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 Somersault ☾ Ciaran.

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Message Sujet: Somersault ☾ Ciaran. Sam 21 Oct - 14:23

Statut du rp

Ft. Ciaran O'Flaherty

type ❖ Flashback

date ❖ Automne 2008.

informations spatio-temporelles ❖ Nous commençons proche de Chicago, le long de la route 394, à Sauk Village. Vous assistez au mental breakdown de Cameron et à sa rencontre avec Ciaran.
Le temps extérieur est agréable, il fait beau, mais pas trop chaud. Une petite brise se fait sentir.

intervention du MJ ❖ Non merci  :<3:

Autre ❖  :love:

©️ HELLOPAINFUL; revisité par SHADOW





Somersault
Faol & Ciaran
« Outside the door, the worlds alive. I'll stay and hide on the other side. I’m spinning faster than the earth. I’m shining brighter than the stars »
Nothing - Somersault (Guilty of Everything, 2014)



Le vent me caressait le visage... ou peut-être qu'il me le cinglait, au contraire. Je ne me rendais pas vraiment compte de son emprise sur moi. Je venais de quitter le motel où je l'avais laissé dormir, une note sous son téléphone avec mon numéro dessus. Au plus profond de moi, je savais qu'il ne servirait à rien, mais je pensais pouvoir avoir mon utilité dans d'autres domaines que celui dans lequel j'avais servi. Surtout, le dernier domaine.
La route me conduisait nulle part, je ne savais pas où je me rendais. J'avais quitté le parking du motel en enclanchant mon clignotant à droite pour ne pas avoir à traverser la route et me rendre dans l'autre sens, la solution de facilité. Et puis j'avais roulé sans but pendant des heures. L'impassibilité qui se lisait sur mon visage camouflait parfaitement les images qui tournaient en boucle dans ma mémoire. Je me revoyais aspergée par le sang d'un vampire dont je venais de couper la tête, conseil d'un chasseur que je venais de rencontrer et qui, à l'origine, voulait me faire la peau. Je revoyais leurs dents acérées, leurs têtes d'affamés, je ressentais leur touché sur mes épaules alors qu'ils s'apprêtaient à me bouffer la carotide et puis je me voyais me retourner et c'était face à Lui que je me retrouvais, angoissée, terrifiée, fatiguée, glissant mes doigts dans ses cheveux, lui rendant un baiser que je n'avais jamais donné auparavant. Je ressentais la douceur des draps sur ma peau nue, son corps chaud sur le mien, son odeur boisée lorsque j'éffleurais son cou avec mon nez. Je croisais soudain un camion de transport de marchandises qui klaxonna en me voyant dériver vers la ligne jaune au milieu de la route. Je revenais à la réalité, les yeux écarquillé, le coeur battant. Il battait beaucoup trop fort. J'eus soudainement du mal à respirer alors que des fragments de ces souvenirs si frais me revenaient en mémoire. Il m'avait touchée à de multiples endroits, là où personne ne m'avait jamais touchée. La route réapparu devant moi. Il m'avait murmuré à l'oreille des mots que je n'avais jamais entendu. Je prenais alors un virage le long d'une coline. Je me souvenais alors de cette sensation physique nouvelle qu'il m'avait faite découvrir. Mon estomac me donna l'impression de se retourner. Je ne pouvais plus respirer. J'avais l'impression que tous les mots qu'il m'avait dite se mélangeaient à ceux des vampires et me procuraient une vive sensation d'oppression au point que ma cage thoracique me fasse atrocement mal. Mon coeur me donnait l'impression qu'il allait imploser sous ma poitrine. Je voyais flou et je perdis un instant le contrôle de mon véhicule. Je me garais alors à l'ombre, le long de la 394, à Sauk Village. Je jetais mon casque à côté des roues, croyant que j'allais vomir dans les fourrées. Au lieu de ça, mon corps incontrôlable me conduisit en dehors de la route, derrière la barrière de sécurité, entre les arbres et les feuilles mortes. J'arrivais alors jusqu'à une rivière. J'enlevais ma veste, que je jetais un peu plus loin. Je m'assis, les genou repliés contre ma poitrine, puis j'allongeais mon buste, en essayant de respirer, ce qui renvoya un son rauque et bruyant. Je pensais avoir retrouvé le contrôle de mon esprit, mais les fantômes de la nuit passée ressurgirent. Je me mis à gémir inconsciemment, puis à pleurer. Je passais une main dans mes longs cheveux bruns. Une main inutile, comme le reste de mon corps souffrant, luttant de toutes les forces qui lui restait contre ses nouveaux cauchemars. J'étais seule, dans un pays que je ne connaissais pas, dans un monde que je ne soupçonnais pas complètement d'exister, le long d'une rivière dont j'ignorais le nom alors que je faisais une crise dont les symptômes m'étaient totalement inconnus jusque là. Je tournais doucement ma tête vers la droite, les yeux embués de larmes et légèrement rosés. L'attaque de panique ne semblait pas vouloir s'atténuer. Entre les flashs du passé qui me torturaient, rythmés par mes tentatives de respiration très bruyantes, mes yeux me jouaient à présent des tours en plus de me renvoyer une image floue. Un renard m'observait, une patte retenue en l'air. Ma crise s'amplifia alors. Il allait me dévorer, j'étais persuadée qu'il allait finir le travail des monstres de la veille. J'avais vingt-quatre ans et j'étais arrivée à la fin.
 
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Message Sujet: Re: Somersault ☾ Ciaran. Lun 30 Oct - 19:40

S'enfuir.

Les lieux étaient si vastes qu'il lui aurait été possible de rester toute une journée durant sans se lasser. Vivant en colocation, il n'avait pas plus de responsabilité envers le garçon qu’envers un simple voisin. Alors, après avoir rattrapé son sommeil perdu par une nuit de travail à l'hôpital, il s'en était allé sur les routes, son échappée belle le menant jusqu'aux entrailles d'une forêt luxuriante. Depuis que Louise avait disparu, depuis que son fils Michael n'était pas rentré du front, que sa fille Enat avait prit son envol… il avait plus de libertés que jamais. L’embarras du choix mais aussi un vide monstrueux à combler. Alors, comme à une certaine période de sa vie, sa nature profonde l’avait rappelé.

Un éclair ambre faucha l’air de sa silhouette fluette, galopant jusqu'à un point d'eau qu'il avait déjà croisé un peu plus tôt dans la journée.
Derrière lui, deux autres renards, plutôt jeunes - ils le seront toujours plus que lui - s’étaient mêlés à sa course. Ils s’étaient toutefois gardé de l'accompagner dans la chasse qui avait précédé, le roux irlandais préférant garder pour lui le fruit de ses efforts (et c’est la part qui était laissée à l'animal, l'humain ayant certainement pallié au manque de son prochain). Il était difficile de chasser de jour et pourtant, Ciaran avait su se montrer patient. Pour y gagner le pain qui allait le nourrir, là, tranquillement installé près dudit étang, la silhouette coincée entre quelques feuillus. Une fois fini, il avait bu quelques gorgées d'eau douce, puis avait accepté la présence des renardeaux. Tu veux jouer avec nous ? avaient-ils fini par lui demander, un peu intimidés - ils n'avaient jusqu'alors jamais croisé ce renard dans ce qui était leur domaine. Quel âge avait-il pour accepter pareille requête ? Un Homme vous aurait parlé de perte de temps, d’inutilité à s’adonner à des activités aussi puériles.
Ciaran sait ce qu'il a à y gagner : l’ivresse de vivre.
C’est volontiers qu’il finit par leur courir après, faisant fi du temps passé et même de ses difficultés cardiaques.

C’est pourtant elles qui le firent ralentir la cadence, puis finalement stopper leurs jeux. La renarde et mère les a rappelé quelques minutes plus tard.
S'étant éloigné à nouveau de ses points de repères habituels, il avait retrouvé un semblant de solitude. Avec le besoin féroce de s’hydrater après toute cette activité, ce qui l'incita à revenir sur un lieu qu'il avait déjà visité un peu plus tôt, et où il était prêt à vouloir se reposer. Le temps était clément et l’eau limpide, il n'aurait pas pu rêver mieux. Enfin, c’était sans compter sur ce hasard qui allait à nouveau frapper.
Après avoir pris quelques longues tasses d'eau dans sa gueule, le grand roux s’était apprêté à retrouver un coin tranquille et, qui sait, peut-être s’y assoupir.
Et c’est là qu'il la sentit.
La brise avait amené son parfum étranger et légèrement fruité, mais mélangé à quelque chose d'autre. Un peu d'épice, de bois. Quelque chose qui lui rappelait une auto - l’empreinte du cuir, le gasoil, l'huile ? L'irlandais était en train de remonter doucement, afin de ne pas se faire repérer, et ainsi se cacher derrière une souche d'arbre proéminente. (Elle venait de se laisser glisser. Il entendait sa respiration forte et saccadée comme si elle avait été pressée sur son oreille, décuplant cette idée d'angoisse qui transpirait de ses pores, de sa carcasse.) Des pas lents, la tête basse, les babines et poils blancs de la gueule encore tâché de sang. L'animal voulait se cacher, mais fut vite rattrapé par cette inquiétude qui avait commencé à germer en lui. Qu'est-ce qui se passe ? pense t-il, tentant d'évaluer l’état de l’étrangère. Elle ne va pas bien. C’est, après quelques secondes, ce qu'il en a déduit et ce assez facilement.
Quand soudain, elle le vit.
Il se figea dans son mouvement, la patte laissée en suspens dans l’air. Là, le rythme respiratoire de la jeune femme s'emballa, et il crut lire dans ses yeux une détresse qu'il n’aurait jamais voulu voir.
Parce qu'il n'était pas prêt à s’exposer. Il ne devait pas. Pour sa sécurité et la sienne. Cette femme était, jusqu'aux dernières nouvelles, plus humaine que jamais.
Malgré lui, sa présence semble amplifier davantage son anxiété. Comment aider ? Il est aussi piégé que la fleur qui se comprime là-bas, victime d'un mal qu'il ne comprenait pas encore, et contre lequel il ne pouvait rien faire.
Une frustration déjà trop cinglante pour cet être altruiste et voué à soutenir son prochain. Un soignant réduit au silence, avec ses seuls yeux pour traduire le mal qui était peint devant lui.
Alors, dans une impulsion désespérée, il glapit, s'approchant de deux misérables pas. Pour le commun des mortels, il ne s'agissait que d'un son vulgaire et bestial. Pour les siens ou ceux habilités à comprendre ce langage, l'appel était pourtant clair :
Je ne te veux aucun mal. Je ne te veux aucun mal.
Je te promets que je ne te veux aucun mal.




Spoiler:
 


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Message Sujet: Re: Somersault ☾ Ciaran. Mar 31 Oct - 17:14

Somersault
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Comme un mirage, comme dans un rêve, sa voix se réverbéra dans mes pensées.  Je ne te veux aucun mal. Je ne te veux aucun mal. Je te promets que je ne te veux aucun mal. J'avais l'impression d'être redevenue une enfant. Une petite fille tombée de vélo qui avait trop honte de remonter en selle et qui s'était écorchée les deux genoux. Une petite fille qui pleurait ses mamans qui n'étaient pas là pour venir l'aider. Leurs visages surgirent dans un souvenir extrêmement fugace, ils disparurent aussi vite. Il y eut un long regard avec le renard, je ne pus m'empêcher de pleurer toute les larmes de mon corps, désespérée en présence d'un prédateur.
Croyant que j'avais halluciné, je tentais néanmoins de répondre à l'animal, même si je doutais qu'il était entré en communication avec moi. Mon esprit me jouait des tours, je ne pouvais même plus me faire confiance. Je t'en supplie, ne me tue pas. Je ne veux pas mourir ici. Pas aujourd'hui. Pas dans un cauchemar.
Mon propre corps ne m'obéissait plus, je doutais que cela serait différent pour ma conscience. Je paniquais encore plus à cette idée, je n'avais plus aucune maîtrise de moi.
Toute personne saine aurait détourné le regard, fermé les yeux, attendant patiemment que l'animal vienne s'attaquer à son corps chaud et vivant, mais réduit à l'état d'une vulgaire proie. Je persistais à fixer ses prunelles sombres, attentives, ses petites oreilles bougeaient telles des antennes ultra sensibles, son museau avait encore des restes de sang accroché dans ses poils et malgré cela, je me sentis très légèrement rassurée. S'il s'était nourri, peut-être n'avait-il plus faim ? Mais peut-être avait-il une famille à nourrir ? Peut-être que les petits attendaient derrière ?
Je ne savais désespérément plus quoi tenter, personne ne viendrait m'aider. Personne. Au moins, ma dépouille servirait à nourrir des animaux fuyant sans répit la civilisation pour survivre. Dans ce cas, mon cadavre serait utile et je ne mourrais pas en vain, pas sous les affreuses dents d'un vampires imbécile et pervers... Ma main droite était toujours dans mes cheveux et dans la douceur -malgré les spasmes et mes bruyantes respirations- j'abaissais mon bras, tendant ma main vers l'animal. Je n'avais plus rien à perdre après tout. Peut-être allait-il planter ses crocs, mais peut-être qu'il sentirait aussi le dernier sentiment positif qui me restait: la tendresse. Si tu m'entends, si tu me comprends, aide-moi, s'il te plaît...
Étrangement, le renard me permis de regagner le contrôle d'une partie de mon corps, de légèrement calmer ma respiration, il n'avait pas encore bougé, je n'avais pas non plus l'air de l'effrayer, mais je parvins à prendre du recule sur la situation. Je réalisais que jamais je n'avais été témoins d'un instant aussi rare que celui-ci. Le renard est un animal sauvage, difficilement domesticable et celui-ci n'avait rien d'un canidé vivant en maison. Peut-être était-il aussi bipolaire qu'un chat, peut-être allait-il se jeter sur ma main et m'arracher le bras ? Je reniflais à cette idée, puis je fermais les yeux, laissant deux larmes perler sur mon visage. Je ne voulais plus voir la suite. Je me réfugiais dans mes pensées, tentant tant bien que mal de faire barrage aux événements traumatisants qui, aux moindres flashs, me tordaient l'estomac et me comprimaient les poumons. Puis, des images suivirent, mais je n'avais jamais été témoins de ces scènes. Allons bon, les visions avaient choisi le bon moment pour se déclencher. Il y avait un homme brun, avec une barbe de quelques jours. Il avait les yeux aussi sombres que le renard. J'oubliais son visage dans la seconde, la vision étant trop peu précise, mais en disparaissant, elle me laissa un sentiment vif, fort et inconnu. Un mélange de tendresse, beaucoup de douceur, de la dévotion, plus que cela.
Je ne comprends pas, pensais-je, pourquoi ? Pourquoi mon corps réagit-il ainsi ? Pourquoi suis-je prisonnière d'horribles souvenirs ? Comment puis-je me débarrasser des monstres ? J'ai peur.
Je n'osais plus rouvrir les yeux, jusqu'à ce que je réalise que mon heure n'était peut-être pas encore venue.
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Message Sujet: Re: Somersault ☾ Ciaran. Mer 1 Nov - 13:44

Je t’en supplie, ne me tue pas. Je ne veux pas mourir ici. Pas aujourd’hui. Pas dans un cauchemar.

Les mots qu’il entendit le perturbèrent, ses oreilles frémissant sous le contact impalpable qui venait de s’établir. Un contact inespéré, et qui aviva en lui un vif sentiment de méfiance, mêlé à la déception manifeste d’avoir affaire à une sorcière — et qu’elle ne soit pas l’élue. Ciaran avait beau être en quête de son âme jumelle, il restait pourtant réaliste : la plupart de la gent sorcière n’était pas fréquentable. Beaucoup d’entre eux étaient assoiffés de pouvoir, ce qui avait incité nombre des leurs à pactiser avec les engeances infernales. Et le vieil irlandais était littéralement effrayé par ces êtres de péché et gangrenés jusqu’à la moelle de leur os.

Et si, sous cette fébrilité apparente, l’étrangère s’avérait être de ceux-là ?

Cette éventualité lui comprima le cœur et le figea. Il ne l’avait pas quitté des yeux — et ce fut réciproque.

Pourtant, il voulait croire à cette détresse qu’il ressentait avec une rare intensité. L’animal huma un peu l’air, espérant y déceler d’autres indices qui pourraient le renseigner sur la situation, voire même l’aider. Pas l’ombre d’une odeur d’hémoglobine, si ce n’est celle qui était encore sur lui. Cauchemar. Où était-il, si ce n’est dans cet esprit balayé par un cyclone émotionnel ? Mais surtout : comment pourrait-il y palier ? Lui le traître inconnu, lui l’animal farouche, lui la menace au pelage flamboyant — lui, l’espoir enfermé au beau milieu d’un paradoxe ?

Je ne te veux aucun mal, répète t-il expressément, glapissant à nouveau. Il a l’impression qu’elle n’est même pas consciente du lien qui venait de se créer via cette communication (qu’il n’avait jusqu’à aujourd’hui pas expérimentée, si ce n’est avec les siens).
Peu après, son bras glisse un peu, et ce seul mouvement insuffle chez le grand roux une piqûre légère mais non négligeable d’adrénaline. Marié à un mouvement de recul empressé et nettement marqué, sa position changea, son petit cœur pompant à nouveau à tout rompre. Plus craintif, il remarque toutefois que le geste de l’inconnue à l’effluve florale n’était pas à connotation agressive. Au contraire, sa main s’était ouverte dans sa direction, comme une invitation silencieuse. Une invitation qui baignait désormais dans un océan tumultueux. Mensonge ? Piège ? Aider… s’enfuir ? La peur inonde ses sens, altère son jugement. Il n’a même pas encore eu le privilège de découvrir ses traits qu’elle peinait à lui offrir, et sa vision affûtée ne pouvait y palier pour l’instant.
Quelque chose allait pourtant faire pencher la balance. Les émotions stagnantes inchangées, pour les premiers temps.

Si tu m’entends, si tu me comprends, aide-moi, s’il te plaît…

Au moment même où elle lança cet SOS, leur destin se scella. Car le soignant qu’il est n’aurait jamais pu tourner le dos à cette femme après un tel appel au secours.
Elle ferme les yeux fermement, laisse échapper de nouvelles pertes lacrymales, tièdes et douloureuses.
(Qu’attends-tu, Ciaran ? Pourquoi aurais-tu peur, là où tu pourrais t’éteindre en suivant ton propre cœur ?)
C’est la voix de Macha qu’il crut entendre, et c’est cette même voix qu’il décida de suivre. Elle qui l’avait toujours encouragé à poursuivre sur cette voie qui lui avait été tracée, peu important les fonds pauvres qui les faisait vivre.
Il tente un premier pas, l’air de s’engager à contourner la zone où la femme recroquevillée se tenait.
Hésitant, prudent, il jouit toutefois de cette détermination qui s’épanche, de ce besoin qui s’étire du creux de ses entrailles pour se déployer, se concrétiser.
Une sorcière ne serait pas choquée de le savoir familier, et c’était là quelque chose qui ouvrait le champ des possibles, qui pourrait lui permettre de lui porter ce soutien qu’elle lui avait supplié. Mais la prudence voulait qu’il ne franchisse pas ce cap-là. Pas maintenant. Pas lorsque cette femme est encore aussi secouée. Son état ne s’améliorera pas, à son sens, s’il s’amuse à brûler des étapes, importantes qui plus est. Le risque était bien trop grand et il n’était pas à l’abri d’une réplique violente (et très certainement surnaturelle) de la part de cette dernière.

Qu’est-ce que je peux faire pour t’aider ?, commence t-il, jaugeant l’étrangère et la moindre réaction de sa part, vigilant. Il se doutait que, dans son état, elle ne puisse lui répondre de manière concrète, ou même savoir quel était le fil d’Ariane. Mais le respect voulait qu’il lui propose ceci avant toute chose, même s’il semblait avoir été désigné pour tenter de la guider. J’aimerais beaucoup t’aider. On ne peut plus sincère. Je ne suis pas un monstre et je ne tuerai rien d’autre qu’un petit gibier pour me nourrir. Jamais un être humain. Jamais. Il insiste, mais c’est vrai. La vie est une denrée trop précieuse. Et en a vu trop s’éteindre sous ses yeux pour avoir envie de jouer de barbarie alors qu’aucun besoin vital ne se fait sentir. Qu’est-ce qu’il la craint, là, alors que ses mots sont enrobés d’une bienveillance aveugle et inconditionnelle. Son sang-froid est exemplaire dans les cas où l’intégrité d’un tiers est menacée, et là est sa force en tant que soignant.

Il fit un petit pas et finit par fléchir les pattes, se laissant tomber flanc contre terre. (Il semblait toutefois être prêt à détaler si l’urgence se présentait.) Des larmes coulent encore.
Reste avec moi. Ouvre les yeux. La tête du Vulpes est dressée et ses yeux sombres sont toujours soudés à la silhouette tourmentée. Ne t’enferme pas dans ce cauchemar. Il est en toi et n'attend qu'une seule chose, que tu le nourrisses. L’animal rampa sur cinquante centimètres, comme s’il se replaçait correctement. Mais aussi parce qu’il était tiraillé par l’envie de lui apporter un soutien direct et celle de la fuir. Même un idiot aurait senti qu’il était dans une position défensive et qui manifestait sans grande fioritures sa crainte profonde.

Dans un élan de bienveillance controversée, Ciaran glissa des propos qui auraient pu lui faire défaut et se retourner contre lui.
Moi aussi j’ai peur, lui confia t-il alors. Aveu qui le dérange car met le doigt sur une faiblesse apparente. Mais je m’accroche à une autre réalité pour survivre. Jamais il n’aurait cru avoir à faire ces aveux, encore moins face à une inconnue. Peut-être la forme adoptée l’y avait grandement aidé.

Et il est évident qu’il l’invitait à en faire autant, concevant parfaitement la difficulté de l’exercice.
Le vieil irlandais avait tout perdu à chaque fois qu’il avait pensé effleurer un semblant de bonheur. Un bonheur qu’il ne regrette pas mais qu’il rappelle souvent, préférant voir la chance qu’il avait pu avoir et qu’il avait encore de vivre ici bas, plutôt que de s’enfermer dans ses cauchemars à l’allure de géhenne éternelle.
Sans avoir perdu de vue cette main qui lui était toujours offerte. Le renard était désormais dans une position d’écoute, si la langue de la jeune femme voulait bien se délier pour lui.


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Message Sujet: Re: Somersault ☾ Ciaran. Mer 1 Nov - 16:32

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Je ne te veux aucun mal. Plus clairs que les précédents, ses mots étaient désormais on ne peut plus réels. Cette communication n'avait rien d'inhabituel pour moi. Ce don m'avait permis bon nombre de fois d'adresser la parole aux animaux. J'adorais les chiens grâce à ce pouvoir. Ils étaient si adorables, attachants, serviables et protecteurs -cela semblait même propre à tous les canidés, d'ailleurs- peu importe leurs races. Cependant, les chats, eux, n'avaient absolument aucune sympathie pour qui que ce soit. Pas même pour leurs semblables. Le monde leur appartenait et les humains n'étaient qu'une bande de bipèdes imbéciles. Lorsque le contact se fait, un torrent d'insultes s'en suit. Je ne leur en veux pas. Beaucoup d'humains leur ressemblent.
La rencontre avec ce renard était néanmoins une première. Je n'en avais jamais vu d'aussi près et je ne m'attendais pas à ce que cela se produise un jour. Je doutais que lui aussi avait approché une humaine. Enfin, pas à si peu de distance.
Alors que j'abaissais ma main, le pauvre renard eut un mouvement de recul soudain. Je m'y attendais, il semblait tellement alerte, rien qu'avec cette communication étrange. Il devait se demander comment une espèce comme la mienne pouvait atteindre ses pensées, comme tous les autres animaux. Et puis, je n'étais pas non plus une humaine ordinaire. J'étais étonnée de ne pas avoir reçu la question habituelle : Tu parles comme moi ? Je te comprends, c'est la première fois ! Pourquoi est-ce que les humains en général parlent dans un charabia impossible ? Je souriais à chaque fois, imaginant Monsieur et Madame Tout-le-monde parler dans un langage d'extraterrestres.
Et puis, mon appel aux secours le secoua, je suppose. Malgré mes paupières closes, je ne pus m'empêcher de tendre l'oreille, alors que pour ne plus avoir peur, il aurait fallut que je me prive de mes sens. J'entendais ses petites pattes fouler le sol, mais il n'osait pas se rapprocher. Alors, sa voix survint de nouveau dans mes pensées. Qu'est-ce que je peux faire pour t'aider ? Il marqua un temps. J'aimerais beaucoup t'aider. Nouveau silence, puis il reprit Je ne suis pas un monstre et je ne tuerai rien d’autre qu’un petit gibier pour me nourrir. Jamais un être humain. Jamais. Il insista sur ce dernier mot. Il paressait tellement hésitant, il ne savait pas comment agir. Reste avec moi. Ouvre les yeux. Ne t’enferme pas dans ce cauchemar. Il est en toi et n'attend qu'une seule chose, que tu le nourrisses. Je rouvris les yeux, retrouvant son regard sombre et perçant. Ce renard m'avait été envoyé par l'espoir, il était ma porte de sortie, celui qui allait me tirer de mon cauchemar éveillé. Il avait raison et ses mots étaient les plus sincères que j'avais entendu depuis mon arrivée aux États-Unis. Il était le seul, sous une forme de prédateur à ne pas vouloir me faire de mal. Même, à vouloir prendre soin de moi. Où étais-je tombée, encore fois ? Quel était ce pays si étrange où toute situation était paradoxale ?
Moi aussi j’ai peur. Mais je m’accroche à une autre réalité pour survivre. Il était tellement différent des autres canidés. J'aurais pu croire qu'il était humain, sous une forme animale. Sa confidence me permis de lâcher prise et de me détendre en même temps, ce qui donna une étrange réaction. Je me mordillais la lèvres inférieure, sentant de nouveaux spasmes me comprimer l'estomac et les poumons. Ma respiration, toujours difficile, était saccadée par mes larmes. Je remerciais le destin de m'avoir envoyée un renard et non pas un humain, je n'avais pas besoin de parler pour me faire comprendre, ainsi, ma voix n'était pas perturbée par les pleurs. Je suis désolée de t'avoir effrayé. Je ne veux pas te faire de mal non plus. Je suis peut-être spéciale, mais je ne suis pas mauvaise. Il m'avait touchée, en plein cœur.  Je viens d'arriver ici. Je suis Ecossaise. Je ne connais pas ton pays.  Je tentais de renifler à deux reprises, sans grand succès. Alors, j'ouvrais légèrement la bouche pour trouver de l'air. Il était encore trop tôt pour retrouver un moyen de respirer naturel. J'ai rencontré des créatures étranges, qui, elles, sont mauvaises. Je croyais qu'elles n'étaient qu'un mythe. Je rabaissais mes jambes. Une migraine démarrait tout juste. J'ai failli me faire tuer par un chasseur inexpérimenté, parce que je suis une sorcière.  Les souvenirs surgirent de nouveau, j'éclatais alors en sanglots. Je n'ai jamais tué personne. Pourtant hier, j'ai été obligée. Des vampires nous ont attaqué.  Je n'osais pas poursuivre l'histoire. Je détournais la tête. J'hésitais à raconter ce qui me torturait en plus. Mes pensées, trop lourdes, me trahirent.  Je n'ai que vingt-quatre ans, j'ai été élevée dans l'amour et la tendresse et je me suis offerte pour la première fois à un inconnu. Ce chasseur, cet homme qui voulait me tuer. Cela n'a tellement rien à voir avec mes principes. J'ai pris un mauvais chemin sur un coup de tête.  Un court silence s'imposa.  Je suis tellement naïve. Je ne pensais pas que ce moment serait aussi différent de mes espérances. J'avais peur. Je croyais que c'était normal. Je gémis, je cherchais désespérément à retrouver une respiration naturelle.  Maintenant, j'ai honte, j'ai peur et je suis désolée.  Je n'osais plus retourner la tête pour replonger mon regard dans ses prunelles sombres.  Je suis désolée d'envahir ton espace avec mes histoires d'humaine insignifiantes.  Finalement, je voulais le revoir, je voulais qu'il comprenne que mes excuses étaient plus que sincères. Je suis tellement désolée.  Finalement, la crise d'anxiété s'était atténuée. Si je ne respirais toujours pas normalement, cela était simplement dû à mes sanglots.  Je suis tellement désolée. Je ne voulais pas t'effrayer.  Imposer ma présence dans son espace vital n'était absolument pas volontaire. Penser aux animaux avant l'Homme est d'une grande importance, c'est la raison pour laquelle jamais je ne pourrais les tuer et me nourrir de leur chair. Je n'avais pas bougé ma main depuis que je lui avais tendu. Je la levais légèrement du sol pour l'inviter à venir la flairer.  Crois-moi, je ne suis pas mauvaise. . Les animaux étaient dotés d'un sixième sens, je savais qu'il percevrait mon innocence en s'approchant. Je refermais les yeux, consciente du risque que je prenais en m'offrant de nouveau à un inconnu, mais cette fois, c'était mon sens moral qui était de mise. J'avais fait une grossière erreur la veille, or à ce moment, je n'avais jamais été autant sure de moi, sure de sa bonne foi. Certaine qu'un être comme lui ne franchira jamais l'infranchissable. Certaine que ses mots et son cœur valent de l'or.
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Message Sujet: Re: Somersault ☾ Ciaran. Mer 1 Nov - 20:17

Je suis désolée de t’avoir effrayé. Je ne veux pas te faire de mal non plus. Je suis peut-être spéciale, mais je ne suis pas mauvaise. Des mots qui résonnent dans le presque-silence de la forêt qui les enveloppait. Ciaran essaie d’y croire, mais il sait à quel point certains peuvent être traîtres. C’est pourtant à son intuition qu’il allait finir par s’offrir. Comme à chaque fois.
Doucement, il laissa sa mâchoire reposer sur ses pattes avant, le regard sombre toujours orienté vers la sorcière.
Bonne ou mauvaise, elle jouissait de pouvoirs qui pouvaient s’avérer être plus dangereux que jamais. Qu’il ne pourra jamais l’être.
À l’écoute, le familier voulut répondre d’emblée à ses mots, mais se garda (assez miraculeusement) de le faire. L’écossaise perdue au Nouveau Monde. Comme une impression de déjà-vu. Mais qu’avait-elle fui ?
Sans grands efforts, (la faute à sa présence inspirante et rassurante ?), les paroles trouvent de plus en plus de profondeur, devenant alors de réels aveux. Le besoin de se confier, de vider son sac était certainement plus que justifié. Et il n’allait pas la blâmer pour ça ; si tel était son fil d’Ariane.
En revanche, il s’étonna de sa naïveté vis à vis des autres créatures qui peuplaient ce monde. Serait-il possible, alors, qu’elle ignore l’existence des siens, des familiers ? L’étau se resserre un peu, imperceptiblement. Il rebondit cependant sur ses propos, sans manifester quoi que ce soit. Vampires, chasseur… un cocktail explosif. Si elle n’avait pas été mordue, si elle avait été en contact avec un chasseur… où était-il en ce moment ? À nouveau, l’esprit inquiet du renard développa des théories plus alarmantes les unes que les autres. Ciaran dut se faire violence pour ne pas se redresser à nouveau (et vérifia cependant s’ils étaient bel et bien seuls — et c’était le cas). Un poids en moins, semble t-il.

Tu as le droit de trébucher. C’est comme ça que tu apprends à vivre. et c’est un vieil être qui lui parle, plus vieux qu’elle ne pourrait l’imaginer aux premiers abords.
Puis il se repassa ses aveux, comprenant par delà les mots qu’elle n’avait pas été respectée par cet homme. Une éventualité qui le hérissa, l’alarma. Je suis tellement désolée. C’est à cet instant qu’il se redressa, conscient qu’il ne pouvait plus rester aussi passif. Il avait senti que son cœur et sa respiration s’étaient calmés. L’animal renifla deux-trois fois les feuilles et branchages à ses pieds (un réflexe typique) avant de s’avancer à tâtons, là où la jeune sorcière avait continué à s’excuser, à vouloir établir un lien de confiance mutuel. Elle n’avait pas voulu l’effrayer. Elle n’était pas mauvaise. Aussitôt il lui lança. Moi non plus.
Au fil des centimètres qu’il passait, de la distance qu’il grignotait de son propre chef, son rythme cardiaque s’accélérait. Nerveux, anxieux, il tira un peu le cou pour accueillir le parfum naturel qui s’accrochait à la carcasse de la sorcière. Doux, presque rassurant. Il alla chercher à nouveau son regard, découvrant alors avec stupeur la ressemblance dérangeante avec son aimée des premiers jours… Macha… ? couplé d’un mouvement de tête et de recul légers, contemplant d’un œil nouveau les traits devenus trop familiers de l’écossaise. Mais soudain, comme pour effacer cet écart (qui allait certainement beaucoup lui coûter), il accepta que cette main étrangère vienne flatter timidement le haut de son crâne. (Il ne put réprimer quelques glapissements d'aise.) Un élan audacieux, ce qui savait le caractériser à la perfection. Ne sois pas désolée. Je veux juste t’aider. Puis marqua une pause, tentant d’apaiser son anxiété. Une question grattait toutefois les barreaux de sa prison psychique. Est-ce qu’il t’a fait du mal ? Il n’a rien fait que tu ne voulais pas faire, hein ?

Si la réponse était positive, oserait-elle seulement lui mentir ?


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Message Sujet: Re: Somersault ☾ Ciaran. Jeu 2 Nov - 17:58

Somersault
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Le renard, toujours méfiant, avait commencé à s'approcher de moi, de ma main qu'il flairait tout doucement. Le souffle qui émanait de son petit museau vint chatouiller mes doigts. Un long regard fut de nouveau échangé Macha... ? Me dit-il. Je devais beaucoup lui ressembler pour qu'il doute de mon identité. Je ne su quoi lui répondre, j'aurais eu trop peur de le blesser en lui avouant qu'il faisait fausse route. Je ne voulais pas briser l'espoir, la petite flamme qui venait de naître au fond de ses yeux sombres. Je déplaçais ma main sur son crâne, pour le grattouiller entre ses deux oreilles. Ne sois pas désolée. Je veux juste t’aider. Je lui souris alors que mon corps semblait me redonner le contrôle. Cela ne fait que quelques minutes et tu as déjà tant fait pour moi. Il reprit la parole. Est-ce qu’il t’a fait du mal ? Il n’a rien fait que tu ne voulais pas faire, hein ? Je le fixais comme si je n'avais pas saisi sa question. En réalité, je ne voulais pas retourner dans mes souvenirs alors que je venais tout juste de retrouver la maîtrise de mes membres. Mais j'y replongeais malgré tout, pour lui donner une réponse, au moins à l'une de ses questions.  Non, je... Je l'ai voulu.  je clignais lentement des yeux. Une fois, deux fois... Puis je repris la parole. Je n'avais déjà plus le contrôle à ce moment-là. J'étais tétanisée et j'ai cru qu'en me réfugiant dans une sensation inconnue, je pourrais me rassurer et oublier. Je cessais de caresser le doux renard. Je remettais ma main là où je l'avais posée, quelques minutes auparavant, puis je poursuivais. Je me suis trompée. Complètement. Je ne comprenais toujours pas ce qui avait bien pu me traverser l'esprit. Je me sentais misérable et pourtant, j'avais cherché à l'être. Je n'étais pas de ce genre de personne à prendre des décisions sans réfléchir avant. Comment avais-je pu ? Je l'aurais forcément regretté.
Je luttais de toutes mes forces contre les démons de la veille. Je luttais contre ce cauchemar éveillé. Voilà que je parlais à un renard, au milieu d'une forêt dont j'ignorais totalement le nom et l'exacte localisation. Où étais-je ? Pourquoi avais-je raconté ma vie à ce petite être roux ? Qu'en avait-il à faire ?
Mon corps ne suivait plus, il emporta ma raison avec lui. Je vis flou en retournant ma tête vers le ciel, détournant mon regard du renard. Je remontais mes jambes, les rabaissaient. Je ne... Je ne vois... Je ne me sens pas...bien. Qu'est-ce qu... Dis-je dans mes pensées. Je ne parvins pas à terminer mes phrases, comme si j'étais à deux doigts de m'affoler, de refaire une crise de panique, mais l'intégralité de mes forces physiques renoncèrent. J'étais épuisée et en plus de cela, je ne m'étais pas alimentée ni hydratée depuis des heures, peut-être même plus d'une journée. J'avais conduit, là où le vent me portait, là où je croyais que je pourrais fuir les monstres, mais finalement, mon corps avait choisi de faire une halte, en crisant, m'envoyant un message d'alerte, brûlant ses dernières réserves d'énergie. Le malaise. Rien de plus humain, rien de plus pathétique que le malaise. Il m'avait touchée de plein fouet, comme jamais.
Et j'étais seule, au milieu de nulle part, un renard  inquiet, méfiant et curieux à la fois pour seul témoin. Je ne portais que mon identité sur moi, dans un portefeuille, rien d'autre. J'allais dépérir ici.
Ainsi, le ciel vira au noir et les monstres disparurent. Je perdais connaissance pour la première fois.
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Message Sujet: Re: Somersault ☾ Ciaran. Jeu 2 Nov - 21:43

Cela ne fait que quelques minutes et tu as déjà tant fait pour moi. Cette seule phrase apaise un peu le cœur inquiet de l’infirmier, pour qui l’intégrité de la sorcière valait presque plus que ses propres maux. La crainte manifeste qu’il ressentait encore et qu’elle lui inspirait n’avait pas réussi à biaiser ses valeurs profondes, ni même sa volonté féroce. Je suis heureux de pouvoir t’aider. L’aveu est tout aussi sincère que les précédents, et le grand roux semble avoir pesé ses mots. Il croit pourtant sentir qu’elle n’est pas tout à fait remise, et que même si les symptômes qu’il pouvait remarquer s’étaient estompés pour la plupart, elle restait toutefois prisonnière de son corps et de ses caprices. L’animal tint une distance suffisante après qu’elle eut ôté sa main de sa tête garnie de poils carotte. Il réalise toutefois que la question posée un peu plus tôt est un peu trop directe, déstabilisante. Il aurait dû y penser. Ne pas gratter là où elle pourrait se perdre à nouveau. Ce n’est pas ce dont elle avait besoin dans l’instant.

Pourtant, elle parvient à lui répondre - ce qui n’est pas sans témoigner de sa grande force d’âme. Les petits yeux sombres la scrutent en silence tandis qu’il déposait son fessier sur le tapis de verdure, laissant sa queue touffue se lover en arc de cercle contre lui et ses pattes avant. Il se lécha les babines, pensant qu’il lui restait encore un peu trop de traces sur le museau - et c’était le cas, mais deux coups de langue ne suffiraient pas; une toilette ne serait certainement pas du luxe. Mais l’heure n’était pas aux soins du corps.
La culpabilité transpirait de ses pores, mais l’incompréhension écrasait tout avec une lointaine impétuosité. Il espérait que la chute ne soit pas plus douloureuse que ses premiers pas les yeux ouverts sur cette pénible réalité.

Ce n’est qu’à cet instant-ci, par observation rapprochée, qu’il vit ces légers spasmes qui marquaient ses extrémités. Des spasmes liés à une faiblesse creusante et affligeante. Comment était-elle arrivé jusqu’ici ? Et surtout… comment allait-elle repartir ? Ciaran n’était pas certain de vouloir la laisser disparaître de si tôt, pas alors qu’il n’était pas encore assuré qu’elle sache tenir la route.
Et ses doutes n’en furent que confirmés lorsqu’il la vit papillonner un peu des yeux, l’air perdue. Les mots qui suivirent l’alertèrent, il se dressa sur ses pattes aussitôt et dévora la distance qui les séparait sans réfléchir. Aucune odeur étrangère n’avait pointé le bout de son nez depuis, et ce fut une chance pour lui, qui troqua son apparence animale pour l’humanoïde au moment même où ses yeux finirent par se clore après s’être légèrement révulsés.

Le cœur malade du soignant avait fait un bond (on ne peut plus douloureux) mais il avait su transférer sa nervosité dans la  seule compression de ses mâchoires et son ouvrage ; se concentrant sur cette femme qu’il avait récupérée in extremis dans sa perte de connaissance. Il avait déjà vérifié les quelques paramètres vitaux avec les moyens du bord et l’avait soulevée de terre, sa tête coincée dans le creux de son épaule. L’eau était à quelques mètres et il c’est en quelques pas qu’il s’en rapprocha suffisamment, la reposant au sol. Il suréleva ses jambes pour favoriser la circulation du sang pendant quelques secondes, trempa le bout de ses doigts dans l’eau fraiche et alla marquer d’humidité ses traits baignés dans le blême de son teint.

Elle lui ressemble tant, songe t-il en restant attentif aux signaux qu’elle lui envoyait. Assit au sol, il suréleva à nouveau ses jambes, coinçant ses chevilles sur l’une de ses épaules, une main les cernant toujours. Respirant le plus doucement possible de son côté, (son cœur n’était pas du même avis malgré son calme apparent), il l’observait. Ce n’était plus qu’une question de temps. De secondes, à vrai dire, si tout se passait bien — mais il n’avait aucune connaissance de ses antécédents et il priait intérieurement pour qu’elle n’ait rien de tout ça qui puisse faire pencher méchamment la balance.
Enfin, le moment de vérité approchait à grand pas.

« Allez, réveille-toi, » l’incite t-il d'une voix expresse et respectueuse ; n’importe quel stimuli pouvant permettre à la jeune femme de reprendre ses esprits. Au moins, se disait-il, elle n’allait pas pouvoir fuir si elle se rendait compte que le renard avait disparu pour revêtir l’habit d’un trentenaire. En revanche, elle était toujours apte à l’écraser avec son petit doigt, (ou plutôt d’un coup de pied), même s’il ignorait la moitié de ses capacités (et qu’il imaginait plus que dangereuses). « Un peu de courage… ouvre les yeux. » ajouta t-il en gaélique irlandais, expirant un peu d'air de ses poumons.

Elle lui ressemble tant… se répète t-il à nouveau dans son esprit, la gorge nouée l’espace de quelques instants. Il ravale sa salive et inspire l’air frais qui arrive, doucement, profondément, quittant brièvement des yeux l’étrangère. (Il a encore du sang séché au coin des lèvres, il y a de ces choses qui restent inchangées avec la transformation et l'a naturellement oublié sur le vif.) La brise lui fait du bien et il imagine qu’elle en fera autant à la sorcière lorsqu’elle sentira cette fraîcheur sur sa peau, décuplée par l’eau marquait son visage presque apaisé. Après ces trois minutes passées, il sentit à nouveau du mouvement, et descendit à la fois ses yeux et les jambes de la jeune femme au sol, précautionneusement.
Il garda le silence, rongeant son frein. Il allait devoir gérer son hypoglycémie par après… si elle le lui permettait. Et même s'il n'avait rien pour la faire remonter dans l'instant T. Mais… il avait toujours des bras pour la porter.
(Il ravale sa salive et reste figé, seuls ses paupières battant naturellement par intermittences.)
Là, il songea même à s’en éloigner, de peur de recevoir un éclat défensif. Mais il tint bon et dépassa ses émotions.
Ancré dans une autre réalité.
Pour survivre.


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Message Sujet: Re: Somersault ☾ Ciaran. Ven 3 Nov - 15:55

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J'avais l'impression de rester des jours entiers dans cet état, alors qu'il n'était question que de quelques minutes. Dans le brouillard, j'étais seule. Spectatrice de mes souvenirs, prisonnière de mon enfance, de mon adolescence et de ce qui semblait être mon futur. Mes rêves n'avaient jamais été si agréables, j'aurais aimé être séquestrée plus longtemps par ma mémoire. Mon esprit semblait avoir suffisamment lutté et pour contrecarrer le mal, il me diffusait les meilleurs moments que j'avais vécu. Mon inconscient me rappelait que le pire pouvait être à venir mais que dans l'instant, beaucoup de choses s'étaient merveilleusement bien passées et j'avais la vive impression que cela n'était pas prêt de se terminer. Des sensations me manquaient terriblement, comme les plus beaux moments que j'avais passé avec mes mamans. Je me revoyais apprentie, en plein travail avec ces deux femmes exceptionnelles, entrain de confectionner l'une de mes premières potions, qui s'était soldée par un échec, mais dont le résultat nous avait fait grandement rire. Je me revoyais en leur compagnie, lovée contre elles pendant que nous regardions un film. Il y avait aussi cette scène, quelque peu brumeuse -car très ancienne- où Edana et Maisie m'avouaient qu'elles sont amoureuses l'une de l'autre et que, en plus de cette situation, elle me promettaient de toujours s'occuper de moi, mieux que personne. D'autres passages agréables suivirent, mais d'autres séquences s'incrustaient au milieu de certaines scènes que je remettaient parfaitement dans ma chronologie personnelle. Des séquences inconnues, comme celle qui avait surgit plusieurs minutes auparavant. Mon ressenti était différent. Je ne l'avais jamais vécu. Je ne l'avais jamais vu. Qui était-ce ? Il avait planté son regard dans le mien, dévoilant un sourire en coin soudain. Cela me procura une intense chaleur, indescriptible. Quelques secondes après, l'environnement, l'atmosphère étaient différents, mais il m'observait toujours de la même manière, puis doucement je me rapprochais, pour le serrer délicatement contre moi. J'avais aussi l'impression d'assister à des retrouvailles. Je voyais sa silhouette, à quelques mètres de moi, il semblait épuisé, mais je ressentais une envie, une excitation indescriptible de pouvoir l'enlacer. Un sentiment aussi fort, mais à la fois très opposé de ce que je ressentais lorsque j'étreignais mes mamans. Intercalé entre des épisodes vécus, je ne parvenais pas à comprendre, trop vide pour trouver une explication. Je devais simplement perdre la tête. Mon inconscient me jouait des tours, dans l'unique but de me rassurer.
Une voix familière surgit ensuite. Elle se réverbéra et disparut en écho dans le silence. « Allez, réveille-toi. » Je me voyais faire un tour sur moi-même dans le brouillard, les yeux rivés vers le ciel noir, croyant apercevoir l'émetteur de cette voix grave et douce à la fois. Lorsque tout son disparu et laissa de nouveau place au silence, cette même voix raisonna de nouveau, mais dans un langage inconnu. Du Gaélique, probablement. Mes mamans m'avaient souvent parlée en Gaélique Ecossais, mais je n'étais toujours pas fichue d'en faire une phrase. Là, il était peut-être question de Gallois, Mannois ou Gaélique Irlandais. Dans mes songes, mes cheveux se soulevèrent légèrement. Une mèche vint me chatouiller le menton. Il y avait une petite brise qui me rafraîchissait le visage, j'eus l'envie de m'asseoir et de m'endormir dans le brouillard et l'obscurité. Comme si ce décor intimidant n'était qu'un endroit paisible, une chambre à coucher où la vapeur servait à la fois de lit et de couverture, comme un nuage de coton. Or, petit à petit, je remarquais qu'elle se dissipait. De la lumière provenait du ciel. Ce dernier virait au gris, puis au blanc et se répandit dans l'ensemble de la pièce vide et sombre. J'ouvrais les yeux, délicatement.
Éblouie par la lumière du jour, je clignais des yeux, puis ramenais mes mains vers mon visage pour me frotter les paupières. Je me redressais faiblement sur mes coudes et je tombais presque nez à nez avec Lui. J'écarquillais les yeux, puis je perdais l'équilibre et retombais sur le dos, très doucement, comme si, au moindre geste brusque, Il se serait jeté sur moi. Effrayée, un frisson interminable me parcourra le corps. Où était le renard ? Pourquoi y avait-il cet homme devant moi ? Celui qui ressemblait étrangement aux souvenirs que mon cerveau avait créé de toutes pièces. S'agissait-il de visions ? Comme ce flash que j'avais eu avant de m'évanouir ? Le regard rivé vers le ciel, je me risquais à le chercher en tournant les yeux, toujours sans bouger. Forcément, il était hors champ, mais je sentais sa présence, je savais qu'il était encore là et que lui non plus, il n'avait pas bougé. La tension était palpable, autant de son côté que du mien. Je laissais plusieurs minutes s'écouler, le temps que mes pulsations retrouvent un rythme presque normal. « Il... Il y avait un renard... » commençais-je naïvement. J'avais la bouche pâteuse. « ...Juste là... » poursuivais-je, toujours sans bouger, donc je ne désignais pas l'endroit où le beau petit canidé s'était tenu avant ma chute dans l'inconscience. Outre les chants d'oiseaux, le silence régnait en maître. Toujours dans la délicatesse, je me redressais encore et complètement, cette fois. À présent assise, je ramenais lentement mes jambes vers moi alors qu'elles étaient allongées tout près de Lui. Je plantais mes yeux dans les siens, cherchant un indice. Je mis peu de temps à comprendre. Son regard était le même. Il restait des résidus de sang sur le bord de ses lèvres. Avec mes bras, je serrais mes jambes contre ma poitrine sans briser le contact oculaire. Un frisson me parcourut de nouveau l'échine. J'aurais aimé me tenir à des kilomètres de là, honteuse comme jamais. « Quelle créature es-tu ? » Je me cachais presque derrière mes genoux. J'étais tellement faible que même la brise parvenait à me faire tanguer. Comment pouvais-je réagir ? Qui s'était déjà retrouvé dans une situation similaire ? Je ne pouvais qu'assumer mes confidences. Je n'avais nulle part où fuir, ni d'endroit où me rendre, je ne pouvais que faire face à ce moment délicat.
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Message Sujet: Re: Somersault ☾ Ciaran. Ven 3 Nov - 20:15

Alors qu’il veillait sur son visage endormi, il crut apercevoir le fantôme de Macha.
Un vieux souvenir, un amour qu’il n’avait pas oublié malgré sa disparition et les années qui les distançaient d’aujourd’hui. Il ne la revit pas sourire, ni même l’embrasser avec une rare tendresse le jour de leur mariage, et encore moins ces petites têtes brunes qui la suivaient partout, après avoir été pendant une bonne année greffés à ses bras. Aussi étrange que cela puisse paraître, Ciaran vit noir, vit peine, et c’est un départ qu’il redécouvrit, un départ déchirant et prématuré. Comme tous les autres.
Il la revoyait s’en aller, yeux clos et teint blême, lèvres sèches et glacées. Et il ne voulait pas qu’elle s’en aille à nouveau.
L’irlandais s’approcha un peu, n’osant pour l’instant la toucher - elle était en train de s’éveiller, semblant à peine jauger ses capacités. Mais sa facette de soignant allait à nouveau dompter ses craintes profondes. Combien de fois avait-il songé à disparaître, lui aussi ? Et combien de fois avait-il préféré vivre plutôt que de se laisser à ce manteau d’ombre ? Ciaran avait toujours profondément aimé la vie, peu important les blessures qu’elle pouvait lui offrir à collectionner. Ce cadeau était inestimable. C’est aussi pour cette raison qu’il s’était appliqué à la préserver.

Ses mains reviennent à son visage et le soignant se tut, se mordant alors l’intérieur de la joue. L’essence bienveillante qui émanait de lui et de ses prunelles sombres restait inchangée, mais le contact visuel fut de courte durée — elle perdit l’équilibre et se laissa retourner dos contre terre. Ciaran en grimaça un peu mais évalua la chose autrement, préférant rester à sa place et prenant son mal en patience. Il ne pouvait pas prendre le risque de la brusquer, encore une fois. Il fut aussi étonné qu’elle n’ait pas comprit plus tôt — serait-il vraiment possible qu’elle ne sache pas ce qu’est un familier ? Était-elle donc novice à ce point en tant que sorcière ? Il n’était pas franchement habitué à se présenter à des sorciers, même s’il avait dû en rencontrer un certain nombre par le passé, ne serait-ce que pour sa chasse à l’élu. Une chasse interminable qui n’avait jusqu’alors jamais porté ses fruits. Échec sur échec, et c’était la meilleure façon de creuser le vide qui était déjà installé en lui.

Elle regarde le ciel et pendant quelques secondes qui couvraient ces minutes de silence et de recentrage, il avait lui aussi levé les yeux dans cette direction, gonflant ses vieux poumons. L’irlandais osa toutefois bouger un peu, lorsqu’elle prit la parole, s’étonnant presque du timbre de sa voix lorsqu’elle n’était plus retranscrite dans ses hautes sphères psychiques. « Il… Il y avait un renard… Juste là… » et il s’était approché lentement, précautionneusement, jusqu’à ce qu’il soit stoppé par l’élan de la jeune femme pour se redresser. Aussitôt, (et sans craindre réellement de contrecoup violent à son égard), il l’aida à se remettre droite, mais surtout à se tenir ainsi sans se servir démesurément dans ses dernières réserves d’énergie. Il entendait son coeur battre comme s’il était contre lui. « Je sais, » glisse t-il à mi-voix, fuyant ses yeux fatigués et quelque peu hagards. Elle se redressa un peu plus et cala ses cuisses contre elle, les enserrant de ses bras. Le signal pour lui d’ôter cette main qui s’était posée sur son trapèze en soutien.

L’infirmier allait lui demander comment elle se sentait, mais elle le devança — il ne comprit pas lui-même pourquoi ce simili-silence s’imposait autant entre eux, lui qui avait toujours été connu pour avoir la langue bien pendue, inconnu ou non. Les yeux de l’étrangère, il les sentit sur lui — à tel point qu’il ne put les fuir bien longtemps. Le fantôme plane toujours. Ses mots le percutèrent. « Quelle créature es-tu ? » est-ce que Macha aurait ainsi réagi, si elle avait su ? Ciaran croit, dans cette illusion, voir ce souvenir qui n’a jamais existé. Le fait qu’elle le tutoie ne le dérange pas, pour la simple et bonne raison qu’elle le faisait déjà lorsqu’il n’était encore qu’une masse au pelage enflammé. Néanmoins… ce n’est pas le cas de la question en elle-même, qu’il prend presque à contresens, et qui le blesse. Et c’est cette pique qui lui fait à nouveau fuir son regard pour deux misérables secondes. « Euh… pas un monstre ? » lui répond t-il d’une voix claire et posée. Pour beaucoup de chasseurs, il était aussi monstrueux qu’une sorcière, qu’un vampire, qu’un wendigo. Et la formulation qu’elle avait employé lui renvoyait à ça, assurément.

Il relève à nouveau le nez dans sa direction et l’affronte. « Je m’appelle Ciaran. » oui, il portait un prénom, une identité, comme tout humain qui se respecte. Une créature était aussi quelqu’un, et c’était peut-être ça qui l’avait froissé.
« Comment tu te sens ? » enchaîne t-il aussitôt, faisant fi de la question en la voyant aussi fébrile, là, tanguant alors qu’elle possédait des appuis certains. Il n’apprécia pas et reposa sa main là où il l’avait laissée quelques temps plus tôt, pour l’aider à ne pas s’écrouler à nouveau. Elle était fort pâle et ce n’était pas étonnant. « Tu ferais mieux de ne pas bouger. Tu as fait un malaise. Rien de grave. » lui assure t-il, appuyant son regard. La passation de facette avait été faite, le soignant déployait ses ailes. « Détends un peu tes jambes. » en déposant son autre main proche de l’articulation de son genou, pour l’encourager à accéder à sa requête. « C’est pour te reposer, que le sang circule. Il ne va rien t’arriver, c’est promis. » et accompagna ses mots d’un sourire qui se voulait rassurant — un sourire qui en avait déjà rassuré plus d’un, marié à cette voix et à cette gestuelle respectueuse et délicate. « Si ça peut te rassurer, je suis infirmier. », glisse t-il à la sorcière qui relâcha un peu la tension. Il l’aida à détendre ses jambes en douceur et les étendre sur leur longueur. « C’est très bien, » en hochant la tête, ce sourire toujours accroché à ses lèvres marquées de rouge séché.  (Il n’a toujours pas réalisé.)
Sauf qu’elle ne tenait que sur un fil et il était forcé à garder une main - maintenant un bras - derrière son dos, en appui et soutien. Il aurait préféré l’avoir coincée au coin de son épaule, comme tout à l’heure, ne serait-ce que pour détendre tous les muscles.

Toujours genoux contre terre, il tenait en place et guettait le moindre mot, le moindre geste, le moindre indice qui pouvait émaner de l’écossaise. « Pas d’hypotension artérielle ? » et jaugea sa réaction. Ça devait être l’accumulation. Ses confidences l’avaient assez informé — mais il avait toujours peur que quelque chose d’autre leur tombe dessus. À ignorer ses antécédents, il n’était jamais à l’abri de mauvaises surprises. « Peu importe, » en balayant d’un geste de la tête sa remarque, plus pour lui-même qu’autre chose. « J’ai vu quelques baies là-bas, ça pourrait te remonter un peu. J’ai rien de mieux à te proposer, je crois… » en désignant du menton la direction dite, l’air un peu désolé. En effet oui, mais elles étaient encore assez loin, et il ne se voyait pas la laisser là seule pour l’instant. Et il ne voulait pas la forcer à l’avoir dans ses bras.

Pour autant, il répondit enfin à la question qu’elle lui avait posé, plus en détail.

« Je suis un familier. Petit sourire en coin. Je pensais que tu aurais su… ce que j’étais. » et c’était vrai. Si initialement l’idée de se transformer n’était pas envisageable, la communication surnaturelle qui s’était établie avec la jeune femme avait témoigné d’un lien manifeste avec l’étrange. Une sorcière aurait dû savoir, selon lui. Les exceptions existaient. Comme lui pouvait en être une, très certainement. La culpabilité vint pointer le bout de son nez, comme à l’accoutumée. « Je ne voulais pas te faire peur. Et je ne voulais pas te laisser en si mauvais état. Excuse-moi. » Son combat intérieur exposé en quelques mots, le paradoxe sous son état naturel.


but something kept me standing by that hospital bed. I should have quit but instead, I took care of you. you made me sleep and uneven and I didn't believe them — when they told me that there was no saving you

Ça glapit en #B7950B !
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Somersault ☾ Ciaran.

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