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« like fuel to fire (nanshe) »

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Youri Sojka ∞ Civil
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Age : 35 ans

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Civil
Statut du rp

sujet privé; ft. Nanshe

type ❖ Flashback

date ❖ 23 décembre 2015 au soir

informations spatio-temporelles ❖ dans la maison familiale des Sojka-Wiedermann, Detroit. Il pleut. Ça valait le coup de partir de Chicago tiens…

intervention du MJ ❖ pas nécessaire

Autre ❖ it's a trap.

© HELLOPAINFUL; revisité par SHADOW






LIKE FUEL TO FIRE


Klopf, klopf, lass mich rein
Toc, toc, laisse-moi entrer
Lass mich dein Geheimnis sein
Laisse-moi être ton secret




Je ne sais plus où tout ça a commencé.

Ça doit faire de longues - et interminables - secondes que je suis là à fixer cette escalope à la crème, que je pique de temps à autre avec la pointe de mon couteau. Au gré des paroles qui fusent dans mon champ auditif, le couvert s’infiltre un peu plus profondément dans sa chair de craie. À chaque fois qu’il daignait prendre la parole, il est vrai. J’avais un mal fou à le supporter. Chaque année un peu plus. Ma place n’était pas ici, quoiqu’en dise ma cadette.
Ma colonne vertébrale était coincée contre le dossier de mon siège. L’une de mes mains avait ledit couvert entre les doigts, l’autre reposait sur ma cuisse. Et là, à ma gauche, il y avait elle. Nanshe. Combien de temps ça faisait ? On ne s’était pas vu depuis des mois. Et ce soir, elle était là, actrice principale dans cette mascarade.

Je la devinais sans la regarder, pour l’avoir contemplée pendant des heures. Je savais aussi que le plat qu’on lui présentait ne la ragouterait pas forcément, elle qui était plutôt friande de produits de la mer. Est-ce qu’elle serait la seule à s’en plaindre ? Non.

Natascha finit par remarquer mon absence et relance sur un autre sujet, sentant l’ambiance s’alourdir par mon seul silence. Ça ne dure pas longtemps.

Je crois que je n’ai pas faim.

« Oh, et sinon, vous faites quelque chose dans la vie ? » demande Friedrich à notre invitée, fronçant un peu les sourcils pour avoir l’air de s’intéresser. Je ne consent pas à regarder tout de suite la concernée. En fait, je me contente de garder mon attention sur ce bout de viande que je malmène, sans le chasser jusque dans mon estomac.
Bien sûr qu’elle fait quelque chose dans sa vie, trou du cul. La bienséance (ou l’ennui profond ?) pouvait bien m’arracher de longs silences, ce n’était pas le cas de mon for intérieur. Tout l’intérêt d’un masque.

Dès qu’il est là, ça ne va jamais. Il ajoute.

« Tiens en parlant de boulot, y en a un qu’on attend toujours de voir sergent. » Toujours un mot pour son « fils chéri ». (Sa voix sourit.) J’avais toujours refusé les promotions. J’avais toujours refusé l’insigne. Sans lever les yeux de mon scalp de dinde, je rectifiai avec ce flegme indéfectible. « Que tu attends de voir sergent. » Histoire d’essayer de renouer. Ou d’avoir une fierté mal placée. À moins qu’il ne veuille tout simplement se rapprocher à nouveau de ma mère. Je penche pour la dernière option. Drôle d’idée.

(Je crois que je lui en veux.  

À elle.)

« Depuis le temps qu’on attendait de vous avoir autour de notre table ! » bah voyons, voilà la mère qui s’y met. Comme si elle allait y gagner quelque chose à croiser son auriculaire sous celui de ce pauvre type. C’est pas comme ça qu’on aura plus l’air d’être une famille. Et ses prières au petit jésus n’en feront rien non plus, leur couple était brisé depuis des années. Par sa faute. (Pas la mienne.) Elle avait menti.

Depuis le temps… ils pensent tous qu’il s’agit d’Amy. Le prénom qui est sorti dans une conversation avec Nat et qui est évidemment parvenu aux oreilles de ces deux diables. Je préfère que le quiproquo reste ainsi, pour le salut de tous. Je n’aurais pas la patience d’essayer de recoudre un nouveau masque après ça.

(Juste un peu.)

Tout ça m’emmerdait sec.

J’ai envie de m’en griller une.

D'aller torcher ce type dont elle m'a vaguement parlé.

Et de faire évoluer mon petit dernier…

En Aquali.


Flashback a écrit:
« Qu'est-ce qui te fait rire ? » demandai-je à la jeune femme qui s’était brusquement mise à rire aux éclats. Il y a des fois où je ne la comprends plus. Son comportement enfantin doit faire partie de cet étrange avec lequel j’essaie vainement de composer. Tant qu’elle ne me rappelle pas trop les gosses et qu’elle garde une certaine présence, je ne m’en plaindrais pas. Je la fixe, mes traits figés dans une inexpressivité naturelle, presque naïve. Il y a un cadavre à nos pieds. Est-ce que c’est lui qui lui donne ainsi le sourire ? Ou moi ? J’en sais trop rien. Toujours est-il que je la laisse se rapprocher, l’enlace, et jetai finalement un coup d’œil nonchalant vers le sol. Sa fin était certes misérable, mais il l’avait amplement mérité.
Je n’avais encore jamais vu quelqu’un rire à cause d’un macchabée.
Remarquez, j’aurais pas été le premier à avoir l’idée.


Il pleut dehors. J’ai un souvenir ancré qui s’y rattache, lointain et gris. Je ne veux pas y repenser. Pour transférer, je me concentre sur le léger poids qui fait tendre ma ceinture sur ma hanche droite. Mon SIG-Sauer s’y repose.
Et là, j’entends sa voix dans ma tête. Un coup d’œil en biais. Le mensonge éclate à nouveau à la surface — et lui souris.

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I hope I can sleep straight through madness
but I can't even tell when I'm sleeping anymore

…d'odieux mensonges sont prononcés en #8A7799

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Nanshe ∞ Pagan Deity
Voir le profil de l'utilisateur http://solemnhour.forumactif.org/t1003-imagine-all-the-people-sharing-all-the-world-nanshe Jeu 21 Sep - 17:04
Pour livrer les puissants aux faibles, Nanshe scrute le coeur des gens.

Age : Lancez un dés et multipliez par deux mille

Métier : Déesse sumérienne de la justice sociale, des prophéties et de la pêche

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Like fuel to fire
Youri Sokja & Nanshe



Il est à bout, c'est si facile à sentir. Je n'ai même pas besoin de forcer sur mes pouvoirs. Un aura d'énervement flotte autour de lui et seule une action brutale lui permettra de ne pas s'y noyer. Mais après tout, ne suis-je pas là pour lui en offrir une ?

Cela fait longtemps que je n'avais pas pris la peine d'assister à un repas de noël, le dernier devait dater d'il y a plus d'un siècle. Et pourtant je joue mon rôle à merveille. Dos droit, sourire charmant, maquillage léger et petite robe. Il faut dire que la scène qui se déroule face à moi n'est pas en reste. Une famille réunie, une nappe blanche, l'escalope traditionnelle trop cuite succédant aux feuilletés franchement brûlés, la tension et les rancunes, vin blanc et vin rouge. Mon regard se porte sur la crèche reconstituée au bout de la petite pièce. J'hésite à faire un clin d’œil à Jésus dans son berceau par pure provocation. Ne serait-ce que pour appuyer le blasphème que constitue ma présence à cette table.

Mon attention se reporte sur le père quand il m'interroge. Un travail ? Une simple question qui semble en sous-entendre tellement d'autre. Essaierait-il de me jauger à ma carrière, à moins que ça ne soit celle de son fils qui ne soit jugée ici. Il le déteste mais ne se l'avoue pas, et ça aussi je le sens.

La mère essaie de rattraper la conversation par une remarque gentille. Je lui souri et enchaîne.
« Je travaille dans le social. Je défend les droits de ceux qu'ils ne peuvent pas le faire.
- Et c'est intéressant ? »
Elle semble se raccrocher à moi, espérant probablement un peu plus de tact de ma part que de celles des hommes.
« C'est parfois étrange, très souvent on est obligé de faire valoir la force pour que justice soit faite mais on sent toujours plus vivant quand on y arrive.
- Vous travaillez avec le service du procureur, quelque chose comme ça ?
- Quelque chose comme ça oui. »
J'échange un regard avec le père qui ne parle plus, je vois que le concept de travail social lui échappe totalement. Il se demande si je suis bonne pour son fils ou si au contraire je risque de le rendre plus dérangé et dérangeant qu'il ne l'ait déjà. Je laisse un sourire qui se vaut poli mais que Youri sait dangereux s'étaler sur mes lèvres. « Et c'est d'ailleurs en partie grâce à ce métier qu'on s'est rencontré ». J'imite le geste de la mère et prends sa main qu'il avait sagement laissé sur sa cuisse. À moins que ça ne soit pour dégainer plus rapidement son Sig ? Je sens toute son exaspération et son esprit qui s'est égaré dans des bribes de mémoires. Par ce simple geste, je sais que n'améliore rien mais ce contacte me permet de mieux voir ses pensées. Tandis que le repas et mes réponses continuent sur ce qui sert d'instance de justice à ce pays, je laisse la moitié de mon esprit rejoindre ses souvenirs.

Flashback a écrit:
C'est sa première prière et si ça n'est pas son premier meurtre, celui là m'est adressé. Il ne ressent pas le soulagement habituel de mes fidèles dont les émotions sont miennes. Son indifférences est à peine brouillée. Peut-être un peu étonnée mais rien de plus. Tout est différent avec lui. Et pourtant sa foi est vraie et le sacrifié à nos pieds en est la preuve. Je me demande un instant comment un être aussi mort peut croire en moi. Est-ce parce que je devrait être morte moi-aussi ?
Je m'étire le cou et fait rouler mes épaules de plaisir, un rire m'échappe. Il est toujours grisant de sentir mes vieux pouvoirs revenir en particulier après un sacrifice sanglant. La dernière bribe d'âme de cet informaticien spéculateur de fond public s'échappe de son corps. Les vingt-huit années de notre victime s'arrêtent. Les bras de Youri s'enroulent autour de ma taille et je décide que ce soir, nous allons essayer quelque chose de différent. « C'est fini, j'espère que tu ne t'attendais pas à des explosions ou à des paillettes » résonne ma voix dans sa tête. Il s'éloigne un peu ne s'attendant pas à ce que je m'adresse à lui de cette manière. C'est parfois douloureux pour lui mais j'aime ne pas utiliser ma bouche. Ce silence communicant me rappel la mer. Je l'embrasse et ses lèvres m'apprennent que tout au fond de lui, il aimerait bien allumer une clope.

La mère a continué de parler et j'ai subitement envie de lui décrire à quoi ressemblaient les messes de noël il y a deux mille ans. Les textes récités en secret, les chants étranges, la peur des romains. Personne n'aurait oser à l'époque aborder un seul sujet de la vie quotidienne. Le sacré restait sacré et la vie restait profane et ennuyante.

Elle se tourne vers son fils qui a du manger un tiers de son escalope. Il a un vrai problème avec la nourriture, peut-être parce que c'est sa mère qui cuisinait pour lui. Elle se met à parler avant que je ne me rappelle le jour où j'ai embrassé Sigmund Freud. « La prochaine fois hésite moins longtemps à nous présenter une fille si charmante ».

Elle exagère et l'agacement de Youri commence à déteindre sur moi. Je suis d'une banalité flagrante depuis le début du repas, trop occupée à regarder ces gens qui tentent de jouer la famille parfaite. Allumant deux, trois étincelles de pouvoirs, il entend ma voix sarcastique sans que je n'ai eu besoin de bouger les lèvres « C'est vrai ça chéri, pourquoi ne pas avoir présenté plus tôt à ta famille catholique, la déesse à qui tu fais des sacrifices et bien d'autre chose. Elle est pourtant si charmante ». Mon ton change et mon regard se porte sur Friedrich « Je crois qu'il ne m'aime pas. Et moi qui pensait que nous n'avions que peu de points communs ».

« Et vous ? » La question s'adresse au couple mais mes yeux sont dirigés vers le père. Ma main caresse celle celle de Youri. « Je me suis toujours demandé dans quelles circonstances tes parents se sont rencontrés pour réussir à faire un homme comme toi ».
Ma fourchette se plante dans la viande qui accuse péniblement le coup quand j'appuie sur le mot parent. Mon sourire radieux ne me lâche pas. Je pense avoir tiré le bon fil pour que la vérité perce ce soir encore, comme je sais qu'elle l'a fait il y a vingt ans. Youri m'en voudra t-il si je force un peu les choses ? Non, lui aussi n'attends que ça. Les mensonges ont assez duré.
electric bird.

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Youri Sojka ∞ Civil
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Défense des droits…
…de ceux qui ne peuvent pas le faire.
Étrange.
La forcejustice
…soit faite.
plus vivant.

Mon esprit enregistre chacun de ces mots enrobés d’or et de vérité. Elle ne prend même pas la peine de mentir de façon grossière. (Le contraire m’aurait étonné.) Et tout ça m’avait parlé, même capté en vol. Toute l’essence de nos activités résumée en quelques termes banalisés. Muré dans mon silence retrouvé, je suis finalement forcé à accepter ce contact qu’elle m’offre. Si dans une autre situation je n’aurais pas fait barrage, il y a ce soir une amertume manifeste qui filait mon entité. Un venin qui n’allait pas être dirigé directement sur elle mais bel et bien sur les autres. Sa paume couvre cette extrémité qui s’est refroidie depuis presque une heure. L’inactivité, la contrariété. Deux éléments indispensables. Elle poursuit sur sa lancée et m’embourbe tant dans mes pensées que dans mon mutisme — et embarrassant pour quelques personnages de la tablée.

Flashback a écrit:
Lorsque sa voix perce le seuil de mes haute-sphères psychiques, je ne peux réprimer un léger mouvement de recul. (Je ne la lâche pas.) Je l’éclaire naturellement sur ma façon de percevoir la chose, qui n’est pas la plus agréable qui soit. Non seulement je ne m’y attendais pas, mais je n’avais pas particulièrement apprécié l’expérience renouvelée. J’avais encore beaucoup trop de mal avec cette facette de mon don, qui suffisait à m’éreinter moralement par son utilisation. C’est fini, j’espère que tu ne t’attendais pas à des explosions ou à des paillettes. Ce à quoi je ne souris même pas. (Elle sait ce que je suis.) Si ça avait été le cas, j’aurais presque préféré jouer à Final Fantasy : au moins j’aurais été certain d’accéder à une telle requête. Je préférais le concret au fantasme.
Elle me taquine mais je crois savoir qu’elle est bienheureuse d’avoir pu sceller de manière concrète notre alliance. En guise de réponse, je secoue presque imperceptiblement la tête. Puis la laisse s’approcher à nouveau. Je ne cherche pas à briser le silence — j’ai compris qu’elle s’en délectait autant que moi.
La justice aveugle et muette savait porter l’épée.

Natascha va chercher mon pied pour attirer mon attention, et me propose de me resservir en vin. Encore une façon d’essayer de me faire penser à autre chose. J’aurais pu l’en remercier mais je n’eus pas cette présence d’esprit, ni même l’once d’une envie. Pour autant je ne refusais pas d’être ravitaillé en rouge et répondis à sa demande sans mot dire. Je trouvai enfin une bonne raison de laisser mon couteau reposer contre le rebord de mon assiette encore garnie. La coupe à mes lèvres, c’est là où ma mère trouva bon de faire une remarque. « La prochaine fois hésite moins longtemps à nous présenter une fille si charmante. » paroles qui m’incitèrent à descendre l’entièreté de mon verre, chose que je n’avais pas eu l’intention de faire avant d’être à nouveau piqué. La main qui était toujours sous celle de la déesse se crispe un peu plus sur ma cuisse. (J’ignore comment j’ai réussi à gagner autant de self control, moi qui suis le plus instable dans cette assemblée.)  

Ça faisait effectivement une dizaine d’années, si ce n’est plus, que j’étais sensé partager ma « vie » avec Amy. Celle qui portait vraiment ce prénom était toujours là, tapie dans mes pensées. J’ignore où elle se trouve actuellement. Sans doute sur Chicago à passer du bon temps avec Calypso.

L’instant précis où Nanshe s’immisça dans mon esprit, soufflant de nouvelles vérités. J’avais glissé mon regard jusqu’à son visage, avais même simulé un sourire - et qui parut soudain moins équilibré. Faire fi des remarques ? Du reste ? Impossible. Je la laisse parler, elle est bien plus douée que moi en la matière. Notre proximité me permet néanmoins de faciliter le contact télépathique. Mes yeux clairs couraient sur ses traits tandis que je m’essayai à cet exercice qui avait pourtant le don de m’user - littéralement. Il détestera tout ce qui gravite autour de moi. Et c’était réciproque. Le fait est que nous étions tous aussi autour de cette table ce soir. Et en ce qui concerne nos points communs… j’en avais déjà trouvé un autre, n’en déplaise à mademoiselle.

Au même moment, et de par mon silence qui semblât la frustrer, Wanda revint à la charge.  Quoi de mieux que faire diversion pour recentrer le dialogue sur autre chose ? « Tu ne manges pas ? » De fait, ça faisait bien dix bonnes minutes que je n’y avais pas touché, si ce n’est plus. « J’ai l’air de manger, là ? » Ou est-ce que j’avais l’air d’avoir quelque chose à foutre de tout ce baratin bienséant — ou même de cette graille ? Certaines expressions comme celles-ci inspiraient chez moi à la fois incompréhension et agacement. Mon atypie (une anomalie) était telle que des sornettes aussi banales que crétines renforçaient ma misanthropie mordante. Cette essence même était dissimulée depuis des années aux côtés de mes « proches », bien décidé à survivre sans devoir être prit au piège du groupe, de la société.
Ce soir, j’étais seulement un homme en colère, un enfant blessé qui n’avait jamais réussi à panser cette plaie béante. Trop de haine à déverser…

Nat me ressert timidement un autre verre. Je la regarde. Lui sourit faiblement — effort qui lima à nouveau mon cœur au bord de la transformation.
Et puis Nanshe brisa toutes mes chaînes. D’un coup, comme elle savait si bien le faire.
Ma main se renverse presque aussitôt — et attrape son poignet ; coupant court à ce mouvement qu’elle avait très certainement envisagé au vu des circonstances. Elle était bien trop clairvoyante pour ne pas avoir vu. Après tout, si elle était là, c’est parce qu’elle l’avait bien voulu.

Wanda commence à baragouiner des explications, tout sourire.

Mes perles azuréennes se figent alors, tout comme l’expression haineuse qui griffe soudainement mes traits. En réalité, il n’y a que ces perles qui crient. A question of time, comme dirait ce cher Martin Gore.

Alors je crache mon venin, comme une évidence. Le disque est rayé et à chaque fois que je le vois, c’est la même chose. Mon for intérieur me l’hurle sans détours. Ce soir, elle franchit la barrière de mes lèvres.
« C’est pas mon père. » « Youri !… » « Ça va Wanda, laisse-le. » C’était pourtant le père à Natascha. Mais là n’était pas la question. J’avais raison. Et ces deux-là continuaient à m’injecter leur amertume au fil des années, et ce depuis que j’ai eu l’audace de mettre à plat la vérité, aussi dégoûtante puisse t-elle être. « Il fera jamais d’efforts de toute façon. » ajoute t-il, toujours en allemand, faisant mine de garder son sang-froid. (Il pense certainement que je ne vais pas aller plus loin qu’autrefois.)
« Va te faire foutre ! » Là, je me lève d’un bond, ma main toujours enserrée autour du poignet de Nanshe — un point d’ancrage nécessaire. Mes yeux clairs vont se visser dans ceux que je déteste tant, le foudroient. Il se fait violence pour ne pas perdre la tête face à moi, mais surtout devant l’invitée. La différence notable, dans tous les scénarios qui ont pu voir le jour, c’est elle. Serais-je accompagné d’une autre anomalie ?

« Pour faire un homme comme lui ? Une bonne dose de colère et de connerie. », ose placer Friedrich, en anglais cette fois-ci. Il a même esquissé un sourire crispé, à l’attention de la jeune femme. Dans son esprit, Amy n’a pas connaissance de notre si belle langue. « Le pardon j’le laisse à votre putain de Dieu. » Le pardon est divin. L’erreur est humaine. Les remords aussi. Et je n’en ai pas.
Je pointe leur foi du doigt et presque aussitôt, le « couple » se transforme de manière exponentielle. Friedrich fulmine mais parvient encore à glisser à Nanshe… « Si vous ne le connaissiez pas vraiment, maintenant vous savez ce que vous risquez… » (Et il n’a pas idée.) Puis de ma mère à moi, empiétant sur sa phrase. « Youri, tu sais bien que ce n’est pas- -… » « Va lécher le cul de ta vierge au lieu de chialer. » contrecarrai-je aussitôt, las et agacé. J’avais atteint le point de non-retour : partir était la seule issue après ça.

Si Nanshe s’y perd, elle serait capable de saisir à quel point mes limites sont floues. Si facilement bafouables. Que le SIG est une option à laquelle j’ai déjà songé, et ce n’est pas là une « bonne chose » pour le commun des mortels… je crois. L’était-ce pour elle ? Est-ce qu’un homme ici mériterait d’avoir une balle entre les deux yeux ce soir ?

Friedrich rajoute quelque chose mais je parviens à en faire abstraction, sans savoir comment. « J’espère qu’on se reverra en Enfer, vieux con. » Le fantôme de la colère - la seule émotion susceptible de me faucher de manière générale - grandit encore, l’aura lézardant jusqu’aux murs. Et qui dit colère dit perte de contrôle. Nat a les larmes aux yeux - je les devine sans les voir. Elle est pétrifiée, son regard courant sur les différents protagonistes. (Elle a encore le souvenir de ce soir-là, alors qu’elle n’avait encore que sept ans.) Ma mère, elle, semble être inquiète de la prise que je fais supporter à Amy. « Excusez-le… Youri… » fait-elle à l’encontre de ma compagne, puis m’intime de la lâcher. Comme si mon comportement n’était rien qu’une bavure exceptionnelle. Que j’étais une erreur tout juste bonne à enchaîner les impairs. Que j'étais le danger.
Non, je n'étais que le symptôme de toute cette crasse entassée depuis des années. De tous ces secrets et frustrations. Et plus encore.

J’étais mort.

…comme leur Dieu de pacotille.



Wenn ich in deine Seele tauche
Si je plonge dans ton âme
Und dich für meine Lust gebrauche
Et t'utilise pour mon bon plaisir
Dann werd ich deine Sinne blenden
Alors, j'aveuglerai tes sens
Das Spiel kannst nur du selbst beenden
Tu pourras alors terminer le jeu toi-même

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Nanshe ∞ Pagan Deity
Voir le profil de l'utilisateur http://solemnhour.forumactif.org/t1003-imagine-all-the-people-sharing-all-the-world-nanshe Lun 2 Oct - 12:53
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Youri Sokja & Nanshe









Je ne sais pas si je dois crier déjà ou enfin. Youri n'a pas tenu une heure mais depuis combien de temps rêve-t-il de rendre libre son venin ? Combien d'années s'étaient écoulées depuis la dernière fois où la vérité avait fait trembler sa voix ainsi ?
Et cette fois j'en porte la responsabilité. Ma voix rend son esprit confus. Ma présence à cette assemblée constitue un interdit. Je décuple leurs sentiments à tous. Je le perds entre nos souvenirs et sa haine.

Flashback a écrit:

Il ne comprends pas ma joie. Le bonheur qu'il y a dans le fait de revivre, de ressentir sa puissance revenir. Peut-être même ne comprend t-il pas la joie simplement ? Pourtant il tire une forme de soulagement dans les sacrifices qu'il m'adresse. À défaut d'en être la raison, je suis la source et la légitimité de sa colère. Tant pis pour la joie, après tout ce soir peut-être pouvons-nous nous contenter du plaisir.
Mon corps se cabre sur le sien mais avant qu'il ne puisse aller plus loin, ma main enserre sa mâchoire. Mes deux yeux rieurs le fixent, sachant que dans une minute, ils seront mille. « Je t'ai parlé de ma forme originelle, ne panique pas ». Je sais qu'il ne le fera pas, même quand il perd son sang-froid, Youri ne panique pas. Et puis, n'est-ce pas lui qui a dit qu'il s'ennuyait ? Je deviens plus froide et lisse. Plus longue et grise. Ma forme glisse sur le lit et se superpose à son corps. Il frisonne au contact des écailles. D'un mouvement sûr je m'enroule autours de lui. Il ne résiste pas face à mes ondulations. Mes mots clairs de plaisir s'infiltre dans son esprit. « Prieras-tu encore pour moi Youri ? ».

En face de moi, muette, Natasha bouge à peine, seule sa main se tend pour atteindre son verre de vin. Ses yeux supplient que tout ça se finisse au plus vite. J'y vois aussi un peu de honte, causée par ma présence probablement. Oh tu n'a pas être désolée, votre invitée a des goûts particuliers en matière de spectacle.
Chaque commentaires qu'omet ses parents, pousse Youri vers le précipice qu'est sa libération. Il détestera tout ce qui gravite autour de moi. « Il veux que tu ressente la tristesse et la solitude dans laquelle tu l'a plongé ». Ma voix répond à ses pensées alors qu'elles ne sont à peine formulées. Tout ça va trop vite pour lui, je sens sa confusion augmenter. Et je ne peux m’empêcher de ressentir une vague de plaisir. La raison ne l'aidera pas mais moi oui. « Mais cette tristesse tu n'en veux pas ». Ça n'est même pas une question, ce qu'il veut c'est sa revanche sur eux, là, maintenant.
La mère tente encore de sauver les meubles. Elle accuse la réponse sèche à sa question niaise. Son esprits s'échauffe en essayant de trouver un moyen, une phrase qui pourrait atteindre son fils. Mais elle n'y arrivera pas.
Ma main frôle un peu plus la sienne. Je lâche le dernier fil qui le retient. Et c'est à présent la sienne qui enserre mon poignet. Je vois son visage se déformer. Le silence s'achève. La tempête est là.

« C'est pas mon père.
- Youri … !
- Ça va Wanda laisse-le ». Le père feint pendant huit secondes la lassitude. Comme s'il en avait fini avec tout ça. Comme si la vérité qui détruisait sa réalité de mensonge ne l’atteignait pas. Comme si l'allemand n'était pas un moyen pour lui de reprendre l'ascendant sur ce jeune-homme, de les replacer dans le cadre d'une famille, et lui dans celui de la figure d'autorité. « Il fera jamais d'effort de toute façon. ».
« Va te faire foutre ! ». Les huit secondes sont terminées.
Friedrich se retourne brutalement vers moi et réponds enfin à ma question. Ses traits sont tirés, sa bouche arrive à peine à contenir toute la colère qu'il ressent. « Pour faire un homme comme lui ? Une bonne dose de colère et de connerie ». Il crache sa phrase dans un anglais rugueux. Le mépris s'étale sur la table à côté de l'escalope. Et voilà qu'il se mêle de ce qui croit être notre couple. Essaie-t-il vraiment de mettre en garde la pauvre Amy ?
Pour peu, je sifflerai bien d'admiration devant les blasphèmes de Youri. J'imagine que me côtoyer a dû augmenter son vocabulaire en bondieuserie.
Je croise le regard de la mère qui s'attarde quelques seconde de trop sur la prise de son fils sur mon poignet. Que croient-ils ? Qu'il se montre violent avec moi ? Oh Eniki, s'ils savaient …

Elle lui en veut à présent. Derrière ses airs désespérés, une vraie colère de femme perce. Elle en veut à ce fils d'étaler encore une fois sa honte. De rappeler son adultère devant une étrangère. Une femme qu'elle imagine fidèle soit une personne qui aurait toutes les cartes en main pour la juger.
« Mais ça n'est pas votre connerie Friedrich, n'est-ce pas ? » Ma question est d'une impolitesse rare, annoncer directement ce que tous essaie de retenir. Ma voix calme tranche avec les cris qu'ils lui ont succédé. Natasha manque de s'étouffer avec son vin. Ses deux yeux éberlués me braquent. Elle ne s'attendait pas à ce que je participe. Je ne joue plus l'invité polie. Ils se demandaient si je serai juge ou arbitre de leur histoire. Mais je ne suis pas là pour les arrêter, bien au contraire.
Un sourcil arqué et des lèvres entrouvertes accueillent ma question. L'indignation règne bientôt en maître sur le visage du père. C'est cette vérité crue qui au fond l'insupporte. Il veut tous nous faire taire. Il n'en peut plus de cette tension qui mine sa famille depuis vingt ans. Il veut que l'évidence redevienne un secret. Que ce qui avait été son gamin, n'eut jamais parlé. Sa colère est telle qu'elle camoufle ma légère intrusion dans son esprit. Et tout au fond, cachées par des couches de raison, d'orgueil et de quotidiens, j'entends les mêmes questions que se pose les hommes depuis des millénaires : ai-je été trop faible ? Pas assez viril ou aimant ? Pourquoi a-t-elle regardé un autre ?
Il sait que dans cette histoire, il n'est qu'un spectateur. Il n'est que le témoin son propre désastre. Oh certes, après il a fait jouer colère, éclat et divorce mais à chaque fois que l'histoire réapparaît ceux sont les mêmes sentiments qui grignote son être : honte et impuissance.

Pour tous, honte, - elle déteste devoir assister à ce gâchis encore une fois et l'autre tombe sous les remords quand on lui rappel ce qu'elle a fait – et impuissance, face à son groupe qui l'exclue encore une fois et face à un fils devenu plus fort qu'elle.
Et toi aussi Youri tu n'es pas en reste.

Je vois l'idée qui traverse son regard, sa paume n'a pas oublié le contact froid du Sig. Je ne sais pas ce qu'il l'emporterait s'il sortait son arme, soulagement ou regret ? Joie ou dégoût ? Ma voix froide se permet de lui rappeler une évidence et sa tête souffre de l'entendre. « Youri, tue le si c'est ce que  tu souhaite. Je t'aiderai même à cacher le corps si besoin. Mais celui-là n'est pas un tyran, ça n'est qu'un menteur qui n'a jamais réussi à t'aimer comme sa femme l'aurait voulu. C'est la foule que je venge pas les individus. Si tu le tue, je ne l'accepterais pas et tu en sera intégralement responsable. »
Je le pousse à bout et je le sais, mais n'est-ce pas le rôle d'une conscience ? Son cœur se perd dans un labyrinthe d'incertitudes et de rage et le mien déborde de fierté. Je veux savoir ce qu'il va faire à présent. Il se croit mort mais il ne l'est pas, pas encore, pas totalement. Les morts ne cherchent pas la vérité.

Le père vocifèrent quelques insultes en allemand à lui mais aussi à moi. Il est sûr que je ne comprends pas. Je ne me retient pas et lance un « Frohe Weinhnacht » dans un accent impeccable. Natasha frôle la crise cardiaque. Ma main droite vient caresser celle qui enserre mon poignet. Youri sait que je le soutiens. Qu'il claque la porte, qu'il tire une balle ou qu'il se jette sur Friedrich, je serai fière de mon fidèle. Ce soir, il sera libre.
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« Mais ça n’est pas votre connerie Friedrich, n’est-ce pas ? » et mes yeux clairs filent jusqu’au visage de Nanshe, qui me ferait presque esquisser un sourire par la qualité de sa prestation. Chose qui n’arriva pas. Non, les rats qui grattent le sol et détalent au moindre impair ne m’intéressent pas. L’ordinaire me tuait d’ennui.
Ils la quittent pour quelques instants, allant griffer celui de Wiedermann. Amers. Insatisfaits.
Friedrich vibre de colère, qu’il peinera à autant que moi à canaliser au fil des secondes. Je le vois qui se lève, qui contourne la table, gardant une main près des couverts qui ornent cette dernière. Je force sur son esprit afin d’en soutirer des pensées plus intimes, m’usant le cerveau — d’autant que j’étais toujours en contact avec elle. Ce geste insidieux était à double tranchant, je le savais, mais j’avais voulu passer outre - la douleur ne me faisait pas peur, pas plus que le reste. Pourtant, l’aberration naquit de ses instances psychiques. Il aurait mieux fait de disparaître avec l’autre. La colère fait dire des choses atroces, irraisonnées. (J’en ai déjà fait l’expérience avec d’autres avant lui.) Là, entre surprise et affliction instable, je suis pris d’une migraine naissante qui se visse à ma tempe droite. Je crève d’envie de fermer les yeux, mais celle de lui en coller une était bien plus forte encore. Je sors de mes gonds un bref instant, laissant un champ télékinétique léger faucher une partie du mur. Un cadre se détache du mur et se brise, deux bibelots finissent à terre eux aussi, surprenant par son bruit plus qu’alertant qui que ce soit sur la cause réelle de cet incident. Je crois que j’ai failli tuer Nat d’une crise cardiaque avec le bris du verre.

Pourquoi la mention de cet autre me fait-il perdre mes moyens ? Pourquoi mes yeux se voilent-ils d’une haine controversée ?
Je me fais violence pour desserrer un peu ma prise, ouvrant mes doigts froids que je laisse glisser le long de son articulation. J’entremêle mes doigts aux siens, paumes jointes. Je suis incapable de lui faire du mal. Et ce même si je le voulais. Nanshe n’était pas une entité à molester, ni à torturer. Ce qui n’était pas le cas de tous.

Je n’oublie pas le poids caractéristique contre ma hanche.
Envie, pas envie. Je ne sais même pas. Je veux, je ne veux pas.
Peut-être… qu’il ne faut pas.

Je guette les gestes de Friedrich, lui qui était en train de contourner la table tel un vieux serpent aigri. Mais la douleur irradie jusqu’au front, rend mon œil droit douloureux. Je crois même sentir le goût du sang dans mon arrière-gorge. Mon corps me signale que je suis allé trop loin. La déesse à mes côtés, au contraire, me transmet l’invitation expresse d’en finir avec tout ça. « ce n’est qu’un menteur qui n’a jamais réussi à t’aimer comme sa femme l’aurait voulu » et si c’était de son amour que je voulais, je le lui aurais arraché depuis longtemps par la force.
Non, rien de tout ça m’intéressait réellement. Pas plus qu’une psychanalyse de ce déchet infâme à qui on donnait encore l’occasion de participer à ces réunions stériles.
La seule chose qui était imprimée dans mon crâne était qu’il n’était pas mon père. Qu’il ne le sera jamais. Et que celui qui s’appelait Youri, cet illustre inconnu, était celui que je n’avais jamais connu. Que je ne connaitrais jamais. Il était mort, lui aussi. Mort parce qu’il n’a jamais eu l’idée de venir me chercher.
Et ça…
Ça, je ne le comprenais pas.

Nanshe.

Je ne sais pas ce que je veux réellement.
Je ne sais pas ce que j’aime.
Seulement ce que je ne supporte pas.
Il en fait partie.
Je crois…
Peut-être que moi aussi.

L’autre…

Comme je crois avoir mal.
Je préfère ranger ce stimuli débridé dans un tiroir, en tentant de ne pas m’en préoccuper.
Cet autre aussi.
Elle ne venge pas les individus mais les foules. Je le sais, pour avoir accepté d’être son bras armé.
Mais tu es là. Ce n’est pas ta volonté profonde mais tu es là. Tu attends. Et me proposes même ta main. Toi qui t’étais délibérément invitée dans ce tableau de fortune.
Si je disparaissais, elle ne me vengerait pas.
Tu ne me vengerais pas.
N’est-ce pas ?

Toujours l’autre.

J’expire longuement, la bouche gardée close. Non. La réponse était concise, mais encore sujette à altérations. Car derrière, il y avait toujours un je ne sais pas. Ce qui est bon, mauvais. Pour moi. Un arrière-goût de peut-être qui pouvait à lui seul déclencher un cataclysme.
Je ne parviens plus à communiquer directement avec elle par télépathie, la souffrance piquant jusqu’à mes nerfs oculaires. Peut-être viendra t-il un jour où je saurais parfaire ma maîtrise en la matière. Tout ça était encore trop bancale.

Il n’attend qu’un débordement pour me faire perdre mon insigne. Là est la triste réalité.

Je me déplace à mon tour sur le côté, Nanshe à ma suite, contournant la table dans la direction de Friedrich et rapprochant nos carcasses respectives. Pensant certainement que j’allais passer mon chemin sans mot dire, il cracha à notre approche. « Dégagez d’ici, » et d’un geste précis et imprévisible, je lui fis perdre l’équilibre pour le laisser s’écraser de tout son poids sur le sol carrelé du séjour. Et dans cet écho, derrière ce râle réflexe, je crus entendre un craquement. J’en avais lâché brièvement la main de Nanshe, avant d’aller la rechercher quelques instants plus tard. Peut-être même s’était-il offert quelques bris de verre en guise de décoration.

Les émotions étaient décuplées chez lui, chez elles. Peut-être aurait-il fermé sa gueule si ça n’avait pas été le cas ? Je laisse courir mes yeux clairs sur son visage froissé par la surprise, la colère, et la douleur qui s’épanche avec vivacité croissante. Une étonnante synchronisation de nos paroles, et peut-être de nos regards vissés sur la carcasse de l’allemand. « Frohe Weihnacht. » « Frohe Weihnacht. » Entre ses lèvres pincées, des insultes. J’en ai les mâchoires serrées. (Je ne comprends pas pourquoi les offenses dirigées vers Nanshe me dérangent autant ce soir.) Ma mère a déjà accouru à son chevet, larmoyante. Nat était toujours figée à sa place, les souvenirs remontaient et étaient trop difficiles à supporter pour elle. Ma sœur a toujours été faible et hypersensible, pour l’avoir ramassée une fois les poignets limés aux têtes de rasoir dénudées.

Je l’emporte dans mon mouvement, lui emboîtant le pas. Nous filâmes vers la porte et disparûmes dans la fraîcheur de la nuit. J’avais grand besoin d’évacuer ce que j’avais engrangé pendant ces deux misérables heures passées en leur compagnie.
Les affaires sont à l’arrière de l’Audi. Un vieux réflexe qui trouvait une fois de plus son utilité. Je n’aurais pas eu la patience d’aller à l’étage. Je lâche Nanshe. Mes jambes me conduisent d’elles-mêmes jusqu’à ma voiture, que je déverrouille avant de m’installer d’une traite du côté conducteur, claquant la portière derrière moi. La bienséance, elle sait très bien que je n’en avais cure. Si j’avais eu besoin de mentir en sa présence, cela fait bien longtemps que j’aurais laissé cette conscience-socle à d’autres. Mes mains étaient cramponnées au cuir du volant et j’avais clos les paupières, ne serait-ce que pour balayer un tant soit peu ce mal qui m’élançait.

Quand je la sentis à nouveau près de moi, je ne pus m’empêcher de crever le silence par des mots glacés d’amertume, contemplant toujours le noir étoilé de mes yeux.

« Pourquoi ? »

Une question simple et qui pourrait paraître vague à bien des niveaux. Mais elle savait fouiller là où peu avaient accès, à savoir dans mes instances psychiques. Ce pourquoi était dirigé.
Pourquoi elle, là, maintenant, ce soir.
Pourquoi s’être immiscée.
Pourquoi avoir manipulé toute une assemblée, moi le premier.
Pourquoi avoir joué alors que je n’y avais pas été préparé.
Pourquoi m’avoir fait endurer une émotion bafouée.
Pourquoi m’avoir humanisé.


Keiner kann dir sagen
Personne ne peut te dire
Wer die Guten und die Bösen sind
Qui sont les bons et les méchants
Mein verlorenes Kind
Mon enfant perdu

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Nanshe ∞ Pagan Deity
Voir le profil de l'utilisateur http://solemnhour.forumactif.org/t1003-imagine-all-the-people-sharing-all-the-world-nanshe Mer 8 Nov - 19:13
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Je sens la douleur qui irradie de son corps. Sa tête ne me supporte presque plus. Ses yeux se plissent et sa main tremble de ne pas pouvoir masser sa tempe. Mais il ne laissera rien paraître tant qu'il sera dans cette pièce. Et pourtant, malgré tout cela, je le sens s'introduire dans l'esprit de Friedrich.
L'autre ? Je capte les pensées du père. Youri ne tarde pas à ressentir un profond dégoût en les entendant. Des pensées qui font échos à des histoires enfouies dans son cœur. Des pensées qu'ils détestent entendre. Des pensées sur un enfant mort.
Le vase du buffet s'écrase par terre. Son esprit commence à lui échapper. Je ne relâche pas mon emprise, pas encore.

« Dégagez d'ici »
Et le corps du père, lourd, s'écrase sur le sol. La tête contre le carrelage et sa colère qui ne le lâche toujours pas. Il se sent soudainement vieux face à l'autre qui d'un seul coup le fait flancher. Deux, trois bouts de verre rentrent dans la paume de ses mains. Mais cette douleur n'est rien. Leur « Frohe Weinarcht » est bouffé par l'ironie, l'amertume et le soulagement. Au moins maintenant, tout le monde sait, la haine n'a plus à se cacher.
La mère laisse sortir un cri d'horreur de sa gorge étranglée par la surprise. Elle ne le sait pas, mais elle aussi devrait être soulagée. Après tout le Sig n'a pas quitté la hanche de Youri. Il y aurait pu avoir bien plus de sang ce soir. Elle regarde son fils avec incrédulité mais ses expressions mentent. Elle savait que les choses allaient finir ainsi depuis le jour où Youri a appris la vérité.
Ils ne la voyaient pas mais maintenant si. La vérité ne s'arrête pas. Laissez échapper une goutte et vingt ans plus tard une mer vous percutera.
En un instant, sa main retrouve la mienne. Ainsi, même si elle le fait souffrir, il y revient toujours. Il en a besoin.

Il m'entraîne à sa suite, sa main toujours plus enserrée à la mienne. Je me laisse porter par le mouvement. Ce départ est délicieux. Quitter la scène en plein climax pour que l'audience ne puisse jamais voir la tension redescendre. Et tant pis si elle se retrouve à devoir gérer la peine des personnages restant. Une pensée sincèrement triste à l'égard de Natasha me surprends. Ça n'est qu'une victime dans cette affaire.

Dans la voiture, ses mains s'agrippent au volant comme si le cuir allait lui permettre d'avoir moins mal.
Le « pourquoi » résonne faiblement dans l'habitacle.
M'en veut-il ou est-il seulement confus ? Je lui parlerai bien par l'esprit mais il pourrait réellement s'évanouir si je poussais encore un peu. Toutes mes intrusions, mes mots et mes souvenirs l'ont épuisé.
Pourquoi l'avoir humanisé ? « Car c'est ce que tu es. Un homme. Il faut que tu t'en rappel. Tu n'aurais pas pu faire taire toutes tes émotions face à eux. Tu as besoin de ta haine et moi aussi. Ne me confonds pas avec un autre Dieu, tu sais que je n'apporte pas la paix aux hommes. »
Avec une douceur quasi maternelle, je réponds à ses questions. « Mais si elle a sa part d'injustice, je te promets de faire trembler la terre pour te venger ». Et je le ferai. Ma voix est confiante et fière. Il a très sûrement détruit tout bons rapports avec sa famille mais il a agi pour le bien. A présent, aucun d'entre eux ne pourra encore tromper les autres. Un bien qui dépasse toutes formes de complaisance ou d'amour. « Je t'ai sauvé de leurs mensonges. Je suis venue pour ça ».

Il démarre et conduit un peu trop vite. La sécheresse de ses mouvements balancent avec le tournis qui envahi sa tête à chaque virage.
Je sais où il va. Il cherche ma cible. Son esprit doit en avoir besoin. Pas sûr qu'il se contente de son arme cette fois, ses poings eux aussi veulent leur part de défoulement. Les routes sont vides, il est déjà tard. Personne ne roule un soir de réveillon. Ils sont tous dans leurs familles, assis entre une dinde trop cuite et un silence crispé, adressant une prière grasse pour la naissance d'un homme auquel la plus part ne croit plus depuis déjà deux siècles. Comme chaque année, depuis un millénaire et demi, Noël m'insupporte. Un millénaire et demi depuis la victoire de ce Dieu sur nous autres.

« Tourne à gauche », le volant se cabre. La voiture s'arrête dans une petite allée entre deux immeubles.
Les Chrétiens s'y sont pris sereinement pour faire céder chaque peuple, les uns après les autres. Pas besoin de violence. Ils étaient si confiants. Semaines après semaines, ils venaient de plus en plus, racontant leurs évangiles à tous. Persuadant tranquillement, leur bouche remplie d'un mépris infantilisant. Les nouvelles générations étaient déjà moins païennes que les anciennes. Et comme si ça n'était rien, ils emportaient une statue, la remplaçant par une croix, noyaient les vraies croyances sous de l'eau bénite et brûlaient chaque arbre qui abritait un Dieu.

Au fond, deux filles attendent le premier homme qui passerait. La lumière est mauvaise. L'air est froid. Les murs sont décrépis par endroits, fraîchement refaits par d'autres. L'odeur est neutre. Tout est parfaitement conforme à ma vision, jusqu'au visage de Youri. C'était cette image qui m'a poussé à reprendre contact avec lui ce jour précis : lui à l'intérieur de l'Audi, les pneus collants au goudron sale et humide et mon désire de le voir prier encore une fois pour moi.

Et tout comme lui, ma colère ne me lâche pas. En un siècle, les deux tiers des peuples germains s'étaient mis à adorer cette religion si fade. Et les dieux avaient hurlés. Trahis et seuls, ils étaient morts par centaine. Un génocide dont les hommes ne retinrent pas un seul nom de victime. Tout cela ressemblait bien trop à ce qui était arrivé à ma terre, un millénaire avant. Moqueur, écartelé sur sa croix, leur nouveau Dieu, brillait de sa victoire.

Les filles tournent leur regard vers moi. Elles sont méfiantes. Elles ne voient jamais d'autre femmes qu'elles, pas ici. J'exècre Noël et il sent cette haine si ancienne en moi. Un grincement caractéristique me fait tourner la tête. Un homme un brin trop élégant pour l'endroit entre dans la ruelle. Il aborde la plus belle des deux filles, elle lui tends l'argent gagné, l'autre fait de même. Lui non plus n'a pas besoin d'employer la violence. Tout est réglé, un pouvoir installé, une résistance asservie et une cruauté ajustée. Du sex contre de l'argent, de l'argent contre une petite carte sans laquelle elles ne peuvent rien faire. Une suite de transaction où elles n'ont aucune prise, avec pour seul but de satisfaire une administration indifférente. De l'esclavage modernisé. Mais sous leur couche de mascara, leur colère suinte. Tu la sens aussi, n'est-ce pas Youri ? Leur haine face à l'impuissance, gelée par la peur. Le mépris pour celui qui les déshonorent. Leur rage est mon plaisir. Juges-tu mon esprit dérouté ? Non, jamais tu ne me reprochera ma joie face à la violence alors que tu t'en sert pour soulager sa conscience.

Youri. Mon esprit fait rouler les lettres et abandonne tout contrôle. Il doit être libre.
Prieras-tu pour moi ?  
Tueras-tu pour moi ?
Me rendra-tu vivante ?

electric bird.



Et la justice crie
L'injustice est muette
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