auriez accepté de me reparler en sachant que j’étais l’ennemi, dans tous les cas. Au mieux, vous m’auriez écartelés vivant, si ce n’est pire. »

C’est avec un sarcasme écoeurant qu’il prononce ses dernières phrases, son regard doré s’assombrissant soudain à mesure que sa voix laisse éclater sa propre douleur – une blessure béante qu’il ne cicatrisera peut-être jamais. Elle lui hurlait qu’il avait abandonné les siens – qu’il l’avait abandonnée elle, mais était-elle capable de voir que tout ce qu’il avait fait, c’était pour protéger les divinités restantes ? Ne pouvait-elle voir que mourir était la seule façon de mettre un terme à toute cette rage à l’époque ? Les Paiens détestaient son Père. Les Paiens détestaient les anges également. L’auraient-ils accepté à nouveau ? Le retour de Lucifer avait brisé quelque chose de manière définitive – la confiance n’aurait plus été la même par la suite. Ce soir là, il avait perdu sa seconde famille. Que pouvait-il fait d’autre alors ? Fuir, comme il avait prévu au départ ? Les remords auraient été pire. Un faible sourire apparu sur ses lèvres au souvenir de Dean et ses conseils – Dean en qui il avait subitement vu Michaël avant que l’humain ne redevienne ce qu’il était : un crétin d’écureuil. Retrouvant son sérieux, il chercha à nouveau les yeux de la déesse. Allait-elle le gifler ? Tenter de le tuer comme Kali avait fait ? Tout cela le fatiguait au plus au point et sa voix baissa de ce fait, l’ironie cinglante qui avait sienne disparaissant brutalement.

« Je suis là pour faire le ménage et sauver ce qui peut encore l’être. Pour l’Humanité … et pour le passé que nous avons en commun qui me manque. »

Il s’arrêta finalement, la jaugeant silencieusement, avant que ses ailes ne s’affaisse quelque peu, son expression redevenant douce. Lâchant ses mains, il s’écarta d’un pas en arrière – un seul – avant de lui sourire – cette mimique fatiguée cachant à nouveau ses propres peurs, sa propre douleur, ses doutes et ses incertitudes.

« Tu es certaine de ne pas vouloir un verre ? »
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Morrigan ∞ Pagan Deity
Voir le profil de l'utilisateur Lun 29 Jan - 0:46

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Beautiful liar ft. Gabriel



Il était désolé.
Les excuses proférées ainsi ne parvinrent pas à apaiser la violence des coups qu'elle plantait sur son torse, comme autant d'accusations. Cependant, sa sincérité n'était pas à prouver. Elle pouvait le voir dans ses yeux, aussi brûlants que le bleu des siens était froid et enragé.  Morrigan doutait de tout, à présent. Elle doutait de lui, de ses intentions, de son camp. Elle doutait de le connaître aussi bien qu'elle ne se l'était imaginé. Pourtant, elle ne pouvait nier qu'il était d'une honnêteté bouleversante. Il ne riait pas. Il n'avait pas non plus cette étincelle lumineuse des tours parfaitement joués. Il soutenait son regard, sans même penser à fuir. Il n'avait rien de Loki, et ce sérieux étrange lui glaça le sang. A ce moment précis, il lui sembla rencontrer Gabriel.

Ses doigts continuaient mécaniquement de frapper l'Archange, réflexe somatique à tout ce qu'elle gardait relativement bien emprisonné à l'intérieur. Mine de rien, Badb se félicitait de ne pas avoir explosé. Pas encore. La puissance et le pouvoir que lui conférait autrefois la vénération des humains se faisaient plus faibles, plus diffus, et la bulle créée par Gabriel maintenait le reste du monde dans une sécurité relative, loin de la colère flamboyante de la déesse. Elle ne pouvait pas non plus le blesser, ni même attenter à sa vie - ca n'était malheureusement pas l'envie qui manquait- et chaque dégât causé ici n'aurait aucune répercussion à l'extérieur. Alors pourquoi ne pas cesser de lutter une bonne fois pour toute ?  Pourquoi ne pas hurler à s'en brûler la gorge, briser chacun des meubles présents, chacune des bouteilles ? Nemhain voulait sortir. Ravager sans scrupule celui qui osait dévaster son cœur et mettre à mal sa fierté féminine. Mais il ne méritait rien de tout cela. Ni colère ni fureur, rien qu'un froid mépris tinté d'une note de dégoût.

Deux mains d'une chaleur solaire vinrent emprisonner fermement les siennes, faisant rouler un frisson sur son corps. Surprise, stoppée dans son élan, Morrigan baissa les yeux sur leurs deux peaux jointes et lorsqu'elle releva le regard, son cœur manqua un battement. Ses iris se dégelèrent légèrement. Peut-être que c'était ça, la raison principale de sa retenue : Si elle lâchait prise, il partirait sans doute.

« A vrai dire, ce n’est pas toi que je cherchais. »


La phrase brisa dans un craquement presque audible la tendresse ressentie à son égard et son regard se referma en un battement de cils. Les mots firent  mal, physiquement, et la déesse recula d'un pas, aussi sûrement que si il l'avait frappée. L'honnêteté et la sincérité qu'elle louaient quelques secondes plus tôt pouvaient finalement se révéler plus tranchantes encore que le mensonge.  Morrigan papillonna des paupières, les dents serrées au point d'en être douloureuses. Les pleurs amers qu'elle retenait fièrement, si fort, depuis l'instant où s'était imposée à elle la révélation qu'il n'était pas mort menacèrent plus que jamais de déborder. Malgré ses efforts titanesques, une larme traitresse s'échappa, reprenant sa liberté, roulant irrégulièrement sur le tranchant de la pommette pâle, le long de sa mâchoire contractée. Sa course se termina prématurément, emprisonnée dans les volutes d'une boucle brune.

" Alors quand ? Quand comptais-tu me dire que tu étais revenu ? "

Avait-il eu même ne serait-ce que l'intention de le faire? Fait étonnant compte tenu de l'horreur qu'il venait de lui lancer au visage, elle n'avait pas hurlé. Semblable à un grondement d'orage, son ton ne s'était pourtant pas élevé plus haut qu'à l'ordinaire. Elle voulait juste savoir. Quand ? La voix perfide de sa conscience lui chuchota alors que Kali était sans doute déjà au courant. Cela coulait de source. Il avait besoin de Kali. Tout le monde avait besoin de Kali. Elle était d'une puissance redoutable, et un allié conséquent. Pas elle. Morrigan était une guerrière. Implacable peut-être, mais certainement pas invincible. Et la connaissance des champs de batailles n'était pas un don qu'elle seule possédait. Gabriel lui-même était sans doute un fin stratège. Après tout, anges et Archanges n'avaient-ils pas été élevés comme des soldats ?

Roulant sur sa langue, le nom de la déesse hindoue sonna à ses oreilles comme une moquerie. Peu importait combien il s'efforçait de recoller les morceaux, pour Morrigan, la bataille était perdue d'avance. Elle ne voyait l'affrontement qui se profilait à l'horizon que comme un affrontement sanglant et inutile. Ils allaient être décimés. C'était, pour le moment, une certitude. Et même le retour de Gabriel, fort de son pouvoir d'Archange, ne parvenait pas à changer la noire vision de la déesse. Ses prédictions auraient été d'une utilité remarquable, ici.

" Fine stratégie. Des deux situations, laquelle est la plus à même de générer des envies de meurtres sanglants à ton égard ? Etrangement, la simulation de ta disparition me semble surpasser la nouvelle de ta véritable identité. "

Sarcasme contre sarcasme. La douleur qui perçait dans la voix de l'Archange ne lui était pas inconnue. Elle la voyait depuis le départ, cette tristesse qui ternissait son regard et voilait sa voix. Cependant, elle se refusait à s'attendrir. En égoïste, elle l'ignorait volontairement. Elle lui avait pardonné de s'être joué d'elle et, dans le creux de leurs étreintes fievreuses , d'avoir cherché à oublier Kali. Elle n'avait pas refusé, profitant de ces instants où il n'était rien qu'à elle. La faiblesse dont elle avait fait preuve en ces instants la rendait malade. Mais encore, ça, elle pouvait le supporter. Elle s'était jouée de bien des hommes à son tour. Malheureusement, elle avait épuisé dans cette histoire son quota. Elle ne donnait plus l'absolution. A contrario de Gabriel, le temps du pardon était bien mort.

L'électricité de sa colère avait disparue de l'atmosphère. Le calme était revenu. Même ses sanglots étouffés n'étaient plus, refoulés là où ils étaient invisibles. La menace était passée. Sentant les mains qui retenaient les siennes relâcher leur prises, elle retira doucement ses doigts. Il lui parlait comme si elle avait connaissance de tout cela. Comme si il s'était sacrifié pour elle. Elle n'avait pas été conviée à la réunion instaurée par Kali et quand bien même elle n'y aurait pas mis les pieds. Aussi étrange que cela puisse paraître, jusqu'à présent, la déesse de la guerre avait évité le conflit. Morrigan fit deux pas en arrière et pencha légèrement la tête sur la gauche. Sa voix se fit douce, et son visage se fendit pour la première fois d'un sourire. Un sourire désolé, certes, mais tout de même.

" Je ne te pardonnerai pas, L-Gabriel. Je… Je ne peux plus être celle qui souffre au gré de chacune de tes décisions, ou qui espère au moindre de tes regards. Je ne peux tout simplement plus. J'aimerai pouvoir te tourner le dos totalement. Espérer que ta mort ne soit pas qu'illusion pour empêcher l'horrible sentiment de trahison de s'ajouter la peine de ta disparition qui, malgré tout, refuse de partir. Oui, vraiment, j'aimerais souhaiter que tu sois réellement mort cette nuit-là. Pourtant, je continuerais de me tenir à tes cotés tant que tu auras besoin de moi, parce que peu importe s'il faut t'appeler Gabriel ou Loki, tu restes celui qui m'est cher malgré moi. Je serais alliée si tu le veux, je mourrai s'il le faut. Mais rien de plus."

Si elle avait conscience de la dureté de ses paroles, elles étaient tout aussi difficiles à prononcer et chaque syllabe écorchait sa gorge de milliers d'aiguilles, d'une brûlure douloureuse et amère.

" Tu es libre de t'en aller. Retrouver celle à qui cette visite était initialement destinée. Mais si tu restes, j'ai effectivement besoin de ce verre. "



lumos maxima


Again




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