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 GESPENST + youriah

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Message Sujet: GESPENST + youriah Dim 10 Sep - 17:07

Statut du rp

sujet privé; ft. yéhuiah

type ❖ présent

date ❖ samedi 21 mai, joyeux anniversaire Youri.

informations spatio-temporelles ❖ 23h dans la cage de Youri (son appart, CQFD)

intervention du MJ ❖ ça ira, c’est déjà assez dur comme ça je crois !

Autre ❖ il a bien foutu le merdier chez lui… ah et c’est qui Frederik ?

© HELLOPAINFUL; revisité par SHADOW



GESPENST

Ich hatte gerade 'nen furchtbaren AIbtraum,
J'ai fait un horrible cauchemar,
Der größte Alptraum, den ich je traf.
Le pire cauchemar que je connaisse.

(die Stimme…
(la voix…

Sie redete in meinem Kopf mit mir und gab mir Anweisungen.)
Elle m'a parlé dans ma tête et m'a dit où aller.)

Warum?

Warum…

WARUM ?!
Pourquoi ?!

Ich seh ihn, ich weiß, er ist da !
Je sais qu’il est là !

Ich glaube, ich habe sein Gesicht gesehen.
Je crois que j’ai vu son visage.

………
………………

Aye, er ist hier.
Oui, il est là.

(seine Stimme klingt ruhig)
(sa voix est calme)

ich verstehe nicht, warum… und…
je ne comprends pas pourquoi… et…

Er kam rein und sagte, wissen Sie, wenn ich hier bin, ist alles OK…
Il venait et disait « tu sais, si je suis là, tout va bien »…
NEIN.
Ich würde dich schlagen, weil du lügst !

NON.
Je devrais te frapper, car tu mens !


NEIN………NEIN !

Ich möchte wissen, wer er ist !
je ne sais pas qui il est !

………
……………………

……Die Bilder, eingebrannt in meinen Kopf…
……Ces images…figées dans ma tête…

Ich befürchte es ist zu spät…
J'ai peur qu’il soit trop tard…

Wie der Alptraum, der immer kommt…
Comme le cauchemar qui me revient…

(ich weiß…)
(je sais…)

Der Alptraum ist noch nicht vorbei.
Le cauchemar n'est pas terminé.

(…es ist zu spät.)
(…il est trop tard.)




(un peu plus tôt dans la journée)

« JOYEUX ANNIVERSAIRE ! » hurla Nat après s’être imposée à moi de sa petite taille, m’écrasant son poids contre le mien après s’être pendue à mon cou. (Je réprime avec violence une grimace.) J’avais accepté de venir la trouver pour ma pause déjeuner au lieu de me taper un pot surprise par les collègues. À choisir entre la peste et le choléra, mon choix était vite fait, surtout s’il y avait qu’une seule personne contre une dizaine.

J’étais sur le pas de ma propre porte quand elle m’avait ouvert - ma propre porte aussi hein, - le cœur sur les lèvres. « C’est pas la peine de crier. » avais-je émit dans un soupir, jetant un coup d’œil par dessus mon épaule — le voisinage était, disons, plutôt intrusif dans son genre. (Elle me lâche enfin.) Je n’avais aucune envie qu’il soit au courant pour ça. Ce George (sérieusement, qui s’appelle encore George de nos jours ?) ferait mieux de se trouver une autre attraction d’ailleurs, mais il semblait avoir réussi à faire ami-ami avec ma sœur et ça, c’était de très mauvaise augure pour moi. J’avais déjà commencer à saturer le jour où elle a parlé de lui alors qu’il n’était pas là. Il est charmant, pense t-elle souvent. Dans sa catégorie peut-être bien, mais aucune catégorie me plaisait, celle-là encore moins je dois dire. Je vais finir par croire qu’elle veut se le faire… je crois que je perdrais un pari si ça arrivait vraiment, parce que tout portait à croire qu’il avait un crush sur moi et pas sur quelqu’un d’autre. Y avait bien que ça qui pouvait expliquer son comportement, non ? Et surtout le fait qu’il soit revenu des années plus tard pour s’installer… sur mon propre palier ? Bien aimable à lui de m’avoir soigné d’une balle que j’avais pris dans la cuisse, mais j’aurais aussi bien pu m’arrêter à ça.

« Je crie si je veux, » me rétorque t-elle en allemand avant que je ne lève les yeux au ciel. Elle devient encore plus chiante quand elle essaie de me prendre pour modèle. Un signe sans doute. « C’est ça… bon, et à part crier, t’as préparé à bouffer au moins ? » avais-je lancé en rentrant, laissant ma sœur refermer après mon passage. L’uniforme lui va si bien ! Faudrait que je le prenne en photo en scred pendant que… j’ai à peine posé mes clés sur le plan de travail de la cuisine que je m’arme d’un torchon et le lui envoie en pleine poire, l’empêchant ainsi de me prendre en photo avec son smartphone. « MAIS ! » proteste t-elle. Elle sait pourtant que j’ai horreur de ça. « T’es pas drôle ! Et comment t’as su ? T’as les yeux derrière la tête ou quoi ? » à vrai dire, non, je ne le suis pas, et surtout quand c’est le jour de mon anniversaire. La logique voudrait que j’ai le sourire jusqu’aux oreilles, sauf que la logique n’était applicable que sur des sacs à viande normalement constitués. C’était Natascha qui reprenait le flambeau à ma place et faisait l’ambiance. Ça l'étonne pas, ça fait des années que c'est comme ça. Elle croit même que c’est à cause de…

Rien.

Rien du tout.

Je secoue un peu la tête et me passe une main sur la nuque, perturbé par le revirement de mes réflexions que je peinais, dernièrement, à contrôler. Ça fait déjà quelques semaines que ça a commencé, ou plutôt, que c’est réapparu. Les cauchemars. L’autre jour, j’ai cru voir quelqu’un sans réussir à m’en souvenir. Je me rappelle que d’une voix. Une voix calme qui me parlait dans ma langue natale et… à part Nat ici, il n’y avait que nous dans cet appartement qui savions la parler. Je ne devrais plus penser à ça. « Neji Hyuuga. Vue à 360°. » « Pourquoi ça m’étonne pas ! Pourtant t’as plutôt la dégaine de… » « De qui ? » je m’installe sur le canapé et vis qu’à ce moment-là la table basse dressée pour l’occasion. Et ça ne me fait rien. Je me force à un sourire qui paraît naturel. « Vu que tu voulais être tranquille ce soir, je sors le grand jeu ce midi ! Et demain aussi. » d’autant que demain, c’est dimanche. « Je savais pas que t’avais un don pour la cuisine ? Rendez-moi ma sœur… » Elle ricane en me tapant l’épaule. « T’as encore rien vu ! » « J’ai la dégaine de qui alors ? » elle commence à nous servir et laisse un petit silence de réflexion marquer la discussion. Je suis déjà reparti dans mes pensées, la fatigue n’aidant en rien.

« T’as un petit air de Gaara quand même. »

Bordel, faites que l’OVNI d’à côté n’ait rien entendu.



(aux alentours de 22h50)

La journée est terminée depuis trois bonnes heures. J’ai prévu de sortir seul et de me perdre dans un bain de foule après avoir bu pour dix. Enfermé dans une petite boîte de ciment vomissante de musique. L’anniversaire parfait. Tout ce dont j’avais besoin, c’était d’effacer l’amertume, oublier ces images suspendues à ma mémoire. Plus la journée avançait, plus je ressentais le besoin immédiat de me purger la tête. Je crois même avoir visualisé ça plusieurs fois… à me fouiller l’arrière du crâne d’une lame de ciseaux enfoncée dans mon orbite droit. Racler toute cette merde et ne plus voir. Un truc qui me démange.

Sauf qu’il y a bien autre chose qui m'a démangé toute la journée, c’est de trouver un pli. Une lettre, ou un truc qui y ressemble. Je me rappelle en avoir entendu parler, comme si un écho lointain s’était immiscé jusque dans mes songes pour s’imprimer solidement dans mon esprit. Une crasse qui ne part pas, une insatisfaction à soulager. Alors j’ai cherché.

Le ventre vide, sans aucun regard sur moi, puisque Nat était partie chez une amie pour la nuit. Je sors d’une douche qui n’a duré que deux minutes et n’ai enfilé qu’un jean. Je n’ai pas besoin d’être prêt pour quoi que ce soit, la soirée sera face à moi-même, perdu ou non dans une marée d’humains suintants. L'heure qui tourne ne m'inquiète pas. Pas pour ça.
Je ne comprends pas. Je ne comprends pas et je crois que ça m’agace, sans raison valable derrière. Ne pas trouver me rend fou. Je n’aime pas être dans l’attente. Je n’aime pas être comme ça. Je n’aime pas qu’on mente à mon esprit. Je grimpe la pente nerveuse, mes extrémités commençant à perdre de leur chaleur. Pas loin. Ça ne peut pas être aussi loin de moi… pourtant, je ne vois rien.

Je sature brièvement et finit par balancer le verre que je tenais à la main dans le bac à vaisselle, qui s’éclata en morceaux sous l’impact. Je sors pas… tant que j’ai pas trouvé. Je sors pas tant que j’ai pas trouvé. Je sors pas tant que j’ai pas trouvé. Je me répète mes commandements dans mon esprit machinalement, secouant la main qui avait lâché un peu trop tard le verre — et qui s’était blessée par la même occasion. Je n’en avais pas encore conscience et étais parti vérifier dans mes vieilles affaires sur la mezzanine de fortune, sans parvenir à quoi que ce soit. Je suis redescendu et me suis dirigé d’un trait vers la porte d’entrée - et de sortie - de l’appartement. Je sors pas tant que j’ai pas… et me stoppe net dans mon élan alors que mes perles claires tombent sur un pli, là, au sol, qui a manifestement été glissé sous la fente de ma porte. Pas l’once d’une satisfaction me traverse le corps ou l’esprit. Même un soupir n’aurait pas été du luxe, et pourtant, rien ne se produisit.

En fait, j’étais parti dans un délire qui avait eu son sens. À moins que quelqu’un se foute de moi et qu’il ne s’agisse que d’une bête coïncidence.

Pas de coïncidence. Je suis pas fou. Je l’ai jamais été. Je le serais pas aujourd’hui.

Je la récupère dans un mouvement prompt et non moins empreint de nervosité. Entre mes doigts, elle frémit sous mon contact qui chancèle malgré moi. Je prends une respiration lente et profonde avant de regarder dans l’œil de la porte - il n’y avait personne, sans surprise - et tourner les talons.
Frustré, insatisfait et irrité, j’arrache ce qui sert de sceau et commence dès lors à lire les lignes rédigées en polonais, là, planté au beau milieu du studio, entre la cuisine et le séjour qui communiquaient naturellement.


Spoiler:
 

Darko.
Darko.
DARKO???
Je ne sais pas. J’ai le souffle coupé. Et comme une migraine. Un coup de massue sur la gueule. Une étoile du matin fracassée à plusieurs reprises sur ma tempe. J’ai les doigts rougis par le sang et le pli toujours pris entre ces derniers. Le papier boit. Moi pas. Ça passe pas. J’ai envie de crier.
(Je n’entends pas les pas, ni sent la présence, là, derrière moi.)
C’est des conneries.
« Des conneries… »
Que des conneries.
Elle a pas pu écrire ça. C’est qu’une vaste mascarade. Une blague. Une vie gâchée. C’est pas moi. C’EST PAS MOI. Ce sera JAMAIS MOI ! « PAUVRE CONNE ! QU’EST-CE QUE TU CROYAIS ? » et j’émiette le papier, plusieurs fois, presque trop chirurgicalement pour l’émotion monstrueuse qui gonflait mes poumons. Des gestes pourtant coléreux, qui me font prendre conscience de mes blessures. Celle qui saigne rouge, pas les autres. Pourtant ? Pourtant quelque chose s’est fissuré. Ça ne tourne plus rond. Ça n’a jamais tourné rond… on m’a toujours menti, ce sera pas la première fois. Ce n’est pas vrai. « TU MENS ! TU MENS, PUTAIN ! Das kann unmöglich sein, DU LÜGST ! » j’ai déjà tout balancé par terre et tourne comme un lion en cage, ne parvenant pas à raisonner, à arrêter. Je vais te retrouver salope, je vais te retrouver, sous l’emprise de mes émotions contraires, contre lesquelles je ne sais opposer aucune résistance, ma télékinésie déborde à son tour, faisant remuer le mobilier, avant de tout saccager au fur et à mesure que les secondes filaient. « Nein, nein, nein ! » en me prenant la tête dans les mains, allant jusqu’à avoir peur de ces larmes qui noyaient dès lors mes yeux. Je ne me rappelle pas avoir pleuré un jour.
Je ne me rappelle pas… du visage appartenant à cette voix.

Pourtant, il est là. Toujours…
Derrière moi.

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I hope I can sleep straight through madness
but I can't even tell when I'm sleeping anymore

…d'odieux mensonges sont prononcés en #8A7799

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Message Sujet: Re: GESPENST + youriah Sam 16 Sep - 4:38

GespenstYouri & YehuiahIn house on fire, Escaping in the dark - Remember who we are. And the roof is caving But I'll hide you safely ; Now we're climbing higher, I'll hold you in my arms ; Remember who we are. Let my eyes be the rhythm, let my mind be your freedom : You can take it all, you can take it all ! Let my heart be your shelter, Let these bones be the giver, Let this soul be your whisper : You can take it all, you can take it all, Let my heart be your shelter ! » Shelter - machineheadDehors, l’air alourdi semble emmagasiner autant d’électricité que possible, se refusant pour le moment à cracher sa foudre divine. Les nuages s’amassent dans le ciel comme dans le coeur des hommes, l’orage s’annonçant aussi torrentiel que violent. Etrange fait lorsque l’on sait que le soleil fut au rendez-vous toute la journée. A n’y rien comprendre, vraiment. Comme si le ciel pleurait la perte d’un de ses enfants, à moins que le temps n’ait décidé de s’accorder à l’humeur fracassée de l’homme habitant en face de son appartement.

Doucement, lentement, le Grigori ferme les yeux, laissant les sensations affluer, laissant les sons venir bourdonner à ses tympans. Il n’est rentré qu’il y a une heure à peine, le coeur lourd, la rage et la déception faisant presque trembler ses muscles. Il savait que trouver son aîné, l’archange félon, serait une chose difficile, mais il n’imaginait pas cela à ce point. Il pensait que suivre les murmures putrides serait en soit un bon avancement, il n’avait jamais eu aussi tord. Il lui faudrait trouver un nouvel angle d’attaque, et rapidement. Un autre plan lui était rapidement venu en tête pourtant : laisser les rumeurs s’amonceler sur son passage. Si il ne pouvait trouver Lucifer, alors il pouvait laisser ce dernier le trouver. Mais pas ici. Non. Il ne désirait ni traces de souffre ni halo de sainteté entre ses murs fins et friables ; il se refusait de mettre l’humain auquel il avait finit par somme toute s’attacher en danger. Incompréhensible. Pitoyable.

Et pourtant. Pourtant, cette race méprisable avait fini par trouver grâce à ses yeux, il y avait de cela quelques centaines d’années. Pas tous, cependant, non. Seulement ceux dont l’âme, écorchée, se battait. Pulsait. Férocement. Youri était l’un de ces hommes, cadavre ambulant en marche, cherchant sa place dans les méandres d’une existence qu’il croyait grise, foirée.
Malgré tout, chose rare qu’il n’avait point fait depuis un âge, il s’était laissé distraire. Depuis peu, les cris retentissaient, mugissements de vent pour les autres, sirènes d’alarme pour son coeur éraillé. Depuis combien de temps cela durait-il ? Il avait perdu le compte, perdu le fil. Il lui arrivait d’apparaître dans la chambre du jeune homme, la lueur de la lune s’extasiant sur les courbes nues humaines, tandis que ces dernières tressautaient, frémissantes, brûlants parfois de fièvre, souvent de sueur. Terreurs nocturnes, cauchemars monstrueux, Youri Sojka était tel la perle lumineuse et dorée se noyant dans les Ténèbres, l’ébauche de l’agneau apeuré se débattant dans la gueule sanglante du lion sanguinaire. La première fois, il avait simplement touché l’enfant du bout des doigts, le rendormant, chassant ses visions apocalyptiques d’un geste simple, épuré. Mais peu à peu le corps du jeune homme avait reconnu son approche, comme l’attendant durant les spasmes, s’accrochant finalement à lui comme à un radeau, littéralement. Il avait donc, nuit après nuit, finit par se retrouver dans le lit de l’humain, le corps nu de ce dernier se blottissant contre sa chaleur angélique. Une fois les premiers étonnements passés, il s’était par ailleurs surpris à aimer l’entourer de ses ailes magnifiques et invisibles aux yeux des hommes, le berçant dans cet écrin protecteur sans rien tenter de plus qu’un câlin apaisant, ses bras musclés se plaçant au creux de ses reins, le faisant sien pour la nuit.

C’était cela qu’il guettait, à présent. Le soupir des songes, la cadence d’un coeur endormi. Il avait appris que son anniversaire tombait ce jour, grâce aux glapissements de cette jeune sœur trop bruyante à ses chastes oreilles – bien que somme toute assez divertissante, il ne pouvait le nier – et avait décidé de délaisser quelques cookies sur le pas de la porte le lendemain matin. N’est-ce point là ce que ferait tout bon voisin ? A vrai dire, il s’était longuement torturé l’esprit pour savoir ce que Youri pourrait aimer, avant d’être repris dans les affres de l’urgence des affaires courantes, reprenant de respectables distances. Ce n’est pas comme si ils se croisaient beaucoup, après tout. Il tentait de rester discret un maximum, n’était à ce jour venu que trois fois pour quémander tour à tour du sucre, une information capitale concernant la meilleure pizzeria du quartier et, enfin, savoir si il pouvait utiliser leur téléphone, le sien étant mort « accidentellement ». La dernière fois qu’il avait réellement croisé le jeune homme, cela avait été pour lui fourrer un parapluie dans les mains car il allait pleuvoir des cordes une demi heure plus tard, sans que la météo n’ait pu prévoir cet étrange changement climatique. Concernant la sœur de ce dernier, ils échangeaient depuis peu quelques recettes de cuisine, qu’il se mettait un point d’honneur à vraiment tenter – il en avait pour le moment réussit 5 sur 6, ce qui était un résultat acceptable. Il était curieux quant à leur différence, s’amusant à noter leurs dysfonctionnements comme leurs qualités, repérant leurs failles, les suivant en silence, bien souvent invisible. La dernière qu’il avait donc remarqué était l’humeur de Youri, qui s’assombrissaient de jour en jour jusqu’à empirer aujourd’hui. Tout cela avait-il un lien avec son anniversaire ? Il avait fini par penser que oui, finissant par fouiner un tantinet de son côté – effet pratique lorsque l’on était un ange que ce savoir presque illimité. Yehuiah préférait toutefois apprendre par lui-même, ainsi n’avait-il récupéré que les éléments essentiels qu’il avait pu comprendre et emmagasiner par force d’observation méticuleuse et de ragots rapportés par la sœur de son humain préféré. Le reste, il tenterait de l’arracher en douceur, au goutte à goutte, pour ne pas froisser la bête – tant qu’il pouvait avoir le choix tout du moins.

Plusieurs minutes passèrent, silencieuses, tandis que l’obscurité avalait la pièce. Quelle heure pouvait-il être, il n’en avait cure. Sagement, il attendait, à l’affût, véritable prédateur. Son instinct lui hurlait qu’il ne serait pas déçu.
Comme toujours, le sixième sens situé au fond de ses entrailles ne le trompa point. Il aurait pu sortir. Il aurait pu se vider la tête, fêter l’événement comme la majorité des êtres lui ressemblant. Mais Youri n’était pas n’importe qui, après tout. Sa sœur elle-même l’avait bien dit plus tôt, il ressemblait à Gaara – référence que le Grigori n’avait toujours pas compris d’ailleurs. Mais n’aillant pas souvenir d’une telle expression, il se doutait bien que cela devait être quelque chose de fort rare et tout aussi particulier. Le bruit du verre brisé termina toutefois de mettre fin à ses divagations, et il se releva d’un bon de son perchoir – un large fauteuil en cuir élimé de couleur chocolat – sans pour autant se téléporter ou bouger plus que cela. Ses narines venaient de détecter l’odeur du sang. Qu’est-ce que ? Mais les bruits de pas, saccadés et nerveux, l’informaient au moins sur l’état de santé de son voisin. Le fait qu’il déambule tel un ours en cage prouvait au moins qu’il était vivant. Fronçant les sourcils, il prêta une oreille plus attentive aux bruits perçus, la curiosité mêlé à l’appréhension se renforçant considérablement, la gorge soudainement nouée. La tragédie arrivait à grands flots, accompagnée par le silence caractéristique précédent les éclats, brisé seulement par le claquement vive d’une porte.
Il rentrait chez lui. Bonne ou mauvaise idée ? Il ne fallut pas à Yehuiah d’attendre plus longtemps pour le savoir, l’être se volatilisant soudain. Une fraction de seconde, c’est tout ce qui lui avait fallut pour remplacer sa carcasse par le vide, une plume cendrée tombant sur le sol de l’appartement, seul vestige de son ancienne présence. L’être millénaire s’était téléporté plus vite qu’un soupir, rejoignant l’appartement d’en face avec une sérieuse inquiétude palpitant dans la poitrine, inquiétude qui ne fit que s’accroître en voyant l’état du jeune homme. De dos, il ne le remarquait pas pourtant – pas encore.

« De conneries … »

Le Grigori fronce désormais les sourcils à ces mots, remarquant le sang goutter sur le sol lentement, sa main blessée tenant fermement le papier qui rougit a vu d’oeil. Qu’est-ce que ? Cela ressemble fortement à une lettre. Mais avant que l’ange n’ait pu s’interroger plus, voilà que Youri se met à hurler, vociférant après une personne de sexe féminin – certainement l’émissaire de la missive -, réduisant le papier qu’elle a envoyé à néant. Plus tard, il reconstituera la preuve massacrée avec tant de précision que de plaisir. Pour le moment, il ne peut que fixer l’humain se métamorphoser en créature monstrueuse, ses traits se déformant sous la haine et la folie, le laissant figer de stupeur.
Tu ne peux pas le laisser comme ça, murmure une voix au fond de son être antique, un pic que douleur traversant soudain l’être céleste sans qu’il ne comprenne totalement son origine, Youri se mettant finalement à tourner comme un ours en cage, ses pouvoirs prenant le contrôle malgré lui. Puis soudain, le déclic se fait. Ses jambes bougent à nouveau, ses yeux s’écarquillant en un souffle de vie lorsqu’il comprend finalement ce qui anime la bête mutilée de l’intérieure.

La peur. Cet enfant transpire la peur.

C'est cela. Qui est-il au juste pour lutter contre le puissant instinct qui le ceinture par la suite ? D’un pas, d’un geste, il se volatilise de nouveau, juste derrière Youri cette fois, pour simplement l’attraper délicatement et le serrer contre lui. Ses bras entourant son abdomen, il ceinture l’homme avec sa force finement dosée, l’empêchant de bouger, de se débattre, le tranquillisant. Dos contre torse millénaire, il l’entoure désormais de ses ailes comme il l’a tant de fois fait dans son sommeil, une douce chaleur se répandant dans ce cocon, de même que cette odeur caractéristique de lessive fraîche et de pin frais.

« Ich bin hier.* »
Je suis là

Il murmure finalement en allemand, d’une voix rauque et tendre, résolue pourtant, son souffle chaud venant chatouiller ses tympans avant de respirer l’odeur de ses cheveux sans le lâcher – jamais. Impossible, à présent.

« Du bist nicht allein.* »
Tu n’es pas seul.

Reprend t’il ensuite, l’un de ses bras, plus musclé qu’il n’y paraîtrait, lâchant la première emprise qu’il possédait - l’autre le gardant toujours résolument contre lui, simplement pour venir poser sa main désormais valide sur les yeux de sa petite chenille fracturée, doucement.

« Nie jesteś sam, Youri. Uspokoić.* »
Je suis là, Youri. Calme-toi.

Les derniers mots, murmurés en Polonais d’une voix plus rauque, auront - il l’espère - un pouvoir apaisant. Lâchant finalement l’homme qu’il entravait, le Grigori le retourne simplement aussi lentement que délicatement pour qu’il se trouve face à lui, finissant par prendre son visage entre ses larges mains, ses pouces venant sécher ses larmes en un geste aussi précis qu’instinctif, ses yeux inquiets fouillant ceux de l'humain qu'il s'extorque à protéger depuis son retour ... Se retrouvant, à cet instant, plus tendre qu’il ne l’a jamais été.

« Nie bój się.* »
N’ai pas peur.
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Message Sujet: Re: GESPENST + youriah Jeu 21 Sep - 23:23


GESPENST

Darko. Darko. Darko. J’entends la vaisselle qui se brise sans l’écouter, ces mouvements provoqués par ce séisme télékinétique et renforçant l’idée que tout échappait à mon contrôle. Une poussée d’adrénaline me fait perdre mes repères, me force à m’en recréer. Je suis à peine capable de sentir ces larmes acides sur mes joues, pour la simple et bonne raison que les accepter signerait mon arrêt de mort. Je ne comprends plus rien. Alors je casse ce qu’il y a à casser, parce qu’il n’y a pas de raison que je sois le seul à l’être.

Je ne l’ai pas entendu arriver.

Je ne l’ai pas entendu, et j’ai souffert du contact qu’il me condamne à supporter. À l’instant même où j’ai senti son souffle sur ma nuque, c’est en oppresseur qu’il s’est présenté. Et aussitôt, j’ai résisté. « LASS MICH LOS ! », avais-je rugi à plein poumons. J’ai réitéré ma demande, plusieurs fois. Je l’ai aussi insulté, mon cerveau d’enfant coincé dans sa langue natale, celle qui lui rappelait plus d’horreurs que de cieux étoilés. J’ai tenté de le frapper, plusieurs fois, ayant alors cette sinistre impression d’être prit dans un étau de diamant. Il avait resserré un peu plus son emprise — ce mur infranchissable, là, plaqué contre mon dos. Tu mérites de crever… toi aussi… tu le savais ! Encore une fois, j’entends la voix sans parvenir à l’écouter.

Darko… répondre à la Voix. Est-ce vraiment ce que je souhaite ? Je ne la reconnais pas encore. La présence est pourtant bel et bien réelle, et elle me ceinture de ses bras. J’ai l’impression d’étouffer. Je somatise. L’angoisse est profonde, la haine aussi. L’incompréhension, elle… va de pair. « Nie jesteś sam, Youri. Uspokoić. » et mes yeux cherchent quelque chose sans le trouver. Le prénom qu’il a utilisé… pourquoi me fait-il ainsi frémir ? Je serre les mâchoires, fort, très fort. J’en chiale encore un peu davantage — et mon corps me dégoûte subitement. Youri. Qui es-tu ? Tu n’es pas moi. Darko… est parti. Darko est loin. Dans les plaines grises. Emporté par une vague de peur, de malheur.
Alors… qui suis-je ?
Sous ma soudaine réflexion, les tumultes télékinétiques freinent leur ardeur déchirante.
Je n’en ai pas conscience, mais ce parfum me ramène à quelque chose de lointain. D’égaré. Je ne fais pas encore le lien. Pourtant, sans parvenir à me calmer complètement, c’est ce souvenir ancré qui me permet de me recentrer un peu plus dans l’instant présent.
Je suis concentré sur ces efforts vains, sur ce corps qui m’échappe, sur cet esprit qui se délave au fil des secondes. Je serre les poings. La douleur commence à peine à piquer, et ce n’est pas la tête. C’est la main. La main qui pleure vermeille, elle aussi. Je lui demande de me lâcher encore une fois. Pas sans oublier la délicatesse. L’une de ses paumes s’échoue sur mes yeux, m'offrant une vision terrible, d’obscurité glaçante. Je me crispe, saisi par l'angoisse. Non !… pas le vide… (L'envie féroce d'attraper sa main et la retirer. Et j'en suis incapable.) Un frisson me parcourt, électrisant jusqu’à ma nuque, qui se raidit sous la sensation. La tête se balance un peu en arrière, et cette fois-ci, il n’était pas question d’essayer de lui enfoncer la mâchoire inférieure.
Darko.
Finalement, je m’échappe miraculeusement de ces liens de chair — et c’est parce qu’il l’a bien voulu. Je retrouve les couleurs, la réalité, mais pas ma totale lucidité. La peur irraisonnée. La Voix… encore là.
Pas seul… je ressens alors l’abandon, ou le fantôme de ce dernier. Je sens mon pouls jusqu’au bout de mes doigts, qui tremblent encore sous le choc. Je pivote enfin et… le vois.
Rouge, encore une fois.
Du rouge partout.


Sans comprendre, je parviens à réfréner (ou quelque chose d’autre ?) une énième pulsion. À moitié. Lorsqu’il ose prendre mon visage entre ses mains, je le lui refuse après deux misérables secondes, d’un geste sec et clairement indocile. « Nie bój się. » « Pierdol się i pocałuj mnie w dupę ! », avais-je rétorqué d’instinct, me contentant de parler comme si un être connu me harcelait. J’AI PAS PEUR! hurlai-je sur mon plan interne, mes prunelles crachant la même rengaine muette - si ce n’est plus encore. Je n’accepte pas. Ni ses mots, ni ceux de Marta, ni de personne d’autre. Pas même les miens.

Mon cœur pompe comme un dingue et j’ai l’impression que tout tourne autour de moi. Les repères… je suis entraîné à m’en trouver, mais il m’arrive parfois de les égarer. J’allai user de la télékinésie mais mon corps me rappela à l’ordre : j’ai reculé d’un demi-pas, pris d’un vertige. J’ai la haine dans le cœur, dans le regard, et jusqu’au bout des lèvres. Même ces yeux qui suintent d’un nectar limpide et âcre en témoigneraient, si ces mêmes larmes ne traduisaient pas aussi l'inconcevable.

La Voix me revient, peu à peu. Effleure une sensation de déjà-vu. C’est surtout le parfum qui s’éloigne qui m’interpelle. Jamais trop tard. Une présence que je croyais onirique était pourtant là face à moi. Sous les traits d’un homme que j’avais déjà rencontré, et toujours fui. Parce que je n’avais jamais voulu de sa compagnie. Je crache sur sa gentillesse, sa pitié. Sur tout ce qui peut le rapprocher de moi. Je secoue un peu la tête, mon expression faciale figée dans quelque chose d’aussi incompréhensible que ce que j’étais en train de digérer. Les yeux presque écarquillés, à le scruter comme un animal prêt à bondir. Pourtant, j’étais loin d’être dans une quelconque ascension. Et encore moins en position de force.

Si loin…

« Kłamca… kłamca… kłamca… » et réalise seulement mon mouvement de recul lorsque je heurtai le mur derrière moi, y collant mon dos nu. Un piège qui se resserre. Darko. Darko. Tu es mort, Darko. Tu es mort. Darko mort. Encore mort. Je veux que tu sois mort. Tu es mort et tu m’as abandonné. Pas encore assez mort.
…depuis quand…sait-il parler allemand ? Mon accent. Polonais ? Ça ne se lit pas sur mon visage, juste un peu. Comment a-t-il su ? Encore un mensonge. Était-il cette chimère qui se perdait dans le noir de ma chambre ? Je ne sais pas. (Je crois que oui.) Je ne comprends plus rien. (Et si c'était lui ?)
Et elle… elle qui ment. Elle qui se cache derrière un morceau de papier, derrière des lignes cernées à l’encre vide.

Je presse mes paumes palpitantes contre mes yeux, me foutant bien du sang qui pouvait les salir. Je ne veux plus voir. Ne plus être vu. N’être plus rien. Juste un fantôme. Rien qu’un fantôme. « Lass mich los… » et je me laissai à mon propre poids, laissant la gravité faire le reste. Le frottement contre ma colonne me brûlai. Plus rien ne bougeait autour de nous. Jusqu’à ce que je sois pris d’une impulsion aussi absurde qu’imprudente : j’avais ramené à moi les bris de verre, de céramique, tout ce qui s’était brisé et n’avait pu être recollé. Tout ce qui avait de tranchant et d’écaillé. Pour les recentrer sur l’épicentre que je voulais bien former.

Qui diable suis-je devenu ?

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I hope I can sleep straight through madness
but I can't even tell when I'm sleeping anymore

…d'odieux mensonges sont prononcés en #8A7799

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Message Sujet: Re: GESPENST + youriah Mar 3 Oct - 0:34

GespenstYouri & Yehuiahwe were out and out, through the storms, throught the night, we were running in the dark, we were following our hearts, and we would fall down, we would slowly fall apart, we would slowly fall into the dark. » Michael Schulte - Falling ApartIl ne s’attendait pas à ça. Oh, évidemment le Grigori savait qu’il résisterait. Il était tout à fait conscient que le frêle corps qu’il contenait sans nulle peine se débattrait, mordrait, frapperait - oui. Youri était un chasseur après tout. Un chasseur devenue proie, certes, mais le loup n’était jamais réellement rendu docile. Indomptable était-il, sauvage resterait-il … Non. Yéhuiah n’était pas si idiot. Il connaissait le jeune homme – assez du moins pour prévoir ses actions enragées, incontrôlée, mordantes, blessantes. Néanmoins ce qui le surpris le plus ne fut point les cris – rugissements de bête, de monstre écartelé aux quatre points cardinaux - mais la vision apocalyptique de son âme déchirée semblant se disperser aux quatre vents. Il sombrait. Cet homme – son humain – s’engouffrait dans des abîmes si noires que l’ange avait peur de ne pas arriver à temps pour l’en sortir, l’en secourir, pour le tirer des affres infernales dans lesquelles il plongeait, tête la première et baissée. Que s’était-il passé pour qu’il en soit à ce point ? Qu’avait-il pu vivre ? Il l’avait autrefois trouvé fascinant et c’était toujours le cas, mais aujourd’hui quelque chose s’ajoutait à cette curiosité innocente. Un désir. Sombre. Puissant. Inutile, incompréhensible et pourtant là, présent, le rongeant peu à peu mais sûrement - le marquant au fer, profondément.

« LASS MICH LOS ! »

Avait rugit le jeune homme, plusieurs fois, ramenant les pensées du Grigori au présent.

« Nie. Nigdy.* »
Non. Jamais.

Avait-il ainsi répondu peu après de sa voix grave, tonnante, tremblante - sa grâce s’échappant peu à peu de son corps comme une lueur d’espoir agonisante. Non. Jamais. Car si il le laissait réellement partir, il ne pourrait plus espérer l’atteindre, et il le savait – le sentait. Alors, malgré les protestations inconvenantes, malgré les gestes indécents du bipède, Yehuiah n’avait eut cure de son geste de recul – de rejet. Il fronça simplement les sourcils le temps d’une seconde en réponse, avant qu’un mince sourire ne vienne étirer ses traits tirés, angoissés – voilà qu’il montrait son véritable visage, celui que ses frères et soeurs avaient jadis connu.

« Nie pozwolisz mi tego robić.* »
Tu ne me laisserais pas faire cela.

Cette tentative d’humour foireuse, Youri l’aurait certainement apprécié dans son état habituel, d’autant plus que cela ruinait prodigieusement tous les efforts que le soldat avait fait jusque là pour rester irréprochable. Mais alors que le temps semblait le séparer de l’humain sur lequel il avait jeté son dévolu, il refusa pourtant de se laisser abattre – implorant son père et tout son bon sens dans sa quête.

« Jestem tu dla ciebie.* »
Je suis là pour toi.

Reprit-il avec plus de sérieux cette fois, avant que Youri ne recule de plus belle, se retrouvant au mur, criant à nouveau. Est-ce que cela allait-il finir un jour ? Comme une réponse muette à cette question, les ailes du grigori se déployèrent soudain, les plumes claquant l’air, sa fragrance embaumant tout l’appartement. Il ne se téléporta pas. Pas cette fois. Il franchit la distance comme si elle n’avait pas été – elle n’existait de toute façon pas – avant de prendre les mains tachées, coupées, mutilées de l’homme dans les siennes avec cette autorité qui le caractérisait – bien que lentement, lui faisant lâcher les bouts de verres en les enfonçant dans ses propres paumes – les absorbant totalement, faisant simplement disparaitre les autres d'un mouvement sec.

« Spójrz na mnie. Spójrz na mnie, Youri.* »
Regarde-moi. Regarde-moi, Youri.

Ignorant la douleur et le sang de son véhicule qui gouttait, il avait murmuré cette phrase en resserrant son étreinte sur ses mains doucement mais sûrement, sa grâce chaude au toucher rayonnant un peu plus tandis qu’il soignait le jeune homme de ses plaies dans un même mouvement.

« Wiem, kim jesteś.* »
Je sais qui tu es.

Murmura t'il à nouveau. Et si lors de sa première étreinte il tentait vainement de contenir l’esprit du jeune homme entre ses doigts, c’était à présent l’inverse : tentant de le libérer de l'emprise qu'un autre exerçait, invisible. Son regard bleu flamboyait désormais à cette fin, cherchant l’accès à cette porte condamnée pour le retrouver, armé pour éradiquer la peur – ce même sentiment qui aurait dû lui être étranger mais qu’il avait pourtant goûté trop de fois. Il savait, oui. Il savait que la plaie trop profonde pour qu’il puisse contenir ce désespoir, cette rage. Mais il l'avait vu. Il l'avait vécu, mais cela ne changeait rien au fait que, malgré sa condition, malgré sa croix, il croyait encore, priant pour que le bien triomphe – que la lumière l’emporte sur cette couleur abjecte qu’était le Noir. Que pouvait-il faire de plus à part essayer encore et encore ? Youri Sojka n’était pas n’importe qui, après tout. Il était un humain, son humain, doublé d’une espère de tête de mule bornée et acariâtre, un petit con qui se battait et qui n’avait pas pour habitude d’abandonner quoi que ce soit.
Personne. Il n’autoriserait personne – pas même Destinée elle-même – à se mettre en travers de son chemin alors qu'il avait décidé de le sauver.

« Słuchaj mojego głosu, Youri. Posłuchaj mojego głosu i pójdź za nim. Nie jesteś sam. Nie zostawię cię.* »
Écoute ma voix, Youri. Écoute ma voix et suis-la. Tu n'es pas seul. Je ne te quitterai pas.

C’est ainsi qu’il reprit, d’une voix plus forte et pourtant plus douce, lâchant les mains cicatrisées du jeune homme pour poser les siennes – également saines - sur ses épaules, l’ombre de ses ailes grandes ouvertes se projetant sur les murs.

« Przyjdź ponownie mi. Przyjdź ponownie mi, teraz.* »
Reviens-moi. Reviens-moi, maintenant.

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GESPENST + youriah

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