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 To keep moving on || Ft Charlie Bradbury

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Message Sujet: To keep moving on || Ft Charlie Bradbury Mar 8 Aoû - 5:30

en cours

sujet privé ; ft. Charlie Bradbury

type ❖ temps présent

date ❖ Fin Avril 2016

informations spatio-temporelles ❖ Temps humide, il fait nuit depuis quelques heures à présent. L'action se passe au fin fond des marais du sud de la Louisiane, communément appelé Bayou.

intervention du MJ ❖ non merci

Autre ❖ J'espère que tout ira pour le mieux Pour la bicoque d'Eli dans le Bayou, pense à celle de Tia Dalma (Pirates des Caraïbes) pour te faire une idée.

© HELLOPAINFUL; revisité par SHADOW





to keep moving on
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La silhouette s’élance, de sa démarche sûre et gracile, se mouvant dans les ombres dans un silence épuré parfait, prenant garde à ce que ses jupons et son châle ne se prenne pas dans les branches vindicatives. Elle pourrait faire partie de ce monde, si seulement sa forme humaine ne trahissait pas sa nature, si seulement elle n’était pas si vieille. Voilà plus de deux semaines qu’elle s’est ré-établie ici, dans ce qui fut sa seconde demeure, petit cottage où elle passait son enfant voilà plus de deux cent trente ans plus tôt. Elle se souvient encore du bois craquant sous ses pas légers, des histoires que la vieille sorcière lui racontait. Le feu dansant devant ses prunelles, loin dans l’âtre de fortune, les recettes épicées lui mettant l’eau à la bouche, les couleurs du verre brisé accroché au plafond ne donnant rien à envier aux modernes discothèques. Le bruit de l’eau dormante, parfois brisée par une ondulation majestueuse et sordide, les parties de pêches endiablées et l’apprentissage de coutumes et rites plus qu’anciens et sacrés. Que lui reste t’il de son enfance outre ces maigres souvenirs ?
Un pas après l’autre, elle s’enfonce dans les marais qui en rebuteraient plus d’un, laissant derrière elle le petit bateau à moteur qu’elle a troqué contre son ancienne pyrogue. Armée d’une lanterne écorchant la nuit et d’un simple panier d’osier, elle est sortie de son gîte pour chercher quelques racines et se changer les idées. Une partie d’elle-même est restée à Chicago, son attention focalisée sur l’homme qu’il lui a fallut quitter, sur l’enfant qu’elle a laissé malgré elle, sur le familier pour lequel elle s’inquiète. Elle sait que son fils adoptif , Gareth Stupide Styne, ne viendra pas la chercher ici, simplement car il ne sait rien d’elle concernant cette partie de sa vie. La Nouvelle Orléans, le Bayou – désignant ici plus que les bras du Mississipi mais bel et bien l’étendue marécageuse du Sud de la Louisiane, pays des Cadiens. Son instinct jubile, elle retrouve une jeunesse perdue – la voici à nouveau enfant, bien qu’ayant un regard d’adulte. Elle a retrouvé le chemin de sa maison sans trop d’ennuis, ayant pensé pourtant qu’elle ne serait plus après tant d’années. Faut-il croire que les sortilèges que cette femme avait posé étaient encore en vigueur, et à part devoir réparer les nombreuses fuites et consolider le bois quelque peu pourri, raviver les couleurs, passer le balais et faire les poussières … Tout était encore à sa place, jusqu’aux cadavres de buses à queue rousse, jusqu’aux cranes humains suspendus, jusqu’aux vieilles fioles poussiéreuses contenant on ne savait plus quelle potion mystérieuse et même la vieille marmite qui servait pour le si savoureux gombo. Elle avait retrouvé d’anciennes affaires à elle, qu’elle avait laissé lors de sa dernière antique visite – elle n’avait pas remis les pieds ici depuis si longtemps. Pourtant elle n’avait pas l’intention de s’y établir pour longtemps, non. Elle visait une toute autre bicoque, celle-ci ne servant qu’au repos, celle-ci ne faisant office que de radeau de fortune lorsqu’en danger elle avait l’impression de se noyer au fond des sombres eaux. Un tremplin vers une vie meilleure, voilà ce qu’était cette cabane dans les arbres était faite : suspendue entre les mondes, la magie opérait, comme un miracle.
En attendant, elle avait simplement déposé ses valises, ses plus maigres possessions, le reste étant en route, pour ne pas dire déposé, dans son futur chez elle. Elle avait connu la bâtisse de nombreuses années auparavant, y ayant également vécu. Elle avait appartenu à son défunt mari, le premier, celui qu’elle avait aimé de tout son jeune coeur d’adolescente, celui qu’elle n’avait pu sauver de la maladie. Elle y avait abandonné son premier enfant aux bras d’une amie de confiance, bâtard né qu’ils auraient tué sans sommation, avant de partir elle-même pour de nouveaux horizons – à la recherche de ses origines perdues. Elle était encore humaine alors, le temps ne s’étant pas encore figé sur ses traits – elle était encore naïve. La bâtisse avait été mise en vente, énorme, monstrueuse, les descendants du frère de son mari ayant à présent d’autres villas où vivre – ce qui lui convenait parfaitement. Il lui faudrait sans doute des semaines pour découvrir les secrets de la bâtisse et la protéger comme il convient, en attendant de simples sorts suffiraient. Du peu qu’elle avait vu, ils n’avaient pas changé toutes les décorations – un autre miracle après plus de deux cent ans d’existence, et elle entendait remettre à neuf l’endroit complètement. Située à une heure et demi de là, la bâtisse étendait ses coteaux au milieu d’une nature luxuriante et laissée à l’abandon, à une demi heure en voiture de la ville la plus proche. Perdue au milieu de nulle part, c’est ce qu’elle aimait être par dessus tout, comme ce soir où le dangereux Bayou susurrait à nouveau les comptines de son enfance.

Elle ne s’attendait pourtant pas à ce qui allait suivre. Rares étaient les touristes à venir se perdre ici, simplement car, outre le temps humide, même les villageois les plus aguerris n’osaient s’aventurer dans cette partie des marais. Les légendes, en partie fondées par quelques histoires véridiques, effrayaient encore les habitants, outre le fait que le bourbier était d’un danger sans nom à celui qui ne savait voir, sentir et écouter. Pour une sorcière, c’était simplement parfait – et elle qui aimait la tranquillité en avait autant qu’elle le désirait ici. Elle était la seule, à sa connaissance, à réellement savoir les trésors dont ce lieu regorgeait, bien qu’elle restait toujours sur ses gardes lorsqu’elle sortait, toutes les créatures – naturelles comme surnaturelles – étant loin d’être toutes amicales. Qu’est-ce qu’un stupide bipède outre qu’elle venait donc faire ici de ce fait ? C’est la question qu’elle se posait alors que des bruits inhabituels retentissaient, sortes d’appels à l’aide désespérés, murmures étouffés par l’eau stagnante et les caresses aquatiques provoquées par quelques alligators situés à quelques mètres. S’approchant prudemment alors, laissant sa vieille lanterne d’un autre âge datée des années 1900 éclairer brièvement son chemin, elle ne s’arrêta net qu’une fois le corps de la pauvresse en vue, sans pourtant prendre la peine de poser son panier ou de dévoiler entièrement ses traits. Pas tout de suite, non. On ne savait jamais.

« Qui êtes-vous et que venez-vous faire ici ? »  

Sa voix, claire, retenti comme un coup de tonnerre, perturbant l’équilibre et le calme de la faune et la flore tout autant que la présence indésirable du corps étranger. Si elle avait su, oui. Si elle avait su … Mais Elizabeth était ainsi, depuis le premier jour. Si elle avait su. Elle l’aurait tout de même sauvée.
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Message Sujet: Re: To keep moving on || Ft Charlie Bradbury Sam 12 Aoû - 16:00

[HJ] Si quelque chose ne va pas, n'hésite pas !

To keep moving onElizabeth & Charlie

Le ronronnement du moteur de la voiture s'efface alors que j'enlève les clefs du contact. Mon corps s'affaise dans le fauteuil alors que ma tête bascule en arrière. Yeux fermés. Je me contente d'écouter la douce et mystérieuse mélodie que la nature me chante à travers les fenêtres ouvertes. Un instant, j'ai presque l'impression d'arriver à tout oublier. Tous les problèmes, toutes les souffrances, les fuites, le chaos suprême qu'est ma vie... Il n'y a plus que des bruits inconnus qui semblent embarquer mon imagination sur des terrains dangereux. La plupart des gens que je connais ne me reconnaîtraient sûrement pas dans cette situation. Mais quoi que je puisse dire ou faire, je devais avouer que j'aimais le calme, la solitude, la nature. Pas tout le temps, pas longtemps, mais de temps en temps, ça faisait un bien fou. Juste être là, au milieu de paysages bien plus réels que ceux qu'aucun livre ne pourrait décrire, mais tout aussi envoûtant.

La louisiane n'est pas vraiment le coin des Etats Unis que je connais le mieux. J'ai dû y atterrir une ou deux fois, il y a quelques années, quand je me contentais de courir à travers le pays comme une folle. Sans but. J'en avais un, maintenant, je ne courrais plus juste pour courir, mais était-ce mieux ? Il m'arrivait de me le demander. De regretter cette époque où je n'avais pas d'attaches et où je ne me posais pas de questions. Qui dit amis, dit inquiétude. Encore plus quand les dits amis sont embourbés jusqu'à la tête dans le surnaturel. Maintenant, je courrais pour les aider. Et c'était justement pour cela que j'étais arrivée jusqu'ici. Le fin fond des marécages.

Enfin, pas exactement. La vérité était que rien ne m'obligeait à venir ici, sinon ma propre soif d'expéditions en contrées dangereuses. Je m'étais tout d'abord installée dans un motel, en banlieue d'une petite ville à un peu plus d'une heure de route d'ici. Il est étonnant, finalement, que je ne sois pas venue ici plus tôt. La louisiane était ce genre d'endroit dont le nom vous évoque tout à coup un folklore éclatant, des légendes et des mystères, de la magie et des secrets. Je m'y connaissais peu, mais avais l'espoir d'y remédier. Surtout, j'espérais que, quelque part par ici, que ce soit au fond d'un marécage ou d'une bibliothèque aux ouvrages plus poussiéreux les uns que les autres, se trouve un indice, une piste, un quelque chose, qui puisse guérir Dean. J'étais patiente, mais je sentais parfois le désespoir me gagner à force d'essuyer les échecs. Peu importe ce que je trouvais, même si c'était minime... Ces espaces regorgeaient de tant de savoir magique, qu'il devait bien y avoir quelque chose.

C'était donc cela, la raison qui m'avait poussée à poser les pieds par ici. Ensuite, au motel... Je n'avais pas vraiment pu résister. Ma petite voiture jaune citron m'avait amenée bien loin de la civilisation, et je ne m'étais arrêtée que lorsque le terrain devenait difficilement praticable avec un véhicule. Je m'étais tout de même munie d'une arme par précaution – aventureuse, mais pas suicidaire.

Je mets quelques instants, avant de me décider à sortir. IL n'y a personne, pas un bruit. Je ne prends pas mon Ipod, alors que j'aime d'habitude avoir de la musique dans les oreilles quand je me ballade. Pas aujourd'hui, pas maintenant. Il y a comme une harmonie, une pureté dans ce lieu, que je ne peux me permettre de briser ou de tâcher. Alors, j'avance doucement, lentement, mon regard d'opale se perdant dans les reflets verdâtres et les ombres se mouvant avec langueur. Je fais attention à l'endroit où je mets les pieds, et tout va bien pour un moment. Je me prends même à sourire. Pas un de ces grands sourires que je sers à tour de bras avec mes amis, pas un sourire éclatant de joie et de malice. C'est un sourire plus fin, mais non moins profond. Il arbore un flottement nostalgique, sur mon visage, alors que je me revois tenir la main de Dorothy. C'était au tout début de mes aventures à Oz, et elle m'avait emmené dans un petit coin secret, qui n'avait jamais été décrit dans les livres. Un lieu teinté de mystère, un peu comme ici.

Sauf qu'ici... J'étais seule.

Et cette pensée semble suffisante pour me distraire et me faire oublier, histoire d'un instant, où je mets mes pieds.

Heureusement pour moi, mes grosses chaussures de rando ralentissent ma chute, alors que la moitié de mon corps glisse dans les marécages. J'arrive à me rattraper de justesse à un tronc d'arbre, et essaye de l'aggriper plus fermement. Mais je sens mon corps s'embourber, s'enfoncer, s'enliser. Hapé par les caresses de la nature, tentacules humides et implacables Et les bruits autour de moi se multiplier. Des petits cris m'échappent, de maigres appels à l'aide – bien que je sais qu'il n'y a personne. La panique m'atteint vraiment, lorsque, tournant la tête, je remarque une forme verte à quelques mètres raser la surface dans ma direction. Un caïman ? Un aligator ? En tout cas, un quelque chose dans ces eaux là – sans mauvais jeux de mots. Et puis, un autre bruit, de l'autre côté, un bruit humain, un bruit de pas. Peut être ne vais-je pas mourir aujourd'hui... Ou pas. Parce que la silhouette apparemment féminine, ne semble guère disposée à m'aider pour le moment. Je hausse les sourcils.

« Vous... ne voulez pas m'aider à m'en sortir, d'abord ? S'il vous plaît ? »

Je soupire, me mords la lèvre. Bien sûr que non, elle l'aurait déjà fait, sinon. Vite, improvise un nom. C'est que je commençais à être douée à ce jeu... Quel triste talent.

« Je m'appelle Carrie, et... ce que je viens faire ici... Longue histoire. »

Je réussis à affermir ma prise et me tire un peu hors du marécage. C'est pas gagné. Mais c'est en bonne voie... Si elle voulait bien avoir un peu de pitié, ce ne serait pas de refus.

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Message Sujet: Re: To keep moving on || Ft Charlie Bradbury Dim 3 Sep - 10:41


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C’est une enfant de la nature. C’est ce que lui souffle son instinct, étrangement, alors que sa dégaine semble pourtant prouver le contraire. Que venait faire cette créature dans les marais ? Un froncement de sourcil, un soupir, avant qu’un sourire étrange ne vienne étirer ses traits. Cette petite a du courage à revendre, mais bon nombre d’idiots en ont tout autant lorsque l’heure de la mort approche – d’autant plus que rien ne prouve qu’elle soit sincère. C’est fou ce que l’on est capable de dire pour que la torture s’arrête, c’est fou le nombre de mensonge que l’on est capable d’avouer pour échapper à la fin.

« Très bien. »

Elle souffle pourtant d’une voix rauque, après quelques secondes, avant de s’avancer pour l’aider. User de sa magie devant la petite est une mauvaise idée, mais c’est pourtant ce qui reste le plus efficace pour la tirer de là sans encombre et sans risquer de se faire croquer – car bien que Nestor l’Aligator soit un farceur, il semble réellement affamé. Fixant la demoiselle, elle se rapproche alors assez pour n’être plus qu’à quelques mètres, mais trop peu pour pouvoir toucher la prénommée Carrie. A vrai dire, il faudrait être un acrobate pour pouvoir la tirer de là, ou avoir des liens à lancer – ce qu’elle n’est et n’a pas. Ne pesant pas lourd non plus, elle ne se risquera pas à venir tirer la demoiselle à la force de ses bras – ce serait là un exercice aussi désagréable que ridicule, pour les deux. Non, rien à faire. Maugréant dans sa barbe doucement, elle fixe son environnement, avant de finalement tendre la main vers la jeune femme, jusqu’à sentir son poids au creux de sa paume. Si habituellement l’exercice ne lui aurait pausé aucun problème, les derniers événements l’ont malgré tout considérablement affaiblie – assez, du moins, pour que soulever un simple être humain lui demande de reprendre sa respiration. Pathétique. Il ne lui faut pourtant pas plus de dix secondes pour faire l’éviter le corps de la jeune femme, après l’avoir arrachée à la prise séductrice de la terre boueuse. Un sourire parvint même à étirer un peu plus ses lèvres lorsque le marécage grince de dépit, maugréant en une sorte de succion métallique et de glougloutement affreux mêlé la perte de sa proie. Penchant la tête, elle dirige ensuite sa main vers la terre ferme - le corps suivant la direction demandée, avant de la baisser tranquillement jusqu’à ce que la jeune femme repose sur son séant trempé, sa respiration courte et inaudible étant le seul indicateur de combien elle peut-être diminuée.

« Les marécages ne sont pas véritablement l’endroit rêvé pour du tourisme en raison de leur caractère hautement dangereux. Même les plus aguerris ne viennent pas s’aventurer dans cette partie reculée. »

Elle reprend alors parole sans s’approcher plus, quelque peu contrariée - comme si secourir les gens de leur propre idiotie lui arrivait tous les jours -, sachant pertinemment que la jeune femme cherche quelque chose de particulier en ces lieux. Quoi cependant ? Elle le saura bien assez tôt. La fixant, la jaugeant du regard, elle finit cependant par souffler après un moment de silence, d’une voix bien plus douce qu’auparavant.

« Si vous êtes capable de marcher sur vos deux jambes, suivez-moi. »

La conduire à l’abri, en ville parmi les siens, semble la meilleure chose à faire à présent. Cependant, ce n’est pas non plus ce qu’elle fera. Non. Pas plus qu’elle ne dévoilera son identité pour le moment – elle n’enlèvera pas son capuchon non plus – car quelque chose guette, patiemment et qu’elle n’est pas d’humeur. Où aller alors ? Une faible lueur amusée éclaire désormais ses traits en réponse.

« A moins que vous ne préféreriez retomber dans l’un des nombreux pièges du marécage, bien entendu. »
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Message Sujet: Re: To keep moving on || Ft Charlie Bradbury Dim 17 Sep - 18:10

To keep moving onElizabeth & Charlie

Ca y est, j'allais mourir. J'avais vécu en cavale pendant des années alors que je n'étais qu'une gosse, j'avais échappé aux léviathans et à un certain nombre d'autres monstres, j'avais survécu à une guerre séculaire au pays d'Oz, j'en étais revenue vivante ; et j'allais crever bêtement au fond d'un marécage de Louisiane, en servant de repas à un foutu aligator. Même pas une créature surnaturelle. Même pas dans les bras de Scarlett Johanson. Oui, si par le plus grand des miracles je devais mourir de vieillesse, ce serait avec elle, dans son lit, bref, je vous épargne les détails. J'avais un peu dû abandonner l'idée depuis que j'étais devenue chasseuse mais... Mais du coup, je m'attendais à une mort un minimum héroïque. Pas comme ça. J'ai glissé et je me suis faite bouffer. J'avais lu il y a quelques années un bouquin (ne me demandez pas le titre, je l'ai totalement oublié) dans lequel une gamine de treize ans se retrouvait paumée en enfer et y jouait à la délinquante – j'étais sûre de faire pareil, sauf que moi j'aurai une excuse pourrie pour ma mort.

Sauf que finalement, la nouvelle venue décide de m'aider. Je m'y attendais pas trop, et lui tend ma main par instinct, tentant de maintenir ma prise de l'autre jusqu'à ce que je sente qu'elle me tient fermement. Elle semble étrangement avoir une force bien supérieure à celle qu'indique sa physionomie plutôt fine, mais sur le coup, je ne me pose pas trop de questions. Je m'estime déjà extrêmement heureuse d'être sauvée. Quoi que, d'un autre côté, mourir comme ça me corresspondait plutôt bien. Tellement gaffeuse et inconsciente, il fallait bien qu'un jour je subisse les conséquences de mes agissements. Sa main ne me touche qu'à peine, ou même pas, je ne suis pas sûre, pas sûre de vraiment comprendre ce qu'il se passe. Mon corps s'extirpe des tentacules voraces du marécage, c'est tout ce qui m'importe. Et avant que je ne puisse saisir le fait que mon corps flotte réellement dans les airs, mes deux pieds se reposent sur terre, sur une terre ferme et solide. Un soupir de soulagement ne peut s'empêcher de s'échapper de mes lèvres. C'est un regard déconcerté que je lève vers elle.

« Merci... »

Une étrange froideur semble émaner d'elle, sensation qui me vient sûrement du ton glacial avec lequel elle s'est adressée à moi jusqu'ici. Pourtant, elle n'est pas menaçante non plus, et elle m'a aidée. Il est vrai qu'elle a toutes ses raisons de se comporter ainsi, il doit être rare de voir qui que ce soit s'aventurer aussi profond dans les marécages. Que voulez vous... Je renifle un instant, contemplant mon jean et mes doc marteens dont la couleur bordeaux est tout à coup moins éclatante. Mais surtout je pue.

« J'ai vraiment l'air d'un Nazgul en tongs ! » marmonnais-je pour moi même.

Ce n'était pas si grave, j'avais l'habitude. Pas spécialement d'être couverte d'une étrange substance gluante, mais d'être sale après être allée crapahuter dans un coin déconseillé. Je relève les yeux vers ma vis à vis, qui ne semblait vouloir se dévoiler. L'obscurité semblait dessiner d'étranges contours sous son capuchon, qui m'empêchait de me faire une réelle idée de ses traits. Ils semblaient cependant assez fins, en accord avec sa silhouette. Elle reprit rapidement la parole, et je lâchais un petit rire, bien inapproprié en ces circonstances.

« On m'a souvent dit que j'étais folle et inconsciente. Il faut bien que je fasse honneur à ma réputation. »

Je me crispe à peine alors qu'elle se rapproche. Seule, dans un environnement hostile, face à une inconnue bien plus familière du milieu que moi... Et peut être même pas humaine. Je devrais sûrement avoir bien plus peur. Il faut croire que j'ai pris l'habitude de ces situations desquelles j'arrive toujours à me tirer de justesse. Je laisse un instant mon regard couler sur les arbres, les marécages agités de tranquilles remous, les ombres mouvantes au creux de la nuit. Un calme trompeur, un calme dangereux. Oui, je crois que je n'ai guère d'autre choix que de la suivre, bien que cela ne m'enchante guère... Méfiance est mère de sûreté, c'est bien ça le proverbe ? Son ton tout à coup plus doux ne me rassure qu'à peine. Mes dents viennent taquiner ma lèvre, avant que je ne me décide à acquiescer. L'ombre d'un sourire aux lèvres, je ne sais pas trop pourquoi. L'adrénaline ?

« J'ai dit inconsciente, pas suicidaire. Je vous suis. Où m'emmenez vous ? »

Je repris rapidement, juste après lui avoir emboîté le pas.

« Je vous ai dit mon nom, j'ai droit au vôtre ? Je vais pas vous appeler la dame aux marécages ou un truc dans le genre, quand même... Quoi que, ça peut avoir du style, non ? Mais à la longue, c'est pas super pratique. »

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Message Sujet: Re: To keep moving on || Ft Charlie Bradbury Dim 1 Oct - 10:18


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Elle guette dans la nuit des feuillages le moindre mouvement annonciateur du malheur. Si elle détient la permission du maître des lieux de s’aventurer chez lui, il serait idiot de penser que les autres la détienne également. Après tout, le familier vivant là doit bien avoir au bas mot quatre cent ans, et n’est pas le genre à faire dans la dentelle. Il est plus à même de la dévorer … Elle secoue la tête, chassant ses pensées pour se reconcentrer sur l’essentiel.

« Il n’en est rien. »  

Sa voix répond à ses remerciement plus doucement que toutes ses précédentes paroles, ses yeux revenant darder l’âme de l’inconsciente. Qui peut-elle être dans la réalité ? Tant de questions – trop de questions, et un mouvement fluide attire à nouveau son œil vers les marécages plus profonds. Il a senti son odeur. Mauvais signe. Elle devra lui apporter une double ration de poulet dans les jours prochains, à moins qu’il ne lui envoie son fils pour parlementer … Elle soupire, avant de secouer la tête et offrir un sourire à moitié mangé par l’ombre de sa capuche.

« Il y a toujours pire que le mélange d’un nazgul et de ... tongs. Imaginez l’enfant de Dobby et Gollum apprêté comme Cendrillon le soir du bal. »  

Elle hausse les épaules à sa petite farce, démontrant ainsi qu’elle connaît certains classiques. Il aurait été idiot de passer à coté du premier pour tout dire – quand au second … Ah le second. La première guerre mondiale faisait rage alors et si désormais ses traits s’estompent dans sa vieille mémoire, elle se souvient encore de sa fougue – sa passion lorsqu’il lui parlait de ses essais, de son univers naissant alors qu’elle lui prodiguait les soins nécessaires à sa survie. Elle avait par la suite continué de suivre ses progrès de loin et avait aimé ses œuvres sans toutefois plus le contacter – c’était aussi inutile qu’inapproprié alors – ils avaient tous deux changé de vie depuis fort longtemps.
Revenant sur terre, elle hoche la tête doucement à la suite, reprenant d’une voix plus douce – presque maternelle – bien qu’également décidée, comme si elle donnait une leçon sans pourtant autant réellement gronder la demoiselle.

« Savoir rester en vie est plus important que préserver une médiocre réputation. Marchez dans mes pas. Je vous ramène en sureté. »  

En sûreté n’est guère un lieu défini, il est vrai. Mais la jeune rousse devra se contenter de ça pour le moment, Elizabeth préférant garder ses indications pour elle – il ne manquerait plus qu’elle ne revienne se perdre en tant de retrouver sa maison. Bicoque antique grinçante préservée par d’anciens sortilèges à foison qui plus est ... Après un dernier regard vers l’eau calme, elle se détourne enfin, ré-empoignant lanterne et panier en osier remplit dans ses mains frêles avant de reprendre sa marche à travers le bayou comme si l’affaire était conclue ... comme si cela ne constituait aucun effort. Tout ceci n’est bien évidemment qu’un trompe l’oeil car, à qui sait réellement voir, la sorcière pose se yeux partout, - sur chaque détail - comme désireuse de quitter l’endroit inhospitalier au plus vite. Dans les bruissements inaudibles l’ombre se rendort, et elle sait que la prochaine rencontre sera certainement moins amicale – mais qu’importe. Elle décidé de sauver une vie, aussi pénible puisse t-elle se révéler par la suite … Bien que pour le moment, ses babillages agaçants soient légitimes.

« Elizabeth est mon prénom. »

Sa voix résonne à nouveau dans le silence, après plusieurs minutes, tandis qu’elle se stoppe net pour se retourner à demi, fixant Carrie, son panier emplit d’étranges racines et morceaux d’écorces serré contre elle, sa lanterne oscillant se rapprochant de son visage sans toutefois parvenir à l’éclairer correctement. Il lui faudra à nouveau se contenter de cette maigre réponse, bien que contrairement à la jeune écervelée, Eli n’a pas menti. Pour tout dire, la jeune femme peut bien lui offrir tous les surnoms qu’elle veut, elle n’en a cure – elle n’a pas l’intention de la revoir par la suite, ne désirant pas non plus réveiller les vieilles légendes enfouies qui habitent ses lieux et la prennent pour cible.

« A partir d’ici, le sentier est plus sûr. Prenez garde à ne pas vous faire coller par des sangsues, elles transmettent de nombreuses maladies. »

Et sans un mot de plus elle se détourne à nouveau et, comme par miracle, semble retrouver le chemin menant à sa petite barque, quelques mètres plus loin. La luminosité elle-même semblant plus clémente et la végétation, bien que dense, moins étouffante, il est plus facile de se repérer. Une fois la barque bien en vue, elle se baisse pour poser ses effets sur le sol avant de finalement enlever sa capuche et lancer un regard insondable à l’indésirable jeune fille. Ses traits à découverts, ses boucles brunes élégamment coiffées maintenue par une pince, elle se révèle certainement être plus jeune qu’il n’y paraît, figée dans ses trente-six années de vie.

« Vous n’avez pas répondu à ma première question. Qu’êtes-vous venue faire ici ? »

Elle n'y coupera pas. Et si Elizabeth ne demande pas l'histoire intégrale, Carrie a tout intérêt à s'exécuter si elle ne veut pas rentrer à la nage.
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Message Sujet: Re: To keep moving on || Ft Charlie Bradbury Dim 1 Oct - 20:49

To keep moving onElizabeth & Charlie

La créature féminine semble doucement changer à mesure que je me tiens devant elle, depuis que je suis sortie de mon faux pas. Plus douce. Moins froide. Je ne vois pas ses traits, mais je peux presque deviner qu'ils sont un peu moins durcis que tout à l'heure. Ou du moins, je l'espère. Sa voix en tout cas me l'indique, et c'est un soulagement un peu inespéré. Un soulagement ? Qu'à moitié, tout de même. On ne sait jamais. Toujours se méfier des inconnus dit on aux enfants, ils peuvent être mal intentionnés. Ca reste vrai. Mais surtout, méfions nous des inconnus, ils peuvent ne pas être humains. Je ne dis pas que tout ce qui est humain est bon et tout ce qui ne l'est pas est mauvais, ce serait tellement beau, tellement simple ; mais tout n'est pas noir est blanc. Le fait est qu'en général, ce qui n'est pas humain est quoi qu'il en soit puissant, et doit souvent se nourrir de chair fraîche humaine pour survivre. Ou un truc dans le genre. J'étais pas aussi bornée que certains autres chasseurs, peut être parce que je n'étais pas complètement une chasseuse – ou depuis peu en tout cas. J'avais été à Oz, j'avais vu des paysages, rencontré des gens, des créatures. Surtout, je rêvais depuis toutes petite de mondes merveilleux et de choses non humaines. Je n'étais souvent pas assez méfiante pour mon propre bien, et étais en train d'essayer de corriger cela. C'était pas gagné. Vraiment pas. Mais peut être que quelques efforts me permettront de sauver ma vie une ou deux fois de plus... Aujourd'hui peut être.

Je ne restais pourtant que peu sur la défensive. Peut être parce que je n'avais pas envie, n'arrivais pas à l'être, avec quelqu'un qui venait de me sauver la vie. Et de toute façon... Nous étions seules. Elle connaissait bien évidemment mieux les lieux que moi, et avait donc l'avantage si jamais elle avait de mauvaises intentions. Elle me propose pourtant son aide, et son ton plus doux me pousse à l'accepter. Ca... Ca et le fait que je me rende compte qu'elle sait de quoi je parle quand je parle de nazgul. Bordel. Qui l'eût cru. Baladez vous en ville, c'est l'enfer pour trouver UNE personne cultivée qui regarde autre chose que Twilight. Perdez vous dans les marécages du coin le plus paumé du pays, et la première personne que vous rencontrez sait. Elle est pas belle la vie ? Des fois, j'avais quand même de la chance. J'esquisse un petit sourire amusé mais timide. L'ambiance ne semblait guère à l'humour en apparence, et ma gêne était palpable. Mais tout de même. C'est plus ou moins elle qui avait commencé.

« Au moins, il aura un nez. Déjà ça de plus par rapport à Voldemort. »

Ok, quand j'improvise sans être 100% à l'aise, c'est jamais top. Mais parler à une inconnue encapuchonnée habituée des milieux humides peuplés de caïmans... Il n'y avait rien pour me mettre à l'aise. Sauf son ton, comme déjà dit. C'était déjà ça. J'ai étrangement bien envie de bouger pourtant, au moins m'éloigner des zones les plus marécageuses. J'adore le décor pourtant ; avoir été prise au piège n'enlève rien à ça. Je me souviens d'Oz, dont certains recoins étaient emplis de charmes tout aussi sombres et mystérieux. Mes dents viennent mordiller ma lèvre inférieure alors qu'elle me gronde gentiment. J'aime pas trop quand on m'adresse à moi sur ce ton, mais ce n'est pas le moment de fâcher mon hôte. C'est juste que je suis grande et autonome depuis longtemps – j'ai été forcée de le devenir dès mes douze ans. Paradoxalement, je pouvais parfois paraître si enfantine... Charlie, toujours joyeuse, toujours folle. Pour le deuxième, oui, je l'étais définitivement. Pour le premier, pas tout le temps, non. Mais c'était une autre histoire, une autre affaire, d'autres questionnements, que je chassais d'un mouvement de tête. Après quelques secondes crispée, je me contente d'acquiescer à ses paroles. SI elle m'amenait en sûreté... La notion pouvait être relative, et rien ne me permettait de la croire sur parole. En revanche, je n'avais pas d'autre choix. Je n'allais pas lui fausser compagnie aussi directement, je ne me voyais pas faire cela. Une part de moi demeurait curieuse... Une inconnue vêtue d'une grande cape, s'avançant entre les ombres, reine de contrées dangereuses... Ca ressemblait un peu à la quatrième de couverture des bouquins que je trimballais partout avec moi. Ok, j'avais compris que le vrai monde n'était pas aussi magique que la fiction, mais tout de même. J'étais d'humeur aventureuse, même après ma petite rencontre avec l'habitant des lieux. Je m'arrête brièvement, alors qu'elle me donne enfin son prénom. Vrai ou faux, peu importait. Je pouvais mettre un nom sur un visage – ou plutôt une silhouette.

« Enchantée alors, Elizabeth. »

Retournée vers moi, je ne distingue toujours qu'à peine ses traits, pourtant je sens son regard. Fort, puissant, me fixant d'une drôle de manière. Elle me scrutait, sans que je ne puisse réellement la voir ou lui rendre la pareille. Je tenais de masquer le malaise – sûrement en vain.

« D...D'accord. Merci. »

Je commence à y voir un peu mieux, mes yeux s'habituant doucement à l'obscurité et la végétation diminuant quelque peu. Nous arrivons rapidement en vue d'une maigre bâtisse, bicoque faite de bois digne de celle de Pirates des Caraïbes. Oui, mais non Charlie, on se calme.

Et puis, elle se tourne à nouveau vers moi sans crier garde. Se dévoile un peu – à peine. Des traits plutôt jeunes, fins, encadrés de boucles sombres. Je prends quelques instants pour regarder ce qui me fait face, puis réponds à sa question. J'avais menti sur mon nom car je mentais toout le temps, car il n'était plus question d'utiliser l'autre, le vieux, l'ancien, le pourri, le tout ce que vous voulez. Mais la raison de ma venue... Non, je n'avais pas l'intention de mentir. J'aurais sûrement préféré ne rien dire. Mais j'avais l'étrange impression qu'elle ne me laisserait pas m'aventurer plus avant si je ne lui livrais pas la vérité. Je pousse un soupir.

« J'étais venue dans la ville la plus proche car elle dispose une collection de livres assez riches dans le domaine que j'étudie. Ensuite... - J'esquisse un petit rire, secoue la tête, avant de relever les yeux vers elle – je ne me suis peut être jamais aventurée dans ces marécages, mais j'ai été dans des lieux assez sauvages. Loin d'ici. Et... J'avais envie de retrouver cette atmosphère. »

Je me tus, comme attendant une sentence que j'espérais clémente.

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Message Sujet: Re: To keep moving on || Ft Charlie Bradbury Dim 15 Oct - 1:34


to keep moving on
(I been down so long - Louisiana Red) ▽ Well, I've been down so very damn long That it looks like up to me. Yeah, why don't one you people C'mon and set me free
Elle fixe la créature rousse de toute sa petite hauteur, semblant pourtant gigantesque, ses yeux acérés figés sur sa proie du moment. A vrai dire, tout semble indiquer sa véritable nature, sans que pourtant le mot ne soit jamais murmuré, comme si la crainte de l’entendre était plus forte et l’emportait sur le reste. Malédiction ou bénédiction ? Elizabeth s’interroge encore et si elle a sourit à la nouvelle phrase de la jeune, c’est le sérieux qui a repris ses droits. La maison est là, à quelques pas, ou plutôt quelques coups de rames … Mais elle ne la laisserait pas pénétrer le sanctuaire sans être certaine que le danger n’est pas.
La suite pourtant se trouve plus intéressante encore que ce qu’elle ne pensait. Sans tout à fait répondre à ses interrogations, elle sait et sent que la vérité est là, brute de pomme, transmit dans cette voix qui attend un verdict qui tarde à être donné. Car le silence reprend en effet ses droits, les glougloutements du marécage servant de fond sonore à cette entrevue pour le moins étrange et incongrue.

« Je vous crois. »

Sa voix claque à nouveau, plus doucement cette fois, tandis que son regard s’adoucit sans toutefois démordre. Elle ne bouge pas plus à vrai dire – pas encore – une nouvelle étincelle brûlant pourtant dans son regard chocolat : curiosité pure, ni plus ni moins. Car voilà deux choses qu’elle aime et admire, et respecte : l’étude et le voyage. La lecture. L’apprentissage. L’expérience physique, apprise à la dure, sur le tas. Et en elle ce murmure reprend, sourd à ses oreilles, qu’en face d’elle se trouve une sœur avec un grand potentielle – sœur à qui elle n’enseignera pourtant pas.

« Quelles études ? »

Elle souffle à nouveau, reprenant, avant qu’un sourire presque tendre ne vienne réchauffer ses traits figés par le temps – l’amusement se lisant clairement sans qu’elle ne tente plus de le cacher. Quel peut-être le profil de la jeune femme, vraiment ? Sait-elle au moins que le surnaturel existe bel et bien ? Elle secoue ensuite la tête, soupirant comme lasse, comme si cette jeunesse prometteuse se relevait soudain décevante par sa témérité.

« Si vous cherchez de l’adrénaline, je connais de bonnes adresses. Cependant … Cela sera pour plus tard. »

Elle fronce quelque peu les sourcils, avant de regarder le marécage, songeuse. Un instant passe, le silence reprenant ses droits avant qu’elle ne s’écarte alors, finalement, desserrant ses serres, détournant le regard. Elle se penche pour attraper ses effets puis se détourne, et c’est d’un mouvement souple qu’elle vient monter dans la barque, s’y hissant, ses jupons froissés glissant sur le bois humide et boueux. Il ne lui reste plus qu’à poser son panier et accrocher la lanterne, avant de faire signe à la demoiselle de venir la rejoindre, son instinct toujours tiraillé. La ramener soulèverait encore plus de questions, mais l’honnêteté est une chose qui mérite récompense. Elle sa rassure simplement en se disant que la demoiselle saura bien assez tôt – mais il sera alors trop tard pour vouloir fuir son imposante présence.

« L’endroit où je vous mène n’est pas pour le commun des mortels. La nature sauvage y a repris ses droits, et il faudra ouvrir l’oeil … Et surtout, ne pas paniquer. »

Un nouveau sourire mince étire ses traits, mystérieux, avant qu’elle ne mette en marche son rafiot craquant. Les ondées d’eau se multiplient par ailleurs rapidement, le navire de fortune fendant les flots en silence, les caïmans signifiant parfois leur présence par un mouvement de queue vif avant de complètement disparaître dans les profondeurs. Le voyage se trouve être aussi silencieux que de courte durée, les sortilèges miroitants s’effaçant pour laisser le convoi de la sorcière passer après qu’un murmure vague ait été lancé dans cette langue inutilisée depuis longtemps.

« Je vais vous soigner. Ensuite je vous reconduirais. Mais il ne faudra plus revenir. Jamais. »

Elle reprend ensuite, sérieusement, avant de lui lancer un regard significatif. Elle ne sera pas toujours là pour lui sauver la mise. Se reconcentrant sur leur voyage pour se diriger sans encombre et éviter les morceaux de bois flottants, la nuitée qui s’illumine soudain, une nuée de lucioles venant les accueillir comme dans un rêve. Ses traits illuminés, un sourire devient visible – tendre, âgé, respectueux. Car devant elles se dresse à présent le petit cottage qui paraît bien plus grand que précédemment, les arbres semblant s’arquer pour supporter son poids et sa présence – le cottage de son enfance, de sa première vie.

« Bienvenue chez la sorcière du Bayou … La très célèbre Mama Odie. »

(c) AMIANTE




 

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To keep moving on || Ft Charlie Bradbury

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